YouTube

Got a YouTube account?

New: enable viewer-created translations and captions on your YouTube channel!

French subtitles

← Jack Whitten : La vie d’un artiste | Art21 « Jeu prolongé »

Get Embed Code
17 Languages

Showing Revision 7 created 05/10/2018 by SophieTranslate.

  1. [Bruit d'outils qu'on aiguise]

  2. ["Jack Whitten : La vie d'un artiste']
  3. Je me retrouve à faire un genre
    de peinture que ma main ne touche pas.
  4. Ceci est l'adaptation
    de la palette de l'artiste.
  5. Ok.
  6. Je suis prêt à commencer.
  7. Ils contiennent tous
    une information
  8. qui est compressée à l’intérieur.
  9. Car c’est tellement lié à ce qui se passe
    avec la technologie moderne.
  10. Vous savez, les octets d'information.
    Les bits.
  11. Ce genre de chose.
  12. Je peux construire ce que je veux.
  13. Je ne suis pas un peintre narratif.
  14. Je n'exprime pas une idée, ou le tableau
    n'est pas l'illustration d'une idée,
  15. je ne fais pas ça.
  16. Tout est à propos de la matérialité
    de la peinture.
  17. J'ai grandi à Bessemer, en Alabama.
  18. Tout n'était que ségrégation :
    les transports, les bus.
  19. Ce que j'appelle l'apartheid américain.
  20. J'ai toujours fait de l'art.
    Je peins depuis que je suis gamin.
  21. Mais on ne m'a pas encouragé,
  22. en théorie c'était bien comme loisir,
    mais on ne pouvait pas en vivre.
  23. Une chance pour moi,
    je me suis diplomé avec de bonnes notes.
  24. Je suis allé à Tuskegee.
  25. Mon idée était d’être médecin
    et pilote pour l'US Air Force.
  26. J’avais toujours en tête que
    j'étais un artiste.
  27. C'est ce que je voulais faire,
    je voulais faire de l'art.
  28. Il n'y avait pas de cours d'art
    à Tuskegee.
  29. Alors j'ai quitté Tuskegee pour étudier
    l'art à la Southern University.
  30. Tout se passait bien,
  31. mais j'ai commencé à militer
    politiquement, à manifester.
  32. Nous avons organisé une grande marche
    pour les droits civiques qui est partie du
  33. centre-ville de Baton Rouge jusqu'au
    parlement de l'état.
  34. A cette marche, ce que j'ai vécu,
    m'a fait quitter le Sud.
  35. Après cette marche, qui était devenue
    haineuse et violente,
  36. cela m'a politiquement changé
    pour toujours.
  37. À l'automne 1960, j’ai pris un bus
    Greyhound depuis la Nouvelle Orléans
  38. pour passer l'examen de Cooper Union.
  39. Et j'ai été reçu.
  40. J'ai étudié la peinture.
  41. C'était vraiment bien
    et c'était gratuit.
  42. Quand je suis arrivé à New-York,
    les personnes que j'ai rencontrées étaient
  43. Romare Bearden,
  44. Norman Lewis
  45. et Jacob Lawrence.
  46. En 1960, à New york,
    la scène était ouverte.
  47. Bill de Kooning acceptait de vous parler !
  48. J'ai eu une discussion, comme je l'appelle
    des deux côtés du fossé.
  49. Je ne fais pas de distinction entre
    qui est blanc, noir ou autre.
  50. Je ne le fais vraiment pas.
  51. S’ils ont des informations,
    et que mon instinct me dit :
  52. "Mon garçon, tu dois
    rencontrer cette personne"
  53. "Tu dois découvrir ce qu'ils font"
    "Tu dois comprendre ce truc"
  54. Je rentrais en contact.
  55. Le jeune artiste doit avoir quelque chose
    sur quoi réagir.
  56. J’ai d’abord été influencé
    par Arshile Gorky.
  57. Personne ne jaillit de la tête de Zeus !
  58. Il a été ma première influence.
  59. Surréalisme précoce.
  60. Expressionnisme figuratif.
  61. Mais ce n'est qu'à la fin des années 60
    que j'ai effectué un changement radical
  62. pour des idées plus conceptuelles
    qui concernaient la matérialité de la peinture.
  63. J'ai enlevé toutes les couleurs.
  64. J'ai fait le grand saut
    et utilisé l'acrylique.
  65. J'ai restructuré le studio.
  66. J'ai restructuré ma manière de
    penser la peinture.
  67. J'ai construit un outil.
  68. Je l'appelais "le développeur".
  69. Avec cet outil,
  70. J’ai pu étaler beaucoup de peinture
    acrylique sur la surface de la toile.
  71. Je les appellent les peintures dalle.
    D-A-L-L-E.
  72. C’est devenu une dalle.
  73. Je voulais une peinture existante
    comme un simple trait,
  74. un geste, trois secondes.
  75. C’est pourquoi j’ai fabriqué
    ce gros outil.
  76. J’ai passé dix ans à travailler
    sur cette planche à dessin.
  77. Dix ans penché dessus, baissé.
  78. Je ne peux plus le faire.
  79. Il y a un temps où le corps
    n’accepte plus ce genre d’abus,
  80. et c’était de l’abus.
  81. La dalle, c’est ce qui m’a amené
    à la tesselle.
  82. C’est un morceau d’acrylique qui a été
    coupé depuis une large dalle en acrylique.
  83. Mon intérêt, est toujours de savoir
    l’utiliser pour diriger la lumière.
  84. Avec ces surfaces,
    suivant comment je les place,
  85. je peux diriger la lumière.
  86. Vous voyez comme elle change ?
  87. Cette peinture m’a fait beaucoup souffrir.
  88. Je l’ai commencée
    et puis j’ai développé une grave maladie.
  89. J’ai passé un mois à l’hôpital.
  90. Alors ça m’a mis un coup au derrière.
  91. Et cette peinture était une façon
    de se retourner.
  92. (Rire)
  93. Je ne vais pas laisser cette merde
    me vaincre, vous savez ?
  94. C’est un des « Monolithes noirs ».
  95. Qui est appellé :
    « Six strings coquins : Pour Chuck Berry»
  96. Et ce titre vient du fait que
  97. pour celui qui connait ça personnalité,
    il a fait de la merde bizarre.
  98. Le « Monolithe noir » est une série que
    j’ai peintes durant des années,
  99. et j’ai recommencé
    au début des années 80.
  100. C’est une personne noire qui a beaucoup
    contribué à la société.
  101. Alors je me suis chargé
    de commémorer ces personnes.
  102. Et pour chacun, je dois repérer
    l’essence de cette personne.
  103. Cette personne devient un symbole
  104. et je le construit à travers une peinture.
  105. Je veux que l’on se rappelle de moi
    comme quelqu’un de très moyen,
  106. qui est resté lui même.
  107. (Rire)
  108. Un travailleur dévoué.
    Mais surtout...
  109. La question a été posée une fois
    au conte Basie,
  110. qui a dit « Je veux juste descendre
    comme un parmi les autres garçons. »
  111. Il y a une sorte de modestie dans cela
    que j’ai toujours admiré.
  112. Rien de grand,
    juste un des garçons.
  113. J’aime ça.
  114. [Paroi quantique, VIII (Pour Arshile
    Gorsky ; Mon premier amour en peinture ]
  115. [Jack Whitten (1939-2018), En mémoire]
  116. .