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← Everything is a Remix : partie 4

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  1. (Merci à iStockPhoto pour sa participation à cet épisode

  2. Allez les voir sur iStockPhoto.com)
  3. Allez les voir sur iStockPhoto.com)
  4. Nous avons pu retracer les gènes de nos corps
  5. jusqu'à un organisme né il y a 3,5 milliards d'années
  6. LUCA
  7. le Dernier Ancêtre Commun Universel.
  8. Tandis que Luca s'est reproduit,
    ses gènes se sont copiés, copiés
  9. copiés, copiés,...
  10. des fois avec des erreurs,
    ils se sont transformés.
  11. C'est ainsi que sont nées avec le temps
  12. les milliards d'espèces vivantes sur Terre.
  13. Certaines ont adopté la reproduction sexuée,
  14. combinant les gènes d'individus,
  15. les formes de vies les mieux adaptées
    ont prospéré ensemble.
  16. C'est l'évolution : Copier, transformer, combiner.
  17. La culture évolue par des méthodes similaires,
  18. sauf que les éléments ne sont pas des gènes,
    mais des mèmes
  19. idées, comportements et compétences.
  20. Les mèmes sont copiés, transformées et combinées.
  21. Et les idées dominantes de notre époque
  22. sont les mèmes qui prolifèrent le mieux.
  23. C'est l'évolution sociale.
  24. Copier, transformer et combiner.
  25. C'est comme ça que nous sommes, que nous vivons,
  26. et bien sûr, que nous créons.
  27. Nos nouvelles idées évoluent depuis de plus anciennes.
  28. Mais la nature dérivée de la créativité
  29. n'est pas reconnue par notre système juridique.
  30. À la place, les idées sont vues comme des propriétés,
  31. des éléments aussi uniques qu'originales
  32. aux frontières distinctes.
  33. Mais ce n'est pas ainsi que fonctionnent les idées.
  34. Elles sont superposées, imbriquées, emmêlées.
  35. Alors quand le système
  36. contredit la réalité...
  37. le système commence à tomber.
  38. Tout est remix
  39. 4ème épisode : Erreur système
  40. Durant pratiquement toute notre histoire,
  41. les idées étaient libres.
  42. Les œuvres de Shakespeare, Gutenberg,
  43. et Rembrandt pouvaient être librement copiées
  44. et servir de nouvelles bases.
  45. Mais la dominance croissante
    de l'économie de marché,
  46. où les fruits de nos travaux intellectuels
  47. sont achetés et vendus,
  48. a produit un effet de bord malheureux.
  49. Disons que quelqu'un crée
    une ampoule d'éclairage meilleure.
  50. Le prix de cette ampoule doit couvrir
  51. en plus du prix de fabrication,
  52. le coût d'avoir inventé
  53. ce nouvel objet.
  54. Maintenant, disons qu'une autre personne commence
  55. à fabriquer une copie concurrente.
  56. Le concurrent n'a pas besoin de rembourser
  57. ces coûts de développement
  58. alors sa version est forcément moins chère.
  59. Problème : les créations originales
  60. ne peuvent concurrencer le prix des copies.
  61. Aux États-Unis, l'introduction
  62. des copyrights et des brevets
  63. tentait de résoudre ce déséquilibre.
  64. Les copyrights couvraient les médias,
  65. les brevets couvraient les inventions.
  66. Les deux systèmes devaient encourager
  67. la création et la prolifération
  68. de nouvelles idées en proposant
    une période d'exclusivité
  69. brève et limitée, une période où personne d'autre
  70. ne peut copier votre travail.
  71. Cela donnait aux inventeurs une fenêtre de temps
  72. pour couvrir leurs investissements et faire un profit.
  73. Après ça, leur travail entre dans le domaine public,
  74. où il peut se diffuser largement
  75. et librement servir de nouvelles base.
  76. C'était le but originel :
  77. un domaine public solide,
  78. un réservoir d'idées, de produits,
  79. d'œuvres artistiques et de divertissements
    disponibles pour tous.
  80. L'idée originelle était dans le bien public
  81. qui puisse être utile à chacun.
  82. Mais avec le temps, l'influence du marché
  83. a transformé ce principe au-delà de la reconnaissance.
  84. Des penseurs influents proposèrent
  85. que les idées deviennent une forme de propriété,
  86. et cette conviction allait finalement devenir
  87. un nouveau terme : la propriété intellectuelle.
  88. Ce mème s'est largement répandu,
  89. en grande partie grace à une étrangeté
    dans la psychologie humaine :
  90. l'Aversion à la Perte.
  91. En termes simples : on déteste perdre ce que l'on a.
  92. Nous avons tendance à attribuer
    une valeur supérieure aux pertes
  93. plutôt qu'aux gains.
  94. Donc, les gains que nous faisons
  95. en copiant les travaux d'autres personnes
  96. ne semblent pas d'une grande importance,
  97. mais quand ce sont nos idées qui sont copiées,
  98. nous percevons alors une perte,
    et nous devenons possessif.
  99. Par exemple, Disney a fait un usage
  100. très large du domaine public.
  101. Des contes comme Blanche Neige, Pinnocchio,
  102. et Alice aux Pays des Merveilles
  103. furent puisées du domaine public.
  104. Mais quand le copyright des premiers films
  105. de Disney allait expirer,
  106. ils ont fait du lobbying pour que ce délai soit repoussé.
  107. L'artiste Shepard Fairey a fréquemment repris
  108. des œuvres existantes dans les siennes.
  109. Cette pratique fut démontrée quand
  110. il fut poursuivi par Associated Press
  111. pour son fameux poster Obama Hope
  112. utilisant une de leurs photos.
  113. Néanmoins, quand c'est sa propre imagerie
  114. qui est reprise dans une œuvre de Baxter Orr,
  115. Fairey l'a poursuivi.
  116. Encore récemment, Steve Jobs se vantait
  117. parfois qu'Apple avait maintes fois copié.
  118. « Nous n'avons pas eu de remords
  119. d'avoir volé d'excellentes idées. »
  120. Mais il a montré des rancunes tenaces
  121. envers ceux qui copiaient Apple.
  122. « Je vais détruire Android,
  123. parce que c'est un produit volé.
  124. Je lance une guerre themonucléaire contre eux. »
  125. Quand nous copions, nous justifions.
  126. Quand d'autres copient, nous les diabolisons.
  127. La plupart d'entre nous n'ont pas de problèmes sur la copie...
  128. tant que nous sommes ceux qui la perpétrons.
  129. Donc, d'un œil aveuglé de nos propre comportements,
  130. propulsé par la foi dans les marchés et la propriété,
  131. la propriété intellectuelle a grandi
  132. au-delà de ses objectifs d'origine
  133. avec une interprétation plus large des lois existantes,
  134. de nouvelles législations,
  135. de nouveaux domaines de compétences,
  136. et des profits alléchants.
  137. En 1981, George Harrison fut condamné
  138. de 1,5 million $ pour avoir
  139. “inconsciemment” copié le tube « He's so fine »
  140. dans sa ballade « My sweet lord ».
  141. Avant ça, bien des chansons sonnaient
  142. comme d'autres chansons
  143. sans que cela ne se termine au tribunal.
  144. Ray Charles créa le prototype de la soul music
  145. quand pour « I got a woman »,
  146. il se basa sur le gospel « It must be Jesus ».
  147. De là, durant les années 1990,
  148. une série de nouvelles lois sur le copyright
  149. et de nouvelles régulations
    commencèrent à être votées...
  150. ... et bien d'autres sont dans les tuyaux.
  151. Les plus ambitieuses dans leurs domaines
    sont les accords commerciaux.
  152. Parce qu'ils sont des traités, et non des lois,
  153. ils peuvent être négociés dans le secret,
  154. sans aucun droit de regard public,
    ni accord parlementaire.
  155. En 2011, ACTA fut signé par le président Obama,
  156. et l'Accord de Partenariat Trans-Pacifique (TPPA)
  157. actuellement rédigé en secret,
  158. vont amener un protectionnisme à l'Américaine
  159. encore plus restrictif à travers le monde.
  160. Bien sûr, quand les États-Unis eux-mêmes
  161. étaient une économie en développement,
    ils refusèrent les traités
  162. et n'accordaient aucune protection
    pour les auteurs étrangers.
  163. Charles Dickens s'en était offusqué
  164. sur l'industrie du piratage littéraire en Amérique,
  165. le nommant comme « une chose horrible que
  166. des éditeurs méprisables s'enrichissent ».
  167. La couverture des brevets fit le bond
  168. des inventions physiques aux virtuelles,
  169. et principalement, au logiciel.
  170. Mais ce ne fut pas une transition naturelle.
  171. Un brevet est un plan expliquant
  172. comment construire une invention.
  173. Les brevets logiciels sont plus une description vague
  174. sur ce que quelque chose devrait faire
  175. s'il devait être finalement développée.
  176. Les brevets logiciels sont écrit dans
  177. le langage le plus flou possible
  178. pour amener à la plus vaste application imaginable.
  179. Parfois, l'imprécision de ces termes
  180. tutoie les sommets de l'absurde.
  181. Par exemple : « machine fabricant de l'information »
  182. ce qui désigne tout ce qui peut être informatique, ou
  183. « objet matériel », ce qui défini n'importe quoi.
  184. Le flou des frontières des brevets logiciels a transformé
  185. l'industrie des smartphones en
    une gigantesque guerre picrocholine.
  186. 62% des procès actuels de violation de brevets concernent le logiciel.
  187. Les pertes sont estimées à 500 milliards de dollars.
  188. La croissance exponentielle
    de la propriété intellectuelle
  189. a introduit de nouvelles possibilités
  190. de poursuites opportunistes, attaquer pour faire du fric.
  191. Deux nouvelles espèces ont évolué
  192. dont le principe commercial est l'attaque en justice :
  193. sample trolls et patent trolls.
  194. Des entreprises qui ne produisent absolument rien.
  195. Ils rachètent des paquets de droits intellectuels,
  196. puis attaquent pour en faire un profit.
  197. Et parce que la défense juridique coûte
  198. quelques centaines de milliers de dollars
    dans les dossiers de copyrights
  199. et des millions en brevets,
  200. leurs cibles sont en général fortement motivées
  201. à abandonner et régler à l'amiable.
  202. La plus connue de ces sample trolls
  203. est Bridgeport Music
  204. qui a porté des milliers de plaintes.
  205. En 2005, ils ont gagné un jugement
  206. décisif sur cet extrait de 2 secondes.
  207. C'est tout.
    Et non seulement l'extrait était court,
  208. il est quasiment inreconnaissable.
  209. NWA « A 100 miles and runnin' »
  210. Le verdict a rendu tout type de sample,
  211. peu importe sa longueur, illégal.
  212. Les collages musicaux complexes
  213. de l'âge d'or du hip-hop
  214. sont désormais incroyablement chers à créer.
  215. Maintenant, les patent troll rôdent
  216. dans les royaumes troublés du logiciel.
  217. Et le cas le plus inexplicable
  218. est peut-être celui de Paul Allen.
  219. C'est l'un des fondateurs de Microsoft,
  220. il est milliardaire,
  221. c'est un philanthrope estimé
  222. qui s'est engagé à céder une bonne partie
    de sa fortune personnelle.
  223. Le voilà qu'il revendique que
    des fonctionnalités basiques du web
  224. comme les liens relatifs,
    les alertes, les suggestions,
  225. furent inventés par sa société éteinte depuis un bail.
  226. Donc, l'autoproclamé « Homme à idées »
  227. attaque en 2010 quasiment toute la Silicon Valley.
  228. Et il ne fait pas ça par manque
    de reconnaissance ou d'argent.
  229. Donc, pour résumer, la situation ressemble à ceci.
  230. Nous croyons que les idées sont des propriétés
  231. et nous sommes possessifs à l'excès
  232. quand nous ressentons qu'une propriété nous revient.
  233. Nos lois sont indulgentes envers cette tendance
  234. avec des protections encore plus restrictives
  235. et des profits immenses.
  236. Alors que les très importants frais légaux
  237. découragent les parties attaquées à se défendre,
  238. abandonnant le procès pour un règlement à l’amiable.
  239. C'est un scénario décourageant
  240. qui nous mène à cette question :
    Et maintenant ?
  241. La foi en la propriété intellectuelle
  242. est devenue tellement dominante
  243. qu'elle a transformé l'intention originelle
    des copyrights et brevets
  244. hors de l'intérêt du public.
  245. Pourtant, cet intention originale
  246. nous est toujours écrite en grand.
  247. La loi de 1790 instituant le copyright est sous-titrée :
  248. « Une Loi pour encourager l'enseignement ».
  249. La loi sur les Brevets
  250. « pour promouvoir le progrès des Arts utiles ».
  251. Les droits exclusifs que ces lois ont introduit
  252. étaient un compromis pour un usage plus important.
  253. L'intention était d'améliorer la vie de chacun
  254. en incitant à la créativité
  255. et produire un domaine public foisonnant,
  256. un fonds commun de connaissance, ouvert à tous.
  257. Mais ces droits exclusifs virent
  258. à être considérés à un point
  259. qu'ils devirent plus importants et étendus.
  260. Le résultat final n'a pas été
  261. plus de progrès ou d'apprentissage,
  262. mais plus de querelles et d'abus.
  263. Nous vivons une époque aux problèmes redoutables.
  264. Nous avons besoin des meilleures idées possibles,
  265. maintenant, et qu'elles se diffusent vite.
  266. Le bien commun est un mème
  267. qui s'est fait étouffer par la propriété intellectuelle.
  268. il a besoin d'être à nouveau diffusé.
  269. Si le mème prospère,
  270. nos lois, nos règles, notre société
  271. seront transformées.
  272. C'est l'évolution sociale
  273. et elle n'appartient ni à nos gouvernements
  274. ou compagnies ou avocats...
  275. elle est à nous.