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RIM 2012.05.04 Etienne Chouard 1/2

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    L : Vous êtes sur Radio ici et maintenant 95.2 FM et sur internet icietmaintenant.com, à l'instant
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    c'était les 4 Saisons de Vivaldi, le début de l'automne parce que les saisons changent,
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    mais malheureusement, pas pour l'instant les systèmes politiques.
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    Et pour en parler, justement, nous accueillons Etienne Chouard, Etienne, bonjour.
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    E.C : Bonjour
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    L : Bonjour Etienne Chouard, alors, je vais vous présenter rapidement...
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    alors, vous êtes un chercheur autonome, j'ai vu récemment une vidéo qui s'appelait :
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    Etienne Chouard, chercheur en cause des causes, est-ce que ça vous va comme titre ?
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    E.C : Oui...
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    L : Oui ? Ben voilà, on va dire Etienne Chouard, chercheur en cause des causes,
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    vous travaillez sur l'idée de démocratie, fausse démocratie opposée à vraie
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    démocratie, alors, je vais essayer de résumer en quelques phrases votre propos et vous,
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    vous allez corriger si besoin est. Alors, en quelques phrases, hein. Vous pensez que nous
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    sommes... vous avez synthétisé l'idée que nous sommes aujourd'hui dans une fausse démocratie,
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    qui repose sur un faux choix, sur l'illusion du choix, et qu'en vérité le vrai nom du système
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    dans lequel on vit actuellement, c'est le gouvernement représentatif. Parce que la vraie
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    démocratie n'est pas basée sur l'élection, mais sur le tirage au sort.
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    Est-ce que ça vous va comme introduction ?
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    E.C : Oui. Enfin pour quelqu'un qui n'a jamais entendu parler du sujet, ça va être un peu brutal
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    L : oui effectivement, je fais ce rappel parce qu'on vous a déjà eu à l'antenne plusieurs fois,
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    que les auditeurs, nos auditeurs sont, pour la plupart familiers avec vos idées.
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    Alors peut-être pour justement les auditeurs qui découvrent pour la première fois,
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    j'ai ici un livre dont vous avez parlé à cette antenne quand vous étiez venu la première fois
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    avec moi, en tous cas, qui s'appelle « Principes du gouvernement
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    représentatif », c'est un livre de Bernard Manin, voilà que j'ai là, alors je remercie Benjamin qui
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    me l'a gentiment prêté, lui-même l'ayant emprunté à la bibliothèque de sa ville, et je vais lire,
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    je pense, le 4ème de couverture de ce livre de Bernard Manin qui est peut être plus clair
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    que mon introduction. Alors je vais lire le 4ème de couverture,
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    c'est quelques phrases : « Des démocrates athéniens à Montesquieu, d'Aristote à Rousseau,
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    personne ne songeait à faire de l'élection, l'instrument démocratique par excellence.
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    Démocratie n'équivalait pas à gouvernement représentatif.
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    C'est le tirage au sort qui paraissait le mieux apte à respecter
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    l'égalité stricte des candidats. Que s'est-il passé au tournant du XVIII° siècle,
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    en Europe et aux Etats Unis, pour que se renverse cette conception multiséculaire,
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    et pour qu'advienne l'idée qu'une démocratie est, par essence, un gouvernement représentatif.
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    Le changement tient-il à la réalité des choses ou au regard que nous portons
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    sur elles ? Ce livre présente une théorie du gouvernement représentatif en s'attachant
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    aussi bien à la tradition européenne, qu'au débat américain. Bernard Manin montre
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    que le système représentatif n'a pas pour seule fonction de permettre
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    au peuple de se gouverner lui-même. L'élu n'est jamais
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    le double ni le porte parole de l'électeur, mais il gouverne en anticipant le jour
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    où le public rendra son jugement ». Est-ce que cette introduction vous convient mieux ?
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    E.C : Elle est parfaite. Enfin, je... ça fait des années et des années que je travaille sur ce bouquin
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    et je regardais plus la 4ème, hein, puisque... je suis dans le coeur du bouquin page après page, et...
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    c'est vrai qu'elle est bonne cette synthèse... oui, oui, le problème, c'est que le bouquin
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    est devenu introuvable depuis qu'on en parle...
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    L : Exactement
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    E.C : ...faut attendre, il paraît qu'il va ressortir en... en octobre... il faudrait en scanner
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    les meilleurs passages et... et les faire circuler, quoi.
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    L : effectivement, c'est une bonne nouvelle qu'il soit réédité en octobre parce que
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    c'est un livre, véritablement excellent... en plus son auteur est toujours vivant,
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    Bernard Manin, il est né en 58 à ma connaissance il est toujours vivant,
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    et c'est un livre vraiment excellent, c'est vrai qu'on ne le trouve plus. On ne peut que l'acquérir
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    pour des sommes extravagantes, donc c'est effectivement compliqué pour l'obtenir, oui.
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    E.C : C'est une référence, une référence... internationale. La plupart des bouquins,
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    la plupart des bouquins, presque tous, qui parlent
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    de la démocratie, enfin moi j'en ai quelques centaines, je les ai pas tous évidemment,
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    puisqu'il y en a des milliers et des milliers des bouquins sur la démocratie,
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    mais dont aucun ne parle de la démocratie, en fait ils parlent tous du gouvernement représentatif...
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    presque tous, enfin presque tous ceux que j'ai en tous cas, font référence à Manin à un moment
  • 4:20 - 4:25
    ou à un autre... c'est un bouquin qui est extrêmement cité et utilisé, mais,
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    paradoxalement, personne, que je sache, n'en fait un fer de lance.
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    Les gens montrent qu'ils savent qu'il existe, mais... voilà, sans... sans insister plus que ça.
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    Alors que ça mérite d'être une réflexion centrale, je pense qu'on a là, avec ce travail,
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    le travail de Bernard, on a... un levier d'émancipation complètement méconnu,
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    et à mon avis, décisif. Donc voilà, est-ce que nous allons être capables,
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    à la base, entre gueux, entre manants, de... de nous approprier cette idée géniale,
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    malgré la mauvaise volonté qu'y mettent les voleurs de pouvoir...
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    évidemment, c'est normal que les élus.. et leurs donneurs d'ordres détestent le tirage au sort,
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    ça les mettrait au chômage et ça les priverait du pouvoir qu'ils veulent grâce à l'élection,
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    mais... donc c'est normal qu'ils soient contre, mais, nous autres, à la base... si on était malins,
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    bon je sais pas si on le sera... on devrait se réapproprier ou s'approprier cette idée que...
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    l'élection est aristocratique... et que la seule procédure démocratique qui vaille...
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    qui mérite de porter ce nom, c'est le tirage au sort. Alors avec tous les contrôles
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    qui vont avec, hein, parce que le tirage au sort, ça peut servir de...
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    de mot, de mot valise pour parler de toute une réflexion, mais... bien sûr
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    le tirage au sort, il est pas...il sert pas, on remplace pas l'élection par le tirage au sort,
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    c'est plus malin que ça, quand même. Il s'agit pas de donner
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    un pouvoir sans contrôle à n'importe qui, évidemment. Personne ne défendrait
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    une idée aussi bête. Donc les gens qui ont peur de ça, devraient se rendre compte
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    assez rapidement, sans même... sans même avoir à commencer à discuter,
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    ils devraient déjà sentir que c'est sûrement un malentendu. Que si des gens défendent
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    si ardemment le tirage au sort, alors qu'au départ, eux ça leur paraît si absurde,
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    c'est sans doute un malentendu, parce que les gens ne sont pas bêtes, ni d'un côté
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    ni de l'autre. Et... c'est que ce qui paraît aberrant au premier abord, ne l'est que... parce qu'il y a
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    un malentendu, parce que on sait pas encore de quoi on parle, va falloir leur en parler, pour affiner
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    et s'apercevoir que le tirage au sort n'est pas du tout dangereux, au contraire il est extrêmement
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    protecteur. Il est, précisément, il est beaucoup plus protecteur que l'élection.
  • 7:11 - 7:17
    L : Alors, cette idée que l'élection est, par essence démocratique, finalement, à l'échelle de
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    l'histoire des idées, c'est une idée très jeune. C'est depuis 200 ans à peu près qu'on nous
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    râbache ça, élection = démocratie, démocratie = élection mais...
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    E.C : Tu disais qu'est-ce... qu'est-ce qui fait que l'élection est par essence démocratique,
  • 7:31 - 7:33
    tu voulais dire qu'elle est par essence aristocratique.
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    L : Oui, voilà, exactement. Je voulais dire que l'idée que démocratie = élection, à l'échelle de
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    l'histoire de la philosophie et de la pensée humaine, c'est une idée très jeune, et si vous demandiez,
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    enfin c'est ce que vous rappelez souvent dans vos conférences,
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    si on demande à un Rousseau, à un Aristote est- ce que
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    l'élection c'est la démocratie ? Il vous rit au nez ! Il vous aurait ri au nez.
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    E.C : ... y'a un bon bouquin, malheureusement qui se trouve plus, de, Rosanvallon,
  • 8:00 - 8:09
    dont j'ai fait une photocopie dans une bibliothèque, donc je l'ai,
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    mais il est introuvable, ce serait plus agréable sous forme
  • 8:11 - 8:18
    de livre, mais bon, un livre qui s'appelle « Situations de la démocratie », publié en 1993...
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    c'est un livre collectif... c'est plein de chapitres écrits par des auteurs différents, et dans lequel,
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    Rosanvallon a un chapitre très intéressant, qui s'appelle « Histoire du mot démocratie
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    à l'époque moderne », et qui justement, prend précisément,
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    étudie précisément... ce moment, début du XIX° siècle, juste après la révolution française...
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    où, avant ce moment, personne n'appelait le gouvernement représentatif, démocratie,
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    les gens qui avaient institué le... le gouvernement représentatif, qui avaient
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    institué la « république française », entre guillemets, savaient très bien que
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    c'était pas une démocratie, savaient très bien que c'était une république pour rire,
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    un gouvernement de notables, pour les notables, par les notables,
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    tenant la canaille et le peuple à l'écart très soigneusement, très soigneusement, en l'ayant déjà
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    copieusement massacré quand il avait, quand il se mettait en tête d'exercer un tout petit peu
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    de pouvoir, donc les... les oligarques de l'époque, début du XIX° siècle,
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    donc 1800 et quelques, tout début, là... pendant la... l'épopée, enfin l'épopée...
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    les rapines napoléoniennes, et... et puis la restauration... on parlait pas du tout
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    de démocratie, et puis il y a... ce mot apparaît, et Rosanvallon travaille cette apparition.
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    Mais en fait, il faut comprendre que... comment résumer ça correctement, le... les escrocs
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    ont besoin des mots pour embobiner leurs gogos. Et les... les élus...
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    sont des escrocs professionnels, qui nous mentent, sciemment, volontairement,
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    professionnellement, c'est du mensonge professionnel, depuis 200 ans. Depuis 200 ans,
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    on nous mène en bateau, et nous on est gentil, quoi, on est gentil, on se laisse faire,
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    on... on joue le jeu, bah parce que les gens sont pas... les gens sont pas méchants, les gens ils veulent...
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    les gens veulent pas gouverner, hein... je suis pas sûr que les gens
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    veuillent la démocratie d'ailleurs hein, e suis pas sûr du tout que le
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    plus grand nombre veuille la démocratie. Les gens... on dirait que les gens
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    voudraient plutôt un bon maître. Et, il suffit que le maître dise les bons mots, bah pour qu'on
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    lui fasse le crédit de penser que c'est pas le pire des hommes. Et finalement, les voleurs de pouvoir
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    se sont très vite aperçus qu'il suffisait de s'auto-proclamer républicain, démocrate,
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    progressiste, de gauche, pour être élu ! Et, alors c'est formidable
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    quand on voit comment les affairistes et les banquiers, donc des crapules,
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    d'authentiques crapules, des mafieux, des voleurs, des voleurs, ni plus ni moins,
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    il faut appeler un chat un chat, les affairistes et les banquiers pendant tout le long du XIX° siècle,
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    ont eu un parti qui s'appelait le centre gauche, (rire), c'est génial ! C'est génial que ça marche !
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    Enfin, et ils ont toujours été élus, mais alors élus dans des proportions... spectaculaires, quoi,
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    c'est des chambres introuvables, quoi, des chambres de royalistes... élus au nom
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    de la république. Et c'est d'ailleurs des royalistes qui ont institué
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    la III° République... Une armée... une armée de royalistes convaincus par cette crapule
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    de Thiers, qui avait bien compris qu'il n'y avait rien à craindre de l'élection, qui leur a dit
  • 11:59 - 12:04
    mais c'est beaucoup plus malin que la, que la monarchie ! Vous allez avoir plus de pouvoir, et ça sera
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    beaucoup plus dur de résister, leur expliquait Thiers. Ça va être beaucoup plus dur de résiter à
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    un gouvernement élu, même si... même s'il sert les possédants... le plus caricaturalement qui soit,
  • 12:20 - 12:23
    ça va être beaucoup plus dur pour le peuple de résister à un gouvernement comme celui-là
  • 12:23 - 12:29
    que de résister à un roi ! Un roi fixe l'attention, un roi... un roi c'est l'intérêt d'un seul
  • 12:29 - 12:32
    contre l'intérêt de tous, et c'était facile de mener une révolution contre un roi.
  • 12:32 - 12:36
    À mener une révolution contre une république, c'est beaucoup plus compliqué !
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    Et Thiers, cet affreux bonhomme, affreux bonhomme !... il faut lire Guillemin, quoi hein...
  • 12:41 - 12:49
    je parle que de lui en ce moment parce que je... je me régale quoi avec ce... c'est un historien,
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    un historien comme on en fait peu quoi hein, qui est... oh il y en a quelques uns, hein des gens...
  • 12:57 - 13:01
    comme Annie Lacroix-Riz, y'a des historiens formidables, mais, quand même,
  • 13:01 - 13:04
    beaucoup d'historiens sont prostitués aux riches, et... comme Michelet,
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    enfin,... et leur servent de... de caution intellectuelle pour, pour justifier
  • 13:11 - 13:18
    la domination, pour justifier l'oppression, pour... convaincre les... les citoyens de...
  • 13:18 - 13:24
    de rester bien résignés, bien dociles, les historiens, comme les économistes servent à ça,
  • 13:24 - 13:29
    ils sont d'ailleurs grassement payés pour ça. François Furet... payé par la CIA
  • 13:29 - 13:33
    pour une écrire la... une espèce d'histoire mensongère de la révolution française
  • 13:33 - 13:39
    pour nous faire croire que... que c'était une aventure sanglante qui préfigurait
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    le goulag et qui finalement ferait bien de nous passer... Finalement, François Furet qui était
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    communiste, si je ne m'abuse, est devenu un... un Joseph de Maistre quoi, c'est devenu
  • 13:55 - 14:00
    un complice du pouvoir, des voleurs du pouvoir pour que le... la canaille reste à sa place. Mais alors,
  • 14:00 - 14:07
    à la place de ces histo... de ces faux historiens, parce que ces gens là mentent !... un historien
  • 14:07 - 14:15
    comme Guillemin, Henri Guillemin... ben ça donne du courage, ça donne...
  • 14:15 - 14:20
    de la joie, ça donne du plaisir de comprendre, et de la force
  • 14:20 - 14:26
    pour résister. Donc Henri Guillemin nous explique ce... les intrigues,
  • 14:26 - 14:35
    les... les manoeuvres, les... complots, les complots, mais alors, mais quotidiens ! Des plus riches
  • 14:35 - 14:45
    contre l'intérêt général, et pour circonvenir la... l'opinion, l'opinion publique... pendant 200 ans,
  • 14:45 - 14:48
    les 200 ans du gouvernement représentatif. Donc c'est absolument précieux,
  • 14:48 - 14:52
    c'est des... on... quand je vais vous dire le nombre de conférences,
  • 14:52 - 14:55
    vous allez trouver ça énorme mais c'est très très peu. C'est génial,
  • 14:55 - 14:59
    c'est tellement bon, tellement jouissif que c'est beaucoup trop peu.
  • 14:59 - 15:03
    Il y a... sur le site de RTS, qui est une...
  • 15:03 - 15:05
    L : Radio Télévision Suisse Romande
  • 15:05 - 15:12
    E.C : il y a une centaine ou 120, 120 conférences d'une demie heure. Donc ça fait
  • 15:12 - 15:16
    60 heures, on se dit c'est énorme, pas du tout ! Ça s'écoute en voiture...
  • 15:16 - 15:21
    vous écoutez ça en mains libres... pendant que vous n'avez rien à faire,
  • 15:21 - 15:25
    c'est le trajet, le trajet habituel, c'est en pilote automatique, vous écou... au lieu d'écouter la radio,
  • 15:25 - 15:29
    au lieu d'écouter ces sornettes qu'on vous raconte à la radio ! Au lieu d'écouter les...
  • 15:29 - 15:35
    les prostituées que sont les experts économiques ! Il faut lire...
  • 15:35 - 15:38
    comment il s'appelle ce dernier bouquin de Mauduit, là...
  • 15:38 - 15:44
    L : Alors je précise pour les émissions de Guillemin, on peut les retrouver donc...
  • 15:44 - 15:45
    E.C : « Les imposteurs de l'économie »
  • 15:45 - 15:47
    L : Ça c'est le dernier bouquin de ?
  • 15:47 - 15:53
    EC : De Laurent Mauduit, un ancien du Monde et de Médiapart... un bonhomme courageux,
  • 15:53 - 15:57
    une étude très très très... mais c'est une bombe ce bouquin, hein,
  • 15:57 - 16:01
    c'est... une bombe ! « Les imposteurs de l'économie », il s'agit d'Olivier Pastré
  • 16:01 - 16:06
    qui est un banquier, un banquier ! Est-ce qu'on vous le dit que c'est un banquier ?
  • 16:06 - 16:09
    Tous les jours on l'entend, tous les jours on l'entend à France Culture,
  • 16:09 - 16:16
    en le présentant comme professeur... membre du cercle des économistes...
  • 16:16 - 16:20
    donc un expert, quoi, indépendant ! C'est une blague, c'est un banquier,
  • 16:20 - 16:28
    un banquier ! Un banquier tunisien, qui... collaborait avec... le tyran qui vient d'être déchu,
  • 16:28 - 16:34
    aucun problème... c'est lui à qui on tend le micro tous les jours et c'est lui tous les jours qui va nous...
  • 16:34 - 16:41
    nous servir la potion amère de l'austérité nécessaire, la rigueur nécessaire, un enfoiré !
  • 16:41 - 16:46
    Une bordille ! Alors, et ces gens là sont payés par les banquiers,
  • 16:46 - 16:51
    pour venir nous... nous apprendre tous les jours que nous devons
  • 16:51 - 16:55
    nous serrer la ceinture pour qu'il continuent à pouvoir se goinfrer ? Alors vous en avez...
  • 16:55 - 17:03
    une tartine, hein, y'a pas que Pastré, y'a aussi Jean Hervé Lorenzi... au service au plus haut niveau
  • 17:03 - 17:07
    de Rothschild depuis 20 ans, et là encore on vous le présente comme le...
  • 17:07 - 17:13
    comment y s'appelle, le président, ou le président du cercle des économistes ?
  • 17:13 - 17:18
    Qui est vraiment un repaire de gredins, hein... et qui est présenté pourtant comme un expert,
  • 17:18 - 17:20
    et qui vient tous les jours nous faire la leçon pour nous apprendre
  • 17:20 - 17:26
    les purges économiques que nous devrions supporter parce qu'on peut pas faire autrement,
  • 17:26 - 17:31
    alors que... alors que c'est honteux, c'est complètement contraire à l'intérêt général, ces gens-là
  • 17:31 - 17:41
    sont des bandits, des... des mafieux, des mafieux !... donc... quand on écoute Guillemin,
  • 17:41 - 17:45
    ben on s'aperçoit que les... les historiens et les économistes sont
  • 17:45 - 17:53
    depuis longtemps achetés... achetés comme on achète un, un mercenaire, par les plus riches,
  • 17:53 - 17:58
    pour fabriquer le corpus idéologique dont ils ont besoin, pour fabriquer la doctrine
  • 17:58 - 18:08
    économique, et la doxa historique dont ils ont besoin pour... justifier leur... leurs rackets au pluriel...
  • 18:08 - 18:13
    alors ce qui est génial avec internet, c'est vrai que c'est très nouveau, je sais pas combien
  • 18:13 - 18:16
    de temps on en disposera, mais ce qui est génial, ce qui est bien, c'est que les humains,
  • 18:16 - 18:20
    les humains normaux, les simples quoi, hein, qui gagnent pas
  • 18:20 - 18:23
    des fortunes, qui courent pas après le pouvoir, qui sont juste
  • 18:23 - 18:28
    soucieux de l'intérêt général et qui veulent pas des abus de pouvoir, qui veulent d'abus de pouvoir
  • 18:28 - 18:35
    d'une façon générale, ces gens-là ont un moyen enfin, de se parler entre eux... donc via internet,
  • 18:35 - 18:42
    et puis ensuite via les réseaux sociaux, pour... pour se faire connaître, pour se... pour se faire...
  • 18:42 - 18:50
    pour se passer le mot. Il existe des historiens formidables, qui... qui ne nous trompent pas.
  • 18:50 - 18:53
    Et donc Guillemin fait partie de ceux-là, je vous recommande de...
  • 18:53 - 18:57
    d'éteindre votre radio et d'écouter plutôt Guillemin, vous allez voir, c'est...
  • 18:57 - 19:03
    c'est un régal, un véritable régal, c'est savoureux, c'est un gars qui est gentil,
  • 19:03 - 19:10
    extraordinairement travailleur, incroyablement savant, et, d'une honnêteté, d'une honnêteté parfaite,
  • 19:10 - 19:19
    d'une loyauté, c'est... c'est incroyable comme il est affectueux et comme il... il suscite l'affection,
  • 19:19 - 19:23
    il est... c'est un gars bien, quoi, c'est vraiment un gars bien, et très très utile
  • 19:23 - 19:26
    ce qu'il nous apprend, mais c'est, c'est précieux pour résister aujourd'hui.
  • 19:26 - 19:28
    L : Je suis content de vous l'entendre dire, Etienne, parce que je fais moi-même la promotion
  • 19:28 - 19:34
    d'Henri Guillemin à cette antenne... Moins qu'il ne le faudrait, mais en tous cas, voilà, j'essaie de...
  • 19:34 - 19:38
    d'orienter les auditeurs vers Henri Guillemin qui est effectivement extraordinaire.
  • 19:38 - 19:44
    E.C : Si nous écoutions, si nous apprenions l'histoire par Guillemin à l'école,
  • 19:44 - 19:47
    nous serions moins bêtes, quoi, hein, vraiment nous serions
  • 19:47 - 19:51
    moins bêtes. Je... ça déniaise, ça déniaise à vitesse grand V, quoi...
  • 19:51 - 19:56
    donc chaque conférence, il faut l'écouter 2, 3, 4 fois... C'est très riche, hein, il y a beaucoup
  • 19:56 - 20:00
    de choses importantes, il y a que des choses importantes dans ce qu'il dit.
  • 20:00 - 20:03
    L : Et on y revient avec un très grand plaisir, et on peut regarder la même
  • 20:03 - 20:05
    conférence, comme vous l'avez dit, plusieurs fois
  • 20:05 - 20:06
    E.C : Plusieurs fois... le plaisir redouble !
  • 20:06 - 20:08
    L : Tout à fait.
  • 20:08 - 20:11
    E.C : Le plaisir grandit en fait. En fait, moi je deviens complètement amoureux de ce gars-là...
  • 20:11 - 20:17
    Enfin, je suis attaché comme à quelqu'un de très proche, quand je l'écoute... je connais sa voix...
  • 20:17 - 20:25
    j'ai compris son regard... je comprends ce qu'il cherche et les écueils qu'il rencontre...
  • 20:25 - 20:33
    les impostures qu'il dénonce... c'est... je trouve ça extrêmement fiable.
  • 20:33 - 20:37
    Je trouve ça extrêmement fiable. Je passe mon temps à recouper ce que je dis...
  • 20:37 - 20:43
    quand je me trompe... c'est ce qui arrive, évidemment... je corrige, et je fais attention...
  • 20:43 - 20:50
    mais avec Guillemin, c'est... c'est formidable, il fait le boulot lui-même... de recoupements, il explique ses
  • 20:50 - 20:57
    méthodes, ses documents, ses doutes... ses difficultés, c'est tout à fait remarquable, c'est un travail...
  • 20:57 - 20:59
    L : Et qu'en est-il de ses livres ?
  • 20:59 - 21:06
    E.C : Alors les livres sont réédités, là, chez... un petit éditeur qui s'appelle Utovie, il faudrait
  • 21:06 - 21:09
    qu'on lui écrive à cet éditeur, pour que... il change de relieur,
  • 21:09 - 21:13
    parce la reliure... est pas très bonne, quoi, la reliure est pas très solide,
  • 21:13 - 21:20
    je trouve, et... mais c'est formidable... ce qui est génial, c'est le contenu,
  • 21:20 - 21:24
    ce qui est absolument génial c'est le contenu, quoi, c'est... c'est meilleur encore
  • 21:24 - 21:29
    que les vidéos, parce qu'il y a plus de détails, et puis... et puis on peut griffonner, gribouiller, moi...
  • 21:29 - 21:33
    j'aime beaucoup écrire dans mes livres et donc... je suis très content,
  • 21:33 - 21:37
    j'en ai déjà trouvé une bonne dizaine, y'en encore... 2 fois ça...
  • 21:37 - 21:44
    L : Alors, pour rentrer dans le vif du sujet, et parler de... vraiment ce que raconte Guillemin...
  • 21:44 - 21:49
    et ce qui nous amène ici aujourd'hui, nous amène à discuter aujourd'hui... en fait,
  • 21:49 - 21:52
    on se rend compte que la démocratie, telle qu'elle existe actuellement,
  • 21:52 - 21:53
    cette fausse démocratie qui existe...
  • 21:53 - 21:54
    E.C : Il faut pas appeler ça démocratie !
  • 21:54 - 21:57
    L : le gouvernement représentatif, voilà, le gouvernement représentatif...
  • 21:57 - 21:58
    E.C : Il faut pas dire démocratie...
  • 21:58 - 21:59
    L : Tout a fait
  • 21:59 - 22:03
    E.C : Il faut vraiment qu'on arrête... je veux dire, nous participons nous-mêmes à notre servitude,
  • 22:03 - 22:07
    à notre impuissance politique... vraiment c'est important ce que je dis, c'est pas...
  • 22:07 - 22:09
    c'est pas un détail, c'est très important...
  • 22:09 - 22:11
    L : Par le mésuage des mots, oui...
  • 22:11 - 22:18
    E.C : il faut, il faut refuser, voilà. j'veux dire, Big Brother a besoin... faut relire 1984
  • 22:18 - 22:22
    c'est passionnant, hein... Big brother, celui qui veut tout dominer,
  • 22:22 - 22:29
    a absolument besoin, que ses proies... ceux qu'il veut dominer...
  • 22:29 - 22:33
    il a absolument besoin qu'ils n'aient plus les mots pour résister.
  • 22:33 - 22:40
    Donc Big Brother fait tout pour... mais, on n'est pas obligé de se laisser faire, il fait tout pour
  • 22:40 - 22:45
    inverser le sens des mots, voire faire disparaître carrément les mots en les
  • 22:45 - 22:54
    rendant ridicules, risibles en les... en les démonétisant... en détruisant, ou en déformant,
  • 22:54 - 23:01
    ou en discréditant les mots, dont nous avons besoin pour désigner l'ennemi, et formuler
  • 23:01 - 23:11
    la solution. Désigner l'ennemi ou... le danger, et... appeler démocratie son strict contraire,
  • 23:11 - 23:16
    c'est vraiment une idée géniale ! Géniale ! C'est-à-dire, rendez-vous compte !
  • 23:16 - 23:20
    Quand vous vous dites, mais voyons, dans une démocratie, nous pourrions voter nous-mêmes nos lois,
  • 23:20 - 23:29
    nous pourrions révoquer nos représentants, nous pourrions... exercer nous-mêmes le...
  • 23:29 - 23:36
    le pouvoir politique, directement, et, au lieu de ça... alors que c'est ça
  • 23:36 - 23:38
    qui nous permettrait de résister aux abus de pouvoir au fur et à mesure,
  • 23:38 - 23:43
    où ils surviennent, et sans même qu'on les connaisse à l'avance, par le simple fait
  • 23:43 - 23:48
    que nous... nous sommes puissants, parce que la démocratie institue notre puissance, nous pourrions
  • 23:48 - 23:55
    résister aux différents... aux différentes dérives sans même avoir besoin de les...
  • 23:55 - 23:59
    décrire et de les connaître à l'avance. Au lieu de ça,
  • 23:59 - 24:03
    nous vivons dans un régime dans lequel nous ne pouvons que désigner
  • 24:03 - 24:08
    des maîtres politiques, qui décident tout à notre place, sans pouvoir rien faire si jamais ils...
  • 24:08 - 24:16
    ils servent des intérêts particuliers au lieu de servir l'intérêt général, en plus on les choisit
  • 24:16 - 24:19
    parmi des gens qu'on n'a même pas choisis qui sont... choisis par
  • 24:19 - 24:21
    les plus riches d'entre-nous, c'est-à-dire vraiment des gens qui...
  • 24:21 - 24:24
    dont on peut pas confondre l'intérêt avec l'intérêt général, sans... sans prendre
  • 24:24 - 24:38
    un risque énorme, et ce régime... qui paraît être l'anti, l'antithèse absolue de la démocratie...
  • 24:38 - 24:43
    L : Etienne ? Allo, on a une petite coupure, je remets un peu de musique et
  • 24:43 - 24:46
    on se retrouve dans un instant avec Etienne Chouard.
  • 24:46 - 26:11
    ...INTERMÈDE MUSICAL...
  • 26:11 - 26:13
    L : Vous êtes sur radio Ici et maintenant 95.2 FM, petite coupure,
  • 26:13 - 26:16
    rien de grave, Etienne est de retour parmi nous...
  • 26:16 - 26:17
    E.C : Oui
  • 26:17 - 26:21
    L : Etienne on parlait donc de... du bon usage des mots, et qu'effectivement
  • 26:21 - 26:24
    il ne faut plus appeler le système dans lequel nous vivons, démocratie,
  • 26:24 - 26:29
    parce que ce n'est pas une démocratie du tout, c'est même son strict contraire, pourrait-on dire,
  • 26:29 - 26:33
    c'est un gouvernement représentatif, c'est le vrai nom, de notre système actuel...
  • 26:33 - 26:34
    E.C : Gouvernement prétendument représentatif,
  • 26:34 - 26:38
    parce que c'est même pas un gouvernement représentatif puisque c'est...
  • 26:38 - 26:41
    bah il nous représente pas du tout, quoi, il représente les plus riches... ouais...
  • 26:41 - 26:44
    L : Donc, même le mot gouvernement représentatif, vous... vous revenez dessus aujourd'hui ?
  • 26:44 - 26:48
    E.C : Ouais... On peut... moi je l'appelle gouvernement prétendument représentatif.
  • 26:48 - 26:49
    L : D'accord.
  • 26:49 - 26:50
    E.C : Mais sûrement pas démocratie, en tous cas, sûrement pas
  • 26:50 - 26:52
    puisque c'est ça dont on aurait besoin.
  • 26:52 - 26:55
    L : Et alors, ce qui est important de comprendre, c'est que ce n'est pas
  • 26:55 - 27:00
    un système qui était bon à la base, et qui s'est dégradé au... à mesure des années,
  • 27:00 - 27:04
    c'était depuis la révolution française... je vais citer une phrase de l'Abbé Sieyès
  • 27:04 - 27:07
    dans un instant, pour que les auditeurs comprennent bien, c'est une phrase
  • 27:07 - 27:11
    que vous citez souvent... elle est très importante, il est très important de comprendre ça.
  • 27:11 - 27:16
    Ce n'était pas une démocratie à la base, ça ne l'a jamais été, et le but n'était pas du tout de créer
  • 27:16 - 27:21
    une démocratie, puisque les... les concepteurs de ce système, savaient très bien
  • 27:21 - 27:24
    qu'ils ne mettaient pas en place une démocratie. Donc je lis la phrase
  • 27:24 - 27:29
    de l'Abbé Sieyès : « Les citoyens, qui nomment des représentants, renoncent, et doivent
  • 27:29 - 27:35
    renoncer à faire eux-mêmes la loi. Ils n'ont pas de volonté particulière à imposer ».
  • 27:35 - 27:40
    Donc le peuple n'a pas de volonté particulière à imposer. « Si le peuple dictait des volontés, la France
  • 27:40 - 27:47
    ne serait plus cet état représentatif, ce serait un état démocratique. Le peuple, je le répète, dans
  • 27:47 - 27:52
    un pays qui n'est pas une démocratie (et la France ne saurait l'être), le peuple ne peut parler,
  • 27:52 - 27:59
    ne peut agir que par ces représentants ». C'est donc Emmanuel Joseph Sieyès, l'Abbé Sieyès,
  • 27:59 - 28:03
    dans un discours du 7 septembre 1789, donc là c'est dit extrêmement clairement.
  • 28:03 - 28:09
    E.C : Voilà, donc... puis ces gens-là savaient très bien, ils savaient très bien le...
  • 28:09 - 28:15
    l'importance du tirage au sort dans la démocratie,
  • 28:15 - 28:18
    ils la connaissaient très bien. mais ils voulaient pas du tout d'une démocratie...
  • 28:18 - 28:29
    la phrase de Sieyès le dit bien, mais... tous les discours de 1789.... le montrent bien. Ces gens-là...
  • 28:29 - 28:41
    de 1789 jusqu'à 1792... c'est une bagarre entre riches, y'a pas du tout de révolution,
  • 28:41 - 28:45
    ou c'est une révolution de palais entre riches. C'est-à-dire que les riches,
  • 28:45 - 28:53
    la richesse mobilière, en 1789, prend le pouvoir à la richesse immobilière.
  • 28:53 - 28:59
    Donc les banquiers, les affairistes et les banquiers, prennent le pouvoir aux nobles, et au clergé.
  • 28:59 - 29:06
    En se servant du peuple, en l'armant, en lui donnant des armes... alors faut voir... faut voir, quand
  • 29:06 - 29:13
    Guillemin nous explique, ces images saisissantes de ce banquier, qui va récupérer les armes,
  • 29:13 - 29:19
    aux Tuileries je crois, et puis qui les distribue, lui-même, au peuple, pour qu'il aille...
  • 29:19 - 29:27
    se révolter contre les... contre les nobles et contre les... les prêtres, et puis qui ensuite...
  • 29:27 - 29:31
    donc il leur donne des fusils. Donc le peuple va faire... le coup de main,
  • 29:31 - 29:34
    pour le compte, sans s'en rendre compte...
  • 29:34 - 29:43
    des banquier et des marchands, et puis, quelques jours après... le problème c'est d'avoir
  • 29:43 - 29:48
    un peuple armé, alors ça y'a rien de plus dangereux pour les... pour les crapules... riches,
  • 29:48 - 29:53
    et qu'est-ce qu'ils font ? Il leur rachètent leur fusils. Ils leur avaient donnés,
  • 29:53 - 29:59
    et bien ils leur rachètent 40 sous, et 40 sous c'est une fortune pour les... pour les gueux,
  • 29:59 - 30:05
    qui rendent leurs fusils. Faut écouter Guillemin, c'est... Alors, Guillemin,
  • 30:05 - 30:12
    c'est un petit peu plus compliqué de le trouver sur... sur la révolution française, parce que
  • 30:12 - 30:18
    les premières conférences commencent avec Bonaparte et Napoléon, donc c'est déjà,
  • 30:18 - 30:22
    c'est déjà la fin de la révolution française, c'est déjà l'assassinat de la révolution française,
  • 30:22 - 30:28
    l'assassinat de Robespierre par Bonaparte, et en fait, quand il nous raconte Bonaparte,
  • 30:28 - 30:32
    quand il nous raconte la commune, on trouve des bribes
  • 30:32 - 30:35
    de la révolution française, dans la bouche de Guillemin.
  • 30:35 - 30:40
    Et je viens de trouver y'a 2 jours, enfin il y a quelques jours, quelqu'un me l'a signalé sur le forum,
  • 30:40 - 30:47
    merci à lui, Samsam il s'appelle, je viens de trouver une perle ! Alors déjà les
  • 30:47 - 30:50
    conférences de Guillemin c'est des perles, hein, je vous promets,
  • 30:50 - 30:55
    les conférences de Guillemin, c'est une merveille ! Mais là, j'ai trouvé... une énorme
  • 30:55 - 31:01
    perle ! Une énorme ! C'est 2 conférences de Guillemin d'une heure, sur Robespierre.
  • 31:01 - 31:07
    2 heures, rien que sur Robespierre ! Et en fait, la première heure, c'est,
  • 31:07 - 31:15
    tout le contexte qui a précédé Robespierre, et qui permet de comprendre l'imposture
  • 31:15 - 31:22
    de la révolution française, enfin, le... le mythe... la révolution française,
  • 31:22 - 31:26
    la populaire, celle où le peuple se révolte contre ses maîtres, elle a duré qu'un an
  • 31:26 - 31:37
    pendant l'époque de Robespierre. Elle a duré que... mi... 93-94. Si je dis pas de bêtises,
  • 31:37 - 31:40
    mais il y a 1 an de Robespierre, 1 an pendant lequel
  • 31:40 - 31:44
    le peuple est défendu. Et pendant lequel... alors là, il faut voir
  • 31:44 - 31:48
    la liste des réformes, c'est... c'est génial, enfin c'est très important ce qu'a fait Robespierre.
  • 31:48 - 31:55
    Et c'est ce fou, ce salaud, ce corrompu de Danton ! qui... qui appelait au meurtre...
  • 31:55 - 32:00
    qui appelait à la... à la guillotine... qui appelait...
  • 32:00 - 32:04
    et qui était calmé par Robespierre. Donc il faut vraiment alors...
  • 32:04 - 32:11
    Robespierre, enfin les gens sont pas noirs ou blancs, mais... et Robespierre avait bien des...
  • 32:11 - 32:22
    des défauts, mais... aujourd'hui on fait de Robespierre un buveur de sang... je voudrais, je voudrais...
  • 32:22 - 32:27
    insister sur le fait que Robespierre est comme par hasard, le seul qui ait défendu le peuple,
  • 32:27 - 32:33
    avec Rousseau, et Rousseau aussi a été rendu fou par... par les riches. Par les philosophes des riches,
  • 32:33 - 32:40
    par des salopards comme Voltaire... c'est une crapule ! une crapule de riche ! ultra riche !
  • 32:40 - 32:47
    servant les intérêts des riches... criant contre la religion pour les riches, mais... vantant les mérites
  • 32:47 - 32:53
    de la religion pour les pauvres, parce que ça les maintient dociles ! Voltaire, c'est.... c'est honteux,
  • 32:53 - 33:01
    la pensée politique de Voltaire, elle est à vomir ! à vomir ! Et pourtant... c'est pas du tout l'image
  • 33:01 - 33:05
    que j'en avais jusqu'à y'a encore... quelques années, hein, je veux dire,
  • 33:05 - 33:10
    c'est, progressivement, je me fais dessiller par, je me fais ouvrir les yeux, par...
  • 33:10 - 33:14
    de véritables historiens, honnêtes, quoi, des gens qui font leur boulot d'historiens
  • 33:14 - 33:18
    et qui déboulonnent les mythes les uns après les autres. Il est très important
  • 33:18 - 33:25
    que nous ayons des contre historiens. Que nous ayons des gens qui continuent à chercher,
  • 33:25 - 33:33
    et qui... cherchent dans l'histoire officielle, tout ce qui cloche. Et il faudra aussi écrire,
  • 33:33 - 33:36
    parce qu'y a pas de raisons, évidemment, il faudra aussi écrire
  • 33:36 - 33:40
    une éventuelle contre histoire de Guillemin, parce que Guillemin
  • 33:40 - 33:44
    s'est peut-être... problablement trompé sur certains points, mais il est très important
  • 33:44 - 33:51
    de laisser les historiens, continuer à chercher, et réviser l'histoire, sans arrêt ! L'histoire elle
  • 33:51 - 33:54
    est toujours écrite par les vainqueurs, par des criminels disait Simone Veil.
  • 33:54 - 34:00
    Croire les historiens sur parole... croire l'histoire officielle disait Simone Veil,
  • 34:00 - 34:04
    c'est croire des criminels sur parole. Ceux qui viennent de, ceux qui viennent
  • 34:04 - 34:08
    de gagner la guerre, les assassins qui viennent de gagner la guerre, écrivent l'histoire
  • 34:08 - 34:14
    à leur profit, et mentent sur les vaincus, mentent ! Mentent de façon éhontée contre les vaincus,
  • 34:14 - 34:23
    et c'est comme ça pour toutes les guerres ! Toujours ! Donc... il faut le savoir... presque ça les dépasse...
  • 34:23 - 34:30
    C'est presque... un fait de nature, et donc il est important de le savoir, et de protéger nos historiens,
  • 34:30 - 34:35
    y compris ceux qui nous semblent répugnants parce qu'ils contredisent des...
  • 34:35 - 34:42
    des idées qui nous semblaient intangibles, indiscutables, taratata...
  • 34:42 - 34:45
    en histoire, il me semble qu'il n'y a pas d'indiscutable, c'est très compliqué
  • 34:45 - 34:52
    d'arriver à savoir le fin du fin et... de savoir le vrai... ou pas trop loin du vrai sur...
  • 34:52 - 34:55
    les périodes passées, c'est très compliqué parce qu'il y a... y'a beaucoup
  • 34:55 - 35:00
    de mensonges qui s'accumulent, beaucoup d'erreurs, beaucoup de... de croyances,
  • 35:00 - 35:03
    et donc, il faut laisser les gens chercher, librement, parce qu'on sait pas
  • 35:03 - 35:06
    à l'avance qui est-ce qui va dire une bêtise, et qui est-ce qui va dire quelque
  • 35:06 - 35:13
    chose d'essentiel. Et le mot négationnisme, le mot révisionnisme, sont des insultes à l'intelligence.
  • 35:13 - 35:18
    Ce sont des mots que je déteste ! Je déteste ces mots là, je trouve qu'ils sont... ils sont une police
  • 35:18 - 35:22
    de la pensée, c'est Big Brother qui interdit les historiens, parce que big Brother
  • 35:22 - 35:26
    va imposer son histoire. C'est comme ça dans 1984, hein... comment il s'appelait...
  • 35:26 - 35:30
    Winston, Watson, Winston il s'appelait, je crois le héros de 1984
  • 35:30 - 35:36
    et qui était employé aux archives et qui précisément avait comme boulot de réécrire
  • 35:36 - 35:40
    l'histoire pour le compte de Big Brother, à chaque fois que Big Brother en avait besoin...
  • 35:40 - 35:45
    il fallait réécrire les articles du Times, réécrire les articles passés pour que Big Brother ait raison.
  • 35:45 - 35:51
    Et les historiens, étaient tous aux ordres de Big Brother, dans 1984, ça fait partie du système totalitaire.
  • 35:51 - 35:56
    Le concept de révisionnisme, celui qui criminalise les chercheurs,
  • 35:56 - 36:02
    et interdit la révision historique, le concept de révisionnisme, le concept de négationnisme,
  • 36:02 - 36:08
    est... un crime contre la pensée. Précisément comme... d'ailleurs...
  • 36:08 - 36:16
    le mot crime contre la pensée, a lui-même été... pris par Big Brother... qui criminalise certaines
  • 36:16 - 36:22
    pensées... alors faudrait pas que je dise crime contre la pensée pour parler de... de révisionnisme
  • 36:22 - 36:25
    mais c'est une insulte à l'intelligence, c'est-à-dire ça nous interdit, c'est une police de la pensée
  • 36:25 - 36:30
    qui voudrait nous interdire de chercher le vrai. Je résiste à ça. Vraiment...
  • 36:30 - 36:31
    L : Le révisionnisme c'est...
  • 36:31 - 36:35
    E.C: C'est Chomsky, hein, moi je suis sur la ligne de... de Chomsky , quoi, hein, des... ouais.
  • 36:35 - 36:38
    L : Le révisionnisme, c'est finalement le travail de l'historien...
  • 36:38 - 36:41
    C.E : Ben oui, voilà, on peut pas savoir à l'avance, y'a des révisions,
  • 36:41 - 36:44
    absolument précieuses, indispensables, sinon on se trompe complètement.
  • 36:44 - 36:47
    Et puis d'autres, y'a des révisionnistes qui disent des conneries, qui disent des...
  • 36:47 - 36:52
    mêmes des saloperies... ben bah voilà, faudra le démontrer, démontrer qu'ils disent des bêtises
  • 36:52 - 36:59
    ou des horreurs... Mais on peut pas interdire de... le travail de révision historique. Mais d'ailleurs...
  • 36:59 - 37:08
    y'a plein d'historiens en France, des historiens remarquables, qui protestent contre la...
  • 37:08 - 37:13
    y'a une loi en France qui interdit de... de contester le...
  • 37:13 - 37:16
    L : Ce qu'on appelle les lois mémorielles.
  • 37:16 - 37:19
    E.C : Je voudrais pas dire de bêtises... le truc en détail, mais qui interdit de contester, je crois...
  • 37:19 - 37:23
    les conclusions et les jugements du tribunal de Nuremberg...
  • 37:23 - 37:24
    L : C'est la loi Gayssot
  • 37:24 - 37:27
    E.C : ... alors le tribunal de Nuremberg, c'est un tribunal militaire. Mais tribunal militaire,
  • 37:27 - 37:32
    faut quand même pas oublier que c'est un oxymore, c'est-à-dire que... y'a pas de tribunal militaire
  • 37:32 - 37:38
    qui puisse être possible, un tribunal militaire, c'est une horreur, forcément... les militaires sont
  • 37:38 - 37:43
    aux ordres, ils peuvent pas... ils peuvent pas tenir un tribunal... un tribunal, c'est forcément tenu
  • 37:43 - 37:48
    par des gens indépendants. Un tribunal mené par des militaires, ça va forcément mentir, enfin...
  • 37:48 - 37:54
    ça ne peut pas rendre la justice un tribunal militaire. Alors nous, nous, nous obliger, nous d'aujourd'hui,
  • 37:54 - 38:01
    à 50 ans, et bientôt 100 ans après, nous obliger à tenir comme, parole d'évangile les jugements
  • 38:01 - 38:05
    d'un tribunal militaire ?... Mais qu'est-ce que c'est que ce... mais qu'est-ce que c'est que cette police
  • 38:05 - 38:09
    de la pensée extravagante ? Mais... et on est fou d'accepter ça ! On est fou d'accepter ça,
  • 38:09 - 38:13
    de baisser les yeux en disant oui, oui, peut être, y faut oui... Pas du tout !
  • 38:13 - 38:16
    Un tribunal militaire, je... à priori, je ne crois pas un mot de ce que va dire
  • 38:16 - 38:19
    un tribunal militaire. mais quel qu'il soit sur la terre, quel que soit
  • 38:19 - 38:25
    le tribunal militaire sur la terre, je... je n'en crois pas un mot... par principe ! Et puis on va voir,
  • 38:25 - 38:31
    peut-être que... un tribunal militaire va pas dire que des mensonges, mais je risque pas de lui faire
  • 38:31 - 38:34
    confiance à priori, mais du tout du tout du tout, hein, j'veux dire...
  • 38:34 - 38:39
    un tribunal militaire, enfin, moi je suis juriste de formation, et je sais bien
  • 38:39 - 38:45
    l'importance de... de l'indépendance des juges, pour avoir une petite chance d'approcher
  • 38:45 - 38:51
    la justice. J'sais bien que si on a des juges qui sont dépendants hiérarchiquement pour leur carrière
  • 38:51 - 38:57
    et pour leur... leur vie, finalement, de... de ce qu'ils vont dire quand ils vont rendre la justice,
  • 38:57 - 39:03
    ah bah c'est évident qu'on a pas la... on n'a pas la moindre chance de voir la justice prononcée
  • 39:03 - 39:10
    par ce genre de tribunal. Donc voilà, enfin, en tous cas, je... Guillemin écrit
  • 39:10 - 39:13
    une espèce de contre histoire du gouvernement représentatif,
  • 39:13 - 39:18
    un petit peu comme Michel Onfray écrit la contre... précieuse contre histoire de la philosophie,
  • 39:18 - 39:24
    qui nous en apprend tant sur tous ces philosophes, ignorés, oubliés, perdus, tous ces
  • 39:24 - 39:29
    philosophes qui ont perdu, par exemple Démocrite qui a perdu contre Platon... Très important
  • 39:29 - 39:34
    d'avoir des historiens comme ça, comme Michel Onfray, comme Annie Lacroix-Riz, comme...
  • 39:34 - 39:35
    L : Qui écrivent finalement...
  • 39:35 - 39:40
    E.C : ...c'est vraiment, c'est un bonheur à lire quoi... c'est bien plus, bien plus malin, stimulant,
  • 39:40 - 39:48
    pétillant, bien plus, bien plus intelligent, bien plus... et bien plus important pour savoir le vrai quoi, hein...
  • 39:48 - 39:51
    L : On pourrait dire c'est des gens qui... écrivent l'histoire
  • 39:51 - 39:53
    des vaincus, qui n'est jamais écrite par personne.
  • 39:53 - 39:56
    E.C : Voilà. Il est important qu'il y ait des historiens comme Howard Zinn
  • 39:56 - 39:59
    pour écrire l'histoire des vaincus. Howard Zinn c'est formidable, quoi, j'veux dire,
  • 39:59 - 40:07
    c'est les... les contre historiens sont des gens... à priori, j'aime bien quoi. Voilà.
  • 40:07 - 40:10
    L : Alors on va pas tarder à ouvrir le standard parce que je sais que les auditeurs sont avides...
  • 40:10 - 40:14
    de pouvoir poser leurs question, notamment sur les questions de tirage au sort et que
  • 40:14 - 40:16
    c'est vraiment quelque chose... on en a beaucoup parlé sans vous
  • 40:16 - 40:19
    à cette antenne et... je sais que c'est des questions qui les intéresse énormément,
  • 40:19 - 40:23
    donc, on va ouvrir le standard dans un instant, je voulais juste avant, qu'on fasse un petit point
  • 40:23 - 40:27
    sur le référendum d'initiative populaire... qu'en pensez-vous Etienne Chouard,
  • 40:27 - 40:33
    est-ce que c'est un outil qui pourrait nous servir, à, progressivement, mettre en place la démocratie...
  • 40:33 - 40:37
    en France. Le référendum d'initiative populaire, qu'est-ce que vous en pensez ?
  • 40:37 - 40:45
    E.C : Alors dans un... dans un gouvernement représentatif... qui serait honnête, qui serait...
  • 40:45 - 40:52
    sous contrôle du peuple... et j'imagine tout à fait ça possible, hein, par le jeu des controverses,
  • 40:52 - 40:56
    je me retrouve souvent à défendre la démocratie athénienne, qui est
  • 40:56 - 41:00
    une véritable démocratie directe, comme si je n'imaginais plus possible
  • 41:00 - 41:04
    la représentation, c'est un effet de loupe, un effet d'optique qui déforment
  • 41:04 - 41:12
    ma pensée, parce que je suis pas... c'est pas du tout la seule... c'est pas le seul horizon... que j'imagine
  • 41:12 - 41:19
    pour ma part. Je... je trouve passionnants les germes... qu'on trouve dans
  • 41:19 - 41:22
    la démocratie directe d'Athènes, je trouve passionnant parce que
  • 41:22 - 41:25
    je trouve qu'il y a des tas de choses qui pourraient nous servir, aujourd'hui...
  • 41:25 - 41:32
    de façon centrale pour nous débarrasser du pouvoir des riches, mais... je suis tout à fait capable,
  • 41:32 - 41:35
    bien sûr d'imaginer un gouvernement représentatif, mais qui...
  • 41:35 - 41:41
    au lieu d'être au service des riches pour les riches et aux dépens des pauvres,
  • 41:41 - 41:48
    contre les pauvres... servirait l'intérêt général sous contrôle des citoyens, et c'est probablement
  • 41:48 - 41:52
    des chambres tirées au sort qui permettraient de contrôler les organes représentatifs
  • 41:52 - 41:58
    comme il faudrait. Et donc... dans le cadre d'un tel gouvernement représentatif, c'est-à-dire que
  • 41:58 - 42:06
    les citoyens abandonneraient le pouvoir de légiférer à des représentants, élus, peut-être,
  • 42:06 - 42:09
    bien sûr, on peut imaginer ça, moi je suis tout à fait capable d'imaginer ça, avec un...
  • 42:09 - 42:11
    toutes sortes de modalités qu'il faudrait approfondir pour voir
  • 42:11 - 42:18
    comment on pourrait élire de façon moins... scandaleusement biaisée...
  • 42:18 - 42:22
    de véritables représentants, il faudrait par exemple que nous puissions
  • 42:22 - 42:25
    choisir nous-mêmes nos candidats et ne pas nous les faire imposer
  • 42:25 - 42:28
    par les partis financés par les plus riches, il faudrait que nous puissions...
  • 42:28 - 42:34
    il me semble que à Cuba, alors ça va faire bondir... les voleurs de pouvoir qui se servent
  • 42:34 - 42:39
    de Cuba comme un chiffon rouge où Cuba devient quasiment le diable, il suffit de dire Cuba
  • 42:39 - 42:44
    pour qu'on soit assimilé au diable, mais je vous fais remarquer que... je l'ai appris recemment...
  • 42:44 - 42:52
    et je trouve ça très intéressant, que à Cuba, le parti... il y a un seul parti, mais le parti
  • 42:52 - 42:59
    ne désigne pas les candidats aux élections. Je répète, à Cuba, c'est pas le parti... vous savez, le tyran
  • 42:59 - 43:03
    décrit dans les journaux du soir et du matin, là, décrit chez nous comme un truc
  • 43:03 - 43:10
    absolument tyrannique, le parti ne désigne pas les candidats aux élections,
  • 43:10 - 43:13
    à Cuba. Alors, me direz-vous, mais comment est-ce qu'ils sont désignés les...
  • 43:13 - 43:19
    candidats à Cuba ? Et bien ce sont les citoyens eux- mêmes, qui... de proche en proche...
  • 43:19 - 43:26
    pressentent puis désignent leurs candidats, en disant au boulanger, ben toi t'es quelqu'un de bien,
  • 43:26 - 43:31
    tu vas t'y coller, ah ben non je peux pas j'ai du boulot... ben si, si, si, à force de pression finalement
  • 43:31 - 43:33
    ils y arrivent et finalement ils désignent eux-mêmes leurs candidats,
  • 43:33 - 43:36
    mais c'est des non-professionnels, c'est des gens normaux qu'ils désignent,
  • 43:36 - 43:41
    parmi eux, entre eux. Des gens... des gens dont ils connaissent les... la valeur parce qu'ils
  • 43:41 - 43:47
    les connaissent, et qu'ils choisissent comme candidats, et je trouve que ça a un autre goût que...
  • 43:47 - 43:54
    l'escroquerie politique dans laquelle nous vivons aujourd'hui. Donc... effectivement,
  • 43:54 - 43:56
    si nous pouvions désigner nous-mêmes nos candidats, si nous pouvions
  • 43:56 - 44:00
    les révoquer quand nous trouvons... qu'ils défaillent, si nous pouvions les...
  • 44:00 - 44:05
    les tenir sous contrôle, leur imposer une réddition des comptes, et cetera,
  • 44:05 - 44:10
    le gouvernement représentatif pourrait très bien être un régime tout à fait acceptable, et...
  • 44:10 - 44:16
    et désirable. Alors, dans ce contexte-là, le référendum d'initiative populaire est un rouage
  • 44:16 - 44:24
    absolument décisif et central. J'attire votre attention sur... le travail d'un...
  • 44:24 - 44:32
    y'a un gars en France qui s'appelle Yvan Bachaud, qui a un site très très...
  • 44:32 - 44:36
    consacré uniquement au référendum d'initiative populaire, le site s'appelle...
  • 44:36 - 44:54
    ric-france.fr, sur lequel... c'est un site sur lequel il y a énormément de ressources,
  • 44:54 - 45:04
    vidéos, textes... de toutes sortes, où Yvan... Yvan Bachaud, donc, approfondit... dans le plus fin détail...
  • 45:04 - 45:13
    les modalités de fonctionnement, idéal, pour l'intérêt général, du référendum d'initiative populaire.
  • 45:13 - 45:19
    Lui il en fait absolument le centre de... ce pour quoi nous devrions lutter, parce que il dit,
  • 45:19 - 45:23
    et ça se comprend, il dit si nous avions le référendum d'initiative populaire,
  • 45:23 - 45:27
    un vrai, comme en Suisse ou en Italie, nous aurions le moyen de nous défendre,
  • 45:27 - 45:31
    nous aurions le moyen de... d'imposer nous-mêmes à nos représentants,
  • 45:31 - 45:37
    l'agenda dont ils ne veulent pas, la liste des questions qui les gênent mais que
  • 45:37 - 45:42
    nous souhaitons voir traitées, nous pourrions leur imposer, en court-circuitant nos représentants,
  • 45:42 - 45:51
    quand cela nous semble important. Et c'est vrai que c'est... ça paraît une institution centrale, décisive,
  • 45:51 - 45:58
    et, détestée par les élus, évidemment ! Les élus, pendant... pendant presque 10 ans,
  • 45:58 - 46:00
    je crois que les élus ont mis dans leurs programmes,
  • 46:00 - 46:05
    tous les partis français, avaient, la promesse du référendum d'initiative populaire, parce qu'ils savaient
  • 46:05 - 46:11
    que plus de 90% des gens le souhaitent. 90% des gens, à chaque fois qu'on leur demande
  • 46:11 - 46:15
    et on leur demande pas si souvent que ça, hein, comme par hasard, mais à chaque fois
  • 46:15 - 46:17
    qu'on leur demande... et c'est comme ça dans tous les pays du monde...
  • 46:17 - 46:24
    les gens, normaux, réclament, aimeraient, souhaiteraient, pouvoir, de leur propre
  • 46:24 - 46:29
    initiative, décider, sur tel et tel sujet. Des sujets dont
  • 46:29 - 46:37
    ils choisissent le... libellé, la question. Et donc, le... c'est à la fois désirable, c'est à la fois...
  • 46:37 - 46:44
    indispensable pour contrôler les pouvoirs, et en même temps, c'est, du point de vue
  • 46:44 - 46:48
    des élus, détestable et à éviter à tout prix. C'est-à-dire que les élus
  • 46:48 - 46:51
    ne nous le donneront, je pense, jamais ! Et c'est donc...
  • 46:51 - 46:56
    ça c'est un point de désaccord entre Yvan et moi, désaccord amical puisqu'on s'entend très bien...
  • 46:56 - 47:03
    je dis à Yvan, oui, effectivement, si nous avions le référendum d'initiative populaire, nous aurions
  • 47:03 - 47:08
    enfin le moyen de lutter, le problème c'est qu'ils ne nous le donneront, jamais !
  • 47:08 - 47:11
    Ils, les voleurs de pouvoir, ils, les élus, les élus et leurs donneurs d'ordres,
  • 47:11 - 47:15
    les riches qui les font élire. Ils ne nous donneront jamais le référendum
  • 47:15 - 47:19
    d'initiative populaire, parce que ils savent très bien ce qu'il ont à perdre, ça nous permettrait
  • 47:19 - 47:24
    de les court-circuiter et de décider contre leur volonté. Donc qu'est-ce qu'ils font ?
  • 47:24 - 47:27
    Ben pendant 10 ans ils nous ont promis qu'ils nous le donneraient, ils ne nous l'ont jamais donné,
  • 47:27 - 47:31
    évidemment, et puis maintenant ils le promettent même plus, et ce qu'a fait Sarkozy, mais c'est vraiment
  • 47:31 - 47:38
    du Big Brother, c'est vraiment, c'est... faut lire 1984, on a leur mode opératoire...
  • 47:38 - 47:44
    la première partie de 1984, la 2ème partie, c'est... c'est moins utile...
  • 47:44 - 47:49
    la fin de 1984 c'est le passage dans les... dans les caves du ministère de l'amour,
  • 47:49 - 47:55
    où le héros se fait torturer par... tout est à l'envers dans... le monde de Big Brother,
  • 47:55 - 48:02
    mais c'est moins... c'est moins intéressant... c'est même terrifiant, mais la 1ère partie de 1984
  • 48:02 - 48:05
    qui explique comment Big Brother met les mots à l'envers et comme c'est très très très important.
  • 48:05 - 48:12
    Et alors... Sarkozy, il se trouve que c'est Sarkozy mais ça pourrait être n'importe lequel des élus,
  • 48:12 - 48:16
    il font tous comme ça hein... mais bon lui, il est particulièrement gratiné, ils nous ont transformé
  • 48:16 - 48:22
    la Consitution actuelle, vous êtes au courant, hein... ils ont changé l'article 11, l'article 11 qui
  • 48:22 - 48:27
    ne contenait que un référendum césariste, c'est-à-dire à l'initiative du prince,
  • 48:27 - 48:30
    à l'initiative de César, C'est-à-dire... c'est le pire référendum qui soit,
  • 48:30 - 48:34
    celui-là... le référendum césariste, celui à l'initiative du prince, celui qu'il y avait
  • 48:34 - 48:39
    dans notre Constitution de 1958, c'est à l'article 11, cet article-là, permet au prince,
  • 48:39 - 48:47
    de se légitimer à bon compte, en ne posant évidemment, que les questions... les questions
  • 48:47 - 48:52
    qui ne nous divisent pas... qui nous conduisent à dire oui et sur lesquelles
  • 48:52 - 48:56
    il peut ensuite s'appuyer pour dire : regardez, j'ai tout le peuple derrière moi.
  • 48:56 - 49:00
    Mais c'est... hyper dangereux le référendum césariste,
  • 49:00 - 49:04
    le référendum de l'aticle 11 tel qu'il était dans la Constitution de 1958, est une saloperie !
  • 49:04 - 49:09
    Le référendum à l'initiative du prince devrait être interdit ! Interdit, purement et simplement !
  • 49:09 - 49:14
    Non seulement pas prévu, mais en plus, ça devrait être une modification de la Constitution,
  • 49:14 - 49:17
    qui serait prévue par la Constitution comme interdite ! A mon avis.
  • 49:17 - 49:22
    Mais par contre, le référendum d'initiative populaire, lui il manquait, et c'est lui
  • 49:22 - 49:25
    dont nous avons besoin, et c'est lui qui manquait évidemment. Alors qu'est-ce qu'a fait
  • 49:25 - 49:29
    le gouvernement actuel ?... qui est un gouvernement de félons,
  • 49:29 - 49:32
    évidemment, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont mis dans la Constitution, ils ont transformé...
  • 49:32 - 49:35
    parce qu'ils se sont arrogé le droit de modifier... ben parce que la Constitution le permet, hein,
  • 49:35 - 49:39
    c'est vrai c'est une anti-Constitution, elle leur permet de changer eux-mêmes
  • 49:39 - 49:43
    la Constitution. C'est complètement fou, c'est absolument pas une protection !
  • 49:43 - 49:47
    La Constitution... c'est une fausse Constitution, ne... ce qu'on appelle la Constitution de 58
  • 49:47 - 49:50
    ce n'est pas une Constitution. C'est un texte qui prend la place d'une Constitution,
  • 49:50 - 49:53
    mais qui est une anti-Constitution. Qui au lieu de nous protéger,
  • 49:53 - 49:55
    nous met en prison. Alors qu'est-ce qu'ils ont mis, eux-mêmes, puisqu'ils
  • 49:55 - 49:59
    se sont donné le droit de la changer... c'est vraiment n'importe quoi, qu'est-ce qu'iil ont mis
  • 49:59 - 50:06
    dans cette Constitution en terme de référendum ? Ils ont modifié l'article 11 pour prévoir ce qu'ls appellent
  • 50:06 - 50:12
    mensongèrement, et je défie, je défie quiconque de me prouver le contraire,
  • 50:12 - 50:15
    mensongèrement... je défie quiconque de me montrer que c'est pas
  • 50:15 - 50:18
    un mensonge, appelé mensongèrement le référendum d'initiative populaire
  • 50:18 - 50:22
    dans notre Constitution. Alors je vais vous lire, c'est... c'est un alinéa, vous allez voir,
  • 50:22 - 50:28
    je vais vous lire l'article 11, le... l'alinéa qui est censé... être un rérérendum d'initiative
  • 50:28 - 50:30
    populaire, et puis vous allez comprendre, mais c'est incroyable,
  • 50:30 - 50:33
    ils nous prennent pour des cons, mais, si on marche, on est vraiment des cons,
  • 50:33 - 50:38
    j'veux dire, hein, c'est... c'est incroyable ! Vous allez voir... je lis l'article 11
  • 50:38 - 50:45
    de la Constitution française. « Un référendum, portant sur un objet mentionné au premier alinéa...»
  • 50:45 - 50:52
    ... je vous dirai de quoi il s'agit tout à l'heure pour le rappeler, c'est-à-dire c'est les... c'est...
  • 50:52 - 50:59
    sur des réformes relatives à la... c'est... «... soumettre au référendum tout projet de loi
  • 50:59 - 51:02
    portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives
  • 51:02 - 51:06
    à la politique économique, sociale, ou environnementale de la Nation,
  • 51:06 - 51:08
    au service public qui y concourt...» , alors tout ça c'est des questions importantes,
  • 51:08 - 51:11
    quoi, hein, tout référendum sur des questions importantes. Bon, je reprends mon alinéa :
  • 51:11 - 51:15
    « un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa...»,
  • 51:15 - 51:21
    c'est-à-dire, des questions importantes, « ... peut être organisé, à l'intiative de...»...
  • 51:21 - 51:25
    ah, ah, ah, alors c'est qu'arrive le peuple j'imagine, non ? «... à l'intiative d'un cinquième
  • 51:25 - 51:28
    des membres du parlement...», je vous jure que c'est vrai, je vous lis
  • 51:28 - 51:32
    l'article de la Constitution française, hein, de... soi-disant référendum d'initiative populaire,
  • 51:32 - 51:35
    c'est donc à l'initiative d'un cinquième des membres du parlement,
  • 51:35 - 51:38
    donc c'est un référendum d'initiative parlementaire, si je sais lire nom de Zeus !...
  • 51:38 - 51:42
    virgule, « soutenue » , cette initiative, « par un dixième des électeurs inscrits... »,
  • 51:42 - 51:46
    ah la voilà l'escroquerie, c'est parce que c'est soutenu par un dixième des électeurs inscrits,
  • 51:46 - 51:49
    c'est-à-dire par 4 millions et quelques d'électeurs, c'est monstrueux
  • 51:49 - 51:53
    ce qu'il faut comme électeurs, hein, c'est... là où il y a des référendums d'initiative populaire,
  • 51:53 - 51:56
    des vrais, c'est pas des millions d'électeurs qu'il faut, c'est quelques centaines
  • 51:56 - 51:59
    de mille pour déclencher un truc, là c'est monstrueux, il faut une vague,
  • 51:59 - 52:03
    il faut un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales, et à ce moment-là,
  • 52:03 - 52:08
    il peut y avoir un référendum. Mais attendez, c'est pas fini, cette initiative, donc
  • 52:08 - 52:11
    là... vous avez bien compris que c'est pas un référendum d'initiative populaire du tout,
  • 52:11 - 52:14
    même pas pour rire ! C'est un référendum d'initiative parlementaire.
  • 52:14 - 52:20
    Et donc les journalistes qui appellent ça référendum d'initiative populaire,
  • 52:20 - 52:25
    sont soit des abrutis, soit des félons, des traîtres, mais appeler ça référendum
  • 52:25 - 52:29
    d'initiative populaire, c'est... c'est de la bêtise ou de la malhonnêteté.
  • 52:29 - 52:36
    C'est... c'est indéfendable ! Y'a rien qui permette d'appeler ce truc
  • 52:36 - 52:39
    un référendum d'initiative populaire. En tous cas, je continue, parce que
  • 52:39 - 52:44
    c'est pas fini, « cette initiative », donc soi-disant populaire, « prend la forme d'une proposition
  • 52:44 - 52:49
    de loi », ah ouais... on n'est pas en fait au référendum. C'est une initiative, qui devient
  • 52:49 - 52:53
    une proposition de loi. « et qui ne peut avoir pour objet l'abrogation
  • 52:53 - 52:56
    d'une disposition législative promulgée depuis moins d'un an ». Bon d'accord, donc ça veut dire
  • 52:56 - 53:02
    qu'il faut que la loi elle soit... la loi qu'on veut... abroger, il faut qu'on l'ait
  • 53:02 - 53:06
    testée un peu, on peut pas... on peut pas l'abroger trop vite, tout de suite, juste après
  • 53:06 - 53:11
    qu'elle ait... on veut que si le parlement l'a votée, on puisse au moins la tester un peu
  • 53:11 - 53:15
    et puis, après on fera un référendum plus tard. Mais attendez, c'est que le référendum,
  • 53:15 - 53:18
    on n'y est pas encore. Pour l'instant, à l'initiative d'un cinquième
  • 53:18 - 53:22
    des membres du parlement et, avec un dixième... le soutien d'un dixième des électeurs
  • 53:22 - 53:26
    inscrits, on n'a pas encore un référendum, pas du tout, on n'a qu'une proposition de loi.
  • 53:26 - 53:28
    Et alors comment ça se passe ensuite ? et ben le conseil constitutionnel
  • 53:28 - 53:35
    contrôle le respect... de cette loi, donc le conseil constitutionnel, je vous rappelle que c'est ...
  • 53:35 - 53:41
    une bande de... de vieux politicards décatis qui sont absolument pas indépendants,
  • 53:41 - 53:45
    qui sont juge et partie et qui sont des ennemis du peuple, donc des gens
  • 53:45 - 53:48
    qui ne nous défendent pas du tout ! Enfin, j'exagère parce que... il leur est arrivé
  • 53:48 - 53:53
    de nous défendre, et de défendre des droits, et heureusement, quand même,
  • 53:53 - 53:55
    de temps en temps, mais sur l'essentiel, je peux vous dire qu'on n'a rien à attendre
  • 53:55 - 53:59
    de ces gens-là, ces gens-là, ne cherchent pas du tout à instaurer une démocratie,
  • 53:59 - 54:02
    mais pas du tout du tout du tout ! En tous cas, le conseil constitutionnel,
  • 54:02 - 54:06
    qui à mon avis n'a aucune légitimité, qui est... critiquable de A à Z,
  • 54:06 - 54:10
    et puis faut lire les articles des juristes, au lendemain de la Constitution de 58,
  • 54:10 - 54:13
    qui ont tempêté, pesté contre le conseil constitutionnel, c'est qu'y en avait à dire,
  • 54:13 - 54:16
    hein, j'peux vous dire que des arguments juridiques, hein, contre
  • 54:16 - 54:21
    le conseil constitutionnel, y'en a une valise. En tous cas, premier rempart,
  • 54:21 - 54:27
    ce... ce conseil, soi-disant constitutionnel, qui peut tout, qui peut tout bloquer, mais c'est pas fini !
  • 54:27 - 54:32
    Si la proposition, alinéa suivant : « si la proposition de loi », d'initiative parlementaire,
  • 54:32 - 54:35
    je rappelle, hein, «... n'a pas été examinée
  • 54:35 - 54:38
    par les deux assemblées dans le délai fixé par la loi organique », la loi organique,
  • 54:38 - 54:42
    c'est eux, hein, c'est les parlementaires qui écrivent eux-mêmes les... les modalités,
  • 54:42 - 54:46
    donc si la proposition de loi n'a pas été examinée par les deux assemblées,
  • 54:46 - 54:50
    « le Président de la République la soumet au référendum ». C'est-à-dire qu'il n'y a pas
  • 54:50 - 54:54
    de référendum du tout systématiquement après l'initiative parlementaire, soutenue
  • 54:54 - 54:57
    par des millions, pas du tout du tout, c'est pas comme ça que ça marche, cette merde !
  • 54:57 - 55:03
    Ce, pardon, ce... cette escroquerie, cette imposture, pas du tout, c'est,
  • 55:03 - 55:08
    si la proposition n'est pas étudiée par le parlement, et déformée éventuellement,
  • 55:08 - 55:11
    ils font ce qu'ils veulent, hein, le parlement avec cette initiative, si elle a pas été...
  • 55:11 - 55:16
    examinée, et ben le président la soumet au référendum. Et en droit,
  • 55:16 - 55:20
    quand on dit le président la soumet au référendum, ça veut dire qu'il y est obligé.
  • 55:20 - 55:24
    Quand on dit le président soumet au référendum, ça veut dire qu'il doit soumettre.
  • 55:24 - 55:28
    L'indicatif vaut impératif en droit. Mais... mais attendez, c'est seulement,
  • 55:28 - 55:32
    si la proposition n'a pas été examinée ! Il suffit qu'ils l'examinent, et qu'ils
  • 55:32 - 55:37
    la jettent à la poubelle, il suffit qu'ils l'examinent, les parlementaires, pour que
  • 55:37 - 55:43
    nous n'ayons pas de référendum. Mais de qui se moque-t'on ? ! De qui se moque-t'on ? !
  • 55:43 - 55:46
    On appelle ça référendum d'initiative populaire ? C'est du foutage de gueule !
  • 55:46 - 55:48
    Mais si nous acceptons d'appeler ça référendum
  • 55:48 - 55:51
    d'initiative populaire, c'est bien notre faute ! On est des ânes ! On est des ânes et on...
  • 55:51 - 55:57
    est mené comme des ânes, et ben c'est bien fait pour nous. Voilà, donc sur le référendum
  • 55:57 - 56:02
    d'initiative populaire, c'est important, il existe dans des tas de pays, hein... enfin pas tant que ça,
  • 56:02 - 56:07
    mais quelques uns, il existe en Suisse, il existe en Italie... les Suisses se sont protégés grâce
  • 56:07 - 56:12
    à cette arme... l'année dernière quand leur parlementaires ont dégradé les conditions de la retraite,
  • 56:12 - 56:16
    comme les nôtres l'on fait, mais nous nous n'avons rien pour résister,
  • 56:16 - 56:19
    ben quand les parlementaires suisses ont essayé de dégrader la retraite
  • 56:19 - 56:22
    en 2011, des suisses, et ben les suisses, dans les semaines
  • 56:22 - 56:27
    qui ont suivi, par référendum d'intitiative populaire, ont dit : non ! Et la loi a été abrogée,
  • 56:27 - 56:31
    ils se sont défendus de la même manière qu'ils ont interdit la privatisation de l'EDF Suisse, et cetera,
  • 56:31 - 56:35
    quand ils veulent se protéger, ils se protègent. Voilà pourquoi on peut parler de la Suisse
  • 56:35 - 56:40
    comme une semi-démocratie en tous cas, un peuple qui a gardé une part de souveraineté.
  • 56:40 - 56:46
    Nous n'avons plus rien nous en France. On est... les jouets de voleurs de pouvoir,
  • 56:46 - 56:51
    des voleurs de pouvoir, et le mot n'est pas trop fort, il n'est pas exagéré, c'est exactement ça,
  • 56:51 - 56:55
    qui sont des crapules qui depuis 200 ans, sciemment, de volonté délibérée,
  • 56:55 - 57:00
    ont pris le pouvoir aux nobles et au clergé, mais toujours contre le peuple,
  • 57:00 - 57:07
    et l'exercent contre lui depuis 200 ans. Mais on n'est pas, c'est avec la... c'est avec notre
  • 57:07 - 57:17
    participation active ! Nous marchons dans leurs bobards ! Nous... nous sommes bien gentils d'utiliser
  • 57:17 - 57:22
    leurs mots et de... de faire comme si, ils étaient comme nous, gentils.
  • 57:22 - 57:26
    Ils ne sont pas gentils, je veux dire, ces gens-là sont intéressés, ils sont âpres au gain !
  • 57:26 - 57:31
    Et... ils travaillent contre l'intérêt général. Regardez ce qu'ils font avec les banques,
  • 57:31 - 57:36
    les gens qui nous gouvernent, les gens que nous élisons, parmi des gens qu'on n'a pas choisis
  • 57:36 - 57:39
    qui sont tous des serviteurs de banques ! Là on va choisir, dimanche,
  • 57:39 - 57:43
    entre deux chiens de garde des banques. Deux... deux chiens serviles !
  • 57:43 - 57:47
    Alors, y'en a un qui est pire que l'autre, y'en a un qui est moins pire que l'autre,
  • 57:47 - 57:51
    on n'est pas... à mon avis faut voter pour choisir le moindre mal, parce qu'on n'est pas obligé
  • 57:51 - 57:56
    en plus d'en rajouter une couche en... en laissant le pire arriver, advenir, mais...
  • 57:56 - 58:03
    faut pas se faire d'illusions, j'veux dire, il faudra bien arriver à... si on veut que le droit
  • 58:03 - 58:08
    des peuples à disposer d'eux-mêmes advienne un jour, il faudra qu'on sorte de la mystification
  • 58:08 - 58:13
    du gouvernement prétenduement représentatif, et de l'élection comme moyen
  • 58:13 - 58:19
    de désigner nos représentants... Donc... le référendum d'initiative populaire...
  • 58:19 - 58:23
    le vrai, évidemment, mais on nous le donnera jamais,
  • 58:23 - 58:27
    c'est à nous de le prendre, donc c'est à nous d'écrire la Constitution, si on veut l'avoir, et le faux,
  • 58:27 - 58:33
    qu'ils aillent se faire voir... c'est une plaisanterie, une mauvaise plaisanterie
  • 58:33 - 58:36
    L : Bien merci Etienne, c'est très clair. Alors il nous reste un peu moins d'une heure du temps d'antenne
  • 58:36 - 58:43
    à passer ensemble, et je vais en profiter pour ouvrir le standard 08 92 23 95 20
  • 58:43 - 58:46
    pour vos questions à Etienne Chouard, et je précise que Etienne n'esquive
  • 58:46 - 58:51
    aucune question, il répondra de manière complète à vos objections, soyez en sûrs.
  • 58:51 - 58:56
    Donc je répète le numéro du standard 08 92 23 95 20,
  • 58:56 -
    et on a déjà un auditeur en attente, c'est Vincent qui nous rejoint...
Titre:
RIM 2012.05.04 Etienne Chouard 1/2
Description:

Radio ici et maintenant, 4 mai 2012, Lisandru reçoit Etienne Chouard, enseignant en économie devenu célèbre en tant que blogueur pour un entretien de près de 2h, parmi les sujets abordés:<br />Histoire et contre-Histoire, Démocratie et Gouvernement Représentatif, Référendum d’Initiative Populaire, il répond aussi aux questions des auditeurs.<br />1ere partie: exposé-conférence d'Etienne Chouard<br />2nde partie: dialogue questions/reponses avec les auditeurs<br />source: http://rim951.fr/?p=1717

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