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Etienne Chouard. — Partie V. — Conférence de Lyon, mars 2012.

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    - Est-ce qu'y a pas des règles au débat, justement... parce que, bon, un débat politique,
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    il doit pas être pollué par certains intervenants.
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    - Vous pensez à notre débat à nous ou vous pensez à... ?
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    - Non, pas à celui-là, mais...
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    - D'une façon générale ?
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    - Oui, d'une façon générale.
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    - Alors, sur Athènes... À Athènes donc il y avait une assemblée où se réunissaient tous ceux
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    qui voulaient venir. Donc ils étaient trente, quarante, cinquante mille suivant les époques, hein,
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    puisqu'il y a eu la peste... 200 ans c'est long, donc la population a changé et puis y avait pas de recensement,
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    donc c'est des approximations, hein, qu'on a sur la population à Athènes. Donc quand ils se réunissaient,
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    ils étaient... pratiquement tout le temps ils étaient six mille. Donc ça fait une grande assemblée ça, hein.
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    Six mille... y avait pas de micro. Six mille, tout le monde se tait. Il y en a un qui parle à la fois.
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    Et on discute pas... c'est pas... c'est pas au moment de voter. Là on va voter. C'est pas au moment
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    de voter les lois qu'on discute, discutaille pour dire ce qu'on veut. C'est avant, le travail
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    des tirés au sort... Certains tirés au sort préparaient les lois. Et on discutait sur l'Agora pour savoir
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    quelles étaient ces lois. Puis venait le moment où on allait les voter, et là y avait les orateurs
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    qui défendaient. Ceux qui prêchaient pour, ceux qui prêchaient contre, un à la fois et on écoutait.
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    Donc, si vous voulez, à l'assemblée d'Athènes, il n'y avait pas de débats. Y avait une série de discours,
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    les uns après les autres, et le vote. Les citoyens sont autonomes : ça veut dire qu'ils écrivent eux-mêmes,
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    ils votent eux-mêmes les lois auxquelles ils consentent. Donc c'était ça le... La raison d'être
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    de la démocratie, c'était pas de venir à bout des injustices sociales des Athéniens ;
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    enfin j'ai rien lu qui allait dans ce sens-là. Simplement, ils tenaient, après 800 ans... Ils venaient
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    de se prendre 800 ans de tyrannie sur leur âme. Ils en avaient marre des tyrans, et ils ont voulu imaginer
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    un régime d'égalité politique. Alors je vais peut-être... Je reviendrai aux objections
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    tout à l'heure, mais comme on a notre schéma... Alors le schéma c'est celui que vous avez
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    sur votre feuille de papier, en petit, et qui est en deux parties ; enfin y a le haut et le bas.
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    Donc ça tombe bien... Je pourrais le mettre à l'écran en entier, mais ce serait écrit plus petit,
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    ce serait moins lisible. Alors qu'en fait, il faut d'abord que je vous parle du haut, et ensuite
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    je vous parlerai du bas. Donc ça va bien : il vaut mieux que ce soit gros comme ça ce sera plus lisible.
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    Est-ce que ça marche, ce truc, là, ça marche ? Ouais. Le centre du schéma, c'est l'objectif
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    des Athéniens. Alors moi je vous dis, je vous dis ce que j'en lis, hein, je lis beaucoup sur les Athéniens.
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    Je vais vous donner quelques sources. Quelques sources formidables et délicieuses,
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    et puis, après ça, je peux me tromper, hein... Ne prenez pas, enfin, ne m'en veuillez pas
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    si je me trompe. Tout le monde se trompe. Ceux qui prétendent qu'ils ne se trompent pas
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    sont des menteurs. Je cherche de bonne fois. Si vous me signalez où je me trompe, je... vous verrez,
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    je change, je change, je m'adapte, je... Je cherche pas du tout à avoir raison. Je cherche à imaginer
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    avec vous un système qui marche, pragmatique. Je suis pas du tout idéaliste. Enfin, je suis idéaliste,
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    peut-être, enfin... Je suis pas du tout... c'est pas une rêverie mon truc. Je cherche quelque chose robuste
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    qui est tout à fait possible. Si je disais c'est un truc qui marchera jamais, je le ferais pas du tout,
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    je ne me donnerais pas tout ce mal. Je me donne beaucoup de mal... Oui ?
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    - Je vous suis depuis quelques années, et je vois une évolution, en fait. Puisque vous dites
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    que vous cherchez, je trouve que vous êtes de plus en plus technique
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    et de moins en moins humain. J'veux dire...
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    ... parce que sur les 99 %,
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    y en a 90 qui n'en ont strictement rien à foutre.
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    Et même si vous leur donnez le pouvoir, ils n'en voudront pas.
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    - Je veux pas leur donner le pouvoir. Il faut qu'ils le veuillent.
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    - La question du poster, moi je l'ai essayé. 99 % des gens qui passent chez moi, ils ne lisent pas
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    ou ils demandent rien. Et le 1 % c'est des questions de politesse. Donc il faut que ce soit pragmatique.
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    À mon sens, la démocratie ça marche parce que c'est super simple : vous allez voter
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    une fois tous les cinq ans, et puis vous rouspétez autant que vous voulez, on s'en fout, voilà, enfin...
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    - Le gouvernement représentatif, vous voulez dire, pas la démocratie ?
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    - Oui, oui, pardon, actuellement, quoi. Donc c'est très bien de vouloir quelque chose de bien,
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    mais il faudrait que ce soit... Enfin, je trouve qu'on se dirige plus dans un système
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    où ça demande trop de travail à trop de gens.
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    - Ah, oui, c'est possible ça.
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    - Et il faudrait une autre éducation...
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    - Est-ce qu'on pourrait pas faire un travail... C'est quoi votre prénom ?
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    - Alexandre.
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    - Alexandre. Est-ce qu'on pourrait pas faire un travail d'équipe, Alex ? J'entends ça, moi, hein :
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    à force de travailler là-dessus, je deviens pointu, je deviens technique... J'ai tellement de choses
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    à dire que ça devient long à expliquer. Ça devient, en fait, accessible plutôt pour des gens
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    qui se sont mis au boulot, et c'est pas tout le monde, ça. C'est peut-être 10 % de la population si on est optimistes.
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    Je suis complètement d'accord avec ça, j'entends ça, hein. Mais en même temps... c'est pas perdu.
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    Il faut pas du tout compter sur moi ! Je veux dire, je me sens pas du tout, je me vis pas du tout
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    comme le gars qui apporte quelque chose. Je me sens une petite pierre, un truc, un rouage
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    dans un ensemble ; et peut-être que moi je suis arrivé à un niveau qui fait que je ne suis plus accessible,
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    parce que c'est trop compliqué, ça fait peur à des gens qui débarquent. Je peux entendre ça tout à fait.
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    Et puis c'est d'autres, c'est un Alexandre, c'est un Paul. Paul c'est un gars qui... Ils vont simplifier le truc.
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    Paul, il a fait un site qui s'appelle, qu'il a appelé - il m'en a pas parlé, hein, il m'en a parlé après - ;
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    j'ai découvert ce truc-là. Je me suis dit : « C'est génial ! C'est fabuleux ce qu'il a fait ! »
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    Il a fait un site qui s'appelle « le-message.org ». J'en ai mis quelques copies d'écran, là, mais en fait,
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    il y a cinq-six pages, c'est fabuleux, c'est très léger, c'est light, c'est 0 % de matières grasses. Y a cinq points qui amènent à...
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    ... très très simplement, avec ce qu'il considère... Il s'est tartiné toutes les conférences, les textes,
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    il a réfléchi. Il s'est fait sûrement la même objection que la vôtre en disant : « Y a trop de trucs,
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    là, sur son site au père Chouard. C'est... Y en a trop, on se perd, on se noie. » Alors il a dit :
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    « Ben, qu'est-ce qui compte là-dedans ? » Et il a retenu ce qui semblait essentiel pour arriver à
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    la cause des causes, le processus constituant, le message. Et on va tout changer, déjà, si on fait
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    une assemblée, si on fait un gouvernement représentatif, le même qu'aujourd'hui, simplement
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    c'est nous qui écrivons les règles. C'est n'importe qui mais pas les professionnels de la politique. Il va y avoir
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    la même chose qu'aujourd'hui mais avec des contre-pouvoirs partout, et notre initiative
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    qui permet de bloquer quand on n'est pas contents. Mais Alexandre, ça change tout ça déjà, ça vaut le coup.
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    C'est simple ce truc-là. Et donc ça, lui, il l'a fait. Donc il a... Dans un site qui s'appelle « le-message.org »,
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    je vous invite à aller voir ça, y a cinq points très courts, avec à chaque fois un paragraphe
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    de deux-trois lignes, vraiment ultra léger, et vraiment c'est les mots qui comptent. C'est les mots
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    qui comptent pour comprendre la logique. Point 1, point 2, point 3, donc ce qu'il nous faut c'est :
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    un processus constituant dans lequel il n'y ait pas de professionnels de la politique.
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    Et pour que ça marche, il faut qu'on soit nombreux à le vouloir. Mais comme ça va régler tous les problèmes,
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    la plupart des injustices sociales vont céder devant notre... enfin notre puissance politique
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    qu'on a jamais vue pour l'instant. Le peuple n'a jamais vu sa puissance politique, sa capacité
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    à résister à la catastrophe écologique, à la corruption, etc. Le fait d'avoir enfin rendu possible
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    notre puissance politique va permettre de régler le problème, et donc dans « le-message » il arrive
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    très vite, en fait, à... donc avec un discours plus simple que le mien, il arrive à ça.
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    Et donc, est-ce que ça peut pas être un travail d'équipe ? C'est-à-dire que moi je continue à approfondir le truc,
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    à chercher les objections pour être sûr que c'est robuste et qu'il n'y a pas un truc
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    qu'on a raté, quoi, un loup... un vice caché, un truc qu'on n'a pas vu, et puis... Mais ceci dit,
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    dans ce que vous avez dit, Alexandre, dans l'objection qui consiste à dire : j'arrive pas...
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    j'arrive à convaincre 10 %, c'est-à-dire un peu plus que les 1 % qui font de la politique,
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    mais il y a 90 %, mais qui s'en tapent complètement, c'est terrible ! C'est-à-dire que je... même quand
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    j'essaie de leur en parler, ils me disent : « Mais parle-moi d'autre chose ou je m'en vais ;
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    je reviens plus, quoi ! » Bon... évidemment, là, j'ai pas de solution à ça, mais, à mon avis,
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    la réponse à ça, c'est que c'est pas nouveau, ça existait déjà à Athènes, et à Athènes, à l'assemblée,
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    il n'y avait pas les trente ou quarante mille personnes qui venaient. Il n'y en avait que six mille.
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    Les autres ils s'en tapaient complètement ! Et ça marchait très bien. Si t'es pas content,
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    tu vas à l'assemblée, tu vas voter, tu vas discuter. Et si t'es content et ben tu y vas pas,
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    les choses se feront sans toi, mais tout va bien. Si tu veux, ce qui est très important
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    dans la démocratie, c'est que ça marche commune par commune, à l'échelle de la démocratie ;
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    quand vous parliez d'échelle... Effectivement, l'échelle ça doit être la commune.
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    Et commune par commune viennent ceux qui veulent. Et tu as raison, on n'aura pas
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    des assemblées de trente mille, on n'aura pas le Parc des Princes à chaque fois. On aura des petites assemblées
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    de six-dix mille personnes si tout se passe bien, si on arrive à bien gérer notre truc. Oui ?
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    - Oui, juste une rectification sur... Les six mille qui étaient rassemblés sur l'Agora
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    ils se renouvelaient pas mal et y en avait beaucoup qui arrivaient,
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    donc y en avait pas six mille qui se passionnaient pour le sujet...
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    - Y en avait plus que ça.
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    - ... et puis le reste qui restait perpétuellement à l'écart.
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    - Oui, absolument, absolument. Pour simplifier je disais que y avait déjà des gens qui s'en foutaient...
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    ... et le jour dit y en avait que six mille qui étaient là, mais vous avez raison de dire
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    que c'était pas toujours les mêmes. Ils venaient quand il y avait un sujet qui les intéressait...
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    - Mais faut avoir les moyens d'analyser, parce que, actuellement, l'éducation qu'on a
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    elle nous donne pas forcément les moyens d'analyser.
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    - Vous avez raison. Mais, là encore, la réponse est dans la solution. C'est-à-dire que comme dit
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    Tocqueville, merveilleusement, hein, les jurés tirés au sort, c'est une école. C'est-à-dire
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    que ça nous apprend. Comme disait Aristote, le citoyen, il apprend son boulot de citoyen en pratiquant.
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    Il est tantôt gouverné, tantôt gouvernant, tantôt gouverné... Et c'est ça qui le rend...
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    « C'est en forgeant qu'on devient forgeron. » Et donc... ce qui est très important dans la démocratie,
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    c'est que comme ils voulaient une égalité réelle, ils voulaient de l'amateurisme. L'amateurisme,
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    ça veut dire que c'est pas professionnel. Ils considéraient - et donc là, y a... c'est de la philosophie politique -,
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    ils considéraient que, certes, pour construire un bateau il fallait une compétence ;
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    et d'ailleurs ils élisaient ces gens-là. Pour mener la guerre, pour mener... il fallait une compétence.
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    Et d'ailleurs ils élisaient leur généraux. Pour tenir les comptes, il fallait une compétence,
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    savoir compter et d'ailleurs ils élisaient leurs financiers. Mais ce qu'ils disaient les Athéniens,
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    et je crois que nous pourrions le dire, nous devrions pas être complexés de ce point de vue,
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    parce qu'il y a plein d'expériences... Le bouquin de Sintomer, si j'oublie de vous en parler,
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    vous me direz tout à l'heure, il y a plein d'expériences humaines de tirage au sort qui montrent
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    que nous sommes tout à fait compétents. Les tirés au sort sont compétents.
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    Et donc, ce que disaient les Athéniens, c'est : pour faire de la politique, nous sommes tous égaux.
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    Y a pas besoin de compétences, nous avons la compé... nous avons tous, parce que nous sommes vivants
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    et avec un cerveau... bon, pas les fous, hein. Ils avaient... Vous le voyez sur votre papier,
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    mais là y avait la docimasie, c'est-à-dire un examen de passage qui n'examinait pas les compétences ;
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    je vous répète, ils se considéraient comme... c'était un pari. C'était pas un pari, c'était un axiome.
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    On posait... on était démocrates, eh bien on posait... Et ça c'est un fondement, hein,
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    c'est un pilier ; si vous retirez ça, vous retirez la démocratie, quoi. C'est un pilier
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    qui disait : nous postulons notre égalité politique. Pas notre égalité intellectuelle. On sait bien,
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    les Athéniens savaient bien qu'il y avait des fous, des voleurs, des... Donc ils se méfiaient les uns des autres ;
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    ils savaient très bien qu'il y avait des abrutis, ou des malfrats. Donc, mais politiquement,
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    nous sommes égaux, ils le postulaient. Y a pas de compétence politique. Il faut relire
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    Castoriadis, quoi, hein. Castoriadis le met en évidence. Et donc, si vous voulez, la compétence
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    ensuite dont on va avoir besoin pour gérer les affaires, est-ce qu'un élu l'a plus qu'un tiré au sort ?
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    Mais moi je le conteste ! Mais je le conteste formellement ! Enfin, si j'essaie de faire la liste
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    des bêtises que font nos élus partout dans le monde, à commencer par le déclenchement des guerres
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    et des explosions atomiques pour tester les prochaines armes épouvantables ! Et l'entraînement de l'armée
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    avec des armements, mais, extravagants ! Tout ça c'est des élus qui décident tout ça sous l'influence
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    des militaires. Quand je fais la liste des épouvantables erreurs que font nos élus,
  • 13:36 - 13:42
    j'ai pas peur, hein, sur les tirés au sort que nous allons être. On aura du mal à avoir un palmarès
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    d'erreurs aussi riche ! Ce qui fait la compétence d'un élu quand il vient d'être élu, un jeune élu,
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    il est bon à rien ! C'est un jeune avocat, bon, il est un bon avocat, mais il est très... il est nul
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    sur le réchauffement climatique, ou sur la géostratégie ou sur l'écologie. Il connaît rien ! Rien !
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    Et qu'est-ce qui va le rendre compé... Et pourtant, il va devenir compétent. Qu'est-ce qui va le rendre compétent ?
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    C'est son travail ! Il va se mettre sur un sujet, il va se mettre à bosser. Mais le tiré au sort,
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    c'est pareil. Les tirés au sort, ils sont pas compétents...
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    Ça vous fait peur en disant : « Il faut une formation. »
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    Je vous recommande le livre de Sintomer qui s'appelait « Le tirage au sort »,
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    et qui s'appelle maintenant, deuxième édition, « Petite histoire de l'expérimentation démocratique ».
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    Donc lui il explique le tirage au sort à Athènes,
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    donc c'est très intéressant,
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    dans les plus fins rouages du quotidien.
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    C'est très intéressant de voir comment ça marchait,
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    et donc comment on pourrait le faire marcher, nous, aujourd'hui.
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    Et puis ensuite il explique les expériences de tirage au sort,
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    aujourd'hui, partout dans le monde.
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    Mais vous vous apercevez que les citoyens incompétents...
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    Mais attends, c'est les élus, là, qui nous traitent d'incompétents ! Mais vous nous vexez !
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    On est pas si incompétents que ça !
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    Mais qui êtes-vous pour nous dire que nous sommes incompétents ?
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    Ne les croyez pas. Ne les croyez pas. Quand vous allez voir ce que font les assemblées citoyennes,
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    « des assemblées d'incompétents » entre guillemets,
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    des assemblées de gens, en fait, honnêtes,
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    qui sont tirés au sort, qui connaissent rien au sujet.
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    Mais qui se mettent à plancher sur le sujet pendant six mois.
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    Vous avez trois mois, quatre mois, cinq mois pour réfléchir sur les OGM.
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    Et vous allez écouter les gens de Monsanto,
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    vous allez les faire venir, vous avez de l'argent pour ça.
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    Et vous pouvez faire venir les gens de Monsanto, et vous allez leur demander...
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    Vous n'y connaissez rien au début. OK, c'est vrai.
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    Mais vous allez leur dire :
  • 15:12 - 15:16
    « Mais expliquez-nous pourquoi... Parce que nous on nous demande est-ce qu'on est pour ou contre les OGM.
  • 15:16 - 15:19
    Alors, il paraît que vous êtes pour ; expliquez-nous, Monsanto, pourquoi vous voulez des OGM. »
  • 15:19 - 15:22
    Et Monsanto envoie ses experts pour expliquer pourquoi.
  • 15:22 - 15:27
    Ensuite, les mêmes « incompétents », ils savent que la Confédération paysanne,
  • 15:27 - 15:29
    ils sont pas d'accord avec les OGM.
  • 15:29 - 15:31
    Alors ils font venir les gens de la Confédération paysanne,
  • 15:31 - 15:33
    en disant : « Mais pourquoi vous êtes pas d'accord avec les OGM ? »
  • 15:33 - 15:34
    Et les gens de la Confédération paysanne leur expliquent.
  • 15:34 - 15:36
    Pendant ce temps, il y a des gens qui écoutent autour.
  • 15:36 - 15:38
    Il y a d'autres citoyens, qui sont pas de l'assemblée, mais qui écoutent.
  • 15:38 - 15:42
    Tous ces gens-là [?] et cherchent à comprendre.
  • 15:42 - 15:44
    Ensuite ils font venir les gens de Bayer, donc un autre Monsanto,
  • 15:44 - 15:47
    en disant : « Ils nous ont dit que les OGM c'est... »
  • 15:47 - 15:49
    Et puis alors Bayer dit : « Oui, mais ils ont oublié de dire ça et ça. »
  • 15:49 - 15:53
    Alors on fait venir les gens de... les paysans d'Amérique latine.
  • 15:53 - 15:55
    On a de l'argent, hein, on les fait venir.
  • 15:55 - 15:59
    On leur dit : « Expliquez-nous pourquoi vous avez.... Vous aviez pas les OGM et vous avez voulu les OGM.
  • 15:59 - 16:03
    Pourquoi ? Vous avez installé les OGM. Alors ça s'est passé comment ?
  • 16:03 - 16:04
    Et maintenant si vous faites le bilan
  • 16:04 - 16:06
    qu'est-ce que vous en dites ? C'est bien ? C'est mal ? »
  • 16:06 - 16:08
    Et les paysans d'Amérique latine nous expliquent.
  • 16:08 - 16:12
    Attendez, les incompétents, là... Ensuite ils font revenir les gens de Monsanto, parce que
  • 16:12 - 16:15
    ils sont « incompétents », mais ils sont pas fous et ils sont honnêtes.
  • 16:15 - 16:18
    Donc ils veulent tout savoir. Ils veulent comprendre le truc.
  • 16:18 - 16:20
    Donc, ils ont entendu Monsanto une fois. Ils ont entendu les paysans une fois ;
  • 16:20 - 16:23
    ils ont entendu les opposants aux OGM une fois, mais il faut pouvoir répondre.
  • 16:23 - 16:26
    Donc ils font revenir les gens de Monsanto en disant :
  • 16:26 - 16:28
    « Mais ils nous ont répondu ça et ça. Qu'est-ce que vous dites ? »
  • 16:28 - 16:30
    Les gens de Monsanto répondent, etc.
  • 16:30 - 16:33
    Attendez, au bout de six mois, ces gens-là ils sont plus compétents que n'importe qui.
  • 16:33 - 16:35
    Et pourtant c'est vous et moi ça.
  • 16:35 - 16:39
    Il faut... Je vous conseille de lire. Ça va vous donner la pêche ça, hein.
  • 16:39 - 16:45
    Vous avez des tas d'histoires d'assemblées tirées au sort de soit-disant incompétents
  • 16:45 - 16:48
    qui, par leur travail, deviennent tout à fait compétents
  • 16:48 - 16:51
    et surtout désintéressés,
  • 16:51 - 16:55
    honnêtes, très difficiles à influencer par les lobbies parce qu'ils ne doivent rien à personne.
  • 16:55 - 16:59
    Qu'est-ce qui fait qu'un élu est corruptible ?
  • 16:59 - 17:01
    C'est qu'il est endetté l'élu.
  • 17:01 - 17:03
    Il a son pouvoir parce qu'on lui a financé sa campagne électorale.
  • 17:03 - 17:05
    Alors je parle pas des petits élus, hein.
  • 17:05 - 17:09
    Les petits élus ils peuvent être élus parce que dans une commune, vous êtes élu
  • 17:09 - 17:11
    parce que vous êtes connu ; vous êtes connu comme quelqu'un de bien
  • 17:11 - 17:13
    et puis en plus vous allez pas gagner grand-chose, hein.
  • 17:13 - 17:17
    Donc, il y a souvent beaucoup de dévouement dans les élus des petites bourgades.
  • 17:17 - 17:20
    Et je dis pas du tout que tous les élus sont pourris ;
  • 17:20 - 17:24
    c'est pas ça que je dis. Mais je dis que quand on change de taille et qu'on devient au niveau
  • 17:24 - 17:28
    de la nation, encore plus au niveau de l'Europe, et ce sera pire encore au niveau du monde,
  • 17:28 - 17:31
    quand il faudra avoir financé une campagne électorale
  • 17:31 - 17:33
    pour gagner une élection à ce niveau-là,
  • 17:33 - 17:37
    tous les élus vont être endettés par rapport à ceux qui ont financé leur élection.
  • 17:37 - 17:39
    Et ceux qui ont financé leur élection ils le font pas par philanthropie ;
  • 17:39 - 17:41
    c'est pas vrai. C'est pas vrai.
  • 17:41 - 17:43
    Ils le font parce qu'ils attendent un retour d'ascenseur.
  • 17:43 - 17:46
    Donc si vous voulez, quand ce sont des élus qui discutent des OGM,
  • 17:46 - 17:49
    ils sont très dépendants de ceux qui ont financé leur élection.
  • 17:49 - 17:52
    Et si dans ceux qui ont financé leur élection, il y a les Monsanto,
  • 17:52 - 17:55
    Il y a les laboratoires pharmaceutiques, les laboratoires... Big Pharma,
  • 17:55 - 18:00
    vos élus, ils ont beau être compétents, eh bien c'est pire
  • 18:00 - 18:02
    parce que s'ils sont malhonnêtes...
  • 18:02 - 18:04
    Si vous avez compétent et malhonnête...
  • 18:04 - 18:05
    - Ils sont en conflit d'intérêt.
  • 18:05 - 18:07
    - Ils sont en conflit d'intérêt ; c'est une catastrophe.
  • 18:07 - 18:10
    Donc, je vous dis, l'objection de la compétence...
  • 18:10 - 18:15
    Il y a encore d'autres arguments pour réfuter, mais ça résiste pas à l'analyse. Oui ?
  • 18:15 - 18:19
    - Simplement, sur ce que vous dites,
  • 18:19 - 18:21
    le p'tit gars qui est tiré au sort
  • 18:21 - 18:23
    il peut être acheté par Monsanto
  • 18:23 - 18:25
    ou acheté par la Confédération paysanne.
  • 18:25 - 18:27
    - Bon, décidément, faut que je réponde à cette objection, absolument.
  • 18:27 - 18:30
    - C'est pas ça, mais...
  • 18:30 - 18:33
    - Alors attendez, attendez, parce que le petit tiré au sort, imaginez que c'est vous.
  • 18:33 - 18:34
    - Oui.
  • 18:34 - 18:36
    - Ou c'est moi... Moi je dois rien à personne.
  • 18:36 - 18:39
    Je suis tiré au sort ; Monsanto s'il se pointe pour essayer de me corrompre,
  • 18:39 - 18:42
    mais vous allez voir le foin que je vais faire dans l'assemblée
  • 18:42 - 18:44
    pour dire : « Hé ! Il y a Monsanto qui est en train d'essayer de me corrompre ! »
  • 18:44 - 18:46
    Parce que si je dois rien à personne...
  • 18:46 - 18:48
    C'est beaucoup plus dur de corrompre,
  • 18:48 - 18:51
    c'est beaucoup plus dur de corrompre quelqu'un qui ne doit rien.
  • 18:51 - 18:54
    Autrement dit... Dit autrement... A contrario,
  • 18:54 - 18:58
    c'est très facile de corrompre quelqu'un qui vous doit quelque chose.
  • 18:58 - 19:01
    Et comme l'élection à grande échelle
  • 19:01 - 19:07
    met mécaniquement l'élu et le candidat à la prochaine élection,
  • 19:07 - 19:11
    parce que il va... Il est drogué au pouvoir, il va en redemander, hein, il en redemande.
  • 19:11 - 19:13
    Ça le met en situation de dépendance
  • 19:13 - 19:15
    par rapport à ses sponsors financiers
  • 19:15 - 19:17
    et par rapport à son parti,
  • 19:17 - 19:20
    qui lui-même a les mêmes sponsors financiers.
  • 19:20 - 19:22
    Donc il faut comprendre que ces gars-là
  • 19:22 - 19:25
    sont absolument pas indépendants intellectuellement.
  • 19:25 - 19:26
    Ils peuvent être très gentils au début ;
  • 19:26 - 19:29
    le mécanisme de l'élection va les corrompre.
  • 19:29 - 19:31
    Je leur en veux pas, hein.
  • 19:31 - 19:33
    Je dis juste que pour nous c'est pas le bon système.
  • 19:33 - 19:36
    Faudra que je réponde à...
  • 19:36 - 19:38
    Parce que il y a deux, trois objections très fortes que vous faites
  • 19:38 - 19:39
    quand vous dites :
  • 19:39 - 19:42
    « Il a beau être tiré au sort, il va être corrompu. »
  • 19:42 - 19:45
    Il est corruptible, mais bien sûr qu'il est corruptible.
  • 19:45 - 19:47
    Les Athéniens savaient qu'il était corruptible.
  • 19:47 - 19:50
    Je dis pas qu'il est incorruptible, je dis qu'il est plus difficile à corrompre.
  • 19:50 - 19:53
    Mais surtout... Alors, attendez, normalement je dois pouvoir avancer.
  • 19:53 - 19:55
    Tec ! Ça c'est vachement bien quand même ;
  • 19:55 - 19:56
    Ça c'est moderne, hein.
  • 19:56 - 19:58
    C'est-à-dire que là j'ai descendu, là je remonte. OK.
  • 19:58 - 20:02
    Donc en dessous... Jour, nuit... Tu sais dans « Les Visiteurs ».
  • 20:02 - 20:06
    Tout ça, là, ça, c'est des contrôles.
  • 20:06 - 20:09
    C'est-à-dire que les tirés au sort, ils s'en méfiaient tellement,
  • 20:09 - 20:11
    parce qu'ils étaient pragmatiques.
  • 20:11 - 20:15
    Ils étaient pas du tout utopistes, idéalistes...
  • 20:15 - 20:17
    Ils savaient très bien que parmi les tirés au sort
  • 20:17 - 20:19
    il pouvait y avoir des affreux.
  • 20:19 - 20:21
    Alors ils avaient mis des tas de contrôles.
  • 20:21 - 20:23
    Ils avaient mis des contrôles avant le mandat,
  • 20:23 - 20:25
    pendant le mandat, à la fin du mandat, après le mandat.
  • 20:25 - 20:28
    Attendez, des contrôles... Nous, avec les élus, il n'y en a aucun.
  • 20:28 - 20:29
    Voilà : zéro.
  • 20:29 - 20:31
    Zéro.
  • 20:31 - 20:32
    Parce que le petit contrôle
  • 20:32 - 20:33
    qu'il y a avec les élus, c'est :
  • 20:33 - 20:35
    peut-être que tu risques de pas être réélu.
  • 20:35 - 20:39
    Mais alors si t'es pas réélu...
  • 20:39 - 20:40
    Vous savez ce qu'ils ont fait ?
  • 20:40 - 20:43
    Ils ont voté un revenu,
  • 20:43 - 20:45
    un chômage.
  • 20:45 - 20:48
    Quand t'es viré, t'es payé pendant combien de temps ?
  • 20:48 - 20:49
    Dites un chiffre.
  • 20:49 - 20:52
    - Cinq ans. - Cinq ans ! Oui, c'est vrai !
  • 20:52 - 20:56
    Non mais c'est pas à eux d'écrire ça, quoi.
  • 20:56 - 20:59
    Ils ont écrit... Les parlementaires ont écrit des règles
  • 20:59 - 21:02
    qui leur permettent d'être payés pendant qu'ils sont élus,
  • 21:02 - 21:06
    et quand ils sont rejetés parce qu'ils ont trahi toutes leurs promesses
  • 21:06 - 21:07
    et qu'ils sont pas réélus,
  • 21:07 - 21:09
    ils sont quand même payés jusqu'à la prochaine,
  • 21:09 - 21:11
    parce que lui [l'élu actuel] il est en train de mentir...
  • 21:11 - 21:14
    Et donc, pendant ce temps-là il faut qu'ils puissent continuer à vivre à nos crochets.
  • 21:14 - 21:17
    C'est vraiment nos crochets parce que là ils travaillent plus pour nous, là.
  • 21:17 - 21:19
    Et puis quand l'autre à force de trahir se fait jeter,
  • 21:19 - 21:22
    et comme le choix c'est ces deux-là, c'est tout,
  • 21:22 - 21:24
    c'est l'UMP ou le PS, hein... mais l'UMP c'est pareil.
  • 21:24 - 21:27
    En Angleterre il y en a deux aussi ; aux États-Unis il y en a deux aussi.
  • 21:27 - 21:31
    Le système mafieux qui se met en place, là, il se retrouve partout dans le monde.
  • 21:31 - 21:34
    Comme si c'étaient des forces naturelles qui se mettaient en place ;
  • 21:34 - 21:35
    parce que c'est ce qu'il y a de plus malin, hein.
  • 21:35 - 21:39
    Là, quand il va se faire virer celui-là, et ben il passera au chômage
  • 21:39 - 21:42
    et lui il reprendra son boulot, ce qui fait qu'ils sont à mi temps,
  • 21:42 - 21:44
    mais grâce à leur indemnité de chômage ils sont à temps plein.
  • 21:44 - 21:47
    Mais donc il y a... Aujourd'hui, on a pas de contrôle, hein, des élus ;
  • 21:47 - 21:48
    il n'y a pas de contrôle du tout.
  • 21:48 - 21:51
    Alors que là il y avait que les volontaires. Donc c'était filtré.
  • 21:51 - 21:54
    Donc ceux qui sentaient qu'ils étaient pas capables, ils venaient pas.
  • 21:54 - 21:56
    Donc ça fait déjà un filtre qui devrait vous rassurer,
  • 21:56 - 21:59
    parce que le gars qui sait qu'il est... ou qui s'en fout ou bien...
  • 21:59 - 22:03
    ... ou bien il sait qu'il se met en colère ou bien il sait que... Il se filtre déjà.
  • 22:03 - 22:07
    Je vais vite, mais ça vaut le coup d'aller un petit peu plus doucement, là, hein.
  • 22:07 - 22:09
    Mais je vais vite pour vous répondre et pour répondre aux autres objections.
  • 22:09 - 22:13
    Il y avait la docimasie qui était un examen, un examen de passage pour les fous,
  • 22:13 - 22:15
    les vrais fous, les jetés. Et puis ils avaient des critères, mais...
  • 22:15 - 22:17
    Il faudrait que nous réfléchissions aux critères
  • 22:17 - 22:20
    pour savoir qui on peut tirer au sort, qui on accepte comme représentants.
  • 22:20 - 22:25
    Avant de continuer... Vous vous souvenez que les représentants c'est pas eux qui votent les lois.
  • 22:25 - 22:28
    L'enjeu c'est pas : « Il va voter mes lois ! » Pas du tout, c'est vous qui allez voter vos lois.
  • 22:28 - 22:31
    Justement parce que vous avez des représentants qui sont tirés au sort.
  • 22:31 - 22:35
    Ils vont être affaiblis parce qu'ils sont tirés au sort. Ils vont être contrôlés partout.
  • 22:35 - 22:40
    Et c'est parce qu'ils sont tirés au sort et affaiblis et contrôlés que vous allez décider.
  • 22:40 - 22:44
    Donc, n'ayez pas peur de l'affreux ! L'affreux il fera mal son boulot de ceci, cela,
  • 22:44 - 22:47
    mais ils ont très peu de pouvoir. Les représentants qui sont contrôlés, là,
  • 22:47 - 22:51
    ils ont peu de pouvoir, pour pas longtemps et jamais deux fois de suite.
  • 22:51 - 22:54
    En plus ils sont contrôlés, contrôlés, contrôlés contrôlés.
  • 22:54 - 22:57
    Il n'y a rien à craindre du tirage au sort si vous y réfléchissez.
  • 22:57 - 23:02
    Bon, quand on découvre le truc, on sait pas comment ça marche.
  • 23:02 - 23:06
    On se dit : « Aaaaaaah ! Tirés au sort ! » On imagine que les affreux d'aujourd'hui,
  • 23:06 - 23:10
    au lieu de les... « En plus, le peu de contrôle qu'il y a on l'aura même plus
  • 23:10 - 23:13
    et ça va être n'importe qui... » Non mais c'est parce que c'est un malentendu.
  • 23:13 - 23:16
    C'est pas du tout ça. La démocratie, c'est pas la même chose qu'aujourd'hui,
  • 23:16 - 23:18
    et puis on tire au sort à la place. C'est pas du tout ça.
  • 23:18 - 23:26
    La démocratie, c'est nous votons nous-mêmes nos lois et comme on veut pas...
  • 23:26 - 23:29
    Il y a des choses qu'on peut pas faire :
  • 23:29 - 23:31
    on peut pas préparer nos lois parce que on est trop nombreux.
  • 23:31 - 23:33
    Donc on les fait préparer par un Conseil des Cinq cent tiré au sort.
  • 23:33 - 23:36
    Il y avait un Conseil des Cinq cent tiré au sort qui préparait les lois, qui en discutait...
  • 23:36 - 23:40
    ... avec nous d'ailleurs, hein, on pouvait participer. Et puis on votait les lois.
  • 23:40 - 23:42
    Mais donc il faut un Conseil des Cinq cent pour...
  • 23:42 - 23:44
    Donc il fallait des tirés au sort pour préparer les lois.
  • 23:44 - 23:48
    Il fallait des tirés au sort pour appliquer les lois.
  • 23:48 - 23:53
    Les juges étaient tirés au sort. Les policiers étaient tirés au sort.
  • 23:53 - 23:57
    Les policiers étaient tirés au sort. C'est pas con ça, hé !
  • 23:57 - 24:02
    Les juges étaient tirés au sort. Hé ! Donc, ils ne faisaient pas corps comme disait Robespierre.
  • 24:02 - 24:05
    C'est-à-dire que c'était pas toujours les mêmes qui étaient armés, qui pouvaient tirer,
  • 24:05 - 24:08
    qui étaient impunis, qui étaient protégés. C'était pas toujours les mêmes.
  • 24:08 - 24:11
    C'était un coup t'es juge, et puis dans un an t'es plus juge.
  • 24:11 - 24:17
    Et à la fin de ton mandat de juge tu rends des comptes et peut-être que tu vas être puni. Puni !
  • 24:17 - 24:18
    Et puni sévèrement. Et comment tu rends des comptes ?
  • 24:18 - 24:23
    Tu rends des comptes devant un tribunal de 200 personnes tirées au sort.
  • 24:23 - 24:25
    Attends, la reddition... Ils s'en occupaient de la démocratie, hein.
  • 24:25 - 24:30
    C'est-à-dire que quand tu rendais des comptes... Le tiré au sort il était volontaire,
  • 24:30 - 24:35
    mais c'était pas une sinécure, hein. C'était pas... Il était pas payé 60 000 euros par mois
  • 24:35 - 24:37
    à être absent de l'assemblée, hein.
  • 24:37 - 24:40
    Il fallait qu'il bosse, qu'il rende des comptes et peut-être qu'on le mettait à mort à la fin.
  • 24:40 - 24:45
    Donc il faisait attention. Mais pourquoi ils le faisaient ? Parce qu'ils avaient un sens du bien commun,
  • 24:45 - 24:47
    parce que ça marchait comme ça et parce que y avait le regard des autres,
  • 24:47 - 24:53
    y avait la vergogne. C'est-à-dire que celui qui avait bien servi la cité,
  • 24:53 - 24:56
    on lui faisait un panthéon. On lui faisait un arc de triomphe,
  • 24:56 - 25:01
    on lui donnait les honneurs, on le traitait mieux. Et les gens marchent à ça,
  • 25:01 - 25:06
    et on marchera toujours à ça. Y a que les malades mentaux qui marchent au pognon, hein,
  • 25:06 - 25:09
    et qui marchent qu'au pognon. Et qui s'occupent du bien, et qui sont capables
  • 25:09 - 25:12
    de faire des choses bien que parce qu'ils ont un million d'euros par an !?
  • 25:12 - 25:14
    Mais y a très peu de gens qui marchent comme ça.
  • 25:14 - 25:18
    - Vous parliez d'anachronisme tout à l'heure, alors quand vous parlez
  • 25:18 - 25:20
    de tirage au sort, c'était dans un certain contexte à une certaine époque.
  • 25:20 - 25:23
    Peut-être que maintenant faudrait parler d'autre chose que tirage au sort.
  • 25:23 - 25:24
    - Peut-être...
  • 25:24 - 25:29
    - C'est éthique après. Parce que tirage au sort, maintenant, ça fait un peu casino...
  • 25:29 - 25:38
    - Ça demande un travail, hein, je sais que ça demande un travail...
  • 25:38 - 25:41
    - Je voulais juste... C'est pas dans la même mesure, mais dans les tribunaux
  • 25:41 - 25:43
    on tire des citoyens au sort...
  • 25:43 - 25:48
    - Aujourd'hui, en assise, on tire au sort les jurés, et pour mettre en prison à vie des gens.
  • 25:48 - 25:53
    Et ça marche très bien. Et c'est des choses très importantes, hein, c'est pas...
  • 25:53 - 25:56
    Et ça change les gens... Les gens...
  • 25:56 - 25:59
    - Ça marche théoriquement très bien, mais sans que les tirés au sort
  • 25:59 - 26:05
    risquent d'être des affreux, enfin comme vous dites, chacun d'entre nous peut être sensible
  • 26:05 - 26:13
    à des pressions financières... des pressions affectives, des pressions professionnelles, etc.
  • 26:13 - 26:18
    Chacun d'entre nous. Et c'est le cas. Et c'est le cas, on le sait. De temps en temps, dans les tribunaux,
  • 26:18 - 26:23
    on a des jurys populaires qui sont effectivement tirés au sort, sans avoir de compétences...
  • 26:23 - 26:24
    - Absolument.
  • 26:24 - 26:28
    - ... et sans avoir de moyens de se défendre contre les pressions. Alors que...
  • 26:28 - 26:41
    C'est un peu dommage de dire que nos représentants sont payés, sont indemnisés, etc.,
  • 26:41 - 26:45
    mais vous savez bien que quand on a commencé à indemniser nos représentants, députés
  • 26:45 - 26:49
    ou maires, c'était pour éviter qu'ils soient justement trop sensibles...
  • 26:49 - 26:50
    - Corrompus.
  • 26:50 - 26:53
    - ... aux pressions financières d'une part, et d'autre part pour éviter que ceux
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    qui pouvaient jouer ce rôle ne pouvaient être que ceux qui avaient déjà des gros revenus par ailleurs...
  • 26:59 - 27:03
    - Non, non, mais bien sûr. C'est quoi votre prénom ?
  • 27:03 - 27:05
    - C'est Alain.
  • 27:05 - 27:10
    - Alain, je suis complètement d'accord avec vous... Il faudra payer nos députés... enfin,
  • 27:10 - 27:14
    nos députés, c'est à voir. Si c'est une démocratie, ce sera plus nos députés parce que c'est nous
  • 27:14 - 27:18
    qui voterons nos lois. Ce seront nos policiers, nos juges, nos fonctionnaires...
  • 27:18 - 27:21
    Les gens dont nous avons besoin, les gens dont l'assemblée a besoin
  • 27:21 - 27:29
    pour faire ce qu'elle ne peut pas faire elle-même. Mais, Alain, je sais bien que ce sera pas parfait.
  • 27:29 - 27:34
    Oui, il restera des risques de corruption, mais beaucoup moins.
  • 27:34 - 27:40
    Si vous voulez... Ne renoncez pas à un système dans lequel nous serions mieux protégés
  • 27:40 - 27:45
    contre les abus de pouvoir et les injustices, sous prétexte que ça va pas être parfait.
  • 27:45 - 27:50
    Oui, il va rester des risques de corruption, mais beaucoup moins.
  • 27:50 - 27:55
    Rendez-vous compte que pour l'instant, ceux que j'appelle les Versaillais, c'est-à-dire ceux qui...
  • 27:55 - 28:01
    Pour moi c'est sur la longue durée, je les retrouve tout le temps. Depuis 1789 je retrouve
  • 28:01 - 28:07
    ces ultrariches, ces 1 % qui font la pluie et le beau temps, qui font les guerres, les injustices,
  • 28:07 - 28:12
    qui font ce droit injuste qu'on appelle le capitalisme... Parce que c'est du droit le capitalisme.
  • 28:12 - 28:16
    C'est le droit du propriétaire sur les travailleurs. Et ça, ça n'est rendu possible
  • 28:16 - 28:21
    que parce que les riches ont réussi. Et jamais ils avaient pu dans l'histoire des hommes avant.
  • 28:21 - 28:25
    Faut comprendre qu'avant, c'était pas bien, y avait des abus de pouvoir, mais les riches
  • 28:25 - 28:30
    devaient partager le pouvoir avant 1789. Les riches devaient partager le pouvoir avec les nobles,
  • 28:30 - 28:32
    avec le clergé, avec le roi.
  • 28:32 - 28:36
    - Vous idéalisez, je crois un peu, ce qui se passait avant la Révolution française...
  • 28:36 - 28:37
    - Non, non, pas du tout !
  • 28:37 - 28:41
    - ... à savoir que une royauté, dont vous avez souligné tout à l'heure que ça pouvait être
  • 28:41 - 28:45
    une solution... Je regrette pas la royauté.
  • 28:45 - 28:47
    - Non, moi non plus, moi non plus. C'était une provocation pour vous montrer que j'étais ouvert.
  • 28:47 - 28:51
    - De la même façon que vous avez pris comme exemple
  • 28:51 - 28:57
    le référendum d'initiative populaire en Suisse. Pour moi le système suisse, la vie des Suisses,
  • 28:57 - 29:03
    de la majorité des Suisses, avec le pouvoir des banques actuel, le rôle des banques
  • 29:03 - 29:05
    dans les années 30 et 40 avec l'Allemagne...
  • 29:05 - 29:06
    - Est pas exemplaire.
  • 29:06 - 29:07
    - Je regrette pas ça.
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    - J'ai pas envie de le prendre comme exemple. Oui, oui, je suis d'accord avec ça.
  • 29:09 - 29:10
    - Mais vous avez parlé de la Suisse.
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    - Oui, mais c'est parce que j'ai pas fini mon exemple... J'ai parlé de la Suisse parce que...
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    J'ai oublié de vous dire que pendant que les Français se faisaient... Alain, Alain...
  • 29:20 - 29:24
    Pendant que les Français se faisaient détruire... Vous faites bien de m'y faire penser
  • 29:24 - 29:28
    parce que j'ai oublié et c'était important pour que vous compreniez pourquoi je vous parlais de la Suisse.
  • 29:28 - 29:32
    Pendant que les Français se faisaient détruire leur retraite sans aucun moyen de résister,
  • 29:32 - 29:37
    pendant ce temps, la même année, l'année dernière, les parlementaires suisses ont eux aussi
  • 29:37 - 29:46
    voté des lois dégradant la retraite des Suisses. Dans les semaines qui ont suivi, les Suisses ont déclenché
  • 29:46 - 29:52
    un référendum d'initiative populaire qui a évidemment réussi, et ils ont abrogé les lois en question.
  • 29:52 - 29:58
    Je vous demande d'être attentifs là-dessus. Je dis pas que la Suisse est un modèle, c'est pas ça.
  • 29:58 - 30:04
    C'est comme la démocratie athénienne, ce n'est pas un modèle. Je dis comme Castoriadis
  • 30:04 - 30:10
    que dans la démocratie athénienne, y a un germe, y a un truc qui m'intéresse. Je prends pas tout.
  • 30:10 - 30:16
    Vous comprenez ce que je veux dire ? Dans la Suisse, y a des tas de trucs qui me dégoûtent.
  • 30:16 - 30:20
    Mais il y a des choses qui m'intéressent. Et j'ai du discernement, c'est-à-dire
  • 30:20 - 30:27
    que je ne jette pas tout l'exemple suisse parce qu'il y a des choses qui me débectent. Je fais le tri,
  • 30:27 - 30:32
    je discerne et je dis : ah ça c'est bien ! Ça ça m'intéresse ! Et là je dis : l'esclavage ça me plaît pas,
  • 30:32 - 30:39
    la phallocratie ça m'intéresse pas, la brutalité, la mise à mort, j'en veux pas. Mais par contre,
  • 30:39 - 30:48
    pour désynchroniser le pouvoir économique du pouvoir politique, Alain, ça devrait, ça devrait
  • 30:48 - 30:55
    vous intéresser quand même !... Même avec les idées marxistes, même dans les expériences
  • 30:55 - 31:00
    sur les idées de Marx, on n'a jamais réussi à désynchroniser le pouvoir politique
  • 31:00 - 31:12
    du pouvoir économique. Là, ils y sont arrivés pendant 200 ans. C'est sexy ça ! Enfin, c'est attrayant.
  • 31:12 - 31:16
    Enfin c'est sexy, c'est attrayant j' veux dire, non ? C'est pas... Vous trouvez pas ?... Comment ?
  • 31:16 - 31:18
    - C'est plus sexy que le pouvoir des banques quand même.
  • 31:18 - 31:19
    - Bah oui !
  • 31:19 - 31:22
    - Ils se sont maintenus au pouvoir pendant 200 ans. C'étaient les mêmes familles qui tenaient...
  • 31:22 - 31:24
    - Mais pas du tout ! Là, vous avez tort.
  • 31:24 - 31:30
    - Je ne parle pas de pouvoir politique, je parle de personnes économiques et financiers...
  • 31:30 - 31:35
    - Il faudrait que vous laissiez la parole à d'autres...
  • 31:35 - 31:42
    - À Athènes... Alain, j'insiste, j'insiste... Peut-être que c'est moi qui me trompe, mais là
  • 31:42 - 31:46
    y a un point à régler qui est un point de fait. Donc c'est pas un point... y a pas de quoi s'empailler.
  • 31:46 - 31:53
    Y a un point de fait. Moi ce que je lis, c'est que... Je lis Platon, Aristote, qui se plaignent
  • 31:53 - 31:58
    toute leur vie du gouvernement des pauvres. Me racontez pas que c'est les riches qui dirigeaient.
  • 31:58 - 32:01
    C'est pas vrai. Je crois pas. Sur le plan des faits.
  • 32:01 - 32:04
    - Ce que je veux dire c'est que ça remet pas en cause la richesse de quelques-uns
  • 32:04 - 32:06
    et la pauvreté de la grande majorité.
  • 32:06 - 32:08
    - Attendez, mais la richesse ne fait pas le bonheur.
  • 32:08 - 32:13
    - C'est ce que disent les riches. Soyez pauvres ! La richesse ne fait pas le bonheur,
  • 32:13 - 32:14
    mais la mienne oui.
  • 32:14 - 32:20
    - Là c'est du dogmatisme total. Il est complètement fermé, on en revient...
  • 32:20 - 32:23
    - Alain, je suis sûr que...
  • 32:23 - 32:26
    - On n'est pas dans l'empathie, là. On est vraiment dans le conflit.
  • 32:26 - 32:31
    - Y a quelqu'un qui est très patient au milieu.
Titre:
Etienne Chouard. — Partie V. — Conférence de Lyon, mars 2012.
Description:

PARTIE V :
L'assemblée des citoyens à Athènes, à l'époque de la démocratie. —
le-message.org. — Amateurisme politique, égalité politique, et question de la compétence. — Assemblées citoyennes tirées au sort. — Élections, endettements, et retours d'ascenseurs. — Question de la corruption. —
Question du contrôle des pouvoirs.

Références bibliographiques :
- Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l'insignifiance. — Éditions de l'Aube (7 mai 2004).
- Yves Sintomer, Petite histoire de l'expérimentation démocratique. Tirage au sort et
politique d'Athènes à nos jours. — Éditions La Découverte (13 octobre 2011).

Etienne Chouard, chercheur autonome.
Conférence de Lyon, le 9 mars 2012. MJC St Just.
"La démocratie est-elle un leurre ?"

Cadre & montage : Matthieu Wadoux — matwad@gmail.com

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Langue de la vidéo:
French
Durée:
32:46

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