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4 façons de rendre une ville plus promenable

  • 0:01 - 0:04
    Je suis là pour vous parler
    de la ville où on peut marcher.
  • 0:04 - 0:05
    La ville où on peut marcher ?
  • 0:05 - 0:08
    Eh bien, faute d’une meilleure définition,
  • 0:08 - 0:15
    c’est une ville dans laquelle la voiture
    est un instrument optionnel de liberté,
  • 0:15 - 0:16
    et non pas un dispositif prothétique.
  • 0:17 - 0:20
    Je voudrais parler de l'importance
    de la ville où on peut marcher,
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    et de comment la créer.
  • 0:24 - 0:28
    La plupart des conférences que je fais
    expliquent pourquoi nous en avons besoin,
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    mais vous êtes intelligents.
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    Et j’ai déjà fait cette présentation
    il y a exactement un mois,
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    et vous pouvez le voir sur TED.com.
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    Aujourd’hui je veux dire
    comment s'y prendre.
  • 0:41 - 0:43
    En y réfléchissant longtemps,
  • 0:43 - 0:46
    j’ai développé la théorie
    générale de l'accessibilité piétonnière.
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    Un terme un peu prétentieux,
    un peu taquin,
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    mais j’y réfléchis depuis longtemps,
  • 0:51 - 0:55
    et je voudrais partager
    ce que je pense avoir trouvé.
  • 0:55 - 0:57
    Dans une ville américaine typique...
  • 0:57 - 1:00
    (une ville américaine typique
    n’est pas Washington, D.C.
  • 1:00 - 1:02
    ni New York, ni San Francisco,
  • 1:02 - 1:05
    c’est Grand Rapids, Cedar
    Rapids, Memphis).
  • 1:05 - 1:09
    dans la ville typique où la plupart
    des gens ont des voitures
  • 1:09 - 1:11
    et où il est tentant
    de conduire tout le temps,
  • 1:11 - 1:15
    si vous voulez les faire marcher,
    vous devez proposer une promenade
  • 1:15 - 1:17
    qui soit aussi bien qu’en voiture.
  • 1:17 - 1:18
    Comment ?
  • 1:18 - 1:20
    Il faut proposer
    4 choses en même temps :
  • 1:20 - 1:22
    il doit y avoir une bonne raison
    de marcher,
  • 1:22 - 1:25
    on doit se sentir en sécurité en marchant,
  • 1:25 - 1:27
    marcher doit être agréable,
  • 1:27 - 1:28
    et le trajet doit être intéressant.
  • 1:28 - 1:31
    On doit avoir ces 4 choses en même temps.
  • 1:31 - 1:33
    je vais donc structurer ma présentation
  • 1:33 - 1:35
    pour expliquer chaque point.
  • 1:35 - 1:38
    Le but de la marche est une histoire
    que m’ont apprise mes mentors,
  • 1:38 - 1:40
    Andrés Duany et Elizabeth Plater-Zyberk,
  • 1:40 - 1:42
    les fondateurs du mouvement
    Nouvel urbanisme.
  • 1:42 - 1:46
    J’avoue que la moitié
    de ma présentation aujourd’hui,
  • 1:46 - 1:47
    je l’ai apprise grâce à eux.
  • 1:47 - 1:49
    C’est une histoire de planification,
  • 1:49 - 1:52
    l’histoire de la formation
    de la profession d’urbaniste.
  • 1:52 - 1:57
    Quand au 19e siècle, les gens étouffaient
  • 1:57 - 2:00
    à cause la suie des usines sombres
    et sataniques,
  • 2:00 - 2:04
    les urbanistes se sont dit, déplaçons
    les logements loin des usines.
  • 2:04 - 2:07
    Et l’espérance de vie a augmenté,
    immédiatement, drastiquement,
  • 2:08 - 2:09
    et on aime bien dire
  • 2:09 - 2:12
    que les urbanistes essaient de reproduire
    leur succès depuis.
  • 2:12 - 2:15
    Ce sont les débuts du zonage euclidien,
  • 2:15 - 2:19
    la séparation du paysage
    en grandes zones à usage unique.
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    Quand j’arrive
    dans un ville pour faire un plan,
  • 2:21 - 2:25
    un plan de ce type m’attend
    sur la propriété que je regarde.
  • 2:25 - 2:27
    Un plan comme celui-là garantit
  • 2:27 - 2:29
    qu'on aura pas de ville où on peut marcher
  • 2:29 - 2:32
    parce que rien ne se trouve
    près de rien.
  • 2:32 - 2:36
    L’alternative, bien sûr, c’est notre ville
    la plus propice à la marche
  • 2:36 - 2:38
    et j’aime bien dire, ça c’est un Rothko,
  • 2:38 - 2:40
    et ça c’est un Seurat.
  • 2:40 - 2:42
    C’est une autre façon,
    c’est lui le pointilliste,
  • 2:42 - 2:44
    c’est une autre façon
    de concevoir un endroit.
  • 2:44 - 2:47
    Même ce plan de Manhattan
    est un peu trompeur
  • 2:47 - 2:51
    parce que la couleur rouge montre
    des usages mixtes à la verticale.
  • 2:51 - 2:54
    Donc ceci est la grande histoire
    des Nouveaux Urbanistes,
  • 2:54 - 2:56
    reconnaître qu’il n’y a que deux façons
  • 2:56 - 2:59
    qui ont été testées par des milliers,
  • 2:59 - 3:02
    construire des communautés
    à travers le monde et l’histoire.
  • 3:02 - 3:04
    L’une c’est le quartier traditionnel.
  • 3:04 - 3:07
    Vous voyez ici plusieurs quartiers
    de Newburyport, Massachusetts,
  • 3:07 - 3:11
    qui est définie comme étant
    compacte et diverse,
  • 3:11 - 3:15
    des lieux de vie, de travail, de commerce,
    de recréation, d’éducation…
  • 3:16 - 3:17
    le tout à distance de marche.
  • 3:17 - 3:20
    Et on le définit comme étant
    d'accessibilité piétonnière.
  • 3:20 - 3:21
    Il y a plein de petites rues.
  • 3:21 - 3:23
    Chacune agréable pour y marcher.
  • 3:23 - 3:25
    Et on oppose ça à l’autre façon,
  • 3:25 - 3:28
    une invention qui arrive
    après la Seconde Guerre mondiale,
  • 3:28 - 3:30
    l’étalement des banlieues
  • 3:30 - 3:34
    clairement ni compact, ni divers,
    sans accessibilité piétonnière,
  • 3:34 - 3:36
    parce que peu de rues sont connectées,
  • 3:36 - 3:39
    et celles qui le sont, sont surchargées,
  • 3:39 - 3:41
    on ne laisse pas les enfants s’y balader.
  • 3:41 - 3:44
    J’aimerais remercier Alex Maclean,
    photographe aérien,
  • 3:44 - 3:47
    pour ces belles photos
    que je vous présente aujourd’hui.
  • 3:47 - 3:51
    C’est amusant de décomposer
    cette prolifération.
  • 3:51 - 3:52
    C’est facile à comprendre,
  • 3:52 - 3:55
    les endroits où l’on habite,
    ceux où l’on travaille,
  • 3:56 - 3:58
    ceux où l’on fait uniquement du shopping,
  • 3:58 - 4:01
    et nos institutions publiques géantes.
  • 4:01 - 4:03
    Les écoles sont plus grandes,
  • 4:03 - 4:05
    et plus éloignées les unes des autres.
  • 4:05 - 4:09
    Et le rapport entre la taille du parking
  • 4:09 - 4:11
    et la taille de l’école
    se passe d’explication :
  • 4:11 - 4:14
    aucun enfant n’est jamais
    venu à l’école à pied,
  • 4:14 - 4:16
    aucun enfant ne viendra jamais à pied.
  • 4:16 - 4:20
    Les terminales et premières véhiculent
    les troisièmes et secondes,
  • 4:20 - 4:22
    on a les statistiques
    d’accidents pour le prouver.
  • 4:22 - 4:26
    Et puis il y a les autres établissements
    publics géants :
  • 4:26 - 4:27
    les terrains de sport.
  • 4:27 - 4:31
    C’est magnifique que le Westin
    de Fort Lauderdale
  • 4:31 - 4:34
    ait huit terrains de foot
    et huit de baseball,
  • 4:34 - 4:36
    et 20 cours de tennis,
  • 4:36 - 4:39
    mais regardez la route qui y mène :
  • 4:39 - 4:42
    laisseriez-vous
    votre enfant la faire à vélo ?
  • 4:42 - 4:44
    C'est pour ça qu'on a
    des "mamans chauffeurs".
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    Quand j'’étais petit,
    on avait un terrain de foot,
  • 4:46 - 4:48
    un de baseball et un cours de tennis,
  • 4:48 - 4:51
    je pouvais y aller à pied ;
    tout était dans mon quartier.
  • 4:51 - 4:54
    La conséquence de l’expansion
    que personne n’a comptée :
  • 4:54 - 4:57
    si on sépare tout du reste,
  • 4:57 - 4:59
    et qu'on le reconnecte uniquement
    avec l’automobile,
  • 4:59 - 5:02
    alors c’est à ça que ressemblent
    nos paysages.
  • 5:02 - 5:03
    Le message principal :
  • 5:03 - 5:05
    pour une ville
    à accessibilité piétonnière,
  • 5:05 - 5:07
    on ne peut pas commencer
    par l'expansion,
  • 5:07 - 5:09
    on a besoin du base d’un modèle urbain.
  • 5:09 - 5:13
    Voilà le résultat de ce genre
    de conception, ça aussi.
  • 5:13 - 5:16
    C’est ce que beaucoup d’Américains
    veulent.
  • 5:16 - 5:18
    Il faut comprendre que
    c’est un rêve américain en 2 parties.
  • 5:18 - 5:20
    Si c’est ça dont vous rêvez,
  • 5:20 - 5:23
    alors vous rêvez de ça aussi,
    souvent jusqu’à l’extrême absurde,
  • 5:23 - 5:26
    si on construit le paysage en priorité
    pour les voitures.
  • 5:26 - 5:28
    Vivre dans ces endroits...
  • 5:28 - 5:29
    (Rires)
  • 5:29 - 5:30
    Ceci n’est pas un trucage.
  • 5:30 - 5:32
    Walter Kulash a pris cette diapo.
  • 5:33 - 5:34
    C’est à Panama.
  • 5:34 - 5:36
    C’est un vrai endroit.
  • 5:36 - 5:39
    Être automobiliste peut être embêtant
  • 5:39 - 5:41
    et être piéton peut être embêtant
  • 5:41 - 5:43
    dans ces endroits.
  • 5:43 - 5:46
    Voilà une diapo que les épidémiologistes
    montrent depuis un certain temps.
  • 5:46 - 5:47
    (Rires)
  • 5:47 - 5:50
    Le fait qu’on prend
    la voiture jusqu’au parking
  • 5:50 - 5:53
    pour prendre l’escalator
    pour aller courir sur un tapis
  • 5:53 - 5:54
    montre que ça ne va pas.
  • 5:54 - 5:56
    Nous savons comment faire mieux
  • 5:56 - 5:58
    Voilà les deux modèles comparés.
  • 5:58 - 5:59
    Je montre cette diapo,
  • 5:59 - 6:02
    qui sert de matériel pédagogique
    pour le Nouvel Urbanisme
  • 6:02 - 6:03
    depuis presque 30 ans,
  • 6:03 - 6:06
    pour montrer que l’expansion
    et le quartier traditionnel
  • 6:06 - 6:07
    contiennent les mêmes éléments.
  • 6:07 - 6:12
    Ce n’est que la taille, leur proximité,
    comment ils s’intercalent,
  • 6:12 - 6:15
    y a-t-il un système routier
    à la place d’un cul-de-sac
  • 6:15 - 6:17
    ou un système routier d’échange ?
  • 6:17 - 6:19
    Quand on regarde un centre-ville,
  • 6:19 - 6:21
    un endroit où on peut
    potentiellement marcher,
  • 6:21 - 6:24
    et en Amérique ce sont surtout
    les centres-villes,
  • 6:24 - 6:25
    les communes et les villages,
  • 6:25 - 6:29
    on les voit et on se dit qu’on veut
    un équilibre dans les usages.
  • 6:29 - 6:31
    Alors qu’est-ce qui manque ?
  • 6:31 - 6:34
    Et une fois de plus, dans la ville
    américaine moyenne,
  • 6:34 - 6:36
    ce qui manque ce sont des logements.
  • 6:36 - 6:39
    Le rapport entre emploi
    et logement ne va pas.
  • 6:39 - 6:41
    Et quand on ramène des logements,
  • 6:41 - 6:43
    le reste revient aussi,
  • 6:43 - 6:45
    et ça commence par les logements.
  • 6:45 - 6:49
    Et bien sûr, ce qui apparaît en dernier
  • 6:49 - 6:50
    ce sont les écoles
  • 6:50 - 6:52
    parce que les gens doivent emménager
  • 6:52 - 6:57
    les jeunes pionniers doivent emménager,
    vieillir, faire des enfants
  • 6:57 - 7:00
    et se battre, et enfin il commence
    à y avoir de bonnes écoles.
  • 7:00 - 7:06
    L’autre partie de cette partie,
    de la partie utile de la ville,
  • 7:06 - 7:07
    sont les transports,
  • 7:07 - 7:11
    et on peut parfaitement avoir
    un quartier où on peut marcher sans eux.
  • 7:11 - 7:14
    Mais une ville à l'accessibilité piétonnière
    parfaite nécessite des transports
  • 7:14 - 7:17
    parce que si on n’a pas accès
    à toute la ville en tant que piéton,
  • 7:17 - 7:19
    alors on conduit,
  • 7:19 - 7:20
    et si on conduit,
  • 7:20 - 7:22
    la ville se remodèle
    autour de ces besoins,
  • 7:22 - 7:25
    et les rues s’élargissent
    et les parkings grandissent
  • 7:25 - 7:27
    et on n’a plus de ville
    où on peut marcher.
  • 7:27 - 7:28
    Les transports sont essentiels.
  • 7:28 - 7:30
    Mais chaque expérience, chaque trajet,
  • 7:31 - 7:32
    commence et se termine à pied,
  • 7:32 - 7:35
    on doit construire
    l'accessibilité piétonnière
  • 7:35 - 7:36
    autour des stations de transports.
  • 7:36 - 7:39
    La prochaine catégorie est la importante :
    la sécurité à pied.
  • 7:39 - 7:41
    C’est ce dont parlent
    la plupart des experts.
  • 7:41 - 7:45
    C’est essentiel, mais pas suffisant
    pour faire marcher les gens.
  • 7:45 - 7:48
    Il y a tellement de choses à considérer :
  • 7:48 - 7:50
    d'abord, la taille des îlots urbains.
  • 7:50 - 7:51
    Voici Portland, Oregon,
  • 7:51 - 7:55
    connue pour ses îlots de 60 m
    et pour son accessibilité piétonnière.
  • 7:55 - 7:56
    Voici Salt Lake City,
  • 7:56 - 7:58
    connue pour ses îlots de 180 m…
  • 7:58 - 8:00
    …et impraticable à pied.
  • 8:00 - 8:03
    On dirait presque des planètes distinctes,
  • 8:03 - 8:05
    mais les deux ont été construites
    par des humains
  • 8:05 - 8:09
    et en fait, quand on a une ville
    à îlots de 60 m,
  • 8:09 - 8:12
    on peut avoir une ville à 2 voies
    ou à 4 voies de circulation,
  • 8:12 - 8:16
    une ville à îlots de 80 m,
    à 6 voies, c’est un problème.
  • 8:16 - 8:17
    Voici les statistiques.
  • 8:17 - 8:19
    Quand on double la taille des îlots,
  • 8:19 - 8:21
    c'est une étude
    sur 24 villes californiennes,
  • 8:21 - 8:23
    si on double la taille des îlots,
  • 8:23 - 8:27
    on multiplie presque par quatre
    le nombre d’accidents mortels
  • 8:27 - 8:29
    sur les routes autres que l’autoroute.
  • 8:29 - 8:31
    Alors, on a combien de voies ?
  • 8:31 - 8:35
    Je vais vous dire maintenant
    ce que je dis à chaque occasion,
  • 8:35 - 8:37
    je vais vous rappeler la demande induite.
  • 8:37 - 8:42
    La demande induite s’applique aussi bien
    aux autoroutes qu’aux rues des villes.
  • 8:42 - 8:45
    La demande induite nous dit
    que quand on élargit les rues
  • 8:45 - 8:48
    pour accepter les embouteillages
    que l’on anticipe,
  • 8:48 - 8:51
    ou les trajets supplémentaires
    que l’on anticipe
  • 8:51 - 8:55
    dans un système saturé,
    c’est justement cette saturation
  • 8:55 - 8:57
    qui contraint la demande,
  • 8:57 - 8:59
    et donc arrive l’élargissement,
  • 8:59 - 9:02
    et il y a tous ces trajets latents,
    prêts à exister.
  • 9:02 - 9:03
    On s’éloigne du travail
  • 9:03 - 9:05
    et fait d’autres choix sur leur trajet
  • 9:05 - 9:08
    et les voies se remplissent très vite,
  • 9:08 - 9:10
    donc on les élargit
    et elles se remplissent,
  • 9:10 - 9:12
    on a appris que dans les systèmes saturés,
  • 9:13 - 9:15
    on ne peut pas satisfaire la voiture.
  • 9:15 - 9:18
    Ceci vient de Newsweek Magazine,
    une publication sérieuse :
  • 9:18 - 9:20
    « Les ingénieurs admettent
  • 9:20 - 9:23
    que construire de nouvelles routes
    empire les embouteillages. »
  • 9:23 - 9:27
    En lisant ça, j’ai voulu
    rencontrer ces ingénieurs,
  • 9:27 - 9:29
    parce que ce n’est pas avec eux que je…
  • 9:29 - 9:32
    il y a des exceptions
    avec qui je travaille maintenant,
  • 9:32 - 9:35
    mais ce n’est pas ce genre d’ingénieur
    qu’on rencontre en général
  • 9:35 - 9:38
    qui disent « La rue est saturée,
    il nous faut une autre voie. »
  • 9:38 - 9:41
    On ajoute une voie,
    et la circulation arrive,
  • 9:41 - 9:43
    ils disent « Je vous ai dit
    qu’on en avait besoin. »
  • 9:43 - 9:47
    Cela s’applique aussi bien aux autoroutes
    qu’aux routes de ville saturées.
  • 9:47 - 9:50
    Dans la plupart des villes américaines
    où je travaille,
  • 9:50 - 9:51
    les plus typiques, ce qui est étonnant,
  • 9:51 - 9:54
    c’est qu’elles ont plein de rues
    qui sont surdimensionnées
  • 9:54 - 9:57
    par rapport à la circulation qu’elles ont.
  • 9:57 - 9:59
    C’est le cas d’Oklahoma City,
  • 9:59 - 10:01
    où le maire est venu me voir
    très contrarié,
  • 10:01 - 10:04
    ils avaient été nommés
    par Prevention Magazine
  • 10:04 - 10:07
    la pire ville pour piétons
    de tout le pays.
  • 10:07 - 10:08
    Ce n’est probablement pas vrai,
  • 10:08 - 10:12
    mais c’est assez pour forcer
    un maire à faire quelque chose
  • 10:12 - 10:13
    On a fait une étude
  • 10:13 - 10:16
    et on a trouvé, en comptant les voitures
    sur les routes
  • 10:16 - 10:20
    des chiffres de l’ordre
    de 3000, 4000, 7000…
  • 10:20 - 10:24
    alors qu’on sait que deux voies supportent
    jusqu’à 10 000 voitures par jour.
  • 10:24 - 10:28
    Les chiffres : ils sont tous inférieurs
    ou égaux à 10 000 voitures,
  • 10:28 - 10:31
    et ça, ce sont les rues
    qui ont été désignées
  • 10:31 - 10:33
    dans le nouveau plan du centre ville
  • 10:33 - 10:36
    pour devenir des quatre ou six voies.
  • 10:36 - 10:39
    On a donc un écart fondamental
    entre le nombre de voies
  • 10:39 - 10:42
    et le nombre de voitures.
  • 10:42 - 10:47
    C'était donc mon travail
    de refondre chaque rue du centre-ville,
  • 10:47 - 10:49
    ce qu’on a fait pour 50 pâtés de maisons,
  • 10:49 - 10:51
    qu’on reconstruit maintenant.
  • 10:51 - 10:54
    Une rue typiquement surdimensionnée
    qui ne mène nulle part,
  • 10:54 - 10:56
    est réduite, en travaux maintenant
  • 10:56 - 10:58
    et le projet est à moitié fini.
  • 10:58 - 11:00
    Une rue typique comme celle-ci,
  • 11:00 - 11:03
    quand on fait ça,
    on trouve de la place pour un terre-plein.
  • 11:03 - 11:05
    On trouve de la place pour les vélos.
  • 11:05 - 11:07
    On a doublé les places de parking sur rue.
  • 11:07 - 11:11
    Nous avons créé un réseau cyclable
    qui n’existait pas avant.
  • 11:11 - 11:15
    Mais tout le monde n’a pas autant d’argent
    qu’Oklahoma City,
  • 11:15 - 11:18
    car ils ont une économie
    qui se porte plutôt bien.
  • 11:18 - 11:20
    Une ville typique est plutôt
    comme Cedar Rapids,
  • 11:20 - 11:24
    qui a un réseau de quatre voies partout,
    à moitié en sens unique.
  • 11:24 - 11:25
    Et ce n’est pas facile à voir,
  • 11:25 - 11:29
    mais ce qu’on fait,
    c’est en cours en ce moment,
  • 11:29 - 11:30
    en phase d’ingénierie,
  • 11:30 - 11:34
    c’est transformer un système de quatre
    voies partout, la moitié en sens unique
  • 11:34 - 11:38
    en un système à deux voies partout,
    partout en double sens,
  • 11:38 - 11:41
    de cette manière, nous ajoutons
    70% de parking sur rue,
  • 11:41 - 11:42
    les commerçants adorent,
  • 11:42 - 11:44
    et ça protège les trottoirs.
  • 11:44 - 11:46
    Le parking rend les trottoirs sûrs,
  • 11:46 - 11:49
    et on ajoute un réseau
    cyclable bien plus robuste.
  • 11:49 - 11:52
    Et les voies elles-mêmes,
    quelle largeur font-elles ?
  • 11:52 - 11:53
    C’est très important.
  • 11:53 - 11:56
    Les standards ont changé tellement que,
    comme le dit Andrés Duany,
  • 11:56 - 11:58
    une route typique américaine
  • 11:58 - 12:01
    laisse voir la courbure de la Terre.
  • 12:01 - 12:02
    (Rires)
  • 12:02 - 12:05
    Voici un lotissement près de Washington
    dans les années 60.
  • 12:05 - 12:07
    Regardez attentivement
    la largeur des rues.
  • 12:07 - 12:09
    Ceci est un lotissement des années 80.
  • 12:09 - 12:11
    Années 60, années 80.
  • 12:11 - 12:13
    Les standards ont tellement changé
  • 12:13 - 12:15
    dans mon ancien quartier de South Beach,
  • 12:15 - 12:18
    quand il a fallu réparer la rue
    car elle ne drainait pas bien,
  • 12:18 - 12:21
    ils ont dû l’élargir et nous piquer
    la moitié du trottoir,
  • 12:21 - 12:23
    car les normes étaient plus larges.
  • 12:23 - 12:26
    Les gens vont plus vite
    sur les routes plus larges.
  • 12:26 - 12:27
    On le sait.
  • 12:27 - 12:30
    Les ingénieurs le nient,
    mais les citoyens le savent,
  • 12:30 - 12:34
    alors à Birmingham, ils se battent
    pour des rues plus étroites.
  • 12:34 - 12:37
    À Portland, fameuse pour sa marchabilité,
  • 12:37 - 12:40
    on a instauré « Routes maigres »
    dans le quartier résidentiel.
  • 12:40 - 12:42
    Les routes maigres sont plus sûres.
  • 12:42 - 12:45
    Le développeur Vince Graham,
    dans son projet l’On,
  • 12:45 - 12:47
    sur lequel on a travaillé
    en Caroline du Sud,
  • 12:47 - 12:51
    il va aux conférences et montre ses
    magnifiques routes de 6,70 m.
  • 12:51 - 12:54
    Les routes à double sens, très étroits,
  • 12:54 - 12:56
    et il montre ce célèbre philosophe,
  • 12:56 - 12:58
    « Vaste est la route
    qui conduit à la destruction…
  • 12:58 - 13:01
    Étroite est la route qui mène à la vie ».
  • 13:01 - 13:03
    (Rires)
  • 13:03 - 13:05
    (Applaudissements)
  • 13:05 - 13:07
    Ça marche très bien dans le Sud. (rires)
  • 13:07 - 13:09
    Maintenant : les vélos
  • 13:10 - 13:14
    Le vélo est la révolution
    actuelle en cours
  • 13:14 - 13:16
    dans quelques villes américaines.
  • 13:16 - 13:18
    Là où on le construit, ils viennent.
  • 13:18 - 13:22
    En tant que planificateur,
    la seule chose que je peux dire
  • 13:22 - 13:26
    cette population de vélos
    est une fonction de l’infrastructure
  • 13:26 - 13:29
    J’ai demandé à mon ami Tom Brennan
    de Nelson\Nygaard à Portland
  • 13:29 - 13:32
    de m’envoyer des photos
    du vélo de Portland.
  • 13:32 - 13:35
    Il m’a envoyé ça, et j'ai dit :
    « C’était le jour du vélo ? »
  • 13:35 - 13:36
    Il a dit : « Non, c’était mardi. »
  • 13:36 - 13:41
    Lorsque vous faites ce que Portland
    a fait sur l’infrastructure du vélo -
  • 13:41 - 13:45
    New York City a doublé le nombre
    de cyclistes à plusieurs reprises
  • 13:45 - 13:48
    ils ont peint ces voies vertes
  • 13:48 - 13:51
    Même les villes automobiles
    comme Long Beach, Californie :
  • 13:51 - 13:55
    beaucoup plus de cyclistes
    grâce à l'infrastructure
  • 13:55 - 13:57
    Bien sûr, ce qui marche vraiment,
  • 13:57 - 13:59
    si vous connaissez
    la 15e rue ici à Washington, DC -
  • 13:59 - 14:02
    Voici les nouvelles pistes de vélo
    de Chicago, par Rahm Emanuel
  • 14:02 - 14:06
    la voie protégée, le stationnement
    éloigné du trottoir,
  • 14:06 - 14:10
    les vélos entre
    les voitures et le trottoir -
  • 14:10 - 14:12
    ces voies créent des cyclistes.
  • 14:12 - 14:13
    Si, cependant, comme à Pasadena,
  • 14:13 - 14:15
    toutes les voies
    sont des pistes cyclables,
  • 14:15 - 14:17
    alors aucune voie
    n'est une piste cyclable.
  • 14:17 - 14:20
    Et c’est le seul cycliste
    que j’ai rencontré à Pasadena, donc
  • 14:20 - 14:22
    (Rires)
  • 14:22 - 14:24
    le stationnement en parallèle
  • 14:24 - 14:25
    est une barrière d'acier essentielle
  • 14:25 - 14:29
    qui protège le trottoir
    et les piétons des véhicules
  • 14:29 - 14:33
    C’est Fort Lauderdale ;
    un côté de la rue, vous pouvez vous garer,
  • 14:33 - 14:35
    de l’autre côté, ce n’est pas possible
  • 14:35 - 14:37
    C’est la fête sur le côté parking.
  • 14:37 - 14:40
    De l’autre côté, rien.
  • 14:40 - 14:42
    Même les arbres ralentissent les voitures
  • 14:42 - 14:46
    Elles roulent lentement
    quand les arbres sont près de la route,
  • 14:46 - 14:47
    et parfois elles ralentissent très vite.
  • 14:48 - 14:51
    Tous les petits détails -
    le rayon de retour du trottoir.
  • 14:51 - 14:53
    30 cm ou est-il de 12 mètres ?
  • 14:53 - 14:56
    Quelle est courbe de cette bordure
    pour déterminer la vitesse de la voiture
  • 14:56 - 14:58
    combien de place
    avez-vous pour traverser ?
  • 14:58 - 15:01
    J’adore ça, car c’est
    du journalisme objectif.
  • 15:01 - 15:04
    « Certains disent que l’entrée
    du centre ville
  • 15:04 - 15:06
    n'est pas engageante pour les piétons ».
  • 15:06 - 15:08
    Lorsque tous les aspects
    des courbes du paysage
  • 15:08 - 15:11
    est aérodynamique,
    est géométrique en forme de flux,
  • 15:11 - 15:13
    ça dit : « C’est un lieu de véhicule ».
  • 15:13 - 15:18
    Donc, aucun détail, aucune spécialité,
    ne peut être autorisé à mettre la scène.
  • 15:18 - 15:20
    Et ici, vous voyez, cette rue :
  • 15:20 - 15:24
    oui, elle évacue en une minute
    une tempête centennale,
  • 15:24 - 15:26
    mais cette pauvre femme doit
    monter le trottoir tous les jours.
  • 15:26 - 15:29
    Alors rapidement, la promenade
    confortable a trait au fait
  • 15:29 - 15:34
    que tous les animaux cherchent,
    simultanément, perspective et refuge.
  • 15:34 - 15:37
    On veut pouvoir voir nos prédateurs,
  • 15:37 - 15:39
    mais on veut aussi se sentir protégé.
  • 15:39 - 15:42
    on est attiré par les lieux
    qui ont de bons bords,
  • 15:42 - 15:45
    si vous n’avez pas les bords,
    les gens ne voudront pas être là.
  • 15:45 - 15:47
    Quel est le ratio approprié
    hauteur sur largeur ?
  • 15:47 - 15:49
    Est-ce un sur un ? Trois sur un ?
  • 15:49 - 15:53
    Si vous dépassez un sur six,
    on n’est plus à l’aise.
  • 15:53 - 15:54
    On ne se sent pas enfermé.
  • 15:54 - 15:57
    Six sur un à Salzbourg peut
    être parfaitement délicieux.
  • 15:57 - 16:00
    Le contraire de Salzbourg est Houston.
  • 16:00 - 16:04
    C’est le parking
    le problème principal ici.
  • 16:04 - 16:08
    Cependant, ces places de parking vides
    peuvent aussi poser des problèmes,
  • 16:08 - 16:11
    si vous avez un coin manquant
    à cause d’un code de zonage obsolète,
  • 16:11 - 16:14
    Alors vous pourriez avoir un nez
    manquant dans votre quartier.
  • 16:14 - 16:16
    Comme nous avions dans mon quartier.
  • 16:16 - 16:19
    C’était le code de zonage
    qui m’a empêché de construire
  • 16:19 - 16:23
    Comme vous le savez peut-être,
    Washington, DC change son zonage
  • 16:23 - 16:26
    pour permettre à des sites comme
    celui-ci devenir comme celui-là.
  • 16:26 - 16:28
    Il faut beaucoup d’écarts pour le faire.
  • 16:28 - 16:30
    Les maisons triangulaires
    peuvent être intéressantes,
  • 16:30 - 16:33
    mais si vous construisez une,
    les gens l’aiment .
  • 16:33 - 16:35
    Donc, vous devez remplir
    ces nez manquants.
  • 16:35 - 16:37
    Enfin, la promenade intéressante :
  • 16:37 - 16:39
    des signes d’humanité.
  • 16:39 - 16:41
    On fait partie des primates sociaux.
  • 16:41 - 16:43
    Rien ne nous intéresse plus
    que les autres gens.
  • 16:43 - 16:45
    On veut des signes de gens.
  • 16:45 - 16:48
    Donc, le ratio un-pour-un parfait,
    c’est super.
  • 16:48 - 16:50
    Voici Grand Rapids,
    une ville où on marche facilement,
  • 16:50 - 16:54
    mais personne ne marche dans cette rue
    qui relie les deux meilleurs hôtels
  • 16:54 - 16:58
    parce que si sur la gauche,
    vous avez un parking exposé
  • 16:58 - 17:01
    et à droite, vous avez
    une centre de conférence
  • 17:01 - 17:04
    qui a apparemment été conçu
    en admiration pour ce parking,
  • 17:04 - 17:07
    alors vous n’attirez pas beaucoup de gens.
  • 17:07 - 17:11
    Le maire Joe Riley, dans son 10e mandat,
    Maire de Charleston, en Caroline du Sud,
  • 17:11 - 17:13
    nous a appris qu'il suffit
    de 8m de bâtiment
  • 17:13 - 17:15
    pour cacher 80 m de garage.
  • 17:15 - 17:18
    J’appelle celui le Chia Pet Garage.
    C’est à South Beach.
  • 17:18 - 17:19
    Ce rez-de-chaussée actif.
  • 17:19 - 17:22
    Je veux finir avec ce projet
    que j’adore montrer.
  • 17:22 - 17:25
    C’est par Meleca Architects.
    C’est à Columbus, Ohio.
  • 17:25 - 17:28
    À gauche se trouve le quartier
    du centre des congrès, plein de piétons.
  • 17:28 - 17:31
    À droite, le quartier Nord court
    - ethnique,
  • 17:31 - 17:34
    de superbes restaurants
    de superbes magasins, en difficulté.
  • 17:34 - 17:36
    Ça ne marchait pas bien
    parce que le pont, c'était ça,
  • 17:36 - 17:39
    et personne ne marchait
    du centre des congrès
  • 17:39 - 17:40
    pour aller dans ce quartier.
  • 17:40 - 17:45
    Quand ils ont reconstruit l’autoroute,
    Ils ont ajouté 25 m au pont.
  • 17:45 - 17:47
    Désolé - ils ont reconstruit le pont
    sur l’autoroute.
  • 17:47 - 17:49
    La ville a payé 1,9 million de dollars,
  • 17:49 - 17:52
    ils ont donné le site à un développeur,
  • 17:52 - 17:53
    le développeur a construit ceci
  • 17:53 - 17:56
    et maintenant le Court Nord
    est revenu à la vie.
  • 17:56 - 17:59
    Tout le monde dit, les journaux,
    pas les magazines de planification,
  • 17:59 - 18:01
    les journaux disent
    que c'est grâce à ce pont.
  • 18:01 - 18:04
    C’est tout. La théorie
    de l'accessibilité piétonnière.
  • 18:04 - 18:06
    Pensez à vos propres villes.
  • 18:06 - 18:08
    Pensez à la façon dont
    vous pouvez l’appliquer.
  • 18:08 - 18:10
    Vous devez faire les 4 choses à la fois.
  • 18:10 - 18:12
    Trouvez ces lieux
    où vous en avez la plupart
  • 18:12 - 18:14
    et réparez ce que vous pouvez,
  • 18:14 - 18:17
    réparez ce qui reste à réparer
    dans ces endroits.
  • 18:17 - 18:19
    Je vous remercie de votre attention
  • 18:19 - 18:22
    et merci d’être venu ici aujourd’hui.
  • 18:22 - 18:24
    (Applaudissements)
Title:
4 façons de rendre une ville plus promenable
Speaker:
Jeff Speck
Description:

La liberté des voitures, la liberté de l'étalement, la liberté de marcher dans votre ville! Le planificateur de ville, Jeff Speck, partage sa «théorie générale de la marchabilité» - quatre principes de planification pour transformer les grandes villes des autoroutes à six voies et des blocs de 600 pieds en des oasis sécuritaires et accessibles aux chemins cyclables et des rues bordées d'arbres.

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Video Language:
English
Team:
TED
Project:
TEDTalks
Duration:
18:37

French subtitles

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