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← L'évolution humaine accélère-t-elle ou ralentit-elle ? - Laurence Hurst

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Showing Revision 51 created 11/04/2020 by eric vautier.

  1. Le haut plateau tibétain culmine à environ
    4 500m au-dessus du niveau de la mer,
  2. où l’air contient seulement 60 % de
    l’oxygène disponible au niveau de la mer.
  3. Si les voyageurs et nouveaux arrivants
    souffrent du mal des montagnes,
  4. les Tibétains peuvent
    sprinter en altitude.
  5. Cette capacité n'est pas due à la pratique
    ni à l'entrainement,
  6. mais à des modifications génétiques
    qui permettent à leur corps
  7. de résister à une pression
    atmosphérique moindre.
  8. Ces différences sont visibles
    dès la naissance —
  9. Les bébés tibétains ont en moyenne
    un poids de naissance plus élevé,
  10. un taux d'oxygène sanguin plus élevé
  11. et de meilleures chances de survie que
    les autres bébés nés sur le haut plateau.
  12. On estime que ces modifications génétiques
    ont évolué
  13. au cours des 3 000 dernières années
    et évoluent encore.
  14. Cela peut sembler long,
  15. mais ce serait l'adaptation la plus rapide
    au sein d'une population humaine.
  16. Bien sûr, l'évolution humaine
    n'est pas terminée —
  17. quelles sont les évolutions récentes ?
  18. Les innovations technologiques et
    scientifiques auront-elles un impact ?
  19. Au cours des derniers millénaires,
  20. de nombreuses populations ont développé
    des adaptations génétiques à leur milieu.
  21. Les peuples de Sibérie et du Haut-Arctique
    se sont adaptés au froid extrême.
  22. Ils sont moins sujets aux gelures
  23. et peuvent utiliser leurs mains même dans
    des températures en dessous de zéro
  24. plus longtemps que la plupart des gens.
  25. La sélection naturelle leur a donné
    un meilleur métabolisme
  26. qui augmente la production de chaleur.
  27. En Asie du Sud-Est, les Bajau peuvent
    plonger à 70 mètres de profondeur
  28. et rester en apnée
    pendant près de quinze minutes.
  29. Après plus de mille ans à vivre
    en « nomades de la mer »,
  30. ils ont développé une rate plus grosse
    qui agit comme une réserve d'oxygène,
  31. ce qui leur permet de rester sous l'eau
    plus longtemps —
  32. comme les phoques de Weddell.
  33. Bien que la comparaison puisse
    sembler banale,
  34. la capacité de boire du lait est
    une adaptation similaire.
  35. Tous les bébés mammifères
    peuvent boire le lait de leur mère.
  36. Une fois sevrés, le gène permettant
    de digérer le lait s'éteint.
  37. Des communautés en Afrique subsaharienne,
    au Moyen-Orient et en Europe du Nord-Ouest
  38. qui buvaient du lait ont constaté,
    lors des 7 000 ou 8 000 dernières années,
  39. une hausse rapide des variantes d'ADN
    qui empêchent le gène de s'éteindre.
  40. En Europe, le lait a peut-être été
    une source de calcium
  41. favorisant la production de vitamine D
    lors des déplacements vers le nord
  42. où le soleil, la source première
    de vitamine D, venait à manquer.
  43. Bien que ce ne soit pas toujours évident,
  44. ces changements améliorent les chances
    de survie jusqu'à l'âge de procréation,
  45. ce qui active la sélection naturelle,
  46. le mécanisme à l'origine de toutes
    ces évolutions génétiques.
  47. La médecine moderne a éliminé
    nombre de ces pressions sélectives
  48. en nous sauvant alors que nos gènes,
  49. parfois associés
    à des maladies infectieuses,
  50. nous auraient autrefois tués.
  51. Les antibiotiques, les vaccins,
    l'eau potable et une bonne hygiène
  52. rendent les différences entre nos gènes
    moins importantes.
  53. De même, notre capacité à guérir
    les cancers de l'enfant,
  54. à extraire les appendices enflammés,
    et à faire accoucher des mères
  55. dont les conditions de grossesse
    mettent leur vie en danger
  56. a tendance à freiner la sélection
    naturelle en permettant à plus de gens
  57. de survivre jusqu'à l'âge de procréer.
  58. Mais même si chaque personne sur Terre
    a accès à la médecine moderne,
  59. l'évolution humaine n'est pas terminée.
  60. Cela s'explique par l'existence
    d'autres aspects à prendre en compte.
  61. Grâce à la médecine moderne,
    la variation génétique
  62. qui aurait été soumise
    à la sélection naturelle
  63. est plutôt soumise
    à la « dérive génétique ».
  64. Avec la dérive génétique, les différences
    génétiques varient dans une population.
  65. Sur le plan génétique, la médecine moderne
    pourrait augmenter la variété
  66. car des mutations nocives ne sont pas
    mortelles, donc ne sont pas éliminées.
  67. Mais cette variation ne se traduit pas
    toujours par des différences observables
  68. ou phénotypiques entre les gens.
  69. Des chercheurs ont aussi cherché à savoir
    si les adaptations génétiques
  70. à un environnement spécifique
    pouvaient apparaître très rapidement
  71. via des modifications épigénétiques :
    des changements non pas des gènes per se,
  72. mais de leur expression éventuelle
    et du moment où ils sont exprimés.
  73. Ces changements peuvent se produire
    au cours d'une vie
  74. et peuvent même être transmis
    aux enfants —
  75. mais les chercheurs sont en désaccord sur
    la question de savoir
  76. si les modifications épigénétiques peuvent
    vraiment se transmettre entre générations
  77. et entraîner des changements durables
    au sein des populations.
  78. Il peut aussi y avoir d'autres
    contributions à l'évolution humaine.
  79. La médecine moderne et la technologie
    sont très récentes,
  80. même comparées aux évolutions les plus
    rapides et récentes de la sélection —
  81. dès lors, seul le temps pourra nous dire
    comment le présent façonnera notre avenir.