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L'avenir de la psychothérapie psychédélique

  • 0:02 - 0:05
    Me préparer pour ce discours
    a été pour moi plus effrayant
  • 0:05 - 0:07
    que de me préparer
    à un traitement sous LSD.
  • 0:07 - 0:09
    (Rires)
  • 0:09 - 0:12
    « Les drogues psychédéliques sont
    à l'étude de l'esprit
  • 0:12 - 0:15
    ce que le microscope est à la biologie
  • 0:15 - 0:18
    et ce que le télescope
    est à l'astronomie. »
  • 0:18 - 0:21
    Le docteur Stanislav Grof
    a prononcé ces mots.
  • 0:21 - 0:24
    C'est un des principaux chercheurs
    en psychédélisme dans le monde,
  • 0:24 - 0:26
    il a aussi été mon mentor.
  • 0:27 - 0:32
    J'aimerais vous montrer que les drogues
    psychédéliques, utilisées à bon escient,
  • 0:32 - 0:35
    ont le potentiel de nous aider à guérir,
  • 0:35 - 0:37
    à être inspirés,
  • 0:37 - 0:39
    et peut-être à nous sauver nous-même.
  • 0:39 - 0:41
    Dans les années 50 et 60,
  • 0:41 - 0:44
    la recherche sur le psychédélisme
    a prospéré dans le monde
  • 0:44 - 0:48
    et a été très prometteuse
    dans les domaines de la psychiatrie,
  • 0:48 - 0:50
    de la psychologie, de la psychothérapie,
  • 0:50 - 0:54
    de la neuroscience et
    de l'étude des expériences mystiques.
  • 0:54 - 0:57
    Mais les drogues psychédéliques
    sont sorties du cadre de la recherche
  • 0:57 - 0:59
    et ont commencé à être utilisées
    dans la contre-culture
  • 0:59 - 1:02
    et par les opposants
    à la guerre du Vietnam.
  • 1:02 - 1:05
    Pas toujours à bon escient.
  • 1:05 - 1:06
    Il y eut donc des répercussions.
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    Le gouvernement américain a criminalisé
    en 1970 l'usage de drogues psychédéliques
  • 1:12 - 1:15
    et ils ont coupé toutes
    les recherches sur le sujet.
  • 1:15 - 1:19
    Cette prohibition s'est étendue dans
    le monde entier et sur des décennies.
  • 1:19 - 1:20
    Elle a été dramatique :
  • 1:20 - 1:23
    les drogues psychédéliques
    ne sont que des outils,
  • 1:23 - 1:26
    leurs bénéfices ou leurs effets nocifs
  • 1:26 - 1:29
    dépendent de la façon
    dont elles sont utilisées.
  • 1:29 - 1:33
    Psychédélique veut dire
    « ce que montre l'esprit »
  • 1:35 - 1:41
    et se rapporte aux drogues comme
    la LSD, la psilocybine, la mescaline,
  • 1:43 - 1:45
    l'iboga et d'autres drogues.
  • 1:46 - 1:48
    Quand j'avais 18 ans,
  • 1:48 - 1:51
    j'étais étudiant en première année,
  • 1:51 - 1:54
    je testais la LSD et la mescaline.
  • 1:54 - 1:58
    Et ces expériences m'ont mis
    en contact avec mes émotions.
  • 1:58 - 2:00
    Ils m'ont aidé à développer
    un lien spirituel
  • 2:00 - 2:04
    que ma Bar Mitzvah n'avait
    malheureusement pas déclenché.
  • 2:04 - 2:06
    (Rires)
  • 2:07 - 2:09
    Pour taquiner mes parents,
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    je leur disais qu'ils m'ont conduit
    vers le psychédélisme
  • 2:11 - 2:15
    car ma Bar Mitzvah n'avait pas pu
    faire de moi un homme.
  • 2:15 - 2:17
    (Rires)
  • 2:18 - 2:19
    Mais surtout,
  • 2:19 - 2:22
    les drogues psychédéliques m'ont fait
    ressentir une humanité partagée,
  • 2:22 - 2:25
    une unité avec toute forme de vie.
  • 2:25 - 2:28
    D'autres que moi ont relaté la même chose.
  • 2:28 - 2:32
    Et j'ai senti que ces expériences
    avaient le potentiel
  • 2:32 - 2:34
    de servir d'antidote
  • 2:34 - 2:39
    au tribalisme, au fondamentalisme,
    aux génocides et aux écocides.
  • 2:39 - 2:42
    J'ai donc décidé de consacrer ma vie
  • 2:42 - 2:44
    à faire changer les lois
  • 2:44 - 2:48
    et à devenir un psychothérapeute légal
    en drogues psychédéliques.
  • 2:49 - 2:52
    (Applaudissements)
  • 2:52 - 2:55
    Aujourd'hui, 50 ans après
    son interdiction,
  • 2:55 - 2:59
    nous vivons la renaissance mondiale
    de la recherche en psychédélisme.
  • 2:59 - 3:02
    La psychothérapie psychédélique
    est très prometteuse
  • 3:02 - 3:07
    pour traiter le trouble de stress
    post-traumatique, ou TSPT,
  • 3:07 - 3:11
    la dépression, la phobie sociale,
    la toxicomanie, l’alcoolisme
  • 3:12 - 3:13
    et le suicide.
  • 3:13 - 3:17
    La psychothérapie psychédélique
    cherche à s'attaquer aux racines
  • 3:17 - 3:18
    de ces problèmes,
  • 3:19 - 3:21
    avec relativement peu de prises,
  • 3:21 - 3:26
    contrairement à la plupart des médicaments
    psychiatriques utilisés de nos jours
  • 3:26 - 3:29
    qui vont seulement surtout
    réduire les symptômes
  • 3:29 - 3:32
    et qui sont censés
    être pris quotidiennement.
  • 3:34 - 3:37
    Les drogues psychédéliques
    servent aussi aux neurosciences
  • 3:37 - 3:39
    à étudier la fonction cérébrale
  • 3:39 - 3:43
    et le mystère persistant
    de la conscience humaine.
  • 3:43 - 3:47
    Les drogues psychédéliques et
    les expériences mystiques qu'elles créent
  • 3:47 - 3:50
    sont étudiées pour leurs liens entre
    la méditation et la pleine conscience,
  • 3:50 - 3:53
    notamment dans un article récemment publié
  • 3:53 - 3:57
    sur des gens pratiquant la méditation zen
    et prenant de la psilocybine
  • 3:57 - 3:59
    au cours d'une retraite,
  • 3:59 - 4:02
    qui montre des avantages à long terme
    et des changements cérébraux.
  • 4:03 - 4:05
    Comment ces drogues fonctionnent-elles ?
  • 4:06 - 4:08
    La recherche moderne
    en neurosciences a démontré
  • 4:08 - 4:10
    que les drogues psychédéliques
    réduisent l'activité
  • 4:10 - 4:13
    du réseau du mode par défaut du cerveau.
  • 4:13 - 4:16
    C'est là que se crée notre conscience.
  • 4:16 - 4:18
    C'est notre équivalent de l'égo,
  • 4:18 - 4:21
    il filtre toutes
    les informations entrantes
  • 4:21 - 4:24
    selon nos besoins personnels
    et nos priorités.
  • 4:24 - 4:28
    Lorsque l'activité est réduite
    dans le réseau du mode par défaut,
  • 4:28 - 4:32
    notre égo passe du premier plan
    à l'arrière-plan.
  • 4:32 - 4:38
    Nous voyons que ce n'est qu'une partie
    d'un champ plus vaste de la conscience.
  • 4:38 - 4:39
    C'est proche du changement
  • 4:39 - 4:43
    que Copernic et Galilée
    ont pu générer pour l'humanité
  • 4:43 - 4:44
    en utilisant le télescope
  • 4:44 - 4:48
    afin de montrer que la Terre
    n'était plus le centre de l'univers,
  • 4:48 - 4:52
    mais tournait en réalité autour du Soleil,
  • 4:52 - 4:54
    un objet plus grand qu'elle.
  • 4:54 - 4:57
    Pour certaines personnes,
    ce changement de la conscience
  • 4:57 - 4:59
    est la plus importante
  • 4:59 - 5:03
    des expériences majeures de leur vie.
  • 5:03 - 5:07
    Ils se sentent davantage reliés
    à un monde plus grand qu'eux.
  • 5:07 - 5:09
    Ils ressentent plus d'altruisme
  • 5:09 - 5:12
    et ils perdent quelque peu
    l'angoisse de la mort.
  • 5:12 - 5:14
    Toutes les drogues
    n'agissent pas de la sorte.
  • 5:14 - 5:18
    La MDMA, connue aussi
    sous le nom d'ecstasy, ou Molly,
  • 5:18 - 5:20
    agit très différemment.
  • 5:20 - 5:22
    Je vais vous raconter
    l'histoire de Marcela
  • 5:22 - 5:26
    qui souffrait d'un syndrome
    du stress post-traumatique
  • 5:26 - 5:28
    depuis une agression sexuelle violente.
  • 5:29 - 5:32
    Nous nous sommes rencontrés
    avec Marcela en 1984,
  • 5:32 - 5:35
    lorsque la MDMA était encore légale,
  • 5:35 - 5:39
    mais elle commençait déjà à sortir
    des cercles thérapeutiques.
  • 5:39 - 5:43
    Marcela a essayé la MDMA
    dans un cadre récréatif,
  • 5:43 - 5:46
    et, à ce moment, le traumatisme
    de son passé a submergé sa conscience.
  • 5:46 - 5:50
    Ses pensées suicidaires
    se sont renforcées.
  • 5:51 - 5:53
    Lors de notre première discussion,
  • 5:53 - 5:57
    je lui ai dit que lorsque la MDMA
    est prise de façon thérapeutique,
  • 5:57 - 6:00
    elle peut diminuer
    la peur des émotions négatives
  • 6:00 - 6:04
    et que la MDMA pourrait l'aider
    à surmonter son traumatisme.
  • 6:04 - 6:07
    Je lui ai fait promettre
    de ne pas tenter de se suicider
  • 6:08 - 6:10
    si nous travaillions ensemble.
  • 6:10 - 6:13
    Elle a accepté et m'a fait cette promesse.
  • 6:13 - 6:15
    Lors de ses séances thérapeutiques,
  • 6:15 - 6:21
    Marcela a pu surmonter son traumatisme
    de manière plus simple et fluide.
  • 6:21 - 6:24
    Et finalement, elle a été
    en mesure de raconter
  • 6:24 - 6:28
    avoir entendu son violeur lui dire
    que si jamais elle en parlait,
  • 6:28 - 6:29
    il la tuerait.
  • 6:30 - 6:34
    Elle comprit que c'était ce qui la
    maintenait prisonnière de sa conscience.
  • 6:34 - 6:36
    Alors, pouvoir raconter son histoire
  • 6:36 - 6:41
    et expérimenter des sensations
    et des idées de son esprit
  • 6:41 - 6:42
    l'a libérée,
  • 6:42 - 6:46
    et elle a pu choisir
    d'avancer dans la vie.
  • 6:46 - 6:47
    A ce moment-là,
  • 6:47 - 6:52
    j'ai compris que la MDMA pouvait soigner
    efficacement le stress post-traumatique.
  • 6:53 - 6:56
    Aujourd'hui, 35 ans après sa thérapie,
  • 6:56 - 6:59
    Marcela est devenue psychothérapeute,
  • 6:59 - 7:04
    elle en forme d'autres à guérir
    le stress post-traumatique avec la MDMA.
  • 7:06 - 7:08
    Alors, comment agit la MDMA ?
  • 7:08 - 7:10
    Comment la MDMA a-t-elle aidé Marcela ?
  • 7:10 - 7:14
    Le cerveau des gens souffrant
    de stress post-traumatique est différent
  • 7:14 - 7:16
    de celui des autres personnes.
  • 7:16 - 7:20
    Leur complexe amygdalien,
    qui crée les peurs, est hyperactif.
  • 7:20 - 7:24
    L'activité est réduite
    dans leur cortex préfrontal,
  • 7:24 - 7:25
    le lieu de la pensée logique.
  • 7:25 - 7:28
    Enfin, l'activité est diminuée
    dans leur hippocampe,
  • 7:28 - 7:32
    là où nous conservons
    les souvenirs sur le long terme.
  • 7:32 - 7:36
    La MDMA modifie le cerveau
    de façon inverse.
  • 7:36 - 7:38
    La MDMA réduit l'activité
    du complexe amygdalien,
  • 7:38 - 7:42
    augmente celle du cortex préfrontal
  • 7:42 - 7:45
    ainsi que la connexion entre
    le complexe amygdalien et l'hippocampe
  • 7:45 - 7:49
    pour renvoyer les souvenirs traumatisants
    vers la mémoire de long terme.
  • 7:50 - 7:54
    Il y a peu, des chercheurs de John Hopkins
    ont publié un article dans Nature,
  • 7:54 - 7:57
    où ils ont démontré que
    la MDMA libère de l'ocytocine,
  • 7:57 - 8:00
    l'hormone de l'amour et de la confiance.
  • 8:01 - 8:04
    Les mêmes chercheurs ont aussi mené
    des recherches sur des poulpes,
  • 8:04 - 8:08
    qui sont d'habitude asociaux,
    sauf pendant la saison des amours.
  • 8:08 - 8:11
    Mais surprise, vous leur donnez de la MDMA
  • 8:11 - 8:13
    et ils deviennent sociables.
  • 8:13 - 8:14
    (Rires)
  • 8:15 - 8:18
    Plusieurs mois après
    notre travail avec Marcela,
  • 8:18 - 8:23
    l'Administration pour le contrôle
    des drogues (DEA) a criminalisé l'ecstasy,
  • 8:23 - 8:25
    sans connaître ses usages thérapeutiques.
  • 8:25 - 8:27
    Je suis allé à Washington,
  • 8:27 - 8:31
    au quartier général de la DEA.
  • 8:31 - 8:33
    J'ai engagé une poursuite
    et demandé une audience,
  • 8:33 - 8:36
    où des psychiatres et
    des psychothérapeutes
  • 8:36 - 8:40
    pourraient fournir des renseignements
    sur l'usage thérapeutique de la MDMA
  • 8:40 - 8:41
    pour qu'elle reste légal.
  • 8:42 - 8:45
    Au milieu de l’audience, la DEA a paniqué,
  • 8:45 - 8:48
    a déclaré l'état d'urgence
  • 8:48 - 8:50
    et a criminalisé toutes
    les utilisations de la MDMA.
  • 8:50 - 8:53
    Le seul moyen que j'avais
    de légaliser à nouveau la MDMA,
  • 8:53 - 8:56
    c'était de passer par la science,
    par la médecine,
  • 8:56 - 8:59
    par le processus de développement
    des médicaments de la FDA.
  • 8:59 - 9:01
    En 1986, j'ai créé MAPS,
  • 9:01 - 9:05
    une société pharmaceutique
    psychédélique à but non lucratif.
  • 9:06 - 9:09
    Nous avons mis 30 ans, jusqu'en 2016,
  • 9:09 - 9:12
    pour produire les données requises
    pour présenter un dossier à la FDA
  • 9:12 - 9:16
    et demander l'autorisation de poursuivre
    la phase 3 à grande échelle,
  • 9:16 - 9:19
    qui est requise afin de prouver
    la fiabilité et l'efficacité
  • 9:19 - 9:22
    avant d'obtenir l'autorisation
    de prescrire sur ordonnance.
  • 9:23 - 9:26
    Tony est un vétéran qui a participé
    à l'une de nos études pilotes.
  • 9:27 - 9:29
    Selon le Département
    des anciens combattants,
  • 9:29 - 9:32
    plus d'un million de vétérans
    souffrent de stress post-traumatique.
  • 9:33 - 9:36
    Au moins 20 anciens combattants
    se suicident chaque jour,
  • 9:36 - 9:39
    beaucoup d'entre eux
    à cause du stress post-traumatique.
  • 9:40 - 9:44
    Le traitement que Tony allait recevoir
    durait trois mois et demi.
  • 9:44 - 9:46
    Pendant ces trois mois et demi,
  • 9:46 - 9:49
    il n'allait recevoir
    de la MDMA que trois fois,
  • 9:49 - 9:53
    accompagné de 12 séances de psychothérapie
    non médicamenteuse de 90 minutes :
  • 9:53 - 9:56
    trois avant la première prise de MDMA
    pour la préparation
  • 9:56 - 10:00
    et trois après chaque prise de MDMA
    pour l'assimilation.
  • 10:00 - 10:04
    Nous appelons notre traitement
    « thérapie intérieure »,
  • 10:04 - 10:08
    dans la mesure où nous aidons le patient
    à découvrir tout ce qui apparaît
  • 10:08 - 10:10
    à l'intérieur de son esprit
    ou de son corps.
  • 10:11 - 10:14
    Même avec de la MDMA,
    c'est un travail difficile.
  • 10:14 - 10:16
    Et beaucoup de nos patients ont déclaré :
  • 10:16 - 10:18
    « Je ne sais pas pourquoi
    ça s'appelle ecstasy. »
  • 10:18 - 10:20
    (Rires)
  • 10:20 - 10:23
    Lors de la première prise de MDMA de Tony,
  • 10:23 - 10:26
    allongé sur le canapé, avec un masque,
  • 10:26 - 10:28
    il écoutait de la musique
  • 10:28 - 10:30
    et il parlait aux thérapeutes,
  • 10:30 - 10:31
    une équipe mixte de thérapeutes
  • 10:31 - 10:34
    chaque fois qu'il en ressentait le besoin.
  • 10:34 - 10:35
    Après plusieurs heures,
  • 10:35 - 10:38
    dans un moment de sérénité et de lucidité,
  • 10:38 - 10:42
    Tony partagea qu'il s'était rendu compte
  • 10:42 - 10:48
    que son stress post-traumatique
    était un moyen de se relier à ses amis.
  • 10:48 - 10:52
    C'était une façon d'honorer la mémoire
    de ses amis décédés.
  • 10:52 - 10:57
    Mais il a réussi à évoluer et à se voir
    dans les yeux de ses amis décédés.
  • 10:57 - 10:59
    Il a compris qu'ils n'auraient pas
    voulu le voir souffrir,
  • 10:59 - 11:01
    le voir gâcher sa vie.
  • 11:01 - 11:03
    Ils auraient voulu qu'il vive pleinement,
  • 11:03 - 11:04
    ce qu'ils ne pouvaient plus faire.
  • 11:04 - 11:08
    Il a compris qu'il pouvait honorer
    leur mémoire d'une nouvelle façon,
  • 11:08 - 11:11
    en vivant pleinement sa vie
    autant que possible.
  • 11:12 - 11:15
    Il s'est rendu compte
    qu'il se racontait lui-même une histoire,
  • 11:15 - 11:17
    qu'il prenait des opiacés pour la douleur.
  • 11:17 - 11:20
    Mais il a compris
    qu'il les prenait pour s'évader.
  • 11:21 - 11:24
    Alors il a décidé
    qu'il n'avait plus besoin d'opaciés,
  • 11:24 - 11:25
    ni de MDMA,
  • 11:25 - 11:27
    et qu'il allait abandonner notre étude.
  • 11:28 - 11:29
    C'était il y a sept ans.
  • 11:29 - 11:32
    Tony n'a plus de stress post-traumatique,
  • 11:32 - 11:34
    n'a jamais repris d'opiacés
  • 11:34 - 11:38
    et vient en aide à d'autres gens
    moins chanceux que lui au Cambodge.
  • 11:39 - 11:44
    (Applaudissements)
  • 11:44 - 11:46
    Les chiffres que nous avons
    présentés à la FDA,
  • 11:46 - 11:49
    basés sur les 107 sujets
    de nos études pilotes, dont Tony,
  • 11:49 - 11:55
    ont montré que 23% de ceux qui ont reçu
    une thérapie sans MDMA active
  • 11:55 - 11:58
    n'ont plus de stress post-traumatique
    à la fin du traitement.
  • 11:58 - 12:01
    C'est déjà un bon résultat
    pour ce type de patients.
  • 12:01 - 12:04
    Mais, quand on ajoute de la MDMA,
  • 12:04 - 12:08
    les résultats ont plus que doublé,
    56% n'ont plus de stress post-traumatique.
  • 12:09 - 12:12
    (Applaudissements)
  • 12:13 - 12:14
    Mais le plus important,
  • 12:14 - 12:17
    quand ils savent qu'ils ne doivent pas
    réprimer leur traumatisme,
  • 12:17 - 12:19
    mais qu'ils peuvent le gérer,
  • 12:19 - 12:21
    ils continuent à aller mieux d'eux-mêmes.
  • 12:21 - 12:25
    A la réunion de suivi un an après
    la dernière session thérapeutique,
  • 12:25 - 12:28
    les deux tiers ne souffrent plus
    de stress post-traumatique.
  • 12:28 - 12:30
    Et sur le tiers qui en souffre,
  • 12:30 - 12:33
    beaucoup présentent une réduction
    cliniquement importante des symptômes.
  • 12:33 - 12:37
    (Applaudissements)
  • 12:38 - 12:39
    Sur la base de ces données,
  • 12:39 - 12:44
    la FDA a décrit la psychothérapie assistée
    par MDMA pour le stress post-traumatique
  • 12:44 - 12:46
    comme une thérapie révolutionnaire.
  • 12:46 - 12:49
    La FDA a dit la même chose
    de la psilocybine
  • 12:49 - 12:51
    pour la dépression
    résistante aux traitements
  • 12:51 - 12:55
    et a récemment homologué
    l'eskétamine pour la dépression.
  • 12:57 - 13:02
    Je suis fier d'annoncer que nous avons
    commencé la phase 3 de nos recherches.
  • 13:03 - 13:05
    Et si les résultats sont
    à la hauteur de nos espoirs,
  • 13:05 - 13:08
    semblables à ceux de la phase 2
    de nos recherches,
  • 13:08 - 13:13
    la FDA validera fin 2021 la psychothérapie
    par MDMA pour le stress post-traumatique.
  • 13:14 - 13:15
    Si elle est approuvée,
  • 13:15 - 13:19
    les seuls thérapeutes qui pourront
    l'administrer directement aux patients
  • 13:19 - 13:23
    seront ceux qui auront suivi
    notre programme d'entraînement.
  • 13:23 - 13:25
    Ils pourront administrer
    de la MDMA seulement
  • 13:25 - 13:28
    sous supervision directe
    en milieu clinique.
  • 13:29 - 13:33
    Nous nous attendons à ce que,
    dans les prochaines décennies,
  • 13:33 - 13:36
    des milliers de cliniques
    psychédéliques soient créées.
  • 13:36 - 13:40
    Des thérapeutes pourront
    y administrer de la MDMA,
  • 13:40 - 13:43
    de la psilocybine, de la kétamine
    et d'autres drogues psychédéliques
  • 13:43 - 13:46
    à potentiellement
    des millions de patients.
  • 13:47 - 13:51
    Ces cliniques pourront aussi devenir
    des centres où les gens viendront
  • 13:51 - 13:54
    pour de la psychothérapie psychédélique
    du développement personnel,
  • 13:54 - 13:56
    des thérapies de couple
  • 13:56 - 14:00
    ou pour des expériences
    spirituelles et mystiques.
  • 14:01 - 14:08
    L'humanité est engagée dans une course
    entre catastrophe et conscience.
  • 14:08 - 14:14
    La renaissance psychédélique est là
    pour aider la conscience à triompher.
  • 14:14 - 14:18
    Et maintenant, si vous regardez tous
    en dessous de vos sièges...
  • 14:18 - 14:19
    Je plaisante !
  • 14:19 - 14:21
    (Rires)
  • 14:21 - 14:22
    Merci.
  • 14:22 - 14:24
    (Applaudissements)
  • 14:24 - 14:25
    (Rires)
  • 14:25 - 14:30
    (Applaudissements)
  • 14:30 - 14:31
    Merci.
  • 14:31 - 14:35
    (Applaudissements)
  • 14:36 - 14:39
    Corey Hajim : Restez ici une minute.
  • 14:39 - 14:40
    Merci beaucoup, Rick.
  • 14:40 - 14:43
    Je crois que c'est un public bienveillant.
  • 14:43 - 14:44
    Rick Doblin : Oui, très.
  • 14:46 - 14:48
    Beaucoup sont aussi allés au Burning Man.
  • 14:48 - 14:49
    (Rires)
  • 14:50 - 14:51
    CH : Il y a une synergie.
  • 14:51 - 14:52
    RD : (Rires)
  • 14:52 - 14:57
    CH : Alors, dans votre discours,
    vous avez parlé de l'usage de ces drogues
  • 14:57 - 14:59
    pour combattre
    des traumatismes très graves.
  • 14:59 - 15:02
    Qu'en est-il des maladies
    mentales plus communes
  • 15:02 - 15:04
    comme l'anxiété ou la dépression ?
  • 15:04 - 15:06
    Est-ce là où le microdosage entre en jeu ?
  • 15:06 - 15:09
    RD : Le microdosage peut
    être utile pour la dépression,
  • 15:09 - 15:12
    je connais quelqu'un qui s'en est servi.
  • 15:12 - 15:15
    Mais en général,
    pour des raisons thérapeutiques,
  • 15:15 - 15:18
    nous préférons
    le macrodosage au microdosage,
  • 15:18 - 15:21
    afin d'aider les gens
    à traiter les causes profondes.
  • 15:21 - 15:23
    Le microdosage, c'est plus
    pour la créativité,
  • 15:23 - 15:25
    pour l'inspiration artistique,
  • 15:25 - 15:26
    pour la concentration...
  • 15:27 - 15:30
    Et il améliore aussi l'humeur.
  • 15:30 - 15:32
    Mais pour les maladies graves,
  • 15:32 - 15:35
    les gens ne doivent pas penser
    que prendre un médicament par jour
  • 15:35 - 15:37
    les dispense d'un travail plus approfondi.
  • 15:37 - 15:41
    CH : Qu'en est-il en dehors
    des États-Unis et de l'Amérique du Nord,
  • 15:41 - 15:43
    y a-t-il des recherches ?
  • 15:43 - 15:45
    RD : Oh oui, on se mondialise.
  • 15:46 - 15:48
    La phase 3 de nos recherches a lieu
  • 15:48 - 15:51
    en Israël, au Canada et aux États-Unis.
  • 15:51 - 15:52
    Avec l'accord de la FDA,
  • 15:52 - 15:56
    nos recherches seront aussi approuvées
    en Israël et au Canada.
  • 15:56 - 15:59
    Nous venons de commencer
    la recherche en Europe.
  • 15:59 - 16:03
    Et nous allons entraîner
    des thérapeutes chinois.
  • 16:04 - 16:05
    CH : C'est génial.
  • 16:05 - 16:06
    Nous pensions faire voter le public
  • 16:06 - 16:09
    pour savoir si les gens pensent qu'il faut
  • 16:09 - 16:11
    continuer ou non ces recherches,
  • 16:11 - 16:14
    mais j'ai l'impression que
    je connais déjà la réponse, alors...
  • 16:14 - 16:15
    Merci beaucoup, Rick.
  • 16:15 - 16:17
    RD : Merci. Merci à tous.
  • 16:17 - 16:19
    (Applaudissements)
Title:
L'avenir de la psychothérapie psychédélique
Speaker:
Rick Doblin
Description:

Les drogues psychédéliques peuvent-elles nous aider à guérir des troubles et traumatismes mentaux ? Le chercheur Rick Doblin a passé ces 30 dernières années à étudier cette question et les résultats sont prometteurs. Dans cette fascinante plongée dans les sciences psychédéliques, il explique comment les drogues comme la LSD, la psilocybine et la MDMA agissent sur notre cerveau – et il montre comment, lorsqu'elles sont associées à la psychothérapie, elles peuvent changer la façon dont nous soignons le syndrome de stress post-traumatique, la dépression, la toxicomanie et bien d'autres.

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Video Language:
English
Team:
closed TED
Project:
TEDTalks
Duration:
16:32

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