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Comment résoudre des situations racialement stressantes

  • 0:01 - 0:03
    Il y a un proverbe africain qui dit :
  • 0:03 - 0:05
    « L'histoire du lion ne sera jamais connue
  • 0:06 - 0:08
    tant qu'elle sera racontée
    par le chasseur. »
  • 0:09 - 0:14
    Plus qu'une conversation raciale,
    il nous faut une alphabétisation raciale
  • 0:14 - 0:17
    pour décoder la politique
    de la menace raciale en Amérique.
  • 0:18 - 0:21
    La clé de cette alphabétisation
    est une vérité oubliée :
  • 0:22 - 0:25
    plus nous comprenons
  • 0:25 - 0:28
    que nos différences
    culturelles ont le pouvoir
  • 0:28 - 0:30
    de guérir des siècles
  • 0:30 - 0:32
    de discrimination raciale,
  • 0:32 - 0:34
    de déshumanisation et de maladie.
  • 0:34 - 0:37
    Mes deux parents sont afro-américains.
  • 0:38 - 0:40
    Mon père est né dans le sud du Delaware,
  • 0:40 - 0:42
    ma mère, le nord de Philadelphie,
  • 0:42 - 0:46
    et ces deux endroits sont aussi différents
    que l'Est est différent de l'Ouest,
  • 0:46 - 0:48
    que New York est différente
    de Montgomery, en Alabama.
  • 0:49 - 0:52
    Mon père gérait les conflits raciaux
  • 0:52 - 0:55
    en mettant mon frère Bryan,
    ma sœur Christy et moi à l'église,
  • 0:55 - 0:59
    ce qui semblait être 24 heures sur 24,
    sept jours sur sept.
  • 0:59 - 1:00
    (Rires)
  • 1:00 - 1:04
    Si quelqu'un nous embêtait
    à cause de la couleur de notre peau,
  • 1:04 - 1:07
    il croyait que nous devions
    prier pour lui,
  • 1:07 - 1:09
    sachant que Dieu
    finirait par les rappeler.
  • 1:09 - 1:11
    (Rires)
  • 1:11 - 1:15
    On peut dire spirituelle
    cette approche d'adaptation raciale --
  • 1:15 - 1:17
    pour plus tard, un jour,
  • 1:17 - 1:18
    comme Martin Luther King.
  • 1:19 - 1:21
    L'approche de ma mère
    était un peu différente.
  • 1:21 - 1:24
    On pourrait dire qu'elle était
    plus relationnelle --
  • 1:24 - 1:26
    immédiatement, face à vous,
  • 1:26 - 1:27
    immédiatement.
  • 1:28 - 1:29
    Plutôt comme Malcolm X.
  • 1:29 - 1:31
    (Rires)
  • 1:31 - 1:32
    Elle a été élevée dans des quartiers
  • 1:32 - 1:35
    avec de la violence
    et de la ségrégation raciales,
  • 1:35 - 1:37
    elle était chassée de certains quartiers
  • 1:37 - 1:39
    et, violemment, elle chassait
    les autres de son quartier.
  • 1:39 - 1:41
    A son arrivée dans le Delaware,
  • 1:41 - 1:44
    elle a cru être arrivée
    dans un pays étranger.
  • 1:44 - 1:45
    Elle ne comprenait personne,
  • 1:46 - 1:49
    surtout pas les quelques personnes
    à la peau noire ou marron
  • 1:49 - 1:52
    qui étaient physiquement
    et verbalement déférents
  • 1:52 - 1:54
    en présence de blancs.
  • 1:54 - 1:55
    Pas ma mère.
  • 1:55 - 1:58
    Elle marchait pour aller
    là où elle voulait.
  • 1:58 - 2:00
    Elle se moquait de ce que vous pensiez.
  • 2:00 - 2:03
    Elle énervait beaucoup de gens
    avec son style culturel.
  • 2:04 - 2:06
    Avant d'aller au supermarché,
  • 2:06 - 2:07
    elle nous faisait ce discours :
  • 2:08 - 2:10
    « Ne demandez rien,
  • 2:10 - 2:11
    ne touchez rien.
  • 2:12 - 2:15
    Vous comprenez ce que je vous dis ?
  • 2:16 - 2:19
    Je m'en fiche si tous les autres enfants
    montent aux murs.
  • 2:19 - 2:21
    Ce ne sont pas mes enfants.
  • 2:21 - 2:23
    Vous comprenez ce que je vous dis ? »
  • 2:24 - 2:26
    A trois, en parfaite harmonie :
  • 2:26 - 2:27
    « Oui maman ».
  • 2:29 - 2:31
    Avant d'aller au supermarché,
  • 2:31 - 2:33
    ce discours était ce qu'il nous fallait.
  • 2:33 - 2:35
    Combien d'entre vous l'ont entendu ?
  • 2:36 - 2:38
    Combien d'entre vous
    prononcent ce discours ?
  • 2:38 - 2:40
    (Rires)
  • 2:40 - 2:42
    Combien d'entre vous
    l'ont prononcé aujourd'hui ?
  • 2:44 - 2:47
    Ma mère ne nous faisait pas ce discours
    par inquiétude pour l'argent,
  • 2:47 - 2:48
    pour la réputation
  • 2:48 - 2:50
    ou d'un mauvais comportement.
  • 2:50 - 2:51
    Nous nous comportions bien.
  • 2:51 - 2:52
    Nous avions trop peur.
  • 2:53 - 2:55
    Nous étions à l'église
    24 heures par jour,
  • 2:55 - 2:56
    sept jours par semaine.
  • 2:56 - 2:57
    (Rires)
  • 2:58 - 3:00
    Ce discours était pour nous rappeler
  • 3:00 - 3:04
    que certaines personnes dans le monde
    interpréteraient notre comportement
  • 3:04 - 3:05
    car nous étions noirs.
  • 3:06 - 3:08
    Tous les parents
    ne doivent pas s'inquiéter
  • 3:08 - 3:10
    que leurs enfants soient mal jugés
  • 3:10 - 3:12
    à cause de leur couleur de peau,
  • 3:12 - 3:14
    simplement parce qu'ils respirent.
  • 3:15 - 3:17
    Nous arrivons au supermarché
  • 3:17 - 3:18
    et les gens nous regardent,
  • 3:18 - 3:21
    nous fixent comme si
    nous avions volé quelque chose.
  • 3:22 - 3:25
    De temps en temps, un vendeur
    faisait ou disait quelque chose
  • 3:25 - 3:28
    car notre style culturel les énervait
  • 3:28 - 3:30
    et cela se produisait souvent à la caisse.
  • 3:30 - 3:34
    La pire chose qu'ils faisaient était
    de jeter notre nourriture dans le sac.
  • 3:35 - 3:37
    Quand cela arrivait, c'était parti.
  • 3:37 - 3:38
    (Rires)
  • 3:38 - 3:40
    Ma mère commençait
    par leur dire qui ils étaient,
  • 3:40 - 3:42
    qui leur famille était,
  • 3:42 - 3:43
    où aller,
  • 3:43 - 3:45
    à quelle vitesse y aller.
  • 3:45 - 3:46
    (Rires)
  • 3:46 - 3:49
    Si vous n'avez pas été maudit
    par ma mère, vous n'avez pas vécu.
  • 3:49 - 3:50
    (Rires)
  • 3:51 - 3:52
    La personne était au sol,
  • 3:52 - 3:56
    se tordant, en putréfaction
    et en décomposition,
  • 3:56 - 3:58
    gémissant dans une piscine
    de honte raciale.
  • 3:58 - 3:59
    (Rires)
  • 3:59 - 4:01
    Mes deux parents étaient chrétiens.
  • 4:02 - 4:05
    La différence est que mon père
    priait avant un conflit racial
  • 4:05 - 4:07
    et ma mère priait après.
  • 4:07 - 4:08
    (Rires)
  • 4:09 - 4:12
    Il y a un temps -- si vous utilisez
    leurs deux stratégies,
  • 4:12 - 4:15
    si vous les utilisez au bon moment
    et de la bonne façon.
  • 4:15 - 4:17
    Il n'y a jamais de temps --
  • 4:17 - 4:19
    il y a un temps pour la conciliation,
  • 4:19 - 4:21
    il y a un temps pour la confrontation,
  • 4:21 - 4:25
    mais il n'y a pas de temps pour se figer
    tel un lapin pris dans des phares
  • 4:26 - 4:30
    ni pour, dans une colère insouciante,
    inconsidérée, devenir violent.
  • 4:31 - 4:33
    La leçon est
  • 4:33 - 4:35
    que pour les relations raciales,
  • 4:35 - 4:37
    il faut parfois savoir comment prier,
  • 4:37 - 4:39
    réfléchir, digérer, se préparer.
  • 4:40 - 4:42
    Et à d'autres moments,
    il faut savoir pousser,
  • 4:42 - 4:43
    faire quelque chose.
  • 4:43 - 4:46
    J'ai peur qu'aucune
    de ces deux compétences --
  • 4:47 - 4:48
    se préparer
  • 4:49 - 4:50
    et pousser --
  • 4:50 - 4:52
    ne soient prévalentes dans notre société.
  • 4:55 - 4:58
    Si vous considérez
    la recherche en neurosciences,
  • 5:00 - 5:02
    elle dit que lorsque nous sommes
    menacés racialement,
  • 5:02 - 5:04
    notre cerveau passe en état d'urgence,
  • 5:04 - 5:07
    nous déshumanisons les gens
    à la peau noire ou marron.
  • 5:07 - 5:10
    Notre cerveau imagine
    qu'enfants et adultes
  • 5:10 - 5:13
    sont plus âgés qu'ils ne le sont,
  • 5:13 - 5:15
    plus grands qu'ils ne le sont
  • 5:15 - 5:17
    et plus proches qu'ils ne le sont.
  • 5:18 - 5:20
    Encore pire, nous nous convainquons
  • 5:20 - 5:23
    qu'ils ne méritent pas
    d'affection ou de protection.
  • 5:24 - 5:26
    A l'Association pour
    l'émancipation raciale,
  • 5:26 - 5:29
    nous savons que certains
    des moments les plus effrayants
  • 5:29 - 5:31
    sont les confrontations raciales,
  • 5:31 - 5:34
    elles font partie des moments
    les plus effrayants
  • 5:34 - 5:35
    que les gens connaîtront.
  • 5:35 - 5:38
    Si vous considérez
    les confrontations avec la police
  • 5:38 - 5:40
    ayant mené à des morts non justifiées,
  • 5:40 - 5:43
    majoritairement d'Amérindiens
    et d'Afro-Américains dans ce pays,
  • 5:43 - 5:45
    elles ont duré environ deux minutes.
  • 5:46 - 5:48
    En 60 secondes,
  • 5:48 - 5:50
    notre cerveau passe en état d'urgence.
  • 5:51 - 5:52
    Non préparés,
  • 5:52 - 5:54
    notre réaction est excessive.
  • 5:54 - 5:55
    Au mieux, nous nous renfermons.
  • 5:56 - 5:59
    Au pire, nous tirons d'abord
    sans poser de questions.
  • 6:00 - 6:03
    Imaginez si nous pouvions réduire
    l'intensité de cette menace
  • 6:03 - 6:05
    durant ces 60 secondes
  • 6:05 - 6:08
    et empêcher notre cerveau
    d'entrer en état d'urgence.
  • 6:09 - 6:12
    Imaginez combien d'enfants
    rentreraient de l'école
  • 6:12 - 6:13
    ou du supermarché
  • 6:13 - 6:15
    sans se faire pourchasser ou tirer dessus.
  • 6:16 - 6:20
    Imaginez combien de mères et de pères
    n'auraient pas à pleurer.
  • 6:21 - 6:24
    La socialisation raciale
    peut aider les jeunes
  • 6:24 - 6:27
    à négocier des confrontations
    de 60 secondes,
  • 6:27 - 6:29
    mais il faudra plus qu'une discussion.
  • 6:29 - 6:32
    Une alphabétisation raciale
    est nécessaire.
  • 6:33 - 6:35
    Comment avoir ces conversations
  • 6:35 - 6:37
    et qu'est-ce que
    l'alphabétisation raciale ?
  • 6:37 - 6:38
    Très bonne question.
  • 6:38 - 6:39
    (Rires)
  • 6:39 - 6:44
    Une alphabétisation raciale implique
    la capacité à lire,
  • 6:44 - 6:47
    reformuler et résoudre
    une confrontation raciale stressante.
  • 6:47 - 6:51
    Lire implique de reconnaître
    qu'un moment racial se produit
  • 6:51 - 6:53
    et remarquer nos réactions
    de stress face à cela.
  • 6:54 - 6:56
    Reformuler implique
  • 6:57 - 7:02
    de réduire consciemment mon sentiment
    de tsunami de ce moment-là
  • 7:02 - 7:05
    et de le réduire à une expérience
    d'escalade de montagne,
  • 7:05 - 7:07
    une montagne qui est --
  • 7:07 - 7:10
    passer d'une situation impossible
    à une bien plus faisable
  • 7:10 - 7:11
    et stimulante.
  • 7:13 - 7:16
    Résoudre une confrontation
    raciale stressante implique
  • 7:16 - 7:18
    d'être capable de prendre
    une décision saine
  • 7:18 - 7:22
    qui n'est pas trop passive, où je prétends
    que cela ne m'a pas dérangé,
  • 7:22 - 7:26
    ni excessive, où j'exagère le moment.
  • 7:27 - 7:29
    Nous pouvons apprendre
    aux parents et aux enfants
  • 7:29 - 7:32
    à lire, reformuler et résoudre
  • 7:32 - 7:37
    avec une stratégie de pleine conscience :
    « Calculer, localiser, communiquer,
  • 7:37 - 7:38
    respirer et expirer. »
  • 7:38 - 7:39
    Accrochez-vous.
  • 7:40 - 7:41
    « Calculer » demande :
  • 7:41 - 7:43
    « Quelle émotion est-ce que je ressens
  • 7:43 - 7:46
    et avec quelle intensité
    sur une échelle de un à 10 ? »
  • 7:47 - 7:51
    « Localiser » demande :
    « Où dans mon corps la ressens-je ? »
  • 7:51 - 7:52
    Soyez spécifique,
  • 7:53 - 7:57
    comme la fille amérindienne
    à Chicago en CM2 m'a dit :
  • 7:58 - 8:02
    « Je suis en colère à 9/10
    car je suis la seule Amérindienne.
  • 8:03 - 8:06
    Je le ressens dans mon estomac,
  • 8:06 - 8:09
    comme une poignée de papillons
    se battant entre eux,
  • 8:09 - 8:12
    tant et si bien qu'ils s'envolent jusque
    dans ma gorge et m'étouffent. »
  • 8:13 - 8:14
    Plus vous y mettez de détails,
  • 8:14 - 8:16
    plus il est facile de réduire cet endroit.
  • 8:17 - 8:18
    « Communiquer » demande :
  • 8:18 - 8:21
    « Quel dialogue intérieur, quelles images
    me viennent à l'esprit ? »
  • 8:21 - 8:24
    Si vous voulez vraiment de l'aide,
    essayez d'inspirer
  • 8:24 - 8:25
    et d'expirer lentement.
  • 8:27 - 8:30
    Avec l'aide de nombre
    de collègues de l'association,
  • 8:30 - 8:33
    nous utilisons une réduction
    du stress dans l'instant
  • 8:33 - 8:35
    dans des projets de recherche
    et de thérapie.
  • 8:36 - 8:38
    Pour un projet, nous utilisons le basket
  • 8:38 - 8:41
    pour aider les jeunes
    à gérer leurs émotions
  • 8:41 - 8:43
    durant des éruptions
    de 60 secondes sur le terrain.
  • 8:44 - 8:49
    Il y a un autre projet où, avec l'aide
    de mes collègues Loretta et John Jemmott,
  • 8:50 - 8:54
    nous tirons profit du style culturel
    des coiffeurs afro-américains
  • 8:54 - 8:56
    en entraînant les coiffeurs noirs
  • 8:56 - 8:58
    à être des éducateurs de santé
    dans deux domaines :
  • 8:58 - 9:03
    un, pour réduire le risque sexuel
    dans leurs relations conjugales ;
  • 9:03 - 9:04
    deux,
  • 9:04 - 9:06
    pour mettre un terme aux représailles.
  • 9:07 - 9:10
    Les coiffeurs utilisent
    leur style culturel
  • 9:10 - 9:13
    pour délivrer cette éducation de santé
    aux hommes de 18 à 24 ans
  • 9:13 - 9:15
    pendant qu'ils leur coupent les cheveux.
  • 9:16 - 9:19
    Dans un autre projet,
    nous apprenons aux professeurs
  • 9:19 - 9:24
    à lire, reformuler et résoudre
    les moments stressants en classe.
  • 9:24 - 9:29
    Pour le dernier projet, nous apprenons
    séparément aux parents et aux enfants
  • 9:30 - 9:32
    à comprendre leurs traumatismes raciaux
  • 9:32 - 9:34
    avant de les réunir
    pour résoudre des problèmes
  • 9:34 - 9:37
    de micro-agressions quotidiennes.
  • 9:37 - 9:41
    Les conversations argumentées sur la race
    avec nos enfants peuvent soigner,
  • 9:41 - 9:43
    mais elles nécessitent de l'entraînement.
  • 9:43 - 9:45
    Certains d'entre vous
    disent : « Entraînement ?
  • 9:45 - 9:46
    Entraînement ?
  • 9:46 - 9:48
    Nous parlons d'entraînement ? »
  • 9:48 - 9:50
    Oui, nous parlons d'entraînement.
  • 9:51 - 9:53
    J'ai deux fils.
  • 9:54 - 9:55
    L'aîné, Bryan, a 26 ans
  • 9:55 - 9:58
    et le plus jeune, Julian, a 12 ans.
  • 9:58 - 10:01
    Nous n'avons pas le temps de parler
    de comment c'est arrivé.
  • 10:01 - 10:03
    (Rires)
  • 10:03 - 10:04
    Mais,
  • 10:04 - 10:06
    quand je pense à eux,
  • 10:06 - 10:07
    je vois encore des bébés
  • 10:07 - 10:10
    et je m'inquiète chaque jour
    que le monde les juge mal.
  • 10:12 - 10:14
    En août 2013,
  • 10:15 - 10:18
    Julian, qui avait 8 ans à l'époque,
    et moi plions du linge,
  • 10:18 - 10:20
    ce qui, en soit, se produit rarement,
  • 10:20 - 10:24
    j'aurais dû savoir que quelque chose
    d'étrange allait arriver.
  • 10:24 - 10:27
    A la télé, les parents
    de Trayvon Martin pleuraient
  • 10:28 - 10:30
    à cause de l'acquittement
    de George Zimmerman.
  • 10:30 - 10:32
    Julian était collé à la télé.
  • 10:34 - 10:37
    Il avait des milliers de questions
    et je n'étais pas prêt.
  • 10:37 - 10:38
    Il voulait savoir pourquoi :
  • 10:38 - 10:44
    pourquoi un homme adulte traquerait-il,
    pourchasserait-il et tuerait-il
  • 10:44 - 10:46
    un garçon non armé de 17 ans ?
  • 10:47 - 10:48
    Je ne savais pas quoi dire.
  • 10:48 - 10:51
    La meilleure chose
    à sortir de ma bouche fut :
  • 10:51 - 10:54
    « Julian, parfois dans ce monde,
    il y a des gens
  • 10:54 - 10:56
    qui méprisent ceux
    à la peau noire et marron
  • 10:57 - 10:59
    et ne les traitent pas --
    les enfants aussi --
  • 10:59 - 11:01
    ne les traitent pas
    comme des êtres humains. »
  • 11:02 - 11:04
    Il a interprété la situation
    comme étant triste.
  • 11:05 - 11:07
    (Voix off) Julian Stevenson :
    C'est triste.
  • 11:07 - 11:09
    « On s'en fiche. Tu n'es pas des nôtres. »
  • 11:09 - 11:10
    HS : Oui.
  • 11:10 - 11:13
    JS : C'est : « Nous sommes
    meilleurs que toi. »
  • 11:13 - 11:15
    HS : Oui.
  • 11:15 - 11:18
    JS : « Et tu ne peux rien y faire.
  • 11:18 - 11:20
    Si tu me fais peur ou quelque chose,
  • 11:20 - 11:23
    je te tirerais dessus
    car j'ai peur de toi. »
  • 11:23 - 11:24
    HS : Exactement.
  • 11:25 - 11:27
    Mais si quelqu'un te suit --
  • 11:27 - 11:29
    JS : Ce n'est pas pareil
    pour tout le monde.
  • 11:29 - 11:32
    HS : Ce n'est pas pareil, non.
    Tu dois faire attention.
  • 11:32 - 11:34
    JS : Car les gens peuvent
    te manquer de respect.
  • 11:34 - 11:35
    HS : Exactement.
  • 11:35 - 11:37
    JS : Et penser que tu es,
  • 11:39 - 11:43
    « Tu n'as pas l'air,
    tu n'as pas l'air... »
  • 11:44 - 11:48
    Comme ils disent : « Tu n'as pas
    la bonne apparence,
  • 11:48 - 11:51
    donc j'ai le droit
    de te manquer de respect. »
  • 11:51 - 11:54
    HS : C'est ce que
    nous appelons le racisme.
  • 11:55 - 11:57
    Nous appelons cela racisme, Julian,
  • 11:57 - 12:00
    et oui, certains -- d'autres --
    peuvent porter des capuches
  • 12:00 - 12:02
    et rien ne leur arrive.
  • 12:02 - 12:04
    Mais ça pourrait arriver à toi et Trayvon
  • 12:05 - 12:08
    et c'est pour cela que papa
    veut que tu prennes des précautions.
  • 12:08 - 12:10
    (Voix off) HS : C'est pourquoi --
  • 12:10 - 12:13
    JS : Tu veux dire,
    quand tu dis « d'autres »,
  • 12:13 - 12:16
    tu veux dire que si Trayvon était blanc,
  • 12:16 - 12:19
    on ne lui manquerait pas
    de respect ainsi ?
  • 12:20 - 12:22
    HS : Oui, Julian,
    papa parle des gens blancs
  • 12:22 - 12:24
    quand je dis « d'autres », d'accord ?
  • 12:25 - 12:27
    J'étais si gêné au début,
  • 12:27 - 12:30
    mais une fois lancé à mon rythme,
  • 12:30 - 12:35
    j'ai commencé à parler de stéréotypes
    et de problèmes de discrimination
  • 12:35 - 12:37
    et, juste quand j'avais trouvé mon rythme,
  • 12:37 - 12:39
    Julian m'a interrompu.
  • 12:40 - 12:43
    (Voix off) HS : ... dangereux
    ou tu es un criminel car tu es noir
  • 12:43 - 12:45
    et tu es un enfant, un garçon --
  • 12:45 - 12:47
    Ce n'est pas normal,
    peu importe qui agit ainsi.
  • 12:47 - 12:49
    JS : Papa, arrête.
  • 12:49 - 12:50
    HS : Quoi ?
  • 12:50 - 12:52
    JS : Tu te souviens quand...
  • 12:52 - 12:54
    HS : Il m'a interrompu pour me raconter
  • 12:54 - 12:57
    comment il a été menacé racialement
    à une piscine avec un ami
  • 12:57 - 12:59
    par deux hommes blancs adultes,
  • 12:59 - 13:01
    ce que sa mère a confirmé.
  • 13:01 - 13:04
    J'étais content qu'il puisse en parler.
  • 13:04 - 13:05
    Je pensais qu'il comprenait.
  • 13:05 - 13:08
    Après la tristesse
    des parents de Trayvon Martin,
  • 13:08 - 13:11
    nous avons parlé des parents
    de George Zimmerman
  • 13:11 - 13:13
    qui, je l'ai lu dans un magazine,
  • 13:13 - 13:15
    fermaient les yeux
    sur la traque de Trayvon.
  • 13:15 - 13:18
    La réaction de Julian fut inestimable.
  • 13:18 - 13:20
    J'avais l'impression qu'il comprenait.
  • 13:20 - 13:22
    (Voix off) JS : Qu'ont-ils dit
    à son sujet ?
  • 13:22 - 13:25
    JS : Ils ont l'impression
    qu'il était légitime
  • 13:26 - 13:28
    de suivre et traquer --
  • 13:28 - 13:29
    JS : C'est quoi ce -- ?
  • 13:29 - 13:31
    HS : Je crois que ce n'est pas bien.
  • 13:31 - 13:32
    JS : C'est -- une minute.
  • 13:32 - 13:36
    Ils disent qu'il a le droit
    de suivre un gamin noir,
  • 13:36 - 13:39
    de se battre avec lui
    et de lui tirer dessus ?
  • 13:40 - 13:41
    HS : Alors que Julian comprenait,
  • 13:41 - 13:43
    j'ai commencé à devenir fou.
  • 13:43 - 13:45
    Dans ma tête, je me disais :
  • 13:45 - 13:48
    « Et si mon Julian ou Bryan
    était Trayvon ? »
  • 13:49 - 13:52
    J'ai calculé ma colère à 10/10.
  • 13:52 - 13:55
    J'ai découvert, localisé, que ma jambe
    droite, incontrôlable, tremblait
  • 13:55 - 13:57
    comme si je courais.
  • 13:57 - 14:00
    Dans ma tête, je pouvais
    voir quelqu'un poursuivant Julian
  • 14:00 - 14:02
    et je les poursuivais.
  • 14:03 - 14:05
    La seule chose pouvant sortir de ma bouche
  • 14:05 - 14:08
    fut que si quelqu'un essayait
    d'embêter mon enfant ...
  • 14:10 - 14:13
    (Voix off) HS : Si quelqu'un essaye
    d'embêter mon enfant...
  • 14:13 - 14:14
    mmm, mmm, mmm.
  • 14:14 - 14:15
    JS : Que se passerait-il ?
  • 14:15 - 14:17
    HS : Ils auraient intérêt à courir.
  • 14:18 - 14:21
    JS : Pourquoi ?
    HS : Je les choperais.
  • 14:21 - 14:22
    JS : Tu vois ? (Rires)
  • 14:22 - 14:24
    HS : Je les choperais.
    JS : Vraiment ?
  • 14:24 - 14:25
    HS : Oh, oui.
  • 14:25 - 14:28
    JS : Puis ce sera ton tour
    car ils auront peut-être des armes.
  • 14:28 - 14:31
    HS : J'appellerais aussi la police,
    comme je le dois.
  • 14:31 - 14:33
    Mais je voudrais les choper.
  • 14:33 - 14:36
    Mais on ne peut pas, tu as raison,
    pourchasser des gens.
  • 14:36 - 14:37
    JS : Ils peuvent être armés.
  • 14:37 - 14:39
    HS : Oui, tu as raison.
  • 14:39 - 14:40
    Je crois que je veux les choper.
  • 14:40 - 14:42
    JS : Et ce pourrait être une armée.
  • 14:42 - 14:46
    HS : Je sais. Je pense vouloir
    les choper, à embêter mon fils.
  • 14:46 - 14:47
    Je n'aime pas ça.
  • 14:47 - 14:48
    JS : Euh ...
  • 14:48 - 14:50
    HS : Mais tu as raison.
    Il faut être prudent.
  • 14:51 - 14:54
    Il faut être prudent.
  • 14:54 - 14:57
    On ne sait jamais ce à que
    certains fous penseront de toi.
  • 14:59 - 15:01
    Tant que tu crois que tu es beau
  • 15:01 - 15:04
    autant que papa croit
    que tu es beau et magnifique
  • 15:04 - 15:07
    et maman croit que tu es beau,
    magnifique et intelligent.
  • 15:08 - 15:11
    Tu mérites d'être sur cette planète,
  • 15:11 - 15:14
    aussi heureux, beau
    et intelligent que tu veux être.
  • 15:15 - 15:17
    Tu peux faire tout ce que tu veux.
  • 15:19 - 15:23
    HS : La socialisation raciale n'est pas
    que ce que les parents disent aux enfants.
  • 15:24 - 15:27
    Ce sont aussi ce que les enfants répondent
    à ce que leurs parents leur apprennent.
  • 15:28 - 15:30
    Mon enfant est-il préparé ?
  • 15:31 - 15:35
    Peut-il reconnaître quand
    le problème de la race survient ?
  • 15:35 - 15:39
    Peut-il réduire
    son interprétation de tsunami
  • 15:39 - 15:41
    à une aventure d'escalade de montagne
  • 15:41 - 15:43
    à laquelle il peut s'attaquer
    et ne pas fuir ?
  • 15:44 - 15:48
    Peut-il prendre une décision saine
    et juste en 60 secondes ?
  • 15:49 - 15:50
    Le puis-je ?
  • 15:50 - 15:51
    Le pouvez-vous ?
  • 15:52 - 15:53
    Oui, nous le pouvons.
  • 15:54 - 15:58
    Nous pouvons établir des relations
    plus saines autour de la race
  • 15:58 - 16:02
    si nous apprenons à calculer, localiser,
    communiquer, respirer et expirer,
  • 16:02 - 16:06
    au cœur de nos moments
    les plus menaçants,
  • 16:06 - 16:08
    face à face avec la pire version
    de nous-mêmes.
  • 16:11 - 16:13
    Si vous prenez les siècles de rage raciale
  • 16:13 - 16:17
    qui bouillent dans notre corps,
    notre esprit et notre âme --
  • 16:18 - 16:22
    tout ce qui affecte notre corps, esprit
    ou âme, affecte notre santé --
  • 16:23 - 16:26
    nous pourrions nous en servir
    pour contrôler notre cœur.
  • 16:27 - 16:30
    Je veux ce que tous les parents
    veulent pour leurs enfants
  • 16:30 - 16:31
    quand ils ne sont pas là :
  • 16:31 - 16:33
    de l'affection et de la protection.
  • 16:34 - 16:37
    Quand la police et les professeurs
    voient mes enfants,
  • 16:37 - 16:39
    je veux qu'ils imaginent les leurs
  • 16:39 - 16:43
    car je crois qu'en voyant
    nos enfants comme étant les vôtres,
  • 16:44 - 16:45
    vous ne leur tirerez pas dessus.
  • 16:46 - 16:49
    Avec une alphabétisation raciale
    et de l'entraînement,
  • 16:49 - 16:53
    nous pouvons décoder
    le traumatisme racial dans nos histoires
  • 16:53 - 16:56
    et notre guérison viendra
    dans la narration.
  • 16:56 - 16:59
    Mais nous ne devons jamais oublier
  • 17:00 - 17:04
    que nos différences culturelles
    sont pleines d'affection et de protection
  • 17:04 - 17:08
    et rappelez-vous que l'histoire
    du lion ne sera jamais connue
  • 17:08 - 17:10
    tant qu'elle sera racontée
    par le chasseur.
  • 17:11 - 17:12
    Merci beaucoup.
  • 17:12 - 17:17
    (Applaudissements)
タイトル:
Comment résoudre des situations racialement stressantes
話者:
Howard Stevenson
概説:

Si nous espérons guérir les tensions raciales qui menacent de déchirer le tissu de la société, nous allons avoir besoin des compétences pour nous exprimer ouvertement dans des situations racialement stressantes. A travers l'alphabétisation raciale -- la capacité à lire, reformuler et résoudre ces situations -- le psychologue Howard C. Stevenson aide les enfants et les parents à réduire et gérer le stress et le traumatisme. Dans cette présentation inspirante et paisiblement géniale, apprenez-en plus sur comment cette approche du décodage de la menace raciale peut aider les jeunes à prendre confiance en eux et à se défendre de façon productive.

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Video Language:
English
Team:
TED
プロジェクト:
TEDTalks
Duration:
17:34

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