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Des mains d'architecte : comment créer de meilleures rues| Evelina Ozola | TEDxRiga

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    Pendant très longtemps, on a pensé
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    que la main d'un architecte
    devait ressembler à ça
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    On sait que les architectes
    sont intelligents et sophistiqués
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    Ils sont toujours habillés en noir,
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    et savent mieux que les autres
    comment nos villes devraient fonctionner.
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    Ils construisent des maquettes,
    et les regardent d'en haut.
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    La main d'un architecte
    est comme la main de Dieu.
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    Cette main en particulier
    appartient à Le Corbusier,
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    et sur cette photo mythique,
    il présente une maquette du Plan Voisin,
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    vision utopique et moderniste pour Paris,
    qui n'a heureusement jamais vu le jour.
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    Mais l'impact de ses idées fut immense.
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    En effet, les urbanistes d'aujourd'hui
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    réparent ce que lui et sa main
    providentielle ont fait des villes.
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    L'urbanisme moderne a créé des espaces
    spécialement dédiés à la voiture,
  • 1:11 - 1:16
    une ville où les différents services,
    magasins, bureaux et habitations
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    sont strictement séparés ;
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    une ville où la rue traditionnelle,
    ainsi que la vie de quartier,
  • 1:22 - 1:23
    sont rendues obsolètes.
  • 1:24 - 1:29
    Contrairement à Le Corbusier,
    j'aime beaucoup les rues,
  • 1:29 - 1:33
    et j'aimerais que les rues de nos villes
    offrent un espace mieux équilibré
  • 1:33 - 1:36
    pour la mobilité et la vie sociale.
  • 1:36 - 1:41
    Je crois aussi qu'une main d'architecte
    peut ressembler à celle-là,
  • 1:41 - 1:45
    et qu'il ou elle peut travailler
    depuis l'intérieur de la maquette,
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    directement dans la rue.
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    Depuis maintenant 5 ans,
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    j'ai eu la possibilité de travailler
    dans différents projets d'urbanisme
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    dans des espaces publics.
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    J'ai construit ces projets
    des mes propres mains.
  • 1:59 - 2:01
    J'ai passé de nombreuses heures sur site,
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    ce qui m'a permis de faire
    d'intéressantes observations.
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    Tout a commencé lors d'un projet
    à Bastejkalns Park à Riga,
  • 2:09 - 2:12
    j'y ai passé une semaine
    à quatre pattes par terre
  • 2:12 - 2:14
    à peindre des cercles verts
  • 2:14 - 2:18
    et à expliquer aux passants curieux
    la raison pour laquelle je faisais ça.
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    En fait, j'étais en train de monter
    une exposition en plein air
  • 2:21 - 2:24
    dédiée à un écrivain letton.
  • 2:24 - 2:29
    Mes essais avec la couleur ont continué
    dans le quartier Sarkandaugava à Riga,
  • 2:29 - 2:32
    et cette fois j'ai tout peint en rouge,
  • 2:32 - 2:34
    et bien entendu, j'ai continué
    à expliquer pourquoi.
  • 2:34 - 2:38
    C'était pour marquer l'apparition de
    la première place publique de Riga
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    co-designée à l'aide d'une courageuse
    communauté locale.
  • 2:41 - 2:45
    Mais aujourd'hui, j'aimerais vous parler
    du projet de Miera Street.
  • 2:45 - 2:48
    Le nom de cette rue
    se traduit par : "paix" en letton,
  • 2:48 - 2:54
    et le nom du projet "Mierīgi" veut dire:
    "paisible" ou "facilement".
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    Dans notre cabinet, Fine Young Urbanists,
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    Toms Kokins et moi avons débuté
    le projet Miera Street il y a 3 ans.
  • 3:02 - 3:05
    Je rentrais alors justement
    de Rotterdam, aux Pays-Bas,
  • 3:05 - 3:09
    où j'avais passé plusieurs années
    à travailler et étudier.
  • 3:09 - 3:14
    En ce qui concerne le design urbain,
    les Pays Bas sont vraiment à la pointe.
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    Il y a tellement de rues différentes
    dans les villes hollandaises :
  • 3:17 - 3:23
    celles avec de grands et beaux arbres,
    avec des canaux, des larges trottoirs
  • 3:23 - 3:25
    et vous avez probablement déjà deviné,
  • 3:25 - 3:27
    des pistes cyclables, bien entendu.
  • 3:28 - 3:30
    Le fait d'habiter à Rotterdam
    m'a fait réaliser
  • 3:30 - 3:34
    qu'un mode de vie sain
    et un quartier vivant et animé
  • 3:34 - 3:37
    peuvent être intégrés dans un même
    espace urbain.
  • 3:37 - 3:39
    Sans même penser que je faisais du sport,
  • 3:39 - 3:43
    je faisais du vélo pendant au moins
    20 minutes par jour.
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    Sans même chercher un parc,
  • 3:45 - 3:50
    j'avais toute cette verdure à ma portée,
    juste là, dans la rue.
  • 3:50 - 3:55
    Je voyais les gens faire des barbecues,
    regarder la TV ou faire des vide-greniers,
  • 3:55 - 3:58
    et je prenais part à tout ca allègrement.
  • 3:58 - 4:04
    J'avais l'impression de pouvoir circuler
    en ville comme bon me plaisait.
  • 4:04 - 4:06
    J'étais en forme, et j'étais heureuse.
  • 4:07 - 4:10
    Et ensuite je suis rentrée a Riga.
  • 4:11 - 4:14
    J'ai vu les rues d'ici sous
    une autre perspective :
  • 4:14 - 4:17
    comme elles sont en réalité
    tristes et vides,
  • 4:17 - 4:20
    en particulier celles qui ont été
    construites récemment.
  • 4:20 - 4:23
    Faire du vélo ici n'était pas agréable,
  • 4:23 - 4:27
    et je suis vite passée à la voiture,
    parce que c'est tellement plus simple.
  • 4:27 - 4:30
    Aujourd'hui, Riga refait les mêmes erreurs
  • 4:30 - 4:32
    que les villes américaines
    ont faites dans les années 1950 :
  • 4:32 - 4:36
    on construit des voies rapides
    pour régler les problèmes de circulation,
  • 4:36 - 4:39
    on laisse de grands centres commerciaux
    apparaître le long de ces voies,
  • 4:39 - 4:45
    et on laisse les villes de banlieue
    se multiplier autour de Riga.
  • 4:45 - 4:49
    En même temps, le centre historique
    perd très rapidement ses habitants,
  • 4:49 - 4:52
    la qualité de l'air est la pire
    des pays baltes
  • 4:52 - 4:53
    à cause des embouteillages,
  • 4:53 - 4:56
    et il y a un immeuble vide
    pour presque chaque pâté de maisons.
  • 4:56 - 5:02
    Riga m'a fait sentir, moi,
    une urbaniste, restreinte dans mes choix,
  • 5:02 - 5:07
    et m'a fait tendre vers un style de vie
    moins sain et moins heureux.
  • 5:08 - 5:10
    Avec tout ça en tête,
  • 5:10 - 5:13
    nous avons décidé de faire quelque chose,
    pour une rue au moins à Riga.
  • 5:13 - 5:16
    La raison pour laquelle
    nous avons choisi Miera Street
  • 5:16 - 5:19
    est qu'il y existe une communauté
    locale très active
  • 5:19 - 5:22
    ce qui est exceptionnel pour une rue
    dans le centre de Riga.
  • 5:22 - 5:26
    Il y avait de l'espace pour y développer
    une rue avec une grande qualité de vie,
  • 5:26 - 5:28
    mais il y avait aussi
    un problème évident :
  • 5:28 - 5:34
    90% des voitures délaissent leurs voies
    pour prendre celle du tramway.
  • 5:35 - 5:39
    En même temps, les piétons et
    le nombre croissant de cyclistes
  • 5:39 - 5:41
    doivent se partager un trottoir étroit,
  • 5:41 - 5:45
    et zigzaguer entre panneaux,
    portières ouvertes et voitures garées.
  • 5:45 - 5:47
    Nous étions certains
  • 5:47 - 5:51
    que l'espace disponible pouvait être
    agencé d'une façon plus équilibrée.
  • 5:51 - 5:55
    En créant une voie partagée entre
    les voitures et le tramway au milieu,
  • 5:55 - 5:58
    il y aurait assez d'espace libre pour
    une voie cyclable à chaque côté de la rue.
  • 5:58 - 6:02
    Cela nous permettrait alors de libérer
    les trottoirs pour marcher,
  • 6:02 - 6:07
    pour s'asseoir, pour stationner les vélos,
    pour installer des cafés en plein air,
  • 6:07 - 6:13
    pour des plantes et des arbres,
    de magnifiques arbres verts et touffus.
  • 6:14 - 6:17
    Saviez-vous que sur les
    presque 700m de Miera Street,
  • 6:17 - 6:20
    qui est sensée être une rue branchée
    et avant-gardiste,
  • 6:20 - 6:22
    il y a seulement 15 arbres ?
  • 6:22 - 6:28
    Ça représente un arbre tous les 45 mètres
    et d'un seul côté de la rue.
  • 6:29 - 6:31
    Ça semble moins branché,
    maintenant, n'est-ce pas ?
  • 6:31 - 6:34
    Avec un meilleur agencement de la rue,
  • 6:34 - 6:38
    il pourrait être plus facile et plus sûr
    pour les piétons de traverser la rue,
  • 6:38 - 6:41
    les petits commerces seraient dans de
    meilleures conditions pour se développer,
  • 6:41 - 6:45
    il y aurait toujours de la place
    pour se garer où on veut,
  • 6:45 - 6:48
    la qualité de vie de Miera street
    s'améliorerait beaucoup
  • 6:48 - 6:50
    et tout ça laisserait
  • 6:50 - 6:53
    l'état actuel de la circulation
    pratiquement inchangé.
  • 6:53 - 6:56
    Les gens se sentiraient tout simplement
    mieux chez eux,
  • 6:56 - 6:59
    dans une rue qui accueillerait
    bien plus de choix.
  • 6:59 - 7:01
    Ce que nous voulions aussi
    explorer avec ce projet
  • 7:01 - 7:05
    c'est la relation entre l'architecte
    et la communauté locale.
  • 7:05 - 7:08
    Les habitants sont sans aucun doute
    des experts de leur rue,
  • 7:08 - 7:11
    et nous, urbanistes, voulons
    savoir ce qu'eux savent,
  • 7:11 - 7:13
    parce que nous voulons
    créer un design
  • 7:13 - 7:17
    qui réponde à leurs besoins et
    améliore réellement leur rue.
  • 7:18 - 7:21
    Donc pour débuter nous avons fait ces
    dessins et photos-montages
  • 7:21 - 7:23
    pour avoir de quoi discuter.
  • 7:23 - 7:26
    Ensuite nous avons essayé d'impliquer
    les habitants de la rue
  • 7:26 - 7:28
    en leur montrant nos visions.
  • 7:28 - 7:33
    La réponse a été plutôt positive,
    mais nous n'étions pas encore très sûrs
  • 7:33 - 7:37
    si la solution proposée était la bonne,
    ou si elle était bien comprise.
  • 7:37 - 7:40
    Donc, finalement, nous avons décidé
    de tester l'idée dans l'espace
  • 7:40 - 7:43
    et nous avons fait ce que font
    normalement les architectes :
  • 7:43 - 7:45
    nous avons construit une maquette.
  • 7:46 - 7:50
    Mais au lieu de construire un petit modèle
    et de le regarder d'au-dessus,
  • 7:50 - 7:52
    nous avons décidé de devenir
  • 7:52 - 7:55
    ces petites personnes en plastique
    à l'intérieur de la maquette
  • 7:55 - 8:00
    et de tester l'idée en contexte,
    sur une échelle de un pour un
  • 8:00 - 8:02
    directement dans la rue.
  • 8:04 - 8:07
    La maquette a été construite
    en 3 jours,
  • 8:07 - 8:09
    et est restée en place pendant
    presque une semaine
  • 8:09 - 8:12
    Ça a changé la rue instantanément.
  • 8:12 - 8:16
    D'un côté, nous avons ajouté
    seulement 30 cm au trottoir,
  • 8:16 - 8:20
    et ça a été suffisant pour créer
    de l'espace pour des bancs
  • 8:20 - 8:23
    et de petites tables de cafés
    le long du mur,
  • 8:23 - 8:26
    ce qui est très pratique quand on veut
    s'asseoir et attendre quelqu'un,
  • 8:26 - 8:31
    prendre un repas, réorganiser ses sacs
    après avoir fait les courses,
  • 8:31 - 8:33
    se reposer après
    une longue promenade,
  • 8:33 - 8:37
    ou tout simplement s'asseoir
    et regarder les passants.
  • 8:38 - 8:39
    De l'autre côté,
  • 8:39 - 8:42
    dés qu'on a installé
    des tables et des chaises,
  • 8:42 - 8:46
    les gens d'un café voisin ont commencé
    à servir des cafés et des gâteaux.
  • 8:47 - 8:51
    Les gens savent d'instinct utiliser
    une bonne rue quand ils en voient une.
  • 8:52 - 8:54
    Chez Fine Young Urbanists,
    nous croyons
  • 8:54 - 8:57
    que ce genre de prototypage
    avec des maquettes
  • 8:57 - 9:00
    est la façon la moins chère,
    la plus rapide et la plus fiable
  • 9:00 - 9:02
    pour tester les changements
    dans le contexte urbain.
  • 9:02 - 9:07
    Le prototypage urbain est une projection
    et un souhait qui sont collectifs,
  • 9:07 - 9:11
    il permet de ressentir l'espace
    avec son corps,
  • 9:11 - 9:14
    de voir si on peut trouver
    un endroit confortable pour soi
  • 9:14 - 9:16
    si on a envie de rester là.
  • 9:16 - 9:19
    C'est aussi une façon d'éviter plus tard
    des erreurs de design coûteuses.
  • 9:21 - 9:22
    Nous avons appris
  • 9:22 - 9:25
    que ces modestes actions
    dans l'espace public
  • 9:25 - 9:29
    était une bonne manière d'inclure les gens
    dans le processus de design.
  • 9:29 - 9:32
    Nous avons été présents pendant
    tout le temps de la construction :
  • 9:32 - 9:36
    construisant, peignant, et parlant
    aux habitants curieux.
  • 9:37 - 9:42
    La question la plus fréquente était :
    « Pourquoi cette chose est-elle bleue ? »
  • 9:42 - 9:45
    En fait, la couleur vive incitait les gens
  • 9:45 - 9:49
    à engager la conversation avec
    des étrangers à propos de design urbain ;
  • 9:49 - 9:52
    c'est vraiment le rêve de tout
    urbaniste qui se réalisait.
  • 9:52 - 9:55
    Et cette fois-ci, nous avons entendu
    toutes sortes de questions :
  • 9:55 - 10:01
    de la plus positive et encourageante
    à celle plus critique, ou même agressive.
  • 10:01 - 10:02
    Il est compréhensible
  • 10:02 - 10:06
    que tout le monde ne soit pas pour l'idée
    d'avoir plus de cyclistes dans les rues,
  • 10:06 - 10:08
    c'est gênant.
  • 10:08 - 10:11
    Tout le monde n'a pas envie d'abandonner
    sa place de parking
  • 10:11 - 10:15
    pour laisser place à une terrasse de café
    ou des plantes en pot.
  • 10:15 - 10:17
    Mais je voudrais évoquer à présent
    un très bon conseil
  • 10:17 - 10:19
    que ma mère m'a donné un jour :
  • 10:19 - 10:22
    « Personne ne résiste
    aux bonnes manières.
  • 10:22 - 10:26
    Tout le monde a le droit d'avoir
    une opinion différente de la tienne,
  • 10:26 - 10:31
    mais sois polie, parle calmement,
    et écoute ce que les autres ont à dire.
  • 10:31 - 10:33
    Peut-être apprendras-tu quelque chose,
  • 10:33 - 10:36
    et peut-être commenceront-ils
    à t'écouter. »
  • 10:37 - 10:39
    En tant qu'urbanistes,
    nous nous devons de comprendre
  • 10:39 - 10:43
    que les pistes cyclables ne sont pas là
    pour ne satisfaire que les cyclistes,
  • 10:43 - 10:47
    que le mobilier urbain n'est pas là pour
    servir les intérêts des commercants
  • 10:47 - 10:52
    et que les rues n'existent pas que
    pour le confort des automobilistes.
  • 10:52 - 10:54
    Le croire reviendrait
  • 10:54 - 10:57
    à croire que les portables
    ne servent qu'à téléphoner.
  • 10:57 - 10:59
    Les villes ne sont pas si simples.
  • 10:59 - 11:03
    Les villes sont des organismes complexes
    où tout doit être en équilibre
  • 11:03 - 11:04
    et où tout le monde
  • 11:04 - 11:07
    - les jeunes en bonne santé
    et aisés financièrement
  • 11:07 - 11:13
    tout comme ceux aux revenus modestes ou
    ceux dont les mouvements sont limités -
  • 11:13 - 11:17
    peuvent également prendre part
    au mouvement et à la vie sociale.
  • 11:19 - 11:22
    Pourquoi je pense que
    les rues sont importantes ?
  • 11:22 - 11:25
    L'urbaniste américain et réputé
    observateur de personnes William H. Whyte
  • 11:25 - 11:30
    a joliment dit une fois que les rues
    étaient les fleuves de la vie en ville.
  • 11:31 - 11:35
    Bien sûr les rues nous permettent
    de nous déplacer efficacement,
  • 11:35 - 11:39
    mais les rues sont aussi une scène où
    la vie publique peut prendre forme.
  • 11:39 - 11:43
    Et la vie publique est réellement
    l'essence des villes.
  • 11:43 - 11:45
    Les gens n'ont pas construit
    des colonies urbaines
  • 11:45 - 11:50
    pour se cacher les uns des autres
    dans leurs maisons ou leurs voitures.
  • 11:50 - 11:51
    Ils se sont regroupés
  • 11:51 - 11:57
    pour échanger des savoirs, des ressources,
    et pour créer quelque chose ensemble,
  • 11:57 - 12:00
    et une ville digne de ce nom
    doit être capable
  • 12:00 - 12:05
    d'accueillir tous les différents choix
    de ses habitants
  • 12:05 - 12:09
    et d'aider à les harmoniser
    dans l'espace.
  • 12:09 - 12:14
    Après avoir terminé le projet "Mierīgi",
    nous en avons posté une vidéo en ligne.
  • 12:14 - 12:18
    L'idée a trouvé une résonnance
    pour des gens à travers le monde entier.
  • 12:18 - 12:25
    Aujourd'hui, notre petite vidéo a été vue,
    tweetée et partagée plus de 60 000 fois.
  • 12:26 - 12:28
    Cela montre
  • 12:28 - 12:33
    que les urbanistes, activistes et
    les leaders communautaires dans le monde
  • 12:33 - 12:36
    sont à la recherche de nouvelles façons
    de montrer à leurs habitants
  • 12:36 - 12:41
    que les gens veulent reprendrent les rues
    aux voitures et aux promoteurs affamés.
  • 12:41 - 12:44
    Et nous sommes loin d'être les seuls ;
  • 12:44 - 12:48
    il existe une toute nouvelle génération
    d'architectes et d'urbanistes
  • 12:48 - 12:51
    qui sont moins préocupés par le design
    d'édifices emblématiques
  • 12:51 - 12:56
    et plus intéressés par l'humanisation
    de nos villes rigides et déséquilibrées.
  • 12:56 - 13:00
    Ils n'ont pas peur de prendre des risques,
    de mettre la main à la pâte
  • 13:00 - 13:02
    et sont les meilleurs pour découvrir
  • 13:02 - 13:06
    des failles dans les règles et
    des modes alternatifs de communication.
  • 13:08 - 13:10
    Oubliez le moderniste arrogant.
  • 13:10 - 13:13
    Le nouvel architecte ressemble plus à
    un hacker.
  • 13:13 - 13:17
    Des cabinets comme Exist en France
    ou Raumlabor en Allemagne,
  • 13:17 - 13:19
    ou Assemble en Grande Bretagne,
  • 13:19 - 13:22
    sont en train de transfomer avec
    succès le rôle des architectes,
  • 13:22 - 13:27
    et la façon dont nous regardons
    les rues saturées, les immeubles vides,
  • 13:27 - 13:30
    et les zones mal-aimées dans nos villes.
  • 13:30 - 13:34
    Par exemple, Parkind Day
    a commencé comme une simple initiative
  • 13:34 - 13:37
    de Rebar Art and Design Studio
    à San Francisco,
  • 13:37 - 13:41
    et en 10 ans, elle s'est transformée
    en un mouvement global,
  • 13:41 - 13:44
    et plusieurs villes l'ont même
    intégrée à leurs politiques urbaines.
  • 13:45 - 13:49
    Ou dans le cas du cabinet d'architectes
    ZUS à Rotterdam,
  • 13:49 - 13:52
    qui a réussi à transformer
    un quartier d'affaires déserté,
  • 13:52 - 13:55
    resté vide pendant 15 ans,
  • 13:55 - 13:59
    en un haut-lieu créatif et un laboratoire
    d'essai pour de nouvelles idées.
  • 13:59 - 14:02
    C'est maintenant un quartier
    que de nombreuses villes envient.
  • 14:02 - 14:07
    Comment pourrions-nous convaincre
    encore plus d'architectes et d'urbanistes
  • 14:07 - 14:10
    de prendre une part active dans
    le développement des villes ?
  • 14:10 - 14:13
    Je pense que l'une des façons
    est l'éducation.
  • 14:15 - 14:16
    Chaque année
  • 14:16 - 14:20
    nous organisons une université d'été pour
    étudiants et jeunes professionnels
  • 14:20 - 14:23
    de l'architecture, de l'urbanisme
    et du design.
  • 14:23 - 14:26
    Et dans cette université,
    ils ont la possibilité
  • 14:26 - 14:29
    de prendre part à la réalisation
    d'un projet complet, en 2 semaines.
  • 14:29 - 14:33
    C'est quelque chose de rare dans
    l'éducation architecturale.
  • 14:33 - 14:37
    Les participants font de la recherche,
    imaginent un concept,
  • 14:37 - 14:41
    et le testent immédiatement
    en le construisant dans un espace public.
  • 14:41 - 14:45
    Comme ça, ils apprennent à quel point
    les matériaux réels peuvent être lourds
  • 14:45 - 14:48
    et comme les outils électriques
    peuvent parfois faire peur.
  • 14:48 - 14:51
    Et ils ne construisent pas
    seulement pour s'amuser ;
  • 14:51 - 14:52
    ils créent un projet auquel
  • 14:52 - 14:56
    la minucipalité locale
    - en l'occurence, Cēsis -
  • 14:56 - 14:59
    ou une organisation locale,
    s'intéressent réellement.
  • 15:01 - 15:03
    A la fin de l'université d'été,
  • 15:03 - 15:07
    ils assistent à l'appropriation du projet
    terminé par le public.
  • 15:07 - 15:12
    Ils voient si le projet marche comme prévu
    ou s'il n'est pas à la hauteur du concept.
  • 15:12 - 15:16
    Cette expérience pratique
    change totalement la façon
  • 15:16 - 15:19
    dont ces jeunes architectes
    voient leur profession.
  • 15:19 - 15:20
    Dans notre université d'été
  • 15:20 - 15:23
    nous montrons que l'architecture
    va plus loin que les édifices,
  • 15:23 - 15:27
    et que l'urbanisme n'est pas
    seulement l'espace qui les sépare.
  • 15:27 - 15:30
    Nous croyons que construire
    est un acte social,
  • 15:30 - 15:32
    mais n'oublions pas
  • 15:32 - 15:37
    que les prototypes ne sont qu'un pas
    vers la création de vrais espaces publics,
  • 15:37 - 15:41
    et qu'une université d'été ne remplacera
    jamais une université traditionnelle.
  • 15:41 - 15:45
    Je ne pense pas vraiment que
    Miera Street doit être repeinte en bleu,
  • 15:45 - 15:48
    et je sais que les bâtisseurs
    professionnels
  • 15:48 - 15:52
    sont bien meilleurs à manier une visseuse
    que ne le seront jamais les architectes.
  • 15:52 - 15:53
    Ce que je suggère
  • 15:53 - 15:59
    c'est que pour garder l'esprit ouvert
    on doit souvent changer de perspective.
  • 16:00 - 16:03
    Pour construitre des villes
    nous avons besoin de deux choses:
  • 16:03 - 16:07
    une totale compréhension de la vie de rue,
    et une vue d'en haut.
  • 16:08 - 16:15
    Je crois que de petits pas peuvent mener
    à une transformation majeure de nos villes
  • 16:16 - 16:18
    et j'espère vraiment, réellement
  • 16:18 - 16:22
    que dans le futur il y aura plus
    d'architectes et d'urbanistes
  • 16:22 - 16:28
    se fiant moins à leur vision mégalomane
    et plus à leur humanité.
  • 16:29 - 16:30
    Merci.
  • 16:30 - 16:33
    (Applaudissements)
Title:
Des mains d'architecte : comment créer de meilleures rues| Evelina Ozola | TEDxRiga
Description:

Cette présentation a été faite lors d'un évènement TEDx local, produit indépendamment des conférences TED.

Pour en savoir plus: http://ted.com/tedx

Dans sa conférence TEDxRiga, Evelīna Ozola parle de l'importance de la rue comme espace public, et des manières de se la réapproprier. Evelīna suggère une méthode attractive et qui invite à réflexion: le prototypage de l'espace urbain et l'implication de la société dans le processus.

Evelīna Ozola est une architecte en exercice qui aime se salir les mains en mettant à l'essai ses projets dans les rues bondées de Riga. Elle a travaillé comme Architecte et urbaniste à "SVESMI" à Rotterdam et à "MADE arhitekti" à Riga. En plus de son travail de création, depuis 7 ans, Evelīna écrit pour la presse papier et en ligne, et est actuellement en charge du site letton d'industries créatives FOLD. Avec Toms Kokins, elle dirige Fine Young Urbanists, un cabinet qui opère dans le domaine de l'urbanisme tactique.

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Video Language:
English
Team:
closed TED
Project:
TEDxTalks
Duration:
16:33

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