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← La véritable histoire de Rosa Parks - et pourquoi nous devons confronter les mythes sur l'histoire des Noirs

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Showing Revision 28 created 06/30/2020 by eric vautier.

  1. Je suis l'heureux père
    de deux beaux enfants,
  2. Elijah, 15 ans, et Octavia, 12 ans.
  3. Quand Elijah était en CM1,

  4. il est venu me voir,
  5. rentrant de l'école, très emballé
  6. par ce qu'il avait appris à l'école
    à propos de l'histoire afro-américaine.
  7. Je suis afro-américain
    et professeur d'études culturelles
  8. donc comme vous pouvez l'imaginer,
  9. la culture afro-américaine
    est plutôt sérieuse à la maison.
  10. J'étais donc très fier que mon fils
    soit emballé par ce qu'il avait appris
  11. à l'école ce jour-là.
  12. Donc j'ai demandé : « Qu'as-tu appris ?
  13. - J'ai appris l'histoire de Rosa Parks.
  14. - Ok, qu'as-tu appris sur Rosa Parks ?
  15. - J'ai appris que Rosa Parks
    était une vieille femme noire frêle,
  16. dans les années 50
  17. à Montgomery, dans l'Alabama.
  18. Elle est montée dans un bus,
  19. et comme elle avait mal aux pieds,
  20. quand le conducteur lui a dit
    de laisser son siège à un client blanc,
  21. elle a refusé,
    parce qu'elle avait mal aux pieds,
  22. que sa journée avait été longue,
  23. et qu'elle était lasse de l'oppression,
  24. et elle n'a pas laissé sa place.
  25. Et elle a défilé avec Martin Luther King,
  26. et elle croyait en la non-violence. »
  27. Et je suppose qu'il a dû voir ma tête
  28. et compris que je n'étais pas
    très impressionné
  29. par sa
  30. hum....
  31. leçon d'histoire.
  32. Donc il s'est arrêté, et il a dit :
  33. « Papa, qu'est-ce qui ne va pas ?
    Je me suis trompé ?
  34. - Fils, tu ne t'es pas trompé,
  35. mais je pense que ta maîtresse
    s'est trompée sur beaucoup de choses.
  36. (Rires)

  37. - Qu'est-ce que tu veux dire ?

  38. - Rosa Parks n'était pas fatiguée.
  39. Elle n'était pas vieille.
  40. Et elle n'avait certainement pas
    mal aux pieds.
  41. - Quoi ?
  42. - Oui !
  43. Rosa Parks n'avait que 42 ans » -
  44. Choqués, pas vrai ?
    Vous n'avez jamais entendu ça -
  45. « Rosa Parks n'avait que 42 ans,
  46. elle n'avait travaillé que six heures
    ce jour-là, et elle était couturière
  47. et ses pieds allaient très bien.
  48. (Rires)

  49. Le seule chose dont elle était lasse,

  50. c'était l'inégalité.
  51. Elle était lasse de l'oppression. »
  52. Et mon fils a dit :
  53. « Pourquoi ma maîtresse m'a dit ça ?
  54. Ce n'est pas clair pour moi. »
  55. Parce qu'il aimait sa maîtresse,
    et c'était une bonne maîtresse,
  56. une jeune femme blanche
    d'une vingtaine d'années,
  57. très très intelligente, qui le poussait,
    donc je l'aimais bien aussi.
  58. Mais il était perdu :
    « Pourquoi nous a-t-elle dit ça ?
  59. Papa, dis-m'en plus.
    Dis-m'en plus sur Rosa Parks.
  60. Fiston, je vais faire mieux que ça.
  61. - Quoi ?
  62. - Je vais acheter son autobiographie,
  63. et je vais te laisser la lire toi-même. »
  64. (Rires)

  65. Donc comme vous pouvez l'imaginer,

  66. Elijah n'était pas très emballé
    par ce nouveau, long devoir
  67. que son père venait de lui donner,
    mais il l'a pris avec enthousiasme.
  68. Et il est revenu après l'avoir lu,
  69. et il était content de
    ce qu'il avait appris.
  70. Il a dit : « Papa,
    non seulement Rosa Parks
  71. n'était pas, au départ,
    pour la non-violence
  72. mais son grand-père,
    qui l'a pratiquement élevée
  73. et avait la peau assez pâle
    pour passer pour blanc,
  74. avait l'habitude de se balader en ville
    avec son pistolet dans son étui,
  75. et les gens savaient
    que si on s'en prenait
  76. aux enfants ou petits-enfants de M. Parks,
  77. il mettrait un bouchon
    dans votre derrière. »
  78. (Rires)

  79. Pas vrai ?

  80. Il ne fallait pas l'embêter.
  81. Et il a dit : « J'ai aussi appris
  82. que Rosa Parks a épousé
    un homme à Raymond
  83. qui ressemblait beaucoup
    à son grand-père. »
  84. Il s'occupait de l'organisation.
  85. C'était un militant des droits civiques.
  86. Il organisait des événements
  87. et parfois les événements
    se déroulaient chez Rosa Parks.
  88. Et une fois, Rosa Parks remarqua
  89. qu'il y avait tellement
    d'armes sur la table,
  90. parce qu'ils étaient prêts à ce que
    quelqu'un vienne enfoncer la porte,
  91. qu'ils étaient prêts à tout
    ce qui pouvait arriver,
  92. que Rosa Parks a dit : « Il y avait
    tellement d'armes sur la table
  93. que j'en ai même oublié
    de leur offrir du café ou à manger. »
  94. Voilà qui était Rosa Parks.

  95. Et en fait, Rosa Parks, quand
    elle était assise dans ce bus ce jour-là,
  96. attendant que ces policiers arrivent
  97. et ne sachant pas
    ce qui allait lui arriver,
  98. elle ne pensait pas à Martin Luther King,
  99. qu'elle connaissait à peine.
  100. Elle ne pensait pas
    à la non-violence ni à Gandhi.
  101. Elle pensait à son grand-père,
  102. un grand-père qui portait une arme
    et qui n'avait peur de rien.
  103. Voilà à qui pensait Rosa Parks.
  104. Mon fils était fasciné par Rosa Parks,
  105. et j'étais fier de lui en voyant
    cet enthousiasme.
  106. Mais j'avais toujours un problème.

  107. Parce que je devais encore
    aller à son école
  108. et aborder le sujet avec sa maîtresse,
  109. parce que je ne voulais pas
    qu'elle continue d'enseigner aux enfants
  110. une histoire manifestement fausse.
  111. Cela me prenait la tête,
  112. principalement parce que je comprends
    qu'en tant qu'Afro-Américain,
  113. à chaque fois que vous parlez
    de racisme avec des blancs
  114. ou tout ce qui est sensible à la race,
  115. il y a généralement un défi à relever.
  116. C'est ce que la socialiste Robin DiAngelo
    appelle « la fragilité blanche ».
  117. Elle soutient qu'en réalité,
  118. puisque les blancs ont connu très peu
    de remises en question
  119. de leurs privilèges,
  120. qu'à chaque fois qu'ils sont confrontés
    à la moindre contestation,
  121. ils ont tendance à pleurer,
  122. à se mettre en colère
  123. ou à fuir.
  124. (Rires)

  125. Et je les ai tous vécus.

  126. Et donc, quand j'envisageais
    de me confronter à sa maîtresse,
  127. cela ne m'enchantait pas,
  128. mais je me disais
    que c'est un mal nécessaire
  129. quand on est un parent noir essayant
    d'élever des enfants noirs épanouis.
  130. Donc j'ai appelé Elijah et j'ai dit :

  131. « Elijah, je vais prendre
    rendez-vous avec ta maîtresse
  132. et essayer de corriger ça
  133. et peut-être ton directeur.
  134. Qu'est-ce que tu en penses ? »
  135. Et Elijah a dit :
  136. « Papa, j'ai une meilleure idée !
  137. - Vraiment ? Laquelle ?
  138. - Nous devons faire un exposé,
  139. et pourquoi n'utiliserais-je pas
    cet exposé pour détruire
  140. les mythes au sujet de Rosa Parks ? »
  141. Et je me suis dit :
  142. « Eh bien, c'est une bonne idée. »
  143. Donc Elijah va à l'école,

  144. il donne sa présentation,
  145. il rentre à la maison,
  146. et je pouvais voir que quelque chose
    de positif s'était passé.
  147. J'ai dit : « Alors,
    comment ça s'est passé, fiston ?
  148. - Eh bien, après mon exposé,
  149. la maîtresse m'a pris à part,
  150. et elle m'a demandé pardon pour avoir
    donné ces mauvaises informations. »
  151. Et puis un autre miracle
    s'est produit le lendemain :
  152. elle a donné une nouvelle
    leçon sur Rosa Parks,
  153. comblant les lacunes
    qu'elle avait laissées
  154. et corrigeant les erreurs
    qu'elle avait faites.
  155. Et j'étais tellement,
    tellement fier de mon fils.
  156. Mais ensuite, j'ai repensé à tout ça.

  157. Et cela m'a mis en colère.
  158. Très en colère.
  159. Pourquoi est-ce que je serais en colère ?
  160. Parce que mon fils de neuf ans
    avait dû éduquer sa maîtresse
  161. sur son histoire,
  162. avait dû éduquer sa maîtresse
    sur sa propre humanité.
  163. Il a neuf ans.
  164. Il devrait penser au basket, au foot
  165. ou au dernier film.
  166. Il ne devrait pas penser
    à prendre la responsabilité
  167. d'éduquer sa maîtresse,
  168. ses camarades,
  169. sur lui-même, sur son histoire.
  170. C'était un fardeau que j'ai porté.
  171. C'était un fardeau
    que mes parents ont porté
  172. et que les générations
    avant eux ont porté
  173. et maintenant, je voyais mon fils
    accepter lui aussi ce fardeau.
  174. Vous voyez, c'est pourquoi Rosa Parks
    a écrit son autobiographie.

  175. Parce que de son vivant,
  176. si vous pouvez imaginer,
  177. vous faites cette chose incroyable,
  178. vous êtes en vie et vous parlez de
    votre activisme pour les droits civiques,
  179. et une histoire apparaît
  180. dans laquelle quelqu'un dit
    au monde entier
  181. que vous étiez vieille et fatiguée,
  182. et que vous n'étiez juste
    qu'une activiste accidentelle,
  183. et non que vous êtes
    activiste depuis 20 ans,
  184. et que ce boycott
    avait été planifié pendant des mois,
  185. que vous n'étiez ni la première
    ni la deuxième ni la troisième femme
  186. à être arrêtée pour avoir fait ça.
  187. Vous devenez une activiste par accident,
    même de votre vivant.
  188. Donc elle a écrit cette autobiographie
    pour rétablir la vérité,
  189. parce que ce qu'elle voulait
    rappeler aux gens,
  190. c'est que c'était à ça
  191. que ça ressemblait,
  192. dans les années 50,
  193. d'essayer d'être noir en Amérique
  194. et de se battre pour vos droits.
  195. Pendant l'année, un peu plus d'un an,
    que le boycott a duré,

  196. il y a eu plus de quatre attentats
    à la bombe dans des églises.
  197. La maison de Martin Luther King
    a été attaquée deux fois.
  198. D'autres maisons de leaders
    des droits civiques
  199. ont été attaquées à Birmingham.
  200. Le mari de Rosa Parks
    dormait avec un fusil à pompe,
  201. parce qu'ils recevaient constamment
    des menaces de mort.
  202. En fait, la mère de Rosa Parks
    vivait avec eux,
  203. et parfois elle restait au téléphone
    pendant des heures
  204. pour que personne n'appelle
    pour les menacer,
  205. parce que c'était constant et persistant.
  206. En fait, il y avait tant de tension,
  207. tant de pression, tant de terrorisme,
  208. que Rosa Parks et son mari
    ont perdu leurs emplois,
  209. et ils n'ont pas pu en retrouver,
  210. et ont finalement dû déménager
    et quitter le Sud.
  211. C'est la réalité des droits civiques
  212. et Rosa Parks voulait s'assurer
    que les gens l'avait comprise.
  213. Donc vous dites : « David,
    en quoi cela me concerne ?

  214. Je suis une personne bien intentionnée.
  215. Je ne possédais pas d'esclaves.
  216. Je n'essaie pas de blanchir l'histoire.
  217. Je suis un type bien.
    Je suis une bonne personne. »
  218. Je vais vous dire
    en quoi cela vous concerne,
  219. et je vais vous le dire
    en vous racontant l'histoire
  220. d'un de mes professeurs,
    un professeur blanc,
  221. lorsque j'étais en licence,
    qui était un individu brillant.
  222. Nous l’appellerons « Fred ».
  223. Et Fred écrivait une histoire
    sur le mouvement des droits civiques,
  224. mais il écrivait
    spécifiquement sur un moment
  225. qui lui est arrivé en Caroline du Nord
  226. quand un homme blanc tua cet homme noir
    de sang froid en public
  227. et ne fut jamais condamné.
  228. Et donc c'était un super livre,
  229. et il a réuni ses amis professeurs
  230. et il m’a appelé pour que j'en lise
    une ébauche avant la soumission finale.
  231. Et j'étais flatté qu'il m'ait appelé ;
  232. je n'étais qu'un étudiant à l'époque.
  233. Je n'étais pas peu fier de moi.
    Je me disais : « Ok, ouais. »
  234. Je suis parmi ces intellectuels,
  235. je lis l'ébauche.
  236. Et il y avait un moment dans le livre
  237. qui m'a semblé profondément problématique,
  238. et donc j'ai dit :
  239. « Fred », alors que nous étions assis
    et discutions de l'ébauche,
  240. j'ai dit : « Fred, j'ai un vrai problème
    avec ce moment où tu parles
  241. de ta domestique dans ton livre. »
  242. Et je pouvais voir Fred « se tendre »
    un peu, comme on dit.
  243. Il me dit : « Qu'est-ce que tu veux dire ?
    C'est une belle histoire.
  244. C'est arrivé comme je l'ai décrit.
  245. - Hum... Puis-je
    te donner un autre scénario ? »
  246. Alors, quelle est l'histoire ?

  247. C'était en 1968.
  248. Martin Luther King venait
    juste d'être assassiné.
  249. Sa domestique,
    nous l'appellerons « Mabel »,
  250. était dans la cuisine.
  251. Le petit Fred a huit ans.
  252. Le petit Fred rentre dans la cuisine,
  253. et Mabel, qu'il a toujours vue
    souriante, serviable et heureuse,
  254. est penchée sur l'évier,
  255. elle pleure,
  256. et sanglote
  257. inconsolablement.
  258. Et le petit Fred vient vers elle et dit :
    « Mabel, qu'est-ce qui ne va pas ? »
  259. Mabel se tourne et dit :
  260. « Ils l'ont tué ! Ils ont tué notre chef.
    Ils ont tué Martin Luther King.
  261. Il est mort ! Ce sont des monstres. »
  262. Et le petit Fred dit :
  263. « Ça va aller, Mabel.
    Ça va aller, ça va aller. »
  264. Et elle le regarde et dit :
    « Non, ça ne va pas aller !
  265. Tu n'as pas entendu ce que j'ai dit ?
  266. Ils ont tué Martin Luther King. »
  267. Et Fred,
  268. fils de pasteur,
  269. regarda Mabel et dit :
  270. « Mais Mabel, Jésus n'est-il pas mort
    sur la croix pour nos péchés ?
  271. N'était-ce pas un dénouement heureux ?
  272. Peut-être que ce sera
    un dénouement heureux.
  273. Peut-être que la mort
    de Martin Luther King
  274. mènera à un dénouement heureux. »
  275. Et alors que Fred raconte l'histoire,

  276. il dit que Mabel a mis sa main
    devant sa bouche,
  277. qu'elle s'est baissée
    pour donner un câlin au petit Fred,
  278. et puis elle a ouvert le réfrigérateur,
  279. et en a sorti quelques Pepsis,
  280. qu'elle lui a donnés
  281. et l'a renvoyé jouer
    avec ses frères et sœurs.
  282. Et il disait :
  283. « C'était la preuve que même dans
    les pires moments de la lutte des races,
  284. deux personnes peuvent se réunir
    au-delà des lignes raciales
  285. et trouver des points communs
  286. sur la base de l'amour
    et de l'affection. »
  287. Et j'ai dit : « Fred,
    ce sont des conneries. »
  288. (Rires)

  289. (Applaudissements)

  290. Fred a dit :

  291. « Mais je ne comprends pas, David.
    C'est l'histoire.
  292. - Fred, laisse-moi te poser une question.
  293. Tu étais en Caroline du Nord en 1968.
  294. Si Mabel était allée dans
    sa communauté - tu avais huit ans -
  295. comment penses-tu que les enfants
    afro-américains de huit ans l'appelaient ?
  296. Tu penses qu'ils l'appelaient
    par son prénom ?
  297. Non, c'était « Mademoiselle Mabel »,
  298. ou « Mademoiselle Johnson »,
    ou « Tante Johnson ».
  299. Ils n'auraient jamais osé
    l'appeler par son prénom,
  300. parce que cela aurait été
    le comble de l’irrespect.
  301. Et pourtant, tu l'appelais par son prénom
  302. chaque jour qu'elle travaillait,
  303. et tu n'y as jamais pensé.
  304. Laisse-moi te poser une autre question.

  305. Mabel était-elle mariée ?
  306. Avait-elle des enfants ?
  307. À quelle église allait-elle ?
  308. Quel était son dessert préféré ? »
  309. Fred ne pouvait répondre
    à aucune de ces questions.
  310. J'ai dit : « Fred, cette histoire
    ne parle pas de Mabel.
  311. Elle parle de toi.
  312. Cette histoire t'a fait te sentir bien,
  313. mais cette histoire n'est pas
    au sujet de Mabel.
  314. Le vérité est,
  315. ce qu'il s'est sûrement passé,
    c'est que Mabel pleurait,
  316. ce qui n'était pas quelque chose
    qu'elle avait l'habitude de faire,
  317. donc elle baissait sa garde.
  318. Et tu es entré dans la cuisine,
  319. et tu l'as surprise dans
    un moment de faiblesse, la garde baissée.
  320. Et tu vois, parce que tu te considérais
    simplement comme l'un de ses enfants,
  321. tu n'as pas réalisé qu'en fait,
    tu étais le fils de son employeur.
  322. Et elle s'est retrouvée à te crier dessus.
  323. Et puis elle s'est reprise,
  324. réalisant que : « Si je lui crie dessus
  325. et qu'il va le dire à son père ou sa mère,
  326. je pourrais perdre mon emploi. »
  327. Et donc elle s'est calmée,
    et elle a fini -
  328. même si elle avait besoin
    d'être consolée -
  329. elle a fini par te consoler
    et te renvoyer jouer,
  330. peut-être pour qu'elle puisse finir
    de faire son deuil en paix. »
  331. Fred était stupéfait.

  332. Et il a réalisé qu'il avait en fait
    mal interprété ce moment.
  333. Et vous voyez, c'est ce
    qu'ils ont fait à Rosa Parks.
  334. Parce que c'est bien
    plus facile d'accepter
  335. qu'une vieille grand-mère
    fatiguée ne se lève pas,
  336. non pas parce qu'elle veut
    se battre contre l'inégalité,
  337. mais parce qu'elle a mal
    aux pieds et au dos,
  338. et qu'elle a travaillé toute la journée.
  339. Les vieilles grand-mères ne font pas peur.
  340. Mais les jeunes femmes noires radicales
  341. qui ne se laissent pas mener par personne
  342. font très peur,
  343. celles qui se dressent contre le pouvoir
  344. et qui sont prêtes à mourir pour cela -
  345. ce n'est pas le genre de personnes
  346. qui nous mettent à l'aise.
  347. Alors vous vous dites :

  348. « Que veux-tu que je fasse, David ?
  349. Je ne sais pas quoi faire. »
  350. Eh bien, ce que je vous dirais, c'est
  351. qu'il fut un temps où,
  352. si vous étiez juif,
    vous n'étiez pas blanc,
  353. si vous étiez italien,
    vous n'étiez pas blanc,
  354. si vous étiez irlandais,
    vous n'étiez pas blanc
  355. dans ce pays.
  356. Il a fallu du temps
    avant que les Irlandais,
  357. les Juifs et les Italiens
    deviennent blancs.
  358. Pas vrai ?
  359. Il y a eu une époque
    où vous étiez « d'ailleurs »,
  360. où vous étiez les gens de l'extérieur.
  361. Toni Morrison a dit :
  362. « Si, pour que vous soyez grand,
    je dois me mettre à genoux,
  363. vous avez un sérieux problème. »
  364. Elle a dit : « L'Amérique blanche
    a un très sérieux problème. »
  365. Pour être honnête, je ne sais pas

  366. si les relations raciales
    vont s'améliorer en Amérique.
  367. Mais je sais que
    pour qu'elles s'améliorent,
  368. nous devrons relever ces défis.
  369. L'avenir de mes enfants en dépend.
  370. L'avenir des enfants
    de mes enfants en dépend.
  371. Et, que vous le sachiez ou non,
  372. l'avenir de vos enfants
    et des enfants de vos enfants
  373. en dépend aussi.
  374. Merci.

  375. (Applaudissements)