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L'illusion de la passion | Nicolas Beretti | TEDxCelsa

  • 0:14 - 0:16
    Bon, petite bonne nouvelle pour vous,
  • 0:16 - 0:17
    puisque le sujet ce soir,
  • 0:17 - 0:18
    c’est l’optimisme.
  • 0:18 - 0:20
    Dans quelques minutes,
  • 0:20 - 0:23
    vous pourrez aller boire un verre.
  • 0:23 - 0:24
    Courage !
  • 0:24 - 0:29
    Quand on m’a proposé
    de venir parler ce soir à ce TEDx,
  • 0:29 - 0:31
    j’étais super content
  • 0:31 - 0:33
    et je me suis dit : « Génial ! »,
  • 0:33 - 0:36
    moi aussi, je vais pouvoir faire
    comme les autres speakers TED,
  • 0:36 - 0:39
    je vais pouvoir parler avec passion
    d’un sujet passionnant,
  • 0:39 - 0:42
    vous mettre les larmes aux yeux,
    vous transporter d’émotion,
  • 0:42 - 0:46
    et à la fin, je vous imaginais
    dans une standing ovation vibrante,
  • 0:46 - 0:47
    c'était parfait !
  • 0:47 - 0:50
    Il y avait juste un petit détail
    que j’avais un peu oublié :
  • 0:50 - 0:52
    je n’ai pas de passion...
  • 0:52 - 0:54
    (Rires)
  • 0:54 - 0:57
    C’est un peu fâcheux
    quand on veut faire un TED passionnant.
  • 0:57 - 1:00
    Et quand on m’a confirmé
    que j’allais venir,
  • 1:00 - 1:01
    je me suis dit :
  • 1:01 - 1:03
    « Je vais leur parler de ça,
  • 1:03 - 1:05
    du fait que j’ai pas de passion,
  • 1:05 - 1:08
    et que ça me pourrit la vie
    depuis tellement longtemps
  • 1:08 - 1:11
    que ça me fera un sujet de TED ! »
  • 1:11 - 1:13
    En même temps,
    c’est un sujet compliqué.
  • 1:13 - 1:16
    Qui d’entre vous peux me dire,
  • 1:16 - 1:17
    honnêtement,
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    qu’il a enfin trouvé sa voie ?
  • 1:19 - 1:21
    Enfin trouvé sa passion ?
  • 1:23 - 1:24
    Pas foule, hein…
  • 1:24 - 1:27
    Les autres, ça va ?
    Vous le vivez bien ?
  • 1:29 - 1:32
    Mon objectif ce soir
    serait que tous ceux qui,
  • 1:32 - 1:34
    un peu comme moi,
  • 1:34 - 1:35
    ont galéré à ne pas avoir de passion,
  • 1:35 - 1:37
    repartent avec le sourire.
  • 1:37 - 1:40
    Parce que le sourire,
    je l’ai perdu pendant longtemps,
  • 1:40 - 1:42
    à chercher ma passion en fait.
  • 1:42 - 1:44
    Pendant des années,
  • 1:45 - 1:47
    j’étais persuadé que
    j’allais trouver moi aussi ma passion.
  • 1:48 - 1:51
    Et à chaque fois que je me posais
    des questions existentielles,
  • 1:51 - 1:53
    je demandais autour de moi
    ce que je pouvais faire,
  • 1:53 - 1:55
    et on me sortait systématiquement
  • 1:55 - 1:57
    ce conseil que vous connaissez tous,
  • 1:57 - 2:00
    qu’on vous a tous forcément dit un jour :
  • 2:00 - 2:03
    « Hey, t’as qu’à trouver ta passion ! »
  • 2:04 - 2:06
    Est-ce que ce conseil
    vous a aidé en quoi que ce soit ?
  • 2:07 - 2:08
    Moi rien.
  • 2:08 - 2:09
    Je suis allé sur Amazon,
  • 2:09 - 2:11
    en me disant que
  • 2:11 - 2:13
    je trouverai des réponses
    dans un livre.
  • 2:13 - 2:16
    Donc je suis allé chercher,
    et j’ai trouvé 2000 livres.
  • 2:16 - 2:19
    2000 livres qui vous expliquent
    comment trouver votre passion.
  • 2:20 - 2:22
    Forcément, quand on voit ça,
  • 2:22 - 2:25
    c'est qu’il y a un truc de vrai
    dans l’histoire de la passion.
  • 2:25 - 2:28
    Et quand c’est pas ces 2000 livres
    qui vous lavent le cerveau,
  • 2:28 - 2:31
    c’est Steve Jobs, vous vous rappelez,
  • 2:32 - 2:35
    qui a en fait un peu inspiré les foules
  • 2:35 - 2:39
    avec son célèbre « Follow Your Passion ! »
  • 2:39 - 2:40
    Quand le mec qui a créé Apple
  • 2:40 - 2:43
    te donne un conseil,
  • 2:43 - 2:45
    tu te dis : « Je vais l’écouter ».
  • 2:45 - 2:47
    C’est ce que j’ai fait :
    j’ai écouté Steve Jobs !
  • 2:47 - 2:50
    Et j’ai commencé à chercher
    ma passion moi aussi !
  • 2:50 - 2:52
    Et j’ai pas trouvé.
  • 2:52 - 2:55
    Alors j’ai commencé à me dire
    que j’avais un truc de travers
  • 2:55 - 2:58
    par rapport à tous les gens
    qui réussissent.
  • 2:58 - 2:59
    Vous savez,
  • 2:59 - 3:02
    ces gens qui vous balancent
    leur passion au visage :
  • 3:02 - 3:04
    « Je suis passionné de Brand Content,
  • 3:04 - 3:05
    je suis passionné de Design,
  • 3:05 - 3:06
    je suis passionné de tout ! »
  • 3:06 - 3:08
    On a l’impression que
  • 3:08 - 3:10
    c’est parce qu’ils sont passionnés
    qu’ils réussissent.
  • 3:10 - 3:14
    Et moi,
    comme j’étais passionné de rien,
  • 3:14 - 3:16
    je me suis dit que
    j’allais rater ma vie.
  • 3:16 - 3:17
    Forcément.
  • 3:17 - 3:21
    Or, je ne voulais pas rater ma vie !
  • 3:21 - 3:23
    Donc j’ai commencé
    à chercher ma passion.
  • 3:24 - 3:26
    Comme un fou,
  • 3:26 - 3:27
    comme un soldat…
  • 3:27 - 3:29
    (Rires)
  • 3:29 - 3:30
    Lara !
  • 3:30 - 3:33
    (Rires)
    (Applaudissements)
  • 3:33 - 3:36
    Merci !
  • 3:36 - 3:37
    C’est devenu une obsession.
  • 3:37 - 3:39
    Alors pour trouver cette passion,
  • 3:39 - 3:41
    j’ai expérimenté plein de choses.
  • 3:41 - 3:42
    J’ai monté une entreprise,
  • 3:42 - 3:43
    et là je me suis dit :
  • 3:43 - 3:45
    « Ça y est ! J’ai trouvé ! »
  • 3:45 - 3:46
    Et puis non.
  • 3:46 - 3:48
    J’ai fait de la communication financière,
  • 3:48 - 3:50
    du consulting, je me suis dit :
  • 3:50 - 3:51
    « J’ai mon truc, ça y est ! »
  • 3:51 - 3:52
    Et puis non.
  • 3:52 - 3:53
    J’ai fait du parachutisme,
  • 3:53 - 3:54
    de la plongée,
  • 3:54 - 3:55
    des arts martiaux.
  • 3:55 - 3:59
    Chaque fois, je me suis dit :
    « Ça y est, c’est bon, j’ai mon truc. »
  • 3:59 - 4:00
    Mais en fait non, à chaque fois.
  • 4:00 - 4:01
    J’ai écrit des bouquins,
  • 4:01 - 4:02
    j’ai monté des boîtes...
  • 4:02 - 4:03
    A chaque fois,
  • 4:03 - 4:06
    j’avais vraiment l’impression
    qu'enfin j’avais trouvé mon truc,
  • 4:06 - 4:09
    que je pouvais afficher ma passion,
    que j’allais réussir.
  • 4:09 - 4:12
    Mais à chaque fois,
    ça retombait comme un soufflet.
  • 4:12 - 4:14
    Et...
  • 4:14 - 4:17
    en fait ce problème-là,
  • 4:17 - 4:20
    c’est qu’à chaque fois, je me disais,
  • 4:20 - 4:21
    devant des clients :
  • 4:21 - 4:24
    « Mais qui suis-je, fondamentalement ? »
  • 4:24 - 4:28
    Et professionnellement, ça commençait
    à me poser un souci de cohérence,
  • 4:28 - 4:31
    parce qu’on vit dans un monde
    qui aime bien les experts.
  • 4:32 - 4:34
    Un expert, il a une passion, il exécute,
  • 4:34 - 4:36
    il rentre dans une case.
  • 4:36 - 4:38
    Et moi je ne rentrais dans
    aucune case.
  • 4:38 - 4:39
    A l’inverse,
  • 4:39 - 4:42
    on me disait même
    que j’étais un touche-à-tout,
  • 4:42 - 4:43
    quelqu’un de volage,
  • 4:43 - 4:45
    qui manquait de focus,
  • 4:45 - 4:46
    inconsistant...
  • 4:46 - 4:48
    Je sais pas si on vous l’a déjà dit, ça ?
  • 4:48 - 4:49
    Ça pique,
  • 4:49 - 4:54
    alors que tu passes tes journées et
    tes nuits à essayer de trouver ce focus !
  • 4:55 - 4:57
    Ça m’a piqué...
  • 4:57 - 5:01
    Alors, après 4 ans, 5 ans
    de transpiration intensive,
  • 5:01 - 5:03
    à me demander quelle était ma passion,
  • 5:03 - 5:08
    j’ai enfin eu ma révélation, enfin !
  • 5:08 - 5:09
    Je n’ai pas de passion !
  • 5:09 - 5:11
    (Rires)
  • 5:11 - 5:13
    Et je n’en aurai sans doute jamais.
  • 5:13 - 5:14
    Et ce n’est pas grave !
  • 5:14 - 5:17
    Et si vous n’en avez pas,
    ce n'est pas grave !
  • 5:17 - 5:19
    Vous ne raterez pas votre vie pour autant.
  • 5:19 - 5:22
    En revanche, ce que j’ai compris,
    puisque je l’ai expérimenté,
  • 5:22 - 5:24
    c’est qu’on peut parfaitement rater sa vie
  • 5:24 - 5:26
    à chercher une passion qui n’existe pas.
  • 5:26 - 5:28
    C’est ce que j’ai fait.
  • 5:28 - 5:30
    Et c’est ce que je voudrais vous éviter,
  • 5:30 - 5:32
    ce soir, en essayant en quelques minutes
  • 5:32 - 5:35
    de vous donner les quelques trucs
    que j’ai pu comprendre
  • 5:35 - 5:37
    pendant ces années de galère.
  • 5:37 - 5:40
    Une des premières choses
    que j’ai comprises,
  • 5:40 - 5:42
    c’est que, en fait,
  • 5:42 - 5:44
    pour ceux qui sont paumés
    et qui cherchent leur truc,
  • 5:44 - 5:47
    on peut voir la vie comme
    une grande feuille blanche.
  • 5:47 - 5:50
    Et sur cette feuille blanche,
    vous allez faire un dessin.
  • 5:50 - 5:51
    C’est votre dessin.
  • 5:51 - 5:55
    Vous voyez les dessins pour enfants
    où on fait des points pour relier ?
  • 5:55 - 5:58
    Un peu les trucs comme ça ?
  • 5:58 - 6:01
    En fait, imaginez que chaque point,
    c'est une expérience que vous avez eue.
  • 6:01 - 6:03
    Une expérience professionnelle.
  • 6:03 - 6:06
    Si vous n’avez pas assez de points,
  • 6:06 - 6:08
    ça ne donnera jamais une forme.
  • 6:09 - 6:10
    C'est ce que j’ai essayé :
  • 6:10 - 6:12
    relier des points pour trouver une forme,
  • 6:12 - 6:15
    mais je manquais de points,
    donc je ne trouvais pas de forme.
  • 6:15 - 6:18
    En revanche,
    si vous créez suffisamment de points,
  • 6:18 - 6:21
    ça finira par donner une forme,
    à un moment donné.
  • 6:21 - 6:23
    Ce que je voulais vous dire,
  • 6:23 - 6:26
    c’est juste de créer
    un maximum de points,
  • 6:26 - 6:28
    - dans tous les sens même, si possible -
  • 6:28 - 6:30
    vous verrez bien
    la forme que ça va prendre.
  • 6:30 - 6:33
    Et tant qu’à faire, si vous le pouvez,
  • 6:33 - 6:35
    créez des points dans tous les sens,
  • 6:35 - 6:37
    et soyez inconsistant, manquez de focus,
  • 6:37 - 6:39
    soyez volage,
  • 6:39 - 6:42
    parce qu’il n’y a rien de plus ennuyeux
    qu’une ligne droite !
  • 6:42 - 6:45
    La deuxième chose que j’ai réalisée,
  • 6:45 - 6:47
    c’est que cette histoire de la passion,
  • 6:47 - 6:49
    de trouver sa passion,
  • 6:50 - 6:51
    c'est, je crois,
  • 6:51 - 6:54
    le conseil le plus stupide qui existe.
  • 6:54 - 6:57
    Il est stupide parce qu’il repose
    sur une hypothèse.
  • 6:57 - 7:02
    Cette hypothèse, c’est qu’on aurait tous,
    dans notre logiciel personnel
  • 7:02 - 7:04
    préinstallé à la naissance,
    une passion.
  • 7:04 - 7:05
    Elle est là.
  • 7:05 - 7:07
    Et puis il vous suffit de la trouver,
  • 7:07 - 7:11
    d’appuyer dessus et hop ! tout ira bien.
  • 7:11 - 7:14
    C’est un conseil qui est stupide
    pour deux raisons :
  • 7:14 - 7:16
    la première, c’est que je doute fort
    qu’on naisse tous
  • 7:16 - 7:19
    avec une passion pré-installée
    dans notre logiciel personnel
  • 7:19 - 7:22
    qu’il suffirait de trouver
    pour qu'ensuite tout aille bien.
  • 7:22 - 7:23
    Je ne suis pas convaincu...
  • 7:23 - 7:25
    Ce qui fait que, comme moi,
  • 7:25 - 7:28
    si vous n’avez pas de passion
    pré-installée à la naissance,
  • 7:28 - 7:31
    - il y en a, ça arrive,
    les « blonds », par exemple...-
  • 7:31 - 7:33
    eh bien, comme moi,
  • 7:33 - 7:34
    vous allez commencer à courir après...
  • 7:34 - 7:36
    rien !
  • 7:36 - 7:39
    Et passer des années
    à courir après rien,
  • 7:40 - 7:42
    c’est chiant !
  • 7:42 - 7:46
    La deuxième raison pour laquelle
    cette hypothèse est vicieuse,
  • 7:46 - 7:48
    c’est que tout simplement,
  • 7:48 - 7:50
    dès lors que vous commencez
    à être intimement convaincu
  • 7:50 - 7:53
    que quelque part, dans le temps
    et dans l’espace,
  • 7:53 - 7:56
    existe votre vie passionnante,
  • 7:56 - 8:01
    alors dès cet instant, le quotidien,
  • 8:02 - 8:03
    - boire un café -
  • 8:03 - 8:07
    devient absolument non passionnant.
  • 8:08 - 8:11
    J’ai vécu ces sensations terribles
  • 8:11 - 8:15
    et j’ai commencé à détester chaque minute
  • 8:15 - 8:17
    de ma vie non passionnante,
  • 8:17 - 8:18
    dans le fantasme qu’un jour,
  • 8:18 - 8:20
    tout serait tellement génial !
  • 8:20 - 8:23
    Et le problème, c’est que,
  • 8:23 - 8:25
    quand on est comme ça,
  • 8:25 - 8:29
    coincé dans cette croyance
    qu’une passion nous attend,
  • 8:29 - 8:32
    et qu’une vie passionnante
    nous attend en dehors,
  • 8:32 - 8:35
    eh bien on perd beaucoup de temps
    à courir après une chimère.
  • 8:36 - 8:39
    Or moi, je n’avais pas envie
    de perdre du temps.
  • 8:39 - 8:41
    Je n'avais pas envie de rater ma vie
  • 8:41 - 8:44
    - puisque j’étais convaincu
    que j’allais rater ma vie) -
  • 8:44 - 8:46
    et passer à côté de ma vie,
  • 8:46 - 8:49
    c’est un sujet
    qui m’angoisse particulièrement
  • 8:49 - 8:51
    depuis que j’ai environ 17 ans,
  • 8:51 - 8:53
    17 ans exactement,
  • 8:53 - 8:54
    puisque c’est à cette époque
  • 8:54 - 8:57
    que j’ai perdu ma mère, en fait,
    des suites d’un cancer.
  • 8:57 - 9:00
    Je ne dis pas ça pour faire
    la minute émotion dans le TED,
  • 9:01 - 9:03
    mais depuis cette époque,
  • 9:03 - 9:06
    j’ai acquis cette espèce de conscience
    un peu aiguë
  • 9:06 - 9:09
    que la vie est d’une affligeante brièveté.
  • 9:09 - 9:11
    Elle est très, très brève.
  • 9:12 - 9:14
    Elle est même tellement brève que,
  • 9:14 - 9:15
    pour dire autrement,
  • 9:15 - 9:18
    on peut considérer qu’on a tous, en fait,
  • 9:18 - 9:21
    un stock de temps sur les épaules.
  • 9:21 - 9:25
    Et ce stock de temps, il est limité.
  • 9:25 - 9:29
    Le problème, c’est qu’on n’en connaît pas
    la quantité restante.
  • 9:29 - 9:33
    et vous ne pourrez jamais, jamais,
    en refaire le plein.
  • 9:34 - 9:36
    Ce qui est à peu près aussi rassurant,
  • 9:36 - 9:39
    je trouve, que planifier un grand voyage
    avec sa voiture,
  • 9:39 - 9:42
    sans avoir aucune idée
    de l’essence qu’on embarque...
  • 9:43 - 9:45
    Et quand on réalise ça un peu fortement,
  • 9:45 - 9:47
    on se rend compte
    d’une chose toute bête :
  • 9:47 - 9:51
    c’est que sur cette Terre,
    dans la vie qui est la vôtre,
  • 9:51 - 9:53
    dans la vie qui est la mienne,
  • 9:53 - 9:55
    la ressource la plus précieuse qui soit,
  • 9:55 - 9:58
    ce n’est pas le pétrole,
    ce n’est pas l’or...
  • 9:58 - 10:00
    c’est le temps.
  • 10:00 - 10:03
    Vous ne pourrez jamais, jamais
    racheter les 12 minutes
  • 10:03 - 10:05
    - qui vont un peu déborder -
  • 10:05 - 10:07
    de ce talk.
  • 10:07 - 10:08
    Jamais.
  • 10:08 - 10:11
    Et vous ne pourrez encore moins
    racheter des années passées
  • 10:11 - 10:13
    dans une vie qui vous ennuie.
  • 10:13 - 10:15
    Alors moi, j’avais cette conscience aiguë
  • 10:15 - 10:18
    que je devais vraiment optimiser
    mon stock de temps,
  • 10:18 - 10:19
    sans connaître le reste.
  • 10:19 - 10:21
    Chaque goutte de temps
    devait être optimisée.
  • 10:21 - 10:24
    Donc je voulais foncer, foncer
    pour réussir.
  • 10:24 - 10:27
    On veut tous réussir, mais
    vous êtes-vous posé la question :
  • 10:27 - 10:30
    « Ça veut dire quoi, réussir ? »
  • 10:31 - 10:35
    Là-dessus, en réfléchissant un peu
    à ce sujet jour et nuit,
  • 10:35 - 10:38
    on découvre
    qu’il y a encore un piège.
  • 10:38 - 10:40
    Je le sais parce que
    je suis encore tombé dedans.
  • 10:40 - 10:43
    C'est une habitude existentielle,
    je pense.
  • 10:43 - 10:47
    Ce piège, c’est qu’on confond
    généralement le prestige
  • 10:47 - 10:49
    avec la réussite.
  • 10:49 - 10:52
    Le prestige est une force très puissante.
  • 10:52 - 10:55
    C’est une force excessivement puissante,
  • 10:55 - 10:57
    qui est définie par la société,
  • 10:57 - 10:59
    par la culture, par votre éducation,
  • 10:59 - 11:01
    vos parents, la télévision, la pub,
  • 11:01 - 11:03
    mais pas par vous.
  • 11:03 - 11:04
    C’est un peu le Côté Obscur.
  • 11:04 - 11:07
    Ça peut vous obliger à travailler
    non pas sur ce que vous aimez,
  • 11:07 - 11:10
    mais sur ce que vous aimeriez aimer.
  • 11:10 - 11:13
    Par exemple, je peux me convaincre
    que j’ai envie d’un plus gros salaire
  • 11:13 - 11:16
    pour acheter une plus grosse voiture.
  • 11:16 - 11:20
    Alors que peut-être pas du tout,
    ça ne me rendra pas du tout heureux.
  • 11:20 - 11:22
    Et en ce sens, cette force très puissante,
  • 11:22 - 11:25
    je la vois un peu comme un gros néon,
  • 11:25 - 11:29
    un gros néon artificiel, très puissant.
  • 11:29 - 11:35
    Et cette lumière est tellement puissante
    qu’elle éclipse une autre lumière,
  • 11:35 - 11:36
    et qu’elle vous aveugle.
  • 11:36 - 11:38
    Une lumière, à mon sens, plus importante :
  • 11:38 - 11:40
    c’est votre petite lumière à vous.
  • 11:40 - 11:42
    La vôtre. On en a tous une.
  • 11:42 - 11:46
    J’ai mis du temps à comprendre
    que c’est sur cette lumière-là
  • 11:46 - 11:49
    qu’il faut se concentrer,
    et pas sur la lumière du prestige
  • 11:49 - 11:51
    Notamment parce que,
  • 11:51 - 11:55
    si parfois, la lumière de la réussite
    peut conduire au prestige,
  • 11:55 - 11:58
    en revanche, je suis assez convaincu
    que jamais le prestige
  • 11:58 - 12:00
    ne conduira à la réussite.
  • 12:00 - 12:02
    Parce que si c’était le cas,
  • 12:02 - 12:05
    alors tous les gens riches
    et puissants de cette Terre
  • 12:05 - 12:07
    seraient tous extrêmement heureux !
  • 12:07 - 12:09
    Je ne pense pas que ce soit
    ce qu’on observe...
  • 12:09 - 12:12
    Donc, je me retrouvais là
    dans ma quête existentielle,
  • 12:12 - 12:16
    avec l’idée que
    la passion est un piège
  • 12:16 - 12:18
    - et j’étais bien tombé dedans -
  • 12:18 - 12:21
    et le prestige, c’est une illusion.
  • 12:21 - 12:23
    Et donc j’avais compris
    que ce qu’il fallait,
  • 12:23 - 12:26
    c’était en fait se concentrer
    sur la réussite.
  • 12:26 - 12:28
    La question, c’est :
    comment on réussit sa vie ?
  • 12:29 - 12:31
    Alors c’est une question très vaste,
  • 12:31 - 12:33
    éminemment subjective,
  • 12:33 - 12:35
    mais je vais vous proposer un critère
  • 12:35 - 12:37
    qui, peut-être, est universel
  • 12:37 - 12:39
    et, peut-être, s’applique
    à vous et à moi.
  • 12:39 - 12:41
    Ce critère, ce n’est pas votre salaire,
  • 12:41 - 12:43
    ce n’est pas la taille de votre maison,
  • 12:43 - 12:45
    ce n’est pas la taille de votre voiture.
  • 12:45 - 12:47
    Le critère d’une vie réussie pour moi,
  • 12:47 - 12:48
    c’est l’ennui.
  • 12:48 - 12:51
    Puisque le temps est ce qu’il y a
    de plus précieux,
  • 12:51 - 12:55
    alors gaspiller son stock de temps
    dans une vie qui vous ennuie profondément
  • 12:56 - 12:57
    - je ne parle pas de l’ennui 1h ou 2,
  • 12:57 - 13:00
    je parle du vrai ennui,
    l’ennui structurel.
  • 13:00 - 13:02
    Gaspiller son stock de temps
    dans une vie qui vous ennuie,
  • 13:02 - 13:04
    c’est comme jeter de l’or par la fenêtre !
  • 13:05 - 13:07
    Est-ce que vous jetteriez
    de l’or par la fenêtre ?
  • 13:07 - 13:08
    Non !
  • 13:08 - 13:10
    Pourtant, vous les connaissez comme moi,
  • 13:10 - 13:12
    on voit un nombre de gens incroyable,
  • 13:12 - 13:14
    qu’ils soient au bureau ou dans le métro,
  • 13:14 - 13:18
    qui ont la tête de gens
    qui s’ennuient profondément.
  • 13:18 - 13:21
    Ces gens-là, ils jettent
    leur stock de temps par la fenêtre
  • 13:21 - 13:22
    comme si c'était des diamants.
  • 13:22 - 13:25
    Parce qu’ils ont oublié
    que ce stock de temps est limité.
  • 13:26 - 13:28
    Et nos amis anglo-saxons
  • 13:28 - 13:31
    - avant de quitter l’Europe -
  • 13:31 - 13:33
    ils ont un mot,
  • 13:33 - 13:38
    un mot qui à mon sens
    définit l’exact inverse de l’ennui :
  • 13:38 - 13:39
    c’est le « Flow ».
  • 13:39 - 13:42
    Vous connaissez ce mot,
    le « Flow » ?
  • 13:42 - 13:46
    Ce sentiment merveilleux
    d’avoir le corps et l’esprit alignés,
  • 13:46 - 13:48
    de perdre la notion du temps,
    de perdre la notion de l’espace.
  • 13:49 - 13:52
    Vous connaissez très bien ce sentiment.
  • 13:52 - 13:55
    Vous l’avez tous expérimenté
    à plusieurs reprises.
  • 13:56 - 13:57
    Vous savez quand ?
  • 13:57 - 14:00
    Quand vous étiez gosse.
  • 14:00 - 14:01
    Tous !
  • 14:01 - 14:03
    Et je suis assez convaincu que,
  • 14:03 - 14:05
    derrière nos airs de grandes personnes,
  • 14:05 - 14:06
    derrière nos costumes-cravate,
  • 14:06 - 14:10
    nos maquillages, nos airs responsables,
  • 14:10 - 14:13
    en fait se cache quelqu’un qui est
    un expert en Flow,
  • 14:13 - 14:15
    qui a un doctorat en Flow.
  • 14:15 - 14:17
    Cette personne,
  • 14:17 - 14:18
    c’est Mini You.
  • 14:18 - 14:20
    (Rires)
  • 14:20 - 14:22
    Quand j’étais Mini You,
  • 14:23 - 14:25
    avant de devenir
    grand et chauve et chiant,
  • 14:26 - 14:27
    quand j’étais Mini You,
  • 14:27 - 14:30
    je passais tout mon temps libre
    à dessiner,
  • 14:30 - 14:31
    à inventer des histoires,
  • 14:31 - 14:33
    et je m’éclatais, je me régalais,
  • 14:33 - 14:36
    je créais mes univers,
    j’étais dedans toute la journée !
  • 14:36 - 14:39
    Vous vous rappelez de ce sentiment,
    comme il est génial ?
  • 14:39 - 14:42
    Il est fabuleux, ce sentiment.
  • 14:42 - 14:44
    Moi je passais tout mon temps libre à ça.
  • 14:44 - 14:46
    Et puis les années ont passé,
  • 14:46 - 14:48
    et petit à petit,
  • 14:48 - 14:51
    j’ai perdu Mini You de vue.
  • 14:51 - 14:54
    Parce que je suis tombé
    dans le piège de la passion,
  • 14:54 - 14:56
    et que j’étais aveuglé
    par la lumière du prestige.
  • 14:57 - 14:58
    Donc je ne le voyais plus...
  • 14:58 - 15:00
    Et puis un jour,
    un peu par hasard,
  • 15:00 - 15:02
    - c’est une autre histoire -
  • 15:02 - 15:04
    on m’a proposé d’écrire un bouquin.
  • 15:04 - 15:05
    Donc j’ai écrit un bouquin,
  • 15:05 - 15:08
    et j’ai écrit le bouquin en 11 jours,
    pendant mes vacances,
  • 15:08 - 15:11
    sans que personne ne me force,
    et j’ai adoré ça.
  • 15:11 - 15:14
    J’ai retrouvé cette sensation de Flow
    que j’avais petit.
  • 15:14 - 15:16
    J’ai dessiné, raconté des histoires,
  • 15:16 - 15:18
    mis des blagues partout,
  • 15:18 - 15:20
    que l’éditeur a enlevées
    car elles étaient trop nulles...
  • 15:20 - 15:22
    Je me suis éclaté comme un gamin.
  • 15:22 - 15:24
    Je vous raconte ça parce que,
    suite à ce bouquin,
  • 15:24 - 15:26
    on m’a invité pour des conférences.
  • 15:26 - 15:29
    Dans la vie, je n’avais jamais prévu
    de faire de conférences.
  • 15:29 - 15:31
    Mais je me suis dit : « Why not ?
  • 15:31 - 15:34
    Ça me fera un point
    en plus sur ma feuille de la vie,
  • 15:34 - 15:36
    je verrai si ça m’aide
    à trouver une forme. »
  • 15:36 - 15:38
    Donc j’ai dit Go !
  • 15:38 - 15:40
    Une école de commerce m’a proposé
  • 15:40 - 15:42
    une conférence un peu décalée
    sur l’entrepreneuriat.
  • 15:42 - 15:44
    Et j’avais, m’ont-ils dit,
  • 15:44 - 15:46
    « carte blanche ».
  • 15:46 - 15:48
    Je vous laisse deviner,
  • 15:48 - 15:50
    dès qu’on m’a dit :
    « Tu as carte blanche »,
  • 15:50 - 15:52
    qui a pris les commandes ?
  • 15:52 - 15:53
    Mini You.
  • 15:54 - 15:56
    Je me suis éclaté comme un gamin.
  • 15:56 - 15:59
    J’ai fait des dessins, raconté
    des blagues, fait des histoires, etc.
  • 15:59 - 16:02
    Je me suis éclaté,
    et me suis encore plus éclaté
  • 16:02 - 16:04
    en donnant cette conférence.
  • 16:04 - 16:06
    Je me rappelle très bien de la sensation.
  • 16:06 - 16:08
    Je parlais à mes étudiants :
  • 16:08 - 16:10
    une histoire que j’avais inventée,
  • 16:10 - 16:12
    en montrant des dessins
    que j’avais faits.
  • 16:12 - 16:14
    Et j’ai ressenti, pile à ce moment-là,
  • 16:14 - 16:17
    le sentiment d’alignement
    dont on parle tant.
  • 16:17 - 16:18
    Pile à ce moment-là.
  • 16:18 - 16:20
    Je faisais exactement
    ce que j’aimais faire,
  • 16:20 - 16:23
    ce que je voulais faire,
    et ce que je devais faire.
  • 16:24 - 16:26
    C’est vraiment quelque chose d’important,
  • 16:26 - 16:28
    parce que ce jour-là,
  • 16:28 - 16:32
    j’avais un peu sur mes épaules
    mon Mini You, quelque part,
  • 16:32 - 16:34
    et je pense
    - en tout cas je l’ai vécu comme ça -
  • 16:34 - 16:36
    que j’avais les yeux qui brillaient.
  • 16:36 - 16:40
    Donc ça a été vraiment une expérience
    très importante pour moi.
  • 16:40 - 16:44
    Parce que...
    comme je le vis au quotidien,
  • 16:44 - 16:46
    il n’y a pas de hasard, et aujourd’hui,
  • 16:46 - 16:49
    dans ma vie professionnelle,
    la majorité de ce que je fais,
  • 16:49 - 16:50
    et ce qui m’éclate le plus,
  • 16:50 - 16:53
    consiste précisément
    à faire des conférences,
  • 16:53 - 16:56
    à raconter des histoires
    et faire des dessins dans des slides.
  • 16:56 - 16:58
    C’est ce qui m’éclate le plus.
  • 16:58 - 17:03
    En revanche, n’oubliez pas une chose
    avec Mini You :
  • 17:03 - 17:04
    c’est que Mini You, c’est un gamin.
  • 17:04 - 17:07
    Les gamins, ils ont peur très facilement,
  • 17:07 - 17:10
    et quand vous doutez,
    que vous êtes angoissé,
  • 17:10 - 17:13
    que vous vous posez des questions
    de responsabilité, etc.
  • 17:13 - 17:16
    pour Mini You, tout ça,
    c’est des monstres.
  • 17:16 - 17:19
    Le doute, l’angoisse, la peur,
    c’est des monstres.
  • 17:19 - 17:21
    Et chaque fois que Mini You
    voit un monstre,
  • 17:21 - 17:24
    il disparaît dans sa caverne
    avec votre petite flamme,
  • 17:24 - 17:26
    et on ne vous voit plus.
  • 17:26 - 17:29
    Et de nouveau la lumière du prestige
  • 17:29 - 17:31
    vous éblouit et vous aveugle.
  • 17:31 - 17:32
    Moi, à chaque fois que je doute,
  • 17:32 - 17:34
    que j’angoisse et que j’ai peur,
  • 17:34 - 17:36
    - ça m’arrive -
  • 17:36 - 17:37
    mon Mini You disparaît.
  • 17:37 - 17:41
    Je crois que c’est votre devoir d’adulte
  • 17:41 - 17:45
    que de combattre ces monstres-là
    pour laisser Mini You exister.
  • 17:45 - 17:46
    Un gamin ne va pas se battre.
  • 17:46 - 17:50
    C’est à vous de le protéger,
    parce qu’en retour, lui va vous protéger.
  • 17:50 - 17:53
    Donc je voudrais vous laisser
    avec trois petites choses.
  • 17:53 - 17:54
    La première, c’est :
  • 17:55 - 17:57
    arrêtez, pour ceux qui sont
    un peu paumés avec la passion,
  • 17:57 - 18:01
    arrêtez de suivre une passion
    qui n’existe pas en dehors de vous.
  • 18:01 - 18:03
    Cette passion,
  • 18:03 - 18:05
    cette petite flamme,
    vous l’avez déjà en vous.
  • 18:05 - 18:09
    En revanche, si vous voulez la voir,
    commencez par éteindre
  • 18:09 - 18:12
    la lumière du prestige.
  • 18:12 - 18:15
    Cette lumière, elle vous aveugle,
    elle nous aveugle,
  • 18:15 - 18:17
    et nous empêche
    de voir ce qui compte :
  • 18:17 - 18:18
    votre petite flamme.
  • 18:18 - 18:21
    C’est ce que vous avez de plus beau
    à offrir au monde,
  • 18:21 - 18:22
    qui en a bien besoin...
  • 18:24 - 18:28
    Et pour que cette petite flamme s’allume,
  • 18:28 - 18:30
    il faut que quelqu’un qui sache l’allumer
  • 18:30 - 18:32
    reprenne un petit peu les commandes :
  • 18:32 - 18:33
    c'est Mini You.
  • 18:33 - 18:35
    Laissez-lui les commandes,
    tant que vous pouvez,
  • 18:35 - 18:36
    autant que vous pouvez,
  • 18:36 - 18:38
    parce que lui, il sait comment l’allumer.
  • 18:39 - 18:44
    Lui il sait, parce qu’à chaque fois
    que vous avez les yeux qui brillent,
  • 18:44 - 18:47
    à chaque fois que Mini You
    est dans les parages,
  • 18:48 - 18:50
    à chaque fois que vous avez la flamme,
  • 18:50 - 18:52
    vos yeux resplendissent.
  • 18:52 - 18:56
    Et ça, personne ne pourra
    l’ignorer bien longtemps.
  • 18:56 - 18:57
    Merci !
  • 18:57 - 18:59
    (Applaudissements)
Title:
L'illusion de la passion | Nicolas Beretti | TEDxCelsa
Description:

Cette présentation a été faite lors d'un événement TEDx local, produit indépendamment des conférences TED.

Beaucoup de mentors nous préconisent de trouver notre passion pour réussir notre vie. Oui… mais alors « comment réussir ma vie si je n’ai pas de passion ? » Nicolas Beretti nous apporte dans son talk des clés concrètes et utiles ; un regard décalé et optimiste.

Entrepreneur, auteur et speaker français, Nicolas est fondateur du studio d’innovation BrainsWatt qui accompagne les grands groupes et PME dans leurs stratégies d’innovation et de transformation digitale. Il est régulièrement invité comme conférencier en France ou à l’étranger pour de grandes entreprises.

Co-fondateur de la startup StayHome, FinTech innovante de financement participatif spécialisée en immobilier, il est également l’auteur de deux livres d’efficacité professionnelle qui se sont classés parmi les meilleures ventes de leur catégorie.

Auparavant, Nicolas a été directeur associé d’une startup Med Tech et a en parallèle développé une régie de communication responsable spécialisée en sécurité routière qui mène des campagnes pour le compte de la Sécurité Routière et d’assureurs.

Amateur de Taekwondo, de plongée et de chute libre, il pratique également des sports extrêmes comme le dessin ou la cuisine.

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Video Language:
French
Team:
closed TED
Project:
TEDxTalks
Duration:
19:03
  • Nico, une fois que les sous-titres en francais sont fait puis-je faire la traduction en anglais? Nikky

  • Nikki, j'avais pas vu ton message !! Bien sûr, j'essaie juste de faire valider mes sous-titres français mais c'est dur !

French subtitles

Revisions