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← Comment les visas de travailleurs invités pourraient transformer le système d'immigration américain

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Showing Revision 5 created 03/04/2020 by eric vautier.

  1. En octobre 2018,
  2. Juan Carlos Rivera
    ne pouvait plus se permettre
  3. de vivre dans sa maison
    à Copan, au Honduras.
  4. Selon le « Dallas Morning News »,
  5. un gang lui soutirait 10 %
    des gains de son salon de coiffure.
  6. Sa femme s'est fait agresser
    en allant enseigner en maternelle.
  7. Et ils s'inquiétaient
    pour la sécurité de leur jeune fille.
  8. Que pouvaient-ils faire ?
  9. S'enfuir ?
  10. Demander l'asile dans un autre pays ?
  11. Ils ne voulaient pas faire ça.
  12. Ils voulaient juste vivre
    dans leur pays en sécurité.
  13. Mais leurs choix étaient limités.
  14. Alors ce mois-là,
  15. Juan Carlos a installé sa famille
    dans un lieu plus sûr
  16. et a rejoint un groupe de migrants
    pour un long et périlleux voyage
  17. de l'Amérique centrale
  18. à un emploi
  19. qu'un membre de sa famille
    lui a trouvé aux États-Unis.
  20. Nous savons tous ce qui les attendait
  21. à la frontière américano-mexicaine
  22. Les peines de plus en plus sévères
    infligées à ceux qui la traversent.
  23. Les poursuites pénales
    pour passage illégal.
  24. La détention inhumaine.
  25. Et le plus terrible,
    la séparation des familles.
  26. Je suis venu vous dire que
    non seulement ce traitement est injuste,
  27. mais il est inutile.
  28. Cette croyance que la seule façon
    de maintenir l'ordre
  29. est de recourir à des méthodes inhumaines,
  30. est erronée.
  31. Et en fait, c'est tout le contraire.
  32. Seul un système humain
  33. peut rétablir l'ordre à la frontière.
  34. Si on peut aller aux États-Unis
  35. légalement, en sécurité et sans heurt,
  36. très peu de gens choisissent
    de voyager dangereusement,
  37. de façon chaotique ou illégale.
  38. Je comprends que l'idée
  39. que l'immigration légale puisse
    simplement résoudre la crise frontalière
  40. puisse sembler un peu fantaisiste.
  41. Mais il y a une bonne nouvelle :
  42. nous l'avons déjà fait.
  43. Je travaille sur l'immigration
    depuis des années au Cato Institute
  44. et avec d'autres groupes
    de réflexion à Washington
  45. et comme conseiller politique principal
    d'un membre républicain du Congrès,
  46. à négocier une réforme bipartisane
    de l'immigration.
  47. Et j'ai vu de mes propres yeux
  48. comment l'Amérique a mis en place
    un système d'ordre humain
  49. à la frontière du Mexique.
  50. Ça s'appelle un programme
    de travailleurs invités.
  51. Et il y a encore mieux.
  52. Nous pouvons reproduire ce succès
    pour l'Amérique centrale.
  53. Bien sûr, certaines personnes
  54. devront encore
    demander l'asile à la frontière.
  55. Mais il faut comprendre
    à quel point cela pourrait fonctionner
  56. pour des immigrants comme Juan Carlos,
  57. comprendre que jusqu'à récemment,
  58. presque tous les immigrants
    arrêtés par la patrouille frontalière
  59. étaient mexicains.
  60. En 1986,
  61. chaque agent de la patrouille frontalière
    a arrêté 510 Mexicains.
  62. Bien plus qu'un par jour.
  63. En 2019, ce nombre
    n'était plus que de huit.
  64. Soit un tous les 43 jours.
  65. C'est une diminution de 98 %.
  66. Alors, où sont passés tous les Mexicains ?
  67. Le changement le plus significatif
  68. est que les États-Unis
    ont commencé à délivrer
  69. des centaines de milliers de visas
    de travailleurs invités aux Mexicains,
  70. afin qu'ils puissent venir légalement.
  71. José Vásquez Cabrera a été
  72. l'un des premiers
    travailleurs invités mexicains
  73. à profiter de cette extension de visa.
  74. Il a raconté au New York Times
    qu'avant son visa,
  75. il avait fait de terrifiants
    passages de frontière illégaux,
  76. bravant la chaleur mortelle
    et la traîtrise du terrain.
  77. Une fois, un serpent
  78. a tué un membre de son groupe.
  79. Des milliers d'autres Mexicains
    n'ont pas non plus réussi,
  80. morts de déshydratation dans le désert
    ou noyés dans le Rio Grande.
  81. Des millions d'autres
    ont été poursuivis et arrêtés.
  82. Les visas de travailleurs invités
    ont presque mis fin à ce chaos inhumain.
  83. Comme l'a dit Vásquez Cabrera :
  84. « Je n'ai plus à risquer ma vie
  85. pour faire vivre ma famille.
  86. Et quand je suis ici,
    je n'ai pas à vivre caché. »
  87. Les visas de travailleurs invités
    ont réduit le nombre de passages illégaux
  88. plus que le nombre de visas délivrés.
  89. Jose Bacilio,
    un autre travailleur invité mexicain,
  90. a expliqué pourquoi
    au Washington Post en avril.
  91. Il a dit que, même s'il n'avait pas reçu
    de visa cette année,
  92. il ne risquerait pas ses chances futures
  93. en traversant illégalement.
  94. Cela explique sans doute pourquoi,
  95. de 1996 à 2019,
  96. pour chaque travailleur invité
    admis légalement et venant du Mexique,
  97. les arrestations de Mexicains traversant
    illégalement ont été divisées par deux.
  98. Il est vrai que
  99. les travailleurs invités mexicains
    font des boulots très durs.
  100. Cueillette des fruits,
    nettoyage de crabes,
  101. aménagement paysager par 40 degrés.
  102. Et des opposants disent
    que les visas de travailleurs invités
  103. ne sont pas humains
  104. et que les travailleurs
    sont des esclaves maltraités.
  105. Mais Vásquez Cabrera
  106. pensait qu'un visa de travailleur
    invité était une libération.
  107. Pas de l'esclavage.
  108. Et comme la plupart
    des travailleurs invités,
  109. il a choisi la voie légale
  110. plutôt que l'illégale, plusieurs fois.
  111. L'essor des visas
    de travailleurs invités pour les Mexicains
  112. a été l'un des changements humains
    les plus importants
  113. dans la politique
    d'immigration américaine.
  114. Et ce changement humain
  115. a imposé l'ordre au chaos.
  116. Alors qu'en est-il des Centraméricains
  117. comme Juan Carlos ?
  118. Les Centraméricains ont reçu
  119. seulement 3%
  120. des visas de travailleurs invités
    délivrés en 2019,
  121. alors que leur taux d'arrestations
    à la frontière
  122. est passé à 74 %.
  123. Le ratio de visas de travailleur invité
    délivrés par les États-Unis
  124. à des Centraméricains
  125. est de 1 pour 78 personnes
  126. ayant franchi illégalement
    la frontière en 2019.
  127. Donc, s'ils ne peuvent pas
    obtenir de papiers chez eux,
  128. beaucoup prennent le risque,
  129. traversant le Mexique
  130. pour demander l'asile à la frontière
  131. ou en passant illégalement,
  132. même si, comme Juan Carlos,
    ils préfèrent venir travailler.
  133. Les États-Unis peuvent faire mieux.
  134. Ils doivent créer de nouveaux visas
    de travailleurs invités
  135. spécifiquement pour les Centraméricains.
  136. Cela encouragerait
    les entreprises américaines
  137. à rechercher et à embaucher
    des Centraméricains,
  138. à payer leurs vols vers les États-Unis,
  139. et à les détourner de leur marche illégale
    et dangereuse vers le nord.
  140. Les Centraméricains pourraient mener
    une vie prospère chez eux,
  141. sans avoir à demander
    l'asile à la frontière
  142. ou passer illégalement,
  143. libérant ainsi un système dépassé.
  144. Certains pourraient dire
  145. que laisser les travailleurs
    aller et venir
  146. ne fonctionnera jamais
    en Amérique centrale
  147. où la violence est si forte.
  148. Mais là encore,
    cela a fonctionné au Mexique,
  149. alors que les meurtres au Mexique
  150. ont plus que triplé
    ces dix dernières années,
  151. jusqu'à un niveau supérieur
    au reste de l'Amérique centrale.
  152. Et cela fonctionnerait pour Juan Carlos,
  153. qui a déclaré que, malgré les menaces,
  154. il ne veut vivre aux États-Unis
    que temporairement,
  155. pour gagner de quoi faire vivre
    sa famille dans leur nouveau foyer.
  156. Il a même suggéré
  157. qu'un programme de travailleurs invités
  158. serait l'une des meilleures façons
    d'aider les Honduriens comme lui.
  159. Cintia, une Hondurienne de 29 ans,
  160. mère célibataire de trois enfants,
  161. semble être d'accord.
  162. Elle a dit au Wall Street Journal
    qu'elle était venue pour un emploi
  163. pour faire vivre ses enfants et sa mère.
  164. Des enquêtes sur des Centraméricains
    traversant le Mexique,
  165. par « El Colegio de la Frontera Norte »
    au Mexique,
  166. confirment que Juan et Cintia
    sont la norme.
  167. La plupart, pas tous,
    mais la plupart viennent pour travailler,
  168. même si, comme les Rivera,
  169. ils font face à de réelles menaces
    dans leur pays.
  170. Dans quelle mesure
  171. un emploi à bas salaire aiderait-il
  172. un Hondurien, comme Juan ou Cintia ?
  173. Les Honduriens comme eux gagnent autant
  174. en un mois aux États-Unis
  175. qu'en une année entière
  176. en travaillant au Honduras.
  177. Quelques années de travail aux États-Unis
  178. peuvent propulser un Centraméricain
    dans la classe moyenne supérieure
  179. où la sécurité est plus évidente.
  180. Ce n'est pas l'envie de travailler
    qui manque aux Centraméricains.
  181. Ni le désir de contribuer
    à l'économie américaine,
  182. de contribuer à la vie des Américains.
  183. Ce qui manque aux Centraméricains,
    c'est une alternative légale à l'asile.
  184. Pouvoir le faire légalement.
  185. Bien sûr, un nouveau programme
    de travailleurs invités
  186. ne résoudra pas 100 %
  187. de ce phénomène complexe.
  188. De nombreux demandeurs d'asile
    viendront encore chercher la sécurité
  189. à la frontière américaine.
  190. Mais avec des flux réduits,
  191. il nous est plus facile
    de les traiter humainement.
  192. Mais au final,
  193. aucune politique n'a prouvé
    qu'elle pouvait faire plus
  194. pour créer un système d'immigration
    à la fois humain
  195. et ordonné
  196. que de laisser les travailleurs
    venir légalement.
  197. Merci.
  198. (Applaudissements)