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← Sortez de votre placard: : Ash Beckham à TEDxBoulder

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Subtitles translated from English Showing Revision 7 created 01/15/2016 by TED Translators admin.

  1. Je vais vous parler ce soir
  2. de sortir du placard.
  3. Et pas dans le sens
    où on l'entend habituellement,
  4. pas que du placard gay.
  5. Je crois que nous avons tous nos placards.
  6. Votre placard, c’est peut-être
    de dire à quelqu'un
  7. que vous l’aimez pour la première fois,
  8. ou que vous êtes enceinte,
  9. ou que vous avez un cancer,
  10. ou n’importe quelle autre
    conversation difficile
  11. que nous avons tout au long de nos vie.
  12. Un placard, en fait,
    c'est une conversation difficile.
  13. Et bien que nos sujets
    puissent énormément varier,
  14. l’expérience d’être
    dans le placard et d’en sortir
  15. est universelle.
  16. C’est effrayant, on déteste ça,
  17. et pourtant on doit le faire.
  18. Il y a plusieurs années,
    je travaillais au South Side Walnut Café,
  19. (Rires)
  20. un resto en ville,
  21. et pendant cette période,
  22. j'ai traversé plusieurs degrés
    d'intensité du militantisme lesbien.
  23. (Rires)
  24. Ne pas raser mes aisselles,
  25. citer des paroles d'Ain DiFranco
    comme l'Évangile,
  26. et selon l'ampleur de mes shorts,
  27. et de ma tête rasée récente,
  28. on me posait souvent la question,
  29. en général, ça venait d'un enfant.
  30. « Heu, tu es un garçon ou une fille ? »
  31. Et là, il y avait
    un silence gêné à la table.
  32. Alors, je serrais
    un peu plus les mâchoires,
  33. je tenais ma cafetière
    d'un air un peu plus vengeur.
  34. Le père feuilletait son journal
    avec embarras,
  35. et la mère jetait
    un regard glacial à son enfant.
  36. Je ne disais rien
  37. mais je bouillais intérieurement.
  38. Et ça en est arrivé au point
    qu’à chaque fois
  39. que j'arrivais à une table
    où il y avait un enfant
  40. entre 3 et 10 ans,
  41. j'étais prête à me battre.
  42. (Rires)
  43. Et c'était une impression affreuse.
  44. Alors je me suis promis
    que la prochaine fois,
  45. je dirais quelque chose.
  46. J'aurais cette conversation difficile.
  47. Quelques semaines plus tard,
    la situation se reproduit :
  48. « Tu es un garçon ou une fille ?
  49. Silence habituel.
  50. Mais cette fois, je suis prête.
  51. Je suis sur le point d’évoquer toute
    l'histoire du féminisme à cette table.
  52. (Rrires)
  53. J'ai mes citations de Betty Friedan,
  54. j'ai mes citations de Gloria Steinem,
  55. j’ai même prévu de réciter
    un extrait des « Monologues du vagin ».
  56. Alors je prends une grande inspiration
    et je baisse les yeux
  57. vers petite fille de 4 ans,
    dans sa robe rose,
  58. qui me regarde fixement.
  59. Pas vraiment un adversaire
    pour un duel féministe,
  60. rien qu'un enfant avec une question :
  61. « Tu es un garçon ou une fille ? »
  62. Alors je prends
    une autre grande inspiration,
  63. je m'accroupis pour être à sa hauteur
    et je lui dit :
  64. « Je sais que ça porte un peu à confusion,
  65. j'ai les cheveux courts, comme un garçon,
  66. et je porte des habits de garçon,
  67. mais je suis une fille ;
  68. et tu sais parfois,
    tu aimes porter une robe rose,
  69. et parfois tu préfères
    porter ton pyjama bien comfortable...
  70. Moi, en fait, je suis un fille
    plutôt « pyjama ».
  71. (Rires)
  72. Et cette gamine me regarde
    droit dans les yeux,
  73. sans ciller,
    et elle me dit :
  74. « Mon pyjama préféré est violet
  75. avec des poissons, je peux avoir
    une pancake, s’il vous plaît ? »
  76. (Rires)
  77. Et c'était tout:
  78. "Ah bon, tu es une fille.
    Et ma pancake ?"
  79. (Rires)
  80. C’était la plus facile des conversations
    difficiles que j'ai jamais eue.
  81. Pourquoi ?
  82. Parce que la fille aux pancakes et moi,
  83. on avait été vraies l’une avec l’autre.
  84. Comme beaucoup d’entre nous,
  85. j’ai vécu dans quelques placards
    dans ma vie,
  86. et oui, la plupart du temps,
    mes murs étaient arc-en-ciel.
  87. Mais à l’intérieur, dans le noir,
  88. on ne peut pas savoir
    de quelles couleurs sont les murs.
  89. On sait juste ce que ça fait
  90. de vivre dans un placard.
  91. Alors vraiment, mon placard
    n’est pas différent des vôtres,
  92. ou des vôtres,
  93. ou des vôtres.
  94. Bien sûr, je pourrais
    vous donner 100 raisons
  95. qui ont fait que sortir de mon placard
  96. a été plus dur que pour vous
    de sortir du vôtre,
  97. mais voilà le truc,
  98. la difficulté n'est jamais relative,
  99. quand c'est dur, c'est dur.
  100. Qui peut me dire
  101. qu’expliquer à quelqu’un
  102. qu’on vient de faire faillite
  103. est plus dur que d'avouer à quelqu’un
  104. qu’on vient de le tromper ?
  105. Qui peut me dire
  106. que faire son coming out
  107. est plus dur que
    de dire à son enfant de 5 ans
  108. qu’on divorce ?
  109. Il n’y a pas de plus ou moins dur,
  110. c’est juste « dur ».
  111. Nous devons arrêter
    de comparer nos difficultés
  112. à celles des autres
  113. pour se sentir mieux ou pire
    avec notre propre placard
  114. et nous contenter de compatir
  115. puisque c'est dur pour tout le monde.
  116. À certains moments de nos vies,
  117. nous vivons tous
    dans des placards,
  118. et on peut avoir l’impression
    d’y être en sécurité,
  119. ou du moins plus en sécurité qu’avec
  120. ce qui se trouve
    de l’autre côté de la porte.
  121. Mais je suis ici pour vous dire,
  122. que peu importe de quoi
    vos murs sont faits,
  123. un placard n’est pas un endroit où vivre.
  124. (Applaudissements)
  125. Merci.
  126. Alors pourquoi sortir d'un placard,
  127. avoir cette conversation,
  128. est-il si difficile ?
  129. Parce que c'est stressant.
  130. On s'inquiète tant de la réaction
  131. de l'autre,
    et c'est compréhensible.
  132. Est-ce qu'il sera en colère ?
  133. Triste ?
  134. Déçu ?
  135. Est-ce que je vais perdre un ami ?
  136. Un parent ?
  137. Un amoureux ?
  138. Ces conversations génèrent du stress.
  139. Alors parlons une minute du stress.
  140. Le stress est une réaction
    naturelle du corps.
  141. Lorsqu'on se trouve devant
    ce qu'on perçoit comme une menace,
  142. (percevoir est le mot-clé)
  143. notre hypothalamus sonne l'alarme
  144. et l'adrénaline et le cortisol
  145. commencent à se répandre
    dans nos veines.
  146. On appelle ce principe
  147. « le combat ou la fuite ».
  148. Parfois on grogne,
  149. parfois on court.
  150. C'est une réaction tout à fait normale.
  151. Elle remonte à une époque
  152. où la menace était d'être poursuivi
    par un mammouth.
  153. Le problème,
  154. c'est que notre hypothalamus
    ne fait pas la différence
  155. entre le fait d'être pourchassé
    par un mammouth,
  156. ou de voir votre ordinateur planter,
  157. ou de voir vos beaux-parents
    débarquer chez vous,
  158. ou que vous soyez sur le point
    de sauter en parachute
  159. ou si vous dites
    à quelqu'un que vous aimez
  160. que vous avez une tumeur au cerveau.
  161. La différence, c'est que
  162. le mammouth vous pourchasse pendant
  163. peut-être 10 minutes !
  164. Éviter d'avoir
    ces conversations difficiles,
  165. ça peut durer des années
  166. et votre corps ne peut
    tout simplement pas le gérer.
  167. L'exposition chronique
    à l'adrénaline et au cortisol
  168. perturbe quasiment
    tout votre corps,
  169. peut conduire à l'anxiété,
  170. à la dépression, à une maladie cardiaque,
  171. pour n'en citer que quelques unes.
  172. Quand vous n'avez pas
    ces conversations difficiles,
  173. quand vous gardez secrète
    la vérité à votre sujet,
  174. au fond, vous tenez
    une grenade dans vos mains.
  175. Alors, imaginez-vous,
  176. il y a 20 ans.
  177. Moi,
  178. j’avais une queue de cheval,
  179. une robe bustier,
  180. et des hauts talons.
  181. Je n’étais pas la lesbienne militante
  182. prête à combattre n’importe quel
    môme de 4 ans entrant dans ce café.
  183. (Rires)
  184. J’étais tétanisée par la peur,
  185. roulée en boule dans un coin
  186. de mon placard où il faisait nuit noire,
  187. serrant dans ma main ma grenade gay.
  188. Bouger un muscle,
  189. est la chose la plus terrifiante
  190. que je n'ai jamais faite.
  191. Ma famille,
  192. mes amis,
  193. de parfaits étrangers,
  194. j’avais passé ma vie entière
  195. à essayer de ne pas les décevoir.
  196. Et là, je mettais mon monde
    sens dessus dessous.
  197. Exprès.
  198. Je brûlais les pages du scénario
  199. que nous avions tous suivi
    depuis si longtemps,
  200. mais si vous ne lancez pas cette grenade,
  201. ça vous tuera.
  202. Un de mes plus grand souvenir
    de lancer de grenades,
  203. c'était au mariage de ma soeur.
  204. (Rires)
  205. C’était la première fois
    que beaucoup des personnes présentes
  206. savaient que j’étais gay,
  207. Alors en jouant
    mon rôle de demoiselle d’honneur,
  208. dans ma robe noire, avec mes hauts talons,
  209. je suis passée de table en table,
  210. et j’ai finalement atterri
    à la table des amis de mes parents,
  211. des gens qui me connaissait
    depuis des années.
  212. Et après avoir bavardé un peu,
  213. une des femmes s’est écriée :
  214. « J’adore Nathan Lane ! »
    (acteur gay)
  215. La longue liste des stéréotypes gay
  216. avait commencée.
  217. « Ash, tu es déjà allée dans The Castro ? »
    (= le Marais)
  218. « Euh, oui, en fait, nous avons des amis
    à San Francisco.
  219. « Nous n’y sommes jamais allés
  220. mais on a entendu dire
    que c’est fa-bu-leux !!! »
  221. « Ash, tu connais mon coiffeur Antonio,
  222. il est vraiment doué et
    il n’a jamais parlé d'une petite amie. »
  223. « Ash, quel est ton programme télé favori ?
  224. Le nôtre c’est Will and Grace.
  225. Et tu sais qui on préfère ? Jack.
    (le personnage gay).
  226. Jack est notre préféré. »
  227. Et alors une femme,
  228. qui ne savait pas quoi dire
  229. mais qui voulait absolument
    me montrer son soutien,
  230. me faire savoir qu’elle était de mon côté,
  231. finit par me lâcher :
  232. « Parfois, mon mari
    porte des chemises roses. »
  233. (Rires)
  234. Et à ce moment-là, j’ai eu le choix,
  235. comme tous les lanceurs de grenade.
  236. Je pouvais retourner voir ma petite-amie,
  237. à ma table pro-gay,
  238. et me moquer de leurs réactions.
  239. Leur reprocher leur naïveté
  240. et leur incapacité
  241. à sauter à travers les cerceaux
    homo-politiquement correct
  242. que j’avais amené avec moi
  243. ou,
  244. je pouvais faire preuve de compréhension,
  245. et me rendre compte que c’était peut-être
  246. l’une des choses les plus difficiles
    qu’ils aient jamais faite.
  247. Qu'entamer
  248. et poursuivre cette conversation,
  249. c’était pour eux sortir de leurs placards.
  250. Bien sûr, il aurait été facile
  251. de souligner qu’ils étaient
    un peu « limite ».
  252. Mais c’était beaucoup plus difficile
  253. de les rejoindre sur leur terrain,
  254. et de reconnaitre le fait
  255. qu’ils étaient en train d’essayer.
  256. et que peut-on demander
    de plus à quelqu'un
  257. que d'essayer.
  258. Si vous devez être vrai avec quelqu’un,
  259. vous devez être prêts
  260. à ce qu’il soit vrai avec vous en retour.
  261. Donc, les conversations difficiles
    ne sont toujours pas mon fort.
  262. Demandez à n’importe quelle personne
    avec laquelle je suis sortie.
  263. Mais je m’améliore,
  264. Je m'en tiens à ce que j’aime appeler
  265. « les trois règles
    de la fille aux pancakes. »
  266. Maintenant si vous voulez bien,
  267. mettez vos lentilles gay-arc-en-ciel,
  268. ceci dit,
  269. en sachant ce que ça coûte
    de sortir de n’importe quel placard,
  270. ça revient au même.
  271. Règle n°1 :
  272. soyez vrai(e).
  273. Enlevez l’armure. Soyez vous-même.
  274. Cette gamine dans le café
  275. n’avait pas d’armure,
  276. mais j’étais prête au combat.
  277. Stupide hypothalamus !
  278. Si vous voulez que
    quelqu’un soit vrai avec vous,
  279. il doit savoir que vous êtes
    fait de chair et de sang.
  280. Règle n°2 :
  281. soyez direct,
  282. Dites ce que vous avez à dire,
    arrachez le sparadrap.
  283. Si vous savez que vous êtes gay,
  284. dites-le,
  285. Si vous dites à vos parents que
    vous êtes peut-être gay,
  286. ils se raccrocheront
    à l’espoir que ça va changer.
  287. Ne leur donnez pas
  288. de faux espoirs.
  289. (Rires)
  290. Et règle n°3,
  291. la plus importante de toutes :
  292. (Rires)
  293. Ne vous excusez pas.
  294. Vous dites votre vérité.
  295. Ne vous excusez jamais pour ça.
  296. Certaines personnes pourraient
    être blessées en cours de route,
  297. Alors bien sûr,
  298. excusez-vous si
    vous avez fait quelque chose.
  299. Mais ne vous excusez jamais
    pour qui vous êtes.
  300. Alors oui, certaines personnes,
    pourraient être déçues,
  301. Mais ça les regarde, eux,
  302. pas vous.
  303. Ce sont leurs attentes
    quant à qui vous êtes,
  304. pas les vôtres.
  305. C'est leur histoire,
  306. pas la vôtre.
  307. La seule histoire qui compte,
  308. c’est celle que vous avez envie d'écrire
  309. Alors la prochaine fois
    que vous vous trouverez
  310. dans un placard où il fait nuit noire
  311. dégoupillez votre grenade,
  312. on a tous connu ça.
  313. Et vous pourriez vous sentir très seul,
  314. mais vous ne l’êtes pas.
  315. Et on sait que c’est dur,
  316. mais on a besoin de vous
    là dehors,
  317. peu importe de quoi vos murs sont faits,
  318. Parce que je vous le garantis,
  319. il y en a d’autres
    qui regardent par le trou de serrure
  320. de leur placard,
  321. attendant la prochaine âme courageuse
  322. qui fera sauter la porte
  323. alors SOYEZ cette personne,
  324. et montrez au monde que
    nous sommes plus grands que nos placards
  325. et qu’un placard n’est pas un endroit
  326. pour vivre pour de vrai...
  327. Merci Boulder, bonne soirée.
  328. (Applaudissements)