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← Jackie Chan - How to Do Action Comedy

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Showing Revision 2 created 11/24/2015 by Vincent Clipet.

  1. —Allo ? Jackie à l’appareil.
  2. Salut, je suis Tony
    et voici "Every Frame A Painting".
  3. Certains réalisateurs savent filmer l'action.
    D'autres savent filmer la comédie.
  4. Mais depuis 40 ans, le maître dans l’art de
    combiner les deux est Jackie Chan.
  5. Aujourd’hui, on voit beaucoup de films
    qui mélangent des scènes drôles
  6. avec des scènes de combat.
    Mais même lorsque le film est bon,
  7. la comédie et l’action semblent provenir
    de 2 personnes aux styles différents.
  8. C’est pour ça
    que Jackie est si intéressant.
  9. Dans sont style de cinéma,
    l’action EST la comédie.
  10. Il montre que les mêmes
    principes de réalisation s’appliquent,
  11. que vous essayiez d’être drôle
    ou de tout casser.
  12. Alors allons-y. Si vous voulez voir
    le titre des films
  13. dont je parle,
    cliquez sur le bouton CC ci-dessous.
  14. Prêts ? C’est parti.
  15. Comment Jackie crée de l’action
    qui soit aussi drôle ?
  16. D’abord, il commence toujours par
    se désavantager.
  17. Quelque soit le film, Jackie part toujours
    avec un handicap.
  18. Il n’a pas de chaussures.
    Il est menotté.
  19. Il a une bombe dans la bouche...
  20. À partir de là, il doit se battre
    pour reprendre le dessus.
  21. Chaque action crée une
    réaction logique.
  22. Et en suivant la logique…
  23. on obtient un gag.
  24. Au cinéma, ce type de comédie
    remonte à l’époque des clowns du film muet
  25. comme Chaplin, Lloyd, et Keaton.
  26. Mais je pense que Jackie l'a résumé
    en une seule ligne de dialogue :
  27. —S’il vous plaît !
    Je ne veux pas de problèmes !
  28. Puisqu’il est opprimé,
    il a besoin d’être créatif
  29. ce qui nous amène au pont numéro deux :
    il utilise tout ce qui est à sa portée.
  30. C’est l’aspect le plus connu
    de son style.
  31. Prendre quelque chose de familier,
    faire quelque chose inédit.
  32. Je l’ai vu se battre avec des chaises
  33. des robes
  34. des baguettes
  35. des claviers
  36. des Legos
  37. des réfrigérateurs
  38. et évidemment…
  39. Cela fait de ses combats non seulement
    quelque chose d’organique et solide
  40. cela donne aussi des gags qui ne
    pourraient arriver nulle part ailleurs.
  41. Numéro 3 : Jackie aime la clarté.
  42. Il ne réalise pas de scènes où
    tout est étalonné en bleu.
  43. Si son opposent porte du noir,
    il s’habille en blanc.
  44. Et si son opposant est en blanc,
    il se donne du style.
  45. Ses cadres sont si précis que dans chaque plan,
    il met en place l'action suivante.
  46. Ici, alors qu’on regarde
    le cascadeur,
  47. l’escalier occupe les 2/3 du cadre.
    Quelques secondes plus tard, on voit pourquoi.
  48. Il reste clair en n’utilisant que rarement
    des caméras à l'épaule ou des dollys.
  49. —Dans les films américains, il y a trop
    de mouvement. Quand l'angle de vue change,
  50. —ça signifie que les acteurs ne savent
    pas combattre.
  51. Au ralenti, on peut voir que le cadreur
    se déplace autour de l’action
  52. pour donner l’impression d’un coup encore
    plus violent.
  53. Mais comme Jackie SAIT combattre…
  54. —Je ne bouge jamais ma caméra.
    Toujours fixe. Grand-Angle.
  55. —Je la laisse voir quand je saute,
    quand je me retourne, quand je tombe.
  56. Quand on filme de cette manière,
    tout est plus impressionnant car
  57. action et réaction ont lieu dans
    le même plan.
  58. Remarquez que l’on voit Jackie,
    la voiture et le mur sur chaque plan.
  59. Mais une cascade similaire dans Rush Hour 3
  60. n’inclut pas tous ces éléments ensemble,
    et ça ne marche pas.
  61. Le même principe s’applique à la comédie.
  62. Ce plan, réalisé par Sammo Hung,
    nous montre
  63. le coup, la tête du vilain,
    et celle de Jackie ensemble.
  64. Maintenant, voyez le même gag
    dans Shanghai Kid.
  65. Ici, action et réaction
    se passent en deux temps.
  66. Ça marche à peu près,
    mais c’est loin d’être aussi bon.
  67. Pourquoi si peu de réalisateurs font ça ?
  68. À cause du numéro 5 :
    ils n’ont pas assez de temps.
  69. Jackie est un perfectionniste, déterminé
    à faire autant de prises que nécessaire.
  70. Et à Hong Kong,
    il est soutenu par les studios
  71. qui lui donnent des mois
    pour filmer un combat.
  72. —Le plus difficile est lorsque je lance l’éventail
    et qu’il revient.
  73. Plus de 120 prises. Dans ce genre de scène,
    vous dites « Oh Jackie est trop fort. »
  74. Non. Vous pouvez le faire. Mais
    avez-vous la patience ?
  75. Quand je revois son travail,
    ces petites choses
  76. sont celles qui m’impressionnent
    le plus.
  77. Elles ne sont pas nécessaires
    et elles ont un coût énorme.
  78. Mais il les fait quand même
    parce qu’il le veut.
  79. Et c’est ce besoin de surpassement
    que je respecte et j’admire.
  80. —Mais en Amérique,
    ils ne vous autorisent pas à faire ça.
  81. Vous savez, à cause de l’argent.
  82. Et il manque autre chose à ses
    films américains :
  83. —Il y a un rythme dans la façon dont
    les plans sont élaborés.
  84. mais aussi comment ils sont montés,
    et Jackie a dit une chose très intéressante
  85. le spectateur ne sait pas que le rythme est là
    tant qu’il N’EST PAS là.
  86. Les scènes de combat de Jackie ont un
    rythme musical propre,
  87. un tempo qu’il travaille sur le tournage
    avec les acteurs.
  88. —Prêt, action.
    Reste où tu es !
  89. Reste où tu es, ne viens pas
    après moi.
  90. Vous voyez ?
    Tout le monde est parfait.
  91. Même les artistes expérimentés
    ont du mal avec ça.
  92. Dans ses premiers films, on le voit
    apprendre le timing avec Yuan Heping
  93. et c’est proche d’un opéra chinois.
  94. Mais au milieu des années 80,
    en travaillant avec sa propre équipe
  95. Il avait quelque chose d’absolument unique.
  96. Aux USA, de nombreux réalisateurs et monteurs
    ne comprennent pas ce timing.
  97. Et ils le ruinent
    en découpant chaque coup.
  98. Mais à Hong Kong, les réalisateurs font durer
    leurs plans assez longtemps
  99. pour que les spectateurs ressentent le rythme.
  100. —La partie la plus importante est le montage.
  101. La plupart des réalisateurs ne savent pas
    monter.
  102. Même les chorégraphes des combats
    ne savent pas monter.
  103. Les réalisateurs de Hong Kong comme Jackie
    et Sammo ont une technique particulière.
  104. Dans le premier plan, le coup
    est filmé en large.
  105. Dans le second, avec un beau plan serré.
  106. Mais lors du montage,
    vous ne raccordez PAS l’action.
  107. À la fin du plan 1, le coude est ici.
  108. Au début du plan 2,
    il est bien plus loin.
  109. Ces 3 images servent au public à
    percevoir le nouveau cadrage.
  110. Et elles font toute la différence.
  111. —Je commence ici, puis là.
    Mais les deux plans, ensemble
  112. C’est ça la puissance.
  113. En d’autres mots, montrez le DEUX FOIS
    et le cerveau du public en fera
  114. un coup, plus puissant.
  115. En revanche, les montage américains modernes
    ne montrent même plus les coups.
  116. À la fin du plan 1, la jambe est ici.
  117. À la fin du plan 2, elle est à la même place,
    dans un mouvement contraire.
  118. Mais comme ils raccordent
    à l’image précise du coup
  119. on ne ressent pas le coup.
  120. Beaucoup de monde pense que c’est à cause
    de la censure pour les plus jeunes.
  121. mais même les films classés -17 ans
    le font maintenant.
  122. On dirait un tas d’acteurs qui s’agitent
  123. au lieu d’acteurs qui se donnent vraiment.
  124. Ce qui nous amène au numéro 8 :
    La douleur.
  125. À la différence des stars
    qui essaient de sembler invincibles ...
  126. Jackie se fait mal.
  127. Beaucoup.
  128. Une grande part de sont travail réside
    dans ses cascades impressionnantes
  129. Mais il y a toujours de la place
    pour une bonne blague.
  130. La douleur le rend humain.
    Parce que quelque soit son talent
  131. ça ne l’empêche pas
    de se prendre des claques.
  132. En fait, son visage est sans doute
    son plus grand atout.
  133. Son regard à lui seul
    est souvent suffisant pour nous amuser.
  134. Comme lorsqu’il combat en tenant
    un poulet.
  135. Ou déguisé en Chun-li.
  136. Enfin, le style de Jackie donne toujours
    un vraie satisfaction au public.
  137. En gravissant les échelons 1 à 1,
    il gagne le droit à un final spectaculaire.
  138. Il ne gagne pas parce que c’est le meilleur combattant,
    il gagne parce qu’il n’abandonne jamais.
  139. Cet acharnement fait de ces dénouements
    des scènes incroyables et très drôles.
  140. Et ça contraste complètement avec
    beaucoup de ses films américains
  141. où les vilains sont vaincus
    parce que quelqu’un leur tire dessus.
  142. VRAIMENT ?
  143. Mais par-dessus tout, je pense
    que le style de Jackie prouve
  144. que l’action et la comédie
    ne sont pas si différents.
  145. Dans les deux genres, on veut voir les
    meilleurs artistes.
  146. Et je pense que beaucoup de réalisateurs
    modernes se trompent complètement.
  147. Ces acteurs sont des artistes talentueux,
    parmi les meilleurs du monde.
  148. Pourquoi ces réalisateurs
    sont si incompétents ?
  149. Pourquoi je paie pour
    NE PAS voir l’action ?
  150. —Quoi que tu fasses, donne le meilleur,
    parce que le film est éternel.
  151. "Non, parce que ce jour-là il pleuvait,
    et les acteurs n’avaient pas le temps."
  152. Vous iriez dans chaque cinema pour le dire aux spectateurs ?
    Non.
  153. Le public est là : bon film, mauvais film,
    c’est tout.
  154. Exactement. Le travail reste.
  155. Et sur ces mots, je vous laisse
  156. avec la meilleure mise à mort
    de l’histoire du cinéma.