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l'Enfant d'Internet : l'histoire de Aaron Swartz

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    Il existe des lois injustes.
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    Est-ce que nous devons nous contenter d'y obéir, ou devons-nous tenter de les modifier en y obéissant jusqu'à ce que nous ayons réussi à les changer
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    Ou devons-nous les transgresser d'abord en premier ?
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    Un des co-fondateurs du site Reddit a été trouvé mort.
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    Il était certainement un prodige,
    bien qu'il ne se soit jamais considéré comme tel.
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    Il n'était absolument pas excité
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    par le fait de démarrer des entreprises et faire de l'argent.
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    Il y a un sentiment profond de perte à Highland Park
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    la ville de Aaron Swartz
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    ce jour où ceux qui l'aimaient disent adieu
    à l'une des plus brillantes lumières de l'internet.
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    Les activistes de la liberté, de l'open access et des ordinateurs pleurent sa perte.
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    "Un intellect étonnant", si vous parliez à ceux qui le connaissaient.
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    Il a été tué par le gouvernement.
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    et le MIT a trahi tous ses principes de base.
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    Ils voulaient faire un exemple avec lui.
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    Les gouvernements ont un désir insatiable de contrôler.
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    Il faisait face potentiellement à 35 ans de prison et une amende de un million de dollars.
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    Soulevant des questions de zèle en matière de poursuites, et je dirais même une faute.
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    Avez-vous examiné cette question précise et en avez-vous tiré des conclusions ?
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    En grandissant, vous savez, j'ai lentement eu ce cheminement de réaliser
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    que toutes les choses autour de moi, dont les gens me disaient
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    qu'elles étaient la manière naturelle d'être des choses, la manière dont les choses devaient être
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    Elles n'étaient pas naturelles du tout, certaines choses pouvaient être changées
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    et plus important, il y avait des choses qui étaient fausses et devaient changer.
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    Et une fois que j'ai réalisé cela, il n'y avait plus moyen de revenir en arrière.
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    L'enfant d'Internet
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    Bienvenue à l'heure du conte.
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    Le titre du livre est "Paddington à la foire".
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    Bien, il est né à Highland Park et a grandi ici.
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    Aaron venait d'une famille de trois frères, tous extrêmement brillants.
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    Oh, la boîte est en train de basculer...
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    Donc nous étions tous, vous savez, pas les enfants les plus disciplinés.
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    Vous savez, trois garçons courant partout tout le temps et faisant des bêtises.
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    Hey, non, non, non !
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    - Aaron !
    - Quoi ?
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    Mais j'ai fini par réaliser que Aaron
    avait appris comment apprendre à un âge très jeune.
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    "Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, sept, huit, neuf, dix"
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    - Toc, toc !
    - Qui est-là ?
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    - Aaron
    - Aaron qui ?
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    - Aaron Funnyman.
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    Il savait ce qu'il voulait, et il voulait toujours le faire.
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    Il accomplissait toujours ce qu'il désirait.
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    Sa curiosité était sans bornes.
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    "Voici une petite image de ce que sont les planètes."
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    "Et chaque planète a un symbole.Le symbole de Mercure, le symbole de Vénus, le symbole de la Terre, le symbole de Mars, le symbole de Jupiter".
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    Un jour il dit à Susan : "qu'est-ce que c'est que ce divertissement familial gratuit au centre-ville de Highland Park ?"
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    "Divertissement familial gratuit au centre-ville de Highland Park"
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    ?
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    Elle lui demande : de quoi tu parles ?
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    Il dit : Regarde, ça dit ici sur le frigo "Divertissement gratuit au centre-ville de Highland Park".
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    Elle fut sidérée de voir qu'il savait lire.
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    Ça s'appelle "My Family Seder"
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    La nuit de Seder est différentes de toutes les autres nuits.
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    Je me souviens d'une fois, nous étions à la bibliothèque de l'Université de Chicago.
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    J'ai retiré un livre du rayon, qui datait de quelque chose comme 1900.
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    Je lui ai montré, et j'ai dit : tu sais, c'est un endroit extraordinaire.
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    Nous étions des enfants curieux, mais Aaron aimait vraiment apprendre et enseigner.
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    Et ce que nous allons apprendre est l'alphabet à l'envers.
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    Z, Y, X, W, V, U, T...
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    Je me souviens quand il rentra de son premier cours d'algèbre.
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    Il était genre : Noah, laisse-moi t'apprendre l'algèbre !
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    Et moi : qu'est-ce que l'algèbre ?
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    Et il était tout le temps comme cela.
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    Maintenant pressons ce bouton clic, là ! Maintenant ça donne ça !
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    Maintenant c'est rose !
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    Quand il avait deux ou trois ans, Bon l'initia aux ordinateurs,
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    alors il a juste décollé, comme un fou, sur eux.
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    (babillage)
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    Nous avions tous des ordinateurs, mais Aaron accrochait vraiment avec eux, avec l'Internet.
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    - Tu travailles sur l'ordinateur ?
    - Naann...
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    - Comment...Maman, pourquoi est-ce que rien ne fonctionne ?
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    Il commença à programmer à un âge très jeune.
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    Je me souviens que le premier programme écrit avec lui était en Basic, et était un jeu assez simple autour de Star Wars.
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    Il s'est assis avec moi dans le sous-sol, où l'ordinateur était,
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    pendant des heures, programmant ce jeu.
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    Le problème que j'avais avec lui est qu'il n'y avait rien que je voulais faire.
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    Et avec lui, il y avait toujours quelque chose à faire, toujours quelque chose que la programmation pouvait résoudre.
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    Aaron a toujours vu la programmation comme une sorte de magie.
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    Vous pouvez accomplir ces choses que les humains normaux ne peuvent pas faire.
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    Aaron fit un distributeur de billets en utilisant un Macintosh et une boîte en carton ondulé.
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    Une année pour Halloween, je ne savais pas ce que je voulais être,
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    et il pensa que ce serait vraiment cool, si je me déguisais comme son nouvel ordinateur favori,
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    qui était alors le premier iMac.
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    Je veux dire, il détestait se déguiser pour Halloween mais il adorait convaincre d'autres personnes
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    de s'habiller dans ces choses qu'il voulait voir.
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    Hôte Aaron, arrêtez ! Les gars, allez, regardez la caméra !
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    Spiderman regarde la caméra
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    Il fit ce site web appelé The Info, où les gens pouvaient juste apporter de l'information/
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    Je suis sûr que quelqu'un là-bas sait tout sur l'or, l'effeuillage or.
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    Pourquoi n'écrivent-ils pas à propos de ça sur ce site ? Et là d'autres personnes peuvent venir plus tard
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    et lire cette information, et l'éditer s'ils pensent qu'elle est mauvaise.
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    Pas trop éloigné de Wikipédia, non ?
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    Et c'était avant que Wikipédia commence, et ça a été par un gars de 12 ans,
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    Dans sa chambre, de lui-même, tournant sur son petit serveur, utilisant une technologie un peu ancienne.
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    Une des réponses des enseignants fut, genre : C'est une très mauvaise idée, vous ne pouvez pas laisser n'importe qui rédiger l'encyclopédie.
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    La raison pour laquelle nous avons des chercheurs est qu'ils écrivent ces livres pour nous.
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    Moi et mon autre frère allions, genre : Oh vous savez, Wikipédia est cool, mais nous avons eu ça à la maison genre il y a cinq ans.
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    Le site d'Aaron gagna un concours scolaire
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    lancé par la société de conception de sites Web basé à Cambridge, ArsDigita.
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    Nous sommes tous allés à Cambridge pour la ... quand il a remporté le prix de l'art centro
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    et nous n'avions aucune idée de ce que Aaron faisait.
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    Il était évident que le prix était vraiment important.
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    Aaron s'est vite impliqué avec les communautés de programmation en ligne,
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    puis dans le processus d'élaboration d'un nouvel outil pour le web.
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    Il s'amena en me disant, genre : Ben, il y a ce truc vraiment incroyable sur lequel je travaille.
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    Tu dois en entendre parler !
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    " Yeah, c'est quoi ?"
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    "C'est un truc appelé RSS."
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    Et il m'explique ce qu'est RSS, genre...genre pourquoi est-ce utile, Aaron ?
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    Est-ce qu'un seul site l'utilise, genre pourquoi est-ce que je devrais l'utiliser ?
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    Il y a cette maling liste pour les gens qui travaillent sur RSS, et XML d'une manière plus générale.
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    Et il y avait une personne nommée Aaron Swartz qui montrait un grand esprit de compétition, et très intelligente,
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    et qui avait beaucoup d'idées, mais ne venait jamais aux meetings IRL
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    Et il ne venait jamais aux meetings, et ils disaient
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    Tu sais, quand est-ce que tu vas venir à ces meetings IRL?
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    Et il dit : vous savez, je ne pense pas que ma mère me laissera. J'ai... Je viens juste d'avoir 14 ans.
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    Et donc leur première réaction a été, bien, vous savez, cette personne, ce collègue avec lequel ils travaillaient depuis toutes ces années...
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    avait 13 ans pendant qu'ils travaillaient ensemble, et n'avait que 14 ans maintenant.
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    Et leur seconde réaction était : Seigneur, nous voulons vraiment le rencontrer, vous savez. C'est extraordinaire !
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    Il a fait partie du comité qui a esquissé RSS.
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    Ce qu'il faisait été d'aider à construire la plomberie de l'hypertexte moderne.
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    La partie sur laquelle il travaillait, RSS, était un outil que vous pouvez utiliser pour obtenir des résumés
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    de choses qui vont se retrouver sur d'autres pages web.
  • 9:09 - 9:13
    Plus communément, vous pouvez utiliser cela pour un blog.Vous pourriez avoir 10 ou 20 blogs que vous voulez lire.
  • 9:13 - 9:18
    Vous utilisez leurs flux RSS, ces résumés de ce qui se passe sur ces autres pages
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    pour créer une liste unifiée de ce qui se passe ailleurs.
  • 9:23 - 9:28
    Aaron était vraiment jeune, mais il comprenait la technologie et il voyait qu'elle était imparfaite
  • 9:28 - 9:30
    et il cherchait des moyens d'aider à la rendre meilleure.
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    Alors sa mère a commencé à le mettre dans des avions à Chicago, nous le récupérions à San Francisco.
  • 9:40 - 9:45
    Nous l'avons présenté à des personnes intéressantes pour discuter avec elles, et nous nous sommes étonnés de ses horribles habitudes alimentaires.
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    Il ne mangeait que de la nourriture blanche,
    comme du riz à la vapeur, pas de riz frit parce que ce n'était pas assez blanc
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    et du pain blanc, et ainsi de suite...
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    Et vous vous étonnez de la qualité du débat qui émerge de ceci,
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    de ce qui semble être la bouche d'un jeune garçon.
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    Et vous pensiez, voici un gamin qui ira loin s'il ne meurt pas du scorbut.
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    Aaron, tu es en haut !
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    Je pense que la différence est que maintenant
    vous ne pouvez pas faire des compagnies type point-com
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    Vous ne pouvez pas avoir des compagnies qui se contentent
    de vendre de la nourriture pour chien via l'Internet, ou via les smartphones.
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    Mais il y a encore beaucoup d'innovation en cours.
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    Dites-vous que peut-être que si vous ne voyez pas l'innovation, peut-être que votre tête est dans le sable.
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    Il était là-dessus, comme un nerd de base, genre
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    "Je suis plus intelligent que toi, et parce que je suis plus intelligent je suis meilleur que toi,
  • 10:29 - 10:31
    et je peux te dire quoi faire".
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    C'est une de ses facettes, genre, lui étant un peu comme un crétin.
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    Donc vous mettez ensemble tous ces ordinateurs et maintenant ils résolvent de gros problèmes
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    comme chercher des extra-terrestres et essayer de guérir le cancer.
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    Je l'ai rencontré la première fois sur IRC, ou Internet Relay Chat.
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    Il ne faisait pas qu'écrire du code, il parvenait aussi à intéresser les gens pour qu'ils résolvent les problèmes qu'il avait.
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    C'était un connecteur.
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    Le mouvement de la culture libre, il avait beaucoup de cette énergie.
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    Je pense que Aaron essayait de faire que le monde fonctionne.Il essayait de le réparer.
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    Il avait une forte personnalité, qui peut de temps à autre prendre la mouche.
  • 11:09 - 11:13
    Il n'était pas toujours très à l'aise dans le monde
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    et le monde n'était pas toujours très à l'aise avec lui.
  • 11:19 - 11:23
    Aaron est allé au lycée et il a mal vécu l'école, à en être malade.
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    Il n'aimait pas l'école, il n'aimait aucun de ses cours, il n'aimait pas les professeurs.
  • 11:28 - 11:30
    Aaron savait vraiment comment trouver une information.
  • 11:30 - 11:35
    Il était genre "Je n'ai pas besoin d'aller voir cet enseignant pour apprendre la géométrie.
  • 11:35 - 11:37
    Je peux simplement lire le livre de géométrie.
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    Et je n'ai pas besoin d'aller chez cet enseignant pour apprendre leur version de l'histoire Américaine,
  • 11:41 - 11:45
    puisque j'ai genre 3 synthèses historiques ici, je peux simplement les lire.
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    Et d'ailleurs cela ne m'intéresse pas, je suis intéressé par le web".
  • 11:49 - 11:53
    J'étais très frustré avec l'école, je pensais que les enseignants ne savaient pas de quoi ils parlaient.
  • 11:53 - 11:57
    Ils dominaient et contrôlaient, les devoirs à la maison étaient une sorte de honte
  • 11:57 - 12:01
    et ce n'était finalement qu'un moyen de les occuper en les faisant gratter du papier.
  • 12:01 - 12:05
    Et, vous savez, j'ai commencé à lire des livres sur l'histoire de l'éducation
  • 12:05 - 12:08
    et comment ce système éducatif s'est développé.
  • 12:08 - 12:11
    Et, vous savez, les alternatives à ce système et les façons dont on pouvait apprendre de manière effective
  • 12:11 - 12:15
    par opposition au système qui impose de recracher ce qu'un professeur a dit.
  • 12:15 - 12:19
    Et cela m'a conduit à m'interroger sur plusieurs choses. Une fois que je m'étais interrogé sur l'école dans laquelle j'étais,
  • 12:19 - 12:24
    je me suis interrogé sur l'entreprise qui avait construit l'école, les métiers pour lesquels l'école formait les gens,
  • 12:24 - 12:28
    je me suis interrogé sur le gouvernement qui avait mis en place toute cette structure.
  • 12:28 - 12:32
    Une des choses qui le passionnait le plus, particulièrement à cette époque, c'était le copyright.
  • 12:32 - 12:38
    Le copyright a toujours été une sorte de fardeau (?) pour les éditeurs et les lecteurs,
  • 12:38 - 12:43
    mais ce n'était pas un fardeau excessif, c'était un dispositif raisonnable,
  • 12:44 - 12:47
    permettant de s'assurer que les gens soient payés.
  • 12:47 - 12:53
    Ce à quoi la génération d'Aaron a été confronté, c'est la collision entre ce système antique du copyright
  • 12:53 - 12:57
    et cette incroyable nouveauté que nous essayions de construire, Internet le web.
  • 12:57 - 13:00
    Ces choses entrèrent en collision, et ce que nous avons obtenu était le chaos.
  • 13:02 - 13:06
    Il a alors rencontré Lawrence Lessig, professeur à Harvard
  • 13:06 - 13:09
    qui, à l'époque, contestait la loi sur le copyright au niveau de la Cour Suprême.
  • 13:09 - 13:13
    Le jeune Aaron Swartz s'est alors envolé pour Washington pour écouter les auditions de la Cour Suprême.
  • 13:13 - 13:18
    Je suis Aaron Swartz et je suis ici pour écouter le débat, pour voir les documents du débat.
  • 13:18 - 13:23
    Pourquoi avoir fait le trajet jusqu'ici depuis Chicago pour voir ce débat ?
  • 13:23 - 13:26
    C'est une question plus difficile.
  • 13:29 - 13:34
    Je ne sais pas, c'est très excitant de voir la Cour Suprême,
  • 13:34 - 13:37
    particulièrement dans un cas si prestigieux.
  • 13:43 - 13:47
    Lessig allait aussi de l'avant avec une nouvelle manière de définir le copyright sur Internet.
  • 13:47 - 13:49
    Cela s'appelait les Creative Commons.
  • 13:49 - 13:54
    L'idée de base des Creative Commons est d'offrir la possibilité aux gens, aux créateurs,
  • 13:54 - 13:59
    une solution simple d'associer à leurs créations les libertés d'utilisation qu'ils souhaitent.
  • 13:59 - 14:05
    Donc si le copyright est le monde du "Tous droits réservés", on est là dans le modèle du "Certains droits réservés".
  • 14:05 - 14:09
    Je veux une solution simple de vous dire : voici ce que vous pouvez faire avec mon travail,
  • 14:09 - 14:14
    même s'il existe certaines situations pour lesquelles vous aurez besoin de ma permission.
  • 14:14 - 14:17
    Et le rôle d'Aaron était la partie informatique.
  • 14:17 - 14:21
    Comme : comment construire ces licences pour qu'elles soient simples et compréhensibles
  • 14:21 - 14:24
    et exprimées de façon à ce que les machines puissent les traiter.
  • 14:24 - 14:30
    Et les gens disaient : pourquoi est-ce ce gamin jeune de 15 ans qui écrit les spécifications des Creative Commons ?
  • 14:30 - 14:32
    Ne pensez-vous pas que c'est une énorme erreur ?
  • 14:32 - 14:36
    Et ils répondaient : la plus grosse erreur que nous pourrions faire, c'est de ne pas écouter ce gamin.
  • 14:36 - 14:40
    Il est à peine assez grand pour que sa tête dépasse derrière le pupitre.
  • 14:40 - 14:43
    Et c'était un podium mobile, c'était donc un peu embarassant,
  • 14:43 - 14:46
    car lorsqu'il ouvrait son écran, personne ne pouvait plus voir sa tête.
  • 14:47 - 14:51
    Lorsque vous arrivez sur notre site web, et que vous allez sur "Choisir une licence",
  • 14:51 - 14:57
    il vous propose une liste d'options, vous explique ce que cela signifie, et vous avez trois questions simples :
  • 14:58 - 15:00
    Voulez-vous que l'œuvre soit attribuée à son auteur ?
  • 15:00 - 15:03
    Voulez-vous permettre un usage commercial de votre travail ?
  • 15:04 - 15:06
    Souhaitez-vous autoriser les modifications sur votre travail ?
  • 15:06 - 15:12
    J'ai été frappée, complètement sidérée que ces adultes le regardent comme un des leurs.
  • 15:12 - 15:16
    Et Aaron se tenait debout face à cette assemblée et commençait à parler
  • 15:16 - 15:20
    de cette plateforme qu'il avait créée pour les Creative Commons.
  • 15:20 - 15:23
    Et ils l'écoutaient tous ...
  • 15:23 - 15:29
    J'étais assise au fond, me disant : ce n'est qu'un gamin, pourquoi l'écoutent-ils ?
  • 15:29 - 15:30
    Mais ils l'écoutaient ...
  • 15:30 - 15:33
    En fait, je crois bien que je ne comprenais pas vraiment.
  • 15:33 - 15:37
    Bien que les critiques aient dit que cela ne faisait pas grand chose pour s'assurer que les artistes soient payés pour leur travail,
  • 15:37 - 15:41
    le succès des Creative Commons a été énorme.
  • 15:41 - 15:47
    À l'heure actuelle, rien que sur Flickr, plus de 200 millions de personnes utilisent une des licences Creative Commons.
  • 15:47 - 15:57
    Il a contribué par ses compétences techniques, mais pour lui ce n'était pas que de la technique.
  • 15:58 - 16:01
    Aaron a souvent écrit de manière candide dans son blog personnel :
  • 16:01 - 16:06
    Je réfléchis profondément, et j'aimerais que les autres fassent de même.
  • 16:07 - 16:11
    Je travaille pour des idées et j'apprends au contact des autres. Je n'aime pas exclure les gens.
  • 16:11 - 16:16
    Je suis perfectionniste, ???
  • 16:16 - 16:20
    À part pour l'éducation et les divertissements, je ne veux pas perdre mon temps
  • 16:20 - 16:22
    sur des choses qui n'auront pas d'impact.
  • 16:22 - 16:26
    J'essaie d'être ami avec tout le monde, mais je déteste que l'on ne me prenne pas au sérieux.
  • 16:26 - 16:32
    Je ne suis pas rancunier, ce n'est pas productif, mais j'apprends de ces expériences.
  • 16:32 - 16:35
    Je veux rendre le monde meilleur.
  • 16:41 - 16:46
    En 2004, Swartz quitte Highland Park et s'inscrit à l'université de Stanford.
  • 16:46 - 16:52
    Il avait des problèmes de santé, et nous faisions tous attention à ce qu'il prenne ses médicaments.
  • 16:52 - 16:56
    Il avait été hospitalisé et devrait prendre chaque jour un cocktail de pilules.
  • 16:57 - 17:01
    Une de ces pilules étaient un stéroïde qui a limité sa croissance,
  • 17:01 - 17:05
    et le faisait se sentir différent des autres étudiants.
  • 17:05 - 17:08
    Aaron, je pense, est arrivé à Stanford prêt à suivre des études
  • 17:08 - 17:13
    et s'est finalement retrouvé dans un programme de "daby-sitting" à destination de lycéens surdoués,
  • 17:13 - 17:21
    qui sont destinés à devenir, après quatre ans, de grands entrepreneurs et faire partie des "1%"
  • 17:21 - 17:26
    et je pense que ça le rendait fou.
  • 17:26 - 17:29
    En 2005, après seulement un an à l'université,
  • 17:29 - 17:36
    Swartz s'est vu proposer un poste dans un incubateur de start-ups du nom de Y Combinator, dirigé par Paul Graham.
  • 17:36 - 17:40
    C'était du genre : Hé, j'ai cette idée pour un site web !
  • 17:40 - 17:43
    Et Paul Graham a trouvé ça intéressant et a répondu : Yeah, bien sûr !
  • 17:43 - 17:47
    Tout à coupe, il a quitté la fac et a emménagé dans cet appartement ...
  • 17:47 - 17:50
    C'était donc l'appartement d'Aaron quand il est arrivé ici.
  • 17:50 - 17:55
    Je me souviens de mon père m'expliquant les difficultés à trouver une location,
  • 17:55 - 17:59
    parce qu'Aaron n'avait pas de carte de crédit et venait de quitter la fac.
  • 17:59 - 18:05
    aaron habitait dans ce qui est maintenant le salon, quelques posters subsistent de l'époque où il habitait ici.
  • 18:05 - 18:10
    Et la bibliothèque ... Il y a plus de livres, mais beaucoup appartenaient à Aaron.
  • 18:12 - 18:18
    Le site qu'Aaron avait créé chez Y Combinator s'appelait Infogami, un outil pour créer des sites web.
  • 18:18 - 18:21
    Mais infogami n'a pas réussi à trouver son public, et Swartz a finalement
  • 18:21 - 18:25
    fusionné sa société avec un autre projet d'Y Combinator qui avait besoin d'aide.
  • 18:25 - 18:30
    C'était un projet dirigé par Steve Huffman et Alexis Ohanian qui s'appelait Reddit.
  • 18:30 - 18:34
    On en était là : on partait de rien. Pas d'utilisateurs, pas d'argent, pas de code,
  • 18:34 - 18:38
    et on devenait de jour en jour un site web extrêmement populaire.
  • 18:38 - 18:40
    Et ça n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter,
  • 18:40 - 18:44
    nous avions d'abord 1000 utilisateurs, puis 10 000, puis 200 000 et ainsi de suite. C'était juste incroyable !
  • 18:44 - 18:50
    Reddit est devenu énorme, et c'est en quelque sorte un lieu de rendez-vous geek sur le web.
  • 18:53 - 19:01
    Il y plein de blagues, d'œuvres d'art, et finalement plein de gens qui se regroupent sur le site
  • 19:01 - 19:08
    et ont fait de ce site celui qu'ils visitent chaque matin pour avoir des nouvelles.
  • 19:08 - 19:12
    Reddit a été proche du chaos par moment,
  • 19:12 - 19:19
    d'un côté c'est un site où les gens discutent de l'actualité, de technologie et de politique,
  • 19:19 - 19:25
    et de l'autre, il y a tout un tas de contenus Not Safe For Word (NSFW, pas sûr pour le travail), de contenus offensants,
  • 19:25 - 19:30
    certains sub-reddits sont un espace accueillant pour les trolls
  • 19:30 - 19:34
    et de ce point de vue, Reddit a été l'objet de controverses.
  • 19:34 - 19:37
    Finalement, Reddit est en équilibre au bord du chaos.
  • 19:37 - 19:41
    Reddit attire l'attention du géant de l'édition Condé Nast,
  • 19:41 - 19:43
    qui fait une offre pour acheter l'entreprise.
  • 19:43 - 19:47
    Un montant conséquent d'argent, assez conséquent pour que mon père ait à se poser des questions
  • 19:47 - 19:51
    du type : "Comment puis-je stocker tout cet argent ?"
  • 19:51 - 19:54
    - beaucoup d'argent comme ...
    - beaucoup d'argent.
  • 19:54 - 20:00
    Probablement plus d'un million de dollars, mais en fait je ne sais pas.
  • 20:00 - 20:03
    - et quel âge a-t-il à cette époque ?
    - 19, 20...
  • 20:05 - 20:11
    C'était dans cet appartement, ils étaient assis sur les ancêtres de ces canapés
  • 20:11 - 20:15
    à hacker Reddit, et quand ils ont vendu Reddit
  • 20:15 - 20:19
    ils ont organisé une grande fête, et se sont tous envolés pour la Californie le lendemain
  • 20:19 - 20:20
    et m'ont laissé les clés.
  • 20:24 - 20:27
    En fait c'était marrant, il venait juste de vendre sa start-up alors nous pensions tous
  • 20:27 - 20:31
    qu'il était le plus riche
  • 20:31 - 20:34
    mais il nous dit : "Oh non, je vais prendre cette petite pièce grand comme une boîte à chaussure, c'est tout ce dont j'ai besoin".
  • 20:34 - 20:36
    C'était à peine plus grand qu'un placard.
  • 20:36 - 20:42
    L'imaginer, dépensant son argent dans des objets futiles, paraissait tellement peu plausible.
  • 20:43 - 20:48
    Il l'expliquait comme cela : "j'aime vivre dans des appartements donc je ne vais pas dépenser d'argent pour un nouvel espace, je ne vais pas acheter un château.
  • 20:48 - 20:50
    Et j'aime porter des jeans et un tee-shirt,
  • 20:50 - 20:52
    donc je ne vais pas dépenser plus d'argent dans des vêtements.
  • 20:52 - 20:54
    En fait ce n'est pas un problème !"
  • 20:54 - 20:56
    Ce qui est un enjeu pour Swartz est la manière dont le trafic est géré sur Internet.
  • 20:58 - 21:01
    Et ce qui commande notre attention.
  • 21:01 - 21:04
    Dans l'ancien système de radiodiffusion, vous êtes fondamentalement limité par la disponibilité
  • 21:04 - 21:09
    des fréquences. Vous ne pouvez envoyer que 10 chaînes télé sur les ondes.
  • 21:09 - 21:11
    Ou même avec le cable, vous aviez 500 chaînes.
  • 21:11 - 21:16
    Sur Internet, tout le monde peut avoir sa chaîne. Chacun peut créer un blog, ou une page Myspace.
  • 21:16 - 21:18
    Chacun a la possibilité de s'exprimer.
  • 21:18 - 21:21
    Ce que l'on voit désormais ne dépend pas de qui a accès aux fréquences,
  • 21:21 - 21:25
    cela dépend de qui contrôle la manière dont on peut trouver les gens.
  • 21:25 - 21:29
    Vous savez, le pouvoir commence à se concentrer sur des sites comme Google, qui sont des sortes de guide qui vous indiquent
  • 21:29 - 21:31
    où vous souhaitez aller sur le web.
  • 21:31 - 21:34
    Les gens qui vous fournissent vos sources d'information.
  • 21:34 - 21:38
    Donc ce n'est pas certaines personnes ont le droit de parler, maintenant tout le monde a
  • 21:38 - 21:41
    le droit de parler. La question est de savoir qui est entendu.
  • 21:45 - 21:50
    Après ses débuts à San Francisco chez Condé Nast, il est venu au bureau
  • 21:50 - 21:54
    et ils ont voulu lui donner un ordinateur avec un système clé en main.
  • 21:54 - 21:57
    Et ils lui ont dit qu'il ne pourraient pas installer de nouveaux logiciels sur son ordinateur.
  • 21:57 - 21:59
    Ce qui est scandaleux pour un développeur.
  • 21:59 - 22:02
    Dès le premier jour il se plaignait de tous ces trucs.
  • 22:05 - 22:11
    "Murs gris, bureaux gris, bruits gris. Dès le premier jour je savais que ce ne serait pas possible.
  • 22:11 - 22:15
    À l'heure du déjeuner, je me suis littéralement enfermé aux toilettes et j'ai commencé à pleurer.
  • 22:15 - 22:18
    Je ne peux pas imaginer rester sain d'esprit avec ce bourdonnement à mes oreilles toute la journée.
  • 22:18 - 22:22
    Et encore moins mener un travail à son terme.
  • 22:22 - 22:24
    Personne d'autres ne semblait concrétiser quoi que ce soit d'ailleurs.
  • 22:24 - 22:28
    Il y a toujours quelqu'un qui débarque dans le bureau, pour traîner, discuter ou nous proposer de jouer
  • 22:28 - 22:30
    au nouveau jeu vidéo que Wired était en train de tester."
  • 22:33 - 22:38
    Il avait vraiment des aspirations différentes, orientées politiquement.
  • 22:38 - 22:42
    Et ce n'est pas vraiment dans le culture de la Silicon Valley
  • 22:42 - 22:45
    qui oriente les activités techniques pour atteindre des objectifs politiques.
  • 22:48 - 22:51
    Aaron détestait travaillait pour une entreprise.
  • 22:51 - 22:53
    Ils détestaient tous travailler pour Condé Nast, mais Aaron est le seul qui ne prenait pas sur lui.
  • 22:53 - 22:56
    et Aaron a fini par se faire licencier.
  • 22:56 - 22:58
    En ne se rendant plus au bureau.
  • 23:01 - 23:05
    C'était fait pour être une vraie rupture.
    À la fois Alexis Ohanian et Steve Huffman
  • 23:05 - 23:08
    refusèrent d'être interviewés pour ce film.
  • 23:09 - 23:16
    Il rejetait le monde des affaires. Une des choses vraiment importantes à se rappeler
  • 23:16 - 23:23
    à propos de ce choix d'Aaron de quitter la culture start-up est qu'il laissait aussi derrière lui
  • 23:23 - 23:31
    les choses qui l'avaient rendu connu et apprécié.
    Il prenait le risque de décevoir ses fans.
  • 23:31 - 23:34
    Il est arrivé là où il devait aller, et eut la lucidité
  • 23:34 - 23:43
    de réaliser qu'il avait gravi cette montagne de merde pour arracher
  • 23:43 - 23:46
    la seule rose et découvrir qu'il avait perdu l'odorat.
  • 23:46 - 23:50
    Et plutôt que de s'asseoir en affirmant que ce n'était pas si grave que ça le semblait,
  • 23:50 - 23:54
    il chercha la rose dans chaque instant.
  • 23:54 - 23:57
    Il redescendit. Ce qui est plutôt cool.
  • 23:58 - 24:02
    Aaron voyait toujours la programmation comme de la magie.
  • 24:02 - 24:07
    Vous pouvez accomplir ces choses que les humains ne peuvent pas faire, quand vous êtes capables de programmer.
  • 24:07 - 24:13
    Donc, si vous avez des pouvoirs magiques, les utilisez-vous pour faire le bien, ou des montagnes d'argent ?
  • 24:15 - 24:18
    Swartz était inspiré par un des visionnaires qu'il avait rencontré étant gamin.
  • 24:18 - 24:22
    L'homme qui a inventé le World Wide Web, Tim Berners-Lee.
  • 24:22 - 24:26
    Dans les années 1990, Berners-Lee était assis
  • 24:26 - 24:29
    sur l'une des inventions les plus lucratives du 20ème siècle.
  • 24:29 - 24:35
    Mais au lieu de profiter de l'invention du World Wide Web, il l'offrit gratuitement.
  • 24:36 - 24:40
    C'est la seule raison pour laquelle le Web existe existe aujourd'hui.
  • 24:41 - 24:45
    Aaron est de manière certaine profondément influencé par Tim.
  • 24:45 - 24:51
    Tim est un génie du premier internet, qui n'a aucun goût du gain.
  • 24:51 - 24:56
    Il n'est absolument pas intéressé par la manière dont il pourrait se faire des milliards de dollars.
  • 24:56 - 24:58
    Les gens disaient, ah, il y a de l'argent à se faire là,
  • 24:58 - 25:01
    là où il y aurait plein de petits webs.
  • 25:01 - 25:02
    Au lieu d'un seul gros web.
  • 25:02 - 25:05
    Or un petit web, toutes sortes de webs, ça ne fonctionne pas,
  • 25:05 - 25:07
    parce que vous ne pouvez pas suivre les liens de l'un à l'autre.
  • 25:10 - 25:14
    Il faut avoir une masse critique, la planète entière en fait,
  • 25:14 - 25:17
    donc ça ne va pas marcher tant que la planète entière n'a pas été acceptée à bord.
  • 25:24 - 25:28
    Je ressens profondément qu'il n'est pas suffisant de se contenter de vivre dans le monde tel qu'il est,
  • 25:29 - 25:35
    de se contenter de ce que vous avez, et de suivre les choses que les adultes vous disent de faire,
  • 25:35 - 25:39
    et que vos parents vous disent de faire, et de ce que la société vous dit de faire. Je pense que vous devriez toujours vous interroger sur tout ça.
  • 25:39 - 25:43
    J'ai cette attitude très scientifique, que tout ce que vous avez appris n'est que provisoire,
  • 25:43 - 25:49
    Vous savez, c'est toujours ouvert à la rétractation ou à la réfutation ou à l'interrogation. Et je pense que la même chose s'applique à la société.
  • 25:49 - 25:53
    Une fois que j'ai réalisé qu'il y avait des problèmes très concrets, fondamentaux,
  • 25:53 - 25:59
    sur lesquels je pouvais intervenir, je n'ai plus vu de moyens d'oublier ça, je n'ai plus eu le choix.
  • 26:03 - 26:05
    Nous avons commencé à passer beaucoup de temps
  • 26:05 - 26:07
    juste comme des amis.
  • 26:09 - 26:12
    Nous parlions des heures, la nuit/
  • 26:14 - 26:18
    J'aurai dû comprendre qu'il flirtait avec moi. Je pense que quelque part,
  • 26:18 - 26:24
    je pensais que c'était une mauvaise idée, et que je faisais comme si cela n'arrivait pas.
  • 26:25 - 26:29
    Et mon mariage s'effondrait, et j'étais vraiment sans nulle part où aller.
  • 26:29 - 26:33
    Nous sommes devenus colocataires.Et j'ai amené ma fille.
  • 26:34 - 26:37
    Nous avons déménagé et décoré la maison, et c'était vraiment reposant.
  • 26:37 - 26:41
    Ma vie n'avait pas été reposante depuis longtemps, et la sienne non plus.
  • 26:47 - 26:54
    Nous avons été très proche dès le début de notre relation amoureuse.
  • 26:54 - 26:58
    Nous...Nous étions juste en contact permanent.
  • 26:58 - 27:02
    Mais nous étions tous les deux des personnalités dfficiles.
  • 27:04 - 27:11
    Dans une conversation très "Ally McBeal" il avoua qu'il avait une chanson préférée, et je lui ai demandé de la jouer pour moi.
  • 27:12 - 27:17
    C'est Extraordinary Machine, de Fiona Apple.
  • 27:17 - 27:24
    Je pense que c'était ce sentiment d'être un peu déchiré qu'on trouve dans la chanson.
  • 27:25 - 27:28
    Et toute cette espérance aussi.
  • 27:28 - 27:34
    ♪ À pieds c'est une lente escalade. Mais je suis habitué
    à être dans des situations inconfortables donc je ne peux m'arrêter...
  • 27:34 - 27:37
    changeant tout le temps ♪
  • 27:37 - 27:44
    De diverses manières, Aaron était incroyablement optimiste à propos de la vie. Même quand il ne le sentait pas,
  • 27:44 - 27:47
    il pouvait être incroyablement optimiste.
  • 27:47 - 27:50
    ♪ Extraordinary machine ♪
  • 27:53 - 27:58
    - Qu'est-ce que tu fais ?
    (Quinn) - Flickr a de la vidéo maintenant.
  • 28:00 - 28:02
    Swartz utilisa son énergie dans une série de nouveaux
  • 28:02 - 28:05
    projets concernant l'accès à l'information publique.
  • 28:05 - 28:08
    Y compris un site de responsabilisation appelé Watchdog.net
  • 28:08 - 28:11
    Et un projet appelé The Open Library
  • 28:11 - 28:15
    Donc le projet Open Library est un site web que vous pouvez visiter à openlibrary.org
  • 28:15 - 28:20
    Et l'idée est d'en faire un gigantesque wiki, un site web éditable avec une page par livre.
  • 28:20 - 28:24
    Donc pour chaque livre jamais publié nous voulons avoir une page web qui combine
  • 28:24 - 28:30
    toutes les informations des éditeurs, des marchands de livre, des bibliothèques, des libraires, des lecteurs
  • 28:30 - 28:35
    dans un seul site. Et nous voulons vous donner les liens vers où vous pouvez l'acheter, l'emprunter, le consulter.
  • 28:35 - 28:40
    J'aime les bibliothèques.J e suis le genre de personne qui découvre une nouvelle ville et cherche immédiatement la bibliothèque.
  • 28:40 - 28:44
    C'est le rêve derrière Open Library, construire un site web dans lequel vous pouvez sauter
  • 28:44 - 28:49
    de livre en livre, de personne à auteur, de sujet à idée. Aller à travers cet arbre immense
  • 28:49 - 28:54
    du savoir qui a été empaqueté et perdu dans les grandes bibliothèques physiques. On a du mal à trouver ce qu'on cherche,
  • 28:54 - 28:59
    ce n'est pas vraiment accessible en ligne. C'est très important parce que les livres sont notre héritage culturel.
  • 28:59 - 29:01
    Les livres sont l'endroit où les gens écrivent les choses.
  • 29:01 - 29:06
    Et voir tout cela englouti par une seule entreprise est un peu effrayant.
  • 29:07 - 29:11
    Comment pouvez-vous ouvrir un accès public au domaine public ?
  • 29:11 - 29:15
    Il peut paraître évident que vous avez un accès public au domaine public,
  • 29:15 - 29:21
    mais dans les faits, ce n'est pas vrai. Le domaine public devrait être libre pour tous.Mais il est souvent verrouillé.
  • 29:21 - 29:27
    Il y a souvent des gardes. C'est comme avoir un parc national avec un fossé autour
  • 29:27 - 29:33
    et des fusils et des tourelles, dans le cas où quelqu'un tenterait de profiter du domaine public.
  • 29:33 - 29:39
    Une des choses qui intéressait particulièrement Aaron était d'apporter un accès public au domaine public.
  • 29:39 - 29:43
    C'était une de ces choses qui lui ont apportées tant d'ennuis.
  • 29:46 - 29:53
    J'ai essayé d'accéder aux enregistrements de la Cour Fédéral aux États-Unis.
  • 29:54 - 29:59
    Ce que j'ai découvert était un système déroutant, appelé Pacer.
  • 30:00 - 30:03
    Pour Public Access to Court Electronic Records (Accès Public aux Enregistrements Électroniques de la Cour)
  • 30:03 - 30:07
    J'ai commencé à chercher sur Google, et c'est là que je suis tombé sur Carl Malamud.
  • 30:09 - 30:15
    L'accès aux documents juridiques aux États-Unis est un marché de 10 milliards de dollars par an.
  • 30:15 - 30:23
    Pacer est simplement une abomination incroyable des services du gouvernement. Cela coûte 10 cents la page,
  • 30:23 - 30:27
    C'est la chose la plus absurde que vous ayez jamais vue.Vous ne pouvez pas chercher dedans, vous ne pouvez rien marquer.
  • 30:27 - 30:32
    Vous devez utiliser une carte de crédit, et ce sont des enregistrements publics.
  • 30:32 - 30:37
    Les cours de districts américaines sont très importantes, c'est la source première de nos législations.
  • 30:37 - 30:44
    Jugements de droits civils, jugements sur les brevets, toutes sortes d'affaires. Les journalistes, les étudiants, les citoyens et les avocats
  • 30:44 - 30:49
    ont tous besoin de Pacer et il les combat à chaque étape du chemin.
  • 30:49 - 30:54
    Les personnes démunies ne peuvent pas accéder à la Loi comme celles qui ont une carte de crédit American Express Gold.
  • 30:55 - 30:57
    C'est un impôt sur l'accès à la justice.
  • 30:58 - 31:05
    La loi est le fondement opérationnel de notre démocratie et vous avez besoin de payer pour y accéder ?
  • 31:05 - 31:07
    Vous savez, ce n'est pas de la démocratie, cela.
  • 31:07 - 31:12
    Ils se font 120 millions de dollars par an avec le système Pacer
  • 31:12 - 31:18
    et, si l'on en croit leurs propres écrits, cela ne coûte rien. En fait, c'est illégal.
  • 31:19 - 31:26
    La loi e-gouvernement de 2002 dit que les tribunaux ne peuvent imposer des frais qu'à hauteur du strict nécessaire
  • 31:26 - 31:30
    pour rembourser les frais induits par Pacer.
  • 31:35 - 31:40
    En tant que fondateur de Public.Resource.Org, Malamud voulait protester contre les coûts de Pacer.
  • 31:40 - 31:43
    Il lança un programme appelé The Pacer Recycling Project,
  • 31:43 - 31:48
    où les gens pouvaient charger les documents issus de Pacer qu'ils avaient déjà payés
  • 31:48 - 31:51
    sur une base de données gratuite pour que d'autres personnes puissent les utiliser.
  • 31:51 - 31:55
    Les gens de Pacer subissaient beaucoup de pressions du Congrès et d'autres à propos de l'accès public
  • 31:55 - 32:01
    et donc ils construisirent un système dans 17 bibliothèques au travers du pays en offrant un accès gratuit à Pacer.
  • 32:02 - 32:08
    Vous savez, il n'y a une bibliothèque que tous les 22 000 miles carrés, je crois, ce n'était donc pas vraiment pratique.
  • 32:08 - 32:12
    J'ai encouragé les volontaires à rejoindre le "tribunal de la clef USB"
  • 32:13 - 32:17
    et à télécharger des documents depuis les bibliothèques qui offraient cet accès gratuit à Pacer, sur le site web du The Pacer Recycling Project
  • 32:17 - 32:21
    Les gens ont commencé à utiliser des clefs USB dans ces bibliothèques et à télécharger des paquets de documents
  • 32:21 - 32:25
    Et ils me les envoyaient... Je veux dire, c'était juste une blague.
  • 32:25 - 32:30
    En fait, quand vous cliquiez sur le site du tribunal de la clef USB, il y avait un extrait du Magicien d'Oz,
  • 32:30 - 32:32
    vous savez, le chat qui chante, et un clip vidéo apparaissait :
  • 32:32 - 32:35
    ♪ Nous représentons la guilde des sucettes. ♪
  • 32:35 - 32:40
    Et j'ai eu ces appels téléphoniques de Steve Shultz et Aaron, disant :
  • 32:40 - 32:43
    Gee, nous voudrions rejoindre le tribunal de la clef USB.
  • 32:44 - 32:47
    À ce moment-là, j'ai rencontré Aaron à une conférence.
  • 32:47 - 32:51
    C'est quelque chose qui doit vraiment être une collaboration entre un grand nombre de personnes différentes.
  • 32:51 - 32:54
    Donc je l'ai approché et j'ai dit :
  • 32:54 - 32:58
    Hey, je pense à une intervention sur le problème Pacer.
  • 33:00 - 33:05
    Schultz avait déjà développé un programme qui pouvait automatiquement télécharger des documents sur Pacer
  • 33:05 - 33:06
    à partir des bibliothèques.
  • 33:06 - 33:08
    Swartz a voulu jeter un oeil.
  • 33:09 - 33:13
    Je lui ai donc montré le code et je ne savais pas ce qui arriverait ensuite,
  • 33:13 - 33:18
    et ce qui est arrivé est que, au cours des quelques heures suivantes de la conférence,
  • 33:18 - 33:24
    il est resté assis dans un coin, améliorant mon code, recrutant un de ses amis
  • 33:24 - 33:32
    qui vivait près d'une de ces bibliothèques afin qu'il se rende à la bibliothèque pour commencer à tester son code amélioré,
  • 33:32 - 33:39
    au point que les gens dans les tribunaux ont réalisé que quelque chose n'allait pas comme prévu.
  • 33:39 - 33:43
    Et les données ont commencé à arriver, arriver, arriver,
  • 33:43 - 33:48
    et rapidement nous en sommes arrivés à 760 Go de documents Pacer, près de 20 millions de pages.
  • 33:49 - 33:52
    En utilisant les informations des bibliothèques d'accès gratuit,
  • 33:52 - 33:58
    Swartz effectuait des téléchargements parallèles massifs du système Pacer.
  • 33:58 - 34:04
    Il a été capable de récupérer près de 2,7 millions de documents issus de la Cour Fédérale, près de 20 millions de pages de textes.
  • 34:05 - 34:10
    Bon, je reconnais que 20 millions de pages est peut-être plus que ce que qu'attendaient les gens
  • 34:10 - 34:15
    qui avaient lancé le programme pilote d'accès à Pacer, mais surprendre un bureaucrate n'est pas illégal.
  • 34:15 - 34:21
    Aaron et Carl décidèrent d'aller parler au New York Times de ce qui était arrivé.
  • 34:21 - 34:26
    Ils ont aussi attirés l'attention du FBI, qui a commencé à surveiller la maison des parents de Swartz dans l'Illinois.
  • 34:27 - 34:31
    J'ai reçu un tweet de sa mère, disant "Appelle-moi !"
  • 34:31 - 34:34
    Je me suis demandé, qu'est-ce qu'il se passe là-bas ?
  • 34:34 - 34:40
    Et finalement, j'ai Aaron et vous savez, la mère d'Aaron était genre "Oh mon Dieu, le FBI, le FBI, le FBI !'
  • 34:40 - 34:47
    Un agent du FBI est passé sur notre allée devant la maison, essayant de voir si Aaron était dans sa chambre.
  • 34:47 - 34:53
    Je me souviens d'avoir été à la maison ce jour-là, me demandant pourquoi cette voiture montait sur notre allée,
  • 34:53 - 34:55
    puis reculait. C'est bizarre !
  • 34:57 - 35:05
    5 ans plus tard, quand j'ai lu ce rapport du FBI, je me suis dit Oh mon Dieu, c'était un agent du FBI, sur mon allée.
  • 35:05 - 35:09
    Il était terrifié.Il était totalement terrifié.
  • 35:10 - 35:15
    Il fut encore plus terrifié quand le FBI l'appela au téléphone,
  • 35:15 - 35:19
    et tenta de le convaincre de venir discuter dans un café sans avocat.
  • 35:20 - 35:24
    Il m'a raconté, il est rentré à la maison et s'est couché sur le lit et, vous savez, s'est mis à trembler.
  • 35:25 - 35:30
    Le téléchargement a fait apparaître des violations massives d'intimité dans les documents des tribunaux.
  • 35:30 - 35:34
    Finalement, les tribunaux ont été forcés de changer leurs politiques
  • 35:34 - 35:42
    Et le FBI a clos ses investigations en abandonnant toute charge.
  • 35:42 - 35:47
    Je continue à trouver remarquable
  • 35:47 - 35:51
    que tout le monde, même le plus rural des bureaux du FBI,
  • 35:51 - 35:53
    pensait qu'un usage approprié des impôts était d'enquêter pour vol sur des personnes
  • 35:53 - 35:56
    au motif qu'ils avaient rendu publique la loi.
  • 35:56 - 35:58
    Comment pouvez-vous vous considérer comme un homme de loi
  • 35:58 - 36:02
    et penser qu'il y a quoi que ce soit de mal dans ce monde
  • 36:02 - 36:04
    à rendre la loi publique ?
  • 36:04 - 36:06
    Aaron était prêt à prendre des risques pour les causes dont les gens le chargeaient
  • 36:06 - 36:08
    Gêné par la disparité des richesses, Swartz dépassa la simple technologie pour s'engager dans des causes plus politiques
  • 36:17 - 36:21
    J'étais au Congrès et je l'ai invité à venir aux réunions internes pour un moment
  • 36:21 - 36:25
    de manière à ce qu'il puisse découvrir les processus de la politique.
  • 36:25 - 36:29
    Il découvrait une communauté, des compétences et d'une certaine manière, comment faire de la politique activement.
  • 36:31 - 36:36
    Il semble ridicule que les mineurs doivent avoir à marteler jusqu'à ce que leurs corps entiers sont en sueur
  • 36:36 - 36:39
    en sachant que s'ils arrêtent ils ne seront pas capables de mettre de la nourriture sur la table le soir
  • 36:42 - 36:44
    quand je fais de plus en plus d'argent chaque jour en restant assis à regarder la télévision.
  • 36:47 - 36:50
    Mais apparemment le monde est ridicule.
  • 36:51 - 36:53
    Donc j'ai co-fondé le groupe appelé The Progressive Change Campaign Committee
  • 36:53 - 36:57
    et ce que nous essayons de faire est d'organiser, au travers d'Internet, des gens préoccupés de régimes politiques progressistes
  • 36:57 - 37:00
    et bougent le pays vers plus de progrès social
  • 37:01 - 37:04
    Pour participer, rejoignez notre mailing-list et notre campagne
  • 37:04 - 37:06
    et aidez-nous à faire que des candidats progressistes
    soient sélectionnés dans tout le pays
  • 37:06 - 37:13
    Le mouvement a unifié les efforts derrière la campagne destinée à faire élire Elizabeth Warren au Sénat
  • 37:13 - 37:18
    Il aurait pu penser que ce système était stupide mais il est arrivé
    et il a dit "j'ai besoin de comprendre le système"
  • 37:18 - 37:22
    parce que vous pouvez être manipulé comme, vous savez, n'importe quel système social"
  • 37:22 - 37:26
    Mais sa passion pour le savoir et les bibliothèques ne souffrait pas de la demi-mesure
  • 37:26 - 37:31
    Aaron commença à regarder de près le système de publication des articles dans les journaux académiques
  • 37:31 - 37:38
    La vertu d'être étudiant dans une université Américaine majeure est d'avoir accès à un large panel de journaux académiques.
  • 37:38 - 37:44
    Quasi toutes les universités aux États-Unis paient des abonnements et taxes à des organisations comme
  • 37:44 - 37:51
    Jstor et Thompson ISI pour obtenir l'accès à des journaux académiques que le reste du monde ne peut pas lire.
  • 37:51 - 37:57
    Ces journaux et articles académiques représentent l'entièreté du savoir humain en ligne
  • 37:58 - 38:02
    Et beaucoup ont été payé avec l'argent des impôts ou des subventions gouvernementales.
  • 38:02 - 38:09
    Mais pour les lire, vous devez souvent payer à nouveau des frais à des éditeurs comme Reed-Elsevier.
  • 38:09 - 38:15
    Ces coûts de licence sont tellement élevés que les personnes qui étudient en Inde au lieu des États-Unis
  • 38:15 - 38:19
    n'ont pas ce genre d'accès, ils sont enfermés à l'extérieur de tous ces journaux,
  • 38:20 - 38:27
    ils sont exclus de notre héritage scientifique entier, je veux dire, sans ces journaux, ils régressent dans l'état de leur connaissance.
  • 38:27 - 38:32
    Chaque fois que quelqu'un écrit un papier scientifique, c'est scanné, océrisé et mis dans ces collections
  • 38:33 - 38:40
    qui sont un héritage qui nous a été apporté par l'histoire des gens qui font des travaux intéressants, l'histoire des scientifiques,
  • 38:40 - 38:43
    c'est un héritage qui devrait appartenir à tout le monde.
  • 38:44 - 38:48
    Mais au lieu de cela, il a été verrouillé et mis en ligne
    par une poignée d'entreprises commerciales
  • 38:49 - 38:52
    qui tentent d'en tirer le maximum d'argent possible.
  • 38:53 - 38:59
    Donc un chercheur payé par l'université ou d'autres personnes publie un papier
  • 38:59 - 39:02
    et à la toute fin de ce processus, après que tout le travail ait été fait
  • 39:03 - 39:07
    après les recherches originales, la réflexion, le travail de laboratoire, l'analyse, après que tout soit fait,
  • 39:07 - 39:14
    à la dernière étape, le chercheur doit abandonner ses droits à ces compagnies multi-milliardaires.
  • 39:14 - 39:15
    C'est anormal.
  • 39:16 - 39:21
    C'est une économie entière construite sur du travail gratuit et les éditeurs arrivent tout à la fin et ramassent seulement la crème.
  • 39:22 - 39:29
    Parlons d'un scandale. Un éditeur en Angleterre a fait l'an dernier un profit de trois milliards de dollars.
  • 39:29 - 39:31
    Je veux dire, c'est du racket !
  • 39:31 - 39:39
    Jstor est un tout petit petit acteur dans cet histoire mais, pour certaines raisons,
    Jstor est l'acteur auquel Aaron a décidé de se confronter.
  • 39:42 - 39:47
    Il se rendit à une conférence à propos de publication en Open Access,
    et je ne sais pas qui de JSTOR était présent
  • 39:47 - 39:53
    Mais je pense que, à un moment Aaron posa la question genre :
    " Combien cela coûterait-il pour ouvrir Jstor définitivement à tout le monde " ?
  • 39:53 - 39:58
    Et ils lui répondirent, je crois, deux cent millions de dollars
  • 39:59 - 40:00
    quelque chose que Aaron trouvait totalement absurde.
  • 40:01 - 40:10
    Travaillant sur une bourse à Harvard, il savait que les utilisateurs du réseau surpuissant du MIT avaient les autorisations d'accès à Jstor.
  • 40:10 - 40:12
    Swarz y vit une opportunité.
  • 40:12 - 40:14
    Vous avez les clefs de ces grilles
  • 40:15 - 40:20
    Et avec un peu de script magique vous pouvez obtenir ces articles.
  • 40:22 - 40:24
    Le 24 septembre 2010
  • 40:24 - 40:28
    Swartz enregistra un PC portable Acer récemment acheté
  • 40:28 - 40:31
    sur le réseau du MIT sous le nom de Garry Host
  • 40:31 - 40:35
    Ce client informatique était enregistré sous le nom de PC "Fantôme"
  • 40:36 - 40:38
    Il n'a pas hacké ce dépôt au sens traditionnel du terme
  • 40:39 - 40:41
    La base de données de Jstor était organisée
  • 40:41 - 40:45
    Partant, c'était totalement trivial de comprendre comment vous pouviez télécharger tous les articles de JSTOR
  • 40:45 - 40:47
    parce que c'était numéroté très basiquement
  • 40:47 - 40:53
    C'était basique slash slash... numéro article 400 et 44000, 24 et 25 et 26
  • 40:53 - 40:56
    Il écrivit un script Python appelé keepgrabbing.py
  • 40:56 - 40:58
    qui était genre, attrape un article après l'autre.
  • 40:59 - 41:02
    Le jour suivant, le PC "Fantôme" commença à capturer les articles
  • 41:02 - 41:09
    Mais rapidement, l'IP de l'ordinateur est bloqué ce qui pour Swart
    est presque vécu comme une mine anti-personnel sur sa route
  • 41:09 - 41:13
    Il réassigne alors rapidement une nouvelle adresse IP
    à son ordinateur et continue à télécharger.
  • 41:14 - 41:18
    Bien, Jstors et le MIT ont pris un certain nombre de mesures pour bloquer ce qui se passait
  • 41:18 - 41:19
    quand ils ont remarqué ce qui se passait
  • 41:20 - 41:23
    et quand les actions limitées n'ont plus suffi
  • 41:23 - 41:27
    alors, à un certain moment, JSTOR a simplement coupé les accès du MIT à la base de données JSTOR.
  • 41:27 - 41:31
    Il y avait une sorte de jeu du chat et de la souris
  • 41:31 - 41:34
    autour de l'accès à la base de données JSTOR.
  • 41:34 - 41:39
    Aaron, en fait, était évidemment le chat puisqu'il avait plus de compétences techniques
  • 41:39 - 41:43
    que les équipes techniques verrouillant la base de données JSTOR.
  • 41:43 - 41:47
    Finalement, il y avait un local technique qui n'était pas fermé dans le sous-sol de l'un des bâtiments
  • 41:47 - 41:51
    et au lieu de passer par le wi-fi, il est descendu là et il a juste branché son ordinateur directement au réseau
  • 41:51 - 41:56
    et l'a juste laissé là avec un disque dur externe, téléchargeant ces articles.
  • 41:57 - 42:01
    Ce que Swartz ignorait, c'est que son ordinateur et son disque dur avaient été découvert par les autorités.
  • 42:03 - 42:05
    Ils n'ont pas arrêté les téléchargements. Au lieu de cela,
  • 42:05 - 42:08
    ils ont installé une caméra de surveillance.
  • 42:11 - 42:15
    Ils ont trouvé l'ordinateur dans cette pièce au sous-sol d'un bâtiment du MIT.
  • 42:15 - 42:20
    Ils auraient pu le débrancher, ils auraient pu attendre que le gars revienne pour lui dire,
  • 42:20 - 42:23
    "Eh mon pote, qu'est-ce que tu fait, tu sais, coupe ça. Qui es-tu ?"
  • 42:23 - 42:26
    Ils auraient pu faire ce genre de trucs, mais ils ne l'ont pas fait.
  • 42:27 - 42:33
    Ce qu'ils voulaient est de le filmer pour accumuler des preuves et en faire un exemple. C'est la seule raison pour laquelle vous filmez quelque chose comme ça.
  • 42:39 - 42:41
    Au début, la seule personne prise par cette caméra de surveillance
  • 42:41 - 42:45
    utilisait le placard pour y stocker des bouteilles et des bidons.
  • 42:54 - 42:56
    Mais quelques jours après, elle a attrapé Swartz.
  • 43:06 - 43:10
    Swartz remplace le disque dur. Il le sort de son sac à dos,
  • 43:10 - 43:14
    disparaît du cadre pendant environ cinq minutes,
  • 43:15 - 43:18
    puis s'en va.
  • 43:37 - 43:45
    Et quand ils organisèrent une sorte de guet apens là-bas, comme il rentrait à la maison depuis le MIT, ces flics sortirent de tous les côtés de la rue
  • 43:45 - 43:47
    ou quelque chose comme cela et commencèrent à le poursuivre.
  • 43:50 - 43:55
    Il a décrit comment il a été plaqué au sol, et attaqué par la police.
  • 43:55 - 44:02
    Il m'a dit qu'ils -- il n'était pas clair qu'ils étaient de la police et en avaient après lui. Il pensait que quelqu'un était en train d'essayer de l'agresser.
  • 44:02 - 44:04
    Il m'a dit qu'ils l'avaient battu.
  • 44:09 - 44:15
    Cela a juste été dévastateur. La notion de poursuites pénales pour quiconque dans notre famille
  • 44:15 - 44:18
    était tellement étrangère et incompréhensible, je ne savais pas quoi faire.
  • 44:19 - 44:25
    Ils ont alors utilisé des mandats de perquisition dans la maison de Aaron, son appartement à Cambridge, dans son bureau à Harvard.
  • 44:28 - 44:34
    Deux jours avant l'arrestation, les investigations avaient avancé entre JSTOR et la police locale de Cambridge.
  • 44:34 - 44:37
    Ils avaient été pris en charge par les services secrets des États-Unis.
  • 44:38 - 44:42
    Les services secrets ont commencé à s'intéresser aux ordinateurs et aux fraudes à la carte de crédit en 1984,
  • 44:42 - 44:46
    mais six semaines après l'attaque du 11 septembre, leur rôle s'est accru.
  • 44:47 - 44:49
    [applaudissements]
  • 44:49 - 44:55
    Le Président Bush a utilisé le Patriot Act pour établir un réseau de ce qu'ils ont appelé "Forces d'Interventions sur les Crimes Électroniques"
  • 44:57 - 45:01
    Le projet de loi devant moi prend en compte les nouvelles réalités et dangers posés par les terroristes modernes.
  • 45:02 - 45:07
    Selon les services secrets, ils sont engagés principalement dans des activités ayant des impacts économiques,
  • 45:07 - 45:12
    dans des groupes criminels organisés, ou utilisant des programmes impliquant les nouvelles technologies.
  • 45:12 - 45:16
    Les services secrets ont transmis le cas de Swarz au bureau du procureur de Boston.
  • 45:17 - 45:19
    Il y avait un gars au bureau du procureur de Boston dont le titre était :
  • 45:20 - 45:22
    " Chef de la division (ou groupe d'intervention) des Crimes Informatiques "
  • 45:23 - 45:25
    Hum, je ne sais pas ce qu'il faisait de ses journées
  • 45:25 - 45:30
    mais vous n'êtes certainement pas le "Procureur des Crimes Informatiques" sans un crime informatique à poursuivre,
  • 45:30 - 45:35
    donc il a sauté sur l'occasion, l'a gardée pour lui, ne l'a assignée à personne d'autre que lui dans son bureau ou son unité
  • 45:35 - 45:37
    et c'est Steve Heymann.
  • 45:37 - 45:42
    Le Procureur Stephen Henmann est resté largement hors de la vue du public
    depuis l'arrestation d'Aaron Swarz,
  • 45:42 - 45:49
    mais on peut le voir ici, dans un épisode du show télévisé " American Greed ",
    filmé au moment de l'arrestation d'Aaron.
  • 45:49 - 45:53
    Il décrit son dossier précédent, concernant le hacker bien connu Alberto Gonzales,
  • 45:54 - 45:57
    cas qui a permis à Heymann de recueillir une énorme attention
    de la presse et de nombreuses félicitations.
  • 45:58 - 46:02
    Gonzales a été la tête pensante du vol de centaines de millions de numéros de cartes de crédit,
  • 46:02 - 46:05
    la plus importante des fraudes de ce type dans l'histoire.
  • 46:05 - 46:09
    Ici, Heymann, décrivant Gonzales, donne sa vision de l'état d'esprit des hackers :
  • 46:11 - 46:16
    Ces gars sont dirigés par les mêmes choses que nous.
  • 46:16 - 46:24
    Ils ont un ego, ils aiment les défis, et évidemment ils aiment l'argent
    et tout ce que vous pouvez obtenir avec de l'argent.
  • 46:25 - 46:29
    Un des suspects impliqués dans l'affaire Gonzales était un jeune hacker nommé Jonathan James.
  • 46:29 - 46:33
    Pensant que les crimes de Gonzales lui seraient attribués,
  • 46:33 - 46:36
    James s'est suicidé pendant l'enquête.
  • 46:37 - 46:41
    Dans l'un des premiers communiqués de presse au sujet de l'affaire Aaron Swartz,
  • 46:41 - 46:46
    Carmen Ortiz, la responsable du bureau du procureur du district du Massachussets, a dit :
  • 46:46 - 46:50
    " Voler est voler, que vous utilisez un ordinateur ou une barre à mine
  • 46:50 - 46:53
    et que vous preniez des documents, des données ou des dollars. "
  • 46:54 - 46:56
    C'est faux. C'est à l'évidence faux.
  • 46:56 - 46:59
    Je ne dis pas que c'est inoffensif,
  • 47:00 - 47:05
    et je ne dis pas que nous ne devrions pas criminaliser le vol d'informations
  • 47:06 - 47:08
    mais vous avez à être beaucoup plus [lessing]
  • 47:09 - 47:14
    quand vous essayez de comprendre la question des armes utilisées.
  • 47:14 - 47:17
    Donc à propos de cette image de la barre à mine
  • 47:17 - 47:19
    Chaque fois que j'entre quelque part avec une barre à mine
  • 47:20 - 47:21
    Je crée des dommages, aucun doute là-dessus.
  • 47:21 - 47:24
    Mais quand Aaron écrit son script qui dit
  • 47:24 - 47:27
    télécharge télécharge télécharge une centaine de fois par seconde
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    il n'y a aucun dommage évident pour personne.
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    S'il le fait dans le but de collecter
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    une archive pour des chercheurs académiques
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    il n'y a toujours aucun dommage pour personne.
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    Il ne volait pas, il ne vendait rien, il ne le donnait pas. Il faisait le point,
    pour autant que je pourrais le dire.
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    L'arrestation a eu un prix pour Swarz.
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    Il ne voulait pas en parler.
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    Je veux dire, cela le stressait beaucoup.
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    Si vous pensiez que le FBI
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    allait venir sur le pas de votre pas chaque jour
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    à chaque fois que vous descendiez dans le hall
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    même pour faire votre lessive
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    et qu'ils entreraient dans votre appartement
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    parce que vous n'aviez pas verrouillé la porte
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    genre... je serais stressé aussi
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    et c'était clair
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    et ainsi Aaron était toujours dans une sorte de, une sorte d'humeur austère.
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    Il ne donnait aucune information sensible
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    sur ses activités pendant ce temps
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    parce qu'il était tellement effrayé
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    que le FBI vienne l'attendre.
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    C'était une période d'activité sociale et d'activisme politique sans précédents.
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    Time Magazine nommerait plus tard comme sa personnalité de l'année 2011 "The Protester".
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    Il y avait une sorte de foyer d'activité de hackers
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    Wikileaks avait diffusé un trésor de câbles diplomatiques,
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    Manning avait été arrêté
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    à un moment où on ne savait pas encore qu'il était la source de la fuite.
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    Anonymous, qui est une sorte de collectif de protestation,
  • 49:05 - 49:07
    et compte beaucoup de hackers dans ses rangs,
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    lançait différents types d'actions.
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    Si vous comparez avec ce qu'il a fait,
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    cette histoire aurait dû rester entre le MIT et JSOR
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    dans une sorte de discussion privée à caractère professionnel.
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    Cela n'aurait jamais dû être porté à l'attention du système pénal.
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    Cela ne regardait tout simplement pas la justice.
  • 49:37 - 49:40
    Avant d'être inculpé, Aaron s'est vu proposer un arrangement avec la Justice
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    qui supposait trois mois de prison,
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    du temps dans un centre de semi-liberté,
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    et une année de détention à domicile,
  • 49:46 - 49:47
    le tout sans autorisation d'usage d'un ordinateur.
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    C'était sous condition que Swarz plaide coupable pour crime.
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    Voilà où nous en sommes, aucune preuve d'aucune sorte,
    aucune information
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    sur la position du gouvernement
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    et nous avions devons prendre cette très difficile décision
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    que votre avocat vous pousse à prendre,
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    le gouvernement vous propose une offre non-négociable,
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    et on vous dit que vous êtes vraisemblablement
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    en position de faiblesse
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    et que non, coupable ou non,
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    vous feriez mieux d'accepter l'offre.
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    Boston a sa propre division des Crimes Informatiques,
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    un paquet d'avocats, probablement plus que nécessaire.
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    Donc, vous savez, vous pouvez imaginer toutes sortes d'affaires
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    qui vont être vraiment difficile à instruire
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    parce que vous avez des criminels en Russie,
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    ou que vous avez des gens au sein d'entreprises
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    qui vont mettre en face de vous
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    des avocats à cinq cent ou sept cent dollars de l'heure,
  • 50:40 - 50:43
    et puis vous avez le cas avec ce gamin
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    dont il est facile de prouver
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    qu'il a fait quelque chose
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    et qui s'est déjà signalé
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    comme un fauteur de troubles auprès du FBI,
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    alors pourquoi ne pas être le plus rude possible
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    contre ce gars ?
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    C'est bon pour le procureur,
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    c'est bon pour la République
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    parce que vous combattez toutes les formes de terrorisme.
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    J'avais tellement peur, j'avais tellement peur
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    de voir mon ordinateur saisi,
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    j'avais tellement peur d'aller en prison
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    du fait de la saisie de mon ordinateur,
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    j'étais en possession de matériel confidentiel
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    issus de sources de mon travail précédent sur mon portable,
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    et ça a toujours été la première de mes priorités
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    de protéger mes sources.
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    J'avais tellement peur de ce qui allait arriver à Ada.
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    Aaron m'a dit qu'ils lui avaient proposé un arrangement
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    et finalement il a juste dit qu'il l'accepterait
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    si je lui demandais.
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    Et j'ai dit, j'ai été très proche de lui dire,
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    "Accepte".
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    Il avait ces, il avait développé de sérieuses aspirations politiques
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    dans la période entre quand,
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    vous savez, ce moment où il a mis fin
    à cette vie d'entrepreneurs de startups
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    et commencé cette nouvelle vie
    qui a conduit à son activisme politique,
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    et il ne pensait pas pouvoir continuer
    dans sa vie avec la tache du crime.
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    Vous savez, il m'a dit un jour,
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    nous marchions près de la Maison Blanche,
    et il m'a dit,
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    "Ils ne laissent pas les criminels travailler ici. "
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    Et vous savez, il voulait vraiment que ce soit sa vie.
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    Il n'avait tué personne, il n'avait blessé personne,
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    il n'avait pas volé d'argent,
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    il n'avait rien fait qui ressemble à un crime,
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    et il y a cette idée que
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    il n'y avait aucune raison
    qu'il soit étiqueté comme criminel
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    et déchu de son droit de vote dans de nombres états
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    pour avoir fait ce qu'il avait fait,
    c'est juste scandaleux.
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    Cela faisait sens pour lui, vous savez
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    peut-être de payer une amende ou, vous savez,
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    se voir demandé de ne jamais revenir au MIT.
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    Mais être un criminel ? Faire de la prison ?
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    Swarz rejeta l'accord.
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    Heymann redoubla d'efforts.
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    Heymann continua à nous mettre la pression,
    à tous les niveaux.
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    Même avec les preuves matérielles saisies à partir
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    du disque dur de l'ordinateur Acer et du disque USB d'Aaron,
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    le procureur avait besoin de preuves de ses motivations.
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    Pourquoi Aaron Swarz téléchargeait-il des articles de JSTOR,
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    et que comptait-il faire avec eux ?
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    Le gouvernement prétend qu'il avait l'intention de les publier.
  • 53:33 - 53:36
    Nous ne savons vraiment pas si c'était vraiment son intention
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    parce que Aaron avait aussi toute une habitude
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    de monter des projets où il analysait
    de gigantesques sets d'articles
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    dans le but d'apprendre des choses intéressantes sur eux.
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    La meilleure preuve de ceci est que quand il était à Stanford,
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    il avait aussi téléchargé l'intégralité de la base de données juridique Westlaw.
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    Dans un projet impliquant des étudiants en droit de Standford,
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    Swarz avait téléchargé la base de données juridique Westlaw.
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    Il révéla des connections troublantes entre
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    les bailleurs de fonds de la recherche juridique
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    et des résultats leur étant favorables
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    Il a fait ce travail incroyable pour des organisations à but non lucratif
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    donnant de l'argent à des professeurs de droit qui rédigeaient des articles critiques
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    qui étaient finalement avantageux à, par exemple,
    Exxon durant une marée noire.
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    C'était donc un système très corrompu de financement,
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    vous savez, la quête de la réputation.
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    Swartz n'avait jamais publié les documents Westlaw.
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    En théorie, il aurait pu faire la même chose avec la base de données JSTOR.
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    Cela aurait totalement d'accord.
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    S'il était dans son intention, d'un autre côté, de créer
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    un service concurrent à JSTOR,
  • 54:33 - 54:35
    du genre, nous allons ouvrir notre propre, vous voyez,
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    accès à la Harvard Law Review et demander,
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    vous voyez, de l'argent pour cela, là, d'accord,
  • 54:40 - 54:43
    il y aurait eu intention criminelle parce que vous êtes
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    en train d'essayer d'exploiter commercialement cette matière,
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    mais c'est une sorte de folie d'imaginer
    que c'est ce qu'il faisait.
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    Après, il y a une hypothèse autre : bien, et s'il
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    était juste en train d'essayer de libérer ces articles
    pour tous les pays en voie de développement,
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    mais cela dépend de ce qu'il faisait,
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    cela crée une approche très différente
    de la manière dont la loi doit penser cela,
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    le gouvernement le poursuivait comme si
    ça avait été une violation criminelle commerciale,
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    comme voler tout un tas d'enregistrements de cartes de crédit,
    ce genre de crime.
  • 55:07 - 55:11
    Je ne sais pas ce qu'il allait faire avec cette base de données,
  • 55:11 - 55:13
    mais j'ai entendu d'un de ses amis qu'Aaron lui a dit
  • 55:13 - 55:16
    qu'il allait analyser les données pour mettre en évidence
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    des financements de recherches sur le changement climatique
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    qui conduisait à des résultats biaisés
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    et je, je je crois totalement à ça.
  • Not Synced
Title:
l'Enfant d'Internet : l'histoire de Aaron Swartz
Description:

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Video Language:
English
Duration:
01:45:00

French subtitles

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