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De la dignité, la communauté, et quelques légumes | Libby Birky | TEDxMileHigh

  • 0:10 - 0:11
    Bonjour à tous.
  • 0:12 - 0:17
    J'aimerais vous parler un peu
    de mon enfance.
  • 0:17 - 0:19
    Mon père nous emmenait au restau
    quand nous étions petits
  • 0:19 - 0:22
    - lors des rares occasions
    où nous allions au restaurant -
  • 0:22 - 0:24
    et il nous faisait
    toujours la même blague.
  • 0:24 - 0:28
    A la fin du repas, il faisait
    comme s'il n'avait pas d'argent,
  • 0:28 - 0:31
    et il prétendait que nous devions
    passer en cuisine faire la plonge,
  • 0:31 - 0:35
    et je pense que c'est
    ce qui m'a guidée toute ma vie.
  • 0:35 - 0:37
    (Rires)
  • 0:38 - 0:40
    Voilà Marlene.
  • 0:40 - 0:44
    Ces deux dernières années, Marlene
    a appris comme la vie est injuste.
  • 0:44 - 0:45
    Marlene a fait des études.
  • 0:45 - 0:49
    Il ne lui manque que quelques examens
    pour valider son master,
  • 0:49 - 0:52
    et elle a parfois été obligée
    de dormir dans sa voiture.
  • 0:52 - 0:57
    Marlene a tant à donner au monde,
  • 0:57 - 1:03
    et pourtant, c'est l'image que le monde
    a d'elle qui la gêne.
  • 1:03 - 1:06
    Elle n'avait pas imaginé qu'elle
    n'aurait pas de lieu où manger,
  • 1:06 - 1:08
    pas d'endroit sûr où dormir,
    ou juste quelque chose à manger,
  • 1:08 - 1:12
    Elle ne pensait pas qu'elle s'inquiéterait
    de quoi faire d'une courge
  • 1:12 - 1:13
    obtenue à la banque alimentaire,
  • 1:13 - 1:17
    elle la cuisinerait bien au four
    chez elle, si le four marchait.
  • 1:17 - 1:19
    Elle vit dans un studio
  • 1:19 - 1:22
    mais elle n'a pas pu payer le loyer
    depuis trois mois,
  • 1:22 - 1:25
    alors elle ne peut pas vraiment
    se plaindre pour le four.
  • 1:25 - 1:31
    Marlene est une femme intéressante,
    qui tente de reprendre sa vie en main,
  • 1:31 - 1:33
    elle a parfois des difficultés,
  • 1:33 - 1:37
    mais Marlène pense que
    le plus frustrant dans sa situation,
  • 1:37 - 1:40
    c'est toutes les idées
    que les gens se font à propos d'elle.
  • 1:40 - 1:46
    Ils imaginent qu'elle est paresseuse,
    inculte ou accro à la drogue.
  • 1:46 - 1:49
    Ce dont Marlene a vraiment besoin,
    c'est de dignité.
  • 1:51 - 1:52
    Voici Aaron.
  • 1:52 - 1:56
    Aaron mange au Café SAME chaque jour.
  • 1:56 - 1:59
    Il est plein de vie,
    sobre la plupart du temps.
  • 1:59 - 2:02
    D'autre fois, il est saoul,
    ou drogué jusqu'aux yeux,
  • 2:02 - 2:05
    selon l'addiction qu'il
    s'est choisie pour la journée.
  • 2:05 - 2:06
    Aaron est SDF.
  • 2:06 - 2:11
    Il dort dans un squat à l'ouest de la
    ville, ou au parc.
  • 2:11 - 2:15
    Il pourrait travailler s'il n'était pas
    aussi accro à l'alcool et aux drogues.
  • 2:15 - 2:19
    Franchement, si je devais dormir
    dans un parc, je boirais moi aussi.
  • 2:20 - 2:22
    Ce qui est intéressant chez lui,
  • 2:22 - 2:25
    c'est qu'il est un des hommes
    les plus intelligents que je connaisse.
  • 2:25 - 2:28
    Dites un titre, il a lu le livre.
  • 2:28 - 2:31
    Aaron dit que le plus frustrant
    dans sa situation,
  • 2:31 - 2:34
    c'est qu'il est invisible.
  • 2:34 - 2:40
    La plupart d'entre nous passons devant lui
    les yeux baissés, en l'ignorant
  • 2:40 - 2:45
    ou en mentant quand il demande
    une pièce.
  • 2:45 - 2:48
    Aaron a besoin de soutien.
  • 2:50 - 2:53
    Taryn se souvient des repas
    familiaux quand elle était petite
  • 2:53 - 2:59
    comme d'une symphonie de bruits, animée
    de joie, de souvenirs et de rires.
  • 3:00 - 3:02
    Taryn se sent vraiment triste
  • 3:02 - 3:04
    quand elle rencontre quelqu'un
    qui a faim.
  • 3:04 - 3:08
    Elle sait que tout le monde
    n'a pas la chance
  • 3:08 - 3:11
    d'avoir des souvenirs de
    dîners en famille comme elle.
  • 3:11 - 3:14
    Taryn croit que ceux qui possèdent peu
  • 3:14 - 3:19
    sont des anges envoyés sur Terre
    pour tester les plus fortunés.
  • 3:19 - 3:24
    Taryn s'efforce de donner
    aux moins fortunés avec dignité.
  • 3:24 - 3:26
    Pour Taryn, tout tourne autour
    de la nourriture.
  • 3:27 - 3:32
    Il y a 10 ans, mon mari et moi
    avons commencé à discuter de cette idée.
  • 3:32 - 3:37
    Et si les gens pouvaient travailler
    pour manger plutôt que payer ?
  • 3:37 - 3:41
    Alors nous avons commencé à parler
    aux gens dans les abris où nous aidons,
  • 3:41 - 3:44
    et nous avons découvert
    qu'ils n'y mangeaient pas.
  • 3:44 - 3:48
    Ils prenaient des plats tout faits,
    allaient au fast food
  • 3:48 - 3:51
    parce que c'était économique et rapide,
  • 3:51 - 3:55
    et parfois meilleur que ce qu'ils
    recevaient dans les abris.
  • 3:56 - 4:00
    Mais nous avons appris qu'ils
    désiraient vraiment plus.
  • 4:00 - 4:03
    Alors nous avons pensé ouvrir un lieu
  • 4:03 - 4:07
    où ils pourraient obtenir de la nourriture
    saine, abordable et rapidement,
  • 4:07 - 4:10
    et c'est ainsi qu'est né le Café SAME.
    SAME : identique
  • 4:10 - 4:16
    Nous avons investi 30 000$ de nos réserves
    propres et épargne,
  • 4:16 - 4:19
    et nous nous disions,
    vous savez ?
  • 4:19 - 4:22
    Ceux qui subissent la pauvreté
    n'ont pas accès à une nourriture saine.
  • 4:22 - 4:25
    Il faut changer ça.
  • 4:25 - 4:28
    Alors il y a un menu
    où tout le monde commande.
  • 4:28 - 4:30
    Il y a une salle à manger,
    où tout le monde s'assoit.
  • 4:30 - 4:32
    Il y a une boîte à dons
  • 4:32 - 4:36
    où chacun laisse le don
    qui lui semble juste.
  • 4:36 - 4:37
    Ceux qui ne peuvent pas laisser un don
  • 4:37 - 4:41
    sont encouragés à travailler
    en échange du repas.
  • 4:41 - 4:45
    Ma plus grande leçon
    apprise au Café SAME
  • 4:45 - 4:48
    est que une personne est d'abord une
    personne, qu'importent ses problèmes.
  • 4:48 - 4:51
    En servant des gens comme Marlene,
    Aaron et Taryn,
  • 4:51 - 4:53
    j'ai appris à voir les gens
    les yeux dans les yeux,
  • 4:53 - 4:57
    à les rencontrer face à face,
    et les écouter vraiment.
  • 4:57 - 5:01
    J'ai appris que c'est ainsi
    qu'on construit une communauté.
  • 5:01 - 5:03
    Avant d'être volontaire
    au Café SAME,
  • 5:03 - 5:06
    Jane était genre « Faites un chèque
    à votre association préférée ».
  • 5:06 - 5:09
    Elle voyait une injustice
    et combattait avec un chèque.
  • 5:09 - 5:13
    Puis elle a lu un article sur le Café SAME
    et décidé d'aller jeter un œil.
  • 5:13 - 5:16
    Jane, Susan et Norma
    sont volontaires au Café SAME
  • 5:16 - 5:17
    depuis trois ans et demi.
  • 5:17 - 5:22
    Jane dit que ce qui est le plus fascinant
    au Café SAME,
  • 5:22 - 5:26
    c'est d'être tout en bas de l'échelle,
    et voir les changements arriver.
  • 5:26 - 5:29
    Jane fait encore des chèques
    à ses associations préférées,
  • 5:29 - 5:32
    mais elle sait, pour l'avoir vécu,
  • 5:32 - 5:36
    qu'il faut que les gens travaillent
    ensemble pour construire une communauté.
  • 5:37 - 5:41
    Ça a même changé ma façon de voir
    le mot « rendre ».
  • 5:41 - 5:44
    Participer au Café SAME
    a changé tout ça chez moi.
  • 5:44 - 5:46
    On me demandait : « Pourquoi
    avoir lancé le Café SAME ? »
  • 5:46 - 5:51
    et je répondais : « Hé bien, je voulais
    rendre ce que je devais à ma communauté. »
  • 5:51 - 5:55
    Mais je ne réalisais pas qu'en disant
    « Rendre à ma communauté »,
  • 5:55 - 5:58
    j'impliquais que j'en étais séparée.
  • 5:58 - 6:02
    Je n'en faisais pas partie,
    ce n'était pas un « nôtre »,
  • 6:02 - 6:09
    pas un environnement encourageant,
    accompagnant, coopérant.
  • 6:09 - 6:14
    Le mot « rendre » signifiait que je pouvais
    m'en séparer.
  • 6:14 - 6:18
    En même temps, construire une communauté
    consiste à faire partie d'un grand tout,
  • 6:18 - 6:22
    aller au fond des choses et
    travailler pour les voir fonctionner.
  • 6:23 - 6:27
    Les problèmes d'une communauté ne
    s'envolent pas quand on signe un chèque.
  • 6:27 - 6:32
    On doit aller sur le terrain, travailler
    pour que quelque chose se passe.
  • 6:32 - 6:37
    Il faut être au milieu de l'action,
    faire le sale boulot, jour après jour.
  • 6:37 - 6:40
    C'est ce qu'il faut
    pour construire une communauté.
  • 6:42 - 6:46
    Alors aujourd'hui, je vous encourage
    à regarder les gens dans les yeux.
  • 6:46 - 6:48
    Il y a un proverbe :
  • 6:48 - 6:51
    « Prenez garde à la brutalité quotidienne
    d'un regard détourné. »
  • 6:51 - 6:53
    Quand on regarde quelqu'un dans les yeux,
  • 6:53 - 6:56
    on lui rend son statut d'être humain,
    d'égal.
  • 6:56 - 6:59
    Détourner le regard
    signifie l'inverse.
  • 6:59 - 7:02
    Donnez avec dignité,
    donnez avec votre cœur.
  • 7:02 - 7:06
    Quand vous faites ce don,
    imaginez être celui qui le reçoit,
  • 7:06 - 7:07
    et ce que vous ressentiriez.
  • 7:07 - 7:09
    Et enfin, impliquez-vous.
  • 7:09 - 7:11
    Découvrez ce qui vous passionne.
  • 7:11 - 7:15
    Ça peut être la santé,
    le logement, les enfants.
  • 7:15 - 7:18
    Quoi qu'il en soit,
    faites-en votre but.
  • 7:18 - 7:21
    Construisez la communauté,
    impliquez-vous.
  • 7:21 - 7:24
    Le changement commence
    avec nous.
  • 7:24 - 7:25
    Merci.
  • 7:25 - 7:28
    (Applaudissements)
Title:
De la dignité, la communauté, et quelques légumes | Libby Birky | TEDxMileHigh
Description:

Cette présentation a été faite lors d'un événement TEDx local, produit indépendamment des conférences TED.

Encourager les vraies connexions, la persévérance, et une volonté de s'investir et de se salir les mains sont les secrets pour rendre leur dignité aux communautés défavorisées. Libby Birky, professeur et volontaire en cuisine a lancé un restaurant dont le business model promet justement cela.

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Video Language:
English
Team:
closed TED
Project:
TEDxTalks
Duration:
07:41

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