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Stephen Coleman : les dangers moraux des armes non létales

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    Je voudrais vous parler aujourd'hui
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    d'un des problèmes auxquels les armées occidentales --
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    Australie, États-Unis, Angleterre, etc. --
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    sont confrontées dans certaines des opérations
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    qu'elles effectuent dans le monde moderne en ce moment.
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    Si vous réfléchissez à ce vers quoi
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    nous avons envoyé les militaires australiens ces dernières années,
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    vous pensez forcément à l'Irak et à l'Afghanistan,
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    mais il y a aussi le Timor Oriental
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    et les Îles Salomon entre autres.
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    Nombre de ces opérations
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    où nous envoyons effectivement nos troupes
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    ne sont pas des guerres traditionnelles.
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    En réalité, beaucoup des missions
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    que nous attribuons aux militaires dans ces opérations
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    sont considérées, dans leurs pays respectifs, l'Australie, les États-Unis, etc.,
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    comme des missions de police.
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    Il y ainsi plein de problèmes qui tombent sur
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    les militaires dans ces situations,
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    parce qu'ils font des choses pour lesquelles ils n'ont pas été entraînés,
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    et ils font des choses
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    pour lesquelles, dans leurs pays respectifs,
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    ceux qui les font sont entraînés
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    et équipés de manière très différente.
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    Il y a tout un tas de raisons pour lesquelles
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    nous envoyons des militaires plutôt
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    que des policiers faire ce boulot.
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    Si l'Australie devait envoyer demain un millier de personnes
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    en Papouasie Occidentale par exemple,
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    nous n'aurions pas un millier de policiers disponibles
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    pour s'y rendre dès demain
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    mais nous avons un millier de soldats prêts à partir.
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    Donc quand nous devons envoyer quelqu'un, nous envoyons l'armée --
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    puisqu'ils sont là, disponibles,
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    et puis quoi! ils sont habitués à partir faire tout ça,
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    se débrouiller tout seuls,
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    sans autre soutien.
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    De ce point de vue, ils en sont capables.
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    Mais ils n'ont pas la même formation que les policiers,
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    et sûrement pas le même équipement que les policiers.
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    Ceci leur a donc créé nombre de problèmes
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    au moment de traiter ces questions.
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    Il y a une question
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    qui m'intéresse tout particulièrement
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    c'est de savoir si,
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    quand nous envoyons des troupes faire ces missions,
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    nous devrions les équiper différemment,
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    et notamment, est-ce que nous devrions leur donner accès
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    à certaines des armes non létales dont dispose la police.
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    Puisqu'ils ont les mêmes missions,
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    ils devraient peut-être avoir les mêmes armes.
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    Bien sûr, on peut imaginer toutes sortes d'endroits
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    où ces armes pourraient être utiles.
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    Par exemple, les postes de contrôle.
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    Des gens approchent de ces postes,
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    mais les militaires ne savent pas
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    s'il s'agit d'une menace ou non.
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    Par exemple, cette personne qui s'approche ici,
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    ils se disent : "Est-ce un kamikaze ou pas?
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    A-t-il quelque chose caché sous ses vêtements? Que va-t-il se passer?"
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    Ils ne savent pas si cette personne est une menace.
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    Si elle ne respecte pas leurs ordres,
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    ils peuvent très bien lui tirer dessus
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    et découvrir ensuite
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    si, oui, ils ont bien fait
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    ou non, c'était un innocent
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    qui n'avait pas compris ce qui se passait.
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    S'ils disposaient d'armes non létales,
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    ils pourraient se dire : "Nous pouvons nous en servir dans ce cas précis.
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    Si on tire sur quelqu'un qui n'était pas hostile,
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    au moins on ne l'aura pas tué."
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    Autre exemple.
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    Cette photo a été prise au cours d'une mission
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    dans les Balkans, à la fin des années 90.
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    La situation est un peu différente
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    en ceci qu'ils savent si quelqu'un est dangereux,
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    puisqu'il leur tire dessus
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    ou fait quelque chose de clairement hostile, comme de jeter des pierres.
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    Mais s'ils ripostent, il y a toutes sortes de gens autour,
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    des innocents qui pourraient aussi être blessés --
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    des victimes collatérales dont les militaires refusent souvent de parler.
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    Là encore, ils pourraient se dire : "Si nous avions des armes non létales,
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    si nous savons que quelqu'un est hostile,
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    on peut faire quelque chose
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    tout en sachant que, si l'on touche quelqu'un d'autre,
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    au mois, là encore, on ne l'aura pas tué."
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    Une autre suggestion :
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    puisque nous déployons tellement de robots sur site,
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    nous pouvons facilement imaginer
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    envoyer des robots complètement autonomes.
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    Ils finiront par décider eux-mêmes sur qui ils doivent tirer ou ne pas tirer,
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    sans qu'il y ait intervention humaine.
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    La suggestion est cette fois-ci la suivante :
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    si on déploie des robots et qu'on leur permet de faire ça,
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    ce serait peut-être une bonne idée de
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    les équiper d'armes non létales;
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    au cas où le robot prenne une mauvaise décision et tire sur la mauvaise personne,
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    là encore, il ne la tuera pas.
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    Il existe tout un arsenal d'armes non létales,
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    certaines facilement accessibles aujourd'hui,
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    d'autres en cours de développement.
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    Vous avez classiquement les gaz lacrymogènes,
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    les bombes lacrymogènes ici en haut,
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    et les Tasers ici.
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    Celui en haut à droite est un laser éblouissant
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    prévu pour aveugler momentanément
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    et désorienter la personne.
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    Vous avez des fusils à pompes
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    qui envoient des balles en caoutchouc
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    et non en métal.
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    Celui au milieu, le gros camion,
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    est dénommé l'ADS (Active Denial Service ou Système de déni actif) --
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    sur lequel l'armée américaine travaille actuellement.
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    C'est en gros un grand transmetteur à micro-ondes.
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    C'est l'idée qu'on se fait d'un rayon de chaleur.
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    Il peut atteindre de très longues distances,
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    comparé à tout ce qui fait dans le domaine.
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    Quelqu'un qui est touché par ce rayon
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    ressentira une soudaine bouffée de chaleur
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    et voudra absolument s'en éloigner.
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    C'est beaucoup plus sophistiqué qu'un four à micro-ondes
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    mais, en gros, ça fait chauffer les molécules d'eau
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    à la surface même de votre peau.
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    Vous ressentez une intense chaleur,
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    et vous ne pensez plus qu'à vous en éloigner.
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    Ils pensent que cela peut être très utile
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    quand il faut disperser une foule à un endroit donné,
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    si la foule est hostile.
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    Si on doit éloigner des gens d'un endroit précis,
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    on peut le faire avec ce genre de choses.
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    Alors bien sûr, il existe tout un arsenal
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    d'armes non létales qu'on pourrait confier aux militaires
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    et un grand nombre de situations
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    où ils se diraient en les étudiant : "Tout ceci pourrait vraiment nous être utile".
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    Mais comme je l'ai dit,
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    l'armée et la police
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    sont très différentes.
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    Vous n'avez pas besoin de beaucoup regarder
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    pour vous rendre compte de ces différences.
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    Notamment,
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    l'attitude vis-à-vis de l'usage de la force
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    et l'entraînement reçu pour s'en servir
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    sont très différents.
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    La police --
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    je le sais car j'ai contribué à former des policiers --
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    la police, en particulier les polices occidentales tout du moins,
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    sont formées pour désamorcer la violence,
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    pour essayer d'éviter de s'en servir
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    quand c'est possible,
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    et de n'utiliser la force létale
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    qu'en dernier recours.
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    Les militaires sont entraînés à la guerre,
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    de telle façon que, dès que les choses tournent mal,
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    leur premier réflexe est d'utiliser la force létale.
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    A l'instant où cela commence à vraiment déraper,
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    on peut commencer à tirer sur des gens.
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    Leurs attitudes
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    vis-à-vis de l'usage de la force létale sont très différentes,
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    et je pense qu'il est plutôt évident
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    que leurs attitudes vis-à-vis des armes non létales
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    seraient également très différentes de celles de la police.
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    Et puisque nous avons déjà eu tant de problèmes
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    variés liés à l'usage de ces armes par la police,
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    je pense que ce serait plutôt une bonne idée d'en observer certaines
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    et d'essayer de les relier au contexte militaire.
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    J'ai vraiment été surpris quand j'ai commencé,
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    de voir qu'en réalité,
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    mêmes les personnes qui préconisaient l'usage des armes non létales par l'armée
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    n'avaient pas étudié cela.
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    Généralement, ils ont l'air de penser :
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    "Pourquoi se préoccuper de ce qui se passe avec la police?
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    C'est totalement différent."
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    et ils ne semblaient pas reconnaître, en fait,
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    que c'est à peu près la même chose.
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    J'ai commencé à étudier certains de ces problèmes
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    et à observer
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    la manière dont la police se sert des armes non létales au début
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    et les problèmes qui peuvent surgir
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    de tout cela
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    quand ils s'en servent réellement.
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    Bien sûr, étant Australien,
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    j'ai commencé en Australie,
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    connaissant personnellement plusieurs époques
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    d'introduction d'armes non létales en Australie.
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    Un sujet que j'ai particulièrement étudié
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    était l'usage des bombes lacrymogènes,
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    de différents types,
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    par la police australienne
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    quand elles ont été utilisées, ce qui s'est passé
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    et tout ce genre de problèmes.
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    J'ai trouvé une étude,
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    particulièrement intéressante,
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    au Queensland,
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    où il y avait eu une période d'essai des sprays au poivre
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    avant une utilisation plus large.
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    J'ai été regarder de plus près certains résultats.
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    Quand ils ont introduit les bombes lacrymogènes au Queensland,
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    ils ont été très clairs.
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    Le chef de la police a fait beaucoup de discours publics à ce sujet.
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    Ils disaient : "Ceci est clairement prévu
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    pour donner une option à la police
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    entre avertir et tirer.
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    Cela pourra être utilisé à la place d'une arme à feu
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    dans les situations où l'on aurait autrefois dû tirer sur quelqu'un."
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    J'ai donc étudié les chiffres relatifs à l'usage des armes à feu par la police.
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    En fait, on ne trouve pas facilement
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    ces chiffres au niveau d'un état australien.
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    J'ai seulement trouvé ceux-ci.
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    Ils viennent d'un rapport de l'Institut de Criminologie Australien.
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    Comme vous le voyez en petit, si vous arrivez à le lire en haut :
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    "Morts par des tirs de police" n'est pas seulement ceux sur qui la police a tiré,
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    mais les gens qui se sont tués en présence la police.
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    Voici les chiffres pour le pays en entier.
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    La flèche rouge représente le moment où
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    le Queensland a déclaré :
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    "Nous allons désormais donner à tous les officiers de police de l’État
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    accès aux bombes lacrymogènes."
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    Vous voyez qu'il y avait en gros 6 morts par an
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    pendant de nombreuses années avant ça.
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    Il y a eu un pic, bien sûr, quelques années auparavant,
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    mais pas au Queensland.
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    Quelqu'un sait où c'était ? Non, pas à Port Arthur.
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    Victoria ? Oui, c'est ça.
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    Le pic était dans l’État de Victoria.
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    Le Queensland n'avait pas de problème particulier
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    de morts dues à des tirs de police.
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    Six morts dans tout le pays,
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    de manière à peu près régulière au fil des ans.
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    Les 2 années suivantes étudiées : 2001 et 2002.
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    Quelqu'un veut tenter de deviner le nombre de fois,
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    vu comment ils ont introduit ces bombes,
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    le nombre de fois où la police du Queensland a utilisé des bombes en deux ans?
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    Des centaines ? 100, 300.
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    Mille est plus proche.
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    Clairement introduite
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    comme une alternative à l'usage des armes à feu --
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    une alternative entre avertir et tirer.
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    Je vais prendre quelques risques
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    en disant que, si la police du Queensland n'avait pas de bombes lacrymogènes,
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    elle n'aurait pas tué 2226 personnes
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    pendant ces deux années.
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    En fait, si on regarde
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    les études dont ils se sont servi,
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    les données collectées et décortiquées,
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    on voit que les suspects n'étaient armés
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    que dans environ 15% des cas
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    où les bombes lacrymogènes ont été utilisées.
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    C'était la routine de les utiliser à cette époque,
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    et, bien sûr, c'est toujours le cas --
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    parce qu'il n'y avait pas de plainte à ce sujet,
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    pas dans le contexte de cette étude en tout cas --
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    c'était la routine de les utiliser
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    avec des gens violents,
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    potentiellement violents,
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    et plutôt fréquent de les utiliser
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    avec des personnes qui étaient simplement
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    passivement insubordonnées.
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    La personne ne fait rien de violent,
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    mais elle ne fait pas ce qu'on lui demande.
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    Elle n'obéit pas aux instructions qu'on lui donne,
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    donc on lui envoie un jet de bombe lacrymogène.
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    Ça ira plus vite. Tout marchera mieux de cette manière.
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    On les avait explicitement introduites
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    pour être une alternative aux armes à feu,
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    mais on les utilisait quotidiennement
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    pour traiter tout un tas
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    d'autres problèmes.
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    Un des problèmes particuliers qui émerge
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    avec l'usage par l'armée d'armes non létales --
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    et les gens qui disent en fait : "Eh bien, il pourrait y avoir des problèmes" --
  • 10:36 - 10:39
    il y a quelques problèmes précis à détailler.
  • 10:39 - 10:41
    Un de ces problèmes
  • 10:41 - 10:44
    est que les armes non létales peuvent être utilisées sans discernement.
  • 10:44 - 10:47
    L'un des principes fondamentaux de l'usage de la force par l'armée
  • 10:47 - 10:49
    est que vous devez établir une distinction.
  • 10:49 - 10:52
    Vous devez faire attention sur qui vous tirez.
  • 10:52 - 10:55
    L'un des problèmes qui a été constaté avec les armes non létales
  • 10:55 - 10:57
    est qu'elles peuvent être utilisées sans discernement --
  • 10:57 - 10:59
    on peut les utiliser contre toutes sortes de gens
  • 10:59 - 11:02
    parce qu'on n'a plus trop d'inquiétudes à avoir.
  • 11:02 - 11:04
    En réalité, un exemple particulier
  • 11:04 - 11:06
    que, je pense, on pourrait particulièrement étudier
  • 11:06 - 11:09
    est le siège du théâtre Dubrovka, à Moscou, en 2002,
  • 11:09 - 11:11
    et nombre d'entre vous, à l'inverse de mes étudiants à l'ADFA,
  • 11:11 - 11:13
    êtes assez vieux pour vous en rappeler.
  • 11:13 - 11:16
    Des Tchéchènes avait envahi le théâtre et en avait pris le contrôle.
  • 11:16 - 11:19
    Ils tenaient environ 700 personnes en otage.
  • 11:19 - 11:21
    Ils avaient relâché un groupe de personnes,
  • 11:21 - 11:24
    mais il restait encore 700 otages.
  • 11:24 - 11:27
    La police militaire spéciale russe,
  • 11:27 - 11:29
    les forces spéciales, les Spetsnaz,
  • 11:29 - 11:31
    avaient donné l'assaut contre le théâtre.
  • 11:31 - 11:34
    Ils l'avaient fait en emplissant tout le théâtre de gaz anesthésiant.
  • 11:34 - 11:36
    On a découvert
  • 11:36 - 11:39
    que beaucoup d'otages étaient morts
  • 11:39 - 11:42
    parce qu'ils avaient inhalé du gaz.
  • 11:42 - 11:44
    Ils l'avaient utilisé sans discernement.
  • 11:44 - 11:47
    Ils avaient empli tout le théâtre de gaz.
  • 11:47 - 11:49
    Ce n'est pas surprenant que des gens soient morts,
  • 11:49 - 11:51
    parce qu'on ne sait jamais quelle quantité de gaz
  • 11:51 - 11:53
    les gens vont inhaler,
  • 11:53 - 11:55
    dans quelle position ils vont tomber
  • 11:55 - 11:57
    quand ils s'évanouissent, etc.
  • 11:57 - 12:00
    Il y a eu, en réalité, seulement quelques personnes tuées
  • 12:00 - 12:02
    par armes à feu dans ce cas.
  • 12:02 - 12:04
    Plus tard, quand ils ont reconstitué l'attaque,
  • 12:04 - 12:06
    il n'y avait que quelques personnes
  • 12:06 - 12:08
    qui avaient apparemment été tuées par les preneurs d'otages
  • 12:08 - 12:10
    ou par les forces de police
  • 12:10 - 12:12
    qui avaient tenté de régler la situation.
  • 12:12 - 12:14
    Pratiquement tous les morts
  • 12:14 - 12:16
    l'ont été par inhalation de gaz.
  • 12:16 - 12:18
    Le nombre total de morts
  • 12:18 - 12:20
    est plutôt incertain,
  • 12:20 - 12:22
    mais c'est certainement un peu plus que ça,
  • 12:22 - 12:24
    parce d'autres personnes sont mortes dans les jours qui ont suivi.
  • 12:24 - 12:26
    C'était un des problèmes particuliers dont on a parlé,
  • 12:26 - 12:28
    quant à l'usage sans discernement de ces armes.
  • 12:28 - 12:30
    Le second problème de l'utilisation des armes
  • 12:30 - 12:32
    non létales par l'armée, dont on parle parfois,
  • 12:32 - 12:35
    c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, dans la convention sur les armes chimiques,
  • 12:35 - 12:37
    il est très clair que vous ne pouvez pas utiliser des agents anti-émeute
  • 12:37 - 12:39
    comme une arme de guerre,
  • 12:39 - 12:42
    le problème est que l'on voit quelquefois
  • 12:42 - 12:45
    des armes non létales utilisées, non pas comme une alternative à la force létale,
  • 12:45 - 12:48
    mais comme un amplificateur de cette force --
  • 12:48 - 12:50
    vous utilisez d'abord les armes non létales
  • 12:50 - 12:53
    afin que les armes létales soient plus efficaces.
  • 12:53 - 12:55
    Les gens sur lesquels vous allez tirer
  • 12:55 - 12:57
    ne seront pas en mesure de s'échapper.
  • 12:57 - 13:00
    Ils ne seront pas conscients de ce qui se passe et vous pourrez les tuer plus facilement.
  • 13:00 - 13:03
    En fait, c'est exactement ce qui s'est passé ici.
  • 13:03 - 13:06
    Les preneurs d'otages qui se sont évanouis à cause du gaz
  • 13:06 - 13:08
    n'ont pas été arrêtés,
  • 13:08 - 13:11
    ils ont été exécutés d'une balle dans la tête.
  • 13:11 - 13:13
    Cette arme non létale
  • 13:13 - 13:15
    a été utilisée, en fait, dans ce cas,
  • 13:15 - 13:18
    comme un amplificateur de force létale,
  • 13:18 - 13:20
    pour tuer plus efficacement,
  • 13:20 - 13:23
    dans cette situation précise.
  • 13:23 - 13:25
    Un autre problème que je souhaite évoquer rapidement
  • 13:25 - 13:27
    est qu'il y a un tas de problèmes
  • 13:27 - 13:29
    avec la manière dont on apprend aux gens
  • 13:29 - 13:31
    à utiliser les armes non létales,
  • 13:31 - 13:33
    dont on les forme et dont on les teste.
  • 13:33 - 13:36
    Elles sont testées dans un contexte sûr et agréable.
  • 13:36 - 13:39
    Les gens sont donc formés à leur utilisation dans un environnement sûr,
  • 13:39 - 13:42
    comme celui-ci, où l'on voit tout ce qui se passe.
  • 13:42 - 13:45
    La personne qui utilise la bombe lacrymogène porte un gant en caoutchouc
  • 13:45 - 13:47
    pour être sûr de ne pas être contaminé.
  • 13:47 - 13:49
    Mais on ne les utilisera jamais comme ça.
  • 13:49 - 13:51
    Dans le monde réel, comme ici au Texas,
  • 13:51 - 13:55
    on les utilisera comme cela.
  • 13:55 - 13:58
    Je reconnais, ce cas particulier
  • 13:58 - 14:00
    était celui qui a éveillé mon intérêt pour tout ça.
  • 14:00 - 14:03
    C'est arrivé alors que j'étais chercheur à l'académie de marine des États-Unis.
  • 14:03 - 14:06
    Les journaux avaient commencé à parler de cette affaire
  • 14:06 - 14:09
    où cette femme se disputait avec l'officier de police.
  • 14:09 - 14:11
    Elle n'était pas violente.
  • 14:11 - 14:13
    En fait, il fait sans doute 20 cm de plus que moi,
  • 14:13 - 14:16
    elle était à peu près de cette taille.
  • 14:16 - 14:18
    A la fin, elle lui a dit :
  • 14:18 - 14:20
    "Eh bien, je remonte dans ma voiture."
  • 14:20 - 14:22
    Et lui : "Si vous remontez en voiture, j'utilise mon taser."
  • 14:22 - 14:25
    Elle a répondu : "Allez-y." Et il l'a fait.
  • 14:25 - 14:27
    Tout a été filmé par la caméra vidéo
  • 14:27 - 14:31
    située à l'avant de la voiture de police.
  • 14:31 - 14:34
    Elle a 72 ans,
  • 14:34 - 14:38
    on voit bien que c'est la manière la plus appropriée de la traiter.
  • 14:38 - 14:40
    D'autres exemples d'actes du même genre
  • 14:40 - 14:42
    avec d'autres gens, on se demande,
  • 14:42 - 14:45
    on se demande : "Est-ce vraiment la meilleure manière d'utiliser ces armes?"
  • 14:45 - 14:47
    "Un chef de la police tire au taser dans la tête d'une jeune fille de 14 ans."
  • 14:47 - 14:50
    "Elle se sauvait. Que pouvais-je faire d'autre?"
  • 14:50 - 14:53
    (Rires)
  • 14:53 - 14:55
    Ou en Floride :
  • 14:55 - 14:58
    "La police tire au taser sur un garçon de 6 ans à l'école primaire."
  • 14:58 - 15:00
    Clairement, cet incident leur a beaucoup appris
  • 15:00 - 15:02
    car, dans le même district :
  • 15:02 - 15:04
    "La police revoit ses consignes après avoir choqué des enfants :
  • 15:04 - 15:07
    un 2e enfant choqué par un Taser en quelques semaines."
  • 15:07 - 15:09
    C'est le même district de police.
  • 15:09 - 15:12
    Un autre enfant quelques semaines après celui de six ans.
  • 15:12 - 15:14
    Juste au cas où vous penseriez
  • 15:14 - 15:16
    que cela n'arrive qu'aux États-Unis,
  • 15:16 - 15:18
    cela est arrivé aussi au Canada.
  • 15:18 - 15:20
    Un de mes collègues
  • 15:20 - 15:22
    m'a envoyé cette dépêche de Londres.
  • 15:22 - 15:25
    Mais ma préférée, je dois le reconnaître,
  • 15:25 - 15:28
    vient en fait des États-Unis :
  • 15:28 - 15:31
    "Des policiers tirent au Taser sur une femme handicapée de 86 ans dans son lit."
  • 15:31 - 15:35
    J'ai vérifié les dépêches.
  • 15:35 - 15:38
    Je les ai lues. J'étais vraiment surpris.
  • 15:38 - 15:41
    Apparemment, elle avait pris une attitude plus menaçante dans son lit.
  • 15:41 - 15:43
    (Rires)
  • 15:43 - 15:45
    Ce n'est pas une blague. C'est ce qui est écrit.
  • 15:45 - 15:48
    "Elle avait pris une attitude plus menaçante dans son lit."
  • 15:48 - 15:50
    OK.
  • 15:50 - 15:52
    Mais je vous rappelle ce dont je parle,
  • 15:52 - 15:54
    je parle des usages militaires des armes non létales.
  • 15:54 - 15:56
    En quoi cela est-il pertinent?
  • 15:56 - 15:58
    La police observe en fait plus de retenue dans l'usage de la force
  • 15:58 - 16:00
    que les militaires.
  • 16:00 - 16:03
    Ils sont entraînés pour avoir plus de retenue que les militaires.
  • 16:03 - 16:06
    Ils sont entraînés pour réfléchir plus, essayer de calmer le jeu.
  • 16:06 - 16:09
    Si on a ces problèmes avec des policiers équipés d'armes non létales,
  • 16:09 - 16:11
    qu'est-ce qui pourrait vous faire croire
  • 16:11 - 16:14
    que ça sera mieux avec les militaires?
  • 16:15 - 16:18
    La dernière chose que je voudrais dire,
  • 16:18 - 16:20
    quand je parle à la police
  • 16:20 - 16:22
    de ce que pourrait être l'arme non létale parfaite,
  • 16:22 - 16:24
    ils disent invariablement la même chose.
  • 16:24 - 16:27
    Ils disent : "Eh bien, ça doit être quelque chose d'assez méchant
  • 16:27 - 16:29
    pour que les gens n'aient pas envie qu'on les frappe avec."
  • 16:29 - 16:31
    Si vous menacez de vous en servir,
  • 16:31 - 16:34
    les gens obtempèreront,
  • 16:34 - 16:36
    mais ce sera aussi quelque chose
  • 16:36 - 16:40
    sans effets de longue durée."
  • 16:40 - 16:43
    En d'autres termes, l'arme non létale idéale
  • 16:43 - 16:45
    est quelque chose idéal pour infliger des mauvais traitements.
  • 16:45 - 16:47
    Qu'auraient fait ces gens
  • 16:47 - 16:49
    s'ils avaient eu des Tasers
  • 16:49 - 16:51
    ou une version portable
  • 16:51 - 16:53
    de l'ADS --
  • 16:53 - 16:56
    un petit rayon de chaleur utilisable sur les gens
  • 16:56 - 16:58
    sans inquiétude.
  • 16:58 - 17:01
    Je pense donc, oui, qu'il y aura des cas
  • 17:01 - 17:03
    où les armes non-mortelles seront très utiles,
  • 17:03 - 17:05
    mais il y aura aussi tout un tas de problèmes
  • 17:05 - 17:07
    auxquels il faut également réfléchir.
  • 17:07 - 17:09
    Merci beaucoup.
  • 17:09 - 17:11
    (Applaudissements)
Title:
Stephen Coleman : les dangers moraux des armes non létales
Speaker:
Stephen Coleman
Description:

Les bombes de défense et les tasers sont de plus en plus utilisés par la police et l'armée. D'autres armes non létales moins connues, comme les rayons de chaleur, sont dans les tuyaux. A TEDxCanberra, le philosophe Stephen Coleman explore les conséquences inattendues de leur usage et pose quelques questions gênantes.

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Video Language:
English
Team:
TED
Project:
TEDTalks
Duration:
17:11
eric vautier added a translation

French subtitles

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