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«L'État et les banques, les dessous d'un hold-up historique» par Myret Zaki et Etienne Chouard

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    3 décembre 2011 - Fonderie Kugler
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    En collaboration avec le journal
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    La Cité
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    "L'Etat et les banques, les dessous d'un hold-up historique"
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    Conférence/débat de Myret Zaki et d'Étienne Chouard
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    Modération: Fabio Lo Verso (La Cité)
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    Première conférence
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    "L'Etat, otage du secteur financier"
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    par Myret Zaki
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    Moi je reste là, je vais prendre des notes,
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    parce que juste pour terminer, dans notre prochain numéro de la Cité (N°7)
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    qui sera en kiosques Vendredi prochain.
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    Il y aura un retour sur cette discussion.
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    Merci beaucoup Fabio, et bonsoir à vous tous.
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    Je suis enchantée d'être ici avec le professeur Chouard
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    et de découvrir l'usine Kugler et de travailler avec le journal La Cité.
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    Moi, je travaille pour le magazine économique « Bilan ».
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    Effectivement, je suis auteure de quelques livres assez critiques
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    sur la dérive qu'ont connus les marchés financiers ces dernières années.
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    Parce qu'ayant suivi depuis maintenant bientôt quinze ans
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    l'évolution des marchés financiers, j'ai vu à quel point
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    ils jouent un rôle fondamental dans ce qu'on appelle actuellement
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    la « Crise ». Alors, on est en "Crise", n'est-ce pas ?
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    Et on sait pas vraiment pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
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    Par exemple, vous avez tous constaté que tout d'un coup,
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    la Grèce était en "crise". Est-ce que quelqu'un peut me dire
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    à son avis, qu'est-ce qui a déclenché la crise grecque ?
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    Pourquoi tout d'un coup c'est une énorme crise depuis fin 2009 à peu près, voilà.
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    Qu'est-ce qui a sonné l'alerte ?
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    Qu'est-ce qui a démarré tout ça ?
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    Si vous me dites c'est l'endettement de la Grèce,
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    Je vous répondrais « La Grèce est endettée au même niveau depuis des années »
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    Alors pourquoi maintenant ?
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    Qui c'est qui a décidé que c'est la crise ? Alors, Nicolas qui a toutes les réponses:
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    C'est Goldman Sachs qui... (inaudible)
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    Alors, bonne piste, les conseils de Goldman Sachs auraient mis la Grèce en crise.
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    Tout à fait d'accord. Tout a commencé par le fait
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    que fin 2009, les agences de notation ont dit que certains petits pays
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    de la périphérie de l'Europe dont la Grèce, leur taux d'endettement
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    s'était un peu détérioré, c'est-à-dire qu'il n'était pas satisfaisant
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    et qu'il fallait qu'ils reprennent un petit peu en main
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    leurs finances publiques. C'est tout.
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    Donc les agences de notation n'ont pas dit que ces pays
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    étaient en faillite, ils ont simplement dit : « Dans les prochaines années,
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    Il faudrait que la Grèce essaie de tenir mieux son budget. »
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    D'accord ? Ça c'est ce qui s'est passé fin 2009.
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    Qu'est-ce qui a ensuite vraiment déclenché la crise ?
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    C'est qu'il y a eu une réunion entre cinq « Hedge funds »,
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    c'est-à-dire entre 5 fonds spéculatifs américains
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    dans un restaurant à New York
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    Un journal américain a raconté cette histoire
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    C'est pas du tout de la fiction
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    Cinq fonds, dont le fameux George Soros
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    qui est celui qui avait fait couler la banque d'Angleterre
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    à l'époque, et qui avait gagné deux milliards,
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    sur une opération, il avait dévalué la livre sterling dans les années 70.
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    Alors, ce fameux Soros avec quelques autres spéculateurs
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    et "raideurs" américains décident
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    que maintenant que la crise des subprimes américaine est passée
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    il faut qu'ils trouvent une nouvelle proie
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    pour se faire énormément d'argent
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    C'était en février 2010 exactement
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    dans un restaurant New-Yorkais, qui fait des très bon steaks, paraît-il.
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    Et ces gens-là ont décidé de manière CONCERTÉE
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    et j'insiste sur ce mot, d'attaquer l'euro à travers
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    d'abord la Grèce, et ensuite, tous les autres
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    petits pays périphériques. L'idée étant que si vous faites couler
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    un petit pays comme la Grèce, il y aura effectivement un phénomène
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    de panique sur les marchés qui fera que les autres pays voisins
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    vont être contaminés, si on veut, parce que les investisseurs vont vendre aussi
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    leurs titres sur ces pays et que ces fameux spéculateurs
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    vont pouvoir s'engraisser à l'infini, sur, en réalité,
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    la faillite de la périphérie de l'Europe voire de l'Europe entière.
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    Quelque part, George Soros essayait de recréer le même coup
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    qu'il avait fait et qui l'a rendu milliardaire dans les années 70.
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    Alors, ça a été peu raconté, ça n'intéresse pas grand monde,
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    Quand vous en parlez au secteur bancaire et financier
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    à des gens qui travaillent à Genève dans le métier de la finance,
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    ils vous disent « Mais non, tout ça c'est très marginal,
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    ça n'a rien provoqué. » Et pourtant, on sait très bien
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    que ces Hedge Funds, par la suite,
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    ont massivement vendu la dette, parce que, ce que font les spéculateurs,
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    c'est qu'ils gagnent de l'argent sur la baisse de la dette,
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    ou la baisse de la dette ou la baisse des actions d'un pays. Vous pouvez vraiment
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    gagner à la baisse si vous pariez, si vous faites des paris
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    avec des instruments dérivés, vous pouvez gagner sur la chute, sur l'effondrement d'un marché.
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    Et c'est comme ça que de très nombreux millionaires et milliardaires
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    se sont constitués ces dernières années grâce à la crise de l'Europe. Ce sont des faits,
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    j'ai les chiffres, je sais de quels fonds il s'agit, de quels gérants de fonds spéculatifs,
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    on les connaît, ce sont des anglais et des américains pour la plupart.
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    Et ils maîtrisent parfaitement l'art de la spéculation.
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    Donc ils se sont mis à accumuler des positions vendeuses record
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    Entre fin 2009 et début 2010, positions record contre la Grèce.
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    La ministre de l'économie grecque de l'époque
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    s'en est d'ailleurs émue, parce qu'au niveau du gouvernement
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    Grec ils peuvent voir le mouvement qu'il y a sur leur dette
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    ils ont dit "Qu'est-ce qu'il se passe ?"
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    " Notre dette fait l'objet d'une sorte de
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    pari à la baisse féroce tout d'un coup "
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    Effectivement ces attaques
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    qu'est ce qu'elles ont provoqué ?
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    Pourquoi ces attaques
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    peuvent VRAIMENT couler un pays ?
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    Parce que quand vous vendez très massivement
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    la dette d'un petit pays comme ça
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    les taux d’intérêts que doit payer ce pays
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    sur sa dette, ils explosent.
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    Parce que si l'obligation d'état,
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    l'obligation souveraine, coule
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    le taux d’intérêt monte automatiquement.
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    Donc c'est comme ça que tout d'un coup la Grece
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    se retrouve à payer 7 %
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    à cette époque là
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    et jusqu'au taux complètement
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    ridicule et absurde de 20 % récemment
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    et donc de facto la Grèce à été éjectée
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    du marché des capitaux
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    elle ne pouvait plus se financer
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    sur le marché international
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    de la dette internationale
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    Donc ça vient des marchés
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    La Grèce était en crise à travers
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    les attaques spéculatives anglosaxones
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    Comme l'a remarqué Nicolas ici présent
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    Goldman Sachs avait conseillé la Grèce
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    à adopter des instruments très complexes
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    qu'il avait monté pour cacher
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    la véritable situation de son endettement
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    au reste de l'Union Européenne.
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    Donc Goldman Sachs avait dans un 1er temps
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    à partir des années 2000
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    aidé la Grèce à réduire en apparence
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    son véritable endettement.
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    Pendant ce temps, qu'a fait Goldman Sachs ?
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    Goldman Sachs a été voir les Hedges funds
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    qui étaient ses clients, ces fonds spéculatifs
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    avec lesquels elle travaille
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    et leur a dit : " J'ai une info très interéssante
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    à partager avec vous : la Grèce est beaucoup
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    plus endettée qu'elle ne l'est en réalité "
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    Donc délit d'initié, c'est le terme
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    Goldman Sachs a partagé cette information
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    avec ses clients
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    Ce qui a permis à des fonds spéculatifs
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    d'attaquer cette dette à l'avance
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    sachant que les vrais chiffres de la Grèce
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    allaient être révélés début 2010.
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    Donc on incite la Grèce à adopter
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    des instruments trompeurs
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    qui vont ensuite l'amener à se retrouver
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    plus endettée qu'elle ne l'était.
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    Ensuite on profite des problèmes que ça génère
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    et on partage cette information
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    avec d'autres fonds spéculatifs
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    Après a commencé une espèce de " dépeçage "
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    de la dette grecque.
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    Les fonds spéculatifs ont foncé dessus
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    et les autres investisseurs
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    comme les moutons qu'ils sont
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    puisque le monde de l'investissement
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    est extrêmement moutonnier
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    quand ils ont vu qu'il y avait une espèce
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    d'alerte sur le marché de la dette grecque
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    ils se sont tous mis à vendre
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    les fonds spéculatifs c'est la cavalerie d'élite
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    qui vient au début, qui vend, déstabilise un pays
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    et après tous les fonds de pension
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    les investisseurs du monde entier
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    qui ne comprenant rien à l'histoire
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    mais voyant simplement que le risque a augmenté
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    se mettent à vendre aussi.
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    Et c'est comme ça qu'on coule un pays.
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    Parce qu'un pays qui a sa dette
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    qui s'écroule comme ça
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    et qui doit payer du 20 %
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    il ne peut plus que se mettre en quasi défaut
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    et sortir du marché des capitaux.
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    Voyant qu'ils ont si bien réussi leur coup
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    les fonds spéculatifs
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    n'ont pas voulu s’arrêter en si bon chemin.
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    Ils ont continué, et ensuite
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    ça a été le Portugal, l'Irlande
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    l'Espagne, ensuite la Belgique,
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    l'Italie, dernièrement la France et même
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    l'Allemagne, qui est le pays le plus solvable du monde
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    le plus solide du monde, s'est trouvée plus ou moins attaquée
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    sur le marché de la dette internationale.
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    De quoi parle-t-on là ?
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    On parle du phénomène
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    qui veut que si vous êtes un pays
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    dont la dette est côtée sur un marché
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    vous êtes complètement vulnérable
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    à des attaques, des véritables RAIDS,
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    de la part de financiers sans scrupules.
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    Surtout le plus important, c'est que
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    ces gens la ne sont pas du tout réglementés.
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    Le marché de la spéculation
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    tous les instruments que ces gens utilisent
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    c'est-à-dire des produits dérivés
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    ne sont ABSOLUMENT PAS réglementés
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    par Washington et par Londres
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    qui ont refusé, de manière PERMANENTE
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    de manière CATÉGORIQUE
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    de toucher à ces instruments là.
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    C'est vrai que la France, l'Allemagne
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    se sont rendues compte
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    qu'il y avait des attaques anglosaxones
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    sur la zone Euro
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    Et ils ont essayés de s'en ouvrir à
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    leurs homologues politiques de ces pays.
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    Et qu'est-ce qu'ils ont répondu, les anglais, les américains ?
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    On leur a répondu qu'il était parfaitement impossible
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    d'envisager une réglementation
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    de ces fonds spéculatifs
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    et des instruments qu'ils utilisent.
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    On a vraiment à faire à une dérive majeure
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    de la finance mondiale
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    parce que la finance mondiale
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    a un défaut majeur pour l'Europe
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    c'est qu'elle est complétement globalisée.
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    Elle n'a pas de frontières.
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    depuis New-York ou Londres
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    vous pouvez passer des ordres de bourses
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    Sur la dette grecque vous n'avez pas besoin
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    de passer par Francfort ou Paris
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    vous pouvez passer vos ordres de bourse d'ailleurs
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    ce qui fait que si l'Europe règlemente, veut limiter tout ça,
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    elle ne peut réglementer
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    que ce qui se passe sur son territoire
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    Elle n'a absolument aucune prise
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    sur les salles de marchés américaines ou anglaises.
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    L'Europe est en train d'être COULÉE par l'Angleterre et les USA
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    Je qualifie ça d'une " Guerre mondiale financière "
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    Comme la plupart d'entre nous
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    ne s’intéressent pas à la finance, ni aux marchés,
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    ne savent pas ce qu'est un produit dérivé.
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    Quand quelqu'un comme moi leur dit :
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    " la 3eme guerre mondiale est financière "
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    On va lui dire :
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    " Mais non ! C'est le politique et le militaire qui prime "
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    Et bien non, parce que
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    la finance c'est très commode.
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    Pourquoi est-ce que c'est si commode ?
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    En réalité, quels sont les deux pays
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    qui sont les plus en faillite aujourd'hui
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    au niveau occidental ?
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    USA, bonne réponse, et l’Angleterre.
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    L'Angleterre et les USA SONT EN FAILLITE
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    tous les deux aujourd'hui.
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    Il se trouve que parce que la zone euro
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    a subit cette horrible crise
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    la dette américaine à continuée à être achetée
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    et désirée par les investisseurs internationaux
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    beaucoup plus longtemps qu'elle n'aurait due l'être
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    Donc les USA ont directement profité
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    de la crise européenne
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    qui a été suscitée par les spéculateurs anglosaxons
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    La dette américaine se finance
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    pour quasiment rien du-tout,
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    pour du 1 ou 2 %
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    alors que ce pays est en faillite
  • 12:33 - 12:36
    On réalise en fait que l’objectivité n'existe pas
  • 12:36 - 12:38
    sur les marchés financiers
  • 12:38 - 12:39
    Ceux qui viennent aujourd'hui vous dire
  • 12:39 - 12:43
    ceux des banques, bien sapés, analystes
  • 12:43 - 12:45
    CFA (???? à vérifier) CFPI, etc
  • 12:45 - 12:46
    Qui viennent vous raconter que les primes
  • 12:46 - 12:48
    qu'il y a sur les dettes souveraines
  • 12:48 - 12:51
    sont extrêmement objectives
  • 12:51 - 12:54
    et reflètent les fondamentaux économiques de ces pays
  • 12:54 - 12:57
    et bien ils vous disent n'importe quoi
  • 12:57 - 12:58
    Parce que le fait que l'Italie
  • 12:58 - 13:00
    paye du 7 % sur sa dette
  • 13:00 - 13:01
    et que les USA payent du 2 %
  • 13:01 - 13:03
    c'est la plus grande absurdité de l'histoire
  • 13:03 - 13:05
    L'Italie a subi des attaques injustifiées
  • 13:05 - 13:06
    c'est le pays où il y a
  • 13:06 - 13:09
    le taux d'épargne plus élevé
  • 13:09 - 13:11
    Fabio connait très bien il est italien
  • 13:11 - 13:12
    Il va me dire :
  • 13:12 - 13:14
    "Oui, mais l'Italie c'est un pays
  • 13:14 - 13:17
    d'évasion fiscale, de corruption, etc "
  • 13:17 - 13:18
    Non, je suis désolée
  • 13:18 - 13:20
    les fondamentaux économique de ce pays
  • 13:20 - 13:22
    ne justifient absolument pas
  • 13:22 - 13:23
    les attaques qu'elle a subi
  • 13:23 - 13:24
    sur le marché de la dette internationale
  • 13:24 - 13:27
    et les taux d'interêts GROTESQUES
  • 13:27 - 13:28
    qu'on lui fait payer
  • 13:28 - 13:29
    juste parce que les spéculateurs
  • 13:29 - 13:31
    veulent continuer à gagner
  • 13:31 - 13:34
    d'énormes montants sur la chute
  • 13:34 - 13:35
    de ce marché qui est énorme
  • 13:35 - 13:38
    Le marché de la dette est gigantesque
  • 13:38 - 13:42
    Mais c'est un pays qui a un excédent
  • 13:42 - 13:44
    de sa balance courante avant intérêts
  • 13:44 - 13:46
    alors que les USA sont déficitaires
  • 13:46 - 13:48
    sur leur balance courante
  • 13:48 - 13:49
    C'est un pays dont le déficit budgétaire
  • 13:49 - 13:52
    est de la moitié de celui des USA
  • 13:52 - 13:54
    Et pourtant, les USA continuent
  • 13:54 - 13:56
    à se financer GRATUITEMENT
  • 13:56 - 13:58
    parce que les investisseurs
  • 13:58 - 13:59
    qui ne comprennent rien
  • 13:59 - 14:00
    et qui sont paniqués
  • 14:00 - 14:03
    à qui ont dit que c'est la fin de l'Europe
  • 14:03 - 14:04
    la fin de l'euro
  • 14:04 - 14:06
    et bien ils le croient !
  • 14:06 - 14:07
    La finance aujourd'hui
  • 14:07 - 14:09
    a un énorme accès aux médias
  • 14:09 - 14:10
    un des médias les plus influents
  • 14:10 - 14:11
    dans le monde anglosaxon
  • 14:11 - 14:14
    c'est le Financial Times
  • 14:14 - 14:17
    Je le lis tous les jours
  • 14:17 - 14:19
    il a fait sa une depuis 2 ans
  • 14:19 - 14:22
    UNIQUEMENT sur un sujet
  • 14:22 - 14:23
    la " faillite de l'Europe "
  • 14:23 - 14:24
    le démantèlement de l'Europe
  • 14:24 - 14:25
    la fin de l'Europe
  • 14:25 - 14:27
    l'incompétence de l'Europe
  • 14:27 - 14:29
    la sortie de certains pays de l'euro
  • 14:29 - 14:31
    la fin de l'euro
  • 14:31 - 14:32
    l'échec de l'euro
  • 14:32 - 14:35
    l'absurdité de l'idée même de l'Europe
  • 14:35 - 14:37
    Voila tout ce qu'a fait le Financial Times
  • 14:37 - 14:40
    Il a matraqué ça depuis deux ans
  • 14:40 - 14:41
    Il a même sorti des informations
  • 14:41 - 14:42
    grossièrement fausses
  • 14:42 - 14:45
    en disant que la Chine ne soutenait plus l'Europe
  • 14:45 - 14:47
    la Chine a du démentir le lendemain
  • 14:47 - 14:48
    c'est tout récent
  • 14:48 - 14:49
    La Chine a dit :
  • 14:49 - 14:50
    " Pas du tout, nous sommes toujours
  • 14:50 - 14:51
    derrière l'Europe
  • 14:51 - 14:53
    nous achetons de l'Euro
  • 14:53 - 14:56
    Un de ces fameux spéculateurs
  • 14:56 - 14:57
    Georges Soros
  • 14:57 - 14:58
    qui a un accès direct au Financial Times
  • 14:58 - 14:59
    Ils les appellent quand il veut,
  • 14:59 - 15:01
    il publie une page entière d'opinion
  • 15:01 - 15:03
    Dont on sait qu'il est positionné
  • 15:03 - 15:05
    contre l'Euro depuis fin 2009
  • 15:05 - 15:07
    On sait qu'il attend qu'une seule chose
  • 15:07 - 15:11
    pour faire le dernier grand coup de sa carrière
  • 15:11 - 15:12
    c'est l'effondrement de l'Euro
  • 15:12 - 15:14
    On le sait
  • 15:14 - 15:15
    Et bien tous les jours
  • 15:15 - 15:16
    il écrit des textes pour dire
  • 15:16 - 15:18
    " Il faut que l'Europe se démantèle,
  • 15:18 - 15:20
    l'Europe doit se casser,
  • 15:20 - 15:20
    elle ne peut pas survivre
  • 15:20 - 15:21
    elle est lamentable
  • 15:21 - 15:23
    c'est une construction absurde,
  • 15:23 - 15:25
    l'Euro va s'effondrer, etc "
  • 15:25 - 15:28
    Et donc, il a des intérêts
  • 15:28 - 15:29
    sur l'effondrement de l'Euro
  • 15:29 - 15:31
    Il a mis des millions
  • 15:31 - 15:32
    sur l'effondrement de l'Euro
  • 15:32 - 15:34
    Et il vient dire ça ...
  • 15:34 - 15:35
    Et personne ne voit le conflit d’intérêt
  • 15:35 - 15:35
    et on le laisse faire
  • 15:35 - 15:36
    et on le croit
  • 15:36 - 15:41
    Donc, manipulation extrême
  • 15:41 - 15:43
    non réglementation
  • 15:43 - 15:45
    c'est le " Far West " complet de la finance
  • 15:45 - 15:47
    Et les VOLUMES dont on parle
  • 15:47 - 15:50
    qui vont sur les attaques
  • 15:50 - 15:51
    contre la dette souveraine
  • 15:51 - 15:53
    des états européens
  • 15:53 - 15:54
    Et qui vont maintenant se diriger
  • 15:54 - 15:57
    contre les BANQUES européennes
  • 15:57 - 15:59
    puisqu'il y a eu des attaques incroyables
  • 15:59 - 16:01
    contre " Société Générale "
  • 16:01 - 16:02
    " BNP Paribas ", " Deutsche Bank "
  • 16:02 - 16:03
    toutes...
  • 16:03 - 16:04
    On est passé des attaques
  • 16:04 - 16:05
    contre la dette européenne
  • 16:05 - 16:08
    vers des attaques contre le NERF de l'europe
  • 16:08 - 16:10
    qui est le système financier européen
  • 16:10 - 16:12
    puisque le raisonnement à été de dire :
  • 16:12 - 16:14
    " Les banques exposées à la dette européenne
  • 16:14 - 16:15
    doivent aussi s'écrouler !
  • 16:15 - 16:16
    Donc on va aussi parier contre... "
  • 16:16 - 16:17
    Et les même spéculateurs
  • 16:17 - 16:19
    ont mis énormément de fonds
  • 16:19 - 16:20
    pour parier contre
  • 16:20 - 16:22
    Moi je suis les données
  • 16:22 - 16:25
    du marché de Chicago, des dérivés
  • 16:25 - 16:27
    Et j'ai vu qu'en septembre dernier
  • 16:27 - 16:29
    De TOUTES les classes d'actifs qui existent
  • 16:29 - 16:33
    les dérivés positionnés à la vente
  • 16:33 - 16:34
    avaient atteint un RECORD
  • 16:34 - 16:36
    contre les banques européennes
  • 16:36 - 16:37
    Donc les spéculateurs
  • 16:37 - 16:38
    ont tout laissé
  • 16:38 - 16:39
    et ils se sont concentrés cette fois
  • 16:39 - 16:42
    pour ABATTRE les banques européennes
  • 16:42 - 16:44
    Ça n'a pas vraiment marché
  • 16:44 - 16:45
    parce que les spéculateurs
  • 16:45 - 16:47
    ont face à eux aujourd'hui
  • 16:47 - 16:49
    UN, je dirais UN SEUL ennemi
  • 16:49 - 16:51
    vraiment redoutable...
  • 16:51 - 16:52
    C'est la Chine
  • 16:52 - 16:53
    La Chine depuis fin 2010
  • 16:53 - 16:58
    a poursuivi ses achats d'Euro
  • 16:58 - 17:02
    et a beaucoup déçu les spéculateurs anglosaxons
  • 17:02 - 17:05
    Même George Soros à écrit un article
  • 17:05 - 17:06
    disant : " Ces chinois m’embêtent
  • 17:06 - 17:09
    parce qu'ils contrarient mes paris
  • 17:09 - 17:10
    en achetant de l'Euro
  • 17:10 - 17:11
    alors que moi
  • 17:11 - 17:13
    j'avais parié sur l'effondrement de l'Euro
  • 17:13 - 17:14
    Et eux ils l'ont fait remonter ! "
  • 17:14 - 17:19
    Et c'est vrai, l'Euro est fort face au Dollar !
  • 17:19 - 17:20
    Comment cela s'explique ?
  • 17:20 - 17:22
    En fait aujourd'hui
  • 17:22 - 17:23
    tout se joue sur les marchés
  • 17:23 - 17:25
    Si vous avez d'un coté
  • 17:25 - 17:26
    une banque centrale chinoise
  • 17:26 - 17:27
    qui achète de l'Euro
  • 17:27 - 17:29
    et des spéculateurs anglosaxons
  • 17:29 - 17:30
    qui le vendent
  • 17:30 - 17:31
    et bien, la banque centrale de chine
  • 17:31 - 17:32
    est aujourd'hui plus puissante
  • 17:32 - 17:36
    C'est ça qui régit les taux d’intérêts aujourd'hui
  • 17:36 - 17:37
    Au milieu de ça
  • 17:37 - 17:38
    vous avez des États
  • 17:38 - 17:41
    qui sont complètement DÉPASSÉS
  • 17:41 - 17:42
    absolument.
  • 17:42 - 17:44
    D'abord, ce n'est que tout récemment
  • 17:44 - 17:45
    qu'ils ont compris ce qui se passe
  • 17:45 - 17:47
    sur le marché international de la dette
  • 17:47 - 17:48
    qu'ils ont compris que c'est
  • 17:48 - 17:50
    le marché des dérivés
  • 17:50 - 17:52
    qui régit les marchés de la dette souverainne
  • 17:52 - 17:54
    Chose complètement grotesque !
  • 17:54 - 17:56
    Comment les dérivés
  • 17:56 - 17:57
    un petit marché complètement OPAQUE
  • 17:57 - 17:59
    non-reglementé
  • 17:59 - 18:03
    peut décider du sort de la dette souveraine d'un pays
  • 18:03 - 18:05
    Et pourtant c'est ce qui se passe
  • 18:05 - 18:06
    Cinq Hedge funds peuvent décider
  • 18:06 - 18:08
    qu'un petit pays comme la Grèce
  • 18:08 - 18:09
    s’écroule
  • 18:09 - 18:11
    puisqu’ils font de l'effet levier
  • 18:11 - 18:13
    sur leurs paris " à la baisse "
  • 18:13 - 18:14
    et ils font couler cette dette
  • 18:14 - 18:16
    Oui, cinq fonds spéculatifs
  • 18:16 - 18:18
    peuvent faire couler un pays
  • 18:18 - 18:19
    de 10 millions d'habitants
  • 18:19 - 18:21
    et des millions de fonctionnaires
  • 18:21 - 18:21
    peuvent se trouver à la rue
  • 18:21 - 18:24
    parce que cinq fonds spéculatifs
  • 18:24 - 18:27
    ont gagné plusieurs centaines de millions
  • 18:27 - 18:30
    en coulant la Grèce
  • 18:30 - 18:31
    On assiste là
  • 18:31 - 18:34
    à un transfert direct d'argent
  • 18:34 - 18:37
    d'épargne, de richesse,
  • 18:37 - 18:40
    de population qui travaille
  • 18:40 - 18:42
    de salariés, de gens
  • 18:42 - 18:45
    qui ont une activité économique réelle
  • 18:45 - 18:46
    et cette richesse là
  • 18:46 - 18:48
    est directement transférée
  • 18:48 - 18:49
    dans les poches de ces spéculateurs
  • 18:49 - 18:52
    Ce n'est pas de la démagogie
  • 18:52 - 18:54
    c'est tout à fait techniquement explicable
  • 18:54 - 18:56
    C'est qu'en coulant cette dette
  • 18:56 - 18:57
    et en gagnant sur la chute
  • 18:57 - 18:59
    la différence entre le prix de départ
  • 18:59 - 19:01
    et le prix d'arrivée de cette dette
  • 19:01 - 19:04
    ces spéculateurs empochent des millions
  • 19:04 - 19:05
    et après ce pays est obligé
  • 19:05 - 19:07
    de se mettre à une austérité monstrueuse
  • 19:07 - 19:09
    Il est obligé de geler
  • 19:09 - 19:10
    voir de réduire
  • 19:10 - 19:11
    les salaires de ses fonctionnaires
  • 19:11 - 19:14
    d'être en récession économique
  • 19:14 - 19:17
    son marché de la consommation s'écroule
  • 19:17 - 19:19
    Il est même en dépression
  • 19:19 - 19:20
    C'est l’austérité !
  • 19:20 - 19:23
    Donc des millions de gens
  • 19:23 - 19:24
    doivent se serrer la ceinture
  • 19:24 - 19:25
    pour subventionner
  • 19:25 - 19:28
    ce que font des spéculateurs
  • 19:28 - 19:31
    Et pourtant tout se passe comme si
  • 19:31 - 19:33
    " LA CRISE " nous était tombée
  • 19:33 - 19:34
    de la planète Mars
  • 19:34 - 19:36
    personne ne dit d'où vient la crise
  • 19:36 - 19:37
    tout le monde dit " C'est la crise "
  • 19:37 - 19:38
    " Ça nous est tombé sur la tête
  • 19:38 - 19:39
    malheureusement la Grèce est en crise
  • 19:39 - 19:40
    maintenant c'est l'Italie
  • 19:40 - 19:41
    qui est en crise
  • 19:41 - 19:44
    et on ne sait pas pourquoi "
  • 19:44 - 19:45
    Moi je m'insurge contre cette ignorance !
  • 19:45 - 19:47
    la crise n'est pas arrivée toute seule
  • 19:47 - 19:48
    elle a été provoquée par des gens
  • 19:48 - 19:49
    qui ont décidé que c'était la crise
  • 19:49 - 19:51
    Mais, en terme de niveau de richesse globale
  • 19:51 - 19:52
    le monde n'a jamais été plus riche
  • 19:52 - 19:54
    Les richesses globales ont
  • 19:54 - 19:56
    énormément augmenté en 10 ans
  • 19:56 - 19:58
    Le monde EXPLOSE de richesses
  • 19:58 - 20:00
    seulement la répartition de ces richesses
  • 20:00 - 20:02
    a été complètement biaisées
  • 20:02 - 20:04
    détournée
  • 20:04 - 20:05
    les inégalités sont criantes
  • 20:05 - 20:08
    parce qu'il y a une aristocratie financière
  • 20:08 - 20:11
    Je sais que le professeur Chouard n'aime pas que j'utilise le mot "Aristocratie"
  • 20:11 - 20:12
    Mais je veux dire une Oligarchie
  • 20:13 - 20:14
    Une élite de la finance qui échappe à toute règlementation
  • 20:41 - 20:41
    le monde de la spéculation s'est reporté sur la dette souveraine européenne.
  • 20:41 - 20:42
    Voilà ce qu'on appelle "crise"
  • 20:42 - 20:42
    C'est pas une crise, c'est des stratégies spéculatives
  • 20:42 - 20:43
    visant à pomper le monde de ses richesses
  • 20:43 - 21:00
    Le monde occidental pour commencer
  • 21:00 - 21:02
    Je ne sais pas s'ils s'attaqueront après
  • 21:02 - 21:03
    aux pays émergents
  • 21:03 - 21:05
    la seule raison qui fait qu'ils attaquent
  • 21:05 - 21:07
    le monde occidental c'est que c'est lui
  • 21:07 - 21:09
    qui avait des taux d'endettement élevés
  • 21:09 - 21:10
    Les pays émergents sont riches aujourd'hui
  • 21:10 - 21:13
    ils ont des excédents commerciaux
  • 21:13 - 21:14
    ils ont de l'or dans leurs banques centrales
  • 21:14 - 21:17
    et donc les pays émergents sont aujourd'hui
  • 21:17 - 21:18
    les pays riches du monde
  • 21:18 - 21:20
    avec des monnaies fortes
  • 21:20 - 21:23
    raison pour laquelle les spéculateurs anglosaxons
  • 21:23 - 21:25
    ne les ont pas attaqué.
  • 21:25 - 21:29
    Je voulais encore expliquer pourquoi
  • 21:29 - 21:31
    il n'y avait pas eu de réglementation
  • 21:31 - 21:34
    de cette finance sauvage
  • 21:34 - 21:37
    complètement délirante, qui n'est absolument sujette
  • 21:37 - 21:43
    à aucun contrôle ni même à la compréhension du citoyen moyen.
  • 21:43 - 21:48
    C'est tout simplement le fait d'un lobbying tout à fait inquiétant.
  • 21:48 - 21:54
    Aux États-Unis le lobby de la finance aujourd'hui dépasse celui de la défense.
  • 21:54 - 21:57
    Aucun lobby n'est aussi puissant et riche
  • 21:57 - 22:01
    que celui de Wall Street et des hedge funds.
  • 22:01 - 22:04
    Ce phénomène s'est produit dans les 10 dernières années.
  • 22:04 - 22:08
    Les fonds spéculatifs ont fait tellemnt d'argent sur les crises,
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    en fait, sur les crises financières et les cracks boursiers
  • 22:10 - 22:14
    qui ont été tout à fait réguliers ces dernières années,
  • 22:14 - 22:17
    tous les 4-5 ans on a eu un crack.
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    Et bien, les fonds spéculatifs se sont enrichis à chaque fois énormement.
  • 22:20 - 22:24
    Ce qui fait que les 10 fonds spéculatifs qui gagnent le plus d'argent,
  • 22:24 - 22:27
    j'ai les chiffres de l'année dernière,
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    gagnent chacun 1.5 milliard de salaire annuel.
  • 22:31 - 22:35
    Je parle d'individus, vous avez bien entendu,
  • 22:35 - 22:40
    qui gagnent un salaire personnel de 1.5 milliard de dollars.
  • 22:40 - 22:51
    Les 15 hedge funds les plus riches possèdent l'équivalent d'un produit intérieur brut d'un pays comme l'Uruguay.
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    Avec une telle puissance, il est garanti aujourd'hui et quasiment certain
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    que plus aucune loi qui vise à réglementer la finance ne pourra jamais passer.
  • 23:04 - 23:09
    Et on l'a vu quand Obama a sorti ce fameux Dodd-Frank Act,
  • 23:09 - 23:15
    soit disant la loi qui allait réglementer la finance plus que jamais dans l'histoire de l'humanité.
  • 23:15 - 23:19
    Une loi effectivement impressionnante par son poids parce qu'elle faisait 2000 pages,
  • 23:19 - 23:24
    mais qui malheureusement a totalement échoué dans son application.
  • 23:24 - 23:29
    Elle visait à réglementer la spéculation des banques d'affaires, des hedge funds,
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    elle visait à réglementer tous les instruments dérivés, et bien tout ça a été dilué dans le temps.
  • 23:34 - 23:38
    Maintenant on entend dire que ça ne se fera qu'en 2018 au mieux.
  • 23:38 - 23:43
    Les règles de Bâle 2, le comité de Bâle qui gère les banques
  • 23:43 - 23:47
    et leur impose des coussins de capital pour couvrir leurs pertes éventuelles,
  • 23:47 - 23:52
    les États-Unis s'en moquent et n'appliquent que Bâle 1 jusqu'à aujourd'hui.
  • 23:52 - 23:57
    C'est une grande farce que de Dodd-Frank Act qui ne sera jamais appliqué.
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    Il ne faut pas oublier en effet qu'Obama a été élu par Wall Street.
  • 24:01 - 24:08
    Wall Street a mis plus d'argent sur lui que sur George W Bush junior,
  • 24:08 - 24:12
    jamais un président américain n'avait autant été financé par Wall Street.
  • 24:12 - 24:16
    Wall Street à décidé que son candidat été Obama
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    Et ils l'ont vraiment porté aux nues,
  • 24:18 - 24:20
    ils l'ont financé,
  • 24:20 - 24:23
    ils en ont fait vraiment un président,
  • 24:23 - 24:25
    ils l'ont rendu présidentiable.
  • 24:25 - 24:27
    Ça remontait déjà très loin dans sa carrière
  • 24:27 - 24:29
    qui avait commencée à Chicago,
  • 24:29 - 24:31
    où il faisait du courtage immobilier.
  • 24:31 - 24:33
    Il était très acoquiné avec les milieux de la finance.
  • 24:33 - 24:35
    Quand il est arrivé au pouvoir
  • 24:35 - 24:37
    il a bien cherché à moraliser la finance
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    à plafonner les bonus
  • 24:39 - 24:41
    mais très vite les puissantissimes
  • 24:41 - 24:43
    gérants de Hedges funds
  • 24:43 - 24:45
    lui on fait comprendre que ça n'allait pas.
  • 24:45 - 24:47
    En juin dernier, ils ont tous virés de bord
  • 24:47 - 24:50
    et sont passés au camp républicain,
  • 24:50 - 24:53
    simplement parce qu'il avait "essayé" de dire
  • 24:53 - 24:55
    qu'il y avait deux ou trois choses qui n'allaient pas
  • 24:55 - 24:57
    dans le secteur de Wall Street.
  • 24:57 - 25:02
    Et maintenant les fameux "pontes" des fonds spéculatifs
  • 25:02 - 25:06
    font des grandes "parties" pour des candidats à la présidentielle
  • 25:06 - 25:09
    du parti républicain américain.
  • 25:09 - 25:13
    Donc Obama ne sera probablement pas réélu,
  • 25:13 - 25:16
    car Wall Street n'est plus derrière lui.
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    Voila où en est l'état de la démocratie aux États-Unis.
  • 25:19 - 25:22
    Il n'est plus possible de chercher à juguler
  • 25:22 - 25:26
    les débordement gigantesques
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    des spéculateurs américains,
  • 25:28 - 25:30
    parce que ces gens là
  • 25:30 - 25:31
    sont extrêmement puissants,
  • 25:31 - 25:33
    Ils sont très proches de ceux
  • 25:33 - 25:35
    qui gèrent le Trésor américain.
  • 25:35 - 25:37
    Le département du Trésor a un temps été géré
  • 25:37 - 25:41
    par Jogn « Hank » Paulson, heu Henry Polson pardon
  • 25:41 - 25:43
    qui était l'ex-patron de Goldman Sachs.
  • 25:43 - 25:45
    La " Securities and Exchange Commission",
  • 25:45 - 25:48
    qui est le gendarme boursier américain,
  • 25:48 - 25:50
    a été gérée par des anciens patrons de banques américaines,
  • 25:50 - 25:52
    des milliers.
  • 25:52 - 25:55
    La réserve fédérale américaine
  • 25:55 - 25:57
    est extrêmement proche de Wall Street
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    et de la maison blanche.
  • 25:58 - 26:00
    Tout est imbriqué, tout le monde se connait,
  • 26:00 - 26:02
    tout le monde est ami.
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    Wall Street est partout
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    Ce n'est pas de la paranoïa
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    On a tous les noms,
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    on a tous les montants qu'ils payent
  • 26:10 - 26:11
    On sait que jamais une loi
  • 26:11 - 26:13
    ne peut changer cet état de fait.
  • 26:13 - 26:16
    Alors aujourd'hui, comment l'Europe peut s'en sortir
  • 26:16 - 26:25
    avec cette terreur que constitue les marchés ?
  • 26:25 - 26:28
    Les marchés ont fait partir Papandréou
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    de la présidence de la Grèce,
  • 26:30 - 26:32
    ils ont fait partir Berlusconi...
  • 26:32 - 26:34
    Certains diront : " Tant mieux ! ",
  • 26:34 - 26:35
    mais ce n'est pas aux marchés de
  • 26:35 - 26:38
    faire le travail que devrait faire le citoyen
  • 26:38 - 26:40
    et de se substituer à la démocratie.
  • 26:40 - 26:42
    Les marchés font ça pour de mauvaises raisons.
  • 26:42 - 26:45
    Ils ne devraient jamais décider
  • 26:45 - 26:47
    qui part, qui reste, qui vient,
  • 26:47 - 26:49
    c'est grotesque.
  • 26:49 - 26:52
    C'est un peu comme si une multinationale
  • 26:52 - 26:56
    comme si les états d'Europe étaient une multinationale
  • 26:56 - 26:59
    et au lieu d'aller à l'assemblée des citoyens
  • 26:59 - 27:01
    ils allaient à l'assemblée de leurs actionnaires
  • 27:01 - 27:02
    que sont les marchés
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    et leur demandaient
  • 27:03 - 27:05
    qu'est-ce qu'ils veulent qu'on fasse ?
  • 27:05 - 27:07
    comment peut-on leur faire plaisir ?
  • 27:07 - 27:09
    et agissaient sur ORDRE des marchés
  • 27:09 - 27:12
    Donc les chefs d'état européens sont devenus
  • 27:12 - 27:16
    des CEO (Chief Executive Officer), des patrons en fait,
  • 27:16 - 27:18
    qui répondent à des actionnaires, qui sont les marchés
  • 27:18 - 27:20
    Et plus du-tout aux citoyens
  • 27:20 - 27:21
    Les citoyens, eux à quoi ils servent ?
  • 27:21 - 27:23
    Ils servent à payer les crises
  • 27:23 - 27:25
    générées par les "actionnaires "
  • 27:25 - 27:26
    c'est à dire les marchés
  • 27:26 - 27:29
    C'est une dérive absolue à laquelle
  • 27:29 - 27:31
    aucune démocratie, aucun système de valeurs
  • 27:31 - 27:34
    comme le système de valeurs
  • 27:34 - 27:35
    qui à fait l'Europe
  • 27:35 - 27:36
    qui à fait les USA
  • 27:36 - 27:38
    ne peut survivre
  • 27:38 - 27:41
    Concernant les agences de notation
  • 27:41 - 27:42
    je ne les ai pas encore mentionnées
  • 27:42 - 27:44
    parce que je me suis concentrée
  • 27:44 - 27:45
    sur les instruments spéculatifs
  • 27:45 - 27:46
    que sont les dérivés
  • 27:46 - 27:48
    En effet j'ai enquêté sur la relation
  • 27:48 - 27:53
    entre le marché des dérivés et les agences de notation
  • 27:53 - 27:55
    Il est apparu de manière tout à fait évidente
  • 27:55 - 27:57
    que les agences de notation
  • 27:57 - 28:00
    ne font que se calquer sur l'opinion du marché des dérivés
  • 28:00 - 28:08
    exprimée par les courbes qu'offrent les "CDS"
  • 28:08 - 28:11
    qui sont ceux avec lesquels les Hedges funds
  • 28:11 - 28:13
    ont vendu massivement toute la dette européenne
  • 28:14 - 28:15
    et ont dépecé l'Europe
  • 28:15 - 28:20
    ça s'appelle retenez ce mot mais après vous pourrez vous documenter dessus : "CDS"
  • 28:20 - 28:22
    "Credit Default Swap" voilà
  • 28:22 - 28:30
    Cet instrument là, tous les gens qui travaillent dans des banques et qui ont des terminaux Bloomberg
  • 28:30 - 28:33
    ils suivent le marché des CDS
  • 28:33 - 28:37
    et regardent ce que dit le marché des CDS de la dette de tel et tel pays.
  • 28:37 - 28:40
    Si je me reveille un matin,
  • 28:40 - 28:42
    je vais à mon bureau (je suis banquière)
  • 28:42 - 28:44
    je vais devant mon écran Bloomberg,
  • 28:44 - 28:50
    et je vois que le marché des CDS trouve que la dette allemande aujourd'hui est hyper risquée
  • 28:50 - 28:54
    je vais tout de suite prendre toutes mes décisions d'investissement par rapport à ça
  • 28:54 - 28:57
    et bien même les agences de notation se mettent à faire ça maintenant
  • 28:57 - 29:01
    et suivent ce que dit le marché des CDS.
  • 29:01 - 29:07
    Et pourtant, c'est un marché qui est régi par une poignée de spéculateurs
  • 29:07 - 29:10
    c'est vraiment un marché minuscule et opaque,
  • 29:10 - 29:11
    mais qui utilise beaucoup de leviers,
  • 29:11 - 29:13
    qui est hyper manipulé,
  • 29:13 - 29:16
    qui utilise de fausses rumeurs,
  • 29:16 - 29:19
    qui est un marché de "raideurs", un marché d'escrocs si vous voulez...
  • 29:19 - 29:21
    Eh bien, tout le monde le regarde, se calque dessus et suit ses opinions.
  • 29:21 - 29:25
    Donc en fait, ce marché peut décider qu'un pays,
  • 29:25 - 29:29
    que des centaines de millions de fonctionnaires, vont être à la rue.
  • 29:29 - 29:32
    Alors : le système est cassé, il ne marche plus,
  • 29:32 - 29:34
    on l'aura compris
  • 29:34 - 29:38
    je pense que le politique là dedans, même le mot politique perd beaucoup de son sens,
  • 29:38 - 29:44
    parceque au jour d'aujourd'hui, l'économie régit vraiment l'essentiel de nos vies.
  • 29:44 - 29:48
    et le pire c'est que cette complexité fait que ça nous échappe très souvent.
  • 29:48 - 29:51
    et donc on est relativement dociles face à ça.
  • 29:51 - 29:54
    parceque, qui s'intéresse aux CDS ? Qui comprend ?
  • 29:54 - 29:57
    Même moi qui suis journaliste financière depuis 15 ans
  • 29:57 - 30:01
    et qui essaye d'avoir accès à ces Hedge Funders, ces fonds spéculatifs
  • 30:01 - 30:03
    ils sont secrets sur leur stratégie,
  • 30:03 - 30:04
    il ne disent jamais ce qu'ils font
  • 30:04 - 30:08
    même leurs propres clients, ils ne leurs disent pas ce qu'ils font,
  • 30:08 - 30:11
    ils leurs disent regardez juste les rendements qu'on vous donne mais ne regardez pas ce qu'on fait.
  • 30:11 - 30:13
    et donc c'est hyper secret, hyper opaque
  • 30:13 - 30:18
    parceque pendant qu'ils font leur stratégie de couler l'Europe,
  • 30:18 - 30:22
    Cette stratégie a lieu, elle utilise des instruments
  • 30:22 - 30:26
    Elle recours à des méthodes complètement critiquables
  • 30:26 - 30:26
    Mais le temps que tout ceci soit réglementé,
  • 30:26 - 30:30
    ce sera dans 10 ans
  • 30:30 - 30:33
    Eh bien vous aurez eu une génération de milliardaires
  • 30:33 - 30:34
    qui se sera recréé
  • 30:34 - 30:36
    Donc il se sera achevé comme ça 10 ans
  • 30:36 - 30:38
    où dans le secret ils génèrent des milliards
  • 30:38 - 30:39
    Et c'est eux aujourd'hui,
  • 30:39 - 30:41
    comme nous discutions tout à l'heure
  • 30:41 - 30:45
    Ce sont les élites anglo-saxonnes de la finance
  • 30:45 - 30:48
    qui achètent les tableaux, les oeuvres d'art
  • 30:48 - 30:50
    les manoirs, les bijoux,
  • 30:50 - 30:53
    Ce sont eux qui vont dans les ventes aux enchères
  • 30:53 - 30:56
    de ???????? et de Christies, qui ont les plus belles voitures
  • 30:56 - 30:57
    les plus belles maisons
  • 30:57 - 31:00
    C'est vraiment la nouvelle aristocratie du monde
  • 31:00 - 31:05
    Clairement, ça ne peut pas continuer comme ça
  • 31:05 - 31:06
    je pense que l'Europe s'en est rendue compte
  • 31:06 - 31:08
    et qu'il y a eu des propositions
  • 31:08 - 31:11
    Je ne sais pas si vous connaissez
  • 31:11 - 31:13
    Mr Filoche du parti socialiste français
  • 31:13 - 31:18
    On a eu une discussion intéressante
  • 31:18 - 31:19
    Où il a dit :
  • 31:19 - 31:20
    « Il faudrait que les pays européens
  • 31:20 - 31:22
    ne soient pas exposés au marché des capitaux
  • 31:22 - 31:23
    Ils ne doivent pas prêter le flanc
  • 31:23 - 31:26
    Si vous cotez votre dette sur un marché de Far-West
  • 31:26 - 31:28
    qui n'est pas réglementé,
  • 31:28 - 31:30
    n'importe qui peut décider de vous couler
  • 31:30 - 31:33
    Il peut vous obliger
  • 31:33 - 31:35
    à payer des taux d'intérêts grotesques
  • 31:35 - 31:37
    du jour au lendemain
  • 31:37 - 31:39
    Et la Grèce, combien de temps a-t-elle eu
  • 31:39 - 31:42
    pour mettre en place son plan d'austérité ?
  • 31:42 - 31:43
    Elle n'a pas eu le temps !
  • 31:43 - 31:45
    Elle n'a pas eu une année
  • 31:45 - 31:47
    pour faire l'austérité
  • 31:47 - 31:49
    Les marchés avait déjà décidé
  • 31:49 - 31:50
    que ça n'allait pas
  • 31:50 - 31:52
    et qui ont de nouveau fait monter son taux d'intérêts
  • 31:52 - 31:53
    Donc ils ont été obligés
  • 31:53 - 31:56
    de faire un nouveau plan budgétaire
  • 31:56 - 31:57
    Les taux d'intérêt sont à nouveau montés
  • 31:57 - 32:00
    Ils ont repris leur copie de A à Z
  • 32:00 - 32:03
    Ce n'est pas possible, parce que vos taux d'intérêt
  • 32:03 - 32:05
    les spéculateurs les font bouger à leur guise
  • 32:05 - 32:07
    Ils en font ce qu'ils veulent
  • 32:07 - 32:10
    Vous ne pouvez pas être cotés si vous êtes un pays, une nation,
  • 32:10 - 32:12
    et vous avez la responsabilité
  • 32:12 - 32:15
    de centaines de millions de citoyens
  • 32:15 - 32:18
    Vous ne pouvez pas avoir votre dette exposée à ça
  • 32:18 - 32:21
    Donc, il y a une méconnaissance
  • 32:21 - 32:25
    de férocité de la spéculation internationale
  • 32:25 - 32:27
    qui est aujourd'hui devenu le moyen
  • 32:27 - 32:28
    de faire de l'argent
  • 32:28 - 32:31
    A une certaine époque, un des moyens
  • 32:31 - 32:34
    c'était le blanchiment d'argent, l'évasion fiscale
  • 32:34 - 32:38
    Et ça le reste un petit peu
  • 32:38 - 32:39
    dans une certaine mesure aujourd'hui
  • 32:39 - 32:41
    Mais je dirais que depuis quelques années
  • 32:41 - 32:43
    c'est la spéculation qui fait le plus d'argent
  • 32:43 - 32:46
    Donc les profils de gens qui géraient des fortunes
  • 32:46 - 32:48
    en secret, par exemple en Suisse,
  • 32:48 - 32:52
    pour aider beaucoup d'africains et de russes
  • 32:52 - 32:55
    de français à échapper au fisc
  • 32:55 - 32:57
    C'est un profil très en vue
  • 32:57 - 32:59
    dans les années 60 à 80
  • 32:59 - 33:01
    Depuis les années 2000
  • 33:01 - 33:03
    C'est le profil du trader-spéculateur
  • 33:03 - 33:05
    qui est LE profil en vue
  • 33:05 - 33:07
    celui où tout le monde veut être
  • 33:07 - 33:08
    pour faire de l'argent, très clairement
  • 33:08 - 33:11
    Mais tout comme les instruments de la spéculation
  • 33:11 - 33:13
    sont jalousement préservés
  • 33:13 - 33:14
    de toute réglementation,
  • 33:14 - 33:16
    et même de la connaissance du public
  • 33:16 - 33:18
    les instruments de l'évasion fiscale
  • 33:18 - 33:19
    le sont aussi
  • 33:19 - 33:21
    Il m'a par exemple fallu enquêter pendant une année
  • 33:21 - 33:24
    pour écrire un livre sur le fait qu'aujourd'hui
  • 33:24 - 33:27
    l'évasion fiscale est devenue un produit de riches
  • 33:27 - 33:30
    et qu'il existe un instrument
  • 33:30 - 33:33
    qui s'appelle le " Trust Discrétionnaire et Irrévocable "
  • 33:33 - 33:35
    Je mentionne au passage
  • 33:35 - 33:38
    que c'est aussi un instrument anglo-saxon
  • 33:38 - 33:40
    Qui est devenu l'instrument roi
  • 33:40 - 33:41
    de l'évasion fiscale
  • 33:41 - 33:44
    Ce n'est plus le secret bancaire suisse qui a été détruit
  • 33:44 - 33:46
    maintenant c'est le Trust
  • 33:46 - 33:50
    De la même façon que le trust
  • 33:50 - 33:52
    a toujours échappé à toute réglementation
  • 33:52 - 33:54
    tout échange d'informations fiscales
  • 33:54 - 33:56
    qu'il a été au-dessus des lois
  • 33:56 - 33:58
    qu'il est destiné aux plus grandes fortunes
  • 33:58 - 34:01
    De la même façon, les dérivés financiers
  • 34:01 - 34:03
    qui servent à créer d'immenses fortunes
  • 34:03 - 34:05
    à flouer des états
  • 34:05 - 34:08
    à appauvrir des millions de gens
  • 34:08 - 34:11
    Ça reste au-dessus de toute réglementation
  • 34:11 - 34:15
    et même de toute connaissance
  • 34:15 - 34:19
    parce que c'est tout simplement beaucoup trop complexe
  • 34:19 - 34:21
    et souvent même beaucoup trop coûteux
  • 34:21 - 34:26
    pour enquêter, démanteler, dévoiler
  • 34:26 - 34:29
    Personne au niveau des états aujourd'hui
  • 34:29 - 34:32
    n'a, ni l'énergie, ni la motivation,ni le soutien
  • 34:32 - 34:35
    pour aller dans ce domaine là
  • 34:35 - 34:40
    Et percer cette bulle, crever cet abcès
  • 34:40 - 34:45
    et vraiment dévoiler ce que sont ces instruments
  • 34:45 - 34:48
    pour moi aujourd'hui, le « trou noir » du capitalisme
  • 34:48 - 34:52
    Je vous remercie de votre attention
  • 34:52 - 34:55
    Merci beaucoup
  • 35:14 - 35:16
    C'est bien intéressant
  • 35:16 - 35:18
    Et puis ce que j'ai à vous dire,
  • 35:18 - 35:21
    c'est très très complémentaire
  • 35:21 - 35:22
    Ce que je vous suggère
  • 35:22 - 35:24
    c'est de m'interrompre de temps en temps
  • 35:24 - 35:24
    quand vous en aurez envie
  • 35:24 - 35:26
    parce que vous allez voir
  • 35:26 - 35:28
    que ce que j'ai à dire c'est vraiment la suite
  • 35:28 - 35:40
    Effectivement, cette crise n'en est pas une
  • 35:40 - 35:43
    J'ai envie de dire que " tout se passe comme prévu "
  • 35:43 - 35:48
    c'est-à-dire que la tenaille de la dette
  • 35:48 - 35:51
    elle ne tombe pas du ciel
  • 35:51 - 35:56
    Vous en avez décrit les mécanismes financiers
  • 35:56 - 35:58
    les mécanismes techniques
  • 35:58 - 36:00
    Mais sur le plan politique ça s'est construit
  • 36:00 - 36:04
    avec un mode opératoire que l'on doit connaître
  • 36:04 - 36:06
    si l'on veut comprendre comment en sortir
  • 36:06 - 36:11
    Le mode opératoire de l'endettement
  • 36:11 - 36:14
    et de la servitude qui est liée à l'endettement
  • 36:14 - 36:16
    a été longuement rôdée dans les pays du tiers-monde
  • 36:16 - 36:19
    avant de s'appliquer aujourd'hui aux pays riches
  • 36:19 - 36:24
    En fait, les États…
  • 36:24 - 36:31
    auraient besoin d'un outil dont on les a privés
  • 36:31 - 36:32
    qui s'appelle la création monétaire
  • 36:32 - 36:34
    qui est la possibilité donc
  • 36:34 - 36:37
    normalement régalienne
  • 36:37 - 36:39
    « normalement régalien » c'est-à-dire réservé aux États
  • 36:39 - 36:41
    et aux puissances publiques
  • 36:41 - 36:43
    de créer eux-mêmes la monnaie dont ils ont besoin
  • 36:43 - 36:44
    Alors, comment ça se passe ?
  • 36:44 - 36:47
    C'est encore une technique financière
  • 36:47 - 36:48
    mais qu'il faut connaître
  • 36:48 - 36:50
    que le citoyen devrait connaître absolument
  • 36:50 - 36:51
    pour comprendre comment on les a mis
  • 36:51 - 36:53
    dans les pattes des marchés financiers
  • 36:53 - 36:54
    Comment on a enfermé...
  • 36:54 - 36:55
    Ça ne tombe pas du ciel
  • 36:55 - 36:59
    mais du même coup, la solution elle découle
  • 36:59 - 37:00
    du fait d'avoir compris ce mécanisme
  • 37:00 - 37:02
    Je vais vous décrire...
  • 37:02 - 37:03
    je vais faire vite, car je n'ai pas beaucoup de temps
  • 37:03 - 37:05
    Et il y a beaucoup de choses à dire
  • 37:05 - 37:08
    mais il faut comprendre le mécanisme
  • 37:08 - 37:09
    de la création monétaire en général
  • 37:09 - 37:16
    pour comprendre celui de l'endettement après
  • 37:16 - 37:20
    Je vais d'abord vous parler de la monnaie
  • 37:20 - 37:22
    de la monnaie que nous utilisons nous tous :
  • 37:22 - 37:25
    Quand vous allez voir un banquier,
  • 37:25 - 37:26
    pour lui emprunter de l'argent,
  • 37:26 - 37:29
    il ne l'a pas.
  • 37:29 - 37:30
    Et pourtant il vous dit : « il n'y a pas de problème »...
  • 37:30 - 37:33
    Je vous explique avec un peu de compta
  • 37:33 - 37:35
    j'en ai pour une minute, une minute et demie, pas plus :
  • 37:35 - 37:38
    La banque a un bilan
  • 37:38 - 37:40
    À droite, c'est ce que je dois :
  • 37:40 - 37:41
    Moi " banque ", ce que je dois,
  • 37:41 - 37:43
    comme dans n'importe quel bilan,
  • 37:43 - 37:46
    À droite, au passif, mes dettes.
  • 37:46 - 37:48
    Puis à gauche, il y a ce qu'on me doit.
  • 37:48 - 37:50
    Quand vous venez voir la banque,
  • 37:50 - 37:51
    la banque vous dit :
  • 37:51 - 37:53
    « vous voulez 100 000 € ? Il n'y a pas de problème ! »
  • 37:53 - 37:55
    Je vous les dois, je vous dois 100 000 €
  • 37:55 - 37:56
    Elle écrit...
  • 37:56 - 37:58
    elle n'écrit même pas, il n'y a pas besoin d'encre
  • 37:58 - 38:00
    puisque c'est électronique
  • 38:00 - 38:01
    Imaginez qu'elle écrit...
  • 38:01 - 38:03
    elle écrit 100 000 € à droite de son bilan
  • 38:03 - 38:05
    elle dit : "je dois 100 000 € à Mr « Machin »"
  • 38:05 - 38:07
    et en même temps, M. « Machin » me doit 100 000 €...
  • 38:07 - 38:09
    C'est équilibré, ce truc-là...
  • 38:09 - 38:12
    Or, ce qu'il y a à droite du bilan d'une banque,
  • 38:12 - 38:14
    c'est la monnaie !
  • 38:14 - 38:15
    Les citoyens devraient savoir ça :
  • 38:15 - 38:17
    La monnaie d'aujourd'hui,
  • 38:17 - 38:18
    90 % de la monnaie,
  • 38:18 - 38:20
    c'est ce chiffre que les banques écrivent
  • 38:20 - 38:21
    au moment où vous leur empruntez
  • 38:21 - 38:23
    Le reste, — les 10 % qui restent
  • 38:23 - 38:25
    c'est rien ! —, c'est les billets et les pièces.
  • 38:25 - 38:27
    Pratiquement toute la monnaie du monde
  • 38:27 - 38:30
    C'est… du crédit
  • 38:30 - 38:32
    c'est le moment où vous venez emprunter de l'argent
  • 38:32 - 38:34
    la banque dit : « OK, je vous les dois »
  • 38:34 - 38:36
    « Et vous me les devez »
  • 38:36 - 38:37
    Et ensuite quand vous remboursez
  • 38:37 - 38:39
    vous remboursez... vous remboursez...
  • 38:39 - 38:40
    Et quand vous avez fini de rembourser
  • 38:40 - 38:41
    la monnaie est détruite.
  • 38:41 - 38:42
    La monnaie apparaît quand vous empruntez
  • 38:42 - 38:45
    La monnaie disparaît quand vous remboursez
  • 38:45 - 38:49
    Super important, ça !
  • 38:49 - 38:50
    C'est pareil pour les états
  • 38:50 - 38:52
    L'État pourrait s'il le voulait
  • 38:52 - 38:53
    quand il a besoin d'argent pour emprunter
  • 38:53 - 38:56
    quand il a besoin d'argent pour construire un hôpital
  • 38:56 - 38:57
    ou une voie ferrée, il pourrait très bien
  • 38:57 - 38:58
    emprunter auprès de sa banque centrale
  • 38:58 - 39:01
    La banque centrale, c'est lui-même, c'est nous
  • 39:01 - 39:03
    L'État ce n'est pas quelqu'un d'autre
  • 39:03 - 39:05
    c'est nous normalement !
  • 39:05 - 39:06
    Si on n'avait pas perdu le contrôle
  • 39:06 - 39:07
    de nos hommes politiques
  • 39:07 - 39:08
    C'est cela qui est en jeu,
  • 39:08 - 39:09
    Et à mon avis c'est ça le complément
  • 39:09 - 39:10
    C'est-à-dire que la solution
  • 39:10 - 39:12
    c'est de reprendre le contrôle politique
  • 39:12 - 39:13
    des acteurs politiques
  • 39:13 - 39:14
    J'y viendrai tout à l'heure…
  • 39:14 - 39:18
    Mais, normalement l'État c'est nous
  • 39:18 - 39:21
    c'est un organisme que nous créons
  • 39:21 - 39:22
    pour nous protéger
  • 39:22 - 39:23
    justement contre les affreux
  • 39:23 - 39:25
    qui sont en train de nous opprimer
  • 39:25 - 39:30
    Et la banque centrale aussi, c'est nous
  • 39:30 - 39:33
    La banque centrale c'est une autre institution
  • 39:33 - 39:34
    qui devrait nous appartenir
  • 39:34 - 39:36
    et avec laquelle on devrait créer la monnaie
  • 39:36 - 39:38
    dont on a besoin
  • 39:38 - 39:40
    pour financer les services publics
  • 39:40 - 39:41
    et les investissements dont on a besoin
  • 39:41 - 39:44
    Comment ça se passerait ?
  • 39:44 - 39:44
    Si ça se passait normalement…
  • 39:44 - 39:45
    Comment ça se passait
  • 39:45 - 39:47
    avant que les banquiers privés
  • 39:47 - 39:47
    nous le volent ce droit ?
  • 39:47 - 39:48
    Comment ça se passait ?
  • 39:48 - 39:52
    Eh bien : « Moi, état, ayant besoin de 100 milliard
  • 39:52 - 39:53
    pour construire un hôpital par exemple
  • 39:53 - 39:54
    ou une autoroute, peu importe
  • 39:54 - 39:56
    " J'ai besoin de 100 milliards pour un investissement public "
  • 39:56 - 39:59
    " Je ne les ai pas par ce que
  • 39:59 - 40:01
    avec mes impôts j'ai déjà dépensé tout l'argent...
  • 40:01 - 40:03
    donc j'ai besoin de plus que mes impôts "
  • 40:03 - 40:03
    Comment je fais ?
  • 40:03 - 40:05
    je me tourne vers ma banque centrale
  • 40:05 - 40:06
    la banque centrale c'est moi
  • 40:06 - 40:07
    faut comprendre que c'est pas les banquiers privés
  • 40:07 - 40:08
    c'est pas les marchés financiers
  • 40:08 - 40:10
    c'est justement là que ça se joue
  • 40:10 - 40:11
    je me tourne vers ma banque centrale
  • 40:11 - 40:14
    et je lui dis banque centrale j'ai besoin de 100 milliards d'€
  • 40:14 - 40:15
    la banque centrale me dit "y a pas de probleme"
  • 40:15 - 40:17
    elle a pas l'argent , elle fait comme les banques privées avec nous
  • 40:17 - 40:19
    la banque centrale se tourne vers l'etat , lui dit "pas de probleme "
  • 40:19 - 40:21
    je vous dois, moi banque centrale, 100 000 euros
  • 40:21 - 40:23
    100 milliards, ce coup ci, je vous dois 100 milliards
  • 40:23 - 40:27
    et vous, État, vous me devez 100 milliards : c'est equilibré, pas de problème,
  • 40:27 - 40:29
    et ensuite, quand on rembourse, on rembourse SANS INTÉRÊTS !
  • 40:29 - 40:32
    ah! ah! , tout se joue là , tout est là
  • 40:32 - 40:34
    on rembourse sans intérêt , c'est-à-dire que
  • 40:34 - 40:36
    quand j'emprunte 100 millards à ma banque centrale
  • 40:36 - 40:40
    du temps où je pouvais le faire
  • 40:40 - 40:41
    puisqu'aujourd'hui, c'est ça qui est interdit
  • 40:41 - 40:45
    et c'est ça que nous ignorons, alors que c'est ça la clef de l'endettement
  • 40:45 - 40:46
    la clé de notre servitude au marchés financiers
  • 40:47 - 40:49
    C'est d'avoir abandonné la création monétaire
  • 40:49 - 40:51
    c'est-à-dire avoir abandonné le droit pour les états
  • 40:51 - 40:53
    d'emprunter auprès de leur banque centrale sans intérêt
  • 40:53 - 40:58
    en France c'est la loi Pompidou- Rothschild en 73
  • 40:58 - 41:00
    mais aux États-Unis c'est pareil,
  • 41:00 - 41:01
    en fait ça se passe comme ça dans tous les pays du monde
  • 41:01 - 41:03
    dans beaucoup de pays
  • 41:03 - 41:07
    si j'emprunte 100 milliards
  • 41:07 - 41:11
    avant que des félons, des traîtres ! me privent de ce droit,
  • 41:11 - 41:13
    j'empruntais auprès de ma banque centrale
  • 41:13 - 41:14
    j'empruntais 100 milliards
  • 41:14 - 41:16
    et bien, sur 20 ans, je remboursais...
  • 41:16 - 41:17
    je remboursais 100 milliards
  • 41:17 - 41:19
    en euros constants, mais je remboursais 100 milliards
  • 41:19 - 41:21
    ça ne m'avait pas coûté d'intérêt
  • 41:21 - 41:29
    Ce qu'en 73 le président de la république Pompidou
  • 41:29 - 41:31
    et son ministre des finances Giscard d'Estaing
  • 41:31 - 41:33
    je ne sais pas comment ça s'est passé
  • 41:33 - 41:35
    je ne sais pas si ça s'est passé (en Suisse ndt)
  • 41:35 - 41:36
    je ne connais pas la situation en Suisse
  • 41:36 - 41:38
    ce qui s'est passé en France
  • 41:38 - 41:41
    c'est que l'État, en France
  • 41:41 - 41:42
    en fait, ce n'est pas l'État ...
  • 41:42 - 41:43
    des humains en chair et en os
  • 41:43 - 41:45
    certains humains des traîtres, des traîtres absolus !
  • 41:45 - 41:48
    des traîtres, des gens qui nous représentaient
  • 41:48 - 41:49
    qui devaient nous défendre
  • 41:49 - 41:51
    ont décidé qu'à partir d'aujourd'hui en 73
  • 41:51 - 41:53
    l'État ne peut plus emprunter auprès de la banque centrale...
  • 41:53 - 41:57
    pour un citoyen normal c'est incompréhensible
  • 41:57 - 41:58
    personne ne peut comprendre ça
  • 41:58 - 42:00
    l'État ne peut plus emprunter auprès de sa banque centrale
  • 42:00 - 42:02
    pour un citoyen normal c'est incompréhensible
  • 42:02 - 42:03
    l'État ne peut plus emprunter auprès de sa banque centrale,
  • 42:03 - 42:04
    et alors ? qu'est-ce que ça peut me faire ?
  • 42:04 - 42:05
    Mais c'est super important !
  • 42:05 - 42:06
    C'est ce moment-là !
  • 42:06 - 42:07
    Qu'est ce que ça veut dire en clair ?
  • 42:07 - 42:07
    Quand État ne peut plus emprunter auprès de sa banque centrale
  • 42:07 - 42:09
    ça veut dire qu'il faut qu'il emprunte auprès des marchés financiers
  • 42:09 - 42:11
    auprès de ceux qui ont de l'argent
  • 42:11 - 42:12
    Contre intérêts
  • 42:12 - 42:13
    Contres intérêts évidemment
  • 42:13 - 42:16
    C'est-à-dire que quand vous empruntez 100 milliards au marché
  • 42:16 - 42:17
    L'État a engraissé les investisseurs
  • 42:17 - 42:18
    voilà, exactement !
  • 42:18 - 42:19
    Mais ces les mêmes !
  • 42:19 - 42:21
    Si vous voulez, Pompidou était le directeur de Rothschild
  • 42:21 - 42:22
    Avant d'être président de la république
  • 42:22 - 42:23
    Et ce n'est pas un détail !
  • 42:23 - 42:25
    on voudrait nous faire croire que c'est une coïncidence
  • 42:25 - 42:27
    ou qu'on est antisémites quand on dit ça
  • 42:27 - 42:28
    " Bulsheet ! "
  • 42:28 - 42:30
    C'est pas possible que ce soit une coïncidence
  • 42:31 - 42:34
    La principale banque à laquelle
    l'Etat français s'est mis à emprunter
  • 42:34 - 42:36
    c'est à la banque Rotshild suite à cette loi.
  • 42:36 - 42:42
    C'est pas mal comme client, l'Etat français !
  • 42:42 - 42:44
    Donc, ce qu'il faut comprendre c'est que
  • 42:44 - 42:48
    la servitude des Etats aux marchés financiers
  • 42:48 - 42:53
    est le résultat d'une première décision politique
  • 42:53 - 42:55
    - c'est pas la seule, il y a une suite -
  • 42:55 - 42:57
    une première décision politique qui consiste à le priver
  • 42:57 - 43:00
    de la création monétaire.
  • 43:00 - 43:02
    C'est à dire que quand l'Etat à besoin d'argent
  • 43:02 - 43:04
    il va devoir emprunter à ceux qui ont de l'argent
  • 43:04 - 43:06
    - moyennant un intérêt -
  • 43:06 - 43:08
    c'est la première pince de la tenaille
  • 43:08 - 43:10
    mais à elle seule elle ne suffit pas
  • 43:10 - 43:13
    parce que si l'Etat est raisonnable,
  • 43:13 - 43:14
    si il ne dépense que ses impôts,
  • 43:14 - 43:17
    si il ne décide pas de dépenser plus d'argent
  • 43:17 - 43:19
    que ses impôts, il pourrait à ce moment là
  • 43:19 - 43:20
    - si il n'a pas besoin de monnaie,
  • 43:20 - 43:22
    si il n'a pas besoin d'emprunter aux marchés financiers -
  • 43:23 - 43:24
    il pourrait très bien..
  • 43:24 - 43:26
    Cette pince de la tenaille ne suffit pas
  • 43:26 - 43:30
    elle ne suffit pas à créer la dette
  • 43:30 - 43:35
    mais elle fait partie de l'étranglement.
  • 43:35 - 43:40
    La deuxième pince c'est d'endetter l'Etat,
  • 43:40 - 43:42
    c'est de lui faire dépenser plus que ce qu'il ne gagne
  • 43:42 - 43:43
    plus que les impôts.
  • 43:43 - 43:44
    C'est majeur ça !
  • 43:44 - 43:48
    Les parlementaires qui aujourd'hui se foutent de notre gueule
  • 43:48 - 43:49
    - je ne devrais pas dire ça -
  • 43:49 - 43:54
    les parlementaires se fichent de nous quand ils disent aujourd'hui
  • 43:54 - 43:56
    "nous avons vécu au dessus de nos moyens"
  • 43:56 - 43:56
    "pendant 40 ans"
  • 43:56 - 43:58
    mais c'est une blague !
  • 43:58 - 44:00
    Ce sont eux qui ont voté des budgets en déséquilibre
  • 44:00 - 44:01
    depuis 40 ans !
  • 44:01 - 44:01
    Et c'est chaque déséquilibre chaque année
  • 44:01 - 44:05
    qui crée la dette.
  • 44:05 - 44:08
    Alors le premier emprunt qui nous a ruiné
  • 44:08 - 44:09
    c'est l'emprunt Giscard
  • 44:09 - 44:12
    on a remboursé beaucoup plus
  • 44:12 - 44:14
    que ce qu'on avait emprunté
  • 44:14 - 44:16
    c'est une première catastrophe
  • 44:16 - 44:18
    mais l'endettement de la France était
  • 44:18 - 44:20
    insignifiant avant 1973
  • 44:20 - 44:21
    et comme par hasard à partir de 1973
  • 44:21 - 44:23
    l'endettement est apparu et puis il a gonflé
  • 44:23 - 44:26
    jusqu'à être aujourd'hui à plus de 1600 milliards !
  • 44:26 - 44:30
    1600 milliards de dette qu'on ne remboursera jamais.
  • 44:30 - 44:31
    C'est inremboursable une somme pareille
  • 44:31 - 44:33
    d'ailleurs on a jamais commencé à rembourser
  • 44:33 - 44:35
    pour l'instant on n'a remboursé que les intérêts.
  • 44:35 - 44:36
    Ce qui les intéresse eux, c'est les intérêts.
  • 44:36 - 44:38
    Ceux qui décident ça
  • 44:38 - 44:42
    ceux qui ont convaincus, avec je ne sais quel argument,
  • 44:42 - 44:47
    Pompidou et Giscard d'Estaing
  • 44:47 - 44:49
    de prendre cette décision inique.
  • 44:49 - 44:51
    Et ceux qui ont convaincus ensuite les parlementaires
  • 44:51 - 44:53
    de gauche comme de droite
  • 44:53 - 44:55
    de voter des budgets en déséquilibre
  • 44:55 - 44:56
    et donc de fabriquer la dette de toutes pièces
  • 44:56 - 45:00
    ces gens là n'ont pas un intérêt au remboursement
  • 45:00 - 45:01
    du capital, ils ont un intérêt à ce qu'on paie
  • 45:01 - 45:03
    les intérêts.
  • 45:03 - 45:05
    C'est ça leur intérêt à eux
  • 45:05 - 45:06
    c'est que nous payions les intérêts.
  • 45:06 - 45:07
    Ils se foutent pas mal du remboursement du capital
  • 45:07 - 45:08
    - enfin ils s'en foutent pas du tout -
  • 45:08 - 45:10
    mais c'est pas ça l'objectif
  • 45:10 - 45:13
    le système pourrait durer la longueur d'une vie
  • 45:13 - 45:14
    le temps qu'ils soient morts.
  • 45:14 - 45:16
    Je veux dire eux, ce dont ils vivent
  • 45:16 - 45:17
    tous les jours en ce moment
  • 45:17 - 45:19
    c'est du remboursement de l'intérêt.
  • 45:19 - 45:22
    Or il se trouve qu'aujourd'hui on en est rendu à un point
  • 45:22 - 45:23
    - en France en tout cas, je ne sais pas pour la Suisse -
  • 45:23 - 45:26
    - j'aurais peut-être dû me renseigner là-dessus -
  • 45:26 - 45:29
    La Suisse a 67% de taux d'endettement
  • 45:29 - 45:32
    entre 40 et 60% ces dernières années
  • 45:32 - 45:33
    - 60% du PIB ? -
  • 45:33 - 45:34
    Oui elle est très faiblement endettée
  • 45:34 - 45:36
    grâce au frein à l'endettement que Merkel
  • 45:36 - 45:38
    préconise maintenant pour toute la zone euro
  • 45:38 - 45:43
    donc là on est bon pour ça
  • 45:43 - 45:44
    on n'a pas eu recours au même niveau
  • 45:44 - 45:46
    d'endettement que l'Europe.
  • 45:46 - 45:49
    Je n'arrive pas à croire,
  • 45:49 - 45:52
    ils prétendent que c'est par facilité
  • 45:52 - 45:54
    que les élus ont laissé filer la dette.
  • 45:54 - 45:55
    Ils disent ça, ils disent
  • 45:55 - 45:58
    "les élus ont laissé filé la dette"
  • 45:58 - 46:01
    "c'est du clientélisme"
  • 46:01 - 46:02
    "c'est de l'électoralisme"
  • 46:02 - 46:04
    "c'est pour ne pas être impopulaire"
  • 46:04 - 46:05
    "et être réélu"
  • 46:05 - 46:09
    Je n'en crois pas un mot.
  • 46:09 - 46:11
    (Je leur fais un procès d'intention
  • 46:11 - 46:12
    je sais que je me trompe peut-être)
  • 46:12 - 46:19
    c'est juste pas crédible, c'est pas possible.
  • 46:19 - 46:22
    L'intérêt de ceux qui font élire les élus
  • 46:22 - 46:25
    - les élus ne sont pas élus tous seuls -
  • 46:25 - 46:27
    ça va être la deuxième partie
  • 46:27 - 46:28
    de ce que j'ai à vous dire
  • 46:28 - 46:32
    parce que tout se tient sur ce moment essentiel
  • 46:32 - 46:34
    qu'est le financement de la campagne électorale
  • 46:34 - 46:36
    qui rend les élus débiteurs
  • 46:36 - 46:38
    de ceux qui ont financé leur campagne électorale
  • 46:38 - 46:40
    et ce n'est pas vous et moi qui avons financé la campagne
  • 46:40 - 46:42
    ce sont des gens ultra-riches
  • 46:42 - 46:44
    les même qui prêtent à l'Etat endetté
  • 46:44 - 46:48
    C'est peut-être une coîncidence
  • 46:48 - 46:51
    (que ceux qui ont permis d'élire les élus
  • 46:51 - 46:54
    soient les même qui prêtent à un Etat
  • 46:54 - 46:55
    endetté jusqu'au cou par les élus
  • 46:55 - 46:57
    qui ont voté les budgets en déséquilibre)
  • 46:57 - 47:00
    c'est peut-être une coïncidence
  • 47:00 - 47:02
    mais je ne crois pas.
  • 47:02 - 47:04
    Je n'en ai pas la preuve
  • 47:04 - 47:05
    et on va me dire que je suis un complotiste
  • 47:05 - 47:09
    un paranoïaque, un conspirationniste
  • 47:09 - 47:12
    un fasciste, un antisémite...
  • 47:12 - 47:17
    - un complot judéo-maçonnique évidemment ! -
  • 47:17 - 47:18
    oui voilà
  • 47:18 - 47:21
    - c'est pour faire taire les gens qui réfléchissent -
  • 47:21 - 47:27
    Alors, la loi 1973, ce qu'elle a décidé
  • 47:27 - 47:29
    une autre loi aurait pu le défaire
  • 47:29 - 47:30
    c'était encore un moindre mal
  • 47:30 - 47:32
    c'était pas si grave.
  • 47:32 - 47:35
    Un élu vertueux, honnête,
  • 47:35 - 47:39
    vraiment soucieux de l'intérêt général
  • 47:39 - 47:42
    aurait pu, avec sa majorité,
  • 47:42 - 47:46
    décider de défaire la loi Pompidou-Giscard.
  • 47:46 - 47:48
    Le problème c'est qu'en 1992
  • 47:48 - 47:55
    cette interdiction pour les Etats
  • 47:55 - 47:58
    d'emprunter auprès de cette banque centrale
  • 47:58 - 47:59
    cette privation de la création monétaire,
  • 47:59 - 48:00
    cette pince
  • 48:00 - 48:03
    elle a été monté au plus haut niveau du droit
  • 48:03 - 48:05
    au niveau constitutionnel
  • 48:05 - 48:07
    et au niveau international
  • 48:07 - 48:09
    dans le traité de maastricht, article 104
  • 48:09 - 48:15
    et qui a été, bien sûr, reproduit dans le TCE
  • 48:15 - 48:17
    "traité constitutionnel"
  • 48:17 - 48:20
    mais c'est fallacieusement appelé constitutionnel
  • 48:20 - 48:21
    car c'est un traité ANTI-constitutionnel
  • 48:21 - 48:24
    le traité de Lisbonne, le traité de Maastricht,
  • 48:24 - 48:25
    tous les traités européens
  • 48:25 - 48:27
    sont des traités ANTI-constitutionnels.
  • 48:27 - 48:30
    Il faudra que je prenne 10 minutes/un quart d'heure
  • 48:30 - 48:32
    pour vous parler de ce qu'est une constitution
  • 48:32 - 48:33
    et à quoi ça sert
  • 48:33 - 48:35
    et qu'est-ce que ça devrait être
  • 48:35 - 48:37
    et pourquoi nos constitutions sont des anti-constitutions
  • 48:37 - 48:40
    elles ne font pas leur boulot de constitution
  • 48:40 - 48:44
    Donc, dans le traité anti-constitutionnel
  • 48:44 - 48:46
    - il faut refuser de l'appeler constitutionnel -
  • 48:46 - 48:48
    le traité anti-constitutionnel européen,
  • 48:48 - 48:50
    il y avait bien sûr l'article 104 qui était repris
  • 48:50 - 48:52
    et on a voté "non" en France, contre,
  • 48:52 - 48:54
    et puis ils nous l'ont imposé
  • 48:54 - 48:56
    ce qui est un véritable viol politique !
  • 48:56 - 49:00
    en 2008 en intégrant le traité de Lisbonne
  • 49:00 - 49:02
    dans notre constitution
  • 49:02 - 49:03
    - c'est vraiment la dernière des trahisons -
  • 49:03 - 49:05
    - on est trahis au dernier degré par nos élus -
  • 49:05 - 49:08
    et c'est maintenant l'article 123 de Lisbonne
  • 49:08 - 49:09
    il faut le repérer.
  • 49:09 - 49:13
    La grèce et les indignés de tous les pays
  • 49:13 - 49:15
    - en tout cas les indignés européens -
  • 49:15 - 49:17
    devraient repérer ce chiffre: 123
  • 49:17 - 49:20
    Parce que ce chiffre 123, c'est celui qui dit
  • 49:20 - 49:24
    au plus haut niveau du droit européen de toutes nations européennes
  • 49:24 - 49:27
    et les Suisses vous ne devriez pas rentrer
  • 49:27 - 49:29
    dans l'Union Européenne, c'est un piège absolu
  • 49:29 - 49:31
    c'est un piège politique majeur
  • 49:31 - 49:33
    mais je crois que vous avez compris ça
  • 49:33 - 49:36
    L'article 123... les européens devraient comprendre
  • 49:36 - 49:40
    que ce qui asservit les Etats aux marchés financiers
  • 49:40 - 49:42
    à un nom : 123
  • 49:42 - 49:45
    L'article 123 du traité de Lisbonne
  • 49:45 - 49:49
    qui s'appelle TFUE????? maintenant
  • 49:49 - 49:51
    interdit aux Etats d'emprunter auprès de leur banque centrale
  • 49:51 - 49:53
    donc impose aux Etats d'emprunter
  • 49:53 - 49:55
    aux marchés financiers
  • 49:55 - 49:56
    enfin à ceux qui ont de l'argent
  • 49:56 - 49:58
    c'est à dire aux riches
  • 49:58 - 49:59
    c'est à dire à ceux à qui comme par hasard
  • 49:59 - 50:00
    on a baissé les impôts
  • 50:00 - 50:02
    ce qui leur libère de l'argent pour pouvoir prêter
  • 50:02 - 50:03
    à l'Etat mais cette fois ci au lieu qu'on leur prenne
  • 50:03 - 50:05
    ils nous le prêtent et en plus
  • 50:05 - 50:07
    il faut qu'on leur rende un intérêt.
  • 50:07 - 50:10
    Ils s'en sortent bien.
  • 50:10 - 50:13
    Donc, il me semble que le complément
  • 50:13 - 50:15
    à ce que disait Myret tout à l'heure
  • 50:15 - 50:20
    c'est: la solution pour en sortir,
  • 50:20 - 50:23
    mettre fin à ce sabordage monétaire,
  • 50:23 - 50:26
    qui consiste à priver l'Etat du droit
  • 50:26 - 50:28
    d'emprunter auprès de sa banque centrale
  • 50:28 - 50:29
    sans charge d'intérêts.
  • 50:29 - 50:33
    Il faut appeler les choses par leur nom
  • 50:33 - 50:36
    On ne peut pas se contenter de dire
  • 50:36 - 50:39
    "oui mais les politiques sont faibles"
  • 50:39 - 50:40
    "ils ont tout abandonné"
  • 50:40 - 50:42
    Non non ils ne sont pas faibles
  • 50:42 - 50:44
    les pouvoirs sont très forts.
  • 50:44 - 50:46
    La gendarmerie continue à obéir à la constitution
  • 50:46 - 50:48
    l'armée continue à obéir aux pouvoir publics
  • 50:48 - 50:52
    les tribunaux continuent à faire appliquer la loi
  • 50:52 - 50:55
    Le pouvoir est très puissant
  • 50:55 - 50:57
    il n'est simplement pas au service de l'intérêt général
  • 50:57 - 50:59
    mais il est très puissant
  • 50:59 - 51:01
    Il ne faut pas dire que le politique
  • 51:01 - 51:04
    est devenu impuissant au profit de l'économique
  • 51:04 - 51:07
    je pense que ce n'est pas ça le problème
  • 51:07 - 51:10
    c'est une mauvaise façon de désigner le problème,
  • 51:10 - 51:13
    ce qui nous interdit de le régler.
  • 51:13 - 51:16
    La vraie cause de notre problème
  • 51:16 - 51:17
    c'est que les élus sont élus
  • 51:17 - 51:19
    grâce à l'argent des riches et rendent [ces élus débiteurs],
  • 51:19 - 51:22
    prioritairement via la campagne électorale
  • 51:22 - 51:24
    comme vous le faisiez remarquer à propos d'Obama
  • 51:24 - 51:26
    mais c'est pareil pour tous les élus d'Europe
  • 51:26 - 51:27
    et du monde :
  • 51:27 - 51:30
    Le mécanisme de l'élection
  • 51:30 - 51:32
    - là j'arrive sur le droit constitutionel -
  • 51:32 - 51:33
    le mécanisme de l'élection n'est pas seulement
  • 51:33 - 51:35
    aristocratique, c'est à dire qui consiste à nommer les meilleurs
  • 51:35 - 51:38
    artistos: le meilleur
  • 51:38 - 51:41
    J'élis quelqu'un, je désigne par définition le meilleur
  • 51:41 - 51:44
    il est anti-démocratique, le mécanisme de l'élection...
  • 51:44 - 51:47
    Mais surtout, par le mécanisme de l'élection
  • 51:47 - 51:49
    du gouvernement représentatif qui a été mis en place
  • 51:49 - 51:51
    pendant la révolution française et la révolution
  • 51:51 - 51:53
    américaine il y a 200 ans.
  • 51:53 - 51:56
    Ce mécanisme là nous conduit à élire
  • 51:56 - 51:58
    des gens que nous n'avons pas choisi
  • 51:58 - 52:00
    qui ont été choisis pas les partis politiques
  • 52:00 - 52:04
    et ceux qui sont élus sont ceux qui
  • 52:04 - 52:05
    ont fait la meilleure campagne électorale.
  • 52:05 - 52:07
    Or, la meilleure campagne électorale
  • 52:07 - 52:08
    c'est celle qui coûte le plus cher
  • 52:08 - 52:10
    Il y a des exceptions, il y a de temps en temps
  • 52:10 - 52:13
    un Chavez qui est élu, un Allende,
  • 52:13 - 52:16
    un gars qui représente vraiment le peuple
  • 52:16 - 52:19
    ou la multitude
  • 52:19 - 52:19
    mais c'est rarissime
  • 52:19 - 52:21
    Mais pour un comme ça il y en a 1000
  • 52:21 - 52:24
    qui sont élus parmi les candidats des riches.
  • 52:24 - 52:25
    Ce que je veux dire c'est que nous défendons
  • 52:25 - 52:28
    nous, les gens humanistes qui cherchons une justice sociale,
  • 52:28 - 52:30
    de gauche comme de droite d'ailleurs
  • 52:30 - 52:34
    nous défendons nous même comme une vache sacrée
  • 52:34 - 52:37
    l'outil de notre oppression politique
  • 52:37 - 52:39
    En défendant le suffrage universel
  • 52:39 - 52:41
    qui est un FAUX "suffrage universel" !
  • 52:41 - 52:43
    Qu'est-ce qu'on appelle "suffrage universel" aujourd'hui ?
  • 52:43 - 52:47
    On appelle "sufffrage universel" la désignation de MAÎTRES politiques
  • 52:47 - 52:49
    qui vont tout décider à notre place pendant 5 ans
  • 52:49 - 52:52
    et je n'exagère pas je ne suis pas un jusqu'au-boutiste
  • 52:52 - 52:55
    Qui va faire la politique, après les élections ?
  • 52:55 - 52:56
    Est-ce que c'est vous ou est-ce que ce sont
  • 52:56 - 52:58
    les gens que vous avez nommés ?
  • 52:58 - 52:59
    Ce sont les gens que vous avez nommés
  • 52:59 - 53:00
    qui sont vos maîtres
  • 53:00 - 53:02
    Et quand vous le foutez dehors à la fin des 5 ans
  • 53:02 - 53:03
    parce que vous n'êtes pas content
  • 53:03 - 53:04
    qui allez-vous élire à la place ?
  • 53:04 - 53:06
    Celui que vous aviez jeté 5 ans avant.
  • 53:06 - 53:08
    C'est l'un, après c'est l'autre, etc.
  • 53:08 - 53:10
    Quand ils se destinent à la politique,
  • 53:10 - 53:12
    ils finissent leurs études, ils font sciences politiques
  • 53:12 - 53:14
    et ensuite ils vont faire l'ENA et ensuite
  • 53:14 - 53:15
    ils vont faire de la politique
  • 53:15 - 53:17
    Ils se mettent "à gauche" ou "à droite", on s'en fout :
  • 53:17 - 53:19
    de toute façon ils vont avoir le pouvoir une fois sur deux..
  • 53:19 - 53:21
    Ce que je veux dire c'est que nous désignons des gens
  • 53:21 - 53:23
    que nous n'avons pas choisis
  • 53:23 - 53:27
    Et donc ce qu'on appelle "suffrage universel" fallacieusement,
  • 53:27 - 53:30
    cela consiste à désigner parmi des gens
  • 53:30 - 53:31
    que nous n'avons pas choisi
  • 53:31 - 53:33
    des maîtres politiques qui vont tout décider à notre place
  • 53:33 - 53:35
    contre lesquels nous ne pourrontsrien faire pendant leur mandat :
  • 53:35 - 53:37
    On ne pourra pas les révoquer
  • 53:37 - 53:39
    on ne pourra même pas les contredire !...
  • 53:39 - 53:40
    En Suisse c'est pas vrai, heureusement,
  • 53:40 - 53:42
    ce qui me fait dire que la Suisse est la seule
  • 53:42 - 53:44
    non pas "démocratie" mais "semi-démocratie"
  • 53:44 - 53:46
    mais c'est déjà beau, avec le référendum d'initiative populaire
  • 53:46 - 53:50
    qui est une perle dans les institutions
  • 53:50 - 53:54
    et les Suisses le savent bien, évidemment.
  • 53:54 - 53:56
    Mais donc nous, en France, on n'a même pas les moyens
  • 53:56 - 53:59
    d'abroger une loi, d'imposer une loi
  • 53:59 - 54:01
    que les parlementaires ne veulent pas
  • 54:01 - 54:03
    ou de révoquer quelqu'un
  • 54:03 - 54:04
    Je ne pense pas que vous ayez le référendum
  • 54:04 - 54:06
    révocatoire en Suisse mais ils l'ont au Venezuela
  • 54:06 - 54:08
    par exemple, ou aux Etats-Unis, le "recall"
  • 54:08 - 54:11
    En tout cas, nous en France, dans une espèce de monarchie
  • 54:11 - 54:13
    mais qui est pire encore qu'une monarchie
  • 54:13 - 54:16
    car elle est plus autocratique, elle est au service
  • 54:16 - 54:20
    d'ultra-riches qui cumulent tous les pouvoirs
  • 54:20 - 54:22
    c'est bien pire encore que la monarchie
  • 54:22 - 54:24
    Déjà la monarchie c'était pas gai, mais là
  • 54:24 - 54:27
    le système olligarchique qui résulte du gouvernement représentatif
  • 54:27 - 54:29
    en France c'est épouvantable
  • 54:29 - 54:31
    Et on a pas encore vu ce que ça va donner
  • 54:31 - 54:33
    Ca vient de commencer à basculer
  • 54:33 - 54:36
    maintenant qu'ils ont pris tous les pouvoirs
  • 54:36 - 54:37
    ils sont en train de tout reprendre
  • 54:37 - 54:39
    de reprendre tous les acquis: la retraite,
  • 54:39 - 54:41
    la sécurité sociale, de détruire tout ce que
  • 54:41 - 54:42
    les humains avaient fabriqué comme remparts
  • 54:42 - 54:44
    contre l'adversité.
  • 54:44 - 54:46
    Ils sont en train de tout détruire
  • 54:46 - 54:48
    et ça va se finir... bon je sais que j'exagère
  • 54:48 - 54:50
    et c'est des gros mots, mais le bout du bout
  • 54:50 - 54:52
    de la logique du profit, vous le voyez dans
  • 54:52 - 54:55
    les pires entreprises capitalistes quand elles
  • 54:55 - 55:00
    n'ont pas de contre-pouvoir, c'est l'esclavage
  • 55:00 - 55:06
    Les employés chinois, ils sont l'avenir de l'humanité
  • 55:06 - 55:09
    si on n'arrive pas à trouver la solution
  • 55:09 - 55:11
    dont je vais vous parler tout à l'heure
  • 55:11 - 55:15
    Le gros mot que je ne voulais pas dire... alors je vais le dire
  • 55:15 - 55:18
    parce que c'est la preuve que c'est bien le bout de la logique
  • 55:18 - 55:21
    c'est Auchwitz, c'est le camp de travail
  • 55:21 - 55:24
    dans lequel Siemens faisait travailler ses salariés
  • 55:24 - 55:27
    enfin salariés... pas ses salariés...
  • 55:27 - 55:33
    Siemens utilisait les déportés, les condamnés à morts
  • 55:33 - 55:37
    alors là c'est merveilleux, pour une entreprise dont la logique
  • 55:37 - 55:40
    ce n'est que le profit... il faut comprendre c'est la logique
  • 55:40 - 55:44
    "un pouvoir ça va jusqu'à ce qu'il y ait une limite" (Montesquieu)
  • 55:44 - 55:47
    ce truc là tombe et il s'arrête qand il y a une limite
  • 55:47 - 55:50
    La mécanique du pouvoir elle est aussi inflexible que ça
  • 55:50 - 55:55
    Donc ce qui est très important, disait Montesquieu
  • 55:55 - 55:57
    - et c'est super important, il faut qu'on se le rapelle -
  • 55:57 - 55:59
    puisque le pouvoir va jusqu'à ce qu'il y ait une limite,
  • 55:59 - 56:02
    il faut que par la nature des choses, disait Montesquieu,
  • 56:02 - 56:04
    il faut que le pouvoir arrête le pouvoir
  • 56:04 - 56:07
    et Montesquieu décrivait ce qu'est une constitution
  • 56:07 - 56:11
    une constitution c'est un texte au-dessus des pouvoirs
  • 56:11 - 56:13
    Alors, nous sommes à la base, nous sommes nombreux,
  • 56:13 - 56:16
    une multitude, on a besoin pour faire société,
  • 56:16 - 56:20
    pour ne pas s'entretuer on a besoin de pouvoirs qui écrivent les règles
  • 56:20 - 56:22
    et qui vont être au-dessus de nous, qui vont nous dominer
  • 56:22 - 56:23
    auxquels nous consentons à obéir
  • 56:23 - 56:29
    mais ses pouvoirs sont à la fois utiles, potentiellement précieux même
  • 56:29 - 56:31
    et en même temps potentiellement hyper dangereux
  • 56:31 - 56:33
    Alors, comme on sait ça,
  • 56:33 - 56:35
    on met en place au-DESSUS des pouvoirs qui vont écrire le droit
  • 56:35 - 56:38
    on met au-dessus ce qu'on appelle un texte supérieur
  • 56:38 - 56:40
    qui est "le droit du droit", qui s'appelle la CONSTITUTION.
  • 56:40 - 56:45
    Mais ce texte là, il doit surplomber, dominer,
  • 56:45 - 56:51
    contraindre les acteurs, il doit leur être complètement inaccessible !
  • 56:51 - 56:54
    il ne faut évidemment pas - sottise dans laquelle nous sommes -
  • 56:54 - 56:57
    que ce soit les élus qui écrivent la constitution !
  • 56:57 - 57:01
    Le texte qu'ils craignent, ou devraient craindre,
  • 57:01 - 57:08
    ce texte supérieur, qui sert à tenir les élus, les gouvernements,
  • 57:08 - 57:13
    les juges, les policiers, l'armée, la banque, les médias...
  • 57:13 - 57:15
    parce que Montesquieu n'avait pas pensé à la Banque et aux médias
  • 57:15 - 57:17
    parce que ce n'était pas encore l'époque
  • 57:17 - 57:19
    mais aujourd'hui si on écrivait une constitution il faudrait penser
  • 57:19 - 57:23
    aux médias et à la Banque, en plus des trois pouvoirs principaux
  • 57:23 - 57:28
    Ce texte qui devrait normalement faire peur à tous ces organes
  • 57:28 - 57:30
    - dont nous avons besoin mais qui sont dangereux -
  • 57:30 - 57:34
    ce texte supérieur, qui l'écrit dans le monde ?
  • 57:34 - 57:38
    Je ne vous demande pas qui vote : on s'en fout de qui vote
  • 57:38 - 57:40
    Regardez, nous sommes capable en France de voter à 80%
  • 57:40 - 57:44
    la constitution de 1958 - donc la 5ème république, la constitution actuelle -
  • 57:44 - 57:46
    nous avons voté... enfin ce n'est pas nous, c'est nos parents
  • 57:46 - 57:48
    mais nous voterions pareil aujourd'hui
  • 57:48 - 57:51
    nous avons voté à 80% pour un texte qui instituait notre impuissance
  • 57:51 - 57:55
    définitive ! L'impuissance des gens...
  • 57:55 - 57:59
    En France on n'est pas citoyen on est électeurs
  • 57:59 - 58:02
    et ce n'est pas du tout pareil, un citoyen ça vote ses lois
  • 58:02 - 58:06
    un citoyen... je crois qu'il y a en Suisse quelques cantons
  • 58:06 - 58:08
    - pas beaucoup mais il y en a -
  • 58:08 - 58:12
    qui n'ont pas de conseil municipal, et qui votent eux-même leurs lois
  • 58:12 - 58:16
    mais pour moi c'est comme un... je suis comme dans un tunnel
  • 58:16 - 58:20
    et je vois une lumière au loin, c'est pas totalement la nuit
  • 58:20 - 58:23
    le fait que des humains soient capables dans un coin
  • 58:23 - 58:25
    - reculé peut-être -
  • 58:25 - 58:28
    de se réunir dans un gymnase et de voter eux-même leurs lois
  • 58:28 - 58:30
    et bien c'est ça la démocratie !
  • 58:30 - 58:35
    c'est ça le citoyen, "je consens à obéir à des lois auxquelles"
  • 58:35 - 58:37
    "je participe directement"
  • 58:37 - 58:39
    c'est ça citoyen, sinon c'est électeur
  • 58:39 - 58:43
    quand je suis électeur j'ai été ravalé au rang dégradant d'électeur
  • 58:43 - 58:47
    par mes propres élus, ce sont des élus qui ont écrit le gouvernement représentatif :
  • 58:47 - 58:54
    c'est Sieyès en France qui a écrit le gouvernement repésentatif
  • 58:54 - 58:55
    (enfin... avec ses complices)
  • 58:55 - 58:57
    qui a écrit le mécanisme du gouvernement représentatif ?
  • 58:57 - 59:00
    c'est Madison aux Etats-Unis
  • 59:00 - 59:02
    Ce sont des élus qui ont écrit les règles selon lesquelles nous sommes réduits
  • 59:02 - 59:07
    à élire nos maîtres, c'est-à-dire le contraire de la démocratie
  • 59:07 - 59:09
    ce n'est pas ça la démocratie
  • 59:09 - 59:12
    Alors, je n'ai pas le temps c'est dommage
  • 59:12 - 59:16
    parce que moi quand je suis parti j'en ai pour 4 ou 5 heures
  • 59:16 - 59:19
    mais normalement il faut prendre le temps d'expliquer ce qu'est une vraie démocratie
  • 59:19 - 59:25
    et à Athènes on a vécu ça, à Athènes les humains ont inventé un truc génial
  • 59:25 - 59:27
    qui a existé pendant 200 ans !
  • 59:27 - 59:30
    Donc ce n'est pas un truc qui a marché pendant un an ou deux...
  • 59:30 - 59:31
    ou même pas pendant 20 ans...
  • 59:31 - 59:35
    200 ans c'est la même [période] que ce qu'on a testé le gouvernement représentatif
  • 59:35 - 59:38
    Je fais la grève du mot >>démocratie<<, je n'appelle plus "démocratie" les régimes
  • 59:38 - 59:41
    dans lesquels ont vit, et la cause de la ploutocratie
  • 59:41 - 59:45
    dans laquelle on vit, c'est précisemment le fait que
  • 59:45 - 59:51
    1) nous désignons nos maîtres parmi ceux qui nous sont imposés
  • 59:51 - 59:53
    par les plus riches, et donc c'est ça qui
  • 59:53 - 59:57
    -pas au début, mais après 200 ans d'évolution progressive -
  • 59:57 - 60:00
    et bien c'est Goldman Sachs qui va gouverner la planète
  • 60:00 - 60:04
    mais c'est programmé dans l'élection qui donne le pouvoir à celui
  • 60:04 - 60:06
    qui fait la plus belle campagne électorale
  • 60:06 - 60:08
    celui qui arrive à mentir le mieux
  • 60:08 - 60:11
    c'est programmé dedans si vous voulez, donc ça ne sert à rien
  • 60:11 - 60:15
    de se battre dans cette cage là, il faut sortir de la cage de l'élection
  • 60:15 - 60:18
    tant qu'on sera dans la cage du faux suffrage universel,
  • 60:18 - 60:21
    de la fausse démocratie, on aura peru la création monétaire
  • 60:21 - 60:24
    et on aura perdu le contrôle des hommes politiques
  • 60:24 - 60:26
    Ca ne sert à rien de dire "ha Sarkozy il fait pas ceci !"
  • 60:26 - 60:33
    Sarkozy il fait ce pour quoi ceux qui ont payé sa campagne électorale l'ont fait élire
  • 60:33 - 60:35
    ses clients c'est pas ceux qui l'élisent
  • 60:35 - 60:42
    ces clients... enfin ses créanciers, ceux à qui il doit quelque chose
  • 60:42 - 60:43
    - Sarkozy et tous les élus -
  • 60:43 - 60:47
    ceux à qui ils doivent quelque chose ce n'est pas les électeurs
  • 60:47 - 60:48
    ils s'en tapent des électeurs
  • 60:48 - 60:51
    il suffit de mettre des milliards et les électeurs ils viennent
  • 60:51 - 60:56
    donc ils ne doivent rien aux électeurs, juste l'obligation de mentir
  • 60:56 - 60:59
    et ceux qui sont élus sont les plus beaux menteurs
  • 60:59 - 61:02
    mais ce n'est pas une fatalité du tout
  • 61:02 - 61:05
    on est juste dans un système qui est un balbutiement
  • 61:05 - 61:08
    on est sorti de l'ancien régime qui était une catastrophe
  • 61:08 - 61:11
    un épouvantable système féodale d e la loi du plus fort
  • 61:11 - 61:15
    avec un système de castes... je ne veux pas revenir à l'ancien régime évidemment
  • 61:15 - 61:19
    mais on en est sorti pour mettre en place un régime
  • 61:19 - 61:22
    que peut-être à l'époque ils croyaient que c'était mieux
  • 61:22 - 61:26
    ils conchiaient... euh "conchier" j'ai le droit hein parce c'est de Rabelais
  • 61:26 - 61:30
    ils détestaient la démocratie (NT: correction = "monarchie") et ils ont mis en place un régime
  • 61:30 - 61:31
    en se disant "ça va être mieux"
  • 61:31 - 61:34
    admettons qu'ils l'aient cru en 1789 mais nous après 200 ans
  • 61:34 - 61:39
    de pratique du gouvernement représentatif, on est pas obligé
  • 61:39 - 61:46
    d'être complètement idiot et de dire "oh non mais la condition première"
  • 61:46 - 61:51
    "de notre liberté c'est le suffrage universel"
  • 61:51 - 61:54
    Non, non, après 200 ans de pratique on voit bien que le suffrage universel
  • 61:54 - 61:58
    il nous conduit à élire nos maîtres, qui sont au service...
  • 61:58 - 62:01
    enfin il y a 3 ans ça ne se voyait pas... aujourd'huiça se voit
  • 62:01 - 62:03
    que nos maîtres obéissent aux banques, ça se voit
  • 62:03 - 62:06
    mais c'était déjà le cas avant, simplement aujourd'hui ça se voit
  • 62:06 - 62:08
    c'est criant, on ne peut pas rater ça
  • 62:08 - 62:12
    je crois que ça se voit que nos représentants ne servent pas l'intérêt général
  • 62:12 - 62:14
    ls servent ceux qui les ont fait élire c'est à dire les banques
  • 62:14 - 62:20
    Alors ce n'est pas une fatalité, ce que je voudrais dire... dans la démocratie athénienne...
  • 62:20 - 62:22
    Si tu veux m'interrompre n'hésites pas mais il faut y aller
  • 62:22 - 62:24
    il faut m'interrompre vraiment
  • 62:24 - 62:26
    Oui je voulais parler du Keynesianisme
  • 62:26 - 62:31
    à l'époque où tous ces chefs dEtat on consentit à cette concession majeure
  • 62:31 - 62:36
    de faire que l'on emprunte auprès des marchés et plus auprès des banques centrales
  • 62:36 - 62:41
    il y avait la montée du dogme keynesien qui je pens
  • 62:41 - 62:43
    est compètement fallacieux
  • 62:43 - 62:48
    qui veut que il est tout à fait positif - et on a un regard tout à fait positif -
  • 62:48 - 62:53
    qu'un Etat s'endette en vue d'une croissance future
  • 62:53 - 62:58
    et à l'époque déjà de Keynes il y a toujours eu l'idée de guerre derrière
  • 62:58 - 63:06
    c'est à dire pour qu'un Etat [...]
  • 63:06 - 63:08
    Exactement, le keynesianisme ne s'applique que en période de crise
  • 63:08 - 63:11
    c'est à dire que en période de crise - et il a raison Keynes -
  • 63:11 - 63:14
    le seul acteur contracyclique, le seul qui est capable
  • 63:14 - 63:16
    d'avoir une politique contracyclique... parce que le marché
  • 63:16 - 63:18
    est toujours procyclique, le marché il est moutonnier
  • 63:18 - 63:20
    tout le monde va tout le temps dans le même sens
  • 63:20 - 63:25
    et quand on est en situation dépressionnaire
  • 63:25 - 63:30
    quand on a basculé, qu'on est passé de l'euphorie et que maintenant
  • 63:30 - 63:32
    on est tristes, on est pessimistes
  • 63:32 - 63:36
    il y a un système qu'il faut expliquer, qui est très important
  • 63:36 - 63:37
    et lié à la création monétaire
  • 63:37 - 63:41
    je vous ait dit: la masse monétaire c'est l'ensemble des crédits nouveaux
  • 63:41 - 63:45
    et l'ensemble des remboursements de crédits, c'est...
  • 63:45 - 63:51
    alors si vous voulez la masse monétaire c'est très important
  • 63:51 - 63:53
    c'est ce qui nous permet de faire nos échanges
  • 63:53 - 63:56
    l'ensemble des signes monétaires c'est ce qui nous permet de vivre
  • 63:56 - 63:58
    un peu comme le sang dans l'organisme
  • 63:58 - 64:02
    on a besoin d'une quantité de signes monétaires
  • 64:02 - 64:05
    et la quantité de signes monétaires qui est disponible pour nous
  • 64:05 - 64:07
    c'est comme une baignoire qui est alimenté par les nouveaux crédits
  • 64:07 - 64:10
    et qui se vide avec les remboursements des crédits
  • 64:10 - 64:12
    puisque la monnaie, l'essentiel de la monnaie vous avez compris
  • 64:12 - 64:14
    que c'est du crédit, il faut qu'il y ait du crédit qui l'alimente
  • 64:14 - 64:19
    et la monnaie disparait comme avec la bonde par les remboursements
  • 64:19 - 64:21
    Quand nous sommes en période d'euphorie
  • 64:21 - 64:24
    tout va bien, on a confiance en l'avenir
  • 64:24 - 64:27
    nous empruntons et les banques ont confiance en l'avenir
  • 64:27 - 64:29
    elles nous prêtent donc nous créons beaucoup de monnaie
  • 64:29 - 64:33
    la baignoire se remplit à toute vitesse et elle se vide régulièrement
  • 64:33 - 64:34
    au rythme des échéanciers
  • 64:34 - 64:38
    La bonde, c'est à dire la destruction monétaire, elle se fait
  • 64:38 - 64:40
    à vitesse régulière puisque c'est suivant des échéanciers,
  • 64:40 - 64:42
    des plans fixés à l'avance
  • 64:42 - 64:45
    la façon dont la baignoire se vide est régulière, pas irrégulière
  • 64:45 - 64:51
    ce qui est irrégulier c'est la façon dont la baignoire se remplit ou pas
  • 64:51 - 64:55
    et en période d'euphorie, les périodes qui précèdent toutes les crises
  • 64:55 - 64:58
    les périodes où les banques prêtent, prêtent... et nous empruntons, empruntons...
  • 64:58 - 65:00
    parce que nous participons au truc, la banque elle ne prête pas de monnaie
  • 65:00 - 65:03
    sans que des acteurs viennent emprunter, il faut qu'il y ait les deux
  • 65:03 - 65:05
    pour que la création monétaire ait lieu
  • 65:05 - 65:08
    et donc en période d'euphorie, nous créons beaucoup d'argent, la baignoire se remplit
  • 65:08 - 65:11
    et nous prenons trop de risques, les acteurs prennent des risques
  • 65:11 - 65:12
    avec de l'argent qui n'est pas le leur
  • 65:12 - 65:14
    ils arrivent à parier parce que les banques prêtent et que tout le monde y croit
  • 65:14 - 65:17
    il y a un moment où la tendance se retourne
  • 65:17 - 65:20
    parce que lles gens savent bien que quand ils parient sur l'avenir
  • 65:20 - 65:22
    ils savent bien que les arbres ne montent pas jusqu'au ciel
  • 65:22 - 65:24
    et qu'il y a un moment où ça va se retourner
  • 65:24 - 65:26
    et donc quand ça commence à se retourner, là ça se retourne
  • 65:26 - 65:31
    à toute vitesse, tous les moutons changent de sens
  • 65:33 - 65:35
    et se précipitent dans l'autre direction, et cette fois ci
  • 65:35 - 65:38
    en n'empruntant plus... nous n'empruntons plus nous, les acteurs
  • 65:38 - 65:40
    parce que nous ne faisons plus confiance à l'avenir
  • 65:40 - 65:42
    et les banquiers ne nous prêtent plus non plus
  • 65:42 - 65:45
    et donc vous avez le robinet du crédit qui s'arrête
  • 65:45 - 65:47
    et là vous avez la baignoire qui se vide
  • 65:47 - 65:49
    pourquoi elle se vide ? parce que les échéanciers continuent
  • 65:49 - 65:51
    et ça se vide relativement vite
  • 65:51 - 65:56
    en fait la baignoire se vide et donc là le chômage apparait
  • 65:56 - 66:01
    mais c'est absurde ce système qui nous fait dépendre de notre humeur !
  • 66:01 - 66:04
    Rendez-vous compte que nous avons un système qui régule
  • 66:04 - 66:07
    la masse monétaire en fonction...
  • 66:07 - 66:12
    vous avez compris le mécanisme, qui fait que quand nous sommes heureux nous avons trop de monnaie
  • 66:12 - 66:15
    et quand nos sommes malheureux nous n'en avons plus assez
  • 66:15 - 66:16
    et nous sommes condamnés au chômage
  • 66:16 - 66:19
    mais quel système débile !
  • 66:19 - 66:27
    Ce que disait Keynes c'est que en période de chômage, de difficulté
  • 66:27 - 66:29
    cette période où on est en train de s'assécher, de crever...
  • 66:29 - 66:33
    et puis c'est procyclique, quand on crève on produit de moins en moins
  • 66:33 - 66:35
    donc on y croit de moins en moins, il y a de plus en plus de chômage
  • 66:35 - 66:38
    c'est vraiment auto-entretenu comme phénomène
  • 66:38 - 66:40
    dans un sens comme dans l'autre
  • 66:40 - 66:42
    et ce que dit Keynes et je pense que c'est imparable
  • 66:42 - 66:44
    l'Ecole autrichienne voudrait nous faire croire
  • 66:44 - 66:47
    que c'est le contraire mais ça ne tient pas debout
  • 66:47 - 66:50
    ce que nous dit Keynes c'est que dans cette période là
  • 66:50 - 66:53
    il n'y a qu'un seul acteur qui soit capable d'avoir une politique contracyclique
  • 66:53 - 66:56
    c'est à dire faire ce que personne ne veut faire et faire confiance
  • 66:56 - 66:58
    et qui soit capable de dépenser beaucoup d'argent
  • 66:58 - 67:01
    pour relancer la machine et pour recréer la confiance
  • 67:01 - 67:04
    Et bien on a vu l'échec complet de cette politique
  • 67:04 - 67:05
    pendant les 10 dernières années. Pourquoi ?
  • 67:05 - 67:07
    Ce n'est pas parce que on est pas d'accord vous et moi
  • 67:07 - 67:13
    le keynesianisme, dans un cycle normal de dépression est une bonne solution
  • 67:13 - 67:17
    pour anticiper, pour donner un coup de pouce à l'économie
  • 67:17 - 67:19
    pour générer de la croissance et remonter le moral
  • 67:19 - 67:22
    et stimuler la consommation
  • 67:22 - 67:26
    Mais depuis 12 ans aux Etats-Unis c'est un échec complet
  • 67:26 - 67:28
    ils ont fait monétarisme après monétarisme...
  • 67:28 - 67:30
    keynesianisme après keynesianisme...
  • 67:30 - 67:33
    - En mettant l'argent dans quels poches ?
  • 67:33 - 67:35
    C'est ça le problème ils mettent l'argent dans les poches des plus riches
  • 67:35 - 67:37
    A la base les Etats-Unis étaient dans une crise d'endettement
  • 67:37 - 67:40
    les EU étaient dans une crise de crédit
  • 67:40 - 67:43
    le keynesianisme ne fonctionne pas si vous avez une société
  • 67:43 - 67:47
    qui est complètement en état d'ébriété, noyée dans le surendettement
  • 67:47 - 67:51
    et que vous voulez régler ça avec encore plus d'endettement
  • 67:51 - 67:56
    donc la recette n'a plus du tout marché aux EU
  • 67:56 - 67:59
    et on l'utilise à mauvais escient et on le sait
  • 67:59 - 68:05
    le président de la réserve fédérale américaine sait très bien
  • 68:05 - 68:08
    que le keynesianisme ne s'applique pas quand le pays est surendetté
  • 68:08 - 68:10
    et l'école autrichienne à raison là dessus
  • 68:10 - 68:14
    elle dit "si on est surendetté, la solution est l'austérité"
  • 68:14 - 68:16
    il ne faut pas gommmer le mot "austérité" de son vocabulaire
  • 68:16 - 68:18
    il ne faut pas se surendetter à l'infini
  • 68:18 - 68:22
    les EU ont dans une spirale de surendettement qui va les mener jusqu'à la faillite
  • 68:22 - 68:24
    techniquement ils sont déjà en faillite
  • 68:24 - 68:27
    la seule chose qui les maintient un peu c'est la manipulation de l'information,
  • 68:27 - 68:32
    la planche à billets, la crise de la zone euro
  • 68:32 - 68:36
    mais les EU sont en faillite suite à cette recette excessive de création de dette
  • 68:36 - 68:39
    Alors j'ai une objection...
  • 68:39 - 68:42
    Attendez on a une question
  • 68:42 - 68:47
    - Vous parlez d'austérité, mais l'austérité sur les intérêts des banquiers
  • 68:47 - 68:49
    ça ne serait pas plus intéressant ?
  • 68:49 - 68:52
    Bien sûr que l'austérité en Europe est regrettable !
  • 68:52 - 68:55
    L'austérité en Europe de la part d'Etats qui sont otages
  • 68:55 - 68:58
    des marchés de la dette c'est complètement regrettable
  • 68:58 - 69:02
    Je pense quelque chose de très important,
  • 69:02 - 69:04
    c'est qu'il faut faire attention aux poches dans lesquelles
  • 69:04 - 69:07
    on met l'argent qu'on décide dans une politique keynesienne
  • 69:07 - 69:11
    Quand on décide, sur le modèle keynesien, de relancer l'économie
  • 69:11 - 69:16
    il est évident que si les 700 milliards dépensés pour le plan Paulson
  • 69:16 - 69:21
    vont dans la poche des banques ou des compagnies d'assurance
  • 69:21 - 69:25
    qui sont toutes en faillites frauduleuses et dont on aurait du jeter en prison les patrons
  • 69:25 - 69:29
    Les patrons des assurances et des banques en question auraient du
  • 69:29 - 69:30
    être en prison pour faillite frauduleuse
  • 69:30 - 69:33
    au lieu de ça on leur déverse des milliards qu'ils ne vont pas dépenser
  • 69:33 - 69:36
    ils vont juste le redépenser dans leurs casinos
  • 69:36 - 69:40
    et en fait, cet argent, au lieu d'être dépensé dans les poches
  • 69:40 - 69:43
    des acteurs économiques... quand vous dites "c'est un échec"
  • 69:43 - 69:46
    c'est un échec parce qu'on n'applique pas la technique de Keynes
  • 69:46 - 69:50
    qui consiste à faire de grands travaux qui font travailler vraiment les gens
  • 69:50 - 69:52
    et non pas mettre l'argent dans le casino des riches
  • 69:52 - 69:57
    - C'est vrai, toutes les injections monétaires aux EU ne sont pas allées
  • 69:57 - 70:00
    dans l'économie réelle, chez les petites entreprises,
  • 70:00 - 70:03
    dans le tissu économique, ça va dans la spéculation
  • 70:03 - 70:05
    - Donc on est d'accord alors
  • 70:05 - 70:07
    - Non
  • 70:07 - 70:08
    - Ce ne sont pas les politique keynesiennes qui sont en défaut
  • 70:08 - 70:13
    c'est la mésapplication, la déformation au profit des plus riches
  • 70:13 - 70:16
    parce que ce sont les financiers eux-même
  • 70:16 - 70:19
    qui n'influencent plus les gouvernements, ils sont le gouvernement
  • 70:19 - 70:20
    et qui réorientent...
  • 70:20 - 70:24
    - Votre idée est parfaitement juste mais il faut absolument qu'on dise ici
  • 70:24 - 70:29
    que le keynesianisme n'est pas une bonne idée parce qu'il y a
  • 70:29 - 70:32
    surendettement des entreprises et des ménages, et du gouvernement fédéral
  • 70:32 - 70:35
    et des comtés et des villes et des états américains
  • 70:35 - 70:37
    tout le monde est surendetté
  • 70:37 - 70:43
    Le keynesianisme appliqué, c'est à dire endetter encore touts ces agents économiques
  • 70:43 - 70:46
    sur du surendettement existant est une mauvaise idée
  • 70:46 - 70:50
    donc d'abord désendettement, ensuite du keynesianisme, c'est à dire
  • 70:50 - 70:54
    permettre d'avoir accès à des liquidités, mais à l'économie réelle
  • 70:54 - 70:57
    Evidemment on a rien vu de tout ça
  • 70:57 - 71:06
    Alors, je vais reprendre le crachoir pendant 10/15 minutes
  • 71:06 - 71:08
    Vous allez voir j'ai une solution
  • 71:08 - 71:12
    - Ouais !
  • 71:12 - 71:16
    Alors vous êtes bien le seul !
  • 71:16 - 71:18
    Voilà, mais on en parle nulle part, mais vous allez comprendre
  • 71:18 - 71:20
    pourquoi on en parlle nulle part
  • 71:20 - 71:24
    et pourtant c'est un véritable antidote
  • 71:24 - 71:30
    c'est exactement ce dont on a besoin car il s'agit de reprendre
  • 71:30 - 71:32
    le contrôle des politiques, il faudrait que les citoyens
  • 71:32 - 71:35
    reprennent le contrôle de la politique, pour pouvoir reprendre le contrôle
  • 71:35 - 71:39
    de la monnaie, en finir avec ce système de l'argent-dette
  • 71:39 - 71:42
    qui endette tout le monde au dernier degrès, y compris les Etats
  • 71:42 - 71:45
    et donc pour arriver à reprendre le contrôle des hommes politiques
  • 71:45 - 71:48
    et des acteurs politiques en général
  • 71:48 - 71:53
    il faudrait arriver à sortir de ces constitutions qui,
  • 71:53 - 71:56
    partout dans le monde, organisent notre impuissance politique
  • 71:56 - 71:58
    donc il faudrait arriver à comprendre
  • 71:58 - 72:05
    comment se fait-il que partout dans le monde, où on accède soi-disant
  • 72:05 - 72:07
    à la démocratie - je refuse d'appeler ça démocratie,
  • 72:07 - 72:09
    donc je mets ça entre guillemets - le gouvernement représentatif
  • 72:09 - 72:12
    comment se fait-il que partout dans le monde où les peuples
  • 72:12 - 72:17
    accèdent au gouvernement représentatif, les Constitutions organisent
  • 72:17 - 72:18
    pratiquement tout le temps de la même façon,
  • 72:18 - 72:22
    - à part la Suisse et une poignée de pays qui ne tiennent même pas sur 2 mains -
  • 72:22 - 72:26
    comment se fait-il que l'mpuissance des citoyens soit
  • 72:26 - 72:28
    à chaque fois programmée ?
  • 72:28 - 72:33
    Et bien à mon avis - vous allez me dire ce que vous en pensez -
  • 72:33 - 72:40
    ça vient de la mauvaise écriture... l'écriture de mauvaises constitutions
  • 72:40 - 72:43
    qui nous protègent mal vient du fait que ceux qui ont écrit
  • 72:43 - 72:46
    - et c'est partout et à toutes les époques -
  • 72:46 - 72:55
    ceux qui ont écrit les Constitutions, toujours, à chaque fois, sont élus parmi les membres des partis politiques
  • 72:55 - 72:58
    qui sont imposés et donc qui écrivent des règles pour eux-mêmes
  • 72:58 - 73:04
    ils savent qu'ils vont être ensuite dans les institutions qu'ils sont en train d'écrire
  • 73:04 - 73:08
    et comme ils savent qu'ils écrivent des règles dans lesquelles
  • 73:08 - 73:13
    ils vont entrer, ils sont en situation de conflit d'intérêt le plus total
  • 73:13 - 73:16
    et c'est toute l'Assemblée Constitutante à chaque fois qui est élue
  • 73:16 - 73:19
    donc ces 100% de ceux qui écrivent la constitution sont en situation
  • 73:19 - 73:23
    de conflit d'intérêt, ils ont tous un intérêt personnel - je dis pas qu'ils sont malhonnêtes -
  • 73:23 - 73:26
    parce que de la même façon que quand vous récusez un juge...
  • 73:26 - 73:30
    vous décidez que un juge va trancher les litiges entre les citoyens
  • 73:30 - 73:34
    et pour qu'il soit le plus juste possible on décide qu'il est indépendant,
  • 73:34 - 73:37
    donc on se débrouille pour qu'il soit indépendant, qu'il n'ait pas d'autorité,
  • 73:37 - 73:40
    et ça nous garantit qu'il va être relativement juste.
  • 73:40 - 73:44
    Par contre ce juge, quand on s'aperçoit que dans une affaire
  • 73:44 - 73:48
    c'est sa fille qui est victime ou accusée,
  • 73:48 - 73:51
    - sa fille ou quelqu'un de proche -
  • 73:51 - 73:54
    on le récuse, mais ça ne veut pas dire qu'il est malhonnête.
  • 73:54 - 73:56
    Ça s'appelle un conflit d'intérêt,
  • 73:56 - 74:04
    c'est-à-dire que dans cette situation-là, dans cette occurrence précise, le juge est incapable d'être juste.
  • 74:04 - 74:06
    Donc ce qu'on comprend très naturellement
  • 74:06 - 74:10
    à l'occasion d'un conflit d'intérêt pour un juge,
  • 74:10 - 74:14
    c'est exactement la même chose quand un parlementaire écrit la Constitution.
  • 74:14 - 74:16
    Je ne dis pas qu'il est pourri.
  • 74:16 - 74:18
    Quand un ministre écrit la constitution, je ne dis pas qu'il est pourri.
  • 74:18 - 74:21
    Quand un juge écrit la constitution, je ne dis pas qu'il est pourri.
  • 74:21 - 74:24
    Quand un homme de parti écrit la constitution, je ne dis pas qu'il est pourri.
  • 74:24 - 74:25
    Je dis que dans cette occurrence précise,
  • 74:25 - 74:28
    comme un juge, il est dans une situation de conflit d'intérêt,
  • 74:28 - 74:29
    où il ne peut pas être juste.
  • 74:29 - 74:34
    Ce gars-là, je ne peux pas lui demander de programmer le référendum d'initiative populaire
  • 74:34 - 74:36
    qui va permettre de le contrarier.
  • 74:36 - 74:38
    Quand lui ensuite va exercer le droit,
  • 74:38 - 74:40
    quand il va exercer son mandat,
  • 74:40 - 74:45
    il va constamment avoir dans ses pattes le peuple qui récrimine,
  • 74:45 - 74:49
    qui lui impose des lois dont il ne veut pas, qui lui retoque les lois qu'il avait choisies.
  • 74:49 - 74:53
    Donc c'est normal que partout dans le monde
  • 74:53 - 74:59
    les parlementaires - qui se bombardent députés constituants -
  • 74:59 - 75:02
    c'est normal qu'ils n'instituent pas le référendum d'initiative populaire !
  • 75:02 - 75:06
    Mais ce n'est pas une fatalité ! C'est parce que nous, citoyens,
  • 75:06 - 75:09
    nous les avons laissé écrire la constitution.
  • 75:09 - 75:11
    Ce n'est pas aux parlementaires d'écrire la constitution !
  • 75:11 - 75:14
    Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir !
  • 75:14 - 75:16
    Et-là je crois que je tiens une clé,
  • 75:16 - 75:21
    je crois que je tiens la cause des causes de notre impuissance politique .
  • 75:21 - 75:24
    Du coup, notre impuissance politique fait qu'on n'arrive pas à rés ...
  • 75:24 - 75:28
    On le voit bien, on analyse parfaitement notre problème et on y peut rien !
  • 75:28 - 75:29
    Pourquoi on n'y peut rien ?
  • 75:29 - 75:32
    Parce que nos institutions ne nous donnent aucun droit
  • 75:32 - 75:34
    en dehors de celui de choisir nos maîtres,
  • 75:34 - 75:36
    et ces maîtres ne sont pas choisis par nous,
  • 75:36 - 75:39
    ils sont choisis par ceux qui les font élire, qui sont les plus riches !
  • 75:39 - 75:41
    Il faut que vous alliez jusqu'au bout.
  • 75:41 - 75:46
    Tant qu'on ne fait que l'analyse des conséquences,
  • 75:46 - 75:47
    - c'est très important de faire l'analyse des conséquences -
  • 75:47 - 75:48
    mais ça ne suffit pas !
  • 75:48 - 75:49
    Si on se bat sur les conséquences
  • 75:49 - 75:50
    il y en a un qui se bat
  • 75:50 - 75:52
    sur les malversations financières,
  • 75:52 - 75:53
    il y en a un autre qui se bat
  • 75:53 - 75:54
    sur les désastres écologiques,
  • 75:54 - 75:56
    il y en a un autre qui se bat
  • 75:56 - 75:57
    contre la corruption des élus.
  • 75:57 - 75:58
    Il y en a un autre qui se bat
  • 75:58 - 76:00
    contre l'injustice dans l'entreprise,
  • 76:00 - 76:03
    le droit féodal qui règne dans l'entreprise...
  • 76:03 - 76:05
    Chacun se bat sur des conséquences.
  • 76:05 - 76:06
    Nous sommes tous, là,
  • 76:06 - 76:08
    des militants à nous bagarrer sur des choses très importantes,
  • 76:08 - 76:10
    mais qui ne sont que des CONSÉQUENCES !
  • 76:10 - 76:12
    Et nous sommes incapables de nous réunir
  • 76:12 - 76:15
    sur la racine commune de notre impuissance,
  • 76:15 - 76:18
    qui ne tombe pas du tout du ciel,
  • 76:18 - 76:19
    qui n'est pas une fatalité
  • 76:19 - 76:21
    Notre impuissance politique, elle est programmée
  • 76:21 - 76:23
    dans un texte dont TOUT LE MONDE SE FOUT !!
  • 76:23 - 76:25
    C'est incroyable ! Nous nous foutons de la constitution !
  • 76:25 - 76:26
    Alors que c'est là
  • 76:26 - 76:29
    qu'est écrit le fait que nous ne pouvons rien contre nos élus.
  • 76:29 - 76:31
    Tout se joue dans la constitution !
  • 76:31 - 76:32
    Et tout le monde s'en fout !
  • 76:32 - 76:34
    Maintenant c'est bien de notre faute.
  • 76:34 - 76:37
    Je ne dis pas qu'il faut changer de constitution...
  • 76:37 - 76:38
    C'est plus que ça ce que je dis
  • 76:38 - 76:40
    Je ne dis pas qu'il faut une assemblée constituante...
  • 76:40 - 76:42
    C'est plus que ça ce que je dis !
  • 76:42 - 76:44
    Parce que des constituantes on en a partout,
  • 76:44 - 76:46
    et à chaque fois il y a l'impuissance des gens qui est programmée !
  • 76:46 - 76:48
    Donc c'est pas « La cause des causes ».
  • 76:48 - 76:51
    C'est pas qu'il faut changer la constitution.
  • 76:51 - 76:52
    C'est pas ça !
  • 76:52 - 76:53
    Ce qu'il faut qu'on change c'est :
  • 76:53 - 76:55
    qui écrit la constitution.
  • 76:55 - 76:57
    Il faut faire attention à la qualité
  • 76:57 - 76:59
    du processus constituant,
  • 76:59 - 77:01
    c'est-à-dire : "Qui écrit les règles ?"
  • 77:01 - 77:04
    Tant que nous laisserons écrire la constitution
  • 77:04 - 77:07
    par des parlementaires, des ministres, des juges
  • 77:07 - 77:08
    ou des hommes de partis
  • 77:08 - 77:10
    qui sont financés par les plus riches
  • 77:10 - 77:14
    qui doivent tous leurs pouvoirs aux plus riches ;
  • 77:14 - 77:16
    Qui doivent leur élection et leur ré-élection aux plus riches.
  • 77:16 - 77:18
    Qui sont donc complètement débiteurs des plus riches
  • 77:18 - 77:20
    Qui sont asservis eux-mêmes aux plus riches,
  • 77:20 - 77:21
    même s'ils sont gentils,
  • 77:21 - 77:22
    ils ne peuvent pas faire autrement !
  • 77:22 - 77:24
    Obama, ça a l'air d'être un chic type.
  • 77:24 - 77:26
    Il ne peut pas faire autrement !
  • 77:26 - 77:27
    La première chose qu'il a faite
  • 77:27 - 77:29
    quand il est arrivé au pouvoir, Obama
  • 77:29 - 77:32
    Formidable ! Élire Obama...
  • 77:32 - 77:33
    Tout le monde y a cru.
  • 77:33 - 77:37
    Et le premier bonhomme qu'il désigne c'est Geithner.
  • 77:37 - 77:40
    C'est-à-dire le responsable de la catastrophe !
  • 77:40 - 77:42
    Enfin « catastrophe » entre guillemets
  • 77:42 - 77:43
    Ce n'est pas une catastrophe !
  • 77:43 - 77:45
    Tout se passe comme prévu.
  • 77:45 - 77:48
    Pour Geithner ce n'est pas une catastrophe.
  • 77:48 - 77:49
    La « crise » entre guillemets,
  • 77:49 - 77:53
    c'est la source d'un enrichissement phénoménal !
  • 77:53 - 77:55
    Inédit dans l'histoire des Hommes !
  • 77:55 - 77:56
    Si vous voulez,
  • 77:56 - 77:58
    le fait qu'Obama ait été élu par ces gens-là,
  • 77:58 - 78:00
    malgré toute la confiance qu'on lui porte
  • 78:00 - 78:05
    Il ne peut pas faire autrement que servir,
  • 78:05 - 78:07
    SERVILEMENT.
  • 78:07 - 78:09
    Je sais que c'est un pléonasme de dire servir servilement,
  • 78:09 - 78:11
    mais il y a quelque chose de plus dans "servilement".
  • 78:11 - 78:15
    D'obéir servilement à une petite poignée de gens
  • 78:15 - 78:18
    dont l'intérêt est radicalement contraire à l'intérêt général.
  • 78:18 - 78:24
    Ça devrait nous conduire nous tous, parce qu'on est tous américains,
  • 78:24 - 78:27
    mais on est tous grecs, ce qui nous attend,
  • 78:27 - 78:28
    et la Grèce est même pas arrivée au bout du truc...
  • 78:28 - 78:31
    Mais nous sommes tous Grecs, ne croyez pas qu'on est à l'abri.
  • 78:31 - 78:34
    - Alors qui exactement devrait écrire la Constitution européenne,
  • 78:34 - 78:36
    sachant qu'elle est supra-nationale ?
  • 78:36 - 78:43
    Ma solution, elle est communale, nationale, continentale, mondiale, c'est la même !
  • 78:43 - 78:47
    A mon avis, une démocratie, ça part de la base.
  • 78:47 - 78:52
    C'est-à-dire que plus le niveau d'agrégation politique est large,
  • 78:52 - 78:56
    plus nous sommes loin des acteurs politiques, plus c'est difficile de les contrôler,
  • 78:56 - 78:58
    plus nous sommes exposés aux abus de pouvoir, et aux injustices.
  • 78:58 - 79:03
    Il est donc très important sur le modèle de la fédération de communes de Proudhon
  • 79:03 - 79:06
    il est très important que la démocratie,
  • 79:06 - 79:11
    comme en Suisse, soit au niveau communal, cantonal, tout petit,
  • 79:11 - 79:15
    et que l'agrégation des humains pour faire société
  • 79:15 - 79:16
    se fasse sur le modèle de la fédération,
  • 79:16 - 79:19
    mais en partant du bas, pas avec une fédération impériale
  • 79:19 - 79:21
    comme celle de l'Union Européenne qui est imposée par le haut
  • 79:21 - 79:24
    par les banquiers - ça c'est la négation de la fédération -
  • 79:24 - 79:26
    une fédération ça devrait partir par le bas.
  • 79:26 - 79:29
    Myret Zaki : Mais elle existe, alors, comment faire concrètement ?...
  • 79:29 - 79:31
    Etienne Chouard : Non elle n'existe pas !
  • 79:31 - 79:33
    Pour moi les institutions européennes ont été voulues par des banquiers,
  • 79:33 - 79:34
    des multinationales.
  • 79:34 - 79:39
    Elles ont été financées, voulues, soutenues par nos pires ennemis,
  • 79:39 - 79:43
    pour moi c'est "indémerdable", je ne vois pas d'autre solution que d'en sortir.
  • 79:43 - 79:45
    Myret Zaki : Donc il faut sortir, revenir en arrière...
  • 79:45 - 79:48
    Etienne Chouard : Il faut sortir de-là. C'est un piège politique, dont il faut sortir.
  • 79:48 - 79:53
    Après en être sorti, reconstruire un monde qui soit démocratique,
  • 79:53 - 80:01
    c'est-à-dire en partant de la base. Qui est capable d'instituer une Constitution démocratique ?
  • 80:01 - 80:03
    Sûrement pas les hommes au pouvoir !
  • 80:03 - 80:09
    Les hommes au pouvoir ont un intérêt personnel, vital, à ce que nous ne vivions pas en démocratie.
  • 80:09 - 80:11
    à ce que nous vivions dans cette fausse démocratie,
  • 80:11 - 80:13
    avec ce faux Suffrage Universel, dans lequel, nous, c'est pas...
  • 80:13 - 80:15
    Le vrai suffrage universel, c'est quand nous votons nos lois !
  • 80:15 - 80:17
    C'est pas quand nous votons pour nos maîtres !
  • 80:17 - 80:20
    Donc appeler suffrage universel la désignation de nos maîtres,
  • 80:20 - 80:24
    c'est une ESCROQUERIE politique ! Le vrai suffrage universel, c'est:
  • 80:24 - 80:26
    Nous sommes à Genève, il y a une assemblée à Genève,
  • 80:26 - 80:28
    il y a un grand théâtre, et ceux qui veulent venir viennent,
  • 80:28 - 80:29
    (ceux qui veulent pas ne viennent pas !)
  • 80:29 - 80:33
    mais ceux qui veulent venir viennent et participent à l'élaboration, au vote des lois, directement.
  • 80:33 - 80:39
    C'est ça, le Suffrage Universel. Appeler Suffrage Universel la désignation de maîtres politiques
    qui vont tout décider à notre place,
  • 80:39 - 80:41
    c'est du "foutage de gueule" !
  • 80:41 - 80:43
    Et c'est incroyable que nous marchions !
  • 80:43 - 80:48
    Ce qui est fou, enfin je comprends que les paysans de 1789 aient marché...
  • 80:48 - 80:51
    Ils ne savaient pas lire, ils ne savaient pas écrire, on sortait de l'Ancien Régime.
  • 80:51 - 80:53
    Ils étaient bien contents qu'on leur propose de voter pour leurs impôts.
  • 80:53 - 80:55
    Je comprends qu'ils y aient cru.
  • 80:55 - 80:58
    Mais aujourd'hui, on va tous à l'école, je veux dire, on a tous appris à lire et à écrire,
  • 80:58 - 81:01
    on sait tous ce que démocratie veut dire, on voit bien le hiatus,
  • 81:01 - 81:06
    le fossé qu'il y a entre la réalité et le blabla mensonger quotidien des élus,
  • 81:06 - 81:10
    et des journalistes et de toute cette clique d'oligarques.
  • 81:10 - 81:12
    On le voit bien, et pourtant nous continuons, parce qu'on a appris.
  • 81:12 - 81:15
    Moi j'ai appris ça à l'école, depuis que je suis petit, on m'a appris :
  • 81:15 - 81:19
    " élection = démocratie, répète ! démocratie = élection, répète !"
  • 81:19 - 81:21
    élection = démocratie, démocratie = élection.
  • 81:21 - 81:25
    Il faut faire un effort intellectuel, mais il faut lire !
  • 81:25 - 81:29
    Alors j'ai amené cinquante bouquins, je les ai pas, il faut que je les sorte, mais...
  • 81:29 - 81:34
    Il faut que je vous montre les livres que vous devriez lire.
  • 81:34 - 81:43
    Moi j'ai trois questions au professeur
  • 81:43 - 81:45
    Et après on lance le débat.
  • 81:45 - 81:51
    Étienne Chouard a des photocopies, il m'avait déjà prévenu.
  • 81:51 - 81:56
    Mais je ne vous ai rien dit. J'adore les surprises.
  • 81:56 - 82:04
    Et puis justement des bouquins à montrer.
  • 82:04 - 82:07
    Et ensuite on passera aux questions du public.
  • 82:07 - 82:09
    Hein, Étienne ?
  • 82:15 - 82:22
    Question du public : "Pourrait-on avoir une explication sur l'état de la Suisse par rapport à la création monétaire ? "
  • 82:22 - 82:24
    Myret Zaki : Oui, eh bien la Banque Nationale Suisse
  • 82:24 - 82:28
    est tout à fait dans la même situation que les autres banques nationales.
  • 82:28 - 82:37
    C'est-à-dire que la dette de la confédération suisse
  • 82:37 - 82:39
    est cotée sur les marchés internationaux,
  • 82:39 - 82:43
    mais comme la Suisse est très faiblement endettée -
  • 82:43 - 82:45
    - c'est vraiment un des pays occidentaux
  • 82:45 - 82:48
    de loin les moins endettés à 40 % de son PIB -
  • 82:48 - 82:51
    la dette sur les marchés internationaux
  • 82:51 - 82:53
    se traite à des niveaux très stables.
  • 82:53 - 82:56
    Le taux d'intérêt que la confédération paye
  • 82:56 - 82:57
    est extrêmement bas.
  • 82:57 - 83:00
    Donc, ça veut tout de même dire qu'à la base,
  • 83:00 - 83:02
    un pays qui n'est pas endetté
  • 83:02 - 83:03
    n'a pas ces problèmes-là
  • 83:03 - 83:06
    Ce qui fait que le Franc Suisse est une monnaie très forte
  • 83:06 - 83:08
    qui se traite sur les marchés comme l'or.
  • 83:08 - 83:10
    Elle a évolué face au dollar,
  • 83:10 - 83:12
    exactement comme l'or.
  • 83:12 - 83:19
    Et donc malgré les risques que ce mécanisme de création monétaire pose pour tous les pays occidentaux,
  • 83:19 - 83:25
    la Suisse y échappe à cause de son excellente tenue budgétaire et de son frein à l'endettement.
  • 83:25 - 83:29
    Question du public : "Mais quand est-ce que l'on a abandonné la création monétaire aux marchés en Suisse ? "
  • 83:30 - 83:36
    Myret Zaki : "Alors ça, je ne connais pas la date, mais je pense que tout était à la même époque non ?"
  • 83:36 - 83:40
    Etienne Chouard : Mais ça, les citoyens suisses, vous devriez le savoir. C'est absolument majeur de comprendre ça.
  • 83:40 - 83:42
    Parce-que quand vous aurez compris ça, vous aurez compris ce qu'il faut changer !
  • 83:42 - 83:47
    Myret Zaki : C'est vrai, donc il y a eu aussi une époque où la confédération pouvait aussi emprunter auprès de la BNS certainement.
  • 83:47 - 83:52
    Et puis après elle a pu emprunter uniquement que sur le marché des capitaux
  • 83:52 - 83:56
    Oui, chez nous, ça n'a pas posé de problèmes, on ne s'est pas posée la question,
  • 83:56 - 84:01
    mais c'est vrai, il faut qu'on se documente là-dessus, il faut qu'on retrouve cette date clé dans l'Histoire,
  • 84:01 - 84:06
    et quel président a décidé de ça, parce-que ... Mais tout s'est fait un peu à la même période je pense.
  • 84:06 - 84:09
    C'était la période où on a découvert le miracle du capitalisme
  • 84:09 - 84:15
    et comment, tel un entrepreneur qui pour son entreprise peut lever des capitaux sur les marchés financiers,
  • 84:15 - 84:18
    le gouvernement aussi peut lever des capitaux sur les marchés financiers.
  • 84:18 - 84:23
    C'était la grande découverte, on a fait ça, c'était la révolution capitaliste, avec beaucoup d'étoiles dans les yeux.
  • 84:26 - 84:30
    Juste une petite précision pour la qualité du débat, je vous propose qu'on fasse circuler ce micro
  • 84:30 - 84:35
    ce qui veut dire que les intervenants vont se partager (c'est une question de partage)
  • 84:35 - 84:37
    ce micro qui est posé sur la table,
  • 84:37 - 84:44
    et puis que vous indiquiez bien (je vous vois un peu mal mais), agitez la main, pour qu'on établisse un ordre. D'accord ? Merci.
  • 84:51 - 84:56
    Question du public : "Je crois que la Suisse n'a plus le droit d'emprunter à la BNS.
  • 84:56 - 84:59
    Quand on est rentré dans le FMI ... Je ne suis pas sûr, mais il me semble que c'est ça.
  • 84:59 - 85:09
    En fait, pour la Banque Nationale Suisse c'est séparé en trois : il y a les cantons, le côté fédéral,
  • 85:09 - 85:12
    et un 3ème groupe d'actionnaires qui est assez obscur.
  • 85:12 - 85:14
    J'aimerais savoir si vous savez qui c'est ?
  • 85:14 - 85:21
    Et j'aimerais savoir aussi si vous pouvez nous en dire plus sur la BIS, banque de règlements internationaux.
  • 85:21 - 85:23
    Qui tient cette banque ?
  • 85:23 - 85:27
    Il me semble que c'est aussi des agents "Rothschildiens" qui sont derrière.
  • 85:27 - 85:35
    J'aimerais savoir si vous pouviez nous en dire un peu plus-là-dessus ? Parce que ça m'intéresse."
  • 85:35 - 85:39
    Etienne Chouard : Moi, je ne connais pas le mécanisme Suisse. Je ne connais pas le mécanisme bancaire Suisse.
  • 85:39 - 85:45
    Myret Zali : Alors ceux qui détiennent la dette gouvernementale suisse, c'est effectivement les cantons et les communes.
  • 85:45 - 85:52
    C'est aussi les caisses de pensions helvétiques et les investisseurs institutionnels et privés internationaux.
  • 85:52 - 85:58
    C'est vrai que beaucoup d'entre eux sont listés dans des paradis fiscaux comme les Bahamas, etc.
  • 85:58 - 86:03
    Mais ça reste des privés qui les détiennent dans leurs trusts, ou dans leurs fonds de placements.
  • 86:03 - 86:07
    Donc vous pouvez mettre « cantons et communes ».
  • 86:07 - 86:12
    Et puis l'autre, c'est la catégorie : « investisseurs internationaux privés et institutionnels »,
  • 86:12 - 86:13
    telles que les caisses de pensions.
  • 86:13 - 86:17
    Quelle était votre deuxième question ?
  • 86:17 - 86:23
    Oui, la banque des règlements internationaux est régie par ... C'est en fait la fédération des Banques Centrales.
  • 86:23 - 86:27
    Donc toutes les Banques Centrales siègent à la banque des règlements internationaux.
  • 86:27 - 86:30
    Et ce que vous dites sur le côté « Rothschildien » n'est pas faux,
  • 86:30 - 86:35
    puisque les Banques Centrales elles-mêmes, à commencer par la Banque Centrale Américaine,
  • 86:35 - 86:39
    ce n'est pas une vraie banque étatique c'est, comme tout le monde le sait
  • 86:39 - 86:40
    - et on ne le dit pas assez -
  • 86:40 - 86:45
    c'est une banque privée derrière laquelle se trouve un conglomérat de banques américaines privées.
  • 86:45 - 86:52
    Public : "Sachant qu'ils ont cette puissance... à détenir toutes les Banques Centrales pratiquement,
  • 86:52 - 86:55
    la Banque d'Angleterre aussi...
  • 86:55 - 86:58
    Imaginons que la BIS est au-dessus de tout ça !
  • 86:58 - 87:00
    C'est une des banques les plus puissantes du monde qui est à Bâle.
  • 87:00 - 87:03
    Myret Zaki : "C'est vrai" / Public : "elle est de toutes les magouilles, "
  • 87:03 - 87:06
    c'est quand même difficile de trouver des informations sur cette banque.
  • 87:06 - 87:10
    J'ai cherché un peu. Je n'ai pratiquement rien trouvé.
  • 87:10 - 87:12
    Et je pense qu'ils se cachent bien. "
  • 87:12 - 87:14
    Myret Zaki : "Contrairement à la banque mondiale et au FMI,
  • 87:14 - 87:16
    ce n'est pas une institution de Bretton Woods.
  • 87:16 - 87:19
    C'est vraiment une congrégation de banquiers centraux
  • 87:19 - 87:22
    qui décident entre eux finalement du sort du monde,
  • 87:22 - 87:25
    puisqu'ils décident des taux d'intérêt, des liquidités,
  • 87:25 - 87:28
    des capitaux que les banques doivent avoir dans leur bilan..
  • 87:28 - 87:31
    Et effectivement c'est extrêmement puissant.
  • 87:31 - 87:33
    Et sachant, que cette alliance de banquiers centraux
  • 87:33 - 87:37
    est aussi largement faite sous la coupe des gouvernements, enfin
  • 87:37 - 87:39
    banquiers centraux et gouvernements, au jour d'aujourd'hui,
  • 87:39 - 87:42
    sont extrêmement liés, ce qui devrait jamais être le cas,
  • 87:42 - 87:45
    parce qu'à la base, les banquiers centraux devraient toujours
  • 87:45 - 87:48
    être indépendants des Etats, des gouvernements et des administrations en place,
  • 87:48 - 88:01
    mais c'est plus le cas. - Etienne Chouard : "À mon avis, on devrait pas se disperser
  • 88:01 - 88:10
    à détailler les manigances opaques des maîtres banquiers.
  • 88:10 - 88:18
    Je pense que le fait d'avoir laissé la maîtrise de la monnaie à des acteurs privés est une folie !
  • 88:18 - 88:23
    Que ça vient d'un abandon politique au plus haut niveau, au niveau constitutionnel !
  • 88:23 - 88:28
    Que ça se fait par le jeu de corruptions élémentaires, des plus triviales.
  • 88:28 - 88:34
    C'est simplement par corruption que les gens les plus riches ont réussi à prendre le pouvoir,
  • 88:34 - 88:38
    à prendre le contrôle, non seulement de la puissance économique, mais aussi de la puissance politique.
  • 88:38 - 88:43
    Mais il y a une alternative - c'est-à-dire que l'on ferait mieux
  • 88:43 - 88:47
    - plutôt que de continuer à jouer plutôt que de continuer à jouer avec des gens qui trichent -
  • 88:47 - 88:53
    on ferait mieux de réfléchir à la règle du jeu, du prochain jeu que l'on va décider de jouer ensemble.
  • 88:53 - 88:58
    D'ailleurs, on va avoir du mal avec les immensément riches
  • 88:58 - 89:00
    parce qu'ils vont se mettre en travers, ils vont nous voir venir évidemment !
  • 89:00 - 89:06
    Et donc on ne pourra probablement pas émanciper avec les mêmes monnaies,
  • 89:06 - 89:09
    avec les mêmes signes monétaires qu'aujourd'hui.
  • 89:09 - 89:13
    C'est-à-dire qu'il va falloir qu'on se prépare à inventer et à imposer.
  • 89:13 - 89:16
    Parce que c'est très facile de faire une monnaie. C'est vraiment pas compliqué !
  • 89:16 - 89:21
    Une monnaie, il suffit de nous faire confiance. Ça marche sur la confiance. Et c'est vraiment pas compliqué !
  • 89:21 - 89:25
    Si nous faisons société, et que nous avons envie de le faire,
  • 89:25 - 89:28
    n'importe quelle commune peut créer sa monnaie, ça marche tout de suite !
  • 89:28 - 89:35
    Mais, on va avoir un problème avec ceux qui ont déjà beaucoup d'argent.
  • 89:35 - 89:40
    Et il faudrait faire comme une transfusion sanguine intégrale, où nous décidons que la monnaie d'hier,
  • 89:40 - 89:43
    aujourd'hui ne compte plus rien !
  • 89:43 - 89:46
    Et donc, tous les tas d'or qu'ils fabriquaient, ils ne valent plus rien !
  • 89:46 - 89:50
    Et maintenant, c'est une nouvelle monnaie qui est Peu importe le nom qu'on lui donne...
  • 89:50 - 89:54
    Et en échange, Franc pour Franc, dollar pour dollar, l'ancienne et la nouvelle.
  • 89:54 - 89:58
    Simplement, on surveille. Et on échange pas le gars qui viendrait avec 10 milliards.
  • 89:58 - 89:59
    On lui échangera pas.
  • 89:59 - 90:06
    Et donc, il faudra sûrement passer par cette transfusion pour s'émanciper des ultra-riches.
  • 90:06 - 90:10
    Parce qu'il y a déjà un effet d'accumulation ui les rend EXTREMEMENT corrupteurs !
  • 90:10 - 90:13
    Il faut se rendre compte qu'ils sont capables de corrompre n'importent qui.
  • 90:13 - 90:21
    Et donc, l'idée que je vous propose, sachant qu'on a contre nous des gens qui ont tout l'argent du monde !
  • 90:21 - 90:25
    Tous les pouvoirs politiques ! Tous les pouvoirs médiatiques ! Les pouvoirs culturels !
  • 90:25 - 90:33
    Je veux dire, si on essaye, si on essaye de faire un rapport de force : c'est cuit ! On est morts
  • 90:33 - 90:40
    Donc il faut être plus malins. A mon avis, ce que j'ai a vous proposer c'est plus malin. C'est quelque chose de malin !
  • 90:40 - 90:43
    Un peu comme un virus ... Un truc qui est astucieux ...
  • 90:43 - 90:45
    Un virus bienfaisant. Le "virus de la démocratie".
  • 90:45 - 90:49
    Mais de la démocratie bien comprise. Il faut qu'on soit sorti de l'escroquerie.
  • 90:49 - 90:51
    Il faut quand même arriver à sortir
  • 90:51 - 90:54
    C'est un préalable, il faut quand même avoir compris ue le mot " démocratie " utilisé aujourd'hui
  • 90:54 - 90:57
    pour les régimes actuels, c'est une escroquerie !
  • 90:57 - 90:59
    Si on continue à appeler démocratie les régimes actuels, on n'en sort pas.
  • 90:59 - 91:03
    On est comme dans une glu intellectuelle, qui nous empêche même de PENSER l'alternative !
  • 91:03 - 91:06
    Il n'y a pas de démocratie sans tirage au sort !
  • 91:06 - 91:10
    Les Athéniens pendant 200 ans se sont protégés des riches.
  • 91:10 - 91:15
    Ce sont les pauvres qui ont dirigé pendant 200 ans. Grâce au tirage au sort !
  • 91:15 - 91:17
    Et pendant 200 ans ... Alors il faut lire...
  • 91:17 - 91:21
    Il faut lire Bernard Manin. Bernard Manin ...
  • 91:21 - 91:26
    Alors c'est un titre qui n'est pas sexy. Si vous le voyez sans que je vous en ai parlé,
  • 91:26 - 91:28
    si vous le voyez dans une bibliothèque, vous l'achetez pas.
  • 91:28 - 91:31
    Vous dites "Ça je le lirai peut-être demain, mais pas tout de suite "
  • 91:31 - 91:33
    Ça s'appelle : " Principes du Gouvernement Représentatif "
  • 91:33 - 91:37
    Donc c'est pas folichon comme titre. Pourtant, vous allez voir,
  • 91:37 - 91:41
    dès les premiers mots, dès les premières lignes ... Les premiers mots, c'est tout de suite sexy.
  • 91:41 - 91:44
    Tout de suite, vous comprenez qu'on vous parle de choses très importantes.
  • 91:44 - 91:48
    Parce-que dans ce bouquin : Bernard Manin, " Principes du Gouvernement Représentatif ".
  • 91:48 - 91:51
    Dans ce bouquin ... C'est un prof de fac que j'ai rencontré.
  • 91:51 - 91:53
    Qui d'ailleurs est très très gentil, sympa, pétillant. Pétillant !
  • 91:53 - 91:58
    Et ce gars-là, il ne comprenait pas pourquoi on ne parlait plus du tirage au sort.
  • 91:58 - 92:02
    Jusqu'en 1789, tout le monde parlait du tirage au sort.
  • 92:02 - 92:06
    Tout le monde savait que la démocratie, c'était le tirage au sort, et que l'élection c'était aristocratique.
  • 92:06 - 92:10
    Jusqu'en 1789, TOUS les penseurs politiques, Aristote, Montesquieu, Rousseau, tous
  • 92:10 - 92:13
    Tous ils savaient que la démocratie c'était le tirage au sort.
  • 92:13 - 92:15
    Et puis bizarrement, depuis que c'est les élus
  • 92:15 - 92:17
    qui ont mis en place le gouvernement représentatif, on n'en parle plus !
  • 92:17 - 92:20
    On l'apprend plus à l'école.
  • 92:20 - 92:28
    Et Bernard Manin s'est demandé : " Comment ça se fait qu'on ne parle plus du tirage au sort ? "
  • 92:28 - 92:30
    Et il s'est mis en tête de faire un bilan.
  • 92:30 - 92:34
    Un bilan comparé : avantages/inconvénients de l'élection et du tirage au sort.
  • 92:34 - 92:38
    Mais pour des gens comme nous, qui n'avons jamais entendu parler même du tirage au sort...
  • 92:38 - 92:41
    Mais c'est un PLAIDOYER pour le tirage au sort !
  • 92:41 - 92:49
    Parce que les arguments pour... Les arguments de protection contre la corruption,
  • 92:49 - 92:52
    de protection contre les injustices, de protection contre l'oligarchie...
  • 92:52 - 92:55
    Les arguments ... Mais c'est incroyable, c'est incroyable !
  • 92:55 - 92:57
    Vous allez adorer ! Vous allez adorer !
  • 92:57 - 93:02
    Ce livre-là, il va vous changer. Et puis lui, il va vous en faire lire d'autres !
  • 93:02 - 93:04
    Parce qu'il y a une biblio qui est passionnante.
  • 93:04 - 93:08
    Et puis il y a cet autre livre-là, qui est écrit par un gars qui s'appelle Hansen, qui est un Danois.
  • 93:08 - 93:12
    Qui s'appelle : " La démocratie athénienne à l'époque de Démosthène "
  • 93:12 - 93:16
    C'était au cinquième siècle et quatrième siècle avant J.C.
  • 93:16 - 93:18
    Cette démocratie, donc, c'est 200 ans.
  • 93:18 - 93:21
    Et Hansen, qui a passé sa vie à travailler...
  • 93:21 - 93:24
    Donc c'est le meilleur connaisseur au monde de la démocratie.
  • 93:24 - 93:28
    Et lui il l'aime ce régime ! Ça se sent, il nous le décrit en train de vivre.
  • 93:28 - 93:31
    Et on sent bien que c'est dans son esprit.
  • 93:31 - 93:36
    Il ne faut pas mettre ça près de moi je vais le renverser C'est transposable. C'est transposable !
  • 93:36 - 93:41
    Alors évidemment, on ne prend pas tout. On ne fait pas de la démocratie athénienne un modèle.
  • 93:41 - 93:44
    Évidemment ! Ils étaient esclavagistes, les femmes étaient à l'écart,
  • 93:44 - 93:47
    les étrangers n'avaient aucun droit politique.
  • 93:47 - 93:49
    Évidemment on ne va pas faire de la démocratie athénienne un modèle.
  • 93:49 - 93:53
    Il y a des tas de choses qu'on ne va pas prendre dans la démocratie athénienne.
  • 93:53 - 93:55
    Mais par contre, dans la démocratie athénienne, pendant 200 ans ... Écoutez bien !
  • 93:55 - 93:59
    Ouvrez bien vos oreilles ! Pendant 200 ans, 200 ANS !
  • 93:59 - 94:02
    Pas une seule fois les riches n'ont gouverné ! Pas une seule fois !
  • 94:02 - 94:06
    TOUJOURS, 100 %, c'est toujours les pauvres qui ont gouverné.
  • 94:06 - 94:10
    " Comment ? Les pauvres ? Et c'était pas le chaos ? " Et c'était pas le bordel ? "
  • 94:10 - 94:13
    " C'était pas le chaos, c'était pas le bordel ? "
  • 94:13 - 94:15
    " Et ils n'ont pas volé les riches ? " Non, non ! Ils ne volaient pas les riches.
  • 94:15 - 94:16
    C'était les pauvres qui gouvernaient. Ils ne volaient pas les riches.
  • 94:16 - 94:18
    " Mais attendez ? Comment ça marchait ? "
  • 94:18 - 94:24
    Si vous voulez, ce simple fait : 200 ans de gouvernement des pauvres,
  • 94:24 - 94:28
    avec une société prospère, stable politiquement,
  • 94:28 - 94:31
    une activité politique généralisée comme jamais l'humanité n'a connue.
  • 94:31 - 94:38
    Moi, ça, dans ma tête, ça me dit : ça vaut le coup de creuser le truc !
  • 94:38 - 94:41
    Je sais bien que mes élus me disent : " Mais M. Chouard !
  • 94:41 - 94:43
    Vous êtes en train de décrire un régime esclavagiste "
  • 94:43 - 94:46
    Est-ce que vous ne seriez pas, M. Chouard, esclavagiste ? "
  • 94:46 - 94:47
    Non, je ne suis pas esclavagiste.
  • 94:47 - 94:53
    " Alors vous êtes peut-être machiste ? Parce que vous savez qu'ils mettaient les femmes à l'écart ! "
  • 94:53 - 94:54
    Oui, je sais ça ! C'est pas ça qui m'intéresse !
  • 94:54 - 94:57
    Ce qui m'intéresse, c'est que dans le petit corps des citoyens de l'époque,
  • 94:57 - 94:59
    et toutes les cités de l'époque étaient esclavagistes, et toute traitaient mal les femmes.
  • 94:59 - 95:01
    Ce n'était pas spécifique à la démocratie.
  • 95:01 - 95:04
    Ils veulent tout mélanger, parce qu'ils ne veulent pas qu'on parle du tirage au sort.
  • 95:04 - 95:06
    Évidemment ! Ça les foutrait au chômage !
  • 95:06 - 95:10
    Il faut comprendre qu'ils sont ... Si vous voulez, je respecte les élus parce -que je sais bien qu'il y en a
  • 95:10 - 95:17
    qui sont formidables là-dedans. Pas tous ! Mais il y en a qui sont formidables et qui sont dévoués, OK.
  • 95:17 - 95:20
    N'empêche que je ne confonds pas leurs intérêts avec l'intérêt général.
  • 95:20 - 95:24
    Et si je m'aperçois que le régime qui consiste à les désigner eux,
  • 95:24 - 95:29
    et finalement, désigner pratiquement systématiquement des gens qui sont serviles aux banques...
  • 95:29 - 95:32
    Eh bien je réfléchis à un autre système.
  • 95:32 - 95:36
    Et quand je m'aperçois que le tirage au sort a permis à la démocratie athénienne de garantir...
  • 95:36 - 95:40
    Non ! Les tirés au sort, ce n'est pas eux qui écrivaient les lois.
  • 95:40 - 95:44
    Les tirés au sort, ce n'est pas ceux qui écrivaient les lois.
  • 95:44 - 95:48
    Les tirés au sort c'est ceux qui étaient les policiers, qui étaient les juges,
  • 95:48 - 95:51
    ceux qui préparaient les lois.
  • 95:51 - 95:53
    Parce que quand on est 6000 à l'Assemblée, on n'écrit pas les lois, on dit oui ou non.
  • 95:53 - 95:55
    Mais on ne les écrit pas.
  • 95:55 - 95:58
    Donc ils avaient un conseil des 500, qui préparait les loi.
  • 95:58 - 96:00
    500 tirés au sort ! Qui préparaient les lois.
  • 96:00 - 96:03
    Les tirés au sort faisaient ce que l'assemblée ne pouvait pas faire.
  • 96:03 - 96:06
    Mais le tiré au sort protégeait les citoyens.
  • 96:06 - 96:08
    Ce n'était pas des électeurs, c'étaient des citoyens !
  • 96:08 - 96:10
    C'étaient des gens qui votaient leurs lois.
  • 96:10 - 96:13
    Le tirage au sort protégeait les citoyens contre les " voleurs de pouvoir ".
  • 96:13 - 96:17
    C'est-à-dire que ça leur garantissait que jamais leurs serviteurs ne deviendraient leurs maîtres.
  • 96:17 - 96:20
    Ça garantissait que les serviteurs, allaient rester les serviteurs.
  • 96:20 - 96:22
    Le tirage au sort, ça permettait d'affaiblir les pouvoirs.
  • 96:22 - 96:27
    Le peu de pouvoir que les Athéniens déléguaient, ils le déléguaient par tirage au sort, et en les contrôlant.
  • 96:27 - 96:31
    Vous verrez dans d'autres conférences, il faudra aller sur Internet pour trouver les conférences où je détaille ça...
  • 96:31 - 96:34
    Mais ils avaient mis en place des tas d'institutions de contrôle des tirés au sort.
  • 96:34 - 96:39
    Les tirés au sort c'était une charge, c'était pas un fromage, comme ce que vivent nos élus.
  • 96:39 - 96:43
    Alors je crois qu'en Suisse, vous avez fait attention à ce que ça ne soit pas un fromage.
  • 96:43 - 96:45
    Parce que je crois qu'ils gagnent 600 euros par mois.
  • 96:45 - 96:47
    Et ils sont obligés d'avoir un métier.
  • 96:47 - 96:52
    Vraiment, le régime Suisse se rapproche de la démocratie par pleins de points très importants.
  • 96:52 - 96:56
    Bon, il faut que je m'arrête un peu pour laisser une question. "
  • 96:56 - 97:07
    - Public : " Vous avez évoqué énormément de problèmes constitutionnels, économiques, financiers, monétaires
  • 97:07 - 97:13
    J'essayerai d'être cursif, en m'arrêtant aux questions monétaires et financières.
  • 97:13 - 97:25
    Donc d'abord, vous Monsieur, vous avez proposé... que la Banque Centrale recouvre une souveraineté perdue ... "
  • 97:25 - 97:27
    Etienne Chouard : " Indispensable ! "
  • 97:27 - 97:38
    - Public : "Ce système nous l'avons déjà éprouvé par le passé. Nous le connaissons, et c'est l'un des économistes
  • 97:38 - 97:42
    - qui vous savez, a proposé ça et qui a fait ça par le passé -
  • 97:42 - 97:45
    c'est le Dr Schacht (Hjalmar Schacht ndt)
  • 97:45 - 97:50
    Le Dr Schacht, grand ami de Keynes, qui était grand admirateur de Keynes, n'est-ce pas ... "
  • 97:50 - 97:52
    - Etienne Chouard : "C'était un ministre d'Hitler ça... "
  • 97:52 - 97:54
    - Public : "... a fait ça, c'est très simple.
  • 97:54 - 97:57
    Vous fermez les frontières, vous instituez une échelle de salaire arbitraire.
  • 97:57 - 98:04
    Vous instaurez un contrôle total sur les transferts de biens, de capitaux et de personnes,
  • 98:04 - 98:07
    et vous avez ce système !
  • 98:07 - 98:10
    Je doute qu'aujourd'hui il y ait le moindre -
  • 98:10 - 98:16
    je ne parle pas d'élus, même citoyen, puisqu'on parle beaucoup de citoyenneté dans cette assemblée -
  • 98:16 - 98:19
    qui veuillent revenir à cela, premier point.
  • 98:19 - 98:26
    Deuxième point, j'aborderai la thèse de Madame.
  • 98:26 - 98:33
    Alors la thèse de Madame... Je pense que votre thèse est dangereuse.
  • 98:33 - 98:39
    Elle est dangereuse non seulement parce-qu'elle est fausse...
  • 98:39 - 98:43
    Une thèse peut être fausse, mais pas dangereuse... Or là elle est dangereuse
  • 98:43 - 98:48
    parce-qu'elle laisse entendre, non pas subrepticement, mais explicitement,
  • 98:48 - 98:51
    qu'il y a un COMPLOT !
  • 98:51 - 98:58
    Ce complot, je l'ai entendu maintes fois, c'est " le complot des cinq hedges funds "
  • 98:58 - 99:04
    qui ont mis la main sur la Grèce, et qui poursuivent leur campagne agressive
  • 99:04 - 99:09
    à l'égard d'autres démocraties qui sont totalement désemparées, face à leurs attaques."
  • 99:09 - 99:12
    - Etienne Chouard : " C'est argumenté ! "
  • 99:12 - 99:14
    - Public : "Si j'ai bien compris la thèse, n'est-ce pas ?"
  • 99:14 - 99:16
    - Myret Zaki : "Absolument ! Et ce n'est pas un complot."
  • 99:16 - 99:20
    - Public : "Ah ? Alors j'apprécie la concession."
  • 99:20 - 99:24
    - Myret Zaki : "Ça ne s'appelle pas un complot ça Attention, attention à l'USAGE des mots.
  • 99:24 - 99:31
    Ça n'a pas besoin d'être un complot."
  • 99:31 - 99:45
    - Public : "Néanmoins, il faut ne pas confondre l'effet et la cause. Si les états n'avaient pas eu recours à la dette pour financer leur consommation,
  • 99:45 - 99:52
    pour financer les transferts de pouvoir d'achat qui se sont faits au moyen de déficits budgétaires
  • 99:52 - 99:57
    eux-mêmes financés par la dette, les Etats n'en seraient pas là aujourd'hui.
  • 99:57 - 100:02
    Supprimer la dette, vous supprimez le pouvoir des marchés financiers.
  • 100:02 - 100:08
    Faisons attention à l'ordre des choses. Gardons nous de ne pas confondre les priorités.
  • 100:08 - 100:11
    C'est tout ce que je voulais dire par "thèse dangereuse".
  • 100:11 - 100:14
    - Myret Zaki : " Il va falloir réexpliquer une partie de ma démonstration.
  • 100:14 - 100:16
    Je crois que ce n'était pas assez clair."
  • 100:16 - 100:18
    - Public : " En tout cas, c'est ce que j'en ai conclut ".
  • 100:18 - 100:25
    - Myret Zaki : " D'accord, c'est tout à fait légitime. Je vais déjà répondre à Monsieur.
  • 100:25 - 100:33
    Oui oui, on peut avoir un débat avec Monsieur, s'il veut relancer ... Pas de problèmes.
  • 100:35 - 100:43
    Y a pas besoin de dire que c'est un complot pour dire que les spéculateurs aiment faire de l'argent,
  • 100:43 - 100:50
    et qu'ils font des stratégies CONCERTEES, pour rendre leurs attaques spéculatives plus efficaces.
  • 100:50 - 100:53
    Ce n'est pas moi qui le dit, c'est le "Wall Street journal".
  • 100:53 - 100:56
    Alors peut-être que vous avez une idée de ce qu'est le "Wall Street journal" ?
  • 100:56 - 100:59
    Le Wall Street Journal a enquêté à ce sujet.
  • 100:59 - 101:04
    2èment, la théorie très Sarkozyenne de dire qu'il ne faudrait pas du tout avoir de dette,
  • 101:04 - 101:10
    parce-que c'est ça le péché d'origine d'un Etat,
  • 101:10 - 101:15
    elle est fausse, parce-que moi je dis qu'à DETTE EGALE,
  • 101:15 - 101:18
    - vous comprenez ? J'ai été assez claire là-dessus - A DETTE EGALE,
  • 101:18 - 101:23
    différents pays ne sont pas du tout traités de la même façon sur les marchés financiers.
  • 101:23 - 101:28
    Les marchés financiers choisissent leurs cibles en fonction de ce qui est le plus vulnérable,
  • 101:28 - 101:33
    le plus commode, le plus attaquable, mais d'autres, qui sont beaucoup plus endettés encore
  • 101:33 - 101:34
    ne subissent pas du tout ça, au contraire !
  • 101:34 - 101:38
    La dette des Etats-Unis étant la plus énorme de toutes,
  • 101:38 - 101:41
    c'est celle qui se finance le meilleur marché !
  • 101:41 - 101:45
    Comment vous expliquez ça ? Non, il faut réfléchir en termes de chiffres, de faits,
  • 101:45 - 101:48
    et pas du tout de complot. "
  • 101:50 - 102:02
    - Etienne Chouard : " Pour ma part ... Il faut qu'on fasse vite, si on veut faire le "ping-pong", il faut qu'on se force à être rapides
  • 102:02 - 102:05
    .. Mais c'est agréable quand on discute comme ça ... "
  • 102:05 - 102:13
    - Public : " 2 choses sur la dette : effectivement, il y a eu démarche concertée, c'est certain ... "
  • 102:14 - 102:18
    - Etienne Chouard : " enfin c'est un complot ça. "
  • 102:19 - 102:22
    - Public : " ... néanmoins, comment pouvez-vous savoir - vous avez évoqué Soros,
  • 102:22 - 102:28
    que les positions de Soros étaient "short" l'Euro, spéculer à la vente l'Euro,
  • 102:28 - 102:36
    comment pouvez-vous induire de tels faits ? Comment pouvez-vous savoir, connaître les positions de Soros ?
  • 102:36 - 102:39
    - Etienne Chouard : "Parce-qu'il publiait dans le journal tous les jours."
  • 102:39 - 102:41
    - Myret Zaki : "C'est écrit dans les journaux financiers !"
  • 102:41 - 102:46
    - Public : " Non, j'ai lu comme vous, Soros est partisan de votre politique
  • 102:46 - 102:57
    à l'égard de la Banque Européenne. Il a proposé il y a justement une semaine que la Banque intervienne,
  • 102:57 - 103:03
    que la BCE intervienne MASSIVEMENT, en ACHETANT de la dette. ... "
  • 103:03 - 103:10
    - Myret Zaki : " Ce n'est pas du tout contradictoire, mais ça dévalue l'Euro ! ... - Public : " Il a proposé de monétiser la dette ... "
  • 103:10 - 103:12
    Myret Zaki : "Ca, ça dévalue ...
  • 103:12 - 103:18
    Monétiser la dette dévalue l'Euro et va dans le sens EXACT recherché par Soros.
  • 103:18 - 103:23
    Quant à ses positions vendeuses sur l'Euro, c'est de notoriété publique,
  • 103:23 - 103:26
    c'est dans les journaux financiers, les blogs, c'est connu,
  • 103:26 - 103:29
    et c'est vieux comme le monde, la manipulation des marchés par les spéculateurs,
  • 103:29 - 103:33
    renseignez-vous, depuis que la spéculation existe, même sur les tulipes,
  • 103:33 - 103:35
    on lançait des rumeurs pour gagner à la baisse."
  • 103:35 - 103:39
    "Etienne d'abord, et puis après j'aimerais bien passer la parole ... Il y a 3 questions en attente ... "
  • 103:39 - 103:43
    - Etienne Chouard : " Il faut répondre à la comparaison avec Schacht.
  • 103:43 - 103:49
    J'ai 2 choses qui me viennent à l'esprit sur votre remarque par rapport à Shacht.
  • 103:49 - 103:54
    C'est que vous réduisez la proposition qui consiste à - comme avant 73 -
  • 103:54 - 103:58
    pouvoir emprunter auprès de sa Banque Centrale, c'est-à-dire sans charges d'intérêts,
  • 103:58 - 104:03
    le financement des investissements publics qui dépassent le montant des impôts,
  • 104:03 - 104:12
    vous dites "Il y a un précédent, et c'est sous Hitler, mais je ne sais pas pourquoi vous remontez à Hitler,
  • 104:12 - 104:17
    ça doit être pour disqualifier l'idée, je pense, parce-qu'Hitler a mauvaise presse, j'imagine que c'est ça,
  • 104:17 - 104:23
    parce-qu'avant 73, donc pendant ce qu'on appelle " les 30 glorieuses ",
  • 104:23 - 104:27
    qui est quand même une période plus reluisante et moins condamnable
  • 104:27 - 104:29
    que celle à laquelle vous faites, vous, allusion,
  • 104:29 - 104:33
    pendant les 30 Glorieuses, c'est-à-dire une période de prospérité générale,
  • 104:33 - 104:36
    on a eu un Etat qui ne s'endettait pas
  • 104:36 - 104:39
    parce-que quand il empruntait, il empruntait auprès de sa Banque Centrale,
  • 104:39 - 104:42
    c'était sans charges d'intérêts,
  • 104:42 - 104:45
    et 2èment, on n'avait pas de chômage.
  • 104:45 - 104:50
    Et on avait un peu d'inflation, pas beaucoup, on avait 5 - 6 % en moyenne sur la période,
  • 104:50 - 104:55
    et, une indexation des salaires sur les prix, donc, en plus des 5 ou 6 % d'inflation,
  • 104:55 - 104:58
    ils étaient indolores pour les salariés et pour les entrepreneurs.
  • 104:58 - 105:02
    Ceux qui travaillaient n'avaient rien à craindre de l'inflation, grâce à l'indexation.
  • 105:02 - 105:05
    Voilà la recette, mais qui n'est pas une recette magique,
  • 105:05 - 105:08
    simplement il faut avoir une volonté politique.
  • 105:08 - 105:10
    Il faut simplement que les gens qui sont au pouvoir,
  • 105:10 - 105:12
    soient au service du bien commun pour mener cette politique.
  • 105:12 - 105:15
    Le problème c'est que quand les riches arrivent à mettre au pouvoir
  • 105:15 - 105:19
    - donc les riches, les rentiers, ceux qui ne travaillent pas, ceux qui sont sur un tas d'or,
  • 105:19 - 105:20
    et qui vivent juste de ce tas d'or -
  • 105:20 - 105:24
    quand ces gens-là sont arrivés à circonvenir avec des acteurs politiques
  • 105:24 - 105:28
    et leur faire mener une politique de rentiers, c'est-à-dire une politique anti inflation et donc
  • 105:28 - 105:32
    une politique "chômagène", parce-que quand on se bat contre l'inflation on le paye en chômage ...
  • 105:32 - 105:35
    Notre problème, il est politique, parce-que les riches sont -
  • 105:35 - 105:38
    les plus riches, hein, on est tous le plus riche de quelqu'un, je sais bien -
  • 105:38 - 105:45
    mais il me semble que ce que vous disqualifiez comme étant comparable
  • 105:45 - 105:49
    à une politique nazie (puisque c'était ça la politique de Shacht),
  • 105:49 - 105:53
    pourrait plus avantageusement être comparée à la période qui est juste immédiatement précédente,
  • 105:53 - 105:55
    qui est la période des " 30 Glorieuses ",
  • 105:55 - 105:57
    et à ce moment-là, ça serait moins condamnable.
  • 105:57 - 105:59
    Je ne sais pas pourquoi vous avez comparé ça à Shacht.
  • 105:59 - 106:00
    Juste un mot sur Shacht :
  • 106:00 - 106:03
    cette politique de Shacht qui - effectivement, c'est la même,
  • 106:03 - 106:06
    c'est une politique de création monétaire publique,
  • 106:06 - 106:10
    et pour que l'argent ne foute pas le camp à l'étranger, il faut relativement fermer les frontières
  • 106:10 - 106:13
    pour que ça marche, et ce n'est pas absurde !
  • 106:13 - 106:19
    Le fait que ce soit passé sous les nazis, ne fait pas de ça une absurdité !
  • 106:19 - 106:22
    Mais je vous fais remarquer que cette politique-là, elle est venue -
  • 106:22 - 106:24
    alors c'est multifactoriel, c'est pas la seule cause -
  • 106:24 - 106:26
    mais ils sont venus à bout du chômage TOTALEMENT,
  • 106:26 - 106:29
    c'est-à-dire que tout le monde s'est mis à travailler grâce à ça !
  • 106:29 - 106:31
    Il faut quand même se souvenir de ça !
  • 106:31 - 106:36
    Alors vous pouvez disqualifier le truc en disant "c'était sous Hitler, c'était sous les nazis"
  • 106:36 - 106:38
    moi, il me semble que c'est dissociable, ... - Myret Zaki : " Non, c'est irrelevant "
  • 106:38 - 106:43
    Que les citoyens eux-mêmes n'acceptent pas ça, moi je ne vois pas pourquoi vous prenez ça comme
  • 106:43 - 106:47
    acquis, qu'aujourd'hui tout le monde accepte la globalisation et ses effets tels qu'ils sont,
  • 106:47 - 106:49
    parce-que ma réponse, elle est très courte :
  • 106:49 - 106:53
    c'est tout à fait légitime de votre part de vous dire "mais comment on peut concevoir de nouveau
  • 106:53 - 106:57
    "fermeture des frontières, contrôle des capitaux, fermeture des marchés des capitaux",
  • 106:57 - 107:01
    on a vécu là-dedans, on ne peut même pas concevoir qu'il n'y ait plus de marché des capitaux,
  • 107:01 - 107:07
    MAIS quand il y a une dérive TELLE du système financier qui profite à si peu de gens,
  • 107:07 - 107:12
    je trouve que la réflexion est tout à fait légitime - et même Attali et d'autres penseurs américains
  • 107:12 - 107:16
    y réfléchissent aujourd'hui - à voir de quelle gouvernance on veut,
  • 107:16 - 107:18
    quel type de système financier, de système monétaire -
  • 107:18 - 107:24
    le FMI veut réformer aussi le système monétaire sous l'impulsion des pays comme la Chine et la Russie -
  • 107:24 - 107:29
    Non, il y a vraiment une dérive qui permet de se dire " Oui, il faut peut-être revenir en arrière,
  • 107:29 - 107:33
    fermer les frontières, en attendant de refaire un système où on a moins de danger
  • 107:33 - 107:36
    pour les pays, où on ne les met pas en faillite."
  • 107:36 - 107:39
    - Etienne Chouard : "Il y a un moyen de ne pas fermer ... "
  • 107:39 - 107:44
    - "Etienne, Etienne, s'il te plait. J'ai 3 questions, peut-être une 4ème, j'aimerais bien que les questions soient posées.
  • 107:44 - 107:50
    Comment ça marche : attendez le cycle de ces 4 questions, après je regarderai le public, vous levez la main ...
  • 107:57 - 108:03
    Public : " Tout d'abord je voulais remercier Myret, Etienne, et Fabio pour les avoir réunis,
  • 108:03 - 108:09
    car j'ai vraiment savouré cet exercice intellectuel pour expliquer ce qui se passe,
  • 108:09 - 108:15
    comment on en est arrivés là et les pistes de solutions.
  • 108:15 - 108:20
    C'est vraiment intéressant car je m'intéresse à la finance et à la Démocratie.
  • 108:20 - 108:25
    C'est la 1ère fois que je vois à une même table des personnes qui relient la Démocratie et la Finance.
  • 108:25 - 108:28
    Moi, je vois un lien extrêmement clair aussi.
  • 108:28 - 108:34
    Et quand on voit que les marchés financiers sont paniqués par les référendums en Grèce par exemple,
  • 108:34 - 108:37
    on voit tout de suite que la Démocratie, ça fait très très peur aux marchés financiers, vraiment.
  • 108:37 - 108:48
    Donc, ce que je voulais dire : je n'avais pas pensé à cette histoire de tirage au sort,
  • 108:48 - 108:51
    c'est vrai que c'est intéressant, je vais me replonger dans la Grèce antique,
  • 108:51 - 108:56
    c'est marrant comme la boucle se boucle, comme ça part de la Grèce, et la crise actuelle.
  • 108:56 - 109:02
    En fait tout était parti de là, on va peut-être réinventer la Démocratie grâce à la Grèce pour la version 2.0.
  • 109:02 - 109:09
    Justement, je voulais donner un exemple, j'ai eu une information il y a 1 an, l'exemple de l'Islande
  • 109:09 - 109:16
    qui a fait un referendum en 2008 - 2009, ils ont refusé de renflouer les banques eux,
  • 109:16 - 109:20
    par référendum, et à la suite de ça, je ne sais plus comment ça s'est passé, mais
  • 109:20 - 109:24
    il y a un groupe de citoyens qui s'est dit "nous, on va réécrire la Constitution",
  • 109:24 - 109:27
    un groupe de citoyens qui s'est réuni.
  • 109:27 - 109:32
    Alors je ne sais pas comment ça s'est passé, il faudrait investiguer, mais j'ai eu la confirmation il y a 2 mois,
  • 109:32 - 109:36
    il y a eu une conférence à Genève où une économiste islandaise a confirmé qu'effectivement,
  • 109:36 - 109:39
    la Constitution a été réécrite, mais qu'elle n'a pas encore été validée.
  • 109:39 - 109:48
    Le système actuel n'a pas encore accepté, mais à suivre de près. Mais ça serait intéressant d'alimenter
  • 109:48 - 109:51
    cette réflexion sur "comment est-ce-qu'on pourrait réinventer la Démocratie ?"
  • 109:51 - 109:53
    Il y a peut-être différentes pistes en cours ?
  • 109:53 - 109:59
    Enfin moi ça m'intéresse. Il faudrait faire un week-end là-dessus en fait. Merci."
  • 109:59 - 110:04
    - Etienne Chouard : "En Islande, ils ont élu leur assemblée constituante, malheureusement, c'est intermédiaire.
  • 110:04 - 110:10
    En Tunisie, ils l'ont élue, ils ont perdu. A mon avis, en Tunisie, ils vont avoir institué
  • 110:10 - 110:13
    leur impuissance comme d'habitude, comme tout le monde.
  • 110:13 - 110:19
    En Islande, ce sera peut-être un peu particulier, parce-que leur élection d'assemblée constituante était libre
  • 110:19 - 110:25
    et donc ça met un biais, c'est-à-dire qu'il n'y a pas 100% de professionnels de la politique là-dedans.
  • 110:25 - 110:31
    Ils pouvaient élire qui ils voulaient. Le fait est que l'élection conduit à la désignation de
  • 110:31 - 110:35
    notables, et que les notables souvent, ce ne sont pas des révolutionnaires.
  • 110:35 - 110:41
    Ils ne vont pas tout changer. Je pense qu'on sera malheureusement largement déçus.
  • 110:41 - 110:46
    Enfin, j'espère que non, mais le système ... C'est pas ça dont je vous parlais : quand je parlais de
  • 110:46 - 110:51
    tirage au sort, je parlais VRAIMENT de tirage au sort pour l'Assemblée Constituante.
  • 110:51 - 110:54
    c'est-à-dire qu'il faut que ce soit n'importe qui, qui écrive la Constitution.
  • 110:54 - 110:58
    Il faudrait que je vous parle des expériences qui ont eu lieu.
  • 110:58 - 111:03
    Il y a quand même eu un tirage au sort en Islande - mais vous voyez comme sont les politiciens professionnels :
  • 111:03 - 111:06
    ce sont des politiciens professionnels qui ont lancé ce processus en Islande,
  • 111:06 - 111:11
    et ils ont prévu une assemblée tirée au sort, mais ce n'est pas l'assemblée tirée au sort qui a écrit la Constitution.
  • 111:11 - 111:17
    C'est l'assemblée tirée au sort qui a dit les grandes lignes de ce qu'ils voulaient,
  • 111:17 - 111:20
    et après ça, c'est l'Assemblée élue qui a écrit les règles, normalement,
  • 111:20 - 111:27
    mais sans qu'il n'y ait de contrainte réelle, en respectant le cahier des charges, la feuille de route
  • 111:27 - 111:29
    écrite par l'Assemblée tirée au sort.
  • 111:29 - 111:35
    Donc, ce qu'il faudrait que vous découvriez c'est l'expérience EXTRAORDINAIRE,
  • 111:35 - 111:37
    vraiment extraordinaire -
  • 111:37 - 111:39
    parce-qu'elle montre que ce que je vous dis est possible -
  • 111:39 - 111:43
    alors ça pour moi, c'est inespéré d'avoir trouvé que ça, ça existait, c'est GENIAL ! -
  • 111:43 - 111:47
    en Colombie Britannique, donc à Vancouver, l'ouest du Canada,
  • 111:47 - 111:52
    après une période de corruption éhontée, catastrophe politique,
  • 111:52 - 111:58
    un homme politique se fait éconduire, et jure que s'il se fait réélire,
  • 111:58 - 112:03
    il fera tirer au sort une Assemblée Constituante, parce-qu'il y en a marre que ce soient des pourris qui écrivent la Constitution.
  • 112:03 - 112:06
    Le gars qui émerge et qui promet et qui FAIT ! Il se fait réélire,
  • 112:06 - 112:13
    il fait désigner une Assemblée Constituante de citoyens qui n'ont même jamais PENSE à la Constitution !
  • 112:13 - 112:17
    Des gens qui ne savaient même pas que ça existait quasiment !
  • 112:17 - 112:21
    Des gens qui se font tirer au sort, qui peuvent refuser s'ils veulent, mais la plupart acceptent,
  • 112:21 - 112:26
    qui sont terrorisés, qui expliquent aux journalistes - alors il faut lire les compte-rendus -
  • 112:26 - 112:29
    qui expliquent la peur les 1ers jours
  • 112:29 - 112:33
    parce-qu'ils se disent "comment je vais faire, j'y connais rien, et puis c'est vachement important"
  • 112:33 - 112:36
    parce-qu'ils savent que ça va changer vraiment les choses -
  • 112:36 - 112:42
    et puis qui s'arrêtent de regarder la télé, s'arrêtent de regarder le foot, s'arrêtent de parler de bêtises,
  • 112:42 - 112:45
    se mettent à penser aux choses sérieuses, et finalement
  • 112:45 - 112:47
    progressent à toute vitesse, parce-que l'Homme ne demande que ça,
  • 112:47 - 112:50
    l'Etre Humain est un animal politique, on le sait depuis Aristote,
  • 112:50 - 112:57
    et finalement, ces humains-là se mettent à devenir - parce-qu'on comprend très vite
  • 112:57 - 113:00
    ce dont il est question dans une Constitution, on comprend très vite qu'il faut
  • 113:00 - 113:04
    la séparation des pouvoirs (il faut que les pouvoirs soient séparés pour les affaiblir),
  • 113:04 - 113:07
    il faut qu'ils rendent des comptes, il faut qu'ils soient révocables,
  • 113:07 - 113:11
    il faut respecter l'initiative citoyenne, il faut que les juges soient indépendants,
  • 113:11 - 113:14
    il faut des mandats courts et non renouvelables ...
  • 113:14 - 113:19
    Ca tient sur 2 mains les principes. Et donc, en fait, les gens comprennent très vite, et finalement,
  • 113:19 - 113:22
    malheureusement, ils n'avaient pas à écrire vraiment une Constitution,
  • 113:22 - 113:27
    ils avaient juste à réécrire le code électoral, mais le code électoral ....
  • 113:27 - 113:29
    - Myret Zaki : " On va prendre une question, je m'excuse ... "
  • 113:29 - 113:34
    - Etienne Chouard : " le code électoral c'est très technique, mais ça a été possible,
  • 113:34 - 113:37
    c'est-à-dire que des gens dont ce n'est pas le métier peuvent très bien écrire une Constitution.
  • 113:37 - 113:40
    Il ne faut pas que vous soyez complexés en vous disant "je n'y arriverai jamais".
  • 113:40 - 113:46
    Quand vous vous dites "non mais une Constitution, il est fou Chouard, et puis je sais même pas c'que c'est,
  • 113:46 - 113:49
    et puis j'ai pas le temps, et puis j'ai du travail ..."
  • 113:49 - 113:53
    - Public : "Alors j'ai une question par rapport à la Suisse.
  • 113:53 - 113:57
    Je ne suis vraiment pas convaincue par votre argumentation.
  • 113:57 - 114:04
    Vous dites que la Suisse se rapproche de la Démocratie, mais il faut quand même voir
  • 114:04 - 114:15
    que le peuple suisse a accepté l'interdiction des minarets, ce qui est contre les droits fondamentaux des Hommes,
  • 114:15 - 114:19
    donc le peuple n'est pas capable de respecter les droits humains.
  • 114:19 - 114:28
    D'autre part, le peuple suisse rejette une taxe sur la fortune en Suisse, qu'on n'a toujours pas."
  • 114:28 - 114:30
    - Etienne Chouard : "Ils ont refusé ?"
  • 114:30 - 114:35
    - Public : "oui, ils ont refusé. Donc en fait, dans votre réflexion, il me manque une grande partie sur
  • 114:35 - 114:41
    d'une part la compétence des citoyens, donc si votre système de tirage au sort,
  • 114:41 - 114:49
    qui se rapproche pour moi aussi d'idée, d'anciennes idées de Démocratie,
  • 114:49 - 114:53
    pour moi, il me manque ce bout sur la compétence des citoyens,
  • 114:53 - 115:00
    et c'est basé sur un présupposé grec, où les gens, une petite minorité,
  • 115:00 - 115:04
    avait quand même une éducation, ils avaient les connaissances, l'accès aux connaissances,
  • 115:04 - 115:08
    et une certaine expertise qu'on devrait quand même avoir à mon avis
  • 115:08 - 115:12
    pour être compétent en tant que citoyen.
  • 115:12 - 115:16
    Et 2ème élément qui me manque dans la réflexion, c'est comment les citoyens,
  • 115:16 - 115:20
    - c'est-à-dire monsieur et madame "tout le monde" - arrivent à produire du bien commun,
  • 115:20 - 115:23
    c'est-à-dire réfléchir au droit de son propre intérêt,
  • 115:23 - 115:27
    car on voit très bien en Suisse qu'on n'arrive pas à travers le vote.
  • 115:27 - 115:31
    Les gens réfléchissent par rapport à leur propre intérêt.
  • 115:31 - 115:34
    Les impôts sur la fortune ont été refusés
  • 115:34 - 115:41
    car ils se sont imaginé de faire un jour la fortune, et "mon dieu, on sera imposés !".
  • 115:41 - 115:48
    - Myret Zaki : "Et les suisses ont supprimé le droit des pauvres aussi."
  • 115:48 - 115:49
    - Etienne Chouard : "attendez entre 2 maux, il faut choisir le moindre !
  • 115:49 - 115:51
    Vous préférez le gouvernement de Goldman Sachs ?
  • 115:51 - 115:56
    Entre 2 maux, il faut choisir le moindre. Vous avez raison, ça ne va pas être parfait,
  • 115:56 - 115:59
    et le peuple ne sera probablement pas capable de prendre les meilleures décisions
  • 115:59 - 116:03
    et en même temps, c'est tout à fait légitime, vous pouvez très bien penser
  • 116:03 - 116:07
    "le peuple est incompétent et incapable de décider", mais à ce moment-là, vous n'êtes pas démocrate,
  • 116:07 - 116:11
    et c'est pas grave ! On n'est pas obligé d'être démocrate, on peut très bien être aristocrate !
  • 116:11 - 116:16
    Il y a une version de l'aristocratie, une définition honnête de l'aristocratie,
  • 116:16 - 116:19
    qui consiste à dire : "on va essayer de choisir VRAIMENT les meilleurs",
  • 116:19 - 116:20
    et de les tenir en contrôle PERMANENT,
  • 116:20 - 116:23
    de façon à ce qu'ils restent les meilleurs, jamais héréditaire évidemment,
  • 116:23 - 116:27
    et ce serait un système qui serait probablement je pense, effectivement meilleur que la Démocratie,
  • 116:27 - 116:36
    un système de véritable Aristocratie, en mettant en place des institutions qui trouvent les meilleurs,
  • 116:36 - 116:41
    soumettent les meilleurs à examen permanent, punissent les meilleurs quand ils se mettent
  • 116:41 - 116:46
    à ne plus être les meilleurs et à trahir l'intérêt général, mais là, on ne parle pas de Démocratie,
  • 116:46 - 116:49
    on parle d'Aristocratie, de vraie Aristocratie.
  • 116:49 - 116:59
    Je vous suis tout à fait. Mais en même temps, je vais vous contredire par des expériences contraires,
  • 116:59 - 117:05
    c'est-à-dire que sur le sujet par exemple de la peine de mort, qui est un chiffon rouge qu'on nous agite
  • 117:05 - 117:10
    régulièrement en nous disant "si vous laissez le pouvoir au peuple, il va rétablir la peine de mort".
  • 117:10 - 117:14
    Moi-même je suis contre la peine de mort, mais si vous voulez, si on est vraiment démocrate,
  • 117:14 - 117:19
    si on se dit "on va décider ensemble des choses", il faut être prêt à ce que de temps en temps,
  • 117:19 - 117:24
    la décision ne va pas être celle que vous auriez prise vous, sinon, si vous n'acceptez la Démocratie
  • 117:24 - 117:27
    que dans un régime qui va prendre les mêmes décisions que vous,
  • 117:27 - 117:31
    vous êtes quelqu'un de très bien, mais vous n'êtes pas démocrate.
  • 117:31 - 117:35
    Et puis c'est pas un drame ! Je veux dire : si aujourd'hui ils décident "pour" la peine de mort,
  • 117:35 - 117:40
    et puis dans 6 mois, 1 an, 10 ans ils changent d'avis parce-qu'il y a eu une campagne
  • 117:40 - 117:42
    et qu'on a réussi à les convaincre, et bien on aura changé d'avis !
  • 117:42 - 117:45
    Mais si vous voulez, pour moi, la peine de mort, elle est appliquée tous les jours dans l'entreprise
  • 117:45 - 117:50
    en ce moment, et à bien plus grande échelle ... Parce-que là on nous balance un chiffon rouge pour
  • 117:50 - 117:54
    Mais si ! Mais les morts dans l'entreprise parce-que le travail tue !
  • 117:54 - 117:59
    Le travail tue, parce-que la logique de profit amène à maltraiter les salariés
  • 117:59 - 118:03
    à chaque fois que c'est possible ! ... Enfin il faudrait parler à Filoche de ça ... "
  • 118:03 - 118:08
    - Myret Zaki : " Oui, d'accord Etienne. Par rapport à cette fameuse Démocratie directe, j'aimerais dire
  • 118:08 - 118:15
    qu'à mon avis c'est une excellente solution qui est pour moi la seule valable,
  • 118:15 - 118:18
    malgré les réserves de Madame.
  • 118:18 - 118:24
    Justement, je dirais 3 choses à ajouter. D'abord, les questions sont infiniment plus complexes aujourd'hui
  • 118:24 - 118:27
    qu'à l'époque des grecs ou à n'importe quelle époque.
  • 118:27 - 118:32
    Si je pense uniquement à l'évasion fiscale et au mécanisme du blanchiment d'argent,
  • 118:32 - 118:37
    et de la contrebande de drogue et des dérivés spéculatifs,
  • 118:37 - 118:41
    c'est des sujets extrêmement hermétiques et techniques,
  • 118:41 - 118:44
    et aujourd'hui, la plus grande barrière à la Démocratie, c'est la complexité.
  • 118:46 - 118:52
    Oui, c'est une barrière volontaire, je dirais. Je suis témoin pour avoir fait mes premiers pas dans la banque, à la bourse,
  • 118:52 - 118:57
    et avoir vu l'hermétisme derrière toutes les notions de la finance et de la bourse, parce-que ce n'est pas
  • 118:57 - 119:02
    accessible à tout un chacun, et qu'il y a d'énormes salaires et d'énormes enjeux à la clé.
  • 119:02 - 119:04
    Donc, la complexité ... "
  • 119:07 - 119:11
    " Justement, ce qu'il faut c'est que ceux qui écrivent ces règles, qui viennent du peuple, de la base,
  • 119:11 - 119:16
    ils doivent d'abord être INFORMES !"
Titre:
«L'État et les banques, les dessous d'un hold-up historique» par Myret Zaki et Etienne Chouard
Description:

NOUVEAU : VERSION "ENRICHIE" DE LA CONFÉRENCE / PREMIÈRE PARTIE DISPONIBLE ICI : http://www.youtube.com/watch?v=3AUbvQIdxy8

Nous cherchons des traducteurs (tout sauf anglais:)

La Fonderie Kugler présente deux conférences en partenariat avec le journal bimensuel La Cité (http://www.lacite.info/) - (http://www.usinekugler.ch/)

Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan, «L'État, otage du secteur financier»

Étienne Chouard, professeur d'Économie-Gestion à Marseille, chercheur indépendant, «Enjeux pour le peuple du contrôle public de l'État et de la banque».

Pour y accéder directement : http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&list=UUuqKwvlBmW_ZZoDbV89LBOA&v=TLjq25_ayWM#t=2105s

Modération par Fabio Lo Verso de La Cité

En complément à la conférence de Myret Zaki, un article qui revient sur les convives du dîner du 8 février 2010 : http://blogs.mediapart.fr/blog/netmamou/030112/un-diner-de-malfrats-pour-mettre-les-europeens-genoux

Un autre article sur les agences de notations : Qui se cache derrière Standard & Poor's : http://www.abadinte.com/2011/12/qui-se-cache-derrire-standard-poors/

En complément à la conférence d'Etienne Chouard, une analyse qui questionne l'importance de la "loi de 1973" : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/29/la-loi-pompidou-giscard-rothschild-votee-en-1973-empecherait-l-etat-de-battre-monnaie_1623299_3232.html

La réponse point par point d'Etienne Chouard : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/12/30/178-analyse-des-reflexions-de-monsieur-beitone-sur-la-pretendue-rumeur-d-extreme-droite-a-propos-de-la-loi-de-1973

Excellent résumé de la conférence en une page sur le blog planetisme : http://www.planetisme.net/2012/05/crises-economiques.html

Transcription écrite de la conférence réalisée par le blog creersamonnaie / (merci à eux:) http://creersamonnaie.over-blog.com/article-crise-financiere-grecque-origine-americaine-explications-francaises-96733594.html

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Langue de la vidéo:
English
Durée:
02:30:16

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