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F2C2012: Eben Moglen keynote - "Innovation under Austerity"

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    J'ai demandé à Doc Shearis et Isaac Wilder de venir s'asseoir avec Eben et continuer cette discussion.
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    Eben Moglen. Merci.
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    Merci, c'est un plaisir d'être ici, et de voir tant d'amis.
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    Je suis très reconnaissant à David pour l'invitation. C'est un privilège d'être ici.
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    Je vais parler d'un sujet presque aussi geek
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    que ce dont nous parlons tous tout le temps, c'est à dire de politique économique.
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    Je vais essayer d'en parler d'une manière moins ennuyeuse que ce à quoi on est habitué,
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    mais vous me pardonnerez, j'en suis sûr, de commencer si loin de OpenSSL.
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    nous nous en rapprocherons au fur et à mesure.
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    Les économies développées dans le monde, toutes maintenant,
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    commencent à connaître un même état de crise, très déprimant.
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    Elles sont obligées d'imposer l'austérité car les niveaux d'endettement privé ont bousillé l'économie,
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    et l'acharnement des détenteurs de capitaux à prendre de gros risques avec l'argent des autres
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    a fini en désastre, ces dernières années.
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    L'austérité en est un résultat politiquement néfaste pour tous les gouvernements du monde développé,
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    dont certains sont déjà pris dans une spirale infernale
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    qui consiste à réduire les subventions publiques et les mesures sociales pour les jeunes,
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    freinant ainsi la croissance économique, ce qui est contraire à l'effet désiré.
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    Au lieu de supprimer de mauvaises dettes et de reprendre la croissance,
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    nous sommes les spectateurs d'un théâtre où la troisième économie du monde, l'Union européenne,
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    se trouve proche de voir un effondrement de sa monnaie et une génération perdue,
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    ce qui aurait des conséquences néfastes sur toute l'économie mondiale.
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    Pour les décideurs politiques...
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    je vois que peu d'entre eux sont là aujourd'hui. Ils ont bien sûr mieux à faire que de nous écouter.
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    Les politiques, donc, font face à un problème insurmontable :
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    comment obtenir de l'innovation et de la croissance sous l'austérité ?
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    Ils ne connaissent pas la réponse à cette question,
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    et cela devient si urgent que cela commence à miner leur contrôle politique.
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    Des partis marginaux dans plusieurs sociétés très développées et pourtant bien réfléchies,
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    commencent à attirer de nombreux suffrages, menaçant ainsi la stabilité
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    et, par là, la capacité des décideurs économiques à résoudre, ou essayer de résoudre,
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    le problème de l'innovation sous l'austérité.
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    Ceci n'est pas une bonne nouvelle.
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    Ce n'est bon pour personne.
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    Nous ne pouvons nous réjouir de cet état de fait, qui est largement le résultat
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    de l'incompétence de gens prétendant mériter tout cet argent au nom de leur intelligence.
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    C'est en partie la conséquence d'une lâcheté des politiciens qui leur ont trop lâché la bride.
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    Ce n'est pas que nous soyons ravis de voir cela arriver, mais il y a un bon côté.
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    Il y a peu de personnes dans le monde qui savent comment créer de l'innovation sous l'austérité.
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    Et nous sommes ces personnes.
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    Nous avons produit de l'innovation sous l'austérité pendant la dernière génération,
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    et non seulement nos innovations sont plutôt bonnes,
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    mais ce sont nos innovations dont tous les gens riches et malins se sont attribué le crédit.
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    L'essentiel de la croissance, sur cette période de fous furieux
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    où ils ont pris l'argent des autres pour aller la jouer au casino,
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    vient de l'innovation que nous avons produite pour eux.
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    Donc maintenant, en dépit des circonstances désastreuses que nous regrettons nous aussi,
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    car le chômage est celui de mes étudiants qui terminent leurs études, de vos enfants,
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    de tous ces jeunes dont la vie sera abîmée pour de vrai par la mauvaise situation économique actuelle.
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    Les gens qui commencent leur carrière maintenant souffriront de baisses de salaire pendant leur vie.
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    Leurs enfants auront un moins bon départ dans la vie à cause de ce qui arrive maintenant.
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    On ne peut pas s'en réjouir.
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    Mais nous avons une opportunité politique très réelle,
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    car nous avons la réponse à la question
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    la plus importante, celle qui fait courir tous les décideurs politiques de nos pays aujourd'hui.
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    Nous avons quelque chose de très important à dire,
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    et je viens ici pour amorcer la discussion sur la manière dont on devrait le formuler.
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    Je veux présenter une première ébauche fonctionnelle de notre argumentaire,
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    je dis « notre » car je nous vois ici ce matin.
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    Notre argumentaire sur les moyens de sortir le monde de ce bourbier.
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    On ne crée pas d'innovation sous l'austérité
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    en collectant des tas d'argent pour payer des intermédiaires.
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    Un aspect majeur de l'économie politique du 21e siècle
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    est que le processus appelé désintermédiation
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    est impitoyable, constant, et sans répit.
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    La télévision est en train de mourir.
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    Je ne vous apprends rien.
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    Plus personne n'essayera jamais de créer une encyclopédie commerciale.
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    Le système foireux d'Amazon, qui nous vend des livres pour les reprendre ensuite,
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    transforme l'édition en éliminant le pouvoir de sélection des éditeurs,
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    tout comme M. Jobs a presque détruit toute l'industrie musicale en prétendant la sauver.
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    Une tâche que son fantôme est déjà repris à l'encontre des éditeurs de magasines...
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    La désintermédiation, cette migration du pouvoir du centre vers les extrémités du net,
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    est un fait crucial en économie politique au 21e siècle.
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    Elle se démontre à chaque instant.
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    Quelqu'un va gagner un prix Nobel en économie pour la description formelle de la désintermédiation.
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    Les intermédiaires qui s'en sont bien sortis ces dix dernières années se limitent à deux groupes :
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    les assurances santé aux États-Unis, grâce à une politique pathologique, et la finance.
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    Les assureurs de santé pourraient réussir à rester des intermédiaires onéreux et peu fiables
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    pour encore un peu de temps, en capitalisant sur cette pathologie poitique.
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    Mais la finance a scié sa branche, et se dégonfle maintenant, et va continuer de se dégonfler.
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    En conséquence, comme les décideurs politiques l'observent à travers le système économique,
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    la réalité du fait que la désintermédiation arrive et qu'on ne peut l'arrêter
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    devient un repère pour la définition des politiques industrielles nationales.
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    Donc nous devons affirmer que c'est vrai pour l'innovation aussi.
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    La plus grande invention technologique de la fin du 20e siècle est cette toile mondiale appelée le Web,
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    une invention âgée de moins de huit mille jours,
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    qui transforme déjà la société humaine à une vitesse sans précédent depuis l'écriture.
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    Et cela ne fait que commencer.
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    Ce processus innovant alimente la désintermédiation, en permettant toutes sortes
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    de contacts humains sans intermédiaires, sans acheteurs, vendeurs, agents ou contrôleurs,
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    et offre un espace dans lequel se dérouie une guerre pour le pouvoir et le contrôle social --
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    un sujet auquel je reviendrai dans quelques minutes.
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    Pour l'instant, je veux attirer l'attention sur ce fait capital :
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    Le Web lui-même est le résultat d'une innovation sans intermédiaires.
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    Ce que Tim a initié au CERN n'était pas le Web que l'on connaît maintenant.
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    le Web que l'on connaît est dû à une multitude d'individus collaborant sans intermédiaires.
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    Je me rappelle ce que j'ai écris sur le futur des pages personnelles en 1995,
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    et je vois en gros ça arriver.
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    J'avais vu ces premières pages comme les jeunes pousses d'une prairie à venir... et ce fut le cas.
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    Et bien sûr, comme avec toute innovation, il y eut des conséquences inattendues.
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    Le navigateur rendit le Web très facile à lire.
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    Bien qu'on ait conçu Apache et les navigateurs,
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    et bien qu'on ait bâti un tas de choses par dessus Apache et les navigateurs,
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    on a oublié de rendre le Web facile à écrire.
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    C'est une petite frappe en pull à capuche qui a rendu le Web facile à écrire,
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    et créa une faille dans la civilisation humaine, en se replaçant en intermédiaire.
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    [rires étouffés]
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    Cette attaque sur la société fut la source de maints maux sociaux actuels.
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    C'est ce genre d'innovation avec intermédiaire qui devrait nous inquiéter.
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    On a rendu tout possible, y compris malheureusement PHP,
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    et puis des intermédiaires de l'innovation l'ont transformé en l'horreur qu'est Facebook.
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    Cela ne s'avérera pas être une forme d'innovation socialement très positive,
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    comme on peut déjà le voir en bourse.
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    Elle va enrichir quelques personnes:
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    le gouvernement d'Abu Dhabi,
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    un gangster russe déjà milliardaire,
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    un type impatient d'échaper aux impôts pour ne plus financer les écoles publiques,
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    et quelques autres reliques du 20e siècle.
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    Mais la morale de l'histoire,
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    c'est que si on avait eu un peu plus d'innovation sans intermédiaires,
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    si on avait rendu facile d'opérer son propre serveur Web à domicile,
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    si on avait tout de suite expliqué aux gens l'importance des journaux serveurs,
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    et pourquoi ils ne devraient laisser personne les tenir pour eux,
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    nous serions dans une situation très différente maintenant.
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    Le prochain Facebook ne devrait jamais exister.
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    C'est de l'innovation d'intermédiaire qui sert les besoins des financiers, pas ceux des gens.
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    Ce qui ne veut pas dire que les réseaux sociaux ne devraient pas exister,
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    mais ils ne devraient pas être conçus autours d'une telle "attaque d'homme du milieu".
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    Tout le monde ici le sait. La question est de savoir comment on l'explique au reste du monde.
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    Et c'est en particulier des décideurs politiques que je veux parler maintenant :
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    Comment on leur explique ?
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    Divisons cette discussion en deux points :
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    1°. Que sait-on sur la manière d'obtenir de l'innovation sous l'austérité ?
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    2°. qu'est-ce qui empêche les gouvernements de nous rejoindre là-dessus ?
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    Je viens donc vous présenter l'ébauche d'un plaidoyer pour l'innovation sous l'austérité.
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    Il s'intitule « Nous avons créé le Cloud. »
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    Vous voyez ce que ça veut dire.
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    L'évolution mondiale actuelle des technologiees de l'information
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    est l'application à grande échelle de notre travail à la fin du 20e siècle.
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    Nous avons imaginé de se partager les systèmes d'exploitation et les logiciels tournant dessus,
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    et nous l'avons fait en utilisant la curiosité des jeunes.
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    C'était ça le moteur, et non des capitaux à risque.
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    Nous y travaillions depuis 15 ans, et nos machins tournaient déjà partout,
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    avant que les capitaux boursiers ou ceux accumulés par les géants de l'informatique ne nous approchent.
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    Ils ne sont pas venus à nous parce que l'innovation devait se faire,
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    mais parce que l'innovation avait déjà eu lieu
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    et qu'ils en convoitaient les profits.
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    Ce fut un tournant tout-à-fait positif, et je n'ai rien à y redire.
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    Mais l'histoire que nous avons vécue et que d'autres maintenant peuvent étudier
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    montrera comment l'innovation s'est produite sous l'austérité.
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    C'est très bien de dire que c'est arrivé grâce à la curiosité des jeunes,
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    c'est historiquement correct.
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    Mais il y a d'autres choses à dire.
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    Ce que l'on a besoin d'exprimer, c'est que la curiosité des jeunes a pu être éveilée
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    car chaque ordinateur et appareil de leur vie quotidienne pouvait être bidouillés.
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    Et donc les jeunes pouvaient s'amuser à hacker ce que tout le monde utilisait.
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    Cela a rendu l'innovation possible là où elle pouvait se produire, sans entrave,
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    c'est-à-dire à la base de la pyramide économique.
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    Ceci se passe aujourd'hui ailleurs dans le monde, comme aux USA dans les années 80.
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    Des centaines de milliers de jeunes dans le monde qui bidouillent des ordinateurs portables,
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    qui hackent des serveurs,
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    qui hackent leur matériel quotidien en poursuivant leurs lubies --
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    fussent-elles techniques, sociales, carriéristes, ou simplemennt ludiques :
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    « J'ai envie de faire ça, ce serait cool. »
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    C'est ça la source première de l'innovation qui a poussé la croissance écnomique mondiale
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    ces dix dernières années. Toute la croissance :
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    des milliers de millards de dollars en commerce électronique.
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    Ceux d'entre vous qui sont assez vieux se souviennent
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    de l'acharnement du gouvernement US à interdire le chiffrement,
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    empêchant ainsi l'ouverture d'un marché mondial
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    d'une valeur de 3800 milliards de dollars en commerce électronique.
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    Nous étions taxés de partisans du terrorisme et de la pédophilie, au début des années 90
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    et pourtant, tout l'argent qu'ils ont gagné depuis,
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    en dons pour leurs campagnes, en dividendes et j'en passe,
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    c'est grâce à la mondialisation du commerce rendue possible
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    par la technologie pour le développement de laquelle ils voulaient envoyer nos clients en prison.
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    Ceci démontre bien, je pense, à la nouvelle génération de décideurs politiques
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    à quel point leur adhérence à des idées reçues
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    de nous enfoncer dans cette spirale infernale qu'ils craignent tant.
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    Cela doit nous encourager à souligner encore que le chemin de l'innovation,
  • 17:51 - 17:56
    c'est de laisser s'épanouir la créativité des jeunes
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    dans un cadre leur permettant de bidouiller le monde réel et d'en partager les résultats.
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    Quand Richard Stallman a rédigé l'appel pour une encyclopédie universelle,
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    (lui, Jimmy Wales et moi-même étions bien plus jeunes alors)
  • 18:15 - 18:17
    c'était considéré comme une idée fantaisiste.
  • 18:18 - 18:23
    Elle a pourtant transformé la vie de toute personne sachant lire dans le monde.
  • 18:25 - 18:27
    Et ça va continuer ainsi.
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    La nature de l'innovation due à Creative Commons,
  • 18:34 - 18:36
    au mouvement du Logiciel Libre,
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    à la Culture Libre,
  • 18:38 - 18:41
    ce qui transparaît dans le Web et dans Wikipedia,
  • 18:42 - 18:46
    dans tous les systèmes d'exploitation libres qui font maintenant tout tourner,
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    y compris les produits bâtards et fermés d'Apple que je vois partout dans de cette pièce.
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    Toute cette innovation vient du simple fait d'avoir laissé le champ libre aux gamins pour s'amuser,
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    ce que, comme vous le savez, on essaye à toute force d'empêcher complètement aujourd'hui.
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    De plus en plus, les appareils individuels quotidiens
  • 19:17 - 19:21
    sont conçus pour empêcher tout bidouillage.
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    Chaque enfant a dans sa poche un laboratoire d'informatique désormais fermé.
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    Quand, vers 2006, on a entamé les négociations de la GPL3 visant à prévenir cette fermeture,
  • 19:38 - 19:45
    certains ont cru que le but premier de M. Stallman et moi-même
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    était d'empêcher le blocage d'appareils afin de permettre le piratage des films.
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    Comme nous l'avons répété, nous combattons pour du logiciel libre,
  • 19:59 - 20:01
    pas des films libres.
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    Notre souci est de protéger le droit des gens à trafiquer ce qui leur appartient.
  • 20:08 - 20:15
    Parce que si vous les empêchez de faire ça,
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    vous détruirez le moteur d'innovation dont tout le monde profite.
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    Ceci reste vrai.
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    Et c'est plus important aujourd'hui, précisément parce que très peu croyaient alors,
  • 20:35 - 20:38
    et n'ont pas pris la peine de défendre ce point de vue,
  • 20:40 - 20:48
    et maintenant, du coup, on a Microsoft qui veut interdire les navigateurs tiers
  • 20:49 - 20:51
    sur les appareils Windows RT,
  • 20:51 - 20:57
    le fantôme de M. Jobs qui essaie d'empêcher une suite libre d'exister pour iOS,
  • 20:58 - 21:03
    et des opérateurs réseau qui tentent, à terme,
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    d'attacher chaque jeune humain à un réseau propriétaire avec des terminaux verrouillés,
  • 21:11 - 21:17
    qu'il ne peut ni étudier, ni comprendre, ni bricoler, et desquels il ne peut ni apprendre,
  • 21:17 - 21:26
    ni rien faire qu'envoyer des textos qui coûtent un millions de fois ce qu'ils ne devraient.
  • 21:29 - 21:34
    Et la plupart de la soi-disant innovation dans notre secteur consiste maintenant
  • 21:34 - 21:41
    à améliorer la vie des opérateurs réseau, qui n'améliorent en rien celle des utilisateurs.
  • 21:43 - 21:46
    L'innovation en télécommunications a mondialement cessé.
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    Elle ne reprendra pas tant qu'il sera impossible de tirer profit des formes d'innovation
  • 22:02 - 22:05
    compatibles avec l'austérité. Cela a une deuxième conséquence importante:
  • 22:06 - 22:10
    L'innovation sous l'austérité est avant tout due
  • 22:11 - 22:19
    à ce que les jeunes utilisent leur curiosité pour améliorer leur quotidien.
  • 22:20 - 22:25
    La conséquence en est que la population devient mieux instruite.
  • 22:28 - 22:33
    La désintermédiation commence à arriver dans l'enseignement supérieur aux États-Unis,
  • 22:33 - 22:37
    ce qui veut dire qu'elle commence à arriver dans le monde entier.
  • 22:37 - 22:39
    On a actuellement deux modèles :
  • 22:40 - 22:48
    Coursera est essentiellement la google-isation de l'enseignement supérieur, une dérive mercantile
  • 22:49 - 22:53
    de Stanford, utilisant des logiciels fermés et des ressources éducatives propriétaires.
  • 22:54 - 23:02
    MITx, devenu edX par une aliance avec Harvard,
  • 23:02 - 23:04
    est en gros la réponse du monde libre :
  • 23:05 - 23:09
    des programmes similaires mais évolutifs pour l'éducation supérieure,
  • 23:09 - 23:14
    fournis à travers du logiciel libre, basés sur des ressources éducatives libres.
  • 23:14 - 23:19
    L'enjeu de cette concurrence est énorme.
  • 23:20 - 23:25
    Il nous faut soutenir de toutes nos forces les solutions
  • 23:25 - 23:34
    qui reposent sur un programme libre utilisable, que chacun peut utilisr, modifier et redistribuer,
  • 23:34 - 23:39
    ainsi que toute ressource éducative basée sur la même économie politique.
  • 23:40 - 23:45
    Toute société espérant reprendre l'innovation
  • 23:45 - 23:53
    pour raviver sa croissance économique sous l'austérité a besoin
  • 23:53 - 23:57
    de plus d'éducation, plus accessible et moins chère,
  • 23:57 - 24:04
    et qui forme les jeunes à contribuer plus efficacement à leur société.
  • 24:05 - 24:13
    Les formes d'apprentissage social que nous avons expérimentées sont indispensables à cela.
  • 24:14 - 24:21
    Nous prétendons depuis toujours que le logiciel libre est le modèle éducatif le plus abouti au monde.
  • 24:21 - 24:29
    Il permet à quiconque sur la planète de tirer le meilleur d'un ordinateur,
  • 24:29 - 24:38
    par la lecture libre, l'expérimentation et le partage de ses résultats.
  • 24:38 - 24:40
    Cela seul fait de l'informatique une vraie science :
  • 24:41 - 24:49
    Des expériences, des hypothèses, encore des expériences... Tout ça contribue au savoir humain.
  • 24:50 - 24:55
    Il fallait étendre ce principe à d'autres domaines de la culture,
  • 24:55 - 25:01
    et des pionniers comme Jimmy Wales et Larry Lessig ont posé les bases nécessaire.
  • 25:02 - 25:07
    Il faut maintenant faire comprendre aux gouvernements comment continuer.
  • 25:10 - 25:15
    Le Comité Directeur sur les Médias et la Société de l'Information de la Commission Européenne
  • 25:16 - 25:22
    a publié un rapport il y 18 mois, dans lequel ils disent pouvoir scanner
  • 25:23 - 25:26
    1/6e du contenu de toutes les bibliothèques européennes
  • 25:27 - 25:33
    pour le coût de 100km de route.
  • 25:33 - 25:38
    Donc pour 600km de route, dans une économie qui en construit des milliers par an,
  • 25:38 - 25:45
    chaque livre en bibliothèque pourrait être disponible à l'humanité entière.
  • 25:45 - 25:49
    Il faut le faire.
    [quelqu'un crie: "Copyright!"]
  • 25:49 - 25:57
    Avant de crier « copyright », rappelez vous que la plupart de ces livres sont dans le domaine publique.
  • 26:00 - 26:07
    Rappelez-vous que la majorité du savoir humain n'est pas récente,
  • 26:07 - 26:10
    avant que de crier au droit d'auteur !
  • 26:12 - 26:23
    Il faut aller vers un monde où tout savoir préalable à notre naissance soit universellement accessible.
  • 26:23 - 26:30
    Sinon on freinera l'innovation indispensable à la reprise.
  • 26:30 - 26:33
    C'est un pré-requis sociétal.
  • 26:34 - 26:37
    Le système du droit d'auteur n'est pas immuable,
  • 26:38 - 26:41
    ce n'est qu'une commodité.
  • 26:42 - 26:47
    Nous n'avons pas à commettre de suicide culturel ni intellectuel,
  • 26:47 - 26:53
    juste pour maintenir un système qui ne s'applique qu'à une minorité
  • 26:53 - 26:58
    du savoir humain dans la plupart des disciplines.
  • 26:59 - 27:02
    Personne ne détient les droits sur Platon.
  • 27:04 - 27:12
    Donc, nous nous demandons à quoi va ressembler l'éducation du 21e siècle,
  • 27:13 - 27:19
    et comment distribuer la connaissance.
  • 27:19 - 27:21
    J'ai une question pour vous.
  • 27:21 - 27:26
    De tous les Einstein ayant jamais vécu, combien ont pu apprendre la physique ?
  • 27:27 - 27:29
    Une poignée seulement.
  • 27:30 - 27:34
    Combien de Shakespeares sont morts sans avoir pu apprendre à écrire ?
  • 27:35 - 27:37
    Presque tous.
  • 27:38 - 27:41
    Des 7 milliards d'habitants du monde, 3 milliards sont des enfants.
  • 27:42 - 27:44
    Combien d'Einsteins voulez-vous gaspiller aujourd'hui ?
  • 27:46 - 27:49
    L'universalisation de l'accès au savoir est notre plus grand atout
  • 27:49 - 27:56
    pour augmenter l'innovation et le bien-être de tous les Humains sur Terre.
  • 27:56 - 28:04
    Défendons ceci, sans nous laisser impressionner par le droit d'auteur !
  • 28:07 - 28:10
    Donc nous nous intéressons maintenant à la conséquence de second ordre,
  • 28:11 - 28:15
    de ce qu'on comprend sur comment susciter l'innovation sous l'austérité.
  • 28:15 - 28:21
    Améiorer l'accès aux outils qui permettent d'apprendre, adapter la technologie pour permettre
  • 28:22 - 28:30
    aux scientifiques de moins de 20 ans de mener des expériences et d'en partager les résultats,
  • 28:31 - 28:38
    permettre la continuité de la croissance de l'univers des technologies de l'information
  • 28:39 - 28:43
    que nous avons créé par le partage, sur le dernier quart de siècle écoulé,
  • 28:44 - 28:52
    et on pourrait connaître le plus haut taux d'innovation atteignable,
  • 28:52 - 28:59
    et ce malgré la baisse massive des investissements dans le social due à l'austérité.
  • 29:01 - 29:07
    Nous permettrions également aux jeunes de prendre davantage en main
  • 29:07 - 29:09
    leur destin économique et professionnel,
  • 29:10 - 29:16
    ce qui sera une condition indispensable à la stabilité politique et sociale pour la génération à venir.
  • 29:17 - 29:19
    Personne ne devrait se bercer d'illusions
  • 29:20 - 29:28
    sur l'avenir de la croissance sociale dans des sociétés où 50% des personnes de moins de 30 ans sont sans emploi.
  • 29:30 - 29:35
    On ne peut rien résoudre en leur donnant du travail à la chaîne dans l'industrie automobile.
  • 29:36 - 29:37
    Tout le monde le voit bien.
  • 29:38 - 29:44
    Les gouvernements ne savent plus quoi faire, et ne semblent même plus essayer.
  • 29:45 - 29:51
    Cela explique la rapidité avec laquelle, dans les régimes à représentation proportionnelle,
  • 29:51 - 29:55
    les jeunes de désintéressent des partis politiques traditionnels.
  • 29:56 - 30:03
    Quand les Pirates prennent 8,3% des voix dans le Schleswig-Holstein,
  • 30:04 - 30:11
    il est déjà clair que les jeunes réalisent que les décisions politiques des partis traditionnels
  • 30:11 - 30:16
    ne vont pas porter sur leur futur bien-être économique.
  • 30:17 - 30:25
    Et nous devons écouter, de manière démocratique, ce grand nombre de jeunes gens dans le monde
  • 30:25 - 30:29
    qui insistent sur les libertés numériques et la fin de la surveillance et du contrôle
  • 30:29 - 30:35
    comme nécessités à leur bien-être et à leur capacité à créer et à vivre.
  • 30:36 - 30:43
    La désintermédiation signifie un contact plus direct avec les prestataires de services
  • 30:43 - 30:46
    dans tous les secteurs l'économie.
  • 30:46 - 30:53
    Cela veut dire plus d'emploi en dehors des hiérarchies, et moins d'emploi au sein des hiérarchies.
  • 30:54 - 30:59
    Les jeunes dans le monde, qu'ils soient mes étudiants en droit,
  • 30:59 - 31:02
    des ingénieurs informatiques qui vont débuter leur carrière,
  • 31:02 - 31:06
    ou des artistes, des musiciens, des photographes, ont besoin de plus de liberté sur le net
  • 31:06 - 31:15
    et de plus d'outils avec lesqueles créer des plateformes innovantes de services pour eux-mêmes.
  • 31:16 - 31:23
    C'est un défi que leurs ainés n'auraient pas relevé avec succès en 1955, mais nous sommes
  • 31:23 - 31:31
    une nouvelle génération d'êtres humains qui travaillent dans de nouvelles conditions, et les règles ont changé.
  • 31:32 - 31:38
    Ils savent que les règles ont changé. Les indignés, dans tous les parcs d'Espagne, savent que les règles ont changé.
  • 31:40 - 31:42
    Ce sont leurs gouvernments qui ne le savent pas.
  • 31:46 - 31:53
    Cela nous ramène, je l'admets, à la question de l'anonymat, ou plutôt de l'autonomie personelle.
  • 31:54 - 31:58
    Un des éléments vraiment problématiques pour enseigner aux jeunes,
  • 31:58 - 32:02
    du moins les jeunes auxquels j'enseigne, sur la vie privée,
  • 32:02 - 32:07
    c'est qu'on utilise l'expression « vie privée » pour signifier plusieurs choses assez distinctes.
  • 32:09 - 32:12
    Vie privée signifie parfois secret.
  • 32:12 - 32:19
    C'est à dire que le contenu d'un message est secret pour tout le monde, sauf pour son créateur et son destinataire.
  • 32:20 - 32:23
    Vie privée signifie parfois anonymat.
  • 32:23 - 32:31
    Ca signifie que les messages ne sont pas secrets, mais que les lieux d'émission et de réception le sont.
  • 32:33 - 32:38
    Et il y a un troisième aspect à la vie privée, que, dans mes cours, j'appelle l'autonomie.
  • 32:39 - 32:44
    C'est la chance de vivre une vie dans laquelle les décisions que vous prenez ne sont pas influencées
  • 32:44 - 32:51
    par l'accès des autres à vos communications privées.
  • 32:54 - 33:00
    Il y a une raison pour laquelle les villes ont toujours été des moteurs de croissance économique.
  • 33:02 - 33:05
    Ce n'est pas parce que les banquiers y vivent.
  • 33:06 - 33:10
    Les banquiers y vivent car les villes sont des moteurs de croissance économique.
  • 33:11 - 33:16
    La raison pour laquelle les villes ont été des moteurs de croissance économique depuis l'antiquité,
  • 33:17 - 33:22
    est que les jeunes s'y rendent pour inventer de nouvelles manières de vivre,
  • 33:23 - 33:30
    en prenant avantage du fait que la ville est un lieu où vous échappez à la surveillance villageoise,
  • 33:31 - 33:34
    et au contrôle social de la ferme.
  • 33:35 - 33:39
    « Comment est-ce que vous allez les retenir à la ferme une fois qu'ils auront vu Paris ? » était
  • 33:39 - 33:47
    une question censée en 1919, et elle était tout aussi pertinent au 20e siècle aux États-Unis.
  • 33:49 - 33:54
    La ville fut, dans l'histoire, le moyen d'accès à l'anonymat
  • 33:54 - 34:00
    et à la capacité de tester, de façon autonome, des manières de vivre.
  • 34:01 - 34:02
    Nous en fermons les portes aujourd'hui.
  • 34:07 - 34:08
    Il y a quelques années,
  • 34:09 - 34:15
    c'est à dire au début de 1995, nous eûmes un débat à Harvard sur la clé de chiffrement publique,
  • 34:16 - 34:17
    à deux contre deux.
  • 34:18 - 34:22
    Dans un camp se trouvait Jamie Gorelick, alors secrétaire d'état à la justice aux États-Unis,
  • 34:22 - 34:24
    et Stewart Baker, toujours employé à Steptoe & Johnson
  • 34:24 - 34:30
    quand il n'est pas occupé à mener une politique sociale désastreuse au gouvernement américain.
  • 34:32 - 34:35
    Je me trouvait en face au côté de Danny Weitzner, aujourd'hui à la Maison Blanche.
  • 34:36 - 34:42
    Et nous avons passé l'après-midi à discuter de s'il fallait confier nos clés au gouvernement,
  • 34:42 - 34:44
    si la puce Clipper pouvait fonctionner,
  • 34:44 - 34:48
    et de plein d'autres sujets très intéressants
  • 34:48 - 34:50
    aujourd'hui aussi obsolètes que Babylone.
  • 34:52 - 34:56
    Après ça, on a traversé le campus pour aller dîner,
  • 34:56 - 34:59
    et sur le chemin, Jamie Gorelick m'a dit :
  • 34:59 - 35:03
    « Eben, sur la seule base des propos que tu as tenu en public cet après-midi,
  • 35:03 - 35:07
    j'ai de quoi ordonner l'écoute de tes conversations téléphoniques. »
  • 35:08 - 35:10
    En 1995, c'était une blague.
  • 35:11 - 35:16
    Une blague de mauvais goût dans la bouche d'un fonctionnaire du Ministère de la Justice américain,
  • 35:16 - 35:17
    mais néanmoins une blague,
  • 35:17 - 35:21
    et on a bien rigolé car tout le monde savait qu'il ne pouvaient pas le faire.
  • 35:23 - 35:24
    Donc nous avons mangé notre dîner,
  • 35:25 - 35:30
    et quand la table fut débarassée et le porto bu,
  • 35:31 - 35:34
    Stewart Baker m'a regardé et me dit :
  • 35:34 - 35:36
    « Ok, on va se détendre un peu...
  • 35:36 - 35:38
    On ne va pas poursuivre votre client, M. Zimmermann.
  • 35:39 - 35:41
    On a passé des décennies à se battre contre les clés de chiffrement publiques,
  • 35:42 - 35:47
    et ça a plutôt bien marché, mais on va devoir arrêter bientôt.
  • 35:47 - 35:51
    On va laisser la chose se faire. »
  • 35:52 - 35:54
    Et puis il regarda autour de la table, et il ajouta :
  • 35:55 - 35:58
    « Mais qui ici se soucie de l'anonymat ? ».
  • 35:59 - 36:01
    Et je fus pris d'un frisson.
  • 36:02 - 36:04
    Et je pensai : « Ok, Stewart, je vois où ça va...
  • 36:05 - 36:09
    Tu vas accepter le chiffrement à clé publique car les banquiers en auront besoin.
  • 36:09 - 36:14
    Et tu vas consacrer tes 20 prochaines années à priver à jamais les gens de leur anonymat,
  • 36:14 - 36:17
    et je vais consacrer mes 20 prochaines années à tout faire pour t'en empêcher. »
  • 36:18 - 36:24
    Je dois dire que, jusqu'ici, mon ami M. Baker s'en sort mieux que je ne l'espérais,
  • 36:24 - 36:27
    et mon bilan est encore pire que ce que je craignais.
  • 36:27 - 36:31
    En partie à cause du gangster à capuche, et aussi pour d'autres raisons.
  • 36:32 - 36:37
    L'éradication du droit à la vie privée est proche.
  • 36:38 - 36:41
    L'éradication du droit à la pensée autonome est proche.
  • 36:41 - 36:45
    L'éradication du droit à vivre chez vous comme vous l'entendez, de penser ce que vous voulez à l'insu de tous, est proche.
  • 36:47 - 36:50
    Quelqu'un dans cette pièce vient de démontrer il y a juste quelques minutes que s'il fait des courses
  • 36:50 - 36:56
    sur un site d'achat donné, il obtient des prix différents selon le navigateur qu'il utilise.
  • 36:56 - 36:59
    car l'un de ces navigateurs contient son historique de navigation :
  • 37:00 - 37:06
    les prix, les offres, les produits, les bonnes affaires qu'on vous propose
  • 37:08 - 37:13
    sont maintenant basés sur la fouille complète de vos données.
  • 37:14 - 37:20
    Un haut fonctionnaire du gouvernement m'a confié après que les États-Unis aient changé la loi
  • 37:20 - 37:25
    sur la durée de rétention des données de toute personne qui n'est pourtant suspecte de rien...
  • 37:25 - 37:27
    Vous tous au courant, n'est-ce pas ?
  • 37:27 - 37:32
    Un mercredi pluvieux, un 21 mars, bien après la fermeture des magasins,
  • 37:33 - 37:37
    le Ministère de la Justice et le Directeur du Renseignement Intérieur,
  • 37:37 - 37:42
    ont publié ensemble un communiqué de presse annonçant des changements mineurs sur les lois Ashcroft,
  • 37:43 - 37:49
    en incluant un changement selon lequel toutes données personnelles identifiables
  • 37:49 - 37:57
    retenues au centre national anti-terrorisme, qui concernent des gens suspectés de rien
  • 37:57 - 38:03
    ne seront plus retenues pour un maximum de 180 jours,
  • 38:03 - 38:09
    mais pour un maximum de 5 ans, ce qui équivaut à l'éternité.
  • 38:10 - 38:12
    En fait, j'ai dit à mes étudiants dans ma classe
  • 38:12 - 38:16
    que la seule raison pour laquelle ils avaient dit 5 ans, c'est parce qu'ils n'arrvaient pas à inclure
  • 38:16 - 38:20
    le 8 italique dans la police de caractères à temps pour le communiqué de presse. D'où l'approximation.
  • 38:22 - 38:26
    Donc je discutais avec un haut-fonctionnaire du gouvernement de ces changements, et il m'a dit
  • 38:26 - 38:32
    « Et bien, vous savez, on a réalisé qu'on avait besoin d'un sociogramme complet du pays
  • 38:33 - 38:37
    pour pouvoir faire le lien entre les nouvelles données et les anciennes. »
  • 38:38 - 38:43
    J'ai dit: « Parlons un peu des implications constitutionnelles...
  • 38:44 - 38:48
    Vous prétendez nous faire aller d'une société qu'on a toujours connu,
  • 38:48 - 38:51
    et qu'on se plait encore à appeler libre, vers une société dans laquelle
  • 38:52 - 38:57
    le gouvernement tient une liste de toutes les relations que chaque citoyen entretient.
  • 38:58 - 39:02
    Donc si vous voulez nous faire aller d'une société qu'on avait l'habitude d'appeler libre
  • 39:02 - 39:09
    vers une société dans laquelle le gouvernement des États-Unis tient une liste de toutes les relations
  • 39:10 - 39:12
    de chaque américain, quelle devrait être la procédure constitutionnelle pour faire cela ?
  • 39:13 - 39:16
    Est-ce qu'on devrait avoir, par exemple, une loi ? »
  • 39:17 - 39:18
    Il a rigolé.
  • 39:19 - 39:21
    Car évidemment, ils n'avaient pas besoin d'une loi.
  • 39:22 - 39:26
    Ils l'ont fait avec un communiqué de presse, publié un mercredi pluvieux, la nuit, quand tout le monde
  • 39:26 - 39:28
    était rentré à la maison. Et on vit là-dedans maintenant.
  • 39:30 - 39:37
    La question de savoir quelle innovation on peut espérer sous un despotisme total
  • 39:37 - 39:39
    est intéressante.
  • 39:40 - 39:45
    Les américains de droite, voire de centre-droite,
  • 39:45 - 39:51
    ont longtemps insisté sur le fait que l'un des problèmes du totalitarisme au 20e siècle,
  • 39:51 - 39:54
    duquel ils se démarquent légitimement,
  • 39:55 - 40:00
    est qu'il empêchait de ce qu'ils appellent le marché libre et l'innovation.
  • 40:00 - 40:03
    Nous allons bientôt voir s'ils avaient raison.
  • 40:05 - 40:13
    Le réseau, sous sa forme actuelle, est une plateforme extraordinaire pour
  • 40:14 - 40:19
    un contrôle social sophistiqué. Très vite, et sans remord visible, les deux plus gros gouvernements
  • 40:20 - 40:27
    de la planète, celui des États-Unis et celui de la République populaire de Chine
  • 40:27 - 40:30
    ont adopté des points de vue fondamentalement identiques. [Applaudissements]
  • 40:30 - 40:34
    ont adopté des points de vue fondamentalement identiques. [Applaudissements]
  • 40:34 - 40:39
    Un sociogramme complet qui connecte le gouvernement à tout le monde, et une fouille
  • 40:39 - 40:46
    systématique de l'entièreté de la société, sont la politique de base de ces deux gouvernements,
  • 40:47 - 40:55
    en ce qui concerne leur idée du maintien de l'ordre.
  • 40:57 - 41:02
    Il est vrai, bien sûr, qu'ils ont différentes théories sur le maintien de l'ordre, sur le qui et le comment,
  • 41:02 - 41:08
    mais la technologie utilisée est fondamentalement identique.
  • 41:09 - 41:14
    Il nous faut, à nous qui comprenons ce qui est en train de se passer,
  • 41:14 - 41:16
    être très expressifs à ce sujet.
  • 41:18 - 41:22
    Mais nos libertés fondamentales sont loin d'être seules en jeu.
  • 41:22 - 41:26
    Parler d'elles devrait suffire, mais bien évidemment ne suffit pas.
  • 41:28 - 41:36
    Il nous faut affirmer clairement, que le coût à payer incluerait tout autant
  • 41:36 - 41:39
    la vitalité et l'éclat même de notre culture innovante,
  • 41:40 - 41:44
    de ses discours innvants: ces débats vifs, ouverts en sans entrave,
  • 41:44 - 41:49
    comme ceux qu'a pu apprécier la Court suprême dans l'affaire du New York Times contre Sullivan.
  • 41:50 - 41:56
    Et cette liberté de bidouiller, d'inventer, d'être différent, d'être non-conformiste,
  • 41:56 - 42:02
    ce pourquoi les gens se sont toujours déplacés vers les villes, qui leur permettent l'anonymat
  • 42:02 - 42:07
    et leur donnent l'occasion de se chercher, de découvrir, et de tester leurs capacités.
  • 42:08 - 42:18
    C'est avant tout ceci qui alimente la force sociale et la croissance économique au 21e siècle.
  • 42:19 - 42:23
    Bien sûr, on a besoin de l'anonymat pour d'autres raisons.
  • 42:24 - 42:30
    Bien sûr, notre cause est avant tout la sauvegarde de l'intégrité de l'âme humaine.
  • 42:30 - 42:33
    Le mot n'est pas trop grand, je crois.
  • 42:35 - 42:37
    Mais ce n'est pas le souci du gouvernement.
  • 42:38 - 42:45
    C'est précisément la beauté de notre vision d'une société civile qui laisse le gouvernement indifférent.
  • 42:45 - 42:53
    C'est précisément notre engagement pour l'idée qu'un individu se consruit à son propre rythme,
  • 42:54 - 42:55
    et de sa propre manière,
  • 42:56 - 43:02
    qui a été au centre de notre conception d'un engagement social profond.
  • 43:02 - 43:07
    La sauvegarde de l'intégrité de l'âme humaine est notre affaire,
  • 43:07 - 43:08
    pas celle du gouvernement.
  • 43:10 - 43:14
    Mais le gouvernement doit s'occuper du bien-être matériel de ses citoyens
  • 43:14 - 43:19
    et il doit s'occuper sur le long terme du bien de la société qu'il administre.
  • 43:20 - 43:24
    Et on doit expliquer clairement au gouvernement
  • 43:24 - 43:30
    qu'il n'y a pas de conflit entre le maintien des libertés fondamentales,
  • 43:30 - 43:36
    comme le droit à l'indépendance et à la discrétion,
  • 43:36 - 43:41
    et une politique économique d'innovation garantie, même sous l'austérité.
  • 43:41 - 43:44
    Elles nécessitent la même chose :
  • 43:44 - 43:46
    Nous avons besoin de logiciel libre,
  • 43:47 - 43:49
    nous avons besoin de matériel libre bidouillable à souhait,
  • 43:49 - 43:56
    et d'un moyen de communication universel et libre, reliant tout le monde, sans permission ni entrave.
  • 43:57 - 44:04
    Nous avons besoin d'être capable d'éduquer et de fournir un accès aux ressources éducatives
  • 44:04 - 44:07
    à la Terre entière, sans considération de solvabilité financière.
  • 44:08 - 44:17
    Nous devons ouvrir la voie pour chaque jeune à une vie intellectuelle et économique autonome.
  • 44:18 - 44:21
    La technologie dont nous avons besoin, nous l'avons.
  • 44:23 - 44:29
    J'y ai passé du temps, et beaucoup de gens dans cette pièce (dont Isaac) en ont passé davantage,
  • 44:29 - 44:39
    à inventer des serveurs économiques, efficaces et compacts, de la taille d'un chargeur de GSM,
  • 44:40 - 44:47
    qui, avec les bons logiciels, pourront peupler le net de robots qui respectent notre vie privée,
  • 44:48 - 44:54
    au lieu de ces robots qui violent nos vies privées, et que nous trimballons presque tous en poche.
  • 44:56 - 45:05
    Nous avons besoin de restaurer la première loi de la robotique dans les minutes à venir, ou nous sommes cuits !
  • 45:07 - 45:10
    Nous pouvons le faire. Ca s'appelle de l'innovation citoyenne.
  • 45:11 - 45:19
    Nous pouvons aider à perpétrer l'aire de l'ordinateur à tout faire, bidouillable à souhait par chacun.
  • 45:19 - 45:24
    En les utilisant, en nous les rendant indispensables, en les distribuant autour de nous.
  • 45:25 - 45:32
    Nous pouvons utiliser notre propre force de consommateurs et de technologistes pour déprécier
  • 45:32 - 45:35
    les réseaux fermés et les objets verrouillés.
  • 45:37 - 45:44
    Mais sans ligne politique claire, nous resterons une minorité,
  • 45:45 - 45:48
    allez, disons 8,3%,
  • 45:49 - 45:58
    ce qui ne sera pas suffisant pour nous sortir du bourbier dans lequel les banques nous ont conduits.
  • 46:00 - 46:04
    L'Innovation Sous l'Austérité est notre cri de guerre.
  • 46:05 - 46:11
    Ce cri n'exprime pas ce dont nous nous soucions, mais ce dont les autres, pour la plupart, se soucient.
  • 46:11 - 46:15
    Ce sera notre porte d'entrée en politique ces cinq prochaines années,
  • 46:15 - 46:20
    et notre dernière chance de réaliser au sein des gouvernements
  • 46:20 - 46:26
    ce que nous n'avons pas réussi à faire en essayant simplement de préserver nos libertés.
  • 46:26 - 46:33
    Celles-ci ont été honteusement piétinées, tant par nos amis au pouvoir que par leurs adversaires.
  • 46:34 - 46:39
    Sur nos droits, on s'est fait avoir,
  • 46:39 - 46:42
    et tout le monde s'est fait avoir sur ses économies.
  • 46:43 - 46:48
    J'aimerais dire que la chose la plus simple serait de reconquérir nos libertés,
  • 46:48 - 46:49
    mais ce n'est pas vrai.
  • 46:50 - 46:56
    Personne ne va se présenter aux élections cette année avec le rétablissement des droits de l'homme
  • 46:56 - 47:00
    comme base de son programmme. Mais ils parleront tous de l'austérité et de la croissance.
  • 47:01 - 47:04
    Et nous devons faire porter notre message là où ils sont.
  • 47:06 - 47:07
    Ceci est donc ma première ébauche.
  • 47:08 - 47:13
    Elle est insuffisante en tous points, mais c'est déjà un point de départ.
  • 47:14 - 47:15
    Et si nous n'avons pas de point de départ,
  • 47:17 - 47:18
    nous perdrons.
  • 47:19 - 47:21
    Et notre perte sera durable.
  • 47:22 - 47:24
    Et la nuit sera très noire.
  • 47:25 - 47:26
    Merci beaucoup.
  • 47:26 - 47:57
    [Applaudissements]
  • 47:57 - 48:00
    Merci, c'est très gentil de votre part, maintenant parlons-en.
  • 48:00 - 48:01
    [Rires]
  • 48:28 - 48:30
    [Oh oui, je suis désolé]
  • 48:30 - 48:34
    [Des murmures]
  • 48:35 - 48:36
    [OK, merci]
  • 48:43 - 48:45
    Hum, on devrait commencer,
  • 48:45 - 48:46
    oui.
  • 48:48 - 48:51
    Pas encore… ha, c'est branché.
  • 48:51 - 48:55
    [Doc Shearls] J'aimerais commencer en disant, car j'espère parler pour beaucoup de monde ici,
  • 48:55 - 49:00
    que ce n'était pas juste un des meilleurs discours que j'ai jamais écouté,
  • 49:01 - 49:02
    c'est l'un des plus importants.
  • 49:04 - 49:08
    Et ce ne serait pas inutile qu'on en tienne compte,
  • 49:08 - 49:09
    on réagit dessus.
  • 49:10 - 49:14
    J'ai ressenti… en fait Elliot qui était assis à côté a dit avoir ressenti
  • 49:14 - 49:17
    que c'était un discours comme « I have a dream », et je pense que c'est ce que c'est.
  • 49:17 - 49:20
    Mais je pense qu'Eben a terminé avec le cauchemar.
  • 49:21 - 49:25
    Et si le discours ne vous a pas touché, vos carottes sont cuietes.
  • 49:26 - 49:29
    Et je pense que nos carottes sont cuites depuis un moment.
  • 49:29 - 49:36
    Je ne sais pas pour vous, mais on agît d'après les conditions en vigueur, quelles qu'elles soient.
  • 49:37 - 49:42
    Et elles se sont dégradées au fil du temps, et de certaines manières que je ne comprend pas complètement,
  • 49:42 - 49:45
    et nos vies sont très remples, donc on s'occupe de ce qu'on a à faire.
  • 49:46 - 49:48
    Donc, ce que je veux faire,
  • 49:48 - 49:55
    c'est de tester ce public avec la campagne « Libérons tout »,
  • 49:55 - 49:59
    qu'Eben a exposé pour nous, maintenant.
  • 49:59 - 50:05
    Donc, je ne vois pas le truc juste comme une séance de questions/réponses, mais plutôt avec chacun qui
  • 50:05 - 50:10
    contribue à la structure qu'Eben nous a détaillé, et à laquelle on a participé pendant longtemps.
  • 50:10 - 50:14
    J'aime la façon dont il nous a inclu dedans. C'est…
  • 50:14 - 50:15
    Il y a de la sélection naturelle ici.
  • 50:15 - 50:18
    C'est un groupe sélectionné.
  • 50:18 - 50:22
    David a fait un travail formidable en réunissant toutes ces bonnes personnes ensemble.
  • 50:22 - 50:25
    Le nom de cet évènement commence avec le mot liberté,
  • 50:25 - 50:27
    et je pense que cela doit être notre dernier mot aussi.
  • 50:27 - 50:32
    Donc, et je n'ai rien de plus à ajouter à ce fabuleux discours.
  • 50:33 - 50:35
    [Isaac Wilder] Eben, je voudrais te poser une question.
  • 50:37 - 50:42
    Est-ce qu'il y a une tension entre la liberté, et la commodité ?
  • 50:43 - 50:50
    Et je me demande comment tu vois cette tension évoluer ?
  • 50:51 - 51:02
    Je crois que tu nous a incité à nous concentrer sur l'innovation, mais je me demande si…
  • 51:03 - 51:12
    et je pense que c'est attrayant pour ce public, peut-être les décideurs politiques,
  • 51:13 - 51:19
    mais pour l'utilisateur de base, la commodité est importante.
  • 51:19 - 51:21
    [Eben Moglen] Oui c'est vrai, ce qui n'est pas la seule relation entre la technologie et la société,
  • 51:21 - 51:29
    mais aussi entre beaucoup d'autres choses également.
  • 51:32 - 51:40
    Le théoricien sur la constitution Bruce Ackerman a écrit une histoire en plusieurs volumes
  • 51:40 - 51:48
    de la Consitution américaine d'après l'hypothèse de base que la plupart du temps,
  • 51:48 - 51:51
    les gens ne veulent pas s'engager dans des grosses réflexions sur la politique et la société
  • 51:51 - 51:57
    Cela arrive seulement rarement, et les pères fondateurs de la république américaine, Bruce disait,
  • 51:57 - 52:02
    ont essayé dans la structure des fédéralistes de tirer profit de ces moments particuliers,
  • 52:02 - 52:05
    quand les gens ont envie de faire attention.
  • 52:05 - 52:12
    Mais là encore, et je me concentre dessus parce que la démographie est si importante,
  • 52:12 - 52:17
    le sentiment que la commodité est plus importante que les autres valeurs,
  • 52:17 - 52:21
    est toujours plus vrai pour les adultes que pour les enfants.
  • 52:22 - 52:26
    Je voyage tout autour du monde, je parle à des gouvernements de plein de choses
  • 52:26 - 52:29
    qui ont trait à la technologie et à la société du 21e siècle,
  • 52:29 - 52:34
    et j'entends des gens, des présidents aux ministres, aux comités de planification locale,
  • 52:34 - 52:40
    toutes sortes d'histoires sur les problèmes sociaux terribles auxquelles leur culture et les communautés
  • 52:40 - 52:44
    font face. Et je me retouve souvent à dire « Oui, ok, c'est un problème vraiment vraiment horrible,
  • 52:44 - 52:49
    c'est extraordinairement difficile, et on a besoin de beaucoup d'énergie pour le gérer.
  • 52:49 - 52:53
    Vous avez besoin de la force sociale la plus forte pour gérer ce problème,
  • 52:53 - 52:58
    la force sociale la plus forte qui existe, qui est diponible, partout, c'est la curiosité des enfants.
  • 52:58 - 53:00
    vous avez besoin de la capturer. »
  • 53:00 - 53:06
    Nous avons actuellement deux leçons. La chose que vous appelez une tension, n'est-ce pas ?
  • 53:06 - 53:08
    C'est une tension en effet.
  • 53:08 - 53:14
    Parce-que c'est vrai que les adultes dans leur vie trépidante se trouvent prêts à faire n'importe quoi
  • 53:14 - 53:17
    qui fonctionne, et si vous leur tendez une boîte avec un bouton dessus pour tout faire péter,
  • 53:18 - 53:23
    ils le pousseront, qu'il leur en coûte ou non, ou qu'il les connecte à une grosse
  • 53:23 - 53:26
    attaque de l'homme du milieu sur leur vies sociales ou pas,
  • 53:26 - 53:29
    ou que leurs amis leurs volent leurs weekends pour le passer à leurs employeurs,
  • 53:29 - 53:31
    ils font très peu attention.
  • 53:31 - 53:32
    C'est maintenant.
  • 53:33 - 53:36
    Mais vous donnez quelque chose à un enfant de huit ans, et ce n'est plus comme ça.
  • 53:36 - 53:38
    Il a plein de temps.
  • 53:38 - 53:41
    Vous donner quelque chose comme ça à un enfant de 12 ans, et il prêt à le démonter.
  • 53:41 - 53:44
    Il ne pense pas à la commodité, il pense à apprendre.
  • 53:45 - 53:46
    Il fait de la science.
  • 53:47 - 53:48
    Il bidouille.
  • 53:49 - 53:54
    Et j'ai vu dans plus d'endroits du monde que je peux penser à citer
  • 53:54 - 53:59
    la force de ces enfants, qui s'amusent avec des ordinateurs et qui font des choses oncroyables.
  • 53:59 - 54:01
    Vous le verriez partout où vous iriez.
  • 54:02 - 54:04
    Donc je pense que la tension est là.
  • 54:04 - 54:10
    Je crois que l'utilisabilité est un problème crucial quand on bâtit des outils pour la vie privée et la liberté.
  • 54:10 - 54:14
    FreedomBox, la pile de logiciels que l'on a besoin de faire pour tous ces petits objets dans le monde,
  • 54:14 - 54:20
    vous savez cela mieux que moi, c'est en partie sur la fonction, mais c'est surtout sur l'intégration et l'utilisabilité.
  • 54:20 - 54:25
    Nous avons fait tout le travail dur. Mon portable, votre portable, ils sont plutôt protégés.
  • 54:25 - 54:30
    Le problème, c''est comment faire ce travail pour les vrais gens avec des vraies vies trépidantes tous les jours.
  • 54:30 - 54:32
    Donc la tension est là, mais la réponse est là aussi.
  • 54:32 - 54:34
    Nous devons donner du pouvoir aux enfants.
  • 54:34 - 54:40
    Et une partie de ce qui ne va pas avec la technologie, c'est la mesure dans laquelle ils ne deviennent
  • 54:40 - 54:43
    pas des inventeurs, mais des consommateurs. Si ce processus se termine, nous sommes vraiment foutus.
  • 54:46 - 54:49
    [Doc Shearls] Ayons un échange avec les deux côtés ici. Toi d'abord.
  • 54:49 - 54:50
    [Michael Nelson] Michael Nelson de l'université Georgetown.
  • 54:51 - 54:54
    J'ai au moins 15 questions diférentes que j'aimerais poser,
  • 54:54 - 54:57
    en commençant par le chiffrement comme j'étais [Eben Moglen] Je me rappelle…
  • 54:57 - 55:00
    [Michael Nelson] le meilleur ami de Stuart Baker, de la Maison Blanche. [Eben Moglen] Oui, oui
  • 55:01 - 55:05
    Cela rend les choses très difficiles pour moi, Mike, je suis vraiment, ce n'est plus vrai. Ce n'est plus vrai, n'est-ce pas ?
  • 55:05 - 55:06
    [Rires]
  • 55:07 - 55:09
    [Michael Nelson] J'aimerais t'inciter à faire campagne pour le Congrès,
  • 55:09 - 55:13
    de préférence en déménageant à Palm Springs pour candidater contre Mary Bono Mack, [rires]
  • 55:15 - 55:17
    [Eben Moglen] Je ne pense pas qu'ils m'apprécieraient à Palm Springs,
  • 55:18 - 55:21
    Mais ce que j'espère que tu feras après ce discours,
  • 55:21 - 55:27
    qui je suis d'accord, ressemble à « I have a dream », c'est de se confronter à tes critiques.
  • 55:27 - 55:31
    Je veux dire, ce discours est super, la vidéo sur Youtube serait vue par des milliers de personnes,
  • 55:31 - 55:33
    en majorité par des amis et des supporters.
  • 55:33 - 55:35
    Je pense que tu as besoin de te confronter à tes critiques.
  • 55:35 - 55:41
    Je veux dire, quelque chose comme les papiers fédéralistes où on a deux gros enjeux
  • 55:41 - 55:46
    débattus par deux camps, et on a les points de vue… des deux camps.
  • 55:46 - 55:49
    Mais je voudrais poser une petite question spécifique.
  • 55:50 - 55:52
    Car je pense que la première partie de ton discours sur les ordinateurs à usage général
  • 55:52 - 55:58
    et l'informatique centrée sur l'utilisateur sont les endroits où on doit commencer.
  • 55:58 - 56:01
    Et je voudrais avoir ton accord, et l'accord de tous, sur pourquoi Nicolas Negreponte
  • 56:01 - 56:08
    dans la campagne « Un ordinateur par enfant » se basait sur les mêmes principes… donner du pouvoir
  • 56:08 - 56:14
    aux enfants, bâtir de l'open source, créer des choses depuis zéro, pourquoi cela n'est pas arrivé ?
  • 56:14 - 56:19
    Même si des dizaines de millions ont été déboursés et que beaucoup de personnes l'ont acheté.
  • 56:20 - 56:24
    Qu'est-ce que c'était… qu'est-ce qui a fait défaut là ? Et comment pouvons-nous éviter ce problème cette fois ?
  • 56:24 - 56:28
    Et bien, Nick est mon meilleur ami des fois aussi,
  • 56:28 - 56:31
    ce qui fait que c'est un peu plus dur de répondre à la question.
  • 56:32 - 56:36
    Le matériel est difficile, n'est-ce pas. Et le logiciel est facile.
  • 56:36 - 56:39
    C'est pourquoi la FreedomBox n'est pas une Box, c'est juste du logiciel,
  • 56:39 - 56:44
    car on peut le faire mieux, plus rapide, moins cher, et on n'a pas besoin de débourser pour chaque problème.
  • 56:46 - 56:49
    Deux choses sont arrivées en résultat de « Un ordinateur par enfant ».
  • 56:49 - 56:53
    L'industrie informatique dans le monde a réalisé qu'il y avait une chose meilleure
  • 56:53 - 56:56
    que construire des portables avec une grosse marge, et ils ont commencé à les faire.
  • 56:56 - 57:02
    Donc Nick a prouvé mon point de vue, de ce côté sans problème, pas d'échec là.
  • 57:02 - 57:05
    Il a fait une expérience avec très peu d'argent, ce que le capitalisme dans les plus grandes
  • 57:05 - 57:11
    multinationales n'allait pas faire, car ils sont trop allergiques au risque pour essayer.
  • 57:11 - 57:17
    Donc d'une manière, ça a marché. C'est juste que ça a marché en générant plus de produits pour les consommateurs.
  • 57:17 - 57:23
    Le second point, c'est que Nick a essayé de faire quelque chose vraiment vraiment important
  • 57:23 - 57:27
    avec le réseau de type Mesh, et c'était comme nous l'a dit un de nos autres amis prooche du projet :
  • 57:27 - 57:29
    « c'était une magnifique expérience ratée ».
  • 57:30 - 57:31
    Cela n'a pas fonctionné.
  • 57:31 - 57:36
    Ça a très bien marché en théorie, mais mal à Montevideo, et encore moins bien au Pérou,
  • 57:36 - 57:39
    et après un moment tout le monde est revenu à :
  • 57:39 - 57:41
    « Hé bien, ayons un serveur dans la classe et utilisons du wifi ».
  • 57:42 - 57:49
    Et c'est la partie de ce dont j'essayais de parler de cette manière très générale, n'est-ce pas ?
  • 57:49 - 57:50
    Nous avons besoin du Mesh. Nous avons besoin d'une façon
  • 57:51 - 57:58
    de faire des communications qui ne soit pas basée sur des architectures centrées.
  • 57:58 - 58:00
    Est-ce que le FCC va faire ça pour nous ? Non.
  • 58:00 - 58:06
    Vous voulez que je me confronte à mes critiques ? On eu ça pendant des décennies, n'est-ce pas ?
  • 58:06 - 58:12
    Donc maintenant nous sommes dans une situation où s'il y a un homme dans cette pièce, Duane Hendrix,
  • 58:12 - 58:16
    il y a un homme dans cette pièce qui pourrait nous aider à trouver ce qu'on va faire de cela.
  • 58:16 - 58:22
    Nous devons avoir du réseau qu'on peut fabriquer et qui marche vraiment.
  • 58:22 - 58:24
    Nick était un visionnaire, et il a essayé.
  • 58:24 - 58:29
    Et si ça avait été prêt maintenant, nous vivrions dans un monde différent maintenant.
  • 58:30 - 58:31
    Mais ce ne le fut pas.
  • 58:31 - 58:36
    Je pense que les erreurs techniques sont honorables et remarquables.
  • 58:36 - 58:42
    Je pense qu'il a mené une grande expérience innovante et réussi au-delà de ses rêves les plus fous,
  • 58:42 - 58:45
    mais les autres personnes tirent les marrons du feu et s'en vont avec, comme d'habitude,
  • 58:46 - 58:48
    et ce dont on avait vraiment vraiment besoin, les technologies de communication
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    qui privent de leur pouvoir les opérateurs de réseaux centralisés,
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    nous n'étions pas prêt pour ça.
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    Maintenant nous avons plus de réseaux fermés que de réseaux ouverts,
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    plus de personnes qui utilisent des formes fermées d'ersatz d'Internet,
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    qu'Internet lui-même,
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    et nous avons perdu gros dans l'opération.
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    Maintenant c'est plus dur de faire avec.
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    Je n'ai…
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    J'ai le sentiment comme pour d'autres choses dans la vie,
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    que j'ai été guidé par mon ami Larry Lessig,
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    me déclarer candidat pour le Congrès, ce n'est ce que je vais faire.
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    [Rires]
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    Est-ce que vous avez une autre suggestion pour la manière d'engager mes critiques Mike ?
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    J'aimerais en adopter une, mais ce n'est pas celle-là que je vais prendre.
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    [Michael Nelson] Mais les essais fédéralistes étaient une proposition sérieuse. [Eben Moglen] OK
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    [Michael Nelson] Cela veut dire quelque chose toutes les semaines, avec des critiques qui pointent vos défauts,
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    et vous pourriez pointer les leurs. [Eben Moglen] OK. Allons-y. Trouvons ceux qui veulent bien jouer le jeu.
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    [Doc Shearls] Il nous reste 27 minutes. Essayons d'être bref, ce n'est pas beaucoup de temps.
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    [Kery Nelson] Ma question serait
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Title:
F2C2012: Eben Moglen keynote - "Innovation under Austerity"
Description:

Eben Moglen keynote - "Innovation under Austerity" at F2C:Freedom to Connect 2012, Washington DC on May 22 2012.

Discussants: Doc Searls. Isaac Wilder

Audio: http://bit.ly/f2cmoglenaudio

http://freedom-to-connect.net/

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Video Language:
English
Duration:
01:27:46
  • Mes révisions, jusqu'à la #21, consistent à aller d'une traduction littérale vers une traduction légèrement plus littéraire. A partir de la révision #22, elles consistent en une forte contraction du texte, visant à fluidifier la lecture.

  • La révision #33 correspond à la fin de ma 2e passe sur les sous-titre de l'exposé même (je ne me suis pas attaqué à la séance de questions/discussion qui suit). La ou les révisions qui suivront constitueront ma 3e passe, qui vise à bien paufiner le texte.

  • Les différences entre la révision #35 et la #36 sont majeures ! J'ai travaillé le texte chez moi pendant des semaines... Tout le speech d'Eben Moglen a été remanié. Par contre, je n'ai pas touché à la traduction des autres intervenants, ni à la session de question-réponses de la 2e partie.

  • oups, j'ai uploadé des versions corrompues par erreur: ce sont les révision 36 et 37. La 38 devrait être bonne (sauf que je l'ai taguée comme complète par erreur: la fin de la scéance de questions n'est toujours pas sous-titrée...)

French subtitles

Incomplete

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