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La Grande Guerre de Tolkien

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    John Ronald Reuel Tolkien est né le 3 septembre 1892.
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    Lui et son frère Hilary vécurent une enfance pénible.
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    Quand Tolkien eut 4 ans, ils perdirent leur père Arthur
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    d'une fièvre rhumatismale.
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    Veuve avec un revenu modeste, sa mère Mabel,
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    éduqua les deux frères à domicile et elle joua un rôle vital dans leur éducation préscolaire
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    et dans leur développement
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    Tolkien était un jeune garçon intelligent, avec une fascination et une soif pour les langues.
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    Tolkien passa et réussi l'examen d'entrée de la King Edward's School de Birmingham.
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    Dès l’automne 1900, pour une somme de 12 livres sterling l'année,
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    Tolkien serait éduqué dans un environnement
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    qui l'aiderait à accomplir son potentiel universitaire.
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    Aller à la King Edward's School fut extrêmement important pour Tolkien.
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    C'était un garçon exceptionnellement doué et
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    la King Edward's School lui offrit une multitude d'opportunités
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    ainsi que la compagnie d'autres garçons aussi talentueux que lui,
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    ce qui était probablement difficile à trouver pour Tolkien.
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    Non seulement, il jouait au rugby mais c'était une référence
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    dans la société de débat et la société littéraire ;
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    il en était bel et bien la vie et l'âme,
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    et il regretta beaucoup l'école, je pense, quand il dû finalement en partir.
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    À l'âge de seulement 11 ans, Tolkien avec son frère Hilary,
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    perdent leur mère, Mabel, d'un diabète.
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    Frappé de douleur, il se plonge dans la vie scolaire
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    avec encore plus d'énergie qu'avant.
    Il excelle dans les travaux académiques,
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    et en 1905, il rencontre son rival intellectuel,
    Christopher Wiseman.
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    Tolkien rencontra son meilleur ami de la King's Edward,
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    Christopher Wiseman, sur un terrain de rugby.
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    Musicien, mathématicien, il était très différent de Tolkien.
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    Ils développèrent un lien si fort sur le terrain de rugby
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    qu'ils s'appelaient eux-mêmes les Grands Frères Jumeaux,
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    qui était une phrase tirée des Lais de l'Ancienne Rome de Lord Macauley.
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    Ils étaient également
    rivaux amicaux à l'école
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    étant tous deux des garçons très travailleurs.
    Wiseman avait un esprit formidable
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    et s'intéressait à beaucoup de choses
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    qui finirent par intéresser Tolkien :
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    comme les langues. Je crois qu'il étudiait l'égyptien et les hiéroglyphes.
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    Tolkien et Wiseman ont dû chacun contribuer à définir l'autre
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    au travers de leurs années d'adolescence,
    car ils discutaient,
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    ils discutaient sans cesse de toutes
    leurs croyances dans la vie.
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    Wiseman était un musicien très talentueux,
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    Tolkien n'avait pas l'oreille musicale, mais ça ne les a pas empêché de bien s'entendre !
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    Tolkien se lie aussi d'amitié avec le fils du proviseur, Rob Gilson
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    Tolkien, Wiseman et Gilson créent des liens très forts
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    qui durèrent durant toute leur scolarité et au-delà.
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    Hors de la King Edward's School, la vie de Tolkien est sur le point de changer une nouvelle fois.
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    Tolkien vivait dans une pension avec son frère Hilary,
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    et quand il eut 16 ans, il rencontra une autre locataire, Edith Bratt, qui avait alors 19 ans.
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    C'était une belle jeune femme, pianiste talentueuse et également orpheline.
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    Tous deux se rapprochèrent via leur tristesse partagée,
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    mais également via leurs espoirs et leurs rêves.
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    La difficulté pour Ronald, comme elle l'appelait, et Edith,
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    c'était qu'il était catholique tandis qu'elle était anglicane.
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    Pour le tuteur de Tolkien, le père Francis Morgan,
    un prêtre catholique,
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    c'était un problème majeur. Il pensait aussi qu'Edith allait distraire Tolkien
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    dans ses tentatives d'entrer à l'université d'Oxford.
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    Le Père Francis Morgan leur interdit de se voir,
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    et même de communiquer.
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    Il se retourna vers ses amitiés de la King Edward's
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    et ce fut au cours de la phase finale de cette période qu'il commença à s'épanouir
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    et à se faire sa propre place ;
    lui et ses amis faisaient la loi.
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    Tirant le meilleur parti de sa dernière année à la King Edward's
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    ainsi que des amitiés qu'il s'était créé,
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    Tolkien et ses pairs créèrent une association informelle.
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    Ces jeunes intellectuels se réunirent dans la bibliothèque de l'école
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    et firent ce qu'on leur a interdit : boire du thé.
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    En dehors des heures de cours, ils se rencontraient au café des magasins Barrow à Birmingham
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    et ainsi, se moquant d'eux-mêmes, se nommèrent le "Tea Club and Barrovian Society"
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    ou, pour faire court, le TCBS.
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    Le cœur du TCBS était probablement
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    Tolkien et Wiseman
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    les autres gravitaient autour d'eux.
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    Il y avait Robert Quilter Gilson,
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    le fils du proviseur.
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    Rob était un garçon cultivé et sociable,
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    c'était peut-être la clé de voûte sociale du groupe.
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    Il accueillait tout le monde et faisait cause
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    commune avec chacun.
    Un compagnon artiste
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    qui aimait dessiner.
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    C'était un artiste doué et
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    il avait l'ambition d'être architecte.
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    Il y eut l'arrivée tardive de Geoffrey Bache Smith,
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    qui était fasciné par la mythologie,
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    la mythologie celtique ; cela lui donna un point commun
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    avec Tolkien ; c'était un autre des passions de Tolkien
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    Smith était un poète tout à fait accompli
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    et moderne qui recommandait de la poésie contemporaine à Tolkien.
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    Quand il commença à écrire de la poésie,
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    Tolkien s'inspira, dans une certaine mesure,
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    de Smith et de leur groupe.
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    Et ce fut vraiment le début de Tolkien comme auteur.
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    Des débuts, qui étaient
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    essentiellement de l'amusement, jusque plus tardivement, durant les années de guerre
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    cela se développa une fraternité dans laquelle
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    chacun d'eux tirait beaucoup de force et
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    de réconfort.
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    Plus tard cette année-là, les jours de Tolkien à la
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    King Edward's s'achevèrent et il commença
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    son premier trimestre à Oxford,
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    ayant passé avec succès l'examen d'entrée.
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    À l'aube de son 21ème anniversaire
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    et de son indépendance vis-à-vis du Père Francis Morgan,
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    Tolkien écrivit à Edith,
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    et moins d'une semaine plus tard, ils étaient réunis.
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    Edith s'était engagé à épouser un autre homme,
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    mais en dépit d'un certain ridicule,
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    elle accepta de briser son engagement pour être
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    avec son Ronald.
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    Durant les mois suivants, un sentiment croissant
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    de trouble infusait à travers l'Europe
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    et le 28 juin 1914, tout changea.
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    Gravillon Princip fut arrêté pour
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    l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand.
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    Une crise diplomatique s'ensuivit et en quelques semaines,
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    les principales puissances d'Europe étaient en guerre.
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    L'Allemagne envahit la Belgique et
    la Grande-Bretagne déclara la guerre à l'Allemagne.
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    Le Parlement lança un appel aux armes
    au peuple britannique.
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    Il n'y eut pas tout de suite de ruée vers les couleurs.
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    Il devint beaucoup plus évident que
    le peuple voulu s’enrôler
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    quand les histoires d'atrocités
    commencèrent à émerger.
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    Il y eut alors un afflux beaucoup
    plus concerné par l'engagement.
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    Il y avait un air d'excitation à propos de la guerre,
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    un sentiment naïf que cela permettrait
    aux jeunes hommes de réaliser leur potentiel
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    d'une manière qui était impossible en temps de paix.
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    Il y eut un formidable élan patriotique
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    et un sens du devoir envers
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    ce que l'Angleterre ou la Grande-Bretagne représentaient.
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    Ils sont attirés par l'idée d'un règlement de comptes avec les Allemands,
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    ou, du moins, certains d'entre eux le seront.
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    Dans l'ensemble, ils pensaient
    qu'ils allaient mettre les Allemands à genoux.
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    Les Allemands avaient été ignobles
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    et on devait s'occuper d'eux et les remettre à leur place.
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    Les hommes s'engageaient par souci économique
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    et vous trouverez ça dans n'importe quelle guerre.
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    La vie n'est pas très excitante et le romantisme
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    et l'éclat de rejoindre l'armée
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    et de faire partie de quelque chose de très grand,
    est, j'en suis sûr, très attrayant.
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    Ils voyaient les choses
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    d'une façon assez romantique,
    qui était évidemment destinée à échouer ;
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    nous savons tous ce que
    la Première Guerre mondiale devint.
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    Ce n'est pas une guerre de mouvement,
    de course et de panache.
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    Ce ne sont pas des charges de cavalerie et des trompettes au loin...
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    Je crains que ce ne soit que le crépitement des mitrailleuses
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    et l'explosion de l'artillerie qui va dominer.
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    Ils avaient, je pense,
    des idées de ce que devait être la guerre
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    et je pense que leur principale émotion était
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    "ce sera terminé avant que je sois envoyé en France."
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    Tolkien, qui lisait des reprises
    de littérature héroïque antique,
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    était étonnamment lucide à propos
    de ce qui se passait à la guerre
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    Il y alla beaucoup plus conscient.
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    Il se décrivait lui-même comme un
    "jeune homme avec beaucoup trop d'imagination"
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    et donc il ne prit aucun plaisir d'aucun sorte dans la bataille.
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    Je crois que cela s'applique non seulement
    aux hommes comme Tolkien qui y combattirent,
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    mais également aux politiciens
    et aux généraux qui la dirigeaient...
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    Je pense qu'un grand nombre de gens comprenaient que cette guerre pourrait être terrible.
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    Ce que vous voyez dans les lettres
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    entre Gilson, Tolkien et Wiseman,
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    et aussi dans la poésie de Smith,
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    est une sérieuse détermination à faire leur devoir
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    et qu'ils étaient préparés à donner leur vie.
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    Une évaluation réaliste que c'était une période sombre
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    et qu'ils devaient la traverser.
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    G.B. Smith et Rob Gilson rejoignirent tous deux l'armée en 1914,
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    le frère de Tolkien, Hilary, s'enrôla comme clairon
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    et Christopher Wiseman rejoignit la marine.
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    Tolkien faisait, quant à lui, face à un dilemme.
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    Tolkien était dans une position difficile
    quand la guerre éclata.
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    Il était à un an de son diplôme à Oxford
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    et Tolkien en avait désespérément besoin
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    car il voulait poursuivre une carrière académique.
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    Il n'avait aucune richesse de sa famille,
    contrairement à Gilson,
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    et donc, s'étant consacré trois ans à son diplôme,
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    il était très important qu'il aille au bout.
    Il finit par découvrir un système
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    par lequel il pouvait subir un entrainement
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    au Corps de formation des Officiers
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    tout en complétant son année,
    ce qu'il fit triomphalement
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    avec une mention à Oxford.
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    Il suivit son ami, G.B. Smith,
    dans les Lancashire Fusiliers,
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    dans l'espoir d'être affecté au même bataillon.
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    Dans l'armée, Tolkien cherchait quelque chose
    dans laquelle il pourrait utiliser ses talents particuliers,
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    et ses talents particuliers étaient les langues et les systèmes d'écriture.
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    Il était fasciné par les codes et ainsi de suite.
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    Ce fut donc tout naturellement
    qu'il s'entraina pour être signaleur.
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    Cela signifie que Tolkien était au contact
    de la technologie disponible à cette période
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    et que ça devait l'intéresser
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    Il utilisait la radio,
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    les signaux, les sémaphores.
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    Il apprit le corde morse,
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    comment utiliser les lampes de signalisation, les téléphones de campagne...
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    qui se révélèrent bien évidemment
    en grande partie inefficaces ou inopérants.
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    Il devient l'officier de signalisation de son bataillon.
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    Tolkien devait superviser les communications d'un bataillon
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    de 600 à 1000 hommes selon
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    les effectifs du moment.
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    Son travail de base consistait bien sûr
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    à faire le lien entre les diverses couches de commandement.
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    Il devait être responsable des ordres entrants,
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    faisant en sorte que les bonnes personnes les reçoivent
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    et bien sûr il devait être chargé de dire
    au commandement plus éloigné
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    de la ligne de front quelle était
    la situation dans son secteur.
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    Ainsi, il était une pierre angulaire absolue dans une guerre qui ne dépendait absolument
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    que de la quantité d'informations vous aviez sur
    la position de vos ennemis.
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    En mars 1916, alors que
    son entraînement touche à sa fin,
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    Tolkien et Edith se rendent compte
    qu'il sera bientôt envoyé au Front.
  • 12:01 - 12:03
    Ils se marient
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    et seulement deux mois plus tard,
    Tolkien est affecté en France.
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    Tous deux se séparent sans savoir
    s'ils se reverront un jour.
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    Quand Tolkien arrive au Front,
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    la Guerre fait rage depuis presque deux ans.
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    Le coût de la Guerre est clair.
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    Le pays est dévasté et les pertes innombrables.
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    Après un enlisement virtuel
    dans une guerre des tranchées en 1915,
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    et avec une nouvelle vague
    de milliers de recrues fraîchement entrainées,
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    il semble clair que la Grande Offensive est imminente.
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    Le bataillon de Tolkien reste en réserve,
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    mais il craint pour la vie de ses vieux amis
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    qui sont sur le Front.
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    Dans le mois suivant son arrivée en France
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    les Alliés lance l'Offensive de la Somme.
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    À 7h30, le samedi 1er juillet,
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    les troupes britanniques en première ligne
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    s'engagent sur le terrain.
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    Le premier jour de l'Offensive
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    20 000 hommes sont tués, 35 000 blessés
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    et plus de 2 000 sont portés disparus.
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    La première victime fut le plan lui-même.
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    Il commença à se désagréger très rapidement.
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    Tragiquement, pour les hommes restés en plein air,
    ce fut une condamnation à mort.
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    Un homme sur cinq qui allèrent
    au combat le 1er juillet, fut tué.
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    Ce fut le jour le plus désastreux
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    de l'histoire de l'Armée Britannique
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    et une tragédie pour tout le pays.
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    Il y eut des villages qui perdirent
    tous leurs jeunes hommes.
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    C'est considéré comme la perte de l'innocence.
  • 14:33 - 14:39
    Les 20 000 tués représentent
    un tournant dans la conscience britannique
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    et peut-être dans les relations entre ceux qui décident et ceux qui sont obligés d'obéir.
  • 14:53 - 14:56
    Parmi les nombreux hommes tombés ce jour-là
  • 14:56 - 15:00
    se trouve l'ami fidèle et membre de TCBS
  • 15:00 - 15:02
    Robert Gilson.
  • 15:04 - 15:08
    Il mena son peloton sur le terrain,
  • 15:08 - 15:10
    prit le commandement de sa compagnie,
  • 15:10 - 15:12
    mais fut abattu au milieu du No Man's Land.
  • 15:16 - 15:18
    Il était dans la quatrième vague.
  • 15:19 - 15:21
    Il vit la première vague y aller et échouer,
  • 15:22 - 15:24
    la seconde vague y aller et échouer,
  • 15:25 - 15:27
    la troisième vague y aller et échouer.
  • 15:28 - 15:31
    Et lui, membre de la quatrième vague,
  • 15:31 - 15:34
    devait y aller... et pourtant ils y allèrent.
  • 15:34 - 15:36
    Et cela, je crois que c'est ce qu'il y a de plus poignant
  • 15:36 - 15:40
    et probablement de plus tragique
    à propos du 1er juillet 1916.
  • 15:42 - 15:47
    Que cette génération, qui avait tant
    de foi en ses supérieurs,
  • 15:47 - 15:50
    qui avait probablement tant
    de dévouement envers leurs camarades,
  • 15:50 - 15:54
    qu'ils étaient préparés à y aller,
    même si cela signifiait une mort certaine.
  • 15:58 - 16:01
    Tolkien l'apprit après sa première action en Somme,
  • 16:01 - 16:03
    quelques semaines plus tard...
  • 16:04 - 16:05
    et il fut dévasté.
  • 16:06 - 16:09
    Cela ébranla jusqu'aux fondations de ses croyances.
  • 16:09 - 16:12
    Il avait, comme tous les membres du TCBS,
  • 16:12 - 16:15
    construit leur groupe comme
  • 16:15 - 16:19
    une fraternité, avec des idées et un esprit
  • 16:19 - 16:22
    qui avaient quelque chose à apporter au Monde,
  • 16:22 - 16:25
    dans laquelle tous quatre
    étaient des parties vitales,
  • 16:25 - 16:27
    mais désormais l'un d'eux était mort.
  • 16:27 - 16:31
    Qu'est-ce que cela signifiait
    concernant leur raison d'être ?
  • 16:31 - 16:32
    Mais aussi sur sa raison d'être.
  • 16:33 - 16:36
    Geoffrey Smith lui écrivit une lettre
  • 16:36 - 16:42
    dans laquelle Smith expérimente clairement des sentiments de dévastation
  • 16:42 - 16:46
    et le sentiment que leur fraternité est brisée.
  • 16:47 - 16:50
    Rob ne deviendrait jamais architecte,
  • 16:50 - 16:55
    il ne réaliserait jamais sa part
    dans ce qu'ils avaient rêvé d'être.
  • 16:57 - 16:59
    Je crois que cela lui demanda
    beaucoup de temps pour s'en remettre.
  • 17:02 - 17:07
    Les deux autres membres, Wiseman et Smith,
    étaient déterminés à le persuader que,
  • 17:07 - 17:09
    si, l'objectif du TCBS continuait
  • 17:09 - 17:12
    et je crois qu'à la fin, Tolkien s'en réjouit.
  • 17:14 - 17:16
    Tolkien écrivit au père de Rob,
  • 17:16 - 17:18
    le Proviseur de la King Edward's School,
  • 17:18 - 17:21
    pour lui exprimer ses condoléances.
  • 17:21 - 17:27
    Le TCBS perdit un jeune homme brillant,
    un artiste talentueux et surtout, le plus douloureux,
  • 17:27 - 17:29
    un ami très cher.
  • 17:34 - 17:36
    La guerre de Tolkien avait bel et bien commencé,
  • 17:36 - 17:40
    et durant les mois à venir, il fut le sujet de bien des épreuves dans la guerre des tranchées.
  • 17:41 - 17:45
    Il passait son temps dans et hors des tranchées
  • 17:46 - 17:48
    Les bataillons devaient alterner
  • 17:48 - 17:53
    de la première ligne aux tranchées
    de réserve pour se reposer, comme ils disaient en riant,
  • 17:54 - 17:57
    mais ce n'était pas vraiment du repos,
    c'était de l'entraînement.
  • 17:57 - 18:00
    Tolkien a parlé de la lassitude universelle
    de toute cette guerre.
  • 18:00 - 18:03
    Mais durant cette période, il participa à trois attaques.
  • 18:04 - 18:07
    Il eut beaucoup de chance de ne pas
    avoir à participer au premier jour de la Somme
  • 18:07 - 18:11
    Il était à quelques kilomètres
    derrière la ligne de front, à ce moment-là.
  • 18:11 - 18:15
    Son bataillon avança pour
    la deuxième vague d'attaques.
  • 18:15 - 18:20
    Ils furent envoyés contre un village appelé Ovillers qui était la ligne de front allemande.
  • 18:20 - 18:24
    L'une des premières choses qu'il rencontra
    fut le chaos complet
  • 18:24 - 18:27
    dans le système de communications
    du champ de bataille.
  • 18:27 - 18:31
    Il était très primitif, seulement partiellement construit
  • 18:31 - 18:33
    et endommagé par les aléas de la bataille.
  • 18:33 - 18:39
    Il avait des signaleurs qui traversaient
    le No Man's Land en portant des balises
  • 18:39 - 18:41
    pour dire "nous sommes arrivés",
  • 18:41 - 18:44
    d'autres pour dire "nous avons fait des prisonniers".
  • 18:44 - 18:49
    Ils portaient des pigeons, qui étaient presque
    le moyen de communication le plus fiable.
  • 18:49 - 18:52
    L'un des signaleurs de Tolkien gagna
    une médaille militaire pour avoir réussi
  • 18:52 - 18:57
    à emporter ses pigeons à travers le No Man's Land
    et pour avoir fait son travail correctement.
  • 18:58 - 19:01
    L'attaque fut un succès
    et de nombreux prisonniers furent capturés.
  • 19:01 - 19:08
    De tous les combats rencontrés par Tolkien,
    l'un des plus importants fut aussi l'un de ses derniers,
  • 19:08 - 19:11
    une attaque de la Tranchée Regina.
  • 19:11 - 19:12
    C'était en octobre.
  • 19:12 - 19:15
    À cette époque, le champ de bataille
    s'était transformé en boue.
  • 19:17 - 19:20
    L'attaque avait été retardée par la pluie incessante,
  • 19:20 - 19:24
    mais le 21 octobre, il y eut une vague
    de froid et le sol gela
  • 19:24 - 19:26
    et l'attaque pu être déclenchée.
  • 19:48 - 19:51
    Il vit des morts violentes,
  • 19:51 - 19:54
    il vit et ressenti aussi une terreur extrême.
  • 19:57 - 19:59
    Il n'a jamais, pour autant qu'on sache,
  • 19:59 - 20:03
    décrit précisément comment
    fut la guerre des tranchées,
  • 20:03 - 20:06
    mais il le résuma en deux mots,
    dans l'une de ses lettres.
  • 20:06 - 20:09
    C'était "horreur animale".
  • 20:10 - 20:13
    Cela réduisait votre humanité
  • 20:13 - 20:16
    et vous transformait en une bête vomissante,
  • 20:16 - 20:19
    prête à tout pour se recroqueviller et survivre.
  • 20:19 - 20:22
    C'est vraiment intéressant,
    si vous lisez le Seigneur des Anneaux
  • 20:22 - 20:26
    quand les personnages sont
    dans des situations de peur extrême,
  • 20:26 - 20:35
    ils sont toujours décrits baissés et hébétés, déshumanisés par la terreur.
  • 20:36 - 20:39
    De nombreuses tranchées britanniques
    étaient volontairement inconfortables,
  • 20:39 - 20:41
    car les Généraux voulaient que les hommes croient
  • 20:41 - 20:43
    qu'elles n'étaient que temporaires,
  • 20:43 - 20:44
    qu'ils avanceraient bien au-delà,
  • 20:44 - 20:46
    que ce n'était pas leur foyer.
  • 20:48 - 20:52
    Loin sur le front ouest,
    Tolkien se sentait isolé de son foyer
  • 20:52 - 20:55
    et les lettres de et à Edith étaient sa ligne de vie.
  • 20:56 - 20:58
    Pour des raisons d'importance stratégique
  • 20:58 - 21:02
    Tolkien avait interdiction de partager
    sa position dans ses lettres,
  • 21:02 - 21:06
    alors il inventa un code de points,
    pour tenir Edith informée d'où il était.
  • 21:07 - 21:12
    Il trouvait simplement les lettres de l'alphabet
    dans ce qu'il lui écrivait
  • 21:12 - 21:14
    et mettait un point par-dessus
  • 21:14 - 21:18
    pour épeler le nom du lieu où
    il était positionné à ce moment-là.
  • 21:19 - 21:22
    Et Edith gardait une carte sur son mur
  • 21:22 - 21:26
    qu'elle punaisait pour montrer où il était à ce moment-là.
  • 21:28 - 21:30
    Après l'attaque victorieuse sur la Tranchée Regina,
  • 21:30 - 21:32
    le bataillon fut relevé du front
  • 21:32 - 21:35
    et parada devant les hauts gradés.
  • 21:35 - 21:38
    Cependant, Tolkien tomba malade.
  • 21:38 - 21:42
    C'était la fièvre des tranchées,
    une maladie portée par les poux
  • 21:42 - 21:44
    due aux mauvaises conditions d'hygiène
    dans les tranchées
  • 21:45 - 21:48
    Elle s'attrape par contact avec les poux
  • 21:48 - 21:51
    et ses symptômes sont très déplaisants.
  • 21:51 - 21:54
    Cela vous donne des maux de tête,
    des crampes d'estomac,
  • 21:54 - 21:58
    des douleurs articulaires et dans les os,
  • 21:58 - 22:01
    des lésions cutanées, etc.
  • 22:01 - 22:02
    Ce n'est pas fatal,
  • 22:02 - 22:04
    mais cela peut rendre très affaibli.
  • 22:04 - 22:07
    Si affaibli que nous ne pouvez être un soldat efficace.
  • 22:07 - 22:11
    Tolkien était un cas très mauvais,
    si mauvais qu'il dû être considéré invalide.
  • 22:11 - 22:13
    "Retour au bercail", comme ils disent.
  • 22:13 - 22:14
    Et, de fait, ce fut la fin de sa guerre.
  • 22:14 - 22:16
    Cela sauva la vie de Tolkien.
  • 22:16 - 22:20
    Cela l'emporta hors du champ de bataille
    et de retour en Angleterre.
  • 22:20 - 22:23
    Il fut ramené à Birmingham,
  • 22:23 - 22:25
    au First Southern General Hospital,
  • 22:25 - 22:28
    comme on l'appelait alors, qui fut mis en place
  • 22:28 - 22:30
    dans l'enceinte de l'université de Birmingham.
  • 22:31 - 22:36
    Ce fut là que Tolkien et sa femme Edith furent réunis
  • 22:36 - 22:38
    et où il commença à écrire
  • 22:38 - 22:40
    les premières histoires en Terre du Milieu.
  • 22:41 - 22:44
    Sa réunion avec Edith fut très intense
  • 22:44 - 22:47
    et ce fut une inspiration pour diverses pièces
  • 22:47 - 22:52
    d'écriture de sa mythologie,
    en particulier l'histoire de Lúthien et Beren
  • 22:52 - 22:56
    qui est décrite dans le Silmarillion
    et mentionnée dans le Seigneur des Anneaux
  • 22:56 - 23:01
    Une histoire d'amour entre
    un homme mortel et une elfe immortelle.
  • 23:02 - 23:05
    Néanmoins, le répit de Tolkien fut de courte durée.
  • 23:05 - 23:08
    Peu de temps après son retour à Birmingham,
  • 23:08 - 23:10
    Tolkien apprit de Christopher Wiseman
  • 23:10 - 23:14
    que leur ami G.B. Smith avait été tué.
  • 23:18 - 23:20
    La Bataille de la Somme était terminée
  • 23:20 - 23:25
    et Smith organisait un match de foot pour ses hommes,
  • 23:25 - 23:27
    près de 7 kilomètres derrière la ligne de front
  • 23:27 - 23:30
    quand un obus explosa près de lui.
  • 23:32 - 23:37
    Il fut frappé par un éclat et développa ce que l'on appelle une gangrène gazeuse,
  • 23:37 - 23:39
    qui le tua en quelques jours.
  • 23:40 - 23:41
    Plus tôt en 1916,
  • 23:41 - 23:46
    alors que Tolkien était encore à l'entraînement,
    il avait reçu une lettre de G.B. Smith,
  • 23:46 - 23:48
    qui était alors dans les tranchées en France.
  • 23:49 - 23:52
    Smith allait partir pour une patrouille de nuit.
  • 23:52 - 23:54
    L'officier qui devait menait la patrouille
    la nuit précédente
  • 23:54 - 23:57
    avait été capturé et plus probablement tué.
  • 23:58 - 24:00
    C'était presque l'activité la plus dangereuse
  • 24:00 - 24:02
    que vous pouviez faire sur le Front Ouest
  • 24:02 - 24:04
    et Smith était sur le point de le faire.
  • 24:04 - 24:09
    Il eut l'opportunité d'écrire à Tolkien et de lui dire :
  • 24:12 - 24:16
    "Je suis sur le point de partir en patrouille de nuit,
  • 24:16 - 24:19
    je suis fervent admirateur
  • 24:19 - 24:22
    de ce que tu as écrit et de ce que tu écriras".
  • 24:23 - 24:27
    Il adjure Tolkien : "tu as été, j'en suis sûr, choisi."
  • 24:29 - 24:30
    "Tu dois publier."
  • 24:33 - 24:36
    Smith était essentiellement
    le premier fan de la Terre du Milieu.
  • 24:38 - 24:41
    Smith dit dans une lettre que
  • 24:41 - 24:45
    la mort ne pourra pas signer la fin du TCBS,
  • 24:45 - 24:48
    des "quatre immortels" comme il les appelait,
  • 24:48 - 24:54
    que Tolkien pourrait dire les choses qu'il avait voulu dire,
  • 24:54 - 24:57
    longtemps après qu'il ne soit plus là pour les dire.
  • 24:57 - 25:00
    C'est très émouvant, car Tolkien,
  • 25:00 - 25:05
    bien qu'ayant sa propre individualité artistique,
  • 25:05 - 25:09
    voyait, je crois, sa carrière future comme
  • 25:09 - 25:11
    une tentative de réaliser les rêves artistiques
  • 25:11 - 25:13
    qu'ils partageaient.
  • 25:14 - 25:17
    Il était capable de réunir ses forces
  • 25:17 - 25:24
    et voyait peut-être Smith comme un idéal à atteindre.
  • 25:25 - 25:28
    À l'été 1918, Tolkien et Wiseman
  • 25:28 - 25:31
    réunirent quelques poèmes de Smith
  • 25:31 - 25:33
    et les publièrent dans un petit volume intitulé
  • 25:33 - 25:36
    "A Spring Harvest", une moisson de printemps.
  • 25:38 - 25:40
    La guerre de Tolkien était terminée,
  • 25:40 - 25:43
    mais l'impact de ses expériences lui restèrent à vie
  • 25:43 - 25:46
    et figurèrent même dans ses écrits futurs.
  • 25:46 - 25:48
    L'expérience de la Guerre
  • 25:48 - 25:53
    eut un effet constant sur une grande partie
    de la mythologie de Tolkien.
  • 25:53 - 25:58
    Aussitôt que Tolkien revint de la Somme, il commença à écrire une histoire, "La Chute de Gondolin",
  • 25:58 - 26:01
    qui était le premier élément de sa mythologie
    qui abordait une bataille.
  • 26:02 - 26:06
    Et la chose fascinante à ce propos,
    c'est que les forces assaillantes
  • 26:06 - 26:08
    utilisent des choses qui sont appelées par Tolkien
  • 26:08 - 26:10
    "dragons", "bêtes" ou "monstres",
  • 26:10 - 26:14
    mais qui sont décrites comme
    métalliques et déferlantes,
  • 26:14 - 26:18
    crachant du feu, et dont certaines
    ont des troupes en leur sein.
  • 26:18 - 26:23
    C'est assez clair que c'est une sorte
    de mythification du tank,
  • 26:23 - 26:26
    qui était l'arme secrète des Anglais,
    qui venait d'être dévoilé en Somme,
  • 26:26 - 26:27
    alors que Tolkien était encore là-bas.
  • 26:28 - 26:31
    Le Seigneur des Anneaux se concentre
    sur une fraternité,
  • 26:31 - 26:35
    ils sont séparés par diverses batailles,
    tout comme l'était le TCBS.
  • 26:36 - 26:37
    Il est presque inimaginable que,
  • 26:37 - 26:40
    en écrivant l'éclatement de la fraternité,
  • 26:40 - 26:41
    dans le Seigneur des Anneaux,
  • 26:41 - 26:46
    Tolkien n'ait pas été influencé par ses propres pertes
  • 26:46 - 26:47
    durant la Première Guerre mondiale
  • 26:47 - 26:49
    et par l'éclatement du TCBS.
  • 26:50 - 26:53
    Il existe une lettre tardive dans laquelle il mentionne
  • 26:53 - 26:56
    que les Marais Morts, par lesquels Frodo,
  • 26:56 - 27:00
    Sam et Gollum voyagent, doivent quelque chose
  • 27:00 - 27:03
    au Nord de la France, de la région de la Somme,
    où il combattit.
  • 27:04 - 27:06
    Frodo et Sam sont clairement
  • 27:06 - 27:12
    les équivalents d'un officier
    et de son aide de camp, son serviteur.
  • 27:12 - 27:13
    Et Tolkien ne dit pas autre chose.
  • 27:13 - 27:17
    "Mon Sam Gamgie est inspiré des Secondes Classes,
  • 27:17 - 27:22
    des Aides de Camp que je connaissais durant la Première Guerre mondiale".
  • 27:22 - 27:26
    Frodo représente vraiment
    les sentiments d'un jeune homme
  • 27:26 - 27:29
    tel que Tolkien lui-même,
    jeté dans une guerre contre son gré
  • 27:29 - 27:33
    et portant un terrible fardeau sur ses épaules, le fardeau du devoir.
  • 27:33 - 27:43
    Vous voyez Frodo développer les symptômes de ce que
    nous appellerions aujourd'hui le Trouble de Stress Post-Traumatique
  • 27:43 - 27:47
    ou Traumatisme de guerre, ou encore comme ils l'appelaient alors, l'Obusite.
  • 27:47 - 27:50
    Il se retire du Monde,
  • 27:50 - 27:53
    se referme sans cesse sur lui-même,
  • 27:53 - 27:56
    disant qu'il ne peut se souvenir d'à quoi ressemble l'herbe,
  • 27:56 - 27:57
    de la lumière du soleil.
  • 27:58 - 28:00
    Quand la guerre se termine
    dans le Seigneur des Anneaux,
  • 28:00 - 28:04
    Frodo ne se pavane pas comme un héros,
  • 28:04 - 28:07
    il est visiblement traumatisé par toute son expérience.
  • 28:07 - 28:12
    C'était le cas de nombre de soldats
    qui revinrent du Front Ouest,
  • 28:12 - 28:15
    incapables de parler des expériences
  • 28:15 - 28:18
    qui les avaient si profondément affectés .
  • 28:23 - 28:28
    La génération qui combattit durant la Première Guerre Mondiale, devait être appelé courageuse.
  • 28:28 - 28:30
    La sacrifice de cette génération
  • 28:30 - 28:32
    était extraordinaire.
  • 28:32 - 28:38
    Il y eut des pertes tragiques non seulement
    pour les familles et les amis,
  • 28:38 - 28:40
    mais aussi pour la civilisation dans son entier.
  • 28:42 - 28:48
    Elle a fait vaciller les croyances bien ancrées
    et les préjugés d'honneur et de gloire.
  • 28:49 - 28:55
    C'est la première guerre totale des machines
  • 28:56 - 28:59
    Tant de milliers puis finalement de millions d'hommes
  • 29:00 - 29:03
    pouvaient être anéantis, détruits,
  • 29:03 - 29:07
    sans nécessairement faire face à leur ennemi individuel.
  • 29:07 - 29:11
    Ces hommes n'eurent pas le privilège
    de mourir un par un.
  • 29:11 - 29:12
    Ils moururent en masse.
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    Et ce sont ces chiffres qui, je crois,
    nous traumatisent tellement.
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    C'est pour cette raison que nous avons
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    des mémoriaux à Thiepval et à la Porte de Menin,
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    où il y a juste une longue liste de noms.
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    Leurs corps ont simplement disparus
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    et ce sont tous des vies séparées,
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    mais ils se sont tous évanouis comme une seule.
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    Quand vous lisez les King Edward's School Chronicle,
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    comme j'ai dû le faire il y a plusieurs années
    pour mes recherches sur la vie de Tolkien,
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    vous apprenez à connaître les garçons
    avec lesquels il a grandit,
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    vous voyez leur réussite,
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    ce qu'ils ont appris,
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    comme ils étaient merveilleusement intelligents,
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    et potentiellement créatifs et brillants.
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    Puis la Première Guerre mondiale
    et vous voyez qu'ils s'y dirigent tout droit.
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    Ces jeunes hommes,
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    avec leurs vies entières devant eux, ont été,
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    c'est une phrase que l'on connaît tous,
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    fauchés dans la fleur de l'âge.
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    Ils étaient plein de potentiel, pleins de vie,
    pleins de vigueur, pleins de plans, pleins d'ambitions ;
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    voulant faire toutes sortes de choses
    dans leurs vies professionnelles et personnelles
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    et on leur a refusé cette opportunité.
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    Quand vous pensez aux aléas de la guerre,
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    il est très étonnant que Tolkien ait survécu
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    et qu'il finit par produire
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    les grandes œuvres de littérature qu'on lui connaît.
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    Des œuvres qui ont forgé notre culture.
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    On pourrait se demander combien
    d'autres n'ont pas survécu,
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    quel potentiel était enfermé en eux
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    qu'ils n'eurent jamais le temps de révéler.
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    Il y eut donc là une perte incommensurable.
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    G.B. Smith donne un bref aperçu
  • 30:48 - 30:49
    d'une jeune vie soufflée
  • 30:49 - 30:57
    et ne communiquant que
    très incomplètement sur ses rêves.
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    C'est une génération qui ne parlait pas
    de ce qu'elle ressentait.
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    En ce sens, je crois que les effets
    psychologiques durèrent longtemps.
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    De nombreux vétérans survécurent à la guerre pour découvrir qu'ils ne pouvaient survivre à la paix.
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    Dans la chapelle de la King Edward's School,
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    huit plaques de cuivre portent les noms
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    des 245 Anciens Edwardiens qui perdirent la vie durant la Première Guerre mondiale.
  • 31:23 - 31:29
    Tolkien et ses amis du TCBS n'étaient que quatre parmi près de mille cinq cents Ancien Edwardiens
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    qui répondirent à l'appel de leur pays
    et combattirent dans la Grande Guerre.
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    Chacune de leurs histoires mérite d'être racontée.
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    Les pierres tombales entre lesquelles
    vous pouvez marcher
  • 31:39 - 31:45
    dans le nord de la France sont désormais
    presque devenues les cathédrales du 21ème siècle
  • 31:45 - 31:48
    où de nombreuses et importantes questions se posent,
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    sur la nature de la guerre et du sacrifice,
  • 31:54 - 31:57
    Et, dans le cas de la Première Guerre Mondiale,
  • 31:57 - 32:00
    de l'échelle de ce sacrifice.
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    Est-ce qu'aucune guerre en vaut la peine ?
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    1 403 Anciens Edwardiens servirent leur patrie durant ce conflit. Presque 1 sur 5 fut perdu.
  • 32:17 - 32:21
    On estime à plus de 16 millions le nombre de tués et à 20 millions celui des blessés durant la Première Guerre
Title:
La Grande Guerre de Tolkien
Description:

La Grande Guerre de Tolkien

Un documentaire d'une demi-heure sur l'expérience de J.R.R. Tolkien durant la Première Guerre mondiale produit pour l'exposition du centenaire de la guerre à la King Edward's School de Birmingham. Plus d'informations sur le site www.kes.org.uk/great-war-exhibition.

Produit et réalisé par :
Elliot Weaver et Zander Weaver 2014
www.EllianderPictures.co.uk

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Video Language:
English
Duration:
32:58

French subtitles

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