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RIM 2012.05.04 Etienne Chouard 2/2

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    L : On a déjà un auditeur en attente, c'est Vincent qui nous rejoint, bonjour Vincent.
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    V : Allo ?
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    L : Bonjour Vincent, on écoute ta question.
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    V : Oui bonjour, bonjour Etienne Chouard, bonjour à la radio, je suis un fan
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    d'Etienne Chouard, et je suis un fan de Henri Guillemin donc,
  • 0:12 - 0:18
    j'écoute régulièrement les ... les émissions... et les vidéos formidables,
  • 0:18 - 0:22
    et vous avez parlé, tout à l'heure de, Monsieur Chouard, d'une vidéo sur Robespierre, alors là
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    je suis très intéressé... parce qu'elles ne sont pas dans la liste des vidéos qui sont dans le...
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    E.C : Non, c'est une trouvaille, je publierai ça tout à l'heure, j'vous promets . Il faut que je fasse
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    ça depuis hier ou avant-hier, mais j'suis débordé, mais... faut que j'fasse ça...
  • 0:40 - 0:43
    j'voudrais mettre des commentaires, j'voudrais...
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    V : D'accord, et j'pensais aussi, j'pense beaucoup aux traits des politiques, j'pense que c'est...
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    aussi le seul moyen de pouvoir contrer tous ces réseaux ... plus ou moins occultes
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    qui nous dirigent dans l'ombre, derrière les rideaux, quoi, la trilatérale,
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    le CFR, le siècle et tous ces clubs... et même les francs maçons,
  • 1:03 - 1:06
    on peut dire dans une certaine mesure, qui quand même dirigent dans l'ombre beaucoup
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    de choses et arrangent leurs petites affaires dans notre dos, quoi. Donc...
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    je crois que le seul moyen d'éradiquer ces puissances...
  • 1:13 - 1:18
    ces puissances cachées, c'est vraiment ... le tirage au sort, quoi. D'ailleurs ce matin,
  • 1:18 - 1:23
    l'émission sur votre radio, il y avait une émission sur les OGM, où la personne parlait aussi
  • 1:23 - 1:27
    d'un... comité de citoyens, qui avait des informations contradictoires
  • 1:27 - 1:32
    sur le sujet des OGM qui devait délibérer... oui en conscience,
  • 1:32 - 1:39
    et sans... pression quoi. Donc... déjà cette idée, forcément elle doit
  • 1:39 - 1:43
    s'imposer face au pouvoir politique... voilà qui nous gouverne depuis 200 ans. Voilà.
  • 1:43 - 1:51
    Donc j'attends vos... comment je fais pour... vous les citerez à l'antenne ou vous... les références ?
  • 1:51 - 1:53
    E.C : Ben non, j'vais les mettre sur mon blog...
  • 1:53 - 1:57
    V : Ah d'accord, d'accord, très bien.... D'accord merci beaucoup.
  • 1:57 - 2:00
    E.C :... dans l'heure qui suit, là, l'émission, faut que je fasse ça vite.
  • 2:00 - 2:05
    L : J'mettrai toutes les références sur le forum de la radio, leforum.fm. Merci Vincent.
  • 2:05 - 2:10
    E.C : Vous avez tout à fait raison de souligner... parce que je suis vraiment tout à fait d'accord avec ça,
  • 2:10 - 2:16
    sur l'idée que... puisque l'élection permet aux riches de prendre le contrôle du pouvoir politique,
  • 2:16 - 2:32
    de façon... visible ou invisible... c'est vrai que... très certainement , l'élection est un moyen... central
  • 2:32 - 2:37
    pour les sociétés secrètes quelles qu'elles soient, celles que nous connaissons ou celles...
  • 2:37 - 2:44
    dont nous ignorons l'existence... les élections, avec la...
  • 2:44 - 2:49
    la faille qu'elles offrent par le financement des campagnes électorales,
  • 2:49 - 2:52
    la faille de corruption... c'est plus qu'une faille, c'est plus qu'une tentation,
  • 2:52 - 2:56
    c'est une quasi certitude qu'elles vont être... que la corromption va entrer en ...
  • 2:56 - 3:02
    V : Oui, oui, on voit pas comment ça pourrait être autrement d'ailleurs, le seul moyen où ça pourrait
  • 3:02 - 3:05
    être autrement, c'est d'avoir des gens tirés au sort, qui sont ...
  • 3:05 - 3:12
    E.C : Absolument, et donc très certainement, le tirage au sort privera, mécaniquement, non seulement
  • 3:12 - 3:19
    privera... d'un outil central de contrôle du pouvoir politique, les sociétés secrètes,
  • 3:19 - 3:24
    absolument, et celles auxquelles vous pensez, et ce qui est formidable c'est également celles auxquelles
  • 3:24 - 3:31
    on pense pas encore ou qu'on ne connaît pas... Construction, construction, alors c'est ça qui est malin,
  • 3:31 - 3:35
    le tirage au sort nous protège contre les manoeuvres.
  • 3:35 - 3:36
    V : Absolument, oui
  • 3:36 - 3:39
    E.C : ... contre les intrigues, contre les complots...
  • 3:39 - 3:42
    V : ... contre les puissances d'influence, d'argent... de toutes sortes...
  • 3:42 - 3:44
    E.C : C'est tout à fait remarquable comme idée...
  • 3:44 - 3:50
    V : J'avais eu un petit débat avec quelqu'un qui... qui était chez Monsieur Asselineau, là, à l'époque...
  • 3:50 - 3:56
    il cherchait encore ses signatures, et je lui disais... même si Monsieur Asselineau était élu,
  • 3:56 - 3:59
    vous ne vous rendez pas compte que ses ministres,
  • 3:59 - 4:04
    tous ses collaborateurs risquent d'avoir des pressions énormes sur eux de la part
  • 4:04 - 4:09
    de réseaux d'influence dont on ne peut... si on veut exercer le pouvoir... on ne peut pas
  • 4:09 - 4:14
    faire abstraction, j'veux dire, ils sont là... ils s'appuient les uns les autres, etc...
  • 4:14 - 4:19
    Il faut protéger les hommes politiques, en fait, aussi de ... de cette puissance !
  • 4:19 - 4:22
    Parce que... on ne peut pas y résister...
  • 4:22 - 4:28
    si on n'est pas protégé soi-même par un collège de gens tirés au sort, je vois pas très bien
  • 4:28 - 4:33
    comment on peut résister à l'influence de personnes comme ça... qui connaissent Monsieur Untel,
  • 4:33 - 4:37
    Monsieur Untel et Monsieur Untel. Voilà... ça se passe comme ça et je vois pas comment
  • 4:37 - 4:42
    ça pourrait se passer autrement, à partir du moment... dans le système actuel. Voilà.
  • 4:42 - 4:47
    Je voulais souligner aussi le fait que la dernière fois qu'on a eu quand même la parole politique
  • 4:47 - 4:50
    sur le référendum du traité qui s'est appelé ensuite le traité de Lisbonne,
  • 4:50 - 4:56
    et ben on nous a carrément... voilà, quoi... On a déchiré le verdict populaire,
  • 4:56 - 5:00
    le verdict du peuple pour faire exactement le contraire que ce qu'ils avaient dit.
  • 5:00 - 5:07
    Le peu... le très peu de souveraineté qui nous restait, nous a été retiré, quoi.
  • 5:07 - 5:11
    E.C : Non mais il faut quand même reconnaître ... qu'on est quand même une armée de...
  • 5:11 - 5:15
    une armée de boeufs ! Quand même, quand même, faut se rendre compte que...
  • 5:15 - 5:20
    regardez combien de gens on voté d'emblée, d'emblée, pour l'UMP et pour le PS.
  • 5:20 - 5:26
    Pour un parti soi-disant populaire, pour un parti soi-disant socialiste, qui sont deux partis au service...
  • 5:26 - 5:35
    des ultra riches, les deux partis, sont au service des ultra riches. Et ben,
  • 5:35 - 5:41
    spontanément au premier tour d'emblée, on est plus de la moitié, on est... j'sais pas combien,
  • 5:41 - 5:47
    60% des gens qui ont voté pour ces... ces deux ennemis ! Enfin, j'veux dire, faut-il que...
  • 5:47 - 5:54
    V : La politique est réduite à un niveau affectif où les gens choisissent suivant la personnalité...
  • 5:54 - 5:59
    c'est plus ou moins leurs affects qui rentrent en jeu... on parle : « il est bien,
  • 5:59 - 6:03
    il serait bien comme homme d'état », mais on n'a pas besoin des hommes comme ça,
  • 6:03 - 6:07
    on a besoins d'hommes qui... qui exécutent la volonté populaire !
  • 6:07 - 6:13
    On n'a pas besoin de gens... absolument très doués en politique, des professionnels,
  • 6:13 - 6:20
    on n'a pas besoin de ces gens-là. Au contraire, on a besoin de gens... qui sont attentifs à ce que veut
  • 6:20 - 6:26
    le peuple, c'est tout. Donc... c'est pas un chef d'état dont on a besoin, c'est un chef de l'exécutif.
  • 6:26 - 6:28
    L : ... ça c'est la question de l'amateurisme en politique.
  • 6:28 - 6:31
    V : Bon écoutez je vais vous laisser, parce que ça fait très longtemps que je suis au téléphone,
  • 6:31 - 6:37
    j'attends sur votre blog, alors ces conférences sur Robespierre, je suis aussi un fan... j'fais partie
  • 6:37 - 6:40
    du fan club d'Henri Guillemin, moi, j'ai découvert ça aussi, y'a pas très longtemps, et ...
  • 6:40 - 6:44
    E.C : Alors vous allez voir, c'est une en conférence en plus, elle est...
  • 6:44 - 6:45
    V : ... ah non, mais ça fait déjà plusieurs fois que j'écoute la commune, et tout, c'est passionnant.
  • 6:45 - 6:49
    Et Napoléon aussi, y'en reste pas grand chose d'ailleurs, heureusement mais,
  • 6:49 - 6:52
    c'est formidable. Bon, je continue à vous écouter, hein, merci beaucoup en tous cas.
  • 6:52 - 6:55
    L: Merci beaucoup Vincent. Alors, juste avant de vous rendre la parole, Etienne,
  • 6:55 - 6:57
    je précise, on me l'a demandé plusieurs fois hors antenne comment
  • 6:57 - 7:00
    s'écrit Etienne Chouard, bon, Etienne, comme ça se prononce, évidemment,
  • 7:00 - 7:05
    et Chouard c'est C H O U A R D. Voilà, je tenais à le préciser.
  • 7:05 - 7:06
    E.C : Ben c'est comme Rochechouart mais avec un D.
  • 7:06 - 7:07
    L : Exactement.
  • 7:07 - 7:13
    E.C : ... La conférence de Guillemin sur Robespierre, elle est particulièrement tonique.
  • 7:13 - 7:26
    Elle est à un rythme endiablé, il est... il est rapide, précis, marrant... en colère contre ces salopards.
  • 7:26 - 7:31
    Alors, pas trop, c'est nous... enfin moi je rajoute de ma colère qu'il ne met pas lui, mais enfin
  • 7:31 - 7:36
    il est particulièrement tonique et rapide, c'est... y'a énormément de choses
  • 7:36 - 7:41
    dans cette double conférence... enfin c'est une conférence en deux morceaux, mais en fait
  • 7:41 - 7:44
    c'est une longue conférence de deux heures, je crois. Vraiment remarquable.
  • 7:44 - 7:48
    L : Je mettrai toutes les informations sur le forum le forum.fm pour que les auditeurs
  • 7:48 - 7:52
    puissent retrouver facilement les conférences d'Henri Guillemin, et celle-là, effectivement,
  • 7:52 - 7:56
    je l'avais pas vue moi non plus, concernant Robespierre, qui m'a l'air très intéressante...
  • 7:56 - 7:57
    E.C : En fait il faudrait l'appeler, c'est même plus que sur Robespierre,
  • 7:57 - 7:59
    c'est une conférence sur la révolution française.
  • 7:59 - 8:00
    L : D'accord.
  • 8:00 - 8:03
    E.C : C'est vraiment... c'est quelque chose qu'on attend depuis longtemps, parce qu'en fait,
  • 8:03 - 8:09
    on s'est tous aperçus quand on va vu les vidéos de RTS, ben... qu'il manque un truc.
  • 8:09 - 8:21
    Il manque une explication détaillée sur les évènements de 1789, 90, 91, 92, ben... c'est là, voilà.
  • 8:21 - 8:24
    L : Et on dit qu'il manque aussi trois bobines de Napoléon qui auraient été perdues.
  • 8:24 - 8:28
    De l'histoire de napoléon, trois bobines manquantes, trois conférences manquantes.
  • 8:28 - 8:29
    E.C : Oui
  • 8:29 - 8:31
    L : On les retrouvera sans doute jamais, ça c'est encore autre chose.
  • 8:31 - 8:32
    Alors on va acceuillir Jérôme à présent...
  • 8:32 - 8:34
    E.C : Comment ? Y'a... trois bobines qui manquent sur Napoléon ?
  • 8:34 - 8:37
    L : C'est ce que j'ai lu, effectivement, c'est ce que j'ai lu, qu'il manquerait trois bobines
  • 8:37 - 8:39
    sur l'intégralité des conférences, oui.
  • 8:39 - 8:40
    E.C : Ah ouais ?
  • 8:40 - 8:43
    L : A confirmer, mais en tous cas, c'est ce que j'avais lu il y a quelques semaines de ça, oui.
  • 8:43 - 8:47
    E.C : Ah il faudrait vérifier, mais on a le bouquin. Il a écrit un livre sur Napoléon,
  • 8:47 - 8:50
    j'suis en train de lire ça c'est génial, hein, c'est vachement bien.
  • 8:50 - 8:52
    L : Sans doute le contenu qui n' est pas dans les conférences manquantes
  • 8:52 - 8:54
    doit se retrouver dans le livre, sans aucun doute.
  • 8:54 - 8:57
    E.C :... c'est pour ça que j'en parlais, si ça se trouve on aura ce qui manque dedans.
  • 8:57 - 8:58
    L : Tout à fait
  • 8:58 - 8:59
    E.C : J'vais lire ça, j'vous dirai.
  • 8:59 - 9:03
    L : Je rappelle le numéro du standartd, 08 92 23 95 20, y'a beaucoup d'appels,
  • 9:03 - 9:06
    on va acceuillir Jérôme à présent, bonjour Jérôme.
  • 9:06 - 9:07
    J : Oui, bonjour
  • 9:07 - 9:08
    E.C : Bonjour
  • 9:08 - 9:13
    J : Merci pour cette présentation remarquable, hein, j'ai beaucoup aimé. Donc j'ai deux questions courtes...
  • 9:13 - 9:19
    Bon moi toutes ces idées-là, j'y adhère. J'essaie de diffuser autour de moi et bon, je passe...
  • 9:19 - 9:26
    pour un fou... Pour des gens... bon...Ma question est la suivante : pour des gens
  • 9:26 - 9:30
    qui n'y connaissent rien, pour des gens, qui, malheureusement ont subi
  • 9:30 - 9:33
    un lavage de cerveau depuis leur naissance, et dont j'ai fait partie.
  • 9:33 - 9:39
    À votre avis, quels seraient les cinq livres à lire en priorité pour ouvrir les yeux des gens
  • 9:39 - 9:43
    mais vraiment ouvrir les yeux des gens, de gens qui partent vraiment de zéro, qui sont persuadés
  • 9:43 - 9:49
    que le PS et l'UMP sont deux partis opposés qui défendent leurs intérêts. Ça c'est la première question,
  • 9:49 - 9:55
    et la deuxième question : et bien, c'est évident que même si la population, un jour, s'éveille
  • 9:55 - 10:00
    et comprend l'arnaque qu'est notre système politique, les riches et même, surtout les ultra riches
  • 10:00 - 10:06
    feront absolument l'impossible pour garder leur pouvoir ! Alors, comment faire pour imposer
  • 10:06 - 10:10
    un vrai système démocratique, alors qu'on sait très bien que ce réseau très bien organisé
  • 10:10 - 10:18
    d'ultra riches fera absolument l'impossible pour garder leur pouvoir sur nous ? Donc voilà mes deux questions.
  • 10:18 - 10:24
    L : Très bien, Etienne... Merci à toi Jérôme, Etienne... Donc sur cinq livres qui pourraient aider
  • 10:24 - 10:31
    les gens à ouvrir les yeux, et la deuxième question de Jérôme, c'était... excuse-moi Jérôme...
  • 10:31 - 10:32
    J : La deuxième question...
  • 10:32 - 10:34
    E.C : Comment on va faire pour se débarrasser des ultra riches...
  • 10:34 - 10:35
    L : Voilà, exactement...
  • 10:35 - 10:39
    E.C : L'impossible ça veut dire des massacres, hein... Ce qu'ils font à chaque fois,
  • 10:39 - 10:42
    c'est pas du tout impossible puisqu'ils ont de l'argent, donc ils ont de quoi
  • 10:42 - 10:47
    payer les armes et les mercenaires... Et payés à prix fort, y'a toujours des mercenaires
  • 10:47 - 10:50
    qui acceptent moyennant beaucoup d'argent, de faire les pires horreurs,
  • 10:50 - 10:56
    et donc les ultra riches nous massacreront, avec leur argent transformé en armes,
  • 10:56 - 11:02
    pour... que ce dont on parle là n'advienne pas. Alors, c'est pour ça que...
  • 11:02 - 11:11
    je défends l'idée d'une résistance rhyzomique, virale, rhyzomique, c'est-à-dire qu'on ferait comme...
  • 11:11 - 11:16
    des plantes à rhyzomes avec des racines souterraines qui se répandent sans qu'on le voie,
  • 11:16 - 11:23
    et puis quand ça germe, ça germe partout... Ce qu'il faudrait, c'est qu'à la base on se...
  • 11:23 - 11:30
    on arrive à être suffisamment... on arrive à mettre au point une idée suffisament simple et forte...
  • 11:30 - 11:37
    il faut peser ces deux mots, les peser et leur donner leur vrai sens, une idée simple, et forte,
  • 11:37 - 11:41
    c'est-à-dire, au bon endroit, un endroit qui changera tout...
  • 11:41 - 11:47
    pour que nous nous la passions entre nous, et si... tout notre corps social,
  • 11:47 - 11:51
    mais je pense au corps social de la planète Terre, hein, j'pense à tout...
  • 11:51 - 11:56
    tous les humains vivant sur Terre, prenant conscience parce que c'est le moment, un peu
  • 11:56 - 12:01
    comme un enfant devient un adolescent parce que c'est le moment un peu... oui voilà comme un...
  • 12:01 - 12:07
    un petit devient grand et... souhaite maintenant s'émanciper et puis ça va venir
  • 12:07 - 12:13
    parce qu'il est programmé pour ça, un peu comme... une chenille devient papillon...
  • 12:13 - 12:17
    Si nous... si nous nous emparons de cette idée simple,
  • 12:17 - 12:23
    et que nous la portons tous, ça devient impossible de nous massacrer tous, quoi,
  • 12:23 - 12:28
    c'est-à-dire, il restera toujours les germes de la résistance qui finiront par venir à bout du truc.
  • 12:28 - 12:31
    C'est l'idée... ben, c'est l'idée... peut être que ça marchera pas, je sais pas si l'idée
  • 12:31 - 12:35
    que je défends est... et celle-là. Est-ce que c'est l'idée simple et forte qu'il nous faut,
  • 12:35 - 12:42
    moi il me semble que... des humains qui seraient capables de se concentrer
  • 12:42 - 12:44
    sur cette idée simple que : c'est pas aux hommes au pouvoir
  • 12:44 - 12:54
    d'écrire les règles du pouvoir... Des humains qui s'emparent vraiment de cette idée-là...
  • 12:54 - 13:00
    On peut plus leur prendre le pouvoir... On peut plus leur faire ce qu'on leur a fait depuis...
  • 13:00 - 13:08
    10 000 ans. Alors, j'me trompe peut être. J'essaie de la réduire à l'os l'idée pour...
  • 13:08 - 13:13
    parce que je tiens à ce qu'elle soit simple, c'est-à-dire que si on en sort, si on sort de l'idée simple...
  • 13:13 - 13:17
    enfin, on peut continuer à discuter pour être sûr que c'est celle-là la bonne, mais... si on...
  • 13:17 - 13:24
    Il faut que ce soit la même pour tout le monde. Sinon on se désunit. Si vous voulez,
  • 13:24 - 13:30
    l'idée géniale, enfin l'idée qui me semble très séduisante, c'est que, si on arrive à la fois,
  • 13:30 - 13:35
    si on arrive à trouver cette idée simple et forte, on fait d'une pierre, deux énormes coups.
  • 13:35 - 13:40
    Un : au lieu d'être divisés - parce que c'est très affaiblissant d'être divisés - au lieu d'être divisés
  • 13:40 - 13:45
    on va être réunis sur cette idée parce qu'elle est unique. On sait bien qu'il y a des tas
  • 13:45 - 13:51
    de choses à faire, mais... on a réfléchit, et on a trouvé une cause bien bien bien...
  • 13:51 - 13:53
    en remontant bien vers à la source le plus possible,
  • 13:53 - 13:57
    on a trouvé quelque chose qui est... commun à toutes les résistances.
  • 13:57 - 14:01
    Nous sommes, nous les résistants, on se divise entre nous parce qu'il y en a qui tiennent plus
  • 14:01 - 14:05
    au nucléaire, à l'écologique, d'autres qui tiennent plus au social dans l'entreprise,
  • 14:05 - 14:09
    d'autres qui tiennent plus au contrôle des élus, etc... donc chacun résiste dans son...
  • 14:09 - 14:12
    dans ce qui lui semble le plus important et ça nous divise.
  • 14:12 - 14:18
    Par exemple, quelqu'un qui est pro-nucléaire, va être... et qui pourtant est progressite, hein,
  • 14:18 - 14:22
    il cherche le bien commun ; mais lui il croit au nucléaire. Et il est considéré comme un ennemi,
  • 14:22 - 14:26
    comme un salaud par un anti-nucléaire. Alors que nous avons plein de choses en commun.
  • 14:26 - 14:30
    J'veux dire les résistants, même si ils se divisent, ils ont quelque chose de très important,
  • 14:30 - 14:34
    plein de choses en commun. Et, cette idée forte : c'est pas aux hommes au pouvoir
  • 14:34 - 14:41
    d'écrire les règles du pouvoir, cette idée forte qui, conditionne le fait que la Constitution
  • 14:41 - 14:46
    va programmer notre puissance ou notre impuissance. Donc ça conditionne l'essentiel.
  • 14:46 - 14:51
    Cette idée simple, si nous arrivions à l'intégrer tous dans notre puzzle intellectuel,
  • 14:51 - 14:56
    et en faire une priorité, ça ferait d'une pierre deux coups parce que ça nous réunirait,
  • 14:56 - 15:00
    et enfin, on s'en prendrait aux causes au lieu de s'en prendre aux conséquences.
  • 15:00 - 15:06
    Donc ça fait, deux bonnes raisons de tout changer dans notre efficacité pour le bien...
  • 15:06 - 15:15
    pour le bien commun... Il me semble que c'est... c'est une façon de plus craindre
  • 15:15 - 15:20
    les ultra riches, leurs mercenaires et leurs armes, que de devenir des milliards,
  • 15:20 - 15:25
    avant d'engager le moindre rapport de force. Je dis bien avant d'engager...
  • 15:25 - 15:28
    Je sais bien que vous êtes tous pressés, moi aussi, on est tous pressés d'agir
  • 15:28 - 15:32
    pour changer les choses, mais, il me semble que tant qu'on n'aura pas,
  • 15:32 - 15:38
    pour nous, le nombre, parce nous avons une idée simple et que nous refusons
  • 15:38 - 15:42
    de nous disperser autour de cette idée. On se concentre sur elle, tant qu'on n'est pas
  • 15:42 - 15:47
    nombreux à défendre cette idée, faut pas engager de rapport de force, on va se faire écraser.
  • 15:47 - 15:53
    Par contre, si on met toute notre énergie à... à diffuser cette idée,
  • 15:53 - 15:56
    elle se répand à toute vitesse ! Moi je... c'est fabuleux ce que les vidéos
  • 15:56 - 16:01
    changent les gens, là. Si vous n'y arrivez pas, vous dites quel livre pour convaincre quelqu'un,
  • 16:01 - 16:05
    moi les mails que je reçois tous les jours, mais je reçois plein de mails tout le temps, là.
  • 16:05 - 16:08
    Des gens qui... avaient renoncé à la politique ou qui n'avaient jamais fait de politique,
  • 16:08 - 16:12
    qui étaient dégoûtés par la politique, par le spectacle qu'ils voyaient, quotidien,
  • 16:12 - 16:19
    et qui tombent sur la... la conférence avec Myret Zaki, en Suisse, à Genève, ou qui tombent
  • 16:19 - 16:22
    sur la conférence de Marseille, ou sur celle de Metz, et puis, ça les change...
  • 16:22 - 16:26
    Qui disent :« Ah là y'a un truc, y'a un truc important, là, là y'a un truc » ...
  • 16:26 - 16:29
    C'est une lumière, quoi, une lumière dans le tunnel, c'est...
  • 16:29 - 16:36
    « Oh là,là, c'est une bonne direction ! » Et ça les change, et bien... plutôt que 5 livres,
  • 16:36 - 16:44
    je vous dirais, conduisez les gens à voir ces vidéos. Prenez les plus courtes : celle de TEDx
  • 16:44 - 16:50
    marche très bien... celle de Genève est longue. Mais les gens... c'est incroyable ce que ça leur plaît,
  • 16:50 - 16:57
    quoi, hein... Y'a trois jours, on était à 220 000, on est déjà à 250 000, y'a... en ce moment,
  • 16:57 - 17:01
    c'est 10 000 par jour, c'est incroyable ce qu'elle tourne la conférence de Genève.
  • 17:01 - 17:04
    Elle marche excellement bien. Et... y'a tout, y'a...
  • 17:04 - 17:07
    En fait dans cette conférence, on avait la forme, avec Myret, et elle...
  • 17:07 - 17:13
    ça s'est bien passé... ça s'est bien articulé, et en fait, on arrive bien à faire le lien entre
  • 17:13 - 17:20
    l'horreur actuelle, l'horreur économique actuelle, le fait que c'est concerté et non nécessaire,
  • 17:20 - 17:29
    que c'est un plan, un plan de la part de salopards, et le fait que... le sort des grecs
  • 17:29 - 17:32
    nous pend au nez. Et le fait que c'est complètement lié à la Constitution
  • 17:32 - 17:38
    et à notre démission constituante, c'est bien articulé. Alors, en fait la conférence
  • 17:38 - 17:42
    elle dure deux heures et demie parce qu'il y a une heure de questions, mais avec une heure et demie,
  • 17:42 - 17:46
    on a fait le tour, je crois... La première heure et demie de cette conférence,
  • 17:46 - 17:51
    elle permettrait de convaincre plein de gens... Si nous n'arrivez pas à les convaincre,
  • 17:51 - 17:55
    demandez-leur simplement : « Écoute, avant qu'on en reparle, fais moi plaisir,
  • 17:55 - 18:02
    va juste voir cette conférence... tu te cales, ou tu l'écoutes en voiture... Mais écoute-là,
  • 18:02 - 18:10
    et puis on en reparle après ». Et vous verrez que ça va vous faciliter la vie, parce que... le fait est,
  • 18:10 - 18:13
    l'expérience montre que ça fonctionne. Alors ensuite, quels livres ?
  • 18:13 - 18:15
    J : Oui
  • 18:15 - 18:19
    E.C : Qu'est-ce que je dirais, qu'est-ce que je désignerais comme livres...
  • 18:19 - 18:24
    J : Alors déjà... vous pourrez répéter où est-ce qu'on peut trouver ces fameuses vidéos ?
  • 18:24 - 18:25
    E.C : Comment ?
  • 18:25 - 18:30
    L : Très simplement, je viens de faire le test... justement ça, en tapant « Etienne Chouard Genève »,
  • 18:30 - 18:34
    on tombe directement sur la conférence avec Myret Zaki à Genève qui s'appelle...
  • 18:34 - 18:37
    E.C : M Y R E T, on tape « Chouard Myret », et on tombe sur...
  • 18:37 - 18:39
    L : Exactement, oui. La conférence s'appelle :
  • 18:39 - 18:41
    « L'Etat et les banques, les dessous d'un hold-up historique ».
  • 18:41 - 18:49
    E.C : Alors... y'a quelqu'un qui a fait un extrait qui dure seulement un quart d'heure ou vingt minutes,
  • 18:49 - 18:56
    je crois, et qui l'appelle, qui a appelé la vidéo : « Ce que Jovanovic ne nous dit pas » , mais...
  • 18:56 - 19:04
    Je trouve ce titre idiot, parce que le travail de Jovanovic est tout à fait utile et intéressant,
  • 19:04 - 19:10
    et pas du tout en contradiction avec ce qu'on dit dans la conférence... Cet extrait qui est un...
  • 19:10 - 19:17
    une copie hein,... une copie, et un petit morceau seulement de la conférence originale...
  • 19:17 - 19:21
    est mal intitulé, je trouve... ça devrait pas s'intituler comme ça, mais en tous cas, le...
  • 19:21 - 19:27
    l'original est en train d'être enrichi... ils ont déjà enrichi la première version qui est la partie
  • 19:27 - 19:32
    de Myret qui est... qui est formidable, c'est une fille, une fille bien, Myret. Moi je... j'commence à...
  • 19:32 - 19:40
    à avoir vu plein de conférences de cette femme... c'est vraiment une fille bien, qui explique
  • 19:40 - 19:45
    des choses importantes, qui connaît très bien son affaire et... qui est remarquable. Alors,
  • 19:45 - 19:48
    y'a des choses, y'a des points sur lesquels je suis pas d'accord avec elle... on le voit un petit peu
  • 19:48 - 19:54
    dans la conférence de Genève quand elle a une... une aversion aux recettes keynésiennes,
  • 19:54 - 19:59
    qui est très très dans la doxa, qui est très très dans l'air du temps en ce moment.
  • 19:59 - 20:05
    C'est... pour exister médiatiquement il faut être contre Keynes, et,
  • 20:05 - 20:08
    pour des raisons qui sont, je pense, pas solides du tout, c'est-à-dire que c'est
  • 20:08 - 20:11
    très très discutable, et d'ailleurs on a commencé à en discuter un peu et
  • 20:11 - 20:15
    on a été interrompus, j'sais plus pourquoi, bêtement, et c'est con parce que
  • 20:15 - 20:16
    c'était un débat qui aurait été intéressant.
  • 20:16 - 20:20
    Faudrait recommencer d'ailleurs avec Myret, pour parler de ça... Est-ce qu'on peut être keynésien ?
  • 20:20 - 20:26
    Qu'est-ce qui fait qu'on peut plus être, soi-disant, est-ce que les raison pour lesquelles
  • 20:26 - 20:31
    on a renoncé aux recettes keynésiennes sont pas stupides ? Et je prétends ça. Je pense que les raisons
  • 20:31 - 20:37
    pour lesquelles nous abandonnons les... les solutions keynésiennes sont des raisons stupides
  • 20:37 - 20:43
    au sens strict, c'est vraiment... c'est absolument idiot... Mais en fait c'est malfaisant,
  • 20:43 - 20:46
    c'est juste parce que c'est contre l'intérêt général, mais c'est la...
  • 20:46 - 20:50
    La clef de compréhension, c'est que, ceux qui sont contre les keynésiens
  • 20:50 - 20:53
    sont en fait au service des mutinationales, quoi, ce sont des gens
  • 20:53 - 20:59
    qui n'ont rien à craindre de la mondialisation, qui sont à l'abri, qui sont très riches,
  • 20:59 - 21:01
    et puis qui veulent que ça continue comme ça parce que c'est un système
  • 21:01 - 21:08
    qui leur permet de se goinfrer et que les solutions keynésiennes limiteraient les inégalités.
  • 21:08 - 21:12
    J : Alors, moi je crois que je vais en rester là, et pour ceux qui n'ont pas la chance
  • 21:12 - 21:14
    d'avoir internet, quels seraient les deux livres...
  • 21:14 - 21:19
    E.C : Oh je vous entends très très mal, il faut essayer de parler fort, et...
  • 21:19 - 21:21
    L : Je vais transcrire la question...
  • 21:21 - 21:22
    E.C : C'est tout haché, j'entends très mal...
  • 21:22 - 21:24
    L : Je vais transcrire la question de Jérôme. Il dit : pour les gens
  • 21:24 - 21:27
    qui n'ont pas la chance d'avoir internet, deux livres importants, selon vous ?
  • 21:27 - 21:34
    E.C : Alors... À mon avis, le livre le plus important, en matière politique, c'est Bernard Manin.
  • 21:34 - 21:40
    Parce qu'en fait lui va vous en faire lire d'autres. Mais Bernard Manin a fait une synthèse...
  • 21:40 - 21:47
    Une synthèse des avantages et inconvénients de l'élection, des avantages et inconvénients
  • 21:47 - 21:54
    du tirage au sort. Une synthèse... comparatif : élection / tirage au sort, qui est d'une honnêteté
  • 21:54 - 22:02
    remarquable. C'est pas un plaidoyer pour le tirage au sort. Nous qui n'avons jamais lu
  • 22:02 - 22:05
    quoique ce soit sur le tirage au sort, ça nous paraît être un plaidoyer tellement
  • 22:05 - 22:08
    c'est une idée qui est surprenante et à la fois géniale, en même temps.
  • 22:08 - 22:14
    Mais, lui ce qu'il fait en fait dans son bouquin, c'est un bilan, équilibré,
  • 22:14 - 22:22
    avantages / inconvénients des deux. Et c'est, je pense, un livre...
  • 22:22 - 22:27
    qui devrait être dans toutes les bibliothèques... de citoyens dignes de ce nom.
  • 22:27 - 22:30
    Un citoyen qui veut s'occuper du bien commun et de l'organisation du pouvoir politique.
  • 22:30 - 22:34
    Il faut connaître ce livre, il faut plus que ça : il faut l'avoir travaillé,
  • 22:34 - 22:40
    faut l'avoir annoté, faut l'avoir grifonné, surligné, relié à d'autres...
  • 22:40 - 22:44
    Bon, je crois que c'est un livre qui faut pas seulement lire, il faut le travailler,
  • 22:44 - 22:47
    il faut l'avoir avec soi. C'est un petit livre qui tient dans une poche,
  • 22:47 - 22:55
    et ça devient un ami, ça devient un bouquin... un bouquin important.
  • 22:55 - 22:57
    L : « Principes du gouvernement représentatif », un livre...
  • 22:57 - 22:59
    E.C : « Principes du gouvernement représentatif », ça c'est vraiment un...
  • 22:59 - 23:02
    L : Livre de Bernard Manin qui est paru en 95.
  • 23:02 - 23:10
    E.C : Un grand livre ! Un grand petit livre ! Y'a un deuxième livre qui me semble absolument essentiel,
  • 23:10 - 23:17
    fondateur, que j'aime énormément... qui est un livre d'Alain, qui s'appelle :
  • 23:17 - 23:25
    « Propos sur les pouvoirs ». Une sélection ; Alain a écrit des milliers de propos, et... y'a une sélection
  • 23:25 - 23:30
    qui a été faite chez Folio... C'est le numéro un, c'est le premier livre qui est paru chez Folio,
  • 23:30 - 23:38
    historiquement, je crois, puisqu'il a le numéro un, et les propos sur le pouvoir... je dirais que
  • 23:38 - 23:43
    c'est le meilleur de tous mes livres. Alors, j'exagère un petit peu parce qu'il y en a...
  • 23:43 - 23:47
    y'a une compétition quand même pour les... les dix meilleurs,
  • 23:47 - 23:50
    je les aime énormément, quoi, hein Donc, j'ai quand même du mal à les départager,
  • 23:50 - 23:59
    mais c'est... les « Propos sur les pouvoirs », c'est un... bonheur, quoi, c'est...
  • 23:59 - 24:07
    de l'intelligence, c'est des armes pour résister aux élus, c'est... c'est vraiment intelligent.
  • 24:07 - 24:13
    C'est remarquable. C'est pas du tout, c'est pas... c'est pas du tout un livre violent, anti parlementaire,
  • 24:13 - 24:17
    pas du tout hein, il était... c'était un radical, donc c'était pas du tout un révolutionnaire,
  • 24:17 - 24:24
    mais c'était un philosophe vraiment remarquable. Donc les « Propos sur les pouvoirs »
  • 24:24 - 24:32
    d'Alain... ce serait le deuxième livre. Alors j'ai pas préparé ça, donc je vais vous parler à...
  • 24:32 - 24:39
    au débotté, peut être que je vais en oublier un. Si je devais choisir un livre auquel
  • 24:39 - 24:47
    je tiens énormément, mais vraiment énormément, je dirais... « Le contrat social » de Rousseau.
  • 24:47 - 24:54
    C'est... une pure merveille ce truc-là. « Le contrat social », on le lit trop jeune, et on se rend pas compte
  • 24:54 - 25:00
    de ce qu'il y a dedans. C'est un livre, extrêmement, extrêmement important. C'est un...
  • 25:00 - 25:05
    c'était le philosophe des pauvres, au milieu des Lumières qui étaient les philosophes des
  • 25:05 - 25:12
    riches qui étaient des crapules !! (rire) Je découvre ça, ah, c'est incroyable ! Je découvre, je découvre,
  • 25:12 - 25:18
    grâce à Marion Sigaut je découvre l'article : mendiant ou mendicité dans l'Encyclopédie,
  • 25:18 - 25:24
    soi-disant le... la bible des Lumières, mais... est mendiant pour le philosophe des Lumières,
  • 25:24 - 25:28
    c'est-à-dire le riche, est mendiant celui... alors je parle de mémoire, faudrait que je l'aie sous les yeux,
  • 25:28 - 25:35
    ça serait plus... mais vous allez voir, cherchez, vous verrez, est mendiant celui qui fait...
  • 25:35 - 25:42
    qui fait voeu de vivre aux crochets d'autrui, celui qui volontairement, par paresse,
  • 25:42 - 25:51
    ou par vice (rire), c'est dégueulasse ! Les pauvres, les pauvres, les mendiants, sont des gens
  • 25:51 - 25:56
    qui font voeu... c'est la définition, la définition qu'en donnent les Lumières.
  • 25:56 - 26:02
    Les soi-disant Lumières, et... alors la suite de l'article est absolument édifiante, mais...
  • 26:02 - 26:05
    je vous parle de l'Encyclopédie des Lumières. C'est-à-dire ce qui nous est présenté
  • 26:05 - 26:10
    comme la référence absolue de la raison, de... de la patience, de la tolérance...
  • 26:10 - 26:14
    de la civilisation, mais c'est dégeulasse c'qu'ils disent des mendiants !
  • 26:14 - 26:19
    Dégueulasse ! Qu'il faut les mettre au boulot ! Les mettre au boulot ou en prison !
  • 26:19 - 26:26
    Donc... alors au milieu de ces Lumières, tout à fait esclavagistes, et négrières, y'avait un Rousseau
  • 26:26 - 26:31
    qui était le philosphe des pauvres, qui était catholique, avec ses valeurs chrétiennes, et qui donc,
  • 26:31 - 26:35
    résistait aux Lumières qui étaient anti-catholiques. Ah moi je suis complètement athée, hein,
  • 26:35 - 26:39
    je suis pas du tout catholique, enfin j'suis catholique... absolument, profondément athée.
  • 26:39 - 26:45
    Mais, je vois bien ce qui anime Rousseau, quoi, c'est la... la bonté, ce qu'il y a de si généreux
  • 26:45 - 26:48
    dans les valeurs chrétiennes, quoi, c'est...
  • 26:48 - 26:54
    L : Et... la conférence d'une heure sur Rousseau de Henri Guillemin est excellente aussi...
  • 26:54 - 26:55
    à citer au passage...
  • 26:55 - 27:00
    E.C : Ah... merveilleuse, c'est merveilleux. Et alors il a écrit deux petits bouquins, formidables, donc...
  • 27:00 - 27:04
    Chez Utovie, on trouve deux petits bouquins Et alors surtout, une affaire... ou cette affaire
  • 27:04 - 27:10
    infernale, ou une affaire infernale... très très important de faire le tour des calomnies
  • 27:10 - 27:17
    de Voltaire à l'encontre de Rousseau. Donc il y a « Le contrat social » , y'a un très très bon petit
  • 27:17 - 27:21
    livre, mais je le mettrais pas dans le... je le mettrais pas dans le top ten, parce que c'est quand même
  • 27:21 - 27:27
    pas à ce niveau-là, mais qui est... qui est très vivifiant, qui vient d'être écrit par Jean Paul Jouary,
  • 27:27 - 27:34
    en Poche, qui s'appelle : « Rousseau, citoyen du futur », et qui justement remet les pendules à l'heure,
  • 27:34 - 27:40
    remet les choses en place sur l'importance de Rousseau, aujourd'hui, aujourd'hui ! Pour fonder,
  • 27:40 - 27:45
    un contrat social digne de de ce nom, qui soit pas un contrat dolosif, quoi, qui soit pas du dol,
  • 27:45 - 27:51
    qui soit pas du mensonge et de l'escroquerie comme le prétendu contrat social que nous imposent les riches
  • 27:51 - 27:59
    qui est complètement léonin, qui est le lion qui impose... qui impose sa loi... notre contrat social
  • 27:59 - 28:03
    il est absolument merdique en ce moment. Enfin je devrais pas... dire de gros mots, mais...
  • 28:03 - 28:08
    Notre contrat social il est... très profondément injuste, au service des riches
  • 28:08 - 28:11
    et contre les pauvres, quoi, et c'est pas du tout une fatalité...
  • 28:11 - 28:15
    Y'a des tas de sociétés dans lesquelles y'a pas eu de pauvres !
  • 28:15 - 28:19
    On peut très bien vivre en société sans pauvres ! Simplement nous nous...
  • 28:19 - 28:24
    nous nous sommes faits circonvenir pas les riches, au moment crucial de choisir
  • 28:24 - 28:31
    qui crée la monnaie. Donc ça c'est 1694, quoi, hein, la création de la banque d'Angleterre,
  • 28:31 - 28:40
    c'est cette époque là, hein, en gros, où... les humains, n'ont pas vu venir le...
  • 28:40 - 28:45
    le cancer, la maladie mortelle de l'appropriation par une poignée d'hommes,
  • 28:45 - 28:52
    de ce moyen, de cette arme, universelle, terrifiante, qu'est l'argent,
  • 28:52 - 28:58
    la création de l'argent, et donc... Et alors là, après ça, très vite on s'est fait prendre les institutions,
  • 28:58 - 29:02
    très vite on s'est fait prendre le pouvoir politique, et puis là ça va crescendo, quoi,
  • 29:02 - 29:08
    Là... ils ont une force... ils ont une force... C'est un cancer, et puis le cancer il meurt avec la victime,
  • 29:08 - 29:13
    hein, le problème c'est que... probablement, je vois comment les... les riches vont survivre à,
  • 29:13 - 29:19
    à ce qu'ils sont en train de... le cataclysme qu'ils sont en train de préparer... c'est terrifant, hein.
  • 29:19 - 29:26
    Et... je vois pas d'autre moyen que le tirage au sort ... pour écrire les institutions
  • 29:26 - 29:31
    dont nous avons besoin. Parce que sans ça, les riches vont acheter les acteurs
  • 29:31 - 29:35
    qui écriront les institutions, et... on sortira pas de cette politique de riches,
  • 29:35 - 29:39
    avec ces philosophies de riches, et ces logiques de riches, cette morale de riches,
  • 29:39 - 29:44
    qui nous... qui nous empêchent complètement de fraterniser, quoi, qui nous empêche complètement
  • 29:44 - 29:52
    de faire un monde pacifié, raisonnable... sobre, économique... généreux...
  • 29:52 - 29:55
    Tout ça est impossible tant que c'est les riches qui dirigent, impossible !
  • 29:55 - 29:59
    Ah y'a un truc qui faudra que je mette... ah, y'a une émission,
  • 29:59 - 30:03
    il faut que vous écoutiez pendant que c'est podcastable, un copain m'a signalé ça,
  • 30:03 - 30:07
    c'est génial, génial ! il faut écouter ça c'est... C'était vendredi dernier,
  • 30:07 - 30:12
    on est quel jour, vendredi ? C'est vendredi il y a une semaine, c'était le 27, je crois...
  • 30:12 - 30:17
    C'était le dernier jour de la semaine dernière, à : « La tête au carré », sur France Inter.
  • 30:17 - 30:23
    Donc c'est l'actualité scientifique, et... à quel moment ?... Je vous mettrai un lien...
  • 30:23 - 30:28
    C'était à la minute... C'est dix minutes, une pure... une pure merveille !...
  • 30:28 - 30:33
    Les minutes, c'est de quel moment à quel moment ?... C'est de la minute 31
  • 30:33 - 30:39
    à la minute 41... Un bonhomme qui s'appelle Dominique Dupagne, je crois,
  • 30:39 - 30:45
    qui est un médecin généraliste, et qui nous signale une étude scientifique qui montre
  • 30:45 - 30:51
    que les riches sont... ne respectent aucune morale,
  • 30:51 - 30:57
    sont profondément tricheurs, et immoraux, et ça se prouve ! Ça se prouve ! (rire)
  • 30:57 - 31:02
    Et c'est incroyable, c'est très très bien fait. Dix minutes... tout à fait intéressantes
  • 31:02 - 31:06
    avec les conclusions du bonhomme, du médecin, là. Remarquable. Il faut que je fasse
  • 31:06 - 31:13
    l'extrait MP3 et qu'on le... qu'on le retranscrive, qu'on l'écrive, parce que la synthèse est tout à fait remarquable,
  • 31:13 - 31:17
    et à relier avec plein de choses, hein, avec ce que Robespierre disait des riches.
  • 31:17 - 31:22
    Il disait que les riches étaient le fléau de l'humanité et... je le crois très sincèrement,
  • 31:22 - 31:27
    c'est-à-dire que, de bonnes institutions devraient interdire la formation de riches C'est-à-dire que,
  • 31:27 - 31:33
    les riches, sont une maladie. Donc il faut... empêcher, la formation de... Mais, moi-même,
  • 31:33 - 31:36
    je deviendrais très dangereux si je devenais riche. Tout le monde ! On est tous...
  • 31:36 - 31:43
    je dis pas... que les riches d'aujourd'hui sont... des affreux, je dis que leur richesse
  • 31:43 - 31:48
    les rend dangereux pour nous. Et que donc... les pauvres d'aujourd'hui
  • 31:48 - 31:50
    - comprenez-moi, c'que je veux dire, hein, je suis pas raciste -
  • 31:50 - 31:53
    c'est-à-dire que ceux... qui sont pauvres aujourd'hui deviendraient riches deviendraient dangereux...
  • 31:53 - 31:56
    L : Etienne, quand vous dites riches, vous entendez ultra riches, hein...
  • 31:56 - 31:59
    E.C : ... Il faut surtout de bonnes institutions qui nous protègent contre les riches du moment.
  • 31:59 - 32:03
    E.C : Qui interdisent... revenu maximum, et un propriété maximum.
  • 32:03 - 32:07
    L : Et je précise bien, Etienne, quand vous dites riches, vous entendez utlra riches, c'est-à-dire
  • 32:07 - 32:12
    le 1 % qui possède la majorité des biens... dans tous les pays du monde... quasiment...
  • 32:12 - 32:13
    E.C : Evidemment...
  • 32:13 - 32:16
    L : On va acceuillir Nabil qui attend depuis un moment, hors antenne. Bonjour Nabil...
  • 32:16 - 32:18
    N : Bonjour... Monsieur Chouard...
  • 32:18 - 32:21
    E.C : Ouais ! Bonjour Nabil.
  • 32:21 - 32:24
    N : Alors, vous m'excuserez, j'ai préparé mon intervention pour être le plus concis possible...
  • 32:24 - 32:25
    E.C : Oui
  • 32:25 - 32:28
    N : Je vous remercie tout d'abord pour votre travail et pour votre persévérance,
  • 32:28 - 32:32
    car il faut beaucoup de courage pour garder votre esprit de pédagogue... Que Dieu vous garde...
  • 32:32 - 32:37
    Hier, je regardais justement Envoyé Spécial, en pensant vous voir à la télé, car le sujet était :
  • 32:37 - 32:42
    les lanceurs d'alerte. Pour ceux qui n'ont pas vu ce reportage, les lanceurs d'alerte
  • 32:42 - 32:45
    sont des hommes et des femmes qui prennent un jour le risque de sacrifier leur carrière,
  • 32:45 - 32:50
    leur confort, leur vie privée pour dénoncer ce qui leur semble injuste.
  • 32:50 - 32:53
    Malheureusement le pouvoir médiatique n'a pas pris, lui, le risque
  • 32:53 - 32:57
    de vous faire passer dans ce reportage. C'est bien dommage.
  • 32:57 - 32:58
    E.C : Je suis pas le seul, hein...
  • 32:58 - 33:04
    N : Ouais. Oui, bien sûr, tout à fait. George Orwell disait : « Dans les temps de tromperie universelle,
  • 33:04 - 33:08
    dire la vérité devient un acte révolutionnaire », et je pense que,
  • 33:08 - 33:11
    tout comme Henri Guillemin a été un lanceur d'alerte de l'histoire,
  • 33:11 - 33:17
    ou Alain Soral un lanceur d'alerte sur le conflit de civilisation, vous êtes vous un lanceur d'alerte
  • 33:17 - 33:21
    de ce système de gouvernement représentatif. Les cinq années qui vont venir
  • 33:21 - 33:25
    vont être une opportunité pour les gens comme vous, qui ont une autre conception
  • 33:25 - 33:28
    de la démocratie. Alors ma première question, c'est :
  • 33:28 - 33:31
    comment comptez-vous faire fructifier vos idées, dans les cinq années qui viennent ?
  • 33:31 - 33:36
    Et pour finir, Paul Valéry, un auteur français disait : « La politique est un mécanisme
  • 33:36 - 33:40
    qui sert à empêcher les gens de prendre part à ce qui les concerne directement ».
  • 33:40 - 33:45
    Ma question, certes un peu complexe, mais je vous ai beaucoup écouté,
  • 33:45 - 33:51
    et la question qui me reste, est : comment vous, Monsieur Chouard, vous imaginez concrêtement,
  • 33:51 - 33:55
    le passage de cet état de gouvernement représentatif, à cette idée de démocratie
  • 33:55 - 33:58
    de type athénienne, voilà... Merci.
  • 33:58 - 34:01
    L : Merci Nabil. Réponse d'Etienne Chouard...
  • 34:01 - 34:08
    E.C :... Je note, hein... Alors comment je compte faire... J'en parle, j'en parle...
  • 34:08 - 34:09
    L : Oui, comment faire fructifier les idées pendant cinq ans ?
  • 34:09 - 34:14
    E.C : Toutes les tribunes qui s'offrent, j'en profite pour semer des graines. Et je pense que nous devrions
  • 34:14 - 34:17
    tous faire ça, voilà. Individuellement, on devrait tous faire la même chose, comme
  • 34:17 - 34:23
    on peut, quoi. Semer des graines pour... Vous avez compris, je répète, il me semble que,
  • 34:23 - 34:28
    nous n'avons pour nous que notre nombre. Faibles, ils ont pris tous les pouvoirs, pouvoir économique...
  • 34:28 - 34:35
    financier, culturel... ils ont tout pris, tout ce qui compte ils l'ont pris. Ils sont pas nombreux.
  • 34:35 - 34:42
    Nous on est peu nombreux... Notre nombre est notre faiblesse.
  • 34:42 - 34:45
    Y'a un très bon papier de Simone Veil que j'ai publié sur mon blog,
  • 34:45 - 34:49
    qui fait la démonstration de cette extraodinaire faiblesse, qui vient de notre nombre,
  • 34:49 - 34:57
    et de leur extraordinaire force qui vient de leur petit nombre... Il me semble que nous ne sommes faibles,
  • 34:57 - 35:02
    que nous sommes nombreux, que parce que nous avons des idées différentes.
  • 35:02 - 35:07
    Alors, je suggère que au milieu de toutes ces idées différentes - on peut évidemment garder,
  • 35:07 - 35:10
    on va évidemment garder nos idées différentes - mais, au milieu de ces idées différentes,
  • 35:10 - 35:16
    nous apprenions, et, en en parlant entre nous sans compter sur les élus pour le faire... ou les élus,
  • 35:16 - 35:22
    ou les médias, ou... tous ces voleurs de pouvoir. Je suggère que entre nous, à la base,
  • 35:22 - 35:30
    nous nous convainquions mutuellement, de l'importance de cette pièce centrale et commune
  • 35:30 - 35:34
    dans notre puzzle intellectuel qui serait : c'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.
  • 35:34 - 35:38
    Nous voulons une assemblée constituante sans professionnels de la politique.
  • 35:38 - 35:43
    Nous voulons une assemblée constituante et un conseil constitutionnel, sans professionnels
  • 35:43 - 35:54
    de la politique. Donc, probablement tirés au sort. Si nous arrivons à faire de cette, idée,
  • 35:54 - 35:57
    je trouve, géniale... - enfin je me donnerais pas tant de mal si je trouvais
  • 35:57 - 36:02
    que c'était pas une bonne idée -, si nous n'arrivons pas à...
  • 36:02 - 36:08
    Si nous arrivons à en faire une idée qui est très très largement répandue...
  • 36:08 - 36:13
    je crois que ça pourra changer. Alors après ça, concrètement comment ça va se passer...
  • 36:13 - 36:21
    Mais c'est pas important... Enfin il me semble que c'est pas important, c'est-à-dire que,
  • 36:21 - 36:30
    si les tunisiens avaient fait ce que je suggère, avant de se révolter, ils n'auraient pas élu
  • 36:30 - 36:33
    leur assemblée constituante parmi les partis politiques, ils l'auraient tirée au sort
  • 36:33 - 36:37
    parmi des gens normaux entre eux, et, à mon avis, ils auraient
  • 36:37 - 36:40
    pour la première fois dans l'histoire des hommes, institué une vraie démocratie.
  • 36:40 - 36:45
    Alors peut être... peut être que j'exagère quand je dis la première fois dans l'histoire des hommes,
  • 36:45 - 36:51
    parce qu'il y a quelques cités qui... qui ressemblent vraiment diablement à des démocraties ;
  • 36:51 - 36:56
    bon y'a Athènes, y'a aussi les iroquois ou les amérindiens, donc la fédération des...
  • 36:56 - 37:00
    des tribus indiennes, les indiens d'Amérique. Là il faut que je travaille là-dessus,
  • 37:00 - 37:03
    ça a l'air vraiment très intéressant de savoir comment c'était organisé ce truc-là...
  • 37:03 - 37:07
    y'a des... des exemples de démocraties qui ont existé, mais en gros,
  • 37:07 - 37:15
    si les tunisiens avaient... avaient réfléchi à la cause de leurs impuissances politiques passées,
  • 37:15 - 37:21
    ils auraient pas élu une assemblée constituante... Et donc voilà, je suggère
  • 37:21 - 37:25
    que nous ne nous révoltions pas trop vite. Parce que ça sert à rien si c'est pour désigner
  • 37:25 - 37:30
    à nouveau des maîtres... c'est pas la peine de se donner tant de mal... par contre,
  • 37:30 - 37:35
    on devrait consacrer toute notre énergie, mais... ça va durer un an, quoi, si on s'en occupe tous et que
  • 37:35 - 37:43
    on arrive tous à convaincre 2, 3, 4, 10 personnes... c'est exponentiel, il faut pas un an
  • 37:43 - 37:51
    pour être des milliards, hein... ça va très vite. Donc voilà, concrètement, je sais pas quel va être le...
  • 37:51 - 37:59
    le détonateur de... de l'insurrection. Mais, à mon avis, c'est pas ça qui est important... Ça viendra comme...
  • 37:59 - 38:06
    comme l'eau qui chauffre finit par bouillir... ça pètera, mais on l'aura, pour une fois, on aura...
  • 38:06 - 38:11
    on sera sortis de l'inconscience dans laquelle nous sommes depuis des milliers d'années,
  • 38:11 - 38:18
    et on aura identifié... une cause, une cause déterminante, au lieu de s'en prendre aux effets,
  • 38:18 - 38:28
    sottement, comme on fait depuis toujours, là... On s'en prendra à... à une cause, et mieux que ça,
  • 38:28 - 38:33
    à une cause importante, une cause centrale... Ce que Hippocrate appelait « la cause des causes».
  • 38:33 - 38:38
    N : Et, Monsieur Chouard, dans les cinq années qui viennent, qui vont être très très difficiles,
  • 38:38 - 38:42
    hein, on le sait tous, est-ce que vous avez réfléchi, justement à... je sais pas...
  • 38:42 - 38:47
    à des idées qui pourraient faire, justement, fructifier de manière exponentielle votre idée...
  • 38:47 - 38:53
    à des projets concrets qui puissent fédérer beaucoup de monde, enfin,
  • 38:53 - 38:55
    vous voyez ce que je veux dire ? Puisque... si vous voulez, les cinq années
  • 38:55 - 38:59
    qui vont venir qui vont être très difficiles, vont amener les gens qui ne sont pas encore...
  • 38:59 - 39:04
    qui n'ont pas encore découvert vos idées... qui sont encore dans le système UMPS, vont amener
  • 39:04 - 39:09
    ces gens-là, justement à réfléchir à autre chose... Enfin je pense que... que le PS va passer,
  • 39:09 - 39:18
    donc ça va amener les gens, après avoir perdu l'espoir en... l'UMP... bientôt à perdre l'espoir au PS,
  • 39:18 - 39:23
    et donc peut être maintenant, justement est-ce que ces gens-là vont pas être mûrs pour arriver à vos idées ?
  • 39:23 - 39:28
    Alors comment concrètement... est-ce que vous avez des projets qui puissent démultiplier votre...
  • 39:28 - 39:34
    votre parole, en fait... enfin, votre idée... Dans ce moment propice qui sont les cinq ans
  • 39:34 - 39:41
    qui vont être très difficiles... c'est dans ces moments-là qu'il est important justement de...
  • 39:41 - 39:43
    d'être encore plus actif, en fait...
  • 39:43 - 39:47
    E.C : Oh mais plus actif que ce que je fais, c'est pas possible. Là je suis complètement débordé...
  • 39:47 - 39:50
    N : Non, non, mais pas vous... est-ce que justement, vous réfléchissez pas à...
  • 39:50 - 39:55
    à des projets... à organiser, enfin, vous voyez ce que je veux dire ?
  • 39:55 - 39:58
    E.C : Ah non mais là, j'ai besoin de vous moi hein... j'veux dire, il faut que les...
  • 39:58 - 40:02
    il faut que les... il faut que tout le monde y soit, hein... Faut pas compter sur un bonhomme, hein...
  • 40:02 - 40:07
    Moi y vont... y vont me traiter de fachiste... de salopards, ils vont me discréditer, si tout repose
  • 40:07 - 40:10
    sur moi... tout est par terre. On s'en fout de moi...
  • 40:10 - 40:13
    N : ... Comment faire en sorte que tout ne repose pas sur vous, en fait ? Qu'on puisse...
  • 40:13 - 40:17
    E.C : Et ben, faut vous emparer des idées, les défendre comme moi... qu'on soit... qu'on soit...
  • 40:17 - 40:22
    comme des clones, comme des globules blancs... qui aient la même tâche de se débarrasser
  • 40:22 - 40:26
    de l'oligarchie en défendant enfin le tirage au sort au lieu de défendre l'élection.
  • 40:26 - 40:32
    N : Quand vous disiez leur puissance c'est leur faible nombre et notre faiblesse c'est notre grand nombre,
  • 40:32 - 40:37
    ben je me demande en fait, si la clef, c'est pas ça justement, c'est qu'on n'arrive pas à résoudre
  • 40:37 - 40:46
    le fait de pouvoir être puissants, tout en étant un grand nombre... j'ai du mal à exprimer
  • 40:46 - 40:51
    cette chose-là, mais, est-ce que... finalement notre grande faiblesse, c'est pas justement
  • 40:51 - 41:02
    de ne pas pouvoir exprimer l'idée que... vous vous dites... de manière... organisée, en fait.
  • 41:02 - 41:08
    E.C : Alors, organisée, est-ce qu'il faudrait qu'il y ait un parti, un mouvement, et... qu'on participe
  • 41:08 - 41:12
    aux élections, bien sûr, y'a plein de gens qui réclament ça. Mais... à mon avis,
  • 41:12 - 41:19
    ce serait un point de faiblesse, ça. Si on fait... on peut le faire, hein... chacun aura... c'est vous qui décidez
  • 41:19 - 41:26
    de ce que vous faites, hein, c'est pas moi, mais... Un parti, si y'a un parti qui incarne cette idée,
  • 41:26 - 41:34
    si y'a un homme, ou un groupe d'hommes qui incarne cette idée, il suffira de les salir, il suffira de les calomnier,
  • 41:34 - 41:40
    il suffira de les compromettre, pour saloper l'idée, et nous en priver.
  • 41:40 - 41:47
    Je... je pense que c'est assez important que le truc reste bordélique, diffus, pas structuré,
  • 41:47 - 41:53
    mais avec une colonne vertébrale qui est la force et la simplicité de l'idée, et que nous nous passons
  • 41:53 - 41:58
    de façon désorganisée volontairement pour que personne puisse nous la voler.
  • 41:58 - 42:01
    J'sais pas si vous comprenez ce que je veux dire ?... Et au début, on a l'impresson
  • 42:01 - 42:04
    que ça va lentement, mais c'est toujours comme ça un truc exponentiel, au début,
  • 42:04 - 42:08
    ça va toujours lentement. Et à la fin, ça va, extaordinairement vite.
  • 42:08 - 42:11
    Mais au début ça va toujours lentement, hein, c'est à peine visible.
  • 42:11 - 42:15
    Mais, moi je vous dis je sens des... Enfin j'ai l'impression, mais bon,
  • 42:15 - 42:18
    c'est peut être trompeur, hein, on verra bien si c'était vrai ou pas...
  • 42:18 - 42:20
    mais j'ai l'impression que ça se répand à toute vitesse en ce moment...
  • 42:20 - 42:26
    N : Ben moi j'ai plutôt l'impression qu'on est plutôt dans un... une époque charnière
  • 42:26 - 42:31
    et qu'il y a justement urgence, parce que... j'ai même l'impression que dans cinq ans,
  • 42:31 - 42:36
    l'élection ne sera pas organisée de la même manière qu'on a pu la voir depuis des décennies...
  • 42:36 - 42:40
    E.C :... Vous avez peut être raison, je sais pas... je sais pas du tout. Moi je fais ce que je peux,
  • 42:40 - 42:45
    et à mon avis faut pas tirer sur l'herbe pour qu'elle pousse plus vite, si on fait ça on l'arrache
  • 42:45 - 42:51
    et elle meurt, donc il faut la laisser pousser à sa vitesse, et puis et puis et puis, en semer plus,
  • 42:51 - 42:55
    en semer, s'en occuper, arroser, revenir à la charge, vous avez convaincu quelqu'un mais
  • 42:55 - 42:58
    revenez le voir pour remettre un petit peu d'engrais, remettre un peu d'eau, gratter la terre
  • 42:58 - 43:04
    autour du pied... Y'a un travail d'horticulture. Moi pour me... pour arriver à me faire réfléchir
  • 43:04 - 43:09
    au tirage au sort, le gars qui m'a convaincu, il s'y est pris à trois fois. J'étais tellement occupé,
  • 43:09 - 43:14
    que j'avais pas lu son texte... et s'il l'avait fait qu'une fois, vous voyez il sème juste la graine
  • 43:14 - 43:19
    et il passe à autre chose... la graine, voilà, elle aurait pas germé... enfin, on peut pas savoir
  • 43:19 - 43:22
    ce qui se serait passé, mais... ce serait peut être venu par d'autres...
  • 43:22 - 43:29
    Mais en tous cas, la graine qu'il a planté en me donnant son bouquin, là... il a...
  • 43:29 - 43:33
    il s'en est occupé, il est revenu quinze jours après et puis j'étais débordé,
  • 43:33 - 43:36
    je m'en suis toujours pas occupé, il est revenu... trois semaines après,
  • 43:36 - 43:43
    j'étais tout gêné de pas avoir... fait ce que j'avais dit que je ferais, et puis finalement j'ai lu son bouquin,
  • 43:43 - 43:47
    et alors là, bah,bah,bah,bah... alors là, la germination a commencé, et là j'ai commencé à lire.
  • 43:47 - 43:51
    Mais vous voyez, c'est un travail, on devrait tous faire ça, c'est-à-dire que quand vous avez essayé
  • 43:51 - 43:56
    de convaincre les autres, que l'essentiel est pas là, où ils croyaient... et que finalement
  • 43:56 - 44:02
    y'a rien à attendre de l'élection, qui est un piège à cons, et en fait, le tirage au sort
  • 44:02 - 44:07
    qu'on se garde bien de nous apprendre à l'école, parce que ça foutrait toute la république par terre ;
  • 44:07 - 44:13
    la fausse république des riches, là, ça foutrait tout par terre, et ça permettrait aux pauvres
  • 44:13 - 44:18
    de changer l'ordre social. Ce tirage au sort qui a si bien permis aux pauvres
  • 44:18 - 44:23
    de gouverner pendant 200 ans, y'a 2 500 ans... nous devrions nous le réapproprier...
  • 44:23 - 44:27
    Quand vous allez en parler aux gens, vous allez voir, ça marche pas tout de suite, ils sont rétifs...
  • 44:27 - 44:30
    même quand ils disent que c'est intéressant, ils l'oublient, une semaine après
  • 44:30 - 44:33
    il en reste quasiment plus rien Faut revenir passer une deuxième couche,
  • 44:33 - 44:39
    puis une troisième couche, il faut... faut être patient comme un... comme un botaniste, s'occuper
  • 44:39 - 44:46
    de ses petites pousses, les protéger, pas mettre trop d'engrais sinon... on les tue, on les brûle,
  • 44:46 - 44:51
    les plantes... Si vous insitez trop vous allez les dégoûter, vous allez devenir leur ennemi, donc,
  • 44:51 - 44:57
    faut... faut choisir la dose, faut faire ça... astucieusement. Mais si on fait tous ça dans notre coin,
  • 44:57 - 45:02
    du mieux qu'on peut, à notre manière, et opiniâtrement, courageusement,
  • 45:02 - 45:06
    comme un colibri, quoi, hein, elle est bien l'image du colibri. J'trouve que là, on a quelque chose
  • 45:06 - 45:13
    de plus fort que la simple goutte d'eau. Je crois qu'on a... on serait un colibri qui aurait...
  • 45:13 - 45:18
    un turbo, qui permet de trimbaler, pas seulement une goutte d'eau
  • 45:18 - 45:23
    à chaque voyage, mais... un canadaire
  • 45:23 - 45:26
    L : Alors, Etienne, Nabil a été coupé par la technique parce qu'il arrivait à la fin
  • 45:26 - 45:31
    de son temps d'antenne. On le remercie, quand même pour ses questions. Il y a eu énormément d'appels
  • 45:31 - 45:33
    pendant cette émission, malheureusement, enfin... ou heureusement,
  • 45:33 - 45:38
    je ne sais pas, il faut, prendre le temps, avec chaque auditeur d'aller au fond de ses questions...
  • 45:38 - 45:39
    E.C : ... trop long, hein, dans mes...
  • 45:39 - 45:42
    L :... et répondre... Non mais c'est pas le problème... Alors j'ai pas envie de vous prendre au dépourvu
  • 45:42 - 45:46
    en vous proposant ça, à l'antenne, mais est-ce que... vous auriez quelque chose contre l'idée
  • 45:46 - 45:49
    qu'on refasse cette émission, un peu plus longuement, en prenant... 3 heures / 3 heures 30...
  • 45:49 - 45:53
    dans les semaines à venir pour pouvoir répondre plus en détail
  • 45:53 - 45:55
    à toutes les questions d'auditeurs qui sont extrêmement nombreuses.
  • 45:55 - 45:59
    E.C : Oui, oui, y'a pas de problème, évidemment, oui, oui, bien sûr... On peut tenir tout l'après-midi,
  • 45:59 - 46:02
    on peut tenir l'après-midi, la soirée, moi je peux tenir 24 heures, hein...
  • 46:02 - 46:06
    L : On prendra sans doute un mardi ou un jeudi pour avoir 3 heures 30, face à nous,
  • 46:06 - 46:09
    et on prendra les auditeurs très tôt dans l'après-midi pour avoir le plus de questions
  • 46:09 - 46:13
    et le plus de réponses possibles, parce que je vois bien qu'il y a un véritable engouement et
  • 46:13 - 46:15
    qu'il y a énormément de questions. Donc, voilà,
  • 46:15 - 46:19
    et plein d'auditeurs sont déçus de ne pas avoir pu poser leurs questions, notamment un
  • 46:19 - 46:22
    qui me disait hors antenne qu'il aimerait... Il nous reste dix minutes et peut être
  • 46:22 - 46:26
    qu'on pourrait conclure cette émission là-dessus : ... comprendre, concrètement,
  • 46:26 - 46:31
    le tirage au sort, comment ça marche, quelle forme auraient ces institutions, voilà.
  • 46:31 - 46:34
    Vous avez dix minutes pour conclure l'émission là-dessus...
  • 46:34 - 46:35
    E.C : (rire)
  • 46:35 - 46:36
    L : Bon, c'est un peu court, je sais, mais...
  • 46:36 - 46:38
    E.C : D'habitude vous avez dix heures mais là vous aurez dix minutes, Chouard,
  • 46:38 - 46:44
    débrouillez-vous... (rire)... C'est marrant... Je vais probablement pas arriver
  • 46:44 - 46:48
    à résumer tout ce qui compte en dix minutes, mais bon, on peut essayer...
  • 46:48 - 46:49
    L : J'en suis sûr...
  • 46:49 - 46:55
    E.C : Je voudrais juste vous signaler que on vient de démarrer un truc sur internet... qui s'appelle Opinews,
  • 46:55 - 47:01
    où je vais être tous les mardis... normalement tous les mardis soir de 9 à 10 pendant 1 heure.
  • 47:01 - 47:08
    D'ailleurs on pourrait faire un truc équivalent sur... avec vous, hein.... Ben ça permet
  • 47:08 - 47:12
    de se retrouver régulièrement, et de... sans être tenaillés par le temps C'est-à-dire
  • 47:12 - 47:19
    qu'on prend des petits sujets, morceaux de sujets qu'on... avec des bouquins
  • 47:19 - 47:24
    que je suis en train de découvrir au fur et à mesure. Enfin bon, voilà, OPINEWS.
  • 47:24 - 47:31
    C'est un... outil de... c'est un peu comme une radio internet...
  • 47:31 - 47:35
    Je sais pas comment on peut appeler ça, mais c'est.. quelque chose où...
  • 47:35 - 47:38
    je pourrai encore répondre à vos questions si vous voulez.
  • 47:38 - 47:45
    Alors sur le tirage au sort, comment ça marche. Ben, alors - dix minutes -...
  • 47:45 - 47:55
    L'idée... l'idée géniale à Athènes... et qui pourrait très bien marcher aujourd'hui je trouve,
  • 47:55 - 48:07
    c'est que, pour être sûrs d'exercer nous-mêmes le pouvoir, commune par commune ; ...
  • 48:07 - 48:12
    chaque commune a à peu près la taille de la cité Athénienne, donc quelques dizaines de milliers de personnes,
  • 48:12 - 48:17
    ça va bien. Et on se réunit dans une assemblée qui fait 10 000 personnes ; parce que bien sûr
  • 48:17 - 48:21
    tout le monde ne vient pas... c'est vieux comme la Terre, tout le monde n'a pas envie
  • 48:21 - 48:27
    de faire de politique. Mais ceux qui veulent viennent, quelque soit leur parti, quelque soient leurs idées.
  • 48:27 - 48:31
    Il n'y aurait plus de partis puisque nous voterions nous-mêmes les lois. Nous n'aurions plus besoin
  • 48:31 - 48:34
    de partis pour gagner les élections, y'aurait plus d'élections. Bon y'aurait des élections
  • 48:34 - 48:37
    pour des sujets sur lesquels on a besoin de la compétence, et puis c'est tout.
  • 48:37 - 48:44
    Mais pour voter nos lois, nous n'avons... les athéniens avaient pris le parti que... avaient fait le pari,
  • 48:44 - 48:51
    avaient postulé que... ils étaient tous à égalité politique pour voter leurs lois. Et qu'il n'y avait pas
  • 48:51 - 48:55
    d'experts ou de spécialistes pour ce qui concerne la politique. Et donc pour être sûrs - écoutez bien,
  • 48:55 - 49:00
    parce que c'est ça le fondement du tirage au sort -. Pour être sûrs d'exercer eux-mêmes
  • 49:00 - 49:07
    le pouvoir polititque. Pour être sûrs de pouvoir durablement se réunir à l'assemblée,
  • 49:07 - 49:13
    eux-mêmes, pour voter eux-mêmes les lois, ils ont mis en place un système dans lequel
  • 49:13 - 49:17
    les représentants ne peuvent pas devenir des maîtres ; parce que c'est jamais les mêmes.
  • 49:17 - 49:24
    Ils savaient bien les athéniens que le pouvoir corrompt, comme une drogue, délicieuse, et...
  • 49:24 - 49:30
    crée une addiction au pouvoir ; les gens qui exercent le pouvoir en veulent encore. Alors que,
  • 49:30 - 49:38
    les athéniens voulant se prémunir contre la tyrannie, ont organisé une rotation des charges :
  • 49:38 - 49:44
    des mandats courts et non renouvelables, en imposant que les représentants de l'assemblée...
  • 49:44 - 49:47
    Mais il faut comprendre que les représentants c'est pas ceux qui votent les lois.
  • 49:47 - 49:49
    Du tout ! C'est pour que ce soit l'assemblée
  • 49:49 - 49:57
    qui continue à voter les lois, les représentants ont été tirés au sort... Donc affaiblis par le tirage au sort.
  • 49:57 - 50:02
    Vous comprenez ça : le tirage au sort sert à nous protéger, nous ! Le tirage au sort sert
  • 50:02 - 50:08
    à affaiblir les tirés au sort. Donc les tirés au sort, étaient tirés au sort pour des mandats courts,
  • 50:08 - 50:12
    un an maximum, six mois, souvent... des mandats courts en non renouvelables.
  • 50:12 - 50:16
    Enfin jamais deux fois de suite en tous cas... Ou il manquait...
  • 50:16 - 50:19
    il manquait de candidats au tirage au sort, ils étaient obligés de faire des entorses,
  • 50:19 - 50:22
    mais on s'en fout, enfin bon, on verra après, c'est des détails, ça...
  • 50:22 - 50:29
    Le principe était la rotation des charges, et donc le principe était l'amateurisme politique.
  • 50:29 - 50:35
    Amateurisme politique, non pas de ceux qui votent les lois, j'insiste. L'amateurisme des représentants
  • 50:35 - 50:42
    qui ne sont pas ceux qui votent les lois. Les représentants dans une démocratie font tout le reste.
  • 50:42 - 50:48
    Mais pas le vote des lois. Les représentants dans une démocratie sont les... le conseil des 500
  • 50:48 - 50:52
    par exemple, qui était celui qui préparait les lois. Parce qu'on prépare pas les lois à l'assemblée,
  • 50:52 - 50:56
    on est 6 000 à l'assemblée, on peut pas discuter. À 6 000 on discute pas.
  • 50:56 - 51:02
    Ce serait le désordre, le brouhaha. Donc on discute pas. On discute sur l'Agora, place populaire...
  • 51:02 - 51:10
    Dans les tribus... dans les différentes familles... on fait de la politique tout le temps, parce qu'on sait
  • 51:10 - 51:13
    que demain on va aller voter, ou on sait que la semaine prochaine on va aller voter la loi.
  • 51:13 - 51:19
    Donc on discute en dehors, bien sûr, beaucoup ; plus que les humains n'ont jamais discuté, à Athènes.
  • 51:19 - 51:25
    Et, les représentants préparent la loi mais ils vont pas la voter. Ils la préparent, ils sont tirés au sort
  • 51:25 - 51:30
    pour préparer, et ils sont surveillés. Alors ils sont pas que tirés au sort, ils sont aussi surveillés,
  • 51:30 - 51:33
    comme le lait sur le feu. Donc il y avait... ceux qui préparaient les lois, y'avait ceux qui...
  • 51:33 - 51:39
    qui appliquaient les lois ; les juges étaient tirés au sort. Parce que c'est pas l'assemblée qui pouvait
  • 51:39 - 51:41
    appliquer ses propres lois, donc elle avait besoin de représentants, mais des représentants
  • 51:41 - 51:45
    qui restent des serviteurs. Et le tirage au sort servait à garantir que les représentants
  • 51:45 - 51:51
    ne deviennent pas des maîtres. Super important ça. Le tirage au sort nous protégerait !
  • 51:51 - 51:57
    On n'a rien à craindre du tirage au sort. C'est une mesure protectrice contre les voleurs de pouvoir.
  • 51:57 - 52:07
    Et le... les représentants tirés au sort devaient rendre des comptes. À la fin de leur mandat,
  • 52:07 - 52:13
    il y avait une reddition des comptes devant un jury de citoyens qui était un jury de 200 personnes
  • 52:13 - 52:18
    tirées au sort. Il faut se rendre compte que, chaque tiré au sort, rendait des comptes de ce
  • 52:18 - 52:25
    qu'il avait fait pendant son mandat devant un jury tiré au sort de 200 personnes. Ils s'en occupaient
  • 52:25 - 52:31
    de leur démocratie, hein. Et... ça rigolait pas, il y avait des sanctions. Des sanctions, des récompenses,
  • 52:31 - 52:42
    hein, on... On tressait des lauriers, on construisait des arcs de triomphe... des portiques... en l'honneur
  • 52:42 - 52:46
    des citoyens qui avaient été vertueux, qui avaient bien défendu l'intérêt général. On se servait
  • 52:46 - 52:50
    de l'honneur, et de la gloire, et du regard des autres qui était important,
  • 52:50 - 52:56
    et qui l'est d'ailleurs encore aujourd'hui, qui devrait l'être plus dans les institutions. On se servait
  • 52:56 - 53:02
    du regard des autres pour récompenser ou pour punir ceux qui, au moment de la reddition des comptes...
  • 53:02 - 53:10
    espéraient avoir été valeureux ou... défaillants. Et... donc il y avait des redditions des comptes, y'avait
  • 53:10 - 53:16
    de la révocabilité à tout moment, y'avait la... Y'avait des tas de contrôles des tirés au sort...
  • 53:16 - 53:21
    Non seulement les tirés au sort n'avaient pas beaucoup de pouvoir, mais en plus ils étaient contrôlés
  • 53:21 - 53:28
    comme le lait sur le feu. Tout ça pourquoi ? Pour que le peuple, lui-même, vote ses lois.
  • 53:28 - 53:33
    Il faut comprendre que... le tirage au sort n'a rien à voir avec notre régime actuel. Une démocratie,
  • 53:33 - 53:39
    ça n'a rien à voir avec notre régime actuel. Voilà. Alors, comment est-ce qu'on pourrait s'inspirer
  • 53:39 - 53:43
    de ce truc... Alors, là je vous parle du tirage au sort, dans le cadre d'institution
  • 53:43 - 53:48
    réellement démocratique. Et, il y un autre tirage au sort, il faut pas mélanger les deux discussions
  • 53:48 - 53:53
    parce que c'est différent. Et faites attention, parce que c'est vraiment des sujets qui ont tendance
  • 53:53 - 53:59
    à se mélanger, et à semer la confusion parce qu'on parle pas du tout de la même chose.
  • 53:59 - 54:05
    Il y a une autre application du tirage au sort, qui ne préjuge pas du régime dans lequel on va être :
  • 54:05 - 54:09
    gouvernement représentatif ou démocratie, c'est le tirage au sort de l'assemblée constituante
  • 54:09 - 54:15
    que je préconise. Et je suis open là-dessus, hein... Sur mon site, sur le blog, il y a quelqu'un...
  • 54:15 - 54:21
    absolument passionnant, qui s'appelle « Citoyen », avec une drôle d'ortographe, absolument passionnant
  • 54:21 - 54:26
    et qui m'enfonce des banderilles dans les flancs en me disant : « Tu déconnes Etienne avec
  • 54:26 - 54:29
    le tirage au sort de l'assemblée constituante, on n'en a pas besoin, il nous faut une assemblée...
  • 54:29 - 54:37
    il nous faut un peuple constituant, qui dans chaque commune, écrive ce qu'il veut comme Constitution. »
  • 54:37 - 54:42
    Il dit : « On peut pas être réprésentés, même par des tirés au sort », me dit Citoyen. Et, je peux l'entendre,
  • 54:42 - 54:48
    hein, je trouve ça stimulant pour la pensée, je... je suis pas sûr... Enfin, si vous voulez,
  • 54:48 - 54:53
    j'ai pas de certitudes, ni sur le tirage au sort de l'assemblée constituante, ni sur le fait
  • 54:53 - 54:58
    que l'assemblée... que le peuple entier pourrait écrire la Constitution. Tout ça me paraît intéressant
  • 54:58 - 55:05
    à débattre, mais, ce qui est très très très important, le plus important de ce que j'ai à dire, je crois,
  • 55:05 - 55:09
    dans tout... tout ce qui ressort de tout mon travail : c'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire
  • 55:09 - 55:13
    les règles du pouvoir. Donc l'assemblée constituante doit être désintéressée Donc il doit plus y avoir
  • 55:13 - 55:18
    de conflit d'intérêt dans l'assemblée constituante. Donc il faut pas que ce soient des professionnels
  • 55:18 - 55:24
    de la politique qui participent à l'assemblée constituante. Nous devrions, nous,
  • 55:24 - 55:31
    ceux qui renonçons au pouvoir, et... faut comprendre, les gens normaux, quoi... Nous devrions imposer
  • 55:31 - 55:38
    que l'assemblée constituante ne comporte aucun professionnel de la politique. Nous devrions interdire,
  • 55:38 - 55:43
    nous, nous qui ne voulons pas faire de politique... qui voulons faire de la politique au sens noble,
  • 55:43 - 55:50
    et désintéressés et sans vouloir gouverner à la place des autres. Mais nous devrions interdire aux professionnels
  • 55:50 - 55:53
    de la politique de foutre les pieds dans une assemblée constituante. Alors...
  • 55:53 - 55:55
    L : Oui, ce sera le mot de la fin...
  • 55:55 - 55:59
    EC : ... une solution ça peut être de tirer au sort l'assemblée constituante, une autre, ça peut être
  • 55:59 - 56:02
    de dire, ben, l'assemblée consitutante, ce sera tout le monde, comme dit Citoyen. Mais dans les deux cas,
  • 56:02 - 56:08
    dans l'idée de Citoyen comme dans la mienne, on fait attention à ce que ceux qui écrivent
  • 56:08 - 56:10
    la Constitution ne soient pas des professionnels de la politique.
  • 56:10 - 56:14
    L : Et ce sera le mot de la fin. Je suis désolé Etienne, on est pris par le temps. On se retrouvera
  • 56:14 - 56:19
    très prochainement, dans une ou deux semaines, pour reparler de tout ça plus longuement encore,
  • 56:19 - 56:24
    avec les questions des auditeurs qui seront, je n'en doute pas, passionnantes. Merci beaucoup.
  • 56:24 - 56:30
    E.C : Vous devriez aller voir le-message.org. C'est un des virus, un d'entre vous qui a créé ce truc-là
  • 56:30 - 56:37
    qui est un espèce de... de résumé, très bien fait, très light, très... 0 % de matière grasse,
  • 56:37 - 56:42
    qui permet d'aborder mon travail de façon digeste. Y'a pas trop de trucs... Sur mon site,
  • 56:42 - 56:46
    à force il y a tellement de choses, que je crois que quand on arrive là-dessus on a peur...
  • 56:46 - 56:53
    Il y a beaucoup de choses, quoi, alors que sur le-message.org, il a réunit ce qui lui semble lui,
  • 56:53 - 56:58
    essentiel, avec cinq petites phrases très courtes, et ensuite on avance progressivement dans le...
  • 56:58 - 56:59
    la compréhension du truc...
  • 56:59 - 57:01
    L : le-message.org
  • 57:01 - 57:05
    E.C : Ouais, remarquable. Et je vous invite à faire la même chose. C'est-à-dire... Vous pouvez m'aider
  • 57:05 - 57:14
    en imaginant des moyens de... des moyens auxquels moi j'ai pas pensé... de diffuser l'idée simple et forte
  • 57:14 - 57:18
    pour qu'on soit rapidement des milliards. Partout sur Terre, faut traduire... Il y a des chantiers
  • 57:18 - 57:20
    de traductions que vous trouverez sur facebook...
  • 57:20 - 57:23
    L : Merci infiniment Etienne.
  • 57:23 - 57:27
    E.C : Merci à vous. Je prends ma force dans... votre regard.
  • 57:27 - 57:31
    L : Merci beaucoup, et on se reparlera très bientôt, évidemment, pour continuer
  • 57:31 - 57:37
    ces discussions passionnantes sur ces sujets Ô combien importants. Merci beaucoup Etienne et à très bientôt.
  • 57:37 - 57:42
    Je précise, je ferai un message sur le forum de la radio, avec toutes les références qu'on a données
  • 57:42 - 57:44
    pendant cette émission, pour que les auditeurs puissent s'y retrouver facilement.
  • 57:44 - 57:49
    Et la vidéo de notre émission sera disponible très prochainement sur notre site internet.
  • 57:49 - 57:53
    E.C : Ok, je vais publier mon... la conférence de Guillemin tout de suite...
  • 57:53 - 57:56
    L : Oui, la conférence sur Robespierre, qui est excellente. Merci beaucoup Etienne.
  • 57:56 - 57:57
    E.C : À bientôt.
  • 57:57 -
    L : Bonne journée, au revoir. Vous êtes sur radio ici et maintenant, 95.2 FM.
Titre:
RIM 2012.05.04 Etienne Chouard 2/2
Description:

Radio ici et maintenant, 4 mai 2012, Lisandru reçoit Etienne Chouard, enseignant en économie devenu célèbre en tant que blogueur pour un entretien de près de 2h, parmi les sujets abordés:<br />Histoire et contre-Histoire, Démocratie et Gouvernement Représentatif, Référendum d’Initiative Populaire, il répond aussi aux questions des auditeurs.<br />1ere partie: exposé-conférence d'Etienne Chouard<br />2nde partie: dialogue questions/reponses avec les auditeurs<br />source: http://rim951.fr/?p=1717

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