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De Cannes à Kaboul | Christine Gaulis | TEDxCarthageWomen

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    Comme je suis un petit peu nerveuse,
  • 0:12 - 0:14
    je vais vous demander
    de réfléchir à deux choses
  • 0:14 - 0:16
    avant que je ne commence.
  • 0:16 - 0:19
    La toute première, quel a été
    votre tout premier stage ?
  • 0:19 - 0:21
    Votre premier travail ?
  • 0:22 - 0:27
    Et la deuxième, qu'est-ce que
    vous avez toujours rêvé de faire ?
  • 0:27 - 0:30
    Personnellement,
    mon premier stage, c'était ça.
  • 0:30 - 0:32
    (Vidéo)
  • 0:37 - 0:40
    (Applaudissements)
  • 1:00 - 1:01
    (Fin de la vidéo)
  • 1:01 - 1:02
    (Rires)
  • 1:04 - 1:06
    C.G : Je pourrais venir
    pour la défense de ces hommes
  • 1:06 - 1:08
    au patrimoine mondial de l'humanité,
  • 1:08 - 1:11
    mais ce n'est le cas, aujourd'hui,
    je ne suis pas venue pour ça.
  • 1:11 - 1:14
    En fait, je suis venue pour vous parler
    de mon parcours professionnel.
  • 1:14 - 1:18
    Donc, voilà, j'ai 20 ans,
    je suis au festival de Cannes,
  • 1:18 - 1:22
    je vois passer Brad Pitt,
    George Clooney, Matt Damon.
  • 1:22 - 1:24
    C'est pas mal ?
  • 1:24 - 1:28
    Et mon but en tant que productrice, c'est
    d'être là avec les équipes de tournage,
  • 1:28 - 1:29
    et on court d'un palace à l'autre
  • 1:29 - 1:34
    pour s'assurer de voir comment les stars
    se préparent pour monter sur les marches.
  • 1:34 - 1:37
    Les filles, là, je vais vous faire rêver
    pendant quelques minutes :
  • 1:37 - 1:41
    vous rentrez dans une suite d'hôtel,
    et on a enlevé tous les meubles,
  • 1:41 - 1:44
    et à la place, on met des robes
    des plus grands couturiers.
  • 1:44 - 1:47
    Et on dit : « Choisis, c'est gratuit. »
  • 1:47 - 1:50
    (Applaudissements)
  • 1:50 - 1:55
    Une fois que vous êtes bien habillée,
    vous passez au maquillage, à la coiffure,
  • 1:55 - 1:57
    et après, le meilleur pour la fin,
  • 1:57 - 2:00
    vous avez le droit de choisir
    tous les bijoux que vous voulez.
  • 2:00 - 2:01
    C'est pas mal.
  • 2:01 - 2:05
    Et nous, on est avec les équipes
    de tournage et on suit ces équipes.
  • 2:05 - 2:06
    Et ce qui était génial,
  • 2:06 - 2:08
    c'est qu'on arrivait
    le soir à l'appartement,
  • 2:08 - 2:12
    et on zappait sur toutes les chaînes
    internationales -- CNN, BBC, etc., --
  • 2:12 - 2:13
    et on voyait nos images.
  • 2:13 - 2:15
    Donc, c'était génial.
  • 2:15 - 2:19
    Et je ne me suis pas arrêtée à Cannes,
    j'ai eu la chance de voyager après.
  • 2:19 - 2:26
    Donc, j'ai été à Rome, j'ai été à Paris,
    j'ai été à New York et j'ai été à Venise.
  • 2:27 - 2:32
    Un jour, à Venise, je suis là
    en train de regarder la télévision,
  • 2:33 - 2:36
    et je tombe sur le téléjournal.
  • 2:36 - 2:38
    Vous savez, il y a une émission comme ça,
  • 2:38 - 2:41
    où ils sont obligés de nous donner
    des mauvaises nouvelles.
  • 2:41 - 2:44
    On ne voit que de la famine,
    de la guerre, etc.
  • 2:44 - 2:46
    Alors je prends la télécommande,
  • 2:46 - 2:49
    et il y a un bouton magique
    sur la télécommande, c'est le off.
  • 2:50 - 2:53
    Et en une fraction de seconde,
    tout le mauvais disparaît.
  • 2:53 - 2:57
    Il n'y a plus de guerre, plus de famine
    et hop, on peut partir.
  • 2:57 - 3:01
    Et donc, je décide d'aller faire
    un petit tour dans le jardin du palace.
  • 3:01 - 3:06
    En sortant, je tombe sur le prix
    de ma chambre d'hôtel :
  • 3:06 - 3:09
    1500 euros la nuit.
  • 3:10 - 3:12
    Pour moi, ça a été un électrochoc.
  • 3:12 - 3:15
    Je venais de voir des images
    de guerre et de famine,
  • 3:15 - 3:20
    et là, je suis devant ma chambre,
    juste une nuit, 1500 euros.
  • 3:21 - 3:24
    Bon, il y avait quand même
    George Clooney, Brad Pitt,
  • 3:24 - 3:28
    donc, je me suis dit : « Allez,
    je reste, ça peut être sympa. »
  • 3:28 - 3:29
    Et j'ai continué mon travail.
  • 3:29 - 3:32
    Mais vous savez, quand il vous manque
    un truc au fond de vous,
  • 3:32 - 3:36
    que vous sentez qu'il faut changer
    mais vous ne savez pas quoi...
  • 3:36 - 3:37
    Et j'ai continué mon travail,
  • 3:37 - 3:41
    mais je sentais que ma motivation
    ne suivait plus.
  • 3:41 - 3:46
    C'était un peu la descente aux enfers,
    et un jour, j'ai trouvé la solution :
  • 3:46 - 3:48
    je vais sauver le monde.
  • 3:48 - 3:49
    (Rires)
  • 3:49 - 3:53
    Ok, totalement naïve, complètement
    exagéré, je vous l'accorde,
  • 3:53 - 3:56
    mais je vous promets qu'à ce moment-là,
    je le [voyais] comme ça,
  • 3:56 - 4:00
    et j'ai envoyé mon CV
    à une organisation humanitaire.
  • 4:01 - 4:06
    On va faire un petit récapitulatif,
    jusque là, donc, je connais Brad Pitt,
  • 4:06 - 4:09
    le luxe, les bijoux,
  • 4:09 - 4:12
    et je veux aller
    dans une organisation humanitaire.
  • 4:13 - 4:14
    L'entretien...
  • 4:15 - 4:17
    Mais c'est fou, ils m'ont prise.
  • 4:18 - 4:23
    Alors, me voilà, je pars
    au cours d’introduction,
  • 4:23 - 4:25
    mais je ne savais
    toujours pas où je partais.
  • 4:25 - 4:30
    Donc à la fin du cours d'introduction,
    vous avez une enveloppe qui vous attend
  • 4:30 - 4:32
    pour vous dire où vous allez.
  • 4:32 - 4:33
    Moi, je rêvais d'aller à Haïti,
  • 4:33 - 4:36
    je me suis dit : « Aller à Haïti,
    ça va être cool. »
  • 4:36 - 4:38
    J'ai toujours rêvé d'apprendre l'arabe,
  • 4:38 - 4:40
    je me suis dit : « Allez,
    je devrais partir à Beyrouth. »
  • 4:40 - 4:41
    Et j'aime les currys,
  • 4:41 - 4:44
    donc je me suis dit : « New Delhi,
    ça peut être pas mal aussi. »
  • 4:44 - 4:48
    Et donc, toute impatiente,
    je prends mon enveloppe, je regarde :
  • 4:50 - 4:52
    Afghanistan.
  • 4:52 - 4:53
    (Rires)
  • 4:54 - 4:57
    Une bombe, je suis morte.
  • 4:58 - 5:01
    Non, mais ce n'est pas
    l'Afghanistan qui va me tuer,
  • 5:01 - 5:04
    c'est mon père quand il va
    apprendre la nouvelle.
  • 5:04 - 5:05
    (Rires)
  • 5:05 - 5:08
    Mais bon, j'ai une famille
    absolument fantastique,
  • 5:08 - 5:11
    et tout le monde m'a soutenue,
    donc j'ai tout quitté --
  • 5:11 - 5:12
    la famille, mes amis,
  • 5:12 - 5:16
    j'étais folle amoureuse à ce moment-là,
    j'ai tout quitté et je suis partie.
  • 5:18 - 5:21
    On va faire un petit cours
    de géographie express.
  • 5:21 - 5:26
    Genève jusqu'à Kaboul, ça fait :
    Genève en Suisse, Munich en Allemagne,
  • 5:26 - 5:28
    Doha au Qatar, Peshawar
    au Pakistan, Kaboul.
  • 5:28 - 5:31
    On est un petit peu fatigué à l'arrivée.
  • 5:31 - 5:35
    Donc, je prends mon premier avion,
    Genève jusqu'à Munich, tout va bien,
  • 5:35 - 5:39
    Munich - Doha, ça se passe bien,
    Doha - Peshawar, je monte dans l'avion...
  • 5:40 - 5:44
    Un avion rempli d'hommes,
  • 5:44 - 5:48
    Que des hommes, pas une seule femme,
  • 5:48 - 5:51
    tous en habits traditionnels,
    des barbes jusque-là.
  • 5:53 - 5:58
    Là, je suis pétrifiée,
    non, mais, terrorisée. (Rires)
  • 5:58 - 6:01
    Et c'est dans cet avion
    que je pris conscience de la réalité,
  • 6:01 - 6:04
    je m'étais fait une superbe image
    de l'humanitaire,
  • 6:04 - 6:11
    et dans cet avion, je me suis dit : « Ok,
    à l'arrivée, j'ai un pays en guerre. »
  • 6:13 - 6:16
    Je ne veux pas plomber l'ambiance,
    mais vous savez, la guerre,
  • 6:16 - 6:19
    c'est le truc le plus ignoble
    qui existe sur cette Terre.
  • 6:20 - 6:25
    C'est la mort, c'est la terreur, etc.,
    mais je ne vais pas m'étaler là-dessus.
  • 6:26 - 6:29
    Il y a une image
    qui m'a frappée en Afghanistan,
  • 6:29 - 6:34
    il y a une femme qui arrive vers moi,
    avec un visage totalement de terreur,
  • 6:34 - 6:37
    totalement désespérée,
    qui me demande si j'ai vu son fils
  • 6:37 - 6:40
    parce que ça fait des jours
    et des jours qu'elle le cherche,
  • 6:40 - 6:43
    elle ne sait toujours pas
    s'il est mort, s'il est vivant,
  • 6:43 - 6:47
    s'il est enfermé quelque part,
    s'il est blessé.
  • 6:48 - 6:52
    Et un jour, j'ai été visiter
    justement un lieu de détention.
  • 6:52 - 6:53
    J'ai commencé fort,
  • 6:53 - 6:56
    j'ai fait ma première fois
    dans un lieu de détention en Afghanistan.
  • 6:57 - 7:01
    Ce matin-là, on se retrouve avec
    mes collègues pour faire une distribution.
  • 7:01 - 7:04
    Donc, on part, trois Land Cruiser
    et six camions remplis de matériel,
  • 7:04 - 7:05
    c'était avant l'hiver,
  • 7:05 - 7:09
    donc c'était pour ramener des habits
    et des couvertures aux prisonniers,
  • 7:10 - 7:13
    et on est parti pour une heure
    de route, on arrive là-bas,
  • 7:13 - 7:15
    et vous imaginez,
    vous êtes en Afghanistan,
  • 7:15 - 7:20
    il y a des murs de béton, des barbelés,
    des hommes armés qui vous attendent.
  • 7:21 - 7:24
    On se sépare en équipe,
    et dans mon équipe, on était trois.
  • 7:25 - 7:27
    Un des collègues arrive vers moi,
  • 7:27 - 7:30
    qui me dit : « Écoute, pendant
    qu'on va faire la distribution,
  • 7:30 - 7:32
    si ça ne te dérange pas,
    reste près du camion,
  • 7:32 - 7:36
    parce qu'on ne voudrait pas que les gardes
    soient tentés de prendre quelque chose. »
  • 7:36 - 7:41
    Donc, je suis en Afghanistan,
    j'ai un camion rempli de matériel,
  • 7:42 - 7:46
    des hommes menottés,
    des gardes armés jusqu'aux dents,
  • 7:46 - 7:49
    et moi, là, toute seule,
    je dois défendre un camion.
  • 7:49 - 7:50
    (Rires)
  • 7:52 - 7:52
    J'étais contente
  • 7:52 - 7:55
    quand ils ont fini la distribution
    et qu'ils sont revenus.
  • 7:56 - 8:00
    Et à ma grande surprise, en fait,
    on a commencé une 2e distribution,
  • 8:00 - 8:03
    on a fait une distribution
    aussi pour les gardes,
  • 8:03 - 8:05
    et en fait, je pense
    que c'est très important
  • 8:05 - 8:08
    si vous voulez que les prisonniers
    ne meurent pas de froid,
  • 8:08 - 8:11
    de penser aux gardes
    pour ne pas qu'ils les prennent.
  • 8:13 - 8:16
    Maintenant, je vais vous parler
    d'une deuxième histoire,
  • 8:16 - 8:18
    peut-être, un des moments
    qui m'a le plus touchée
  • 8:18 - 8:20
    quand j'étais en Afghanistan.
  • 8:20 - 8:23
    C'était déjà merveilleux
  • 8:23 - 8:26
    [d'avoir pu] rencontrer
    Najmuddin et Alberto Cairo,
  • 8:26 - 8:30
    qui sont les responsables
    des centres ortho de l’Afghanistan.
  • 8:30 - 8:33
    L’Afghanistan, c'est jonché
    de mines antipersonnel,
  • 8:33 - 8:36
    donc, il y a beaucoup de problèmes,
  • 8:36 - 8:38
    et ils ont eu cette idée
    absolument géniale,
  • 8:38 - 8:42
    c'est que tous les centres ortho
    doivent être gérés uniquement
  • 8:42 - 8:45
    par des personnes qui portent déjà
    des prothèses et des orthèses.
  • 8:46 - 8:49
    Donc, imaginez une personne
    à qui on vient d'amputer une jambe,
  • 8:49 - 8:53
    cette personne va se dire : « Ma vie
    est finie, je vais dépendre des autres.
  • 8:53 - 8:54
    C'est fichu. »
  • 8:54 - 8:55
    Et là, elle arrive à l'hôpital,
  • 8:55 - 8:58
    et elle voit que tous les gens
    qui sont là pour le traiter,
  • 8:58 - 9:01
    ont subi le même trauma qu'elle.
  • 9:01 - 9:05
    Donc, imaginez-vous à quel point
    ça doit faire du bien de voir ça.
  • 9:07 - 9:10
    Je vais juste vous montrer
    une photo d'Alberto Cairo.
  • 9:10 - 9:13
    Alberto Cairo, pour vous donner
    la grandeur du bonhomme,
  • 9:13 - 9:16
    il a été nommé prix Nobel
    de la paix en 2010.
  • 9:16 - 9:18
    (Applaudissements)
  • 9:22 - 9:24
    Alberto Cairo, en fait,
  • 9:24 - 9:27
    c'est un peu le George Clooney
    ou le Brad Pitt de l'humanitaire.
  • 9:27 - 9:29
    S'il fallait faire un mec idéal,
    vous prenez Brad Pitt,
  • 9:29 - 9:34
    vous lui donnez le cœur d'Alberto Cairo,
    puis c'est un peu le mec idéal.
  • 9:34 - 9:40
    J'ai adoré aller au nord du pays,
    à Fayzabad, dans les centres ortho,
  • 9:40 - 9:44
    et le matin, on commençait très tôt
    vers sept heures du matin,
  • 9:44 - 9:47
    et donc, le soir, on finissait
    assez tôt, vers quatre heures,
  • 9:47 - 9:49
    et pour passer les soirées,
    ce qu'on faisait,
  • 9:49 - 9:52
    c'est qu'on étudiait
    les cours d'anglais tous ensemble.
  • 9:52 - 9:54
    Et donc, on se retrouvait
    dans la chambre commune,
  • 9:54 - 9:57
    et on est tous avec nos livres,
    chacun venait,
  • 9:57 - 10:00
    on déposait nos livres,
    un, prenait sa jambe, il la déposait,
  • 10:00 - 10:03
    l'autre prenait son pied, il le déposait.
  • 10:03 - 10:06
    Et ce qui était fou, c'est que
    ça me paraissait totalement normal.
  • 10:06 - 10:10
    Et je pense que c'est la grande leçon
    que nous a tous apprise Alberto Cairo,
  • 10:10 - 10:12
    c'est qu'un homme avec une jambe en moins,
  • 10:12 - 10:15
    c'est un homme avant d'être un homme
    avec une jambe en moins.
  • 10:15 - 10:17
    (Applaudissements)
  • 10:20 - 10:23
    Et là, je vais vous raconter
    une dernière histoire,
  • 10:23 - 10:25
    je ne l'ai pas racontée souvent,
  • 10:25 - 10:29
    donc je suis un peu émue
    et ça me touche un peu.
  • 10:29 - 10:33
    En fait, c'était un jour
    dans le sud du pays,
  • 10:33 - 10:35
    j'étais avec mes collègues,
  • 10:35 - 10:39
    et des fois, on se faisait réveiller
    le matin par des coups de fusils.
  • 10:39 - 10:41
    Ça arrivait, on attendait
    un petit peu et ça se passait.
  • 10:41 - 10:45
    Puis ce matin-là, on sent
    que ces coups de fusils,
  • 10:45 - 10:46
    il n'y a rien à faire,
  • 10:46 - 10:48
    ils ne s'estompent pas,
    ils ne s’arrêtent pas.
  • 10:48 - 10:51
    Et on décide tous donc
    d'aller dans la safe room.
  • 10:51 - 10:55
    Une safe room, c'est juste
    une pièce qui est sans fenêtre,
  • 10:55 - 10:59
    elle n'est ni protégée, ni blindée,
    c'est juste une pièce sans fenêtre -
  • 10:59 - 11:01
    oui, il faut toujours prendre
    un jeu de cartes
  • 11:01 - 11:02
    si jamais il vous arrive un truc -
  • 11:04 - 11:07
    et donc, on était là dans notre safe room,
  • 11:08 - 11:13
    et les coups de fusil laissent place
    à des bombes de plus en plus lourdes,
  • 11:13 - 11:16
    et là, vous avez un instinct
    de survie absolument génial.
  • 11:16 - 11:19
    Vous n'avez jamais été
    aussi intelligent, aussi efficace,
  • 11:19 - 11:22
    vous savez exactement quoi faire,
    qui appeler, comment faire, etc.
  • 11:22 - 11:25
    Et donc, on prend le téléphone
    et on appelle Kaboul,
  • 11:25 - 11:27
    on leur explique la situation,
  • 11:27 - 11:29
    et là, ils nous promettent
    de nous rappeler,
  • 11:30 - 11:31
    et on raccroche.
  • 11:33 - 11:37
    Et là, les bombes, on sent
    qu'elles s'approchent,
  • 11:37 - 11:39
    on sent que la prochaine est pour nous.
  • 11:40 - 11:42
    Je ne pensais pas arriver à ce stade-là,
  • 11:42 - 11:45
    je me suis toujours dit :
    « On se bat jusqu'au bout »,
  • 11:45 - 11:48
    et non, il y a un moment en fait,
    où on accepte totalement la mort.
  • 11:48 - 11:54
    Et j'étais, là, dans cette pièce,
    mais d'une sérénité absolue.
  • 11:54 - 11:57
    Et je pense que si j'étais aussi sereine,
  • 11:57 - 12:01
    la première raison, c'était parce que
    j'étais dans un pays que j'adore,
  • 12:01 - 12:02
    et la seconde,
  • 12:02 - 12:05
    c'est parce que je faisais
    ce qui m'était le plus cher,
  • 12:05 - 12:06
    ce que j'aimais vraiment.
  • 12:07 - 12:09
    Et la vie est courte,
    la vie est super courte,
  • 12:09 - 12:12
    donc faites vraiment
    ce que vous aimez faire.
  • 12:12 - 12:14
    (Applaudissements)
  • 12:16 - 12:17
    Merci.
  • 12:19 - 12:21
    Mais je ne suis pas morte,
  • 12:22 - 12:27
    et j'étais super heureuse
    de retrouver mes amis à Kaboul.
  • 12:27 - 12:31
    Si un truc comme ça vous arrive, après,
    vous planez pendant un mois, c'est génial.
  • 12:31 - 12:34
    Vous regardez la couleur, vous êtes :
    « Waouh, c'est beau. » (Rires)
  • 12:34 - 12:37
    Vous mangez un truc : « Hum, c'est bon. »
  • 12:37 - 12:40
    Le cuisinier, il était aux anges
    quand il me voyait manger.
  • 12:40 - 12:41
    Et voilà.
  • 12:41 - 12:43
    Et tout ce que je vous
    ai raconté aujourd'hui,
  • 12:43 - 12:47
    c'est un tout petit grain
    dans l'immensité du désert du Sahara.
  • 12:48 - 12:51
    Parce que chaque jour, du matin au soir,
  • 12:51 - 12:54
    il y a plus de 10 000
    personnes humanitaires
  • 12:54 - 12:56
    qui se battent comme des fous
  • 12:56 - 12:59
    pour s'assurer de préserver
    la vie et la dignité
  • 12:59 - 13:02
    de toutes ces personnes
    victimes de conflits armés.
  • 13:02 - 13:05
    Donc, je crois qu'aujourd'hui, c'est
    vraiment eux qu'il faut remercier.
  • 13:05 - 13:07
    (Applaudissements)
Title:
De Cannes à Kaboul | Christine Gaulis | TEDxCarthageWomen
Description:

Cette présentation a été faite lors d'un événement TEDx local, produit indépendamment des conférences TED.

Découvrez le parcours professionnel hors du commun de Christine Gaulis, qui, du festival de Cannes, l'a amenée à Kaboul, en Afghanistan, dans un contexte de guerre. Son étincelle : l'engagement humanitaire.

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Video Language:
French
Team:
closed TED
Project:
TEDxTalks
Duration:
13:15

French subtitles

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