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← Qu'est-ce qui dérange le Conseil Médical Brésilien ? L'opinion d'une Brésilienne étudiant dans une école de médecine à Cuba.

Cíntia Santos Cunha, étudiante à l'Université des Sciences Médicales de la Havane (Cuba), parle de son désir d'étudier la médecine, de la conception humanitaire de la médecine cubaine, et de l'importance que l'école préparatoire a eu dans sa vie.

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Subtitles translated from English Showing Revision 2 created 09/24/2013 by Melinda Legendre.

  1. Je voulais étudier la médecine depuis mon enfance,
  2. je pense que j'ai eu ce désir quand j'avais 16 ans,
  3. mais faire médecine est une carrière impensable pour ceux qui viennent d'où je viens,
  4. pour les gens comme moi : noire, femme, pauvre.
  5. À Capão Redondo, personne ne rêve à devenir médecin.
  6. Et bien, je me suis accrochée à ce rêve,
  7. j'ai rencontré une amie qui avait suivi des cours de médecine à Cuba,
  8. elle m'a expliqué le processus pour faire médecine là-bas,
  9. et j'en suis tombée amoureuse, je voulais tellement le faire.
  10. Je n'ai pas essayé de faire médecine ici, je suis directement allée à Cuba
  11. à cause de l'aspect humanitaire de leur médecine.
  12. C'était le diplôme que je voulais.
  13. Là-bas, j'ai appris que je devrais être capable de travailler
  14. non seulement avec les meilleures technologies et outils de diagnostic,
  15. mais aussi dans des conditions de guerre,
  16. comme le disaient nos professeurs,
  17. dans une montagne où aucun de ces outils n'est disponible,
  18. et ils insistent sur le fait que nous devons écouter et examiner le patient,
  19. ce qui fait partie du secteur clinique,
  20. et donc je dois faire un diagnostic hypothétique.
  21. Les examens, que nous appelons examens complémentaires à Cuba,
  22. sont seulement utilisés pour compléter mon hypothèse, mon diagnostic médical,
  23. et non pas pour poser un diagnostic en lui-même.
  24. Quelle est votre opinion concernant les critiques du Conseil Fédéral de Médecine contre les médecins étrangers qui viennent au Brésil ? Qu'est-ce qui les dérange ?
  25. Je pense qu'ils ont peur de l'arrivée d'un nouveau genre de médecine.
  26. En premier lieu parce que nous pourrions occuper les postes vacants,
  27. ce qui leur donne le pouvoir de contrôler les salaires,
  28. et contrairement à ce qui est dit,
  29. les salaires pour ces postes sont élevés par la préfecture.
  30. et malgré tout personne ne se montre.
  31. De plus, ils ont peur que les gens ne changent
  32. d'idée à propos de leurs attentes d'un médecin,
  33. ainsi que du traitement médical,
  34. parce que j'ai remarqué que le service que moi et ma famille
  35. avons reçu ici au Brésil,
  36. est celui où le patient arrive à la chirurgie
  37. et le médecin le regarde à peine. Le patient dit comment il se sent
  38. et le médecin ne le regarde pas en face ni le touche
  39. et donne une ordonnance ou demande une analyse diagnosique,
  40. des compléments, qui ne doivent pas être envoyés au patient,
  41. ou ils peuvent dans certains cas,
  42. mais le fait est que le médecin sait à peine pourquoi il le fait.
  43. Dès le moment où je donne de l'aide médical à la population
  44. et leur apprend comment prendre soin de leur propre santé,
  45. ce qui est le principal objectif que nous apprenons à Cuba,
  46. que nous ne devons pas seulement examiner et toucher le patient, mais aussi lui enseigner
  47. le diabète et l'hypertension, par exemple, afin qu'il prenne soin de lui.
  48. Ainsi j'enseigne au patient à prendre soin de sa propre santé,
  49. à maintenir son diabète et son hypertension équilibrés,
  50. afin qu'il n'ait pas besoin de me revoir.
  51. Et ceci n'est pas intéressant pour ceux qui veulent une carrrière rentable.
  52. Ceux pour lesquels un patient et une personne malade et souffrante sont juste des clients.
  53. Et non malade ou souffrante.
  54. Je ne pense pas que c'est intéressant pour eux :
  55. laisser le patient prendre lui-même soin de sa santé.
  56. N'ayant plus besoin d'assistance médicale pour prendre soin de sa santé.
  57. Je pense que c'est ce dont ils ont vraiment peur.
  58. Peur de voir le poste vacant occupé
  59. et aussi d'un changement dans l'idée que la population se fait de l'assistance sanitaire.
  60. Vous appartenez à Uneafro Brasil. Quelle est l'importance des cours préparatoires populaires pour les jeunes venant des quartiers pauvres ?
  61. Quand vous êtes pauvre, vous grandissez en entendant que vous ne serez
  62. pas capable d'avancer dans la vie.
  63. Que vous serez une mère
  64. occupant des emplois de bas niveau pour survivre dans des conditions misérables.
  65. Ce genre de pensée est très commune dans la communauté où je suis née.
  66. Et aussi l'école préparatoire,
  67. comme ma mère,
  68. m'on fait réaliser qu'il y a d'autres
  69. possibilités où je pouvais dire "oui, c'est possible",
  70. "oui, je peux voir des gens qui l'ont fait",
  71. d'autre femmes noires.
  72. Il y a aussi le fait de se voir soi-même comme une belle personne.
  73. Il y a autre chose qui nous est arrivée :
  74. nous entendons des gens dire que seul ce qui est blanc est beau.
  75. C'est décevant pour un être humain et une femme
  76. de l'entendre. Nous femmes noires sommes belles,
  77. nous sommes faites pour plus, même si la société dit que nous ne le sommes pas,
  78. nous sommes faites pour beaucoup plus, nous sommes fortes.
  79. Notre histoire enseigne que nous sommes un peuple fort
  80. qui a résisté à beaucoup de choses,
  81. et le moment historique que nous vivons maintenant
  82. est l'une des conditions décevantes pour nous
  83. femmes, noires, mais oui, nous sommes belles, aussi capables que n'importe qui.
  84. Oui les filles, levez les yeux vers vos rêves. Rêvez, en premier lieu.
  85. Rêvons et battons-nous pour un meilleur Brésil.