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← Institutions by Artists - AA Bronson Address

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Showing Revision 8 created 03/16/2016 by lfurter.

  1. AA Bronson a toujours supporté la culture des
    initiatives fondées par des artistes depuis les années 60

  2. En particulier avec la formation de General Idea,
    avec Felix Partz et Jorge Zontal, en 1969
  3. collectif célébré et exposé internationalement
    jusqu’à la mort de Felix et Jorges victimes du SIDA, en 1994
  4. ils ont travaillé sur les codes de les institutions de culture populaire, les systèmes bureaucratiques, l’identité artistique, le glamour, les concours, et le VIH
  5. General Idea recherchaient à créer leurs propres institutions, comme d’autres au Canada à cette époque
    (Bank Image, N.E. Thing Co)
  6. À propos de la professionnalisation du métier d’art,
    et N.E. Thing Co a été mentionné comme ayant
    succombé à la mentalité entrepreneuriale
  7. mais le contexte était différent: à la fin des années 60 il y avait de l’innocence et de l’expérimentation de la part des artistes
  8. ils se considéraient comme faisant partie d’une scène artistique
  9. dans les années 80 et 90, tout cela est devenu un système
  10. et dans les années 2000, ce système est devenu une industrie, avec des millions de dollars investis
  11. nécessitant de nouveaux protocoles
  12. pour en revenir à AA Bronson
  13. je l’ai d’abord connu à travers le magazine FILE
  14. une initiative fondée par les artistes de General Idea
  15. pour les artistes
  16. et qui a créé sa propre scène
  17. à travers le réseau le plus sophistiqué de l’époque: la poste
  18. FILE est une trace très riche des mouvements d’art de l’époque:
    une œuvre d’art en soi
  19. apportant des possibilités immenses pour les artistes de l’époque
  20. dans un monde qui était tellement limité pour beaucoup d’artistes
  21. à partir de 1974 General Idea a fondé Art Metropole à Toronto, un centre de distribution pour les livres d’artistes, pièces sonores, vidéos et éditions limitées imprimées et objets
  22. Art Metrople existe encore aujourd’hui, avec une vitalité nécessaire pour la scène locale
  23. en 1987, AA Bronson a écrit un des premiers livres sur la culture artistique indépendante au Canada, “From Sea To Shining Sea”
  24. qui avait été imprimée sur du mauvais papier,
    et je pense qu’il devrait être ré-édité
  25. de 2004 à 2010, AA Bronson a été directeur de Printed Matter à New York, un des plus grands distributeurs (librairie) de livres d’artistes
  26. et il a fondé la New York Art Book Fair en 2005
  27. il a toujours continué à travailler en tant qu’artiste en parallèle
  28. son travail affirme le rôle de l’artiste tout en le remettant en question
  29. il teste les limites de la vocation artistique
  30. depuis la mort de ses collaborateurs, son travail explore
    la mort, le deuil et la guérison
  31. pas vraiment des thèmes courants dans l’art contemporain
  32. en 2009 il a fondé avec Kathryn Reklis
    l’institut pour l’art, la religion et la justice sociale
  33. il rêve de fonder l’école “AA Bronson pour les jeunes chamans”
  34. AA Bronson croit en l’esprit de collaboration et se concentre sur la possibilité de vivre une vie comme une sculpture sociale
  35. Je dois dire que je suis étonné qu’il y ait plus que 5 personnes ici
  36. Je ne viendrais pas si tôt un dimanche
  37. Je suis devant vous, à 10h du matin
  38. le 11ème matin du 10ème mois
    de la 12ème année du 21ème siècle
  39. Je suis devant vous, dans une institution appelée
    Goldcorp Centre for the Arts

  40. Invité par la Simon Fraser University
  41. dans le quartier de Gastown en pleine gentrification
  42. dans la ville de Vancouver, dans la province
    de la Colombie Brittanique
  43. sur la côte Ouest du Canada, au Nord de l’Amérique
  44. sur ce globe qu’on appelle “chez soi”
  45. je suis né ici, sur ce globe, sur ce continent…
  46. un matin de juin 1946
  47. il y a 66 ans
  48. je m’adresse à ceux qui ont fait
    de ce festival un succès (…)
  49. je m’adresse à vous, les artistes qui y participent,
    venant de tout le monde
  50. je m’adresse à ceux qui ont subsidié ce projet
    et à ceux qui ne l’ont pas fait
  51. ceux qui ont donné généreusement
    et ceux qui n’ont rien donné
  52. je m’adresse aux étudiants rassemblés ici aujourd’hui
  53. et spécifiquement les étudiants en art
  54. je m’adresse à la communauté queer,
    à la communauté aborigène
  55. ceux de couleur, toutes les communautés marginalisées
  56. pour être rassemblés aujourd’hui
  57. et autant qu’aux vivants, je m’adresse aux morts
  58. je m’adresse à l’artiste Emily Carr
  59. qui reste un modèle pour moi
  60. pour avoir vécu exactement comme elle pensait qu’il serait juste
  61. je m’adresse aux esprits de Alvin Balkind, Jack Shadbolt
    et Dora Shadbolt, et Arthur Erickson
  62. et plus particulièrement Kate Craig
    qui devrait être avec nous aujourd’hui
  63. la richesse des musiciens, artistes, écrivains, poètes, acteurs, danseurs, compositeurs, directeurs, architectes
  64. et les autres qui ont animé la richesse culturelle de Vancouver
  65. et vécu dans des temps difficiles
    de manières imaginatives et innovatrices
  66. je m’adresse aux morts, ceux qui ont été persécutés
  67. pour leurs différences, ceux qui ont été tués, ceux qui ont souffert d’abus en tant qu’enfants ou adultes
  68. ceux qui se sont suicidés à cause de leur impossibilité de vivre pleinement comme ceux qu’ils se sentaient être
  69. ceux qui sont décédés du SIDA
  70. je m’adresse aux dépossédés et aux abandonnés
  71. à tous ceux qui sont morts mais
    qui ne peuvent pas quitter cet endroit
  72. je les invite à nous rejoindre ici
  73. dans cette discussion sur l’art, les artistes,
    l’auto-détermination, et les institutions
  74. car nous sommes une communauté des vivants et des morts
  75. je parle en tant qu’artiste
  76. invité à participer à cette conférence
  77. “Institutions créées par des artistes”
  78. je parle devant un groupe constitué,
    principalement je l’espère, d’artistes
  79. je suis chanceux d’être le type de personnes qui se demande ce qu’il fera quand il grandira
  80. dans les années 60, j’ai arrêté l’école d’architecture à Winnipeg
  81. tous les meilleurs gens de ma génération ont aussi arrêté
  82. et avec un groupe d’amis nous avons créé une communauté,
    une école libre, appelée simplement “l’école”
  83. et un journal undergound
  84. c’était ma première expérience de création d’une institution
  85. avec l’idée d’édition indépendante et d’auto-gouvernance
  86. J’étais intéressé en auto-détermination
  87. je ne voulais pas travailler dans un bureau, suivre des ordres
  88. et je ne voulais pas vivre selon les idées d’autres personnes
    sur comment je devrais être
  89. j’était intoxiqué par l’idée de créer ma propre institutions
  90. comme Michel Foucault l’a dit, à partir de sa vie
    on peut faire une œuvre d’art
  91. j’ai toujours voulu être un artiste
  92. et je réalise maintenant que ma vie pourrait être cette œuvre d’art
  93. aujourd’hui je parle de moi-même comme un “faiseur d’institutions”
  94. ceci est une sorte d’invocation pour débuter cette conférence
  95. budgets, budgets, budgets
  96. je ne suis pas un comptable, je suis un artiste
  97. je déteste faire la comptabilité
  98. on sait bien que les artistes ne sont
    même pas sensés voir de l’argent
  99. oui, mais on n’est pas non plus sensés être à la TV, AA
  100. on est sensés être là, sur les bords de la société
  101. entre le chaos et notre sensibilité tout fraîche
  102. on est sensés être romantiques, purs
  103. pendant que nos œuvres sont dans le marché
  104. l’objet des investissements de fétichistes
  105. c’est comme ça que le capitalisme opère
  106. il espère tout le temps de nouveaux marchés
  107. il capture le chaos, comptant sur le changement
    pour ensuite le réintégrer au mainstream
  108. à grand profit évidemment
  109. et le problème est “comment travailler hors du système”?
  110. non, le problème est “comment travailler dans le système”?
  111. parce qu’il n’y a plus de dehors
  112. à moins que tu sois très romantique…
  113. ah les années 60!
  114. c’est pour ça qu’on travaille le format des média, AA
  115. on ne veut pas détruire la télévision
  116. on veut y ajouter quelque chose,
  117. on veut l’étendre jusqu’à ce qu’elle perde forme
  118. imagine, toutes ces nouvelles sensibilités
  119. prenant de plus en plus de place
  120. tout ce chaos réinjecté dans le mainstream
  121. exagéré au point qu’il en devient impossible d’avoir une vue d’ensemble
  122. tu voudrais remplacer le mode du profit
    par celui du changement, non?
  123. oui, pense le capitalisme comme un format supplémentaire
    qu’on peut occuper et remplir de notre contenu.
  124. qui paie pour cette tournée?
  125. General Idea a commencé en 1969
  126. une amie mutuelle, Mimi, nous a convaincus d’habiter cette maison
  127. mon souvenir préféré dans cette maison est
    qu’elle n’avait pas de douche
  128. donc on utilisait un tuyau dans la cave avec un bassin
  129. nous voilà — sans moi parce que je prends la photo
  130. cette maison était située dans un quartier de Toronto avec des fleurs peintes dans les rues, dont les couleurs étaient passées
  131. il y avait une vitrine au rez de chaussée dans notre salon
  132. on était tous sans boulots, on s’ennuyait, on avait vraiment rien d’autre à faire…
  133. donc on a commencé à ouvrir une série de faux magasins
  134. comme le Belly Store
  135. il y avait dans le quartier une boutique de livres qui liquidait son stock de livres de romances d’infirmières
  136. et on en a fait une vitrine de librairie
  137. on avait mis un panneau sur la porte
  138. “de retour dans 5 minutes”
  139. il y avait une résidence d’infirmières dans le quartier
  140. et on était derrière à les regarder se demander de quoi il s’agissait
  141. le Belly Store était la première de nos boutiques
  142. 1969 était le début de notre occupation du monde commercial
  143. voilà notre premier produit, Belly Food
  144. et dans les 30 jours d’ouverture du Belly Store
    on en a pas vendu un seul
  145. mais ils valent beaucoup plus d’argent aujourd’hui
  146. ensuite il y a eu Betty‘s, au même endroit
  147. on avait trouvé un magasin d’habits de femmes de 1948 qui venait de fermer
  148. on a pu tout racheter pour 150 dollars
  149. et ensuite on a ré-ouvert le magasin dans notre salon
  150. c’était avant l’époque des habit rétro
  151. on a eu un article entier dans le journal, pas dans la section art, mais à la première page de la section “femmes”
  152. tout s’est vendu
  153. à part 13 pièces de cette horrible robe
  154. c’est le dernier projet qu’on a fait dans cet espace
  155. avant qu’on déménage dans un loft
    dans le quartier des finances de Toronto
  156. mais on avait encore les 13 robes
  157. donc on a inventé le concours de beauté de Miss General Idea 1971
  158. de vendeurs, on est devenus
    organisateurs de concours de beautés
  159. puis organisateurs de “spectacles de média”
  160. c’est Grenada (?), rétroactivement appelée Miss General Idea 68
  161. elle tient les kits de participation au concours
  162. c’est la conception de l’artiste
  163. une image qu’on avait trouvé dans un magazine pornographique — j’imagine que c’est un homme
  164. on a envoyé la robe à 13 artistes en leur demandant de renvoyer une photo de la personne de leur choix pour concourir
  165. ça c’est Dr Venus (je ne peux pas dire son nom parce que c’est une sénatrice Canadienne)
  166. c’est le gagnant: Michael Morris, qui s’est nommé
    Marcel Idea à cette occasion
  167. les juges étaient de vrais juges: Dorothy Cameron et David Silcox
  168. David Silcox était le chef du Canada Council
  169. Dorothy Cameron était une consultante en art estimée
  170. et ils ont choisi Marcel parce qu’il capturait le glamour sans tomber dedans
  171. c’est le premier numéro de FILE, en 1972
  172. et on a encore changé de rôles:
  173. d’organisateur de spectacles de média, on est devenus architectes
  174. architectes d’un autre type d’institution,
    le Miss General Idea Pavillion
  175. le Pavillon était un concept d’une architecture décentralisée
    et non-existante
  176. notre idée était d’avoir différentes installations,
    comme des portions du Pavillon
  177. sans devoir être assemblées dans un bâtiment
  178. voici Art Metropole, qu’on a fondé en 1974
  179. fondé comme l’archive et la boutique du Pavillon
  180. le Pavillon était la métaphore du musée
  181. on construisait notre propre monde
  182. FILE représentait les médias de masse
  183. le concours de beauté représentait le processus de création
  184. Miss General Idea était l’œuvre d’art
  185. le Pavillon était la métaphore du musée
  186. c’est la boutique du Pavillon
  187. la première exposition a eu lieu à Amsterdam en 79
  188. à la même époque que la vidéo dont on a vu un extrait
  189. à l’occasion de cette exposition, on a réalisé que la boutique du musée ne vendait pas nos pièces
  190. et on a donc voulu créer notre propre boutique de musée
  191. la boutique a été exposée plein de fois
  192. mais on ne nous a permis d’y vendre
    des choses qu’une seule fois
  193. les boutiques des musées ne permettent pas
    la compétition
  194. c’est spécial, parce que les parties boutiques et restaurant des musées sont toujours considérées comme secondaires
  195. mais on a alors réalisé qu’elles priment
    sur toutes les autres parties
  196. c’est un des multiples qu’on a fait dans la période “liquid assets”
  197. un support à cocktail
  198. la boisson ultime du post-modernisme
  199. car elle combinent des ingrédients pour créer de nouvelles choses
  200. le voici ici sur la couverture de FILE
  201. Andy Warhol était un de nos premiers abonnés
  202. j’allais à New York pour lui donner son numéro
    en personne
  203. je l’avais interviewé à propos d’argent dans le magazine,
    et il y avait ce signe $ sur la couverture
  204. et ses peintures de signes $ sont apparues 9 moins plus tard
  205. Poodles…
  206. pas le temps d’en parler, long story…
  207. voilà le labyrinthe, pour le Pavillon, jamais construit
  208. on l’avait proposé pour une exposition
    dans un centre commercial abandonné de Montréal
  209. c’est le rendu de l’intérieur du labyrinthe, basé sur les
    labyrinthes qu’on trouvait dans les saunas gay dans les années 70
  210. il n’a apparemment pas pu être construit parce qu’il n’était pas accessible aux fauteuils roulants
  211. les armoiries du Pavillon
  212. on voyageait en Europe et on était intéressés par l’héraldique, premier language visuel occidental
  213. donc on a traduit nos images en images héraldiques
  214. voilà une série de pièces du Pavillon
  215. pas vraiment imaginaires, mais pas vraiment
    vraies dans le sens normal du terme
  216. elles contiennent plusieurs indice du futur…
  217. voici un auto-portrait de General Idea avec les trois queues
  218. “9 vies”
  219. inspiré par le drapeau de la ville d’Amsterdam
  220. portant déjà des signes de ce qui allait arriver
  221. en 87, on a été invités à faire un projet, un pièce à vendre
  222. à la première levée de fond pour la recherche autour du SIDA
  223. on a proposé cette grande peinture
  224. on est donc entrés dans une nouvelle phase
  225. d‘architectes on est devenus une compagnie de publicité
  226. on a passé les 7 années suivantes à monter une sorte de
    campagne promotionnelle pour une maladie
  227. une maladie qui a cette époque n’était pas nommée à voix haute
  228. par le président des États Unis par exemple
  229. voilà les posters qu’on a mis dans les rues de NY, San Francisco, Toronto, Berlin…
  230. à ce moment, on s’est rendus compte que le musée
    fasait partie de la culture de masse
  231. à partir de la fin des années 80 ce n’était plus un espace de recherche, de réflexion
  232. donc on a commencé à utiliser le musée
    comme un espace publicitaire
  233. on a fait une sculpture à Hambourg, qui allait
    se retrouver pleine de graffitis et de posters
  234. l’idée était qu’elle devienne une sorte de conversation,
    qu’elle collecte des informations sur la maladie
  235. et qu’elle agisse comme un point physique de rassemblement
  236. mais après elle est passée par plusieurs plusieurs musées,
    qui malgré les indications l’ont nettoyée
  237. voilà à quoi elle ressemble maintenant
  238. SF Moma avait promis qu’ils ne la nettoieraient pas,
    et pourtant ils l’ont la veille de l’exposition
  239. j’imagine qu’ils ne veulent pas donner des idées aux gens
  240. Et puis Felix a été diagnostiqué atteint du SIDA
  241. mais il ne nous l’a pas dit avant 1980
  242. et en 1980 Jorge a été aussi diagnostiqué atteint du SIDA
  243. notre vie a alors été remplie de pilules
  244. que nous avons incorporé dans notre travail
  245. comme un objet sculptural de choix
  246. voilà un calendrier
  247. qui représentait toutes les pilules de Felix prenait à l’époque
  248. mais apparemment il demandait aussi au pharmacien
  249. des capsules vides avec des couleurs qu’il aimait
  250. c’est un an de traitement et un jour de traitement
  251. 5 par jour, organisée en calendrier
  252. plus de 1800 pilules par an
  253. les pilules au centre sont les doses journalières
  254. il est facile d’imaginer des corps à l’intérieur
  255. c’est le Magi© Bullet
  256. une installation faite de ballons comme ceux qu’on prend à l’hopital
  257. avec la forme de capsules
  258. ils représentent le médicament qu’on rêvait tous de découvrir
  259. qui n’attaque que la cellule infectée
  260. cette pièce se désinstalle toute seule
  261. quand les ballons se dégonflent les gens peuvent les prendre et les ramener chez eux
  262. une pièce qui se répand dans la ville
  263. c’est la pièce Fantasy ***, faite de 300 feuilles de styrofoam
    et de 3 bébé phoques canadiens
  264. partout considérés comme une espèce en voie de disparition
  265. et considérés au Canada en surpopulation
  266. cette pièce est très blanche et a une odeur particulière
  267. les trois docteurs de General Idea,
    qui écoutent le coeur de chacun
  268. en 1993, Felix et Jorge étaient très malades
  269. et on a décidé de rassembler nos activités de New York à Toronto
  270. parce que là-bas le système permettait aux malades en phase terminale d’être soignés à la maison et pas à l’hôpital
  271. et finalement de pouvoir mourir à la maison
  272. donc on a commencé à beaucoup travailler,
    on n’avait plus beaucoup de temps
  273. on a produit cette série: les Mondrians infectés
  274. le jaune des tableaux a été remplacé par du vert,
    que Mondrian détestait
  275. ils sont peints sur du styrofoam
  276. c’était donc plus comme un décor de film que de vraies peintures
  277. c’est le dernier projet qu’on a fait ensemble,
    publié après leur mort
  278. XXX Voto
  279. basé sur le texte d’Yves Klein, pour Saint Theresa
  280. dans notre cas voué à l’esprit de Miss General Idea
  281. la remerciant des bons temps passés ensemble
  282. j’avais envie d’amener General Idea dans cette conférence
  283. j’aurais pu parler de beaucoup d’autres choses
  284. j’aurais pu parler de la plus vieille institution menée par des artistes qui existe toujours
  285. la Wiener Secession, fondée en 1895
  286. mais j’ai pensé que ça serait plus approprié de
    parler de ce que je fais, vu le temps limité
  287. en fait… General Idea était un assemblage
    d’institutions derrière nous
  288. c’est un portrait que j’ai fait de Felix sur son lit de mort
  289. une photo prise 3 heures après sa mort
  290. c’est comme ça qu’il se présentait quand ses amis
    venaient le visiter pendant les dernières semaines
  291. ses yeux sont ouverts, il ne lui restait plus assez
    de peau pour les fermer
  292. il n’était pas vraiment malade, il s’est juste désintégré
  293. et c’est un portrait de Jorge, une semaine avant sa mort
  294. il était aveugle, et il m’a demandé de prendre cette photo
  295. il pensait qu’il ressemblait à son père quand il a été libéré de Auschwitz
  296. Jorge est en fait né dans un camp de concentration
  297. ça a été produit comme une série de posters
  298. affichés dans la ville de Vienne
  299. sans texte
  300. ça a commencé cette discussion sur les intersections entre l’histoire du SIDA et de l’holocauste
  301. et ensuite j’ai fait un troisième portrait mortuaire,
    celui de la part de moi-même qui est morte avec eux
  302. je suis alors devenu un artiste solo, en commençant par leur mort
  303. je me suis retrouvé suspendu dans un espace
    dans lequel je ne savais pas quoi faire
  304. inspiré de la figure sur les cartes de tarot, l’homme pendu
  305. j’avais pris beaucoup de cours pour devenir un guérisseur
  306. pour devenir un accoucheur pour les mourants
  307. et 10 ans plus tard je suis allé retourné à un cours
  308. et j’ai remarqué que j’étais au moins aussi bon que les professionnels
  309. donc je suis retourné à New York
  310. où j’ai commencé à travailler 40 heures par semaine en tant que guérisseur
  311. mon identité de AA Bronson en tant que General Idea était partie
  312. et j’étais dans ma nouvelle identité de AA Bronson guérisseur
  313. j’ai créé des projets avec cette nouvelle identité
  314. par exemple cette installation murale
  315. qui était aussi un panneau d’affichage pour ma pratique de soigneur
  316. revenant sur l’idée de créer des institutions,
    j’ai monté ce spa de guérison sur place
  317. les gens pouvaient prendre des rendez-vous le matin
  318. avant que le musée ouvre
  319. tout guérisseur professionnel dans General Idea
    doit avoir ses propres huiles et bougies
  320. voici les miennes
  321. Printed Matter a été fondée en 1976 par
    Lucy Lippard, Sol Lewitt et d’autres
  322. on y vendait nos livres
  323. à la fin des années 90 on m’a invité à être dans l’équipe de direction
  324. et l’espace avait beaucoup de difficultés à survivre
  325. 9/11 est arrivé, Printed Matter venait de déménager et n’a pas pu avoir d’aides financières
  326. on a arrêté toutes les ventes pendant 6 mois
  327. New York était un désastre pendant cette période
  328. on m’a demandé si je pouvais en devenir le directeur
  329. et essayer de sauver le lieu
  330. c’est la première exposition de Jenny Holzer
  331. et celle de Richard Prince
  332. réalisée par Lucy Lippard
  333. la première chose que j’ai fait était de déplacer
    Printed Matter dans un espace avec vitrine
  334. et de recentrer l’espace sur son but originel:
    un espace pour les artistes, par les artistes
  335. on a essayé d’être attentifs aux jeunes
  336. on s’est débarassés des catalogues qui y étaient en vente
  337. au début on pensait que si on ne vendait pas de livre un peu mainstream
  338. on ne survivrait pas
  339. mais en fait en ne le faisant plus les ventes ont augmenté
  340. en 2006 on a commencé le New York Art Book Fair
  341. pour relancer la position de New York sur la scène du livre d’art(iste)
  342. ce qui a eu un succès immédiat
  343. avec 70 participants à la foire
  344. la foire mélange les genres: fanzines, antiquaires
  345. mais toujours mettant en avant les artistes
  346. la dernière a eu plus de 2000 visiteurs
  347. la fin du livre n’est pas encore là
  348. pour les livres d’art en tout cas, c’est plutôt le contraire,
    il y a une explosion de livres, de maisons d’édition…
  349. il y avait aussi des performances, des conférences
  350. je montre le distributeur d’argent (ATM machine)
  351. qui est la meilleure partie de la foire: 80'000
    sont partis en quelques heures après l’ouverture
  352. il y a donc bien de l’argent pour les livres