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← Comment notre cerveau traite la parole ? - Gareth Gaskell

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Showing Revision 16 created 10/05/2020 by Anne-Sophie.

  1. Une personne de 20 ans connaît en moyenne
  2. entre 27 000 et 52 000 mots différents.
  3. À l'âge de 60 ans,
    ce nombre s'élève en moyenne
  4. entre 35 000 et 56 000.
  5. À voix haute,
  6. la plupart de ces mots durent moins
    d'une seconde.
  7. Ainsi, pour chaque mot,
  8. le cerveau doit prendre
    une décision rapide :
  9. laquelle de ces milliers
    d'options correspond au signal ?
  10. Et dans environ 98 % des cas,
    le cerveau choisit le bon mot.
  11. Mais comment ?
  12. La compréhension orale est différente
    de la compréhension écrite,
  13. mais est similaire à la compréhension
    du langage des signes
  14. - bien que la reconnaissance
    de la parole a été plus étudiée
  15. que le langage des signes.
  16. Le cerveau est à l'origine
    de notre capacité
  17. à comprendre le langage.
  18. Il a le rôle de processeur parallèle.
  19. Cela signifie qu'il peut faire plusieurs
    choses différentes en même temps.
  20. La plupart des théories supposent
    que chaque mot connu est représenté
  21. par une unité de traitement distincte
    ayant un unique rôle :
  22. évaluer la probabilité
    que le discours entrant
  23. corresponde à ce mot en particulier.
  24. Dans le contexte du cerveau,
    l'unité de traitement
  25. représentant un mot
    est probablement un schéma de tir
  26. d'un groupe de neurones
    dans le cortex du cerveau.
  27. Lorsqu'on entend le début d'un mot,
    plusieurs milliers de ces unités
  28. peuvent devenir actifs.
  29. En effet,
    avec seulement le début d'un mot,
  30. il y a de nombreuses
    correspondances possibles.
  31. Ensuite, à mesure
    que l'on prononce le mot,
  32. de plus en plus d'unités constatent
    qu'il manque une information vitale
  33. et perdent leur activité.
  34. Probablement bien avant la fin du mot,
    un seul schéma de tir reste actif,
  35. correspondant à un mot.
  36. C'est ce qu'on appelle
    le « point de reconnaissance ».
  37. Lors du processus
    de recherche d'un mot,
  38. les unités actives suppriment
    toute autre activité,
  39. économisant de précieuses millisecondes.
  40. La plupart des gens peuvent comprendre
    jusqu'à environ 8 syllabes par seconde.
  41. Pourtant, le but n'est pas seulement
    de reconnaître le mot,
  42. mais aussi d'accéder
    à sa signification stockée.
  43. Le cerveau accède à de nombreuses
    significations possibles en même temps,
  44. avant que le mot ait été
    complètement identifié.
  45. Selon des études, même en entendant
    un fragment de mot - comme « cap » -
  46. les auditeurs vont commencer
    à enregistrer plusieurs sens possibles,
  47. comme capitaine ou capital,
    avant même que le mot complet n'émerge.
  48. Cela suggère que chaque fois
    que l'on entend un mot,
  49. il y a une brève explosion
    de sens dans nos esprits,
  50. et avant même d'atteindre
    le point de reconnaissance,
  51. le cerveau a choisi une interprétation.
  52. Le processus de reconnaissance progresse
    plus rapidement avec une phrase
  53. nous donnant un contexte qu'avec
    un enchaînement aléatoire de mots.
  54. Le contexte permet aussi de nous guider
    vers la signification voulue des mots
  55. ayant plusieurs interprétations,
    comme « glace », ou « grue »,
  56. ou en cas d'homophones
    comme « verre » ou « vert ».
  57. Pour les personnes multilingues,
  58. la langue qu'ils entendent
    est un autre indice utilisé
  59. pour éliminer les mots
    pouvant ne pas correspondre
  60. au contexte de la langue.
  61. Ainsi, que se passe-t-il si l'on ajoute
  62. de tout nouveaux mots
    dans ce système ?
  63. Même en tant qu'adultes,
    on peut parfois tomber
  64. sur un nouveau mot.
  65. Mais si chaque mot est représenté
    par un modèle d'activité bien défini,
  66. réparti entre de nombreux neurones,
    comment empêche-t-on de nouveaux mots
  67. de remplacer les anciens ?
  68. On pense que pour éviter ce problème,
  69. les nouveaux mots
    sont initialement stockés
  70. dans une partie du cerveau
    appelée l'hippocampe,
  71. bien loin du stockage principal
    des mots dans le cortex.
  72. Ainsi, ils ne partagent pas les neurones
    avec d'autres mots.
  73. Puis, après plusieurs nuits de sommeil,
  74. ces nouveaux mots
    sont progressivement transférés
  75. et s'entrecroisent avec les anciens.
  76. Les chercheurs pensent que ce processus
    d'acquisition progressive aide
  77. à éviter de perturber les mots existants.
  78. Ainsi, dans la journée,
    cette activité inconsciente génère
  79. des explosions de significations
    lorsque l'on bavarde.
  80. La nuit, on se repose,
    mais notre cerveau est occupé
  81. à intégrer de nouvelles connaissances
    au réseau lexical.
  82. Quand on se réveille,
    ce processus nous permet
  83. d'être prêt pour ce monde
    du langage en constante évolution.