Return to Video

Discours d'Emma Watson HeForShe aux Nations Unies | ONU Femmes 2014

  • 0:04 - 0:06
    Vos Excellences,
  • 0:06 - 0:08
    M. le secrétaire général de l'ONU,
  • 0:09 - 0:11
    M. le président de l' Assemblée générale,
  • 0:13 - 0:14
    Mme la secrétaire générale d'ONU Femmes,
  • 0:15 - 0:17
    et distingués invités.
  • 0:19 - 0:23
    Aujourd’hui, nous lançons une campagne
    appelée « HeForShe ».
  • 0:25 - 0:27
    Je m’adresse à vous en ce jour,
    car nous avons besoin de votre aide.
  • 0:29 - 0:32
    Nous souhaitons mettre fin
    aux inégalités entre les sexes,
  • 0:33 - 0:37
    et pour y parvenir, l’implication
    de tous est indispensable.
  • 0:38 - 0:41
    Il s’agit de la première campagne
    de ce genre menée par l’ONU :
  • 0:42 - 0:46
    nous souhaitons mobiliser autant d’hommes
    et de garçons que possible
  • 0:46 - 0:48
    pour qu’ils militent
    pour l’égalité des sexes.
  • 0:49 - 0:51
    Mais au-delà des discours,
  • 0:51 - 0:54
    nous voulons obtenir
    des résultats tangibles.
  • 0:56 - 1:00
    J’ai été nommée ambassadrice
    de bonne volonté à l'ONU il y a six mois
  • 1:01 - 1:06
    et depuis, plus je parle de
    féminisme, plus je réalise
  • 1:06 - 1:10
    que la lutte pour les droits des femmes
    est trop souvent
  • 1:10 - 1:13
    associée à la haine des hommes.
  • 1:15 - 1:18
    S’il y a une bien chose dont je suis certaine,
  • 1:20 - 1:22
    c’est que cela doit cesser.
  • 1:24 - 1:28
    Pour mémoire, le féminisme se définit comme
  • 1:29 - 1:33
    « la conviction que les hommes et
    les femmes doivent jouir des mêmes droits
  • 1:33 - 1:35
    et des mêmes chances.
  • 1:35 - 1:40
    C’est cela la théorie politique,
  • 1:40 - 1:42
    économique et sociale
    de l’égalité des sexes »
  • 1:45 - 1:48
    J’ai commencé à m’interroger sur les
    préjugés liés au genre à l’âge de huit ans,
  • 1:49 - 1:54
    lorsque j’ai eu du mal à comprendre
    pourquoi on me qualifiait d’« autoritaire »
  • 1:54 - 1:59
    pour avoir voulu mettre en scène les pièces
    que nous allions jouer devant nos parents,
  • 2:00 - 2:02
    ce que l’on ne reprochait pas aux garçons.
  • 2:02 - 2:07
    Lorsqu’à 14 ans, certains journaux
    ont commencé à me sexualiser.
  • 2:08 - 2:13
    Lorsqu’à 15 ans, mes amies ont
    abandonné leurs équipes de sport
  • 2:14 - 2:16
    parce qu’elles ne voulaient pas
    paraître « trop musclées ».
  • 2:17 - 2:23
    Lorsqu’à 18 ans, mes copains étaient
    incapables d’exprimer leurs sentiments.
  • 2:24 - 2:27
    Je me suis dit que j’étais féministe
  • 2:28 - 2:30
    et cela m’a paru tout naturel.
  • 2:31 - 2:36
    Mais mes récentes recherches
    m’ont montré à quel point
  • 2:36 - 2:38
    le féminisme est devenu impopulaire.
  • 2:40 - 2:46
    Des femmes décident
    de ne plus s'identifier comme féministes.
  • 2:48 - 2:52
    Apparemment, je fais partie de ces femmes
  • 2:52 - 2:58
    aux propos jugés trop forts,
    trop agressifs,
  • 2:59 - 3:06
    trop ségrégateurs, anti-hommes
    et peu séduisants.
  • 3:08 - 3:13
    Pourquoi ce mot suscite-t-il
    un tel malaise ?
  • 3:15 - 3:17
    Je suis originaire de Grande-Bretagne
  • 3:18 - 3:22
    et je pense qu’il est normal, que je sois
    payée autant que mes homologues masculins.
  • 3:24 - 3:29
    Normal que je puisse disposer de
    mon propre corps comme bon me semble.
  • 3:30 - 3:38
    Je pense--
    - (Applaudissements bruyants) -
  • 3:41 - 3:44
    Je trouve normal que des femmes participent
  • 3:44 - 3:49
    en mon nom à la politique et aux prises
    de décision qui affecteront ma vie
  • 3:50 - 3:57
    Je trouve normal que la société m’accorde
    le même respect que les hommes.
  • 3:59 - 4:05
    Mais je constate avec regret
    qu’il n’y a pas un pays au monde
  • 4:05 - 4:10
    où toutes les femmes sont assurées
    de bénéficier de ces droits.
  • 4:11 - 4:16
    Aucun pays dans le monde ne peut
    aujourd’hui se prévaloir
  • 4:16 - 4:18
    d'avoir instauré l’égalité des sexes.
  • 4:19 - 4:23
    Ces droits sont, à mon sens,
    des droits fondamentaux de l’humain.
  • 4:24 - 4:26
    Mais je fais partie de celles
    qui ont de la chance.
  • 4:27 - 4:33
    Je suis une grande privilégiée, car
    mes parents ne m’ont pas moins aimée
  • 4:33 - 4:35
    parce que j'étais une fille.
  • 4:36 - 4:40
    Mon école ne m’a pas imposé de limites
    parce que j’étais une fille.
  • 4:41 - 4:45
    Mes tuteurs ne sont pas partis
    du principe que j’irais moins loin
  • 4:46 - 4:49
    parce que j’étais susceptible
    d’avoir, un jour, des enfants.
  • 4:50 - 4:54
    Toutes ces personnes influentes ont été
    les ambassadeurs de l’égalité des sexes
  • 4:54 - 4:56
    qui ont fait de moi
    celle que je suis aujourd’hui.
  • 4:57 - 5:01
    Ils ne le savent peut-être pas,
    mais ils sont des féministes involontaires,
  • 5:01 - 5:03
    qui sont en train de changer
    le monde d'aujourd'hui.
  • 5:04 - 5:06
    Et nous avons besoin de
    plus de gens comme ça.
  • 5:07 - 5:13
    Et si vous n’aimez toujours pas ce mot,
    sachez qu’il importe moins
  • 5:14 - 5:18
    que les idées et
    les aspirations qu’il renferme.
  • 5:19 - 5:23
    Parce que toutes les femmes n’ont pas
    eu les mêmes droits que moi.
  • 5:24 - 5:29
    En effet, statistiquement, rares
    sont celles qui en ont bénéficié.
  • 5:31 - 5:36
    En 1997, Hilary Clinton a prononcé
    un discours mémorable à Pékin
  • 5:36 - 5:38
    sur les droits des femmes.
  • 5:38 - 5:44
    Bon nombre des propositions qu’elle a
    formulées sont, hélas, restées lettre morte.
  • 5:45 - 5:50
    Mais ce qui m’a le plus marqué,
    c’est que les hommes ne représentaient
  • 5:51 - 5:54
    que 30 pour cent de son auditoire.
  • 5:56 - 6:01
    Comment pouvons-nous espérer changer
    le monde quand la moitié de la population
  • 6:01 - 6:05
    n’est pas invitée ou n’a pas le sentiment
    d’être invitée à prendre part au débat ?
  • 6:07 - 6:08
    Messieurs...
  • 6:10 - 6:15
    j’aimerais profiter de cette opportunité
    pour vous inviter formellement.
  • 6:16 - 6:26
    (Applaudissements)
  • 6:28 - 6:32
    L’égalité des sexes est
    aussi votre problème.
  • 6:33 - 6:37
    Parce que, jusqu’à présent, la société
    a considéré que mon père
  • 6:37 - 6:42
    avait un rôle moins important à jouer
    dans mon éducation que ma mère,
  • 6:42 - 6:46
    alors que j’avais besoin
    de lui tout autant.
  • 6:46 - 6:50
    J’ai vu des jeunes hommes qui
    souffraient de troubles psychiatriques,
  • 6:50 - 6:54
    mais qui ne demandaient pas d’aide,
    par crainte
  • 6:54 - 6:58
    d’avoir l’air moins « viril ».
  • 6:59 - 7:05
    Au Royaume-Uni, le suicide est la principale
    cause de mortalité chez les hommes
  • 7:05 - 7:12
    de 20 à 49 ans, devant les accidents, le
    cancer et les maladies cardiovasculaires.
  • 7:14 - 7:19
    J’ai vu des hommes fragilisés et
    peu sûrs d’eux essayer de se conformer
  • 7:19 - 7:23
    à ce qu’ils pensaient être
    le succès au masculin.
  • 7:24 - 7:28
    Les hommes ne bénéficient pas,
    non plus, de l’égalité des sexes.
  • 7:30 - 7:34
    Nous parlons peu des hommes qui sont
    prisonniers de stéréotypes liés au genre,
  • 7:34 - 7:37
    mais je sais qu’il y en a,
  • 7:38 - 7:42
    et que le jour où ils parviendront
    à s’en libérer, la situation des femmes
  • 7:42 - 7:44
    s’en verra spontanément améliorée.
  • 7:46 - 7:50
    Si les hommes n’ont plus besoin
    d’être agressifs pour se faire accepter,
  • 7:50 - 7:53
    les femmes ne se sentiront
    plus obligées d’être soumises.
  • 7:54 - 7:59
    Si les hommes n’ont plus besoin de dominer,
    les femmes n’auront plus à être dominées.
  • 8:00 - 8:04
    Les hommes, au même titre que les femmes,
    ont le droit d’être sensibles.
  • 8:04 - 8:08
    Les hommes, tout comme les femmes,
    devraient se sentir libres d’être forts…
  • 8:09 - 8:12
    Il est grand temps que nous appréhendions
    l’égalité comme un éventail de nuances
  • 8:13 - 8:17
    au lieu d’y voir deux idéaux
    distincts et opposés.
  • 8:18 - 8:25
    (Applaudissements)
  • 8:25 - 8:28
    Si nous arrêtons de définir les autres
    en fonction de ce qu’ils ne sont pas
  • 8:29 - 8:34
    et si nous cherchons à nous définir par ce que
    nous sommes, cela nous rendra plus libres,
  • 8:35 - 8:38
    et c’est précisément la
    raison d’être de HeForShe,
  • 8:39 - 8:41
    à savoir, la liberté.
  • 8:43 - 8:46
    Je veux que les hommes relèvent
    ce défi, afin que leurs filles,
  • 8:46 - 8:50
    leurs sœurs et leurs mères n’aient
    pas à subir un quelconque préjugé,
  • 8:50 - 8:55
    mais aussi pour que leurs fils puissent se
    monter vulnérables et humains,
  • 8:56 - 8:59
    en reprenant possession de ces parties
    d’eux-mêmes qu’ils avaient mises de côté,
  • 8:59 - 9:05
    afin de parvenir à une version plus vraie
    et plus complète d’eux-mêmes.
  • 9:06 - 9:10
    Vous vous dites peut-être :
    « Mais qui est cette fille de Harry Potter ?»
  • 9:10 - 9:12
    - (Rires)
    Et...
  • 9:12 - 9:16
    « Que fait-elle à la tribune de l’ONU ? »
    C’est vraiment une bonne question
  • 9:16 - 9:18
    et croyez-moi, je me la suis posée.
  • 9:19 - 9:24
    Tout ce que je sais, c’est que
    ce problème me tient à cœur
  • 9:24 - 9:26
    et que je veux faire bouger les choses.
  • 9:26 - 9:30
    Compte tenu de ce que j’ai vu, et étant
    donné que l’on m’en donne l’opportunité,
  • 9:31 - 9:35
    il est de mon devoir de
    ne pas rester silencieuse.
  • 9:37 - 9:39
    L’homme d’État anglais Edmund Burke a dit :
  • 9:39 - 9:43
    « Pour que le mal triomphe,
  • 9:44 - 9:47
    seule suffit l’inactivité des hommes
    et des femmes de bien ».
  • 9:50 - 9:55
    Lorsque j’ai éprouvé du trac pour prononcer
    ce discours et dans mes moments de doute,
  • 9:56 - 9:59
    je me suis répétée avec fermeté :
  • 10:00 - 10:02
    si je ne le fais pas, qui le fera ?
  • 10:03 - 10:06
    Et si je ne le fais pas maintenant,
    alors quand ?
  • 10:07 - 10:12
    Si le doute s’empare de vous quand
    une occasion similaire s’offre à vous,
  • 10:13 - 10:15
    j’espère que ces mots vous seront utiles.
  • 10:17 - 10:18
    Parce que...
  • 10:20 - 10:27
    en fait, si nous n’agissons pas,
    il faudra attendre 75 ans
  • 10:27 - 10:32
    je serai alors presque centenaire...
    avant que les femmes
  • 10:32 - 10:34
    puissent prétendre au
    même salaire que les hommes,
  • 10:35 - 10:37
    pour le même travail.
  • 10:38 - 10:44
    Au cours des 16 années à venir, 15,5 millions
    de filles seront mariées avant l’âge adulte.
  • 10:45 - 10:53
    Et au rythme actuel, toutes les
    filles africaines issues de milieux ruraux
  • 10:53 - 10:55
    ne recevront une éducation
    secondaire qu’en 2086.
  • 10:58 - 11:03
    Si vous croyez en l’égalité,
    vous êtes peut-être l’un ou l’une
  • 11:03 - 11:06
    e ces féministes qui s’ignorent, auxquels
    je faisais référence auparavant.
  • 11:07 - 11:09
    Et pour cela, je vous applaudis.
  • 11:11 - 11:17
    Nous luttons pour un monde uni,
    et nous avons la chance d’avoir
  • 11:17 - 11:19
    un mouvement unificateur.
  • 11:20 - 11:22
    Ce mouvement s’appelle HeForShe.
  • 11:24 - 11:31
    Je vous invite à vous manifester, à faire
    entendre vos idées, et à vous demander,
  • 11:33 - 11:39
    Si je ne le fais pas, qui le fera ?
    Si je ne le fais pas maintenant, alors quand ?
  • 11:40 - 11:46
    Je vous remercie de votre attention.
    (Applaudissements)
Title:
Discours d'Emma Watson HeForShe aux Nations Unies | ONU Femmes 2014
Description:

Discours de l’Ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes, Emma Watson, à l’occasion d’un événement spécial tenu au siège des Nations Unies, à New York, le 20 septembre 2014, dans le cadre de la campagne « HeForShe »

more » « less
Video Language:
English
Duration:
11:48

French subtitles

Revisions Compare revisions