Return to Video

Notre débat sur l'immigration est faussé - voici comment l'améliorer

  • 0:00 - 0:05
    On entend souvent ces jours-ci
    que notre système migratoire est grippé.
  • 0:05 - 0:10
    Je voudrais soutenir que c'est notre
    débat sur l'immigration qui est faussé,
  • 0:10 - 0:14
    et suggérer ce qui nous permettrait
    ensemble de l'améliorer.
  • 0:15 - 0:18
    A ces fins, je vais proposer
    de nouvelles questions
  • 0:18 - 0:19
    sur l'immigration,
  • 0:19 - 0:20
    les États-Unis
  • 0:20 - 0:22
    et le monde,
  • 0:22 - 0:27
    des questions qui pourraient déplacer
    les limites du débat sur l'immigration.
  • 0:27 - 0:32
    Je ne commencerai pas
    par l'actuelle question brûlante,
  • 0:32 - 0:36
    même si la vie et le bien-être
    des migrants sont mis en danger
  • 0:36 - 0:39
    aux frontières étasuniennes et au-delà.
  • 0:40 - 0:42
    A l'inverse, je vais revenir
    à mes années de licence
  • 0:42 - 0:46
    dans le New Jersey, dans les années 90,
    quand j'étudiais l'histoire américaine,
  • 0:46 - 0:49
    que j'enseigne aujourd'hui
    à l'Université Vanderbilt
  • 0:49 - 0:51
    à Nashville, dans le Tennessee.
  • 0:52 - 0:53
    Et quand je n'étudiais pas,
  • 0:53 - 0:55
    parfois pour éviter
    de rédiger une dissertation,
  • 0:55 - 0:58
    mes amis et moi allions en ville
  • 0:58 - 1:03
    pour distribuer des tracts colorés
    contre la législation
  • 1:03 - 1:07
    qui menaçaient de faire disparaître
    les droits des migrants.
  • 1:07 - 1:10
    Nos tracts étaient sincères,
    ils ne pensaient pas à mal,
  • 1:10 - 1:13
    ils étaient factuellement exacts…
  • 1:13 - 1:16
    Mais, je m'en rends compte aujourd'hui,
    ils avaient un défaut.
  • 1:16 - 1:17
    Voici ce qui était écrit :
  • 1:17 - 1:21
    « N'enlevez pas le droit des migrants
    à l'éducation,
  • 1:21 - 1:24
    à la santé, à la couverture sociale.
  • 1:24 - 1:26
    Ils travaillent dur.
  • 1:26 - 1:28
    Ils payent des impôts.
  • 1:28 - 1:29
    Ils respectent la loi.
  • 1:29 - 1:32
    Ils font moins appel aux
    services sociaux que les Américains.
  • 1:33 - 1:35
    Ils ont envie d'apprendre l'anglais,
  • 1:35 - 1:40
    et leurs enfants servent notre pays
    dans l'armée américaine. »
  • 1:40 - 1:44
    Évidemment, nous entendons
    ces arguments tous les jours.
  • 1:44 - 1:47
    Les migrants et leurs défenseurs
    s'en servent
  • 1:47 - 1:51
    face à ceux qui veulent
    leur retirer leurs droits,
  • 1:51 - 1:54
    voire les exclure de la société.
  • 1:54 - 1:57
    Et dans une certaine mesure,
    il fait parfaitement sens
  • 1:57 - 2:02
    que les défenseurs des migrants
    se tournent vers ce type d'arguments.
  • 2:03 - 2:06
    Mais à long terme, et même
    peut-être d'ailleurs à court terme,
  • 2:06 - 2:09
    je pense que ces arguments
    peuvent être contre-productifs.
  • 2:10 - 2:12
    Pourquoi ?
  • 2:12 - 2:14
    Parce que c'est beaucoup plus difficile
  • 2:14 - 2:17
    de vous défendre
    sur le terrain de votre adversaire.
  • 2:18 - 2:22
    Et involontairement, les tracts
    que mes amis et moi distribuions,
  • 2:22 - 2:25
    tout comme les arguments
    que nous entendons aujourd'hui
  • 2:25 - 2:28
    faisaient le jeu des anti-migrants.
  • 2:29 - 2:31
    On faisait leur jeu
    en partie en cautionnant
  • 2:31 - 2:34
    que les migrants venaient de l'extérieur,
  • 2:34 - 2:37
    plutôt que, comme j'espère
    le suggérer dans quelques minutes,
  • 2:37 - 2:41
    des gens qui sont déjà,
    de manière importante, à l'intérieur.
  • 2:42 - 2:46
    Ceux qui sont hostiles
    aux migrants, les nativistes,
  • 2:46 - 2:49
    ont réussi à restreindre
    le débat sur l'immigration
  • 2:49 - 2:51
    autour de trois questions principales.
  • 2:52 - 2:57
    Premièrement : est-ce que les migrants
    peuvent être utiles ?
  • 2:57 - 3:01
    Comment pouvons-nous nous servir d'eux ?
  • 3:01 - 3:05
    Nous rendront-ils
    plus riches et plus forts ?
  • 3:06 - 3:09
    La réponse des nativistes
    à cette question est non,
  • 3:09 - 3:11
    les migrants ont peu,
    voire rien, à nous offrir.
  • 3:13 - 3:17
    Deuxièmement : est-ce que
    les migrants sont différents ?
  • 3:18 - 3:22
    Peuvent-ils devenir comme nous ?
  • 3:23 - 3:25
    Devenir un peu plus comme nous ?
  • 3:25 - 3:27
    Sont-ils capables de s'intégrer ?
  • 3:27 - 3:29
    Ont-ils envie de s'intégrer ?
  • 3:29 - 3:32
    Ici, à nouveau,
    la réponse du nativiste est non,
  • 3:32 - 3:36
    les migrants seront toujours
    différents et inférieurs.
  • 3:37 - 3:42
    Troisièmement : est-ce que
    les migrants sont des parasites ?
  • 3:43 - 3:46
    Sont-ils dangereux pour nous ?
    Vont-ils piller nos ressources ?
  • 3:47 - 3:51
    Ici, la réponse du nativiste est oui,
  • 3:51 - 3:54
    les migrants sont une menace
    et pillent nos richesses.
  • 3:56 - 4:00
    Je voudrais suggérer que ces trois
    questions et l'esprit qui les sous-tend
  • 4:00 - 4:04
    ont réussi à limiter les contours
    plus larges du débat sur l'immigration.
  • 4:04 - 4:09
    Ces questions sont anti-migrants
    et nativistes en leur cœur,
  • 4:09 - 4:15
    construites autour d'une sorte
    de division entre locaux et étrangers,
  • 4:15 - 4:16
    eux et nous,
  • 4:16 - 4:19
    où nous seuls comptons,
  • 4:19 - 4:20
    et pas eux.
  • 4:21 - 4:25
    Et ce qui donne de l'énergie
    et de l'attrait à ces questions
  • 4:25 - 4:27
    au-delà du groupe
    des nativistes convaincus
  • 4:27 - 4:31
    est la manière dont elles puisent
    dans le sens, apparemment anodin,
  • 4:32 - 4:33
    de l'appartenance nationale,
  • 4:33 - 4:36
    pour l'activer, l'augmenter
  • 4:36 - 4:38
    et l'exacerber.
  • 4:39 - 4:43
    Les nativistes se consacrent
    à définir des distinctions radicales
  • 4:43 - 4:46
    entre les locaux et les étrangers.
  • 4:46 - 4:50
    Mais cette distinction est au cœur de la
    façon dont les nations se définissent.
  • 4:51 - 4:54
    La fracture
    entre l'intérieur et l'extérieur,
  • 4:54 - 4:59
    qui court souvent profondément le long
    des lignes de la race et de la religion,
  • 4:59 - 5:02
    peut toujours être élargie et exploitée.
  • 5:03 - 5:07
    Et cela donne possiblement
    une résonnance aux approches nativistes,
  • 5:08 - 5:11
    bien au-delà de ceux qui se considèrent
    anti-migrants,
  • 5:11 - 5:16
    et étonnamment, même parfois ceux
    qui se décrivent comme pro-migrants.
  • 5:16 - 5:21
    Ainsi, par exemple, quand des pro-migrants
  • 5:21 - 5:24
    répondent aux questions
    posées par les nativistes,
  • 5:24 - 5:25
    ils le font sérieusement.
  • 5:25 - 5:28
    Ainsi, ils légitiment ces questions,
    et, d'une certaine manière,
  • 5:29 - 5:32
    les hypothèses anti-migrants
    sous-jacentes.
  • 5:32 - 5:36
    Quand on prend ces questions
    au sérieux sans s'en rendre compte,
  • 5:36 - 5:40
    on renforce les frontières
    fermées et excluantes
  • 5:40 - 5:42
    de cette conversation.
  • 5:43 - 5:45
    Comment en est-on arrivé là ?
  • 5:45 - 5:49
    Comment est-ce que cela a pu devenir
    la manière de parler de l'immigration ?
  • 5:50 - 5:51
    Prenons un peu de recul,
  • 5:51 - 5:53
    c'est là que ma formation
    d'historien intervient.
  • 5:53 - 6:00
    Durant les cent premières années
    des États-Unis en tant que nation,
  • 6:00 - 6:03
    il y avait très peu de frein
    à l'immigration au niveau national.
  • 6:03 - 6:06
    De nombreux politiciens
    et patrons ont travaillé dur
  • 6:06 - 6:08
    à recruter des immigrants
  • 6:08 - 6:10
    pour construire l'industrie
  • 6:10 - 6:14
    et servent de pionniers,
    pour conquérir le continent.
  • 6:15 - 6:18
    Mais après la Guerre de Sécession,
  • 6:18 - 6:23
    les voix des nativistes
    ont grandi en volume et en force.
  • 6:23 - 6:28
    Les immigrés asiatiques, sud-américains,
    caribéens et européens
  • 6:28 - 6:31
    qui avaient creusé les canaux du pays,
  • 6:31 - 6:33
    préparé les repas,
  • 6:33 - 6:35
    combattu dans leurs guerres
  • 6:35 - 6:37
    et mis leurs enfants au lit
  • 6:37 - 6:40
    se virent opposer une xénophobie
    nouvelle et intense,
  • 6:40 - 6:44
    qui les classa comme étrangers définitifs,
  • 6:44 - 6:47
    à qui on ne permettrait jamais
    de devenir citoyens.
  • 6:48 - 6:51
    Dans les années 20,
    les nativistes l'emportèrent,
  • 6:51 - 6:53
    en faisant voter des lois racistes
  • 6:53 - 6:58
    qui refoulèrent un nombre incalculable
    d'immigrés et de réfugiés vulnérables.
  • 6:59 - 7:02
    Les immigrés et leurs défenseurs
    firent de leur mieux pour répondre,
  • 7:02 - 7:05
    mais ils étaient sur la défensive,
  • 7:05 - 7:08
    englués en quelque sorte
    dans les filets des nativistes.
  • 7:09 - 7:14
    Quand les nativistes disaient
    que les immigrés n'étaient pas utiles,
  • 7:14 - 7:16
    leurs défenseurs disaient que si.
  • 7:17 - 7:22
    Quand les nativistes accusaient
    les immigrés d'être différents,
  • 7:22 - 7:24
    leurs défenseurs disaient
    qu'ils s'assimileraient.
  • 7:26 - 7:32
    Quand les nativistes décrivaient les
    immigrés comme des parasites dangereux,
  • 7:32 - 7:35
    leurs défenseurs mettaient en avant
    leur loyauté, leur obéissance,
  • 7:35 - 7:37
    leur force de travail, leur frugalité.
  • 7:38 - 7:42
    Même si des gens accueillaient
    des migrants,
  • 7:42 - 7:48
    beaucoup les regardaient comme des objets
    de pitié, des gens qu'il fallait sauver,
  • 7:48 - 7:50
    qu'il fallait faire grandir,
  • 7:50 - 7:52
    qu'il fallait tolérer,
  • 7:52 - 7:58
    mais jamais totalement considérés
    comme des égaux en droits et en respect.
  • 7:59 - 8:06
    Après la Seconde Guerre mondiale,
    et surtout des années 60 à aujourd'hui,
  • 8:06 - 8:09
    les migrants et leurs défenseurs
    ont remporté la bataille,
  • 8:09 - 8:12
    renversant les restrictions du 20e siècle,
  • 8:12 - 8:16
    et obtenant un système qui favorisait
    la réunion des familles,
  • 8:16 - 8:18
    l'admission des réfugiés
  • 8:18 - 8:21
    et l'admission de ceux
    qui avaient certaines compétences.
  • 8:22 - 8:23
    Mais même là,
  • 8:23 - 8:27
    ils ne réussirent pas à changer
    fondamentalement les termes du débat.
  • 8:27 - 8:30
    Et ce cadre de pensée perdure,
  • 8:30 - 8:35
    prêt à servir de nouveau
    au moment opportun.
  • 8:36 - 8:38
    Cette discussion n'est pas la bonne.
  • 8:39 - 8:43
    Ces vieilles questions
    sont dangereuses et sources de conflit.
  • 8:43 - 8:46
    Donc comment passer de cette discussion
  • 8:46 - 8:51
    à une autre qui saura nous rapprocher
    d'un monde plus juste,
  • 8:51 - 8:52
    avec plus de justice,
  • 8:52 - 8:54
    et avec plus de sécurité ?
  • 8:55 - 8:57
    Je voudrais suggérer
    que nous devons accomplir
  • 8:57 - 9:01
    une des choses les plus difficiles
    à accomplir pour une société :
  • 9:01 - 9:05
    changer la définition
    de qui est important,
  • 9:05 - 9:08
    celui dont la survie, les droits
  • 9:08 - 9:11
    et l'épanouissement ont de l'importance.
  • 9:11 - 9:14
    Nous devons redessiner ces limites,
  • 9:14 - 9:18
    redessiner nos frontières.
  • 9:19 - 9:25
    Pour ce faire, nous devons d'abord
    reconsidérer notre vision du monde,
  • 9:25 - 9:27
    partagée mais sérieusement fausse.
  • 9:27 - 9:29
    Selon cette vision,
  • 9:29 - 9:33
    il y a l'intérieur des frontières,
    l'intérieur de la nation,
  • 9:33 - 9:37
    là où nous vivons, travaillons
    et faisons nos petites affaires.
  • 9:38 - 9:41
    Et il y a l'extérieur, tout le reste.
  • 9:42 - 9:45
    D'après notre vision du monde,
    quand les migrants arrivent,
  • 9:45 - 9:48
    ils passent de l'extérieur à l'intérieur,
  • 9:48 - 9:51
    mais ils restent des étrangers.
  • 9:51 - 9:55
    Tout ce qu'ils reçoivent
  • 9:55 - 9:59
    est un don de notre part
    plutôt qu'un droit.
  • 9:59 - 10:04
    Ce n'est pas difficile de comprendre
    pourquoi cette vision est partagée.
  • 10:04 - 10:08
    Elle est renforcée au quotidien
    par nos paroles et nos actes,
  • 10:08 - 10:11
    y compris dans les cartes
    accrochées dans nos classes.
  • 10:12 - 10:15
    Le problème avec cette vision est
    qu'elle ne correspond tout simplement pas
  • 10:15 - 10:18
    à la manière
    dont fonctionne le monde aujourd'hui,
  • 10:18 - 10:20
    ni celle dont il fonctionnait autrefois.
  • 10:21 - 10:26
    Bien sûr, les travailleurs américains
    ont produit la richesse de la société.
  • 10:26 - 10:28
    Mais les immigrés aussi,
  • 10:28 - 10:31
    surtout dans des pans indispensables
    de l'économie américaine
  • 10:31 - 10:34
    où peu d'Américains travaillent,
    comme l'agriculture.
  • 10:35 - 10:36
    Depuis la création de notre pays,
  • 10:36 - 10:41
    les Américains font partie
    des forces vives du pays.
  • 10:42 - 10:47
    Bien sûr, ils ont créé des institutions
  • 10:47 - 10:49
    qui garantissent leurs droits.
  • 10:49 - 10:51
    Mais les immigrés aussi.
  • 10:51 - 10:54
    Ils étaient présents dans tous
    les mouvements sociaux majeurs,
  • 10:54 - 10:57
    dont ceux pour les droits civils
    et le droit du travail,
  • 10:57 - 11:00
    qui ont permis d'étendre
    ces droits à tous dans la société.
  • 11:00 - 11:04
    Les immigrés participent
    donc déjà au combat
  • 11:04 - 11:07
    pour les droits, la démocratie
    et la liberté.
  • 11:08 - 11:12
    Et finalement les Américains et les
    autres citoyens de l'hémisphère nord
  • 11:12 - 11:15
    se sont pas restés dans leur coin,
  • 11:15 - 11:17
    ils ne sont pas restés à l'intérieur.
  • 11:17 - 11:19
    Ils n'ont pas respecté les frontières.
  • 11:19 - 11:21
    Ils ont parcouru le monde avec leur armée,
  • 11:21 - 11:24
    ils ont conquis des territoires
    et des ressources,
  • 11:24 - 11:28
    et ils ont tiré des profits énormes
    des nombreux pays
  • 11:28 - 11:29
    d'où viennent les immigrés.
  • 11:30 - 11:36
    En ce sens, de nombreux immigrés font
    partie de la puissance américaine.
  • 11:37 - 11:42
    En ayant à l'esprit cette nouvelle
    carte de l'intérieur et de l'extérieur,
  • 11:42 - 11:45
    la question n'est plus de savoir
    si des pays d'accueil
  • 11:45 - 11:47
    doivent accueillir des migrants.
  • 11:48 - 11:50
    Ils sont déjà là.
  • 11:50 - 11:53
    La question est plutôt de savoir
    si les États-Unis et les autres
  • 11:53 - 11:57
    vont donner aux migrants
    un accès aux droits et aux ressources
  • 11:57 - 12:01
    auxquels leur travail, leur activisme
    et leurs pays d'origine
  • 12:01 - 12:05
    ont déjà contribué
    fondamentalement à créer.
  • 12:06 - 12:09
    Avec cette nouvelle carte à l'esprit,
  • 12:09 - 12:13
    on peut passer à d'autres questions
    difficiles, dont on a urgemment besoin,
  • 12:13 - 12:17
    radicalement différentes des précédentes -
  • 12:17 - 12:21
    des questions qui pourraient déplacer
    les limites du débat sur l'immigration.
  • 12:23 - 12:27
    Nos trois questions concernent
    les droits des travailleurs,
  • 12:27 - 12:28
    la responsabilité
  • 12:28 - 12:30
    et l'égalité.
  • 12:33 - 12:36
    Tout d'abord, nous devons nous interroger
    sur les droits des travailleurs.
  • 12:36 - 12:39
    Les politiques actuelles diminuent
    la capacité des migrants
  • 12:39 - 12:41
    à se défendre eux-mêmes,
  • 12:41 - 12:43
    rendant leur exploitation plus facile
  • 12:43 - 12:46
    et baissant ainsi les salaires, les droits
    et la protection de tout le monde.
  • 12:47 - 12:49
    Quand les migrants
    sont menacés d'arrestation
  • 12:49 - 12:50
    et de reconduite à la frontière,
  • 12:50 - 12:53
    leurs employeurs savent
    qu'ils peuvent les exploiter,
  • 12:53 - 12:55
    leur dire que s'ils se défendent,
  • 12:55 - 12:57
    on les livrera à l'Immigration.
  • 12:57 - 13:00
    Quand les employeurs savent
  • 13:00 - 13:03
    qu'ils peuvent faire peur à un migrant
    à cause de l'absence de papiers,
  • 13:04 - 13:06
    cela rend le travailleur sur-exploitable,
  • 13:06 - 13:09
    et cela a un impact pas seulement
    sur les travailleurs immigrés,
  • 13:09 - 13:11
    mais sur tous les travailleurs.
  • 13:12 - 13:16
    Deuxièmement, nous devons poser
    des questions sur la responsabilité.
  • 13:16 - 13:20
    Quel rôle ont les pays riches
    et puissants, comme les États-Unis,
  • 13:20 - 13:22
    ont joué afin de rendre dur
    voire impossible
  • 13:22 - 13:26
    aux migrants de rester
    dans leur propre pays ?
  • 13:26 - 13:30
    Quitter son propre pays
    est difficile et dangereux,
  • 13:30 - 13:33
    mais de nombreux migrants n'ont tout
    simplement pas la possibilité de rester
  • 13:33 - 13:36
    s'ils veulent survivre.
  • 13:36 - 13:37
    Les guerres, les accords commerciaux
  • 13:37 - 13:40
    et les habitudes des consommateurs
    de l'hémisphère nord
  • 13:40 - 13:45
    jouent un rôle dévastateur majeur.
  • 13:45 - 13:49
    Quelle responsabilité les États-Unis,
  • 13:49 - 13:51
    l'Union européenne et la Chine -
  • 13:51 - 13:53
    les plus gros producteurs
    de CO2 au monde -
  • 13:53 - 13:56
    ont envers les millions
    de gens déjà déplacés
  • 13:56 - 13:58
    à cause du réchauffement climatique ?
  • 14:00 - 14:03
    Et troisièmement, nous devons poser
    la question de l'égalité.
  • 14:04 - 14:08
    Les inégalités mondiales sont un grave
    problème qui va en s'intensifiant.
  • 14:08 - 14:11
    Les écarts de revenus et de richesse
    se creusent dans le monde.
  • 14:12 - 14:15
    De plus en plus, ce qui détermine
    si vous êtes riche ou pauvre,
  • 14:15 - 14:16
    plus que toute autre chose,
  • 14:16 - 14:18
    c'est le pays où vous êtes né -
  • 14:18 - 14:21
    ce qui est génial si vous
    êtes né dans un pays prospère.
  • 14:21 - 14:26
    Mais cela signifie aujourd'hui
    une distribution profondément injuste
  • 14:26 - 14:31
    des chances de vivre une longue vie,
    en bonne santé et satisfaisante.
  • 14:31 - 14:34
    Quand les immigrés envoient
    de l'argent à leur famille,
  • 14:34 - 14:37
    cela joue un rôle important
    dans la réduction de ces écarts,
  • 14:37 - 14:39
    même si ça reste insuffisant.
  • 14:40 - 14:45
    Cela agit plus que tous les
    programmes d'aide réunis.
  • 14:47 - 14:49
    On a commencé avec la vision nativiste :
  • 14:49 - 14:52
    les migrants comme outils,
  • 14:52 - 14:54
    comme étrangers
  • 14:54 - 14:55
    et comme parasites.
  • 14:56 - 14:59
    Où est-ce que ces nouvelles questions
    de droits des travailleurs,
  • 14:59 - 15:01
    de responsabilité
  • 15:01 - 15:02
    et d'égalité
  • 15:02 - 15:04
    vous nous mener ?
  • 15:04 - 15:09
    Ces questions refusent la pitié,
    elles embrassent la justice.
  • 15:10 - 15:14
    Elles rejettent la division
    nativiste et nationaliste
  • 15:14 - 15:15
    du « eux contre nous ».
  • 15:15 - 15:18
    Elles vont nous aider à nous
    préparer aux problèmes qui arrivent,
  • 15:18 - 15:23
    et à ceux qui sont déjà là,
    comme le réchauffement climatique.
  • 15:23 - 15:27
    Il ne sera pas aisé de nous détourner
    des questions que nous posions jusqu'alors
  • 15:27 - 15:30
    pour poser ces questions nouvelles.
  • 15:30 - 15:32
    Ce n'est pas un défi évident
  • 15:32 - 15:36
    d'élargir nos frontières.
  • 15:37 - 15:41
    Cela demandera du courage,
    de l'inventivité et de l'intelligence.
  • 15:41 - 15:44
    Ces anciennes questions
    n'ont que trop duré,
  • 15:44 - 15:47
    elles ne partiront pas d'elles-mêmes,
  • 15:47 - 15:49
    ni du jour au lendemain.
  • 15:50 - 15:52
    Et même si nous arrivons
    à changer ces questions,
  • 15:52 - 15:54
    les réponses resteront compliquées,
  • 15:54 - 15:57
    et nécessiteront
    des sacrifices et des compromis.
  • 15:58 - 16:02
    Et dans un monde inégalitaire,
    nous devrons toujours prêter attention
  • 16:02 - 16:05
    à qui a le pouvoir
    de participer à la discussion
  • 16:05 - 16:06
    et qui ne l'a pas.
  • 16:07 - 16:09
    Mais les limites
    du débat sur l'immigration
  • 16:09 - 16:11
    peuvent être changées.
  • 16:11 - 16:14
    Cela dépend de nous tous.
  • 16:15 - 16:16
    Merci.
  • 16:16 - 16:19
    (Applaudissements)
Title:
Notre débat sur l'immigration est faussé - voici comment l'améliorer
Speaker:
Paul A. Kramer
Description:

Comment le débat sur l'immigration aux États-Unis a-t-il pu devenir aussi conflictuel ? Dans ce talk, l'historien et écrivain Paul A. Kramer montre comment l'affrontement « local contre étranger » a fini par dominer le débat et suggère de nouvelles questions qui pourraient changer la conversation à propos de ceux dont la vie, les droits et l'épanouissement comptent.

more » « less
Video Language:
English
Team:
TED
Project:
TEDTalks
Duration:
16:31

French subtitles

Revisions