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← Le pouvoir guérisseur de la lecture

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35 Languages

Showing Revision 14 created 07/15/2019 by eric vautier.

  1. Je veux parler aujourd'hui de la façon
    dont la lecture peut changer nos vies,
  2. et des limites de ce changement.
  3. Je veux vous raconter comment la lecture
    peut nous donner un monde en partage
  4. fait de connexions humaines puissantes.
  5. Mais aussi, comment ces connexions
    restent toujours partielles.
  6. Et pourquoi la lecture est finalement
    une aventure idiosyncratique et solitaire.
  7. L'écrivain qui a changé ma vie
  8. fut le grand romancier
    afro-américain James Baldwin.
  9. Quand j'étais enfant dans les années 80
    dans l'ouest du Michigan,
  10. peu d'écrivains américains
    d'origine asiatique
  11. s'intéressaient au thème
    de la transformation sociale.
  12. Aussi, je pense m'être tournée
    vers James Baldwin
  13. comme pour essayer de combler ce vide,
  14. pour éprouver ma conscience raciale.
  15. Mais peut-être parce que je savais
    que je n'étais pas afro-américaine,
  16. je me suis aussi sentie bousculée
    et accusée par ses textes.
  17. Particulièrement par ces mots :
  18. « Certains libéraux adoptent
    tous les bons comportements,
  19. mais sans avoir de vraies convictions.
  20. Quand la situation se corse
    et qu'on veut s'appuyer sur eux,
  21. ils sont pour ainsi dire absents. »
  22. Ils sont pour ainsi dire absents.
  23. J'ai pris ces mots très littéralement.
  24. Où devais-je me faire présente ?
  25. Je suis allée
    dans le delta du Mississippi,
  26. une des régions des États-Unis
    les plus pauvres.
  27. L'endroit a été façonné
    par une histoire forte.
  28. Dans les années 60,
    les Afro-Américains y ont risqué leur vie
  29. en luttant pour leur droit à l'éducation,
    pour leur droit de vote.
  30. Je voulais faire partie de ce changement,
  31. aider les jeunes adolescents à obtenir
    leur bac et aller à l'université.
  32. Quand je suis arrivée là-bas,
  33. c'était un endroit encore pauvre,
  34. encore ségrégué,
  35. encore dans l'attente désespérée
    d'un changement.
  36. Mon école, celle où j'ai été affectée,
  37. n'avait pas de bibliothèque,
    pas de conseiller d'orientation,
  38. mais elle avait un officier de police.
  39. La moitié des professeurs
    étaient des remplaçants,
  40. et, quand les élèves se bagarraient,
  41. l'école avait pour habitude de les envoyer
    à la prison du comté.
  42. C'est l'école où j'ai rencontré Patrick.
  43. Âgé de 15 ans, ayant redoublé deux fois,
    il était en classe de 4e.
  44. Il était silencieux, introspectif,
  45. comme s'il était toujours plongé
    dans ses pensées.
  46. Et il détestait voir les autres se battre.
  47. Je l'ai vu une fois s'interposer
    entre deux filles qui se battaient,
  48. et il s'est fait mettre à terre
    à coups de poing.
  49. Patrick n'avait qu'un seul problème :
  50. il ne venait pas souvent en cours.
  51. Il disait que l'école
    était parfois trop déprimante
  52. parce qu'il y avait toujours des bagarres
    et que les enseignants démissionnaient.
  53. De plus, sa mère cumulait deux emplois
  54. et était bien trop fatiguée
    pour le forcer à venir.
  55. Alors, j'en ai fait mon boulot
    de le faire venir à l'école.
  56. Parce que j'étais folle, âgée de 22 ans
    et d'un optimisme forcené,
  57. j'avais pour stratégie
    simplement d'aller chez lui
  58. en disant : « Hé, pourquoi
    tu ne viens pas en cours ? »
  59. Et ma stratégie a plutôt marché,
  60. il s'est mis à venir
    tous les jours à l'école.
  61. Et il a commencé à s'épanouir
    dans ma classe.
  62. Il écrivait de la poésie,
    il lisait des livres.
  63. Il venait à l'école tous les jours.
  64. C'est à peu près dans cette période
  65. alors que j'avais trouvé
    comment me connecter à Patrick,
  66. que je suis entrée
    en fac de droit à Harvard.
  67. Et la question a refait surface :
    où devais-je me faire présente,
  68. où devais-je poser mon corps ?
  69. Et je me suis dit
  70. que le delta du Mississippi était un
    endroit où les gens qui ont de l'argent,
  71. les gens qui en ont l'occasion,
  72. ces gens-là partent.
  73. Et les gens qui restent,
  74. ce sont les gens à qui
    il a été impossible de partir.
  75. Je ne voulais pas être
    de ceux qui s'en vont.
  76. Je voulais être de ceux qui restent.
  77. Mais d'un autre côté,
    j'étais seule et fatiguée.
  78. C'est ainsi que j'en vins à me persuader
    que je changerais davantage les choses,
  79. à plus grande échelle,
  80. si j'étais diplômée
    d'une fac de droit prestigieuse.
  81. Et donc, je suis partie.
  82. Trois ans plus tard,
  83. alors que j'allais être diplômée,
  84. une amie m'a appelée
  85. et m'a dit que Patrick s'était battu
    et avait tué quelqu'un.
  86. J'étais effondrée.
  87. Une partie de moi refusait de le croire,
  88. mais une partie de moi aussi
    savait que c'était vrai.
  89. J'ai pris l'avion pour aller le voir.
  90. Je lui ai rendu visite en prison.
  91. Et il m'a dit que c'était vrai,
  92. qu'il avait tué quelqu'un
  93. et qu'il ne voulait plus en parler.
  94. Je l'ai interrogé sur sa scolarité
  95. et il a dit qu'il avait abandonné
    l'année qui avait suivi mon départ.
  96. Et puis il a voulu me dire autre chose.
  97. Il a baissé les yeux et a dit
    qu'il avait eu une petite fille
  98. qui venait à peine de naître.
  99. Et il avait l'impression
    de l'avoir laissée tomber.
  100. C'était tout, une conversation précipitée,
    maladroite, entre nous.
  101. Quand je suis sortie de la prison,
    une voix en moi a murmuré :
  102. « Reviens.
  103. Si tu ne reviens pas maintenant,
    tu ne reviendras jamais. »
  104. J'ai donc obtenu mon diplôme de droit
    et je suis rentrée.
  105. Je suis rentrée pour voir Patrick,
  106. je suis rentrée pour voir
    si je pouvais l'aider juridiquement.
  107. Et cette fois, quand je l'ai vu
    pour la seconde fois,
  108. je pensais avoir
    une bonne idée, et j'ai dit :
  109. « Dis, Patrick, pourquoi ne pas
    écrire une lettre à ta fille,
  110. afin que tu puisses
    la garder à l'esprit ? »
  111. Et je lui ai tendu un stylo
    et un morceau de papier,
  112. et il a commencé à écrire.
  113. Mais quand j'ai vu le papier
    qu'il m'a rendu,
  114. j'étais choquée.
  115. Je n'ai pas reconnu son écriture,
  116. il avait fait des fautes
    d'orthographe basiques.
  117. Et je me suis dit
    qu'en tant qu'enseignante,
  118. je savais qu'un étudiant pouvait
    s'améliorer de façon spectaculaire
  119. très rapidement,
  120. mais je n'avais jamais imaginé
    qu'un étudiant pût fortement régresser.
  121. Ce qui m'a fait encore plus de peine,
  122. a été de découvrir
    ce qu'il avait écrit à sa fille.
  123. Il avait écrit :
  124. « Je te demande pardon pour mes erreurs,
    et pardon de ne pas être là pour toi. »
  125. Et c’est tout ce qu’il pensait
    devoir lui dire.
  126. Et je me suis demandé comment
    le convaincre qu'il avait plus à dire,
  127. des bouts de lui-même pour lesquels
    il n'avait pas à s'excuser.
  128. Je voulais qu'il sente
  129. qu'il avait quelque chose de valable
    à partager avec sa fille.
  130. Chaque jour des sept mois suivants,
  131. je lui ai rendu visite
    et lui ai apporté des livres.
  132. Mon sac est devenu
    une petite bibliothèque.
  133. J'ai apporté James Baldwin,
  134. j'ai apporté Walt Whitman, C.S. Lewis.
  135. J'ai apporté des guides
    sur les arbres, sur les oiseaux,
  136. et ce qui allait devenir
    son livre préféré, le dictionnaire.
  137. Certains jours,
  138. nous restions assis pendant des heures
    en silence à lire tous deux.
  139. Et les autres jours,
  140. nous lisions ensemble,
    nous lisions de la poésie.
  141. Nous avons commencé par lire des haïkus,
    des centaines de haïkus,
  142. un chef-d'œuvre trompeusement simple.
  143. Et je lui demandais :
    « Dis-moi tes haïkus préférés. »
  144. Et certains d'entre eux sont assez drôles.
  145. Par exemple celui-ci, d'Issa :
  146. « Pas de panique, les araignées,
    je fais le ménage en dilettante. »
  147. Et ceci : « Demi-journée passée en sieste,
    personne ne m'a puni ! »
  148. Et celui-là, magnifique,
    sur le premier jour de neige :
  149. « Cerfs se léchant l'un l'autre la livrée
    recouverte de premier givre. »
  150. Il y a quelque chose
    de mystérieux et magnifique
  151. rien que dans l'apparence d'un poème.
  152. L'espace vide importe autant
    que les mots eux-mêmes.
  153. Nous avons lu ce poème de W.S. Merwin,
  154. qu'il a écrit après avoir vu
    sa femme travailler dans le jardin
  155. et réalisé qu'ils passeraient
    le reste de leur vie ensemble.
  156. « Laisse-moi imaginer que nous reviendrons
  157. quand nous voudrons
    et ce sera le printemps.
  158. Nous ne serons pas plus vieux
    que nous ne l'avons jamais été.
  159. Les chagrins anciens se dissiperont
    comme la brume aurorale
  160. à travers laquelle le matin
    émerge à lui-même. »
  161. J'ai demandé à Patrick
    son vers préféré, il a répondu :
  162. « Nous ne serons pas plus vieux
    que nous ne l'avons jamais été. »
  163. Il a dit que ça lui évoquait
    un endroit où le temps s'arrêtait,
  164. où il n'avait plus d'importance.
  165. Et je lui ai demandé
    s'il avait un tel lieu,
  166. où le temps dure pour toujours.
  167. Et il a dit : « Ma mère. »
  168. Lorsque vous lisez un poème
    à côté de quelqu'un d'autre,
  169. le poème change de sens.
  170. Parce que ça devient personnel pour elle,
    ça devient personnel pour soi.
  171. Nous avons ensuite lu des livres,
    nous en avons lu tant !
  172. Nous avons lu les mémoires
    de Frederick Douglass,
  173. un esclave américain ayant appris
    à lire et à écrire par lui-même
  174. et qui avait gagné sa liberté
    grâce à son alphabétisation.
  175. J'avais grandi en voyant
    en Frederick Douglass un héros
  176. et je voyais dans ce récit
    une histoire d'élévation et d'espoir.
  177. Mais ce livre a mis Patrick
    dans une sorte d'état panique.
  178. Il s'est arrêté sur une histoire
    racontée par Douglass :
  179. comment, à Noël, les maîtres
    donnaient du gin aux esclaves
  180. comme un moyen de leur prouver
    qu'ils ne savaient pas gérer la liberté.
  181. Parce que les esclaves
    titubaient ensuite dans les champs.
  182. Patrick a dit que ça lui parlait.
  183. Il a dit qu'il y avait des gens en prison
    qui, comme les esclaves,
  184. ne voulaient pas penser à leur état,
  185. parce que c'était trop douloureux,
  186. trop douloureux de penser au passé,
  187. trop douloureux de penser
    à tout le chemin encore à parcourir.
  188. Sa citation préférée était celle-ci :
  189. « N'importe quoi, qu'importe,
    pourvu que j'arrête de penser !
  190. C’est cette réflexion sempiternelle
    sur ma condition qui était mon tourment. »
  191. Patrick a dit que Douglass était courageux
    d'écrire et de poursuivre ses réflexions.
  192. Mais Patrick ne savait pas à quel point
    il ressemblait pour moi à Douglass,
  193. par cette façon de continuer à lire,
    même si ça le mettait en panique.
  194. Il a fini le livre avant moi,
  195. le lisant dans un escalier de béton
    dépourvu de lumière.
  196. Et puis nous avons lu
    un de mes livres préférés,
  197. « Gilead » de Marilynne Robinson,
  198. qui est une longue lettre
    d'un père à son fils.
  199. Il en a aimé cette ligne :
  200. « J'écris ceci en partie pour te dire
  201. que si tu te demandes
    ce que tu as accompli dans ta vie...
  202. tu as été la grâce que Dieu m'a accordée,
  203. un miracle,
    et plus encore qu'un miracle. »
  204. Quelque chose dans cette langue,
    cet amour, cette langueur, cette voix,
  205. a réanimé en Patrick le désir d'écrire.
  206. Et il se mit à remplir cahier sur cahier
  207. avec des lettres à sa fille.
  208. Dans ces lettres belles, complexes,
  209. il s'imaginait avec sa fille en train
    de faire du canoë sur le Mississippi.
  210. Il les imaginait trouver
    un ruisseau de montagne
  211. avec une eau parfaitement claire.
  212. En regardant Patrick écrire,
  213. je me suis dit,
  214. et je vous le demande maintenant à tous,
  215. combien d'entre vous
    ont déjà écrit une lettre
  216. à quelqu'un que vous pensez
    avoir laissé tomber ?
  217. Il est tellement plus facile de sortir
    ces personnes de son esprit.
  218. Mais Patrick est revenu
    chaque jour, face à sa fille,
  219. soucieux de lui rendre des comptes,
  220. un mot après un l'autre,
    avec une concentration intense.
  221. Je voulais, dans ma propre vie,
  222. me mettre en danger de cette façon.
  223. Parce que le danger révèle
    la force des cœurs.
  224. Permettez-moi de prendre du recul
    et de poser une question inconfortable.
  225. Qui suis-je pour raconter cette histoire,
    comme dans cette histoire de Patrick ?
  226. Patrick est celui qui a vécu
    avec cette douleur
  227. et je n'ai jamais eu faim
    un seul jour de ma vie.
  228. J'y ai beaucoup réfléchi,
  229. mais mon message, c'est que cette histoire
    ne parle pas que de Patrick.
  230. Elle parle de nous,
  231. de l'inégalité entre nous.
  232. Le monde de l'abondance
  233. dont Patrick, ses parents
    et ses grands-parents
  234. ont été exclus.
  235. Dans cette histoire, je représente
    ce monde d'abondance.
  236. Et en racontant cette histoire,
    je ne voulais pas me cacher.
  237. Cacher le pouvoir que j'ai.
  238. En racontant cette histoire,
    je voulais dévoiler ce pouvoir
  239. pour ensuite demander :
  240. comment réduire la distance entre nous ?
  241. La lecture est un moyen
    de réduire cette distance.
  242. Elle nous offre un univers tranquille
    que nous pouvons partager ensemble,
  243. que nous pouvons partager
    de manière égale.
  244. Vous vous demandez sans doute
    à présent ce qu'est devenu Patrick.

  245. La lecture lui a-t-elle sauvé la vie ?
  246. Oui et non.
  247. Quand Patrick est sorti de prison,
  248. son parcours a été atroce.
  249. Les employeurs l'ont refoulé
    à cause de son casier judiciaire.
  250. Sa meilleure amie, sa mère,
    est décédée à 43 ans
  251. de maladie cardiaque et de diabète.
  252. Il est devenu sans-abri, a connu la faim.
  253. Bref, les gens disent bien des choses
    sur la lecture qui me semblent exagérées.
  254. Savoir lire et écrire ne l'a pas empêché
    d'être victime de discrimination.
  255. Cela n'a pas empêché sa mère de mourir.
  256. Alors, que peut faire la lecture ?
  257. J'aimerais finir aujourd'hui
    avec quelques réponses.
  258. La lecture a rempli sa vie intérieure
  259. de mystère, d'imagination,
  260. de beauté.
  261. La lecture lui a donné des images
    qui lui ont donné de la joie :
  262. montagne, océan, cerf, givre.
  263. Des mots qui ont un goût
    de monde libre et naturel.
  264. La lecture lui a donné une langue
    pour ce qu'il avait perdu.
  265. Combien sont précieux
    ces vers du poète Derek Walcott,
  266. Patrick a mémorisé ce poème :
  267. « Les jours que j'ai tenus,
  268. les jours que j'ai perdus,
  269. les jours qui croissent, tels mes filles,
  270. depuis le havre de mes bras. »
  271. La lecture lui a appris
    son propre courage.
  272. Rappelez-vous qu'il a continué
    à lire Frederick Douglass,
  273. alors même que c'était douloureux.
  274. Il continuait à être conscient,
    alors même qu'être conscient faisait mal.
  275. La lecture est une forme de pensée,
  276. c'est pourquoi lire est difficile
    car il faut réfléchir.
  277. Et Patrick a choisi de penser
    plutôt que de ne pas penser.
  278. Enfin, la lecture lui a donné une langue
    pour parler à sa fille.
  279. La lecture lui a donné l'envie d'écrire.
  280. Le lien entre lire et écrire
    est si puissant !
  281. Quand on commence à lire,
  282. on commence à trouver les mots.
  283. Et il a trouvé les mots
    pour leur inventer une vie à deux.
  284. Il a trouvé les mots
  285. pour lui dire combien il l'aimait.
  286. La lecture a également changé
    la relation entre nous.
  287. Elle nous a permis un peu d'intimité,
  288. et d'élargir nos points de vue.
  289. Et la lecture a transformé
    une relation inégale
  290. en une égalité momentanée.
  291. Quand vous rencontrez quelqu'un
    en tant que lecteur,
  292. vous le rencontrez pour la première fois,
  293. de manière fraîche, de manière neuve.
  294. Vous ne pouvez pas savoir
    quelle sera son vers préféré,
  295. quels sont ses souvenirs
    et ses chagrins personnels.
  296. Vous voici devant l'enclos secret ultime
    de sa vie intérieure.
  297. Et alors vous vous demandez :
    « Ma vie intérieure est faite comment ?
  298. Qu'ai-je qui vaille d'être partagé
    avec quelqu'un d'autre ? »
  299. Je veux conclure
  300. sur quelques-uns de mes passages préférés
    dans les lettres de Patrick à sa fille.
  301. « La rivière est ombreuse
    en certains endroits
  302. mais la lumière transperce
    à travers les branchages...
  303. Certaines branches sont lourdes de mûres.
  304. Tends simplement le bras
    et tu pourras en cueillir. »
  305. Et cette belle lettre,
    dans laquelle il écrit :
  306. « Ferme les yeux
    et écoute les sons des mots.
  307. Je connais ce poème par cœur
  308. et je voudrais que toi aussi,
    tu le connaisses. »
  309. Un grand merci à vous tous.
  310. (Applaudissements)