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L'école post-pandémie | Andrea Santiago | TEDxRíodelaPlataED

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    L'un de mes élèves, Alan,
    vit dans une petite maison à Villa Itatí
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    avec sa mère, ses cinq frères et sœurs,
    sa belle-sœur et un neveu.
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    Une fois qu'il a fini d'aider à la maison,
    il se prépare et s'en va.
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    Il parcourt trois rues du quartier,
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    monte une côte très raide pleine de boue
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    et traverse le dernier pâté de maisons
    qui le sépare de l'école.
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    Sauf qu'il ne va pas en cours
    avec ses camarades,
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    mais plutôt faire la queue pour récupérer
    de la nourriture pour sa famille.
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    Le bâtiment est fermé
    à cause du confinement.
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    En attendant devant la porte,
    il profite du Wi-Fi gratuit
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    pour télécharger les exercices
    que nous lui transmettons
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    et pour envoyer ceux qu'il a terminés.
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    Aujourd'hui, sa famille lui a prêté
    leur seul portable
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    car ils savent qu'il a besoin
    d'avoir accès à Internet.
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    Il est heureux de lire nos messages
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    où nous l'encourageons
    à poursuivre ses efforts.
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    Et où nous répondons à ses questions.
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    C'est loin d'être facile pour lui
    d'étudier à distance,
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    mais, au moins, il dispose d'un moyen
    de communication pour poser ses questions.
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    Avoir des classes vides signifie
    moins d'opportunités pour les jeunes.
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    Les inégalités se creusent,
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    celles que beaucoup d'entre eux
    connaissent depuis un certain temps.
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    Ils y remédient comme ils peuvent afin
    de bénéficier de leur droit à l'éducation.
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    Il est vrai que les familles
    et les professeurs,
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    nous avons accueilli l'école chez nous.
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    Nous lui avons fourni le refuge nécessaire
    pour qu'elle continue à fonctionner.
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    Mais il est plus évident que jamais
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    qu'il est crucial de maintenir
    et de renforcer les liens
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    que l'école favorisait.
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    On le voit quand nous, les professeurs,
    nous nous retrouvons à l'école
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    pour remplir les sacs d'aide alimentaire :
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    ce qui nous importe le plus,
    c'est d'échanger des nouvelles
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    avec les enfants dont nous n'avons pas
    de nouvelles récentes.
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    On est tellement sur le qui-vive que,
    tout en remettant les sacs de nourriture,
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    on remonte la queue
    à la recherche d'un parent
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    ou de quiconque qui pourrait
    nous donner des nouvelles.
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    La pandémie a obligé certains enfants
    à partir vivre dans d'autres familles
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    quand leurs parents ou grands-parents
    étaient hospitalisés ou confinés.
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    Avant, le défi, c'était
    que beaucoup d'entre eux
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    continuent de se rendre à l'école.
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    Aujourd'hui, ce qui nous inquiète le plus,
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    c'est qu'ils abandonnent.
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    Quand l'école a débarqué dans les maisons,
    elle a tout chamboulé.
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    Par exemple, Valen en a tellement marre
    de tous ces appels vidéo,
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    de tout ce travail envoyé
    par ses professeurs
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    qu'il a demandé à sa mère que
    « l'école s'en aille de chez lui ».
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    Nous, les parents,
    avons dû changer nos habitudes
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    pour nous impliquer davantage
    dans la scolarité de nos enfants.
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    Pour moi, ça s'est bien passé.
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    Mon fils adolescent, qui souffre
    d'un déficit de l'attention,
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    est à jour dans ses devoirs
    pour la première fois de sa scolarité.
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    Tout comme Alan, il pose directement
    ses questions à ses professeurs.
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    Il a appris à utiliser ces outils
    pour mieux lire et écrire.
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    Pour lui et pour beaucoup d'autres jeunes,
    être obligé d'utiliser la technologie
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    leur a permis de développer une autonomie
    qu'ils ne possédaient pas.
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    De l'autre côté de l'écran,
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    mes collègues professeurs
    ont réagi comme ils ont pu.
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    La plupart d'entre nous
    nous occupons de nos familles
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    tout en travaillant depuis la maison.
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    Avec peu de moyens,
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    nous nous occupons des jeunes
    et de leurs familles à toute heure,
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    nous nous organisons constamment,
    nous corrigeons sur un écran.
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    Daniel, par exemple,
    est un super professeur en présentiel.
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    Mais aujourd'hui, il se sent exclu
    car il ne maîtrise pas bien la technologie
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    et ce changement a été si brutal
    qu'il n'a pas pu s'y adapter.
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    À l'autre extrême, il y a Alejandra
    qui teste tous les types d'applications
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    des centaines de fois,
    même si ça lui prend des heures.
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    Et, comme dans toute profession,
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    il y en a qui préfèrent s'en détourner
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    et qui surchargent les autres de travail.
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    C'est comme ça qu'est l'école aujourd'hui.
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    Comme une machine
    presque à court de munitions
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    dont on voit tous les rouages
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    et où les fils partent en lambeaux.
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    Qui fonctionne en mode dégradé
    avec le peu qu'on a pu lui donner.
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    C'est une vieille machine,
    vieille mais noble.
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    Une machine bloquée par une montagne
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    de réformes éducatives
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    sorties tout droit d'administrations
    à mille lieues de la réalité du terrain.
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    Des écoles à qui, en plus de l'éducation,
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    on a confié plein d'autres
    responsabilités tout aussi énormes.
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    Et, comme si ce n'était pas assez,
    on les a submergées de tâches inutiles
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    qui relèvent plus de la bureaucratie.
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    Aujourd'hui, nous disposons
    d'une opportunité unique :
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    celle de s'unir pour réarmer cette machine
    afin qu'elle fonctionne beaucoup mieux.
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    Il faut donner plus d'espace aux jeunes
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    pour qu'ils s'engagent
    et s'investissent dans leur scolarité,
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    mais aussi pour éviter
    d'absurdes conversations entre adultes
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    qui seraient facilement résolues
    en posant la question aux élèves.
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    Il faut que nous gardions les familles
    au cœur de ce système.
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    Elles se sont chargées
    de l'école chez elles
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    et il ne faut absolument pas perdre
    leur participation active
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    dans cette nouvelle école.
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    Il faut aussi faire appel aux universités,
    aux enseignants, aux organismes sociaux,
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    des banques alimentaires
    aux clubs sociaux,
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    car ils font partie
    du tissu social créé par l'école
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    et ce qu'il s'y passe
    se répercute forcément sur eux.
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    Je ne sais pas de quoi
    va avoir l'air cette machine
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    que nous avons réarmée
    avec les outils que nous avions
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    et les nouveaux outils
    dont nous disposons.
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    Par contre, je suis certaine
    que l'enseignement physique
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    doit occuper une place très importante
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    pour tisser des liens plus forts
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    et ne doit pas être gaspillé
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    dans des activités
    dont nous avons appris au forceps
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    qu'elles peuvent être réalisées à distance
    ou qu'elles sont désuètes.
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    Si, à notre retour, l'école reste la même,
    c'est que nous n'aurons rien retenu.
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    Nous le devons aux jeunes,
    aux professeurs, aux familles
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    qui font un effort énorme
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    afin de préserver ce droit à l'éducation.
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    Une éducation réellement de qualité
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    qui nous transforme tous
    sur le plan affectif,
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    sur le plan personnel
    et en tant que citoyens.
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    Nous avons une opportunité unique
    qui ne se représentera pas,
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    même pas dans cent ans.
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    Le défi, c'est d'être à la hauteur
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    et de travailler à repenser et à recréer
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    une meilleure école, ensemble.
Title:
L'école post-pandémie | Andrea Santiago | TEDxRíodelaPlataED
Description:

Le confinement a obligé les écoles à fermer, ce qui a conduit à développer de nouveaux outils de communication entre les élèves et les enseignants. Andrea Santiago, enseignante d'une école publique de la province de Buenos Aires en Argentine, nous explique que la pandémie a changé certaines choses dans un sens positif et qu'il faudrait continuer dans ce sens une fois que le coronavirus sera derrière nous. Elle enseigne les mathématiques dans l'une des plus grandes écoles publiques de la province de Buenos Aires et est une spécialiste de l'enseignement des mathématiques. Elle est également animatrice de clubs TED-Ed et mère d'un adolescent. Comme beaucoup d'autres enseignants, elle a repensé pendant le confinement à son rôle et à celui des institutions auxquelles elle fait partie.

Cette présentation a été donnée lors d'un événement TEDx local utilisant le format des conférences TED mais organisé indépendamment. En savoir plus : http://ted.com/tedx

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Video Language:
Spanish
Team:
TED
Project:
TEDxTalks
Duration:
07:07

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