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Brene Brown : le pouvoir de la vulnérabilité.

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    Alors, je vais commencer par ceci :
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    il y a deux ans, l'organisatrice d'un événement m'a téléphoné
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    parce que je devais donner une conférence.
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    Elle m'a appelé et m'a dit :
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    "J'ai vraiment du mal à trouver
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    comment vous décrire sur notre petit prospectus."
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    Et je me suis dit : " Et bien, où est le problème ?"
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    Et elle m'a dit : " Et bien, je vous ai déjà vu parler,
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    et je vais vous désigner comme une chercheuse, je crois,
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    mais j'ai peur que si je vous désigne comme chercheuse, personne ne vienne,
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    parce que tout le monde pensera que vous êtes ennuyeuse et hors sujet."
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    (Rires)
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    Ok.
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    Et elle a dit : " Mais ce que j'ai aimé dans votre conférence,
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    c'est que vous êtes une conteuse d'histoires.
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    Alors je pense que ce que je vais faire, c'est juste dire que vous êtes une conteuse."
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    Et bien sûr, mon côté universitaire, qui manque d'assurance,
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    a dit : " Vous allez dire que je suis quoi ?! "
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    Et elle a dit : " Je vais dire que vous êtes une conteuse."
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    Et moi : " Et pourquoi pas fée Carabosse ? "
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    (Rires)
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    J'ai fait : " Laissez-moi réfléchir une seconde."
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    J'ai essayé de rassembler tout mon courage.
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    Et j'ai pensé, je suis une conteuse d'histoires.
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    Je suis une chercheuse en sciences humaines.
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    Je recueille des histoires ; c'est ce que je fais.
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    Et peut-être que les histoires ne sont rien d'autre que des données scientifiques avec une âme.
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    Et peut être que je ne suis rien d'autre qu'une conteuse.
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    Alors j'ai dit : " Vous savez quoi ?
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    Pourquoi ne pas simplement dire que je suis une chercheuse-conteuse ?"
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    Et elle a fait : " Ha ha. Ça n'existe pas."
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    (Rires)
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    Ainsi, je suis une chercheuse-conteuse,
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    et je vais vous parler aujourd'hui --
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    nous discutons de l'élargissement de nos conceptions --
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    alors je veux vous parler et vous raconter quelques histoires
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    sur une partie de mes recherches
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    qui a fondamentalement élargi ma perception
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    et a réellement, concrètement, changé ma façon de vivre, d'aimer,
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    de travailler, et d'élever mes enfants.
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    Et voilà où mon histoire commence.
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    Quand j'étais une jeune chercheuse, une étudiante en doctorat,
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    pendant ma première année j'ai eu un directeur de recherche
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    qui nous a dit :
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    " Voilà le topo :
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    ce qu'on ne peut pas mesurer n'existe pas."
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    Et j'ai pensé qu'il essayait de m'embobiner.
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    Et j'ai fait : " Vraiment ?", et lui : "Absolument."
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    Il faut que vous sachiez
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    que j'ai une licence d'assistance sociale, un master d'assistance sociale,
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    et que je préparais une thèse d'assistance sociale,
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    alors j'avais passé toute ma carrière universitaire
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    entourée de gens
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    qui croyaient en quelque sorte
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    que la vie c'est le désordre, et qu'il faut l'aimer ainsi.
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    Alors que moi ça serait plutôt : la vie c'est le désordre,
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    il faut la nettoyer, l'organiser,
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    et bien la ranger dans des petites cases.
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    (Rires)
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    Alors quand je pense que j'ai trouvé ma voie,
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    que j'ai engagé ma carrière sur un chemin qui m'amène --
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    vraiment, dans l'aide sociale, on dit beaucoup
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    qu'il faut plonger dans l'inconfort du travail.
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    Et moi je suis plutôt : évacuer l'inconfort une bonne fois pour toutes,
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    le dégager et n'obtenir que des 20 sur 20.
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    C'était ma devise.
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    C'est pourquoi j'étais très enthousiasmée par cette idée.
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    Et que je me suis dit, tu sais quoi, c'est la carrière qu'il te faut,
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    parce que je m'intéresse à des sujets compliqués,
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    mais je veux pouvoir les rendre moins compliqués.
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    Je veux les comprendre.
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    Je veux m'infiltrer dans ces questions,
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    que je sais importantes,
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    et les décoder pour tout le monde.
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    J'ai donc commencé avec les relations humaines.
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    Parce que, quand vous avez travaillé dans le social pendant 10 ans,
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    vous réalisez
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    que les relations humaines sont la raison de notre présence sur terre.
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    C'est ce qui donne un but et du sens à nos vies.
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    Tout tourne autour de cela.
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    Peu importe que vous en discutiez avec des gens
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    qui travaillent dans le secteur de la justice sociale, ou bien de la santé mentale, ou de la maltraitance, ou de la négligence parentale,
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    ils vous diront tous que les relations,
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    la capacité d'entrer en relation, c'est --
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    sur le plan neurobiologique, nous sommes conçus ainsi --
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    c'est la raison de notre présence sur terre.
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    J'ai donc pensé: je vais commencer par les relations humaines.
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    Vous connaissez cette situation
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    où vous avez un entretien d'évaluation avec votre patron,
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    et elle vous parle de 37 choses que vous faites incroyablement bien,
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    et puis d'une chose -- " Une occasion de vous améliorer."
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    (Rires)
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    Et tout ce que vous retenez, c'est cette "occasion de vous améliorer", pas vrai ?
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    Eh bien, à première vue, c'est également la direction que mon travail a prise,
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    parce que, quand j'ai interrogé les gens sur l'amour,
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    ils m'ont parlé de chagrin.
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    Quand j'ai interrogé les gens sur le sentiment d'appartenance,
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    ils m'ont raconté leurs plus atroces expériences
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    où ils étaient exclus.
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    Et quand j'ai interrogé les gens sur les relations humaines,
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    les histoires qu'ils m'ont racontées parlaient d'isolement.
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    Aussi très rapidement -- en fait après seulement six semaines de recherches --
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    j'ai buté sur cette chose sans nom
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    qui détruisait totalement les relations
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    d'une façon que je ne comprenais pas, et que je n'avais jamais vu.
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    J'ai donc pris un peu de recul sur ma recherche
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    et je me suis dit, il faut que je comprenne ce dont il s'agit.
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    Et j'ai découvert qu'il s'agissait de la honte.
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    On peut vraiment comprendre la honte facilement
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    si on la considère comme la peur de l'isolement.
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    Il y a-t-il quelque chose chez moi qui ferait que,
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    si d'autres le savaient ou le voyaient,
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    je ne mériterais pas d'être en relation avec eux ?
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    Il y a une chose que je peux vous en dire :
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    c'est universel ; on a tous ça.
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    Les seules personnes qui n'éprouvent pas la honte
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    sont celles qui sont incapables d'empathie ou de relations humaines.
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    Personne ne veut en parler,
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    et moins on en parle, plus on la ressent.
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    Ce qui est à la base de cette honte,
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    ce "Je ne suis pas assez bien ", --
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    qui est un sentiment que nous connaissons tous :
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    " Je ne suis pas assez neutre. Je ne suis pas assez mince,
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    pas assez riche, pas assez beau, pas assez malin,
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    pas assez reconnu dans mon travail."
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    Ce qui est à la base de tout ça,
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    c'est une atroce vulnérabilité,
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    cette idée que,
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    pour pouvoir entrer en relation avec les autres,
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    nous devons nous montrer tels que nous sommes,
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    vraiment tels que nous sommes.
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    Et vous savez ce que je pense de la vulnérabilité. Je hais la vulnérabilité.
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    J'ai donc pensé, voilà l'occasion que j'attendais
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    de la faire battre en retraite avec ma règle.
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    Je vais m'y plonger, je vais démêler toute cette histoire,
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    je vais y consacrer une année, je vais complètement déboulonner la honte,
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    je vais comprendre comment fonctionne la vulnérabilité,
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    et je vais être la plus forte.
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    J'étais donc prête, et j'étais vraiment enthousiaste.
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    Comme vous vous en doutez, ça ne s'est pas bien passé.
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    (Rires)
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    Vous vous en doutez.
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    Alors, je pourrais vous en dire long sur la honte,
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    mais il me faudrait prendre le temps de parole de tous les autres.
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    Mais voilà ce que je peux vous dire, ce à quoi ça se résume --
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    et c'est peut-être la chose la plus importante que j'ai jamais apprise
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    pendant les dix années passées sur cette recherche.
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    Mon année
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    s'est transformée en six années,
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    des milliers de récits,
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    des centaines de longs entretiens, de groupes de discussion.
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    À un moment, les gens m'envoyaient des pages de journaux,
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    ils m'envoyaient leurs histoires --
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    des milliers d'éléments d'information en six ans.
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    Et j'ai commencé à comprendre.
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    J'ai commencé à comprendre : voilà ce qu'est la honte,
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    voilà comment ça marche.
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    J'ai écrit un livre,
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    j'ai publié une théorie,
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    mais quelque chose n'allait pas --
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    et ce que c'était, c'est que,
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    si je prenais les gens que j'avais interviewés,
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    et que je les divisais grossièrement en deux catégories:
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    ceux qui croyaient vraiment en leur propre valeur --
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    c'est à cela que ça se résume,
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    croire en sa propre valeur --
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    ils ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance --
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    et ceux qui ont du mal avec ça,
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    ceux qui se demandent tout le temps si ils sont assez bien.
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    Il n'y avait qu'une variable
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    qui différenciait ceux qui ont
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    un fort sentiment d'amour et d'appartenance
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    de ceux qui ont vraiment du mal avec ça.
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    Et c'était que ceux qui ont
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    un fort sentiment d'amour et d'appartenance
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    pensent qu'ils méritent l'amour et l'appartenance.
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    C'est tout.
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    Ils pensent qu'ils le méritent.
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    Et pour moi
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    la chose qui nous prive de relations humaines
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    est notre peur de ne pas mériter ces relations,
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    c'était quelque chose que, sur le plan personnel comme professionnel,
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    j'ai eu l'impression que j'avais besoin de mieux comprendre.
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    Alors ce que j'ai fait,
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    c'est que j'ai pris tous les interviews
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    dans lesquels je pouvais voir des gens qui croyaient mériter, qui vivaient ainsi,
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    et je les ai simplement examinés attentivement.
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    Qu'ont en commun tous ces gens ?
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    Je suis un peu accro aux fournitures de bureau,
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    mais c'est une autre histoire.
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    J'avais une chemise cartonnée, et j'avais un marqueur,
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    et j'ai fait, comment vais-je intituler cette recherche ?
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    Et les premiers mots qui me sont venus à l'esprit
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    ont été "sans réserve".
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    Ce sont des gens sans réserves, qui vivent avec ce sentiment profond de leur valeur.
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    Alors je l'ai inscrit sur la couverture de la chemise,
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    et j'ai commencé à examiner les données.
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    En réalité, j'ai commencé par le faire
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    pendant quatre jours
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    par une analyse des données extrêmement intensive,
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    où je suis revenue en arrière, j'ai ressorti ces interviews, ressorti les récits, ressorti les incidents.
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    Quel est le thème ? Quel est le motif ?
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    Mon mari a quitté la ville avec les enfants
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    parce que je rentre à chaque fois dans ce délire à la Jackson Pollock,
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    où je ne fais qu'écrire,
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    et où je suis en mode chercheuse.
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    Et voici ce que j'ai trouvé.
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    Ce qu'ils avaient en commun,
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    c'était un sens du courage.
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    Là je veux prendre une minute pour vous expliquer la distinction entre le courage et la bravoure.
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    Le courage, la définition originelle du courage,
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    lorsque ce mot est apparu dans la langue anglaise --
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    il vient du latin "cor", qui signifie "cœur" --
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    et sa définition originelle
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    était : raconter qui nous sommes de tout notre cœur.
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    Ainsi, ces gens
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    avaient, très simplement, le courage
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    d'être imparfaits.
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    Ils avaient la compassion nécessaire
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    pour être gentils, tout d'abord avec eux-mêmes, puis avec les autres,
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    car, à ce qu'il semble, nous ne pouvons faire preuve de compassion envers les autres
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    si nous sommes incapables d'être gentils envers nous-même.
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    Et pour finir, ils étaient en relation avec les autres,
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    et -- c'était ça le noyau dur --
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    de par leur authenticité,
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    ils étaient disposés à abandonner l'idée qu'ils se faisaient de ce qu'ils auraient dû être,
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    de façon à être qui ils étaient,
  • 9:21 - 9:24
    ce qui est un impératif absolu
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    pour entrer en relation avec les autres.
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    L'autre chose qu'ils avaient en commun
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    était ceci.
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    Ils adoptaient complètement la vulnérabilité.
  • 9:40 - 9:43
    Ils pensaient
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    que ce qui les rendait vulnérable
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    les rendait également beaux.
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    Ils ne prétendaient pas que la vulnérabilité
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    était confortable,
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    ni qu'elle était atroce --
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    comme je l'avais entendu auparavant dans les entretiens sur la honte.
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    Ils disaient juste qu'elle était nécessaire.
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    Ils parlaient de la volonté
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    de dire "Je t'aime" le premier,
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    la volonté
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    de faire quelque chose
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    quand il n'y a aucune garantie de réussite,
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    la volonté
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    de ne pas retenir son souffle en attendant le coup de fil du médecin
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    après une mammographie.
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    Ils étaient prêts à s'investir dans une relation
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    qui pourrait marcher, ou pas.
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    Ils pensaient que c'était essentiel.
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    Pour ma part, je l'ai ressenti comme une trahison.
  • 10:35 - 10:38
    Je ne pouvais pas croire que j'avais prêté serment d'allégeance
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    à la recherche --
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    le principe même de la recherche
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    est de contrôler et de prévoir, d'étudier un phénomène
  • 10:45 - 10:47
    dans le but explicite
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    de le contrôler et de le prévoir.
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    Et là, ma mission
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    de contrôler et de prévoir
  • 10:53 - 10:56
    aboutissait au résultat que la meilleure façon de vivre est d'accepter sa vulnérabilité,
  • 10:56 - 10:59
    et d'arrêter de contrôler et de prévoir.
  • 10:59 - 11:02
    Ca m'a conduit à une petite dépression --
  • 11:02 - 11:06
    (Rires)
  • 11:06 - 11:09
    -- qui en fait ressemblait plutôt à ça.
  • 11:09 - 11:11
    (Rires)
  • 11:11 - 11:13
    Vraiment !
  • 11:13 - 11:16
    J'ai appelé ça une dépression, ma psychothérapeute appelle ça un éveil spirituel.
  • 11:17 - 11:19
    Un éveil spirituel, ça sonne mieux qu'une dépression,
  • 11:19 - 11:21
    mais je vous assure que c'était bien une dépression.
  • 11:21 - 11:23
    Et j'ai dû ranger mes données et chercher un psychothérapeute.
  • 11:23 - 11:26
    Laissez-moi vous dire quelque chose : vous découvrez vraiment qui vous êtes
  • 11:26 - 11:29
    quand vous appelez vos amis pour leur dire :" Je crois que j'ai besoin de voir un psy.
  • 11:29 - 11:32
    Tu aurais quelqu'un à me recommander ? "
  • 11:32 - 11:34
    Parce que à peu près cinq de mes amis ont fait :
  • 11:34 - 11:36
    " Wow. Je n'aimerais pas être ton psychothérapeute."
  • 11:36 - 11:39
    (Rires)
  • 11:39 - 11:41
    Et moi : " Comment ça ? "
  • 11:41 - 11:44
    Et eux : " Moi ce que j'en dis, tu sais.
  • 11:44 - 11:46
    N'apporte pas ta règle."
  • 11:46 - 11:49
    Et moi : "Ok..."
  • 11:51 - 11:53
    J'ai donc trouvé une psychothérapeute.
  • 11:53 - 11:56
    Mon premier rendez-vous avec elle, Diana --
  • 11:56 - 11:58
    j'ai apporté ma liste
  • 11:58 - 12:01
    sur la façon dont les "sans réserve" vivent, et je me suis assise.
  • 12:01 - 12:03
    Et elle m'a dit : " Comment allez-vous ?"
  • 12:03 - 12:06
    Et j'ai dit :" Je suis en pleine forme. Ça va bien."
  • 12:06 - 12:08
    Elle a dit : " Qu'est-ce qui se passe ? "
  • 12:08 - 12:11
    C'était une psychothérapeute qui consultait elle-même des psychothérapeutes ;
  • 12:11 - 12:13
    on devrait aller chez ce genre là de psychothérapeute,
  • 12:13 - 12:16
    parce que leur détecteur de conneries est très au point.
  • 12:16 - 12:18
    (Rires)
  • 12:18 - 12:20
    Alors j'ai dit :
  • 12:20 - 12:22
    " Voilà, j'ai un problème."
  • 12:22 - 12:24
    Et elle a dit : " Quel est le problème ? "
  • 12:24 - 12:27
    Et j'ai dit : " Et bien, j'ai un problème de vulnérabilité.
  • 12:27 - 12:30
    Et je sais que la vulnérabilité est au cœur
  • 12:30 - 12:32
    de la honte et de la peur
  • 12:32 - 12:34
    et de notre problème d'estime de soi,
  • 12:34 - 12:37
    mais il semble que ce soit aussi la source
  • 12:37 - 12:40
    de la joie, de la créativité,
  • 12:40 - 12:42
    du sentiment d'appartenance, de l'amour.
  • 12:42 - 12:44
    Et je pense que j'ai un problème,
  • 12:44 - 12:47
    et j'ai besoin d'aide."
  • 12:47 - 12:49
    Et j'ai dit : " Mais voilà,
  • 12:49 - 12:51
    pas d'histoires de famille,
  • 12:51 - 12:53
    pas de ces conneries sur l'enfance."
  • 12:53 - 12:55
    (Rires)
  • 12:55 - 12:58
    " J'ai seulement besoin d'une stratégie."
  • 12:58 - 13:02
    (Rires)
  • 13:02 - 13:05
    (Applaudissements)
  • 13:05 - 13:07
    Merci.
  • 13:09 - 13:12
    Alors elle a fait comme ça.
  • 13:12 - 13:14
    (Rires)
  • 13:14 - 13:17
    Et moi j'ai dit : " C'est mauvais, n'est-ce pas ? "
  • 13:17 - 13:20
    Et elle a dit : " Ce n'est ni mauvais ni bon. "
  • 13:20 - 13:22
    (Rires)
  • 13:22 - 13:24
    " C'est juste ce que c'est. "
  • 13:24 - 13:27
    Et je me suis dit : " Oh mon Dieu, on va se faire chier."
  • 13:27 - 13:30
    (Rires)
  • 13:30 - 13:32
    Et ça a été le cas, et en même temps non.
  • 13:32 - 13:35
    Et ça m'a pris près d'un an.
  • 13:35 - 13:37
    Vous savez comment certaines personnes,
  • 13:37 - 13:40
    quand elles réalisent que la vulnérabilité et la tendresse sont importantes,
  • 13:40 - 13:43
    lâchent prise et y vont à fond.
  • 13:43 - 13:45
    Premièrement, ça n'est pas mon style,
  • 13:45 - 13:48
    et deuxièmement, je ne fréquente même pas ce genre de personnes.
  • 13:48 - 13:51
    (Rires)
  • 13:51 - 13:54
    Pour moi, ça a été une lutte d'une année.
  • 13:54 - 13:56
    Ça a été une tuerie.
  • 13:56 - 13:58
    La vulnérabilité gagnait du terrain, je le regagnais à nouveau.
  • 13:58 - 14:01
    J'ai perdu la bataille,
  • 14:01 - 14:03
    mais j'y ai sans doute récupéré ma vie.
  • 14:03 - 14:05
    Et je suis donc retourné à mes recherches
  • 14:05 - 14:07
    et j'ai passé les deux années suivantes
  • 14:07 - 14:10
    à essayer de vraiment comprendre ce que eux, les sans réserve,
  • 14:10 - 14:12
    faisaient comme choix,
  • 14:12 - 14:14
    et ce que nous, nous faisons
  • 14:14 - 14:16
    de la vulnérabilité.
  • 14:16 - 14:18
    Pourquoi est-ce un tel problème ?
  • 14:18 - 14:21
    Est-ce que je suis la seule pour qui c'est un problème ?
  • 14:21 - 14:23
    Non.
  • 14:23 - 14:25
    Voici donc ce que j'ai appris.
  • 14:26 - 14:29
    Nous anesthésions la vulnérabilité --
  • 14:29 - 14:31
    quand nous attendons le coup de fil.
  • 14:31 - 14:33
    C'est drôle, j'ai envoyé quelque chose sur Twitter et Facebook
  • 14:33 - 14:35
    qui demandait : "Comment définiriez-vous la vulnérabilité ?
  • 14:35 - 14:37
    Qu'est-ce qui vous rend vulnérable ? "
  • 14:37 - 14:40
    Et en une heure et demie, j'avais 150 réponses.
  • 14:40 - 14:42
    Parce que je voulais savoir
  • 14:42 - 14:44
    ce qui se cache derrière tout ça.
  • 14:45 - 14:47
    Devoir demander de l'aide à mon mari,
  • 14:47 - 14:50
    parce que je suis malade, et on vient juste de se marier ;
  • 14:50 - 14:53
    prendre l'initiative sur le plan sexuel avec mon mari ;
  • 14:53 - 14:55
    prendre l'initiative avec ma femme ;
  • 14:55 - 14:58
    être rejetée ; inviter quelqu'un à sortir ;
  • 14:58 - 15:00
    attendre que le docteur rappelle ;
  • 15:00 - 15:03
    être virée ; virer des gens --
  • 15:03 - 15:05
    voici le monde dans lequel nous vivons.
  • 15:05 - 15:08
    Nous vivons dans un monde vulnérable.
  • 15:08 - 15:10
    Et l'une des façons dont nous traitons ce problème,
  • 15:10 - 15:12
    c'est d'anesthésier la vulnérabilité.
  • 15:12 - 15:14
    Et je pense qu'il y a des preuves de cela --
  • 15:14 - 15:16
    ça n'en est pas la seule raison,
  • 15:16 - 15:18
    mais je pense que c'en est une grande --
  • 15:18 - 15:22
    nous sommes la plus endettée,
  • 15:22 - 15:25
    obèse,
  • 15:25 - 15:28
    accro aux drogues et aux médicaments,
  • 15:28 - 15:30
    de toutes les assemblées d'adultes de l'histoire des États-Unis.
  • 15:33 - 15:36
    Le problème -- et c'est ce que j'ai appris de mes recherches --
  • 15:36 - 15:39
    c'est qu'on ne peut pas anesthésier ses émotions de façon sélective.
  • 15:40 - 15:43
    On ne peut pas dire : " Là, c'est ce qui est mauvais.
  • 15:43 - 15:45
    Voilà la vulnérabilité, voilà le chagrin, voilà la honte,
  • 15:45 - 15:47
    voilà la peur, voilà la déception,
  • 15:47 - 15:49
    je ne veux pas ressentir ces émotions.
  • 15:49 - 15:52
    Je vais plutôt prendre quelques bières et un muffin à la banane.
  • 15:52 - 15:54
    (Rires)
  • 15:54 - 15:56
    Je ne veux pas ressentir ces émotions.
  • 15:56 - 15:58
    Et je sais que ça, c'est un rire entendu.
  • 15:58 - 16:01
    Je gagne ma vie en infiltrant les vôtres.
  • 16:01 - 16:03
    Seigneur.
  • 16:03 - 16:05
    (Rires)
  • 16:05 - 16:08
    Vous ne pouvez pas anesthésier ces sentiments pénibles
  • 16:08 - 16:10
    sans anesthésier en même temps les affects, nos émotions.
  • 16:10 - 16:12
    Vous ne pouvez pas anesthésier de façon sélective.
  • 16:12 - 16:15
    Alors quand nous les anesthésions,
  • 16:15 - 16:17
    nous anesthésions aussi la joie,
  • 16:17 - 16:19
    nous anesthésions la gratitude,
  • 16:19 - 16:21
    nous anesthésions le bonheur.
  • 16:21 - 16:24
    Et nous nous retrouvons malheureux,
  • 16:24 - 16:26
    et nous cherchons un but et un sens à nos vies,
  • 16:26 - 16:28
    et nous nous sentons vulnérables,
  • 16:28 - 16:31
    alors nous prenons quelques bières et un muffin à la banane.
  • 16:31 - 16:34
    Et ça devient un cercle vicieux.
  • 16:36 - 16:39
    Une des choses auxquelles je pense que nous devrions réfléchir,
  • 16:39 - 16:41
    est le pourquoi et le comment de cette anesthésie.
  • 16:41 - 16:44
    Ça ne peut pas être que de l'accoutumance.
  • 16:44 - 16:46
    L'autre chose que nous faisons
  • 16:46 - 16:49
    est de rendre certain tout ce qui est incertain.
  • 16:50 - 16:53
    La religion est passée d'une croyance en la foi et les mystères,
  • 16:53 - 16:55
    à une certitude.
  • 16:55 - 16:58
    J'ai raison, tu as tort. Ferme-la.
  • 16:58 - 17:00
    Point final.
  • 17:00 - 17:02
    C'est certain.
  • 17:02 - 17:04
    Plus nous sommes effrayés, plus nous sommes vulnérables,
  • 17:04 - 17:06
    et plus nous sommes effrayés encore.
  • 17:06 - 17:08
    Voilà à quoi ressemble la politique de nos jours.
  • 17:08 - 17:10
    Il n'y a plus de discours désormais.
  • 17:10 - 17:12
    Il n'y a plus de débat.
  • 17:12 - 17:14
    Il n'y a que la recherche d'un coupable à blâmer.
  • 17:14 - 17:17
    Vous savez comment je décris cela dans mes recherches ?
  • 17:17 - 17:20
    Une façon de se décharger de la douleur et de l'inconfort.
  • 17:21 - 17:23
    Nous perfectionnons tout.
  • 17:23 - 17:26
    Si il y a quelqu'un qui voudrait que sa vie soit parfaite, c'est bien moi,
  • 17:26 - 17:28
    mais ça ne marche pas.
  • 17:28 - 17:30
    Parce que ce que nous faisons, c'est de prendre la graisse de nos derrières
  • 17:30 - 17:32
    et de la mettre dans nos joues.
  • 17:32 - 17:35
    (Rires)
  • 17:35 - 17:37
    Ce qui, je l'espère, dans une centaine d'années,
  • 17:37 - 17:39
    fera dire aux gens qui nous étudierons : "Wow..."
  • 17:39 - 17:41
    (Rires)
  • 17:41 - 17:43
    Et le plus dangereux,
  • 17:43 - 17:45
    c'est que nous perfectionnons nos enfants.
  • 17:45 - 17:47
    Laissez moi vous expliquer comment nous pensons de nos enfants.
  • 17:47 - 17:50
    Ils sont conçus dès le départ pour avoir des problèmes.
  • 17:50 - 17:53
    Et quand vous tenez ces petits êtres parfaits dans vos mains,
  • 17:53 - 17:55
    votre devoir n'est pas de dire : "Regardez-le, il est parfait.
  • 17:55 - 17:57
    Ma tâche est de le garder parfait --
  • 17:57 - 18:00
    m'assurer qu'il intègre l'équipe de tennis dès le CM2, et l'Université de Yale avant la 5ème. "
  • 18:00 - 18:02
    Ça n'est pas ça, notre devoir.
  • 18:02 - 18:04
    Notre devoir, c'est de le regarder, et de lui dire :
  • 18:04 - 18:07
    " Tu sais quoi ? Tu n'es pas parfait, et tu es conçu pour avoir des problèmes,
  • 18:07 - 18:09
    mais tu mérites de recevoir de l'amour et d'être parmi nous.
  • 18:09 - 18:11
    Ça, c'est notre devoir.
  • 18:11 - 18:13
    Donnez-moi une génération de gosses élevés comme ça,
  • 18:13 - 18:16
    et on réglera les problèmes que nous connaissons aujourd'hui, je pense.
  • 18:16 - 18:20
    Nous aimons croire que nos actions
  • 18:20 - 18:23
    n'ont pas de conséquences sur les autres.
  • 18:23 - 18:25
    Nous faisons cela dans nos vies personnelles.
  • 18:25 - 18:27
    Nous faisons cela dans les entreprises --
  • 18:27 - 18:29
    que ce soit lors d'un renflouement, une fuite de pétrole,
  • 18:29 - 18:31
    une convocation --
  • 18:31 - 18:33
    nous nous comportons comme si nos actions
  • 18:33 - 18:36
    n'avaient pas un énorme impact sur les autres.
  • 18:36 - 18:39
    J'ai envie de dire aux entreprises : " Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, les gars.
  • 18:40 - 18:42
    On a seulement besoin que vous soyez authentiques et vrais,
  • 18:42 - 18:44
    et que vous nous disiez : ' Nous sommes désolés.
  • 18:44 - 18:47
    On va régler ça.' "
  • 18:50 - 18:52
    Mais il y a une autre voie, et je vais finir là-dessus.
  • 18:52 - 18:54
    Voici ce que j'ai découvert :
  • 18:54 - 18:56
    c'est d'accepter de se montrer,
  • 18:56 - 18:58
    de se montrer vraiment,
  • 18:58 - 19:01
    de se montrer vulnérable ;
  • 19:01 - 19:03
    d'aimer de tout notre cœur,
  • 19:03 - 19:05
    même si il n'y a aucune certitude --
  • 19:05 - 19:07
    et ça, c'est vraiment dur,
  • 19:07 - 19:10
    et je peux vous le dire en tant que parent, c'est atrocement difficile --
  • 19:12 - 19:15
    de s'exercer à la gratitude et à la joie
  • 19:15 - 19:17
    dans ces moments de terreur,
  • 19:17 - 19:19
    où nous nous demandons : " Suis-je capable de t'aimer à ce point ?
  • 19:19 - 19:21
    Suis-je capable de croire en cela avec autant de passion ?
  • 19:21 - 19:24
    Suis-je capable d'être aussi fervent ? "
  • 19:24 - 19:26
    Juste pouvoir s'arrêter et, au lieu de s'imaginer les catastrophes qui risquent d'arriver,
  • 19:26 - 19:29
    de dire : " Je suis simplement reconnaissant,
  • 19:29 - 19:32
    parce que me sentir si vulnérable signifie que je suis vivant. "
  • 19:33 - 19:36
    Et pour finir, ce qui je pense est le plus important,
  • 19:36 - 19:39
    c'est de croire que nous sommes bien comme nous sommes.
  • 19:39 - 19:41
    Parce je pense que que quand on écoute la petite voix
  • 19:41 - 19:44
    qui nous dit : " Je suis bien comme je suis ",
  • 19:45 - 19:48
    alors nous arrêtons de hurler, et nous commençons à écouter,
  • 19:49 - 19:51
    nous devenons plus gentils et plus doux avec notre entourage,
  • 19:51 - 19:54
    et nous sommes plus gentils et plus doux avec nous-mêmes.
  • 19:54 - 19:56
    C'est tout ce que j'ai. Merci.
  • 19:56 - 19:59
    (Applaudissements)
Titel:
Brene Brown : le pouvoir de la vulnérabilité.
Sprecher:
Brené Brown
Beschreibung:

Brene Brown étudie les relations humaines -- notre capacité à éprouver de l'empathie, un sentiment d'appartenance, de l'amour. Dans un exposé émouvant et drôle donné à TEDxHouston, elle nous fait partager sa profonde réflexion issue de ses recherches, et qui l'a menée dans une quête personnelle vers la connaissance d'elle-même, comme de l'humanité. Une conférence à faire découvrir.

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Video Language:
English
Team:
TED
Projekt:
TEDTalks
Duration:
19:59
Patrick Brault added a translation

Untertitel in French

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