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A Flow of Wealth or a Wealth of Flows?

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    Flux de richesses, ou richesses des flux ?
  • 0:06 - 0:10
    L'économie circulaire est partie
    de zéro ces sept dernières années.
  • 0:10 - 0:12
    Il y a des dispositions
    européennes sur celle-ci,
  • 0:12 - 0:15
    le Forum Économique Mondial
    planche sur le sujet,
  • 0:15 - 0:18
    il y a beaucoup d'attentes
    des villes et des gouvernements.
  • 0:18 - 0:21
    A la dernière réunion
    d'Helsinki, 90 pays
  • 0:21 - 0:24
    et près de 1 700 délégués rassemblés
  • 0:24 - 0:28
    se sont penchés plusieurs jours
    sur l'économie circulaire.
  • 0:28 - 0:29
    C'est très excitant.
  • 0:31 - 0:33
    Il existe déjà des centaines d'études
  • 0:33 - 0:35
    et on en attend davantage.
  • 0:35 - 0:39
    On commence à l'enseigner,
    surtout dans le commerce et l'ingénierie.
  • 0:41 - 0:43
    La vraie question doit être,
  • 0:43 - 0:46
    qu'est ce qui plaît autant
    dans l'économie circulaire ?
  • 0:49 - 0:52
    Je pense qu'il faut revenir
    aux sources d'une économie.
  • 0:53 - 0:55
    Cela pose trois questions, en fait.
  • 0:55 - 0:58
    « Que faut-il produire ? »,
    « Comment le produire ? »
  • 0:58 - 1:00
    et « Qui en tire le bénéfice ? »
  • 1:02 - 1:05
    Ce n'est pas que trois questions,
    c'est aussi trois composantes.
  • 1:05 - 1:10
    Toute économie a des flux
    de matières, d'énergie,
  • 1:10 - 1:13
    et d'information,
    de l'argent en particulier.
  • 1:14 - 1:18
    Dans les manuels, c'est
    illustré par l'image d'un
  • 1:18 - 1:20
    système de chauffage central.
  • 1:22 - 1:23
    Il y a deux secteurs :
  • 1:23 - 1:27
    les ménages et les entreprises,
    le capital et le travail.
  • 1:27 - 1:29
    L'argent circule entre les deux.
  • 1:29 - 1:33
    Des salaires payés, des biens produits,
    et les revenus reviennent à l'entreprise.
  • 1:35 - 1:36
    C'est assez simple.
  • 1:36 - 1:40
    À cela, s'ajoute le gouvernement
    qui récolte et reverse des impôts.
  • 1:41 - 1:43
    Puis les banques, les intermédiaires
  • 1:43 - 1:45
    qui s'assurent que les épargnes
  • 1:45 - 1:48
    sont réintroduites de façon productive
    dans l'économie comme investissement.
  • 1:50 - 1:54
    En gros, c'est de la tuyauterie, et
    c'est ainsi que beaucoup l'appréhendent.
  • 1:59 - 2:01
    En plus de cela, il y a l'idée
  • 2:01 - 2:04
    que le tout crée un équilibre
    sur le long terme.
  • 2:04 - 2:08
    Tout va pour le mieux
  • 2:08 - 2:10
    lorsque l'économie est bien huilée.
  • 2:10 - 2:12
    C'est ça, l'histoire de l'économie :
  • 2:12 - 2:16
    faites qu'elle soit performante
    et qu'elle fonctionne d'elle-même,
  • 2:16 - 2:18
    à condition de ne pas interférer.
  • 2:23 - 2:26
    De Rosnay était un penseur
    de la première heure.
  • 2:26 - 2:29
    Il a voulu définir
  • 2:29 - 2:33
    une économie existante,
    et ses problèmes.
  • 2:33 - 2:37
    Le problème principal, selon lui,
    était l'absence de contexte.
  • 2:37 - 2:40
    L'économie fonctionnait
    comme une machine
  • 2:40 - 2:45
    gérant des stocks et des flux
    de ressources et d'énergie.
  • 2:45 - 2:51
    Elle intervenait uniquement
    lorsque nécessaire.
  • 2:51 - 2:55
    Ce que je veux dire, c'est
    qu'elle n'était pas prise en compte.
  • 2:55 - 2:58
    La ressource n'était pas estimée
    à proprement parler.
  • 2:58 - 3:02
    Le déchet n'était pas estimé.
  • 3:02 - 3:04
    Le coût était chiffré artificiellement.
  • 3:04 - 3:06
    Tout avait un prix,
  • 3:06 - 3:09
    mais d'après lui,
    on n'en comprenait pas la valeur.
  • 3:09 - 3:14
    Il souhaitait contextualiser
    l'économie et en observer les flux.
  • 3:15 - 3:17
    Prenez un moment pour y réfléchir.
  • 3:17 - 3:19
    Joël de Rosnay a écrit Le Macroscope,
  • 3:19 - 3:21
    qui est la volonté d'oublier le détail.
  • 3:22 - 3:24
    Nous avons un microscope pour le détail,
  • 3:24 - 3:26
    et un télescope pour voir au loin.
  • 3:27 - 3:30
    Selon lui, avec un macroscope
    permettant de prendre du recul,
  • 3:30 - 3:33
    on pourrait comprendre
    les schémas de l'économie
  • 3:33 - 3:35
    sans s'encombrer des détails.
  • 3:35 - 3:39
    C'est très utile, car si
    le problème de l'économie
  • 3:39 - 3:43
    était l'absence de contexte,
    alors le macroscope permettait de dire :
  • 3:43 - 3:45
    comment agit l'économie ?
  • 3:45 - 3:47
    Elle agit dans la société, bien sûr,
  • 3:47 - 3:49
    au sein d'un environnement.
  • 3:49 - 3:52
    Et toutes ces choses
    sont intrinsèquement liées.
  • 3:53 - 3:55
    Parce que l'aspect du système
    qui n'est pas mécanique
  • 3:56 - 3:59
    est en réalité dynamique, interdépendant.
  • 4:00 - 4:04
    Il reflète ce que nous comprenons
    du fonctionnement du monde réel.
  • 4:04 - 4:09
    Le monde réel marche via la notion
    de systèmes adaptatifs complexes,
  • 4:09 - 4:13
    c'est-à-dire un système très dynamique
    dont on ne peut prédire le résultat,
  • 4:13 - 4:15
    mais laissant apparaître
    des schémas récurrents.
  • 4:15 - 4:19
    Et on peut s'appuyer sur
    ces schémas pour savoir quoi faire.
  • 4:19 - 4:21
    Mais cela n'offre pas de réponse
  • 4:21 - 4:25
    qu'une économie vue comme
    une machine avec des leviers
  • 4:25 - 4:26
    nous donnerait.
  • 4:26 - 4:31
    Il n'existe pas d'équilibre à long terme
    dans une économie adaptative complexe.
  • 4:31 - 4:33
    Parfois si, ici ou là,
  • 4:33 - 4:35
    parfois ça fonctionne bien ou mal.
  • 4:35 - 4:37
    Mais on ne peut jamais
    s'assurer d'un résultat positif
  • 4:38 - 4:40
    si on est seulement efficient.
  • 4:40 - 4:44
    Pour de Rosnay, cela serait
    un point de vue bien naïf.
  • 4:45 - 4:49
    Et c'est là, le grand défi
    pour de nombreux économistes.
  • 4:49 - 4:55
    Pour certains, c'est un transfert
    d'une vision mécanique
  • 4:55 - 4:58
    à une vision économique
    à la complexité allégée.
  • 4:58 - 5:03
    Mais l'image générale qu'on
    en a reste celle d'une machine
  • 5:03 - 5:06
    qui régit les ressources,
    et crée de la croissance.
  • 5:06 - 5:09
    Il est dommage d'avoir
    ces problèmes en face,
  • 5:09 - 5:13
    et que l'on se dirige vers
    une rareté des ressources.
  • 5:13 - 5:17
    Tandis qu'en le voyant comme
    un système adaptatif complexe,
  • 5:18 - 5:21
    on peut s'aider des schémas et des flux.
  • 5:30 - 5:33
    L'économie actuelle ne parle que de débit.
  • 5:33 - 5:37
    Elle dégrade le capital
    et y fait passer le système.
  • 5:37 - 5:39
    Combien peut-on y faire passer ?
    Vous gagnez.
  • 5:40 - 5:42
    Tandis qu'un système adaptatif
    complexe dirait plutôt,
  • 5:42 - 5:45
    « On a une action, un flux, et un retour. »
  • 5:45 - 5:50
    Pour fonctionner sur le long terme,
    ces trois composantes doivent agir
  • 5:50 - 5:54
    de façon interdépendante
    et continuer de fonctionner.
  • 5:56 - 6:00
    Et la manière de percevoir les choses
    est très différente
  • 6:00 - 6:01
    dans une telle économie.
  • 6:01 - 6:03
    On y participe, on agit dessus,
  • 6:03 - 6:05
    mais on ne le contrôle pas pour autant.
  • 6:05 - 6:08
    De la même manière,
    on ne peut pas promettre
  • 6:08 - 6:12
    que tout ira pour le mieux si seulement,
    ils agissent d'une certaine manière.
  • 6:12 - 6:16
    Le monde réel ne fonctionne pas ainsi.
  • 6:16 - 6:18
    Beaucoup de gens n'aiment pas cette idée
  • 6:18 - 6:22
    parce qu'ils veulent pouvoir
    faire des promesses,
  • 6:22 - 6:27
    les hommes politiques veulent
    promettre une issue positive.
  • 6:27 - 6:29
    Tout doit toujours aller mieux
  • 6:29 - 6:32
    parce qu'on garde
    le contrôle de la machine.
  • 6:32 - 6:35
    Pas étonnant que tout le monde soit tendu.
  • 6:37 - 6:42
    Mais si ce n'est pas une machine,
    imaginons plutôt une forêt.
  • 6:42 - 6:44
    On ne peut pas prédire
    ce qu'elle va faire,
  • 6:44 - 6:49
    il y a tant d'acteurs différents,
    de participants ayant tant d'influence.
  • 6:53 - 6:55
    Un peu comme si un jardinier disait :
  • 6:55 - 6:57
    « Cette plante doit pousser »,
  • 6:57 - 7:01
    en tirant dessus pour
    la faire pousser plus vite.
  • 7:01 - 7:02
    Ça ne marche pas comme ça.
  • 7:02 - 7:06
    Il faut établir les conditions
    de la forêt, du jardin.
  • 7:06 - 7:09
    On choisit où on plante,
    on peut même travailler dessus,
  • 7:09 - 7:11
    mais on ne peut pas dire :
  • 7:11 - 7:14
    « Voilà quel en sera le résultat. »
  • 7:14 - 7:15
    Il faut voir où ça mène.
  • 7:15 - 7:18
    Si ça ne fonctionne pas, on ajuste un peu.
  • 7:18 - 7:20
    Cela requiert un peu d'humilité.
  • 7:20 - 7:23
    Et certains détestent vraiment l'idée
  • 7:23 - 7:26
    qu'on ne soit pas entièrement en contrôle.
  • 7:26 - 7:28
    Ils ne veulent pas l'admettre,
  • 7:28 - 7:30
    ils craignent de perdre leur pouvoir
  • 7:30 - 7:34
    s'ils ne promettent pas
    tel ou tel taux de croissance
  • 7:34 - 7:37
    en tel nombre d'années,
    avec tant de production.
  • 7:38 - 7:43
    Il y a une tension entre deux visions,
    celle où nous gérons l'économie
  • 7:43 - 7:47
    et celle où nous n'y sommes
    que des acteurs, des participants.
  • 7:47 - 7:52
    Cette divergence de point de vue
    est au centre de tout,
  • 7:52 - 7:55
    et elle existe au sein
    de la notion d'économie circulaire.
  • 7:58 - 8:00
    Pour certains,
    l'économie circulaire nous dit :
  • 8:00 - 8:03
    « On a un flux circulaire
    de revenus et de dépenses.
  • 8:04 - 8:06
    Comment on y ajoute les matériaux ? »
  • 8:06 - 8:08
    Ajoutons à cela les flux de matériaux
  • 8:08 - 8:10
    parce qu'on préfère un cycle continu.
  • 8:11 - 8:13
    Mais il s'agit plutôt de la tuyauterie.
  • 8:13 - 8:16
    C'est comme dire : « On veut ignorer
    les fuites, et les déchets.
  • 8:16 - 8:17
    On veut éliminer le concept de déchet,
  • 8:17 - 8:19
    en s'assurant qu'il n'y
    a pas de déchet
  • 8:19 - 8:22
    et garder le contrôle du flux. »
  • 8:25 - 8:29
    Et en passant de la propriété des choses
    à l'accès aux choses,
  • 8:30 - 8:32
    on contrôle ces biens durables,
  • 8:32 - 8:34
    les voitures, les maisons,
  • 8:34 - 8:37
    en disant : « Si vous voulez y accéder,
    il faut payer. »
  • 8:37 - 8:41
    Cela signifie une utilisation bien plus
    économique des ressources,
  • 8:41 - 8:42
    et plus efficace.
  • 8:44 - 8:48
    Cela revient à vendre des produits
    en tant que service ou en vendre l'accès.
  • 8:48 - 8:52
    Ça peut résoudre notre interrogation à
    propos de l'économie et des ressources
  • 8:52 - 8:55
    parce qu'on ralentit le mouvement
    des ressources à travers le système
  • 8:55 - 8:57
    tout en créant une boucle.
  • 8:57 - 9:00
    L'idée est de ralentir le flux,
    et de boucler la boucle.
  • 9:03 - 9:05
    Mais la question devient :
  • 9:05 - 9:08
    « Vous avez ajouté des matières
    dans la tuyauterie...
  • 9:09 - 9:11
    Qui en bénéficie ? »
  • 9:11 - 9:13
    Si ces ajouts dans la tuyauterie
  • 9:13 - 9:16
    entraînent une baisse
    des prix pour le public,
  • 9:16 - 9:19
    si on rend les biens
    disponibles à moindre coût,
  • 9:19 - 9:22
    les gens auront plus d'argent à dépenser.
  • 9:22 - 9:25
    Ce qui entraînera une croissance
    économique et plus d'emplois.
  • 9:30 - 9:35
    Beaucoup de gens aujourd'hui,
    ne bénéficient pas de hausse de revenus.
  • 9:35 - 9:39
    C'est une bonne idée : ça préserve
    les ressources et ça réduit les coûts.
  • 9:39 - 9:42
    Mais si leurs revenus chutent également,
  • 9:42 - 9:46
    cela signifie qu'ils
    doivent continuer à s'accrocher.
  • 9:46 - 9:49
    Voilà comment la bonne idée
    de l'économie circulaire,
  • 9:49 - 9:50
    en tant que tuyauterie,
  • 9:51 - 9:55
    ne peut en fait avoir qu'un effet partiel,
  • 9:55 - 9:58
    que les gens veulent voir amélioré
  • 9:58 - 10:01
    parce que d'autres conditions
    du système restent inchangées.
  • 10:01 - 10:04
    Arrête de klaxonner, Matt !
    On est pas prêts de bouger !
  • 10:06 - 10:12
    L'autre vision d'une économie circulaire
    est celle d'une forêt.
  • 10:12 - 10:13
    Il y a de nombreuses fuites
    dans les circuits.
  • 10:13 - 10:15
    Ce que j'entends pas là,
  • 10:15 - 10:18
    c'est tout ce qui entre et sort
    d'une société est de la nourriture.
  • 10:18 - 10:22
    C'est utile, ce n'est pas contaminé,
    pas problématique,
  • 10:22 - 10:23
    les gens connaissent.
  • 10:23 - 10:26
    Et si les gens connaissent la matière,
  • 10:26 - 10:29
    que c'est propre, que ça ne leur nuit pas,
  • 10:29 - 10:31
    ils trouvent le moyen de l'utiliser
  • 10:31 - 10:34
    de manière à accroître
    leur propre activité économique.
  • 10:34 - 10:37
    Tout comme le sol de la forêt.
  • 10:37 - 10:39
    Toutes sortes de matières
    tombent sur le sol,
  • 10:39 - 10:44
    des milliards de créatures
    s'en servent comme nourriture.
  • 10:44 - 10:49
    Il semble que la seule règle dans
    la forêt, est que ce qui tombe par terre
  • 10:49 - 10:52
    peut potentiellement
    être mangé par quelqu'un.
  • 10:57 - 10:59
    Et ça signifie que l'économie circulaire
  • 10:59 - 11:02
    est une façon de construire
    de la richesse par le bas
  • 11:02 - 11:06
    parce qu'on a bien plus de matière,
    elle est plus accessible,
  • 11:06 - 11:09
    on ne détermine pas exactement
    comment on s'en sert,
  • 11:09 - 11:12
    mais on s'en tient
    à des règles plutôt simples.
  • 11:12 - 11:16
    Tout doit être la nourriture du système,
    que ce soit la biosphère
  • 11:16 - 11:20
    ou le côté technique de notre façon
    de fabriquer des choses,
  • 11:20 - 11:22
    pour que ça revienne.
  • 11:24 - 11:27
    Quand on pense
    à la différence de perception,
  • 11:27 - 11:31
    il y a un grande différence entre vouloir
    éliminer du déchet via la tuyauterie
  • 11:31 - 11:34
    pour l'empêcher de fuir,
    et conserver le contrôle.
  • 11:34 - 11:36
    Et l'autre, avec Janine Benyus,
  • 11:36 - 11:38
    qui est écrivaine dans le biomimétisme.
  • 11:38 - 11:40
    Elle dit qu'il faut être généreux
  • 11:40 - 11:44
    parce que c'est ce qui se passe
    dans les systèmes vivants.
  • 11:44 - 11:46
    Une leçon tirée des systèmes vivants.
  • 11:46 - 11:47
    Soyez généreux. Mais pourquoi ?
  • 11:47 - 11:50
    Parce que pour nourrir
    les arbres, on nourrit la forêt.
  • 11:54 - 11:57
    Michael Braungart est
    un designer et chimiste
  • 11:57 - 12:00
    qui a travaillé sur le concept de Cradle
    to Cradle (du berceau au berceau),
  • 12:00 - 12:03
    une philosophie de
    conception qui est à la base
  • 12:03 - 12:05
    de la réflexion sur l'économie circulaire.
  • 12:05 - 12:08
    Il racontait l'histoire -
    peut-être encore aujourd'hui -
  • 12:08 - 12:09
    du cerisier.
  • 12:09 - 12:11
    Pourquoi fleuri-t-il tant ?
  • 12:11 - 12:16
    Autant de cerises ne sont pas nécessaires
    pour assurer sa reproduction sur 25 ans.
  • 12:16 - 12:18
    Pourquoi tant de gâchis ?
  • 12:18 - 12:19
    Mais même l'arbre
  • 12:19 - 12:23
    ne peut ou ne veut pas
    répondre à cette question.
  • 12:23 - 12:29
    L'arbre fleurit parce qu'il
    a besoin de se reproduire.
  • 12:29 - 12:34
    Et tout ce qui tombe au sol
    et est porté par le vent
  • 12:34 - 12:36
    devient la nourriture du système.
  • 12:36 - 12:40
    Donc, cet arbre ne s'alimente pas
    de ses propres fleurs.
  • 12:40 - 12:44
    C'est une réflexion qui
    ne tient pas la route.
  • 12:44 - 12:46
    Comment peut-on imaginer
    qu'il en soit ainsi ?
  • 12:46 - 12:48
    Pourquoi en serait-il ainsi en affaires ?
  • 12:52 - 12:55
    Dans un écosystème d'entreprise,
  • 12:55 - 12:58
    chacun doit pouvoir se nourrir des autres
  • 13:00 - 13:02
    parce que ça favorise la richesse globale.
  • 13:02 - 13:06
    C'est le B.A-BA d'un système efficace.
  • 13:07 - 13:10
    Dans un système efficace,
    les choses doivent circuler.
  • 13:10 - 13:13
    Sinon, ça ne fonctionne pas.
  • 13:13 - 13:16
    Adam Smith a écrit
    sur le sujet il y a des siècles,
  • 13:16 - 13:17
    la grande circulation.
  • 13:18 - 13:21
    Selon lui, le plus gros problème
    de l'économie de l'époque
  • 13:21 - 13:23
    était l'absence de marché libre.
  • 13:23 - 13:29
    C'est-à-dire pas à l'abri des gens
    qui ne faisaient que gagner de l'argent.
  • 13:29 - 13:31
    Les propriétaires, à l'époque.
  • 13:31 - 13:34
    Il fallait un marché libre
    pour favoriser les échanges,
  • 13:34 - 13:36
    la circulation des richesses.
  • 13:37 - 13:40
    En fait, la science moderne
  • 13:40 - 13:43
    a mis à jour les propos d'Adam Smith.
  • 13:43 - 13:46
    Ainsi, avec les bonnes
    conditions du système,
  • 13:46 - 13:48
    on peut maximiser les échanges,
  • 13:49 - 13:52
    et dans les bonnes conditions,
  • 13:52 - 13:58
    on peut difficilement
    interférer dans le marché.
  • 13:58 - 14:03
    S'ils ont trop de pouvoir, ils
    extraient plus qu'ils ne font circuler.
  • 14:03 - 14:05
    Doug Rushkoff a bien traité le sujet.
  • 14:05 - 14:07
    Pour lui, la question
  • 14:07 - 14:10
    est de savoir si on extrait
    la valeur, ou si on la fait circuler.
  • 14:10 - 14:15
    Un système efficace est bâti
    sur l'idée de la circulation,
  • 14:15 - 14:16
    alors qu'un système
    efficient
  • 14:16 - 14:20
    va peut-être empêcher
    les fuites des tuyaux,
  • 14:20 - 14:22
    mais il ne garantit pas
  • 14:22 - 14:25
    que chacun ait sa part du gâteau.
  • 14:25 - 14:28
    C'est un peu comme si
    l'arbre se protégeait
  • 14:28 - 14:29
    en disant : « Ce sont mes feuilles !
  • 14:29 - 14:32
    Je veux garder tous leurs nutriments. »
  • 14:32 - 14:35
    En oubliant qu'il lui faut plus que ça.
  • 14:35 - 14:37
    Si c'est une entreprise,
    il lui faut des clients.
  • 14:38 - 14:40
    C'est un argument-clé :
  • 14:40 - 14:43
    d'où provient le revenu d'une entreprise ?
  • 14:43 - 14:44
    Des clients.
  • 14:44 - 14:46
    Les clients doivent être aisés.
  • 14:46 - 14:49
    La classe moyenne
    doit pouvoir acheter les produits.
  • 14:49 - 14:52
    On espère que les produits
    sont conçus correctement.
  • 14:53 - 14:58
    Si vous n'avez pas les clients
    qui ont l'argent, vous avez un problème.
  • 14:58 - 15:01
    Vous aurez beau résoudre
    la question des ressources,
  • 15:01 - 15:05
    si les clients n'ont pas les moyens
    d'acheter des biens et services,
  • 15:05 - 15:07
    qu'avez-vous accompli, au juste ?
  • 15:07 - 15:10
    On retourne donc,
    à la perspective systémique.
  • 15:11 - 15:15
    Dans une perspective systémique,
    on doit optimiser le système
  • 15:15 - 15:18
    pour garantir aux acteurs du système,
  • 15:18 - 15:22
    l'opportunité d'accroître
    leur propre richesse,
  • 15:22 - 15:24
    et ce faisant,
  • 15:24 - 15:27
    d'accroître la richesse
    de tous les autres.
  • 15:27 - 15:31
    A quoi bon en parler tant ça paraît
    évident, n'est-ce pas ?
  • 15:31 - 15:34
    Mais en réalité, actuellement,
    le monde ne fonctionne pas comme ça.
  • 15:35 - 15:37
    Il a tendance à être très extractif.
  • 15:40 - 15:44
    La propension à permettre
    aux entreprises et aux gens
  • 15:44 - 15:49
    de créer leur propre richesse
    est parfois très limitée
  • 15:49 - 15:53
    parce qu'ils n'ont pas
    accès aux ressources.
  • 15:53 - 15:56
    Il n'y a pas toujours une
    abondance de ressources.
  • 15:56 - 15:59
    Un excellent moyen
    de gagner davantage d'argent,
  • 15:59 - 16:02
    c'est de raréfier les choses.
  • 16:02 - 16:06
    Si c'est rare, alors les gens
    doivent dépenser beaucoup,
  • 16:06 - 16:07
    ou plus qu'ils ne devraient.
  • 16:07 - 16:09
    Le prix en soi n'est pas le problème.
  • 16:10 - 16:13
    Mais payer un prix plus élevé
    peut signifier une rareté
  • 16:13 - 16:16
    sans que les gens soient
    en mesure de payer.
  • 16:20 - 16:24
    La grande question, et les notions
    de l'économie circulaire,
  • 16:24 - 16:27
    c'est qu'il faut continuer
    de faire circuler les matières
  • 16:27 - 16:30
    et avancer vers
    les énergies renouvelables.
  • 16:31 - 16:33
    Mais il faut aussi se demander
  • 16:33 - 16:36
    quelle sorte de circulation
    on est en train de créer.
  • 16:36 - 16:39
    Celle dont parle Janine Benyus ?
  • 16:39 - 16:44
    Créer un écosystème efficace,
    basé sur la circulation ?
  • 16:45 - 16:46
    Ou celle de la tuyauterie,
  • 16:46 - 16:52
    qui fait entrer le cycle des matériaux
    dans l'économie existante ?
  • 16:52 - 16:56
    Pour certains, c'est une vraie colle.
  • 16:57 - 17:00
    S'agit-il simplement de travailler
    sur la question des ressources ?
  • 17:00 - 17:04
    Ou faut-il plutôt transformer l'économie
  • 17:04 - 17:07
    pour créer un nouveau modèle,
  • 17:07 - 17:10
    bien plus axé sur les leçons tirées
    des écosystèmes vivants ?
  • 17:10 - 17:13
    Faut-il optimiser le système en entier ?
  • 17:13 - 17:16
    Ou s'assurer qu'on dispose
    d'une excellente efficacité des ressources
  • 17:16 - 17:19
    parallèle à la productivité du travail ?
  • 17:19 - 17:21
    Mais pas grand chose ne change.
  • 17:25 - 17:29
    Si on optimise le système en entier,
    c'est l'analogie que j'ai mentionnée
  • 17:29 - 17:34
    sur l'idée que si on veut
    des grands arbres dans la forêt,
  • 17:34 - 17:37
    c'est la forêt qu'il faut nourrir,
    et non les arbres directement.
  • 17:37 - 17:42
    Un système dynamique
    favorise tous ses participants.
  • 17:42 - 17:44
    Il faut un terreau fertile,
    des matières détritivores,
  • 17:44 - 17:46
    qui décomposent les choses.
  • 17:46 - 17:48
    Des champignons, des insectes.
  • 17:48 - 17:50
    Pour chaque habitant sur terre,
  • 17:50 - 17:53
    il y a 1,2 milliard d'insectes.
  • 17:53 - 17:58
    Si on découvrait la pyramide
    des systèmes vivants,
  • 17:58 - 17:59
    on serait ébahis.
  • 18:04 - 18:08
    On l'ignore dans nos périls
    de notre économie.
  • 18:08 - 18:10
    Ce sont ces personnes,
  • 18:10 - 18:12
    nos milliards d'humains,
  • 18:12 - 18:13
    qui sont productifs,
  • 18:13 - 18:16
    qui sont des consommateurs
    et des producteurs potentiels.
  • 18:16 - 18:19
    Mais ils doivent pouvoir
    participer dans l'économie.
  • 18:19 - 18:21
    C'est l'autre point de vue.
  • 18:25 - 18:29
    Comment permet-on aux gens
    d'être productifs dans un système
  • 18:29 - 18:32
    régénératif, accessible et abondant ?
  • 18:37 - 18:40
    Actuellement, on est focalisés
    sur l'analogie de la tuyauterie,
  • 18:40 - 18:43
    mais un nombre important
    de personnes affirment
  • 18:43 - 18:47
    que l'autre point de vue, en réalité,
    a une vraie profondeur
  • 18:47 - 18:49
    et beaucoup de potentiel.
  • 18:50 - 18:51
    MATIÈRES PREMIÈRES
  • 18:51 - 18:52
    ÉNERGIE
  • 18:52 - 18:53
    PLANTES
  • 18:53 - 18:56
    Si au fond, la question est :
    « Qu'est-ce qu'une économie ? »
  • 18:57 - 18:58
    Il faut répondre aux trois questions.
  • 18:58 - 19:01
    C'est aux économistes d'y répondre.
  • 19:01 - 19:05
    C'est-à-dire :
    « Que produit-on, au juste ? »,
  • 19:05 - 19:06
    « Comment le produit-on ? »
  • 19:06 - 19:08
    et « Qui en tire le bénéfice ? »
  • 19:08 - 19:11
    On ne peut répondre
    à la question économique
  • 19:11 - 19:14
    en demandant uniquement,
    comment on produit.
  • 19:27 - 19:29
    Un film de Louis Hudson.
Title:
A Flow of Wealth or a Wealth of Flows?
Description:

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Video Language:
Metadata: Geo
Team:
Ellen MacArthur Foundation
Project:
Films
Duration:
19:31

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