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← Adam Kucharski sur le coronavirus : ce qui devrait nous inquiéter - et ce qui ne devrait pas

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28 llengües

Showing Revision 32 created 03/29/2020 by eric vautier.

  1. Bonjour, je suis Chris Anderson.
    Bienvenue à l'interview TED.
  2. Nous nous préparons à la saison quatre
    avec des invités extraordinaires,
  3. mais je ne veux pas attendre
    pour le sujet d'aujourd'hui
  4. car nous sommes en pleine pandémie
  5. et il y a un invité à qui
    je voulais vraiment parler maintenant.
  6. C'est Adam Kucharski,

  7. in scientifique expert
    en maladies infectieuses
  8. qui se concentre sur la modélisation
    mathématique des pandémies.
  9. C'est un professeur associé
  10. à la London School of Hygiene
    and Tropical Medicine
  11. et TED Fellow.
  12. (Musique)

  13. Adam Kucharski : Quel comportement

  14. est important pour les épidémies ?
  15. Les conversations,
    les contacts physiques rapprochés ?
  16. Quel genre de données
    devrions-nous recueillir
  17. avant une épidémie
  18. si nous voulons prévoir
    la propagation de l'infection ?
  19. Pour le découvrir, notre équipe
    a créé un modèle mathématique...
  20. Chris Anderson : Quand il s'agit
    de déterminer quoi faire

  21. face à cette pandémie,
    techniquement appelée COVID-19
  22. et informelle appelée coronavirus,
  23. je trouve sa pensée
    incroyablement pertinente.
  24. J'ai hâte de me plonger
    dans le sujet avec vous.
  25. Un merci particulier
    à mes amis sur Twitter
  26. qui ont suggéré tant de questions.
  27. Je sais que ce sujet est
    actuellement dans tous les esprits.
  28. J'espère que cet épisode
  29. nous offre une façon plus nuancée
  30. de penser au déroulement
    de cette pandémie jusqu'ici,
  31. ce qu'il pourrait suivre
  32. et ce que nous pouvons
    collectivement y faire.
  33. Allons-y.
  34. (Musique)

  35. Adam, bienvenue dans l'interview TED.

  36. Adam Kucharski : Merci.

  37. CA : Commençons avec les fondamentaux.

  38. La réponse de nombre
    de personnes sceptiques --
  39. les dernières semaines certainement,
    peut-être moins maintenant --
  40. a été : « Allons, ce n'est pas si grave,
  41. il y a un nombre de cas
    relativement faible,
  42. comparé à la grippe,
    comparé à quoi que ce soit.
  43. Il y a de bien plus gros problèmes.
  44. Pourquoi en faisons-nous
    toute une histoire ? »
  45. Je suppose que la réponse à cela est
    que c'est une question de mathématiques.
  46. Nous allons parler des mathématiques
    de la croissance exponentielle,
  47. essentiellement, n'est-ce pas ?
  48. AK : Exactement.

  49. Il y a un chiffre que nous utilisons
  50. pour appréhender la facilité
    des choses à se propager
  51. et le niveau de transmission
    auquel nous faisons face.
  52. C'est le taux de reproduction
  53. et, conceptuellement, c'est :
  54. pour chaque cas, en moyenne,
  55. combien de gens sont infectés ?
  56. Cela vous donne une idée de l'échelle,
  57. à quoi ressemblera la croissance.
  58. Pour le coronavirus, nous voyons,
    dans de nombreux pays,
  59. que chaque personne le donne
    en moyenne à deux ou trois autres.
  60. CA : Ce taux de reproduction,

  61. la première chose à comprendre
    est que s'il est supérieur à un,
  62. cela signifie une croissance.
  63. Tout chiffre en-dessous de un
    signifie une décroissance.
  64. AK : Exactement --
    si c'est supérieur à un,

  65. alors chaque groupe de personnes infectées
  66. va générer plus d'infections
    qu'auparavant.
  67. Vous verrez l'effet exponentiel --
  68. si on est à deux, chaque cycle d'infection
    doublera le nombre d'infectés
  69. et à moins de un,
  70. cela va décliner, en moyenne.
  71. CA : Si c'est supérieur à deux,

  72. je pense que peut-être tout le monde
    connaît la célèbre histoire
  73. de l'échiquier et des grains de riz,
  74. et si vous doublez
    le nombre de grains de riz
  75. pour chaque case de l'échiquier,
  76. les 10 ou 15 premières cases,
    il ne se passe pas grand-chose,
  77. mais une fois arrivé à la 64ème case,
  78. vous avez des tonnes de riz
    pour chaque individu sur Terre.
  79. (Rit)

  80. La croissance exponentielle,
    c'est incroyable.

  81. Les nombres faibles actuels
  82. ne sont pas ce à quoi
    on devrait prêter attention.
  83. On devrait prêter attention aux modèles
    de ce qui pourrait venir.
  84. AK : Exactement.

  85. Si la croissance exponentielle continue,
  86. vous obtenez ces chiffres
    incroyablement élevés,
  87. peut-être peu plausibles.
  88. Mais même en considérant
    une échéance d'un mois,
  89. si le taux de reproduction est de trois,
  90. chaque personne en infecte
    trois en moyenne.
  91. L'intervalle entre ces cycles d'infection
    est d'environ cinq jours.
  92. Si vous imaginez avoir un cas maintenant,
  93. il y a six de ces cycles
    de cinq jours dans un mois,
  94. donc d'ici la fin du mois,
  95. cette personne pourrait avoir entraîné
  96. environ 729 cas.
  97. Même en un mois,
  98. l'ampleur de cela
    peut vraiment grimper en flèche
  99. si ce n'est pas contrôlé.
  100. CA : Certainement,

  101. cela semble se produire
    pour la plupart des chiffres observés,
  102. où le virus en est à un stade peu avancé
  103. de propagation dans un pays.
  104. Vous avez fourni un modèle
  105. grâce auquel nous pouvons mieux comprendre
    ce taux de reproduction,
  106. car il me semble que c'est au cœur
    de notre façon de voir le virus,
  107. de notre façon d'y réagir et de la crainte
    qu'il devrait presque inspirer.
  108. Dans votre réflexion,
  109. vous décomposez cela en quatre éléments
  110. que vous appelez DOPS :
  111. la durée, les opportunités,
  112. la probabilité de transmission
  113. et la susceptibilité.
  114. Je pense que ce serait très utile
  115. que vous expliquiez chaque élément,
  116. car c'est une simple équation
  117. qui relie ces quatre choses
    au taux de reproduction.
  118. Parlez-en l'un après l'autre.
  119. La durée, quel en est le sens ?
  120. AK : La durée mesure combien de temps
    une personne est infectieuse.

  121. Si, par exemple, intuitivement,
  122. si quelqu'un est infectieux
    pendant plus longtemps,
  123. deux fois plus que quelqu'un d'autre,
  124. ils ont deux fois cette durée
    pour propager l'infection.
  125. CA : Quelle est la durée pour ce virus

  126. comparé à la grippe
    ou d'autres pathogènes ?
  127. AK : Cela dépend un peu

  128. de ce qu'il se passe
    avec les gens infectieux,
  129. s'ils sont isolés très rapidement,
    cela raccourcit cette période,
  130. mais nous avons potentiellement
    une durée d'une semaine
  131. où les gens sont infectieux
    avant d'être isolés à l'hôpital.
  132. CA : Durant cette semaine, ils pourraient
    ne pas présenter de symptômes

  133. de toute la semaine, n'est-ce pas ?
  134. Quand quelqu'un est infecté,
    il y a une période d'incubation.
  135. Il y a une période
    durant cette période d'incubation
  136. où on devient infectieux
  137. et il y a ensuite une période
    où on commence à présenter des symptômes,
  138. et il n'est pas clair comment
    ces périodes se recouvrent.
  139. Est-ce correct ?
  140. AK : On commence à avoir des informations.

  141. L'un des signes que nous observons
    dans les données
  142. qui suggère une potentielle
    transmission précoce,
  143. c'est ce décalage
    entre une infection et la suivante.
  144. Cela semble être d'environ cinq jours.
  145. La période d'incubation
    pour l'apparition des symptômes
  146. est également d'environ cinq jours.
  147. Si vous imaginez que la plupart des gens
  148. n'infectent les autres
    que quand ils sont symptomatiques,
  149. vous auriez cette période d'incubation,
  150. puis une période supplémentaire
    où ils infectent les autres.
  151. Le fait que ces valeurs
    semblent être similaires
  152. suggère que certains transmettent
  153. soit très tôt ou potentiellement
    avant d'avoir clairement des symptômes.
  154. CA : Cela implique qu'en moyenne,

  155. les gens infectent les autres
  156. autant avant de présenter
    des symptômes qu'après.
  157. AK : Potentiellement.

  158. Ce sont les premières données,
  159. mais il y a des preuves solides
    que bon nombre de gens,
  160. peut-être avant de présenter
    clairement des symptômes
  161. ou ne présentant pas
    la fièvre et la toux distinctives
  162. mais se sentant mal, répandent le virus
  163. durant cette période.
  164. CA : Cela le différencie-t-il
    de la grippe, par exemple ?

  165. AK : A cet égard,
    il est similaire à la grippe.

  166. La grippe pandémique
    est en partie si dure à contrôler
  167. et crainte en tant que menace
  168. du fait de la transmission qui a lieu
  169. avant que les gens
    ne soient gravement malades.
  170. Cela signifie qu'au moment
    où vous identifiez ces cas,
  171. ils ont probablement propagé le virus
    à plein d'autres personnes.
  172. CA : C'est cela qui est fourbe

  173. et c'est pourquoi il est si difficile
    d'y faire quelque chose.
  174. Il a toujours de l'avance sur nous
  175. et vous ne pouvez pas prêter attention
    à comment quelqu'un se sent
  176. ou à ce qu'il fait.
  177. Comment cela arrive-t-il, d'ailleurs ?
  178. Comment quelqu'un infecte-t-il un autre
  179. avant même de présenter
    lui-même les symptômes,
  180. car nous pensons
    à la personne qui éternue,
  181. des gouttelettes passent dans l'air,
    quelqu'un les inspire
  182. et l'infection arrive ainsi.
  183. Que se passe-t-il pour une infection
    avant l'arrivée des symptômes ?
  184. AK : Le niveau de transmission
    observé avec ce virus

  185. n'est pas celui observé avec la rougeole
  186. où, quand quelqu'un éternue,
    beaucoup de virus s'échappe
  187. et potentiellement beaucoup
    de personnes sont exposées.
  188. Ce pourrait être tôt,
  189. si quelqu'un a même des symptômes légers,
  190. peut-être une petite toux,
  191. cela semble suffire au virus pour sortir
  192. et, en particulier,
  193. une partie du travail effectué
  194. pour observer les rassemblements intimes,
  195. des repas en petit comité,
  196. il y avait un exemple
    d'un chalet de ski --
  197. même alors, il pourrait y avoir
    quelqu'un de légèrement malade,
  198. mais assez pour que le virus sorte
    et que les autres soient exposés,
  199. nous essayons de comprendre comment,
  200. mais cela suffit
    à entraîner des infections.
  201. CA : Si quelqu'un est légèrement malade,
    n'a-t-il pas les symptômes ?

  202. N'y a-t-il pas d'indications
    que même avant de se savoir malade,
  203. il se passe quelque chose ?
  204. Il y a un article allemand
    publié cette semaine
  205. qui semblait suggérer que même très tôt,
  206. vous faites un prélèvement
    dans la gorge de quelqu'un
  207. et il a des centaines de milliers de virus
  208. qui s'y reproduisent déjà.
  209. Quelqu'un pourrait-il respirer normalement
  210. et qu'il y ait une transmission
    du virus dans l'air
  211. alors qu'il l'ignore
  212. et que cela infecte directement des gens
  213. ou que cela se fixe sur des surfaces ?
  214. AK : C'est ce que nous essayons
    de déterminer,

  215. à quel point [inaudible].
  216. Comme vous l'avez dit,
  217. il y a des preuves qu'il peut y avoir
    des gens sans symptômes
  218. qui ont le virus dans la gorge.
  219. Il y a une possibilité
    que cela soit expiré,
  220. mais que cette transmission arrive,
    est-ce une occurrence assez rare
  221. ou observons-nous plus d'infections
    qui arrivent par ce biais ?
  222. Ce ne sont que les premières données
  223. et c'est une pièce du puzzle,
  224. mais nous essayons
    de déterminer où cela s'inscrit
  225. par rapport à ce que nous savons
    sur les autres occasions de transmissions.
  226. CA : La durée, c'est la durée
    de la période d'infectiosité.

  227. Nous pensons de cinq à six jours,
    est-ce ce que je vous ai entendu dire ?
  228. AK : Environ une semaine,

  229. selon ce qu'il arrive aux gens
    quand ils sont infectieux.
  230. CA : Et il y a des cas
    de gens testés positifs

  231. très, très longtemps
    après avoir été infectés.
  232. Ce peut être vrai, mais ils ne sont
    probablement pas aussi infectieux.
  233. Est-ce correct ?
  234. AK : C'est notre hypothèse de travail,

  235. qu'une grande partie
    de l'infection a lieu au début.
  236. Nous observons que pour nombre
    d'infections respiratoires,
  237. quand les gens deviennent
    gravement malades,
  238. leur comportement est très différent
  239. à quand ils se baladent
    et passent une journée normale.
  240. CA : A nouveau, en comparant
    ce chiffre D à d'autres cas,

  241. comme la grippe,
  242. la grippe est-elle similaire ?
  243. Quel est le chiffre D pour la grippe ?
  244. AK : Pour la grippe, c'est probablement
    légèrement plus court,

  245. en termes de période où les gens
    sont activement infectieux.
  246. Pour la grippe, c'est un roulement rapide
    d'un cas au suivant.
  247. Il est même question de trois jours,
  248. entre une infection
    et la personne que cela infecte.
  249. Puis à l'extrémité opposée,
    il y des choses comme les MST,
  250. où la durée pourrait être
    de plusieurs mois.
  251. CA : Bien.

  252. Rien d'inhabituel jusque-là
    concernant ce virus en particulier.
  253. Considérons le O, l'opportunité.
  254. Qu'est-ce que c'est ?
  255. AK : L'opportunité est une mesure
    du nombre de chances

  256. que le virus a de se propager
    via des interactions
  257. quand quelqu'un est infectieux.
  258. C'est une mesure du comportement social.
  259. En moyenne, combien
    de contacts sociaux les gens ont-ils
  260. qui créent des opportunités
    de transmission quand ils sont infectieux.
  261. CA : C'est le nombre de personnes
    dont vous avez été assez proche

  262. en l'espace d'un jour, en un jour donné,
  263. pour qu'il y ait un risque
    de les infecter.
  264. Ce chiffre pourrait être,
  265. si les gens ne prennent pas de précautions
    dans un environnement urbain normal,
  266. cela pourrait atteindre des centaines.
  267. AK : Pour certaines personnes.

  268. Nous avons réalisé nombre d'études
    là-dessus les dernières années
  269. et la moyenne, en termes
    de contacts physiques,
  270. est de cinq personnes par jour.
  271. La plupart des gens auront
    des conversations ou contacts
  272. avec environ 10 ou 15,
  273. mais évidemment,
  274. selon les cultures, il y a une variation
  275. du niveau de salutation physique
    qui pourrait avoir lieu.
  276. CA : Vraisemblablement que ce chiffre
    ne diffère pas pour ce virus

  277. par rapport à un autre.
  278. C'est une caractéristique
    des vies que nous menons.
  279. AK : Je pense que pour celui-ci,

  280. si c'est déterminé
    par ce genre d'interactions,
  281. nous l'avons vu pour la grippe
    et d'autres infections respiratoires,
  282. ce genre de contacts assez proches
    et d'interactions physiques quotidiennes
  283. semblent être
    les facteurs de transmission.
  284. CA : Il y a peut-être une différence.

  285. Le fait que si vous êtes infectieux
    avant l'apparition des symptômes,
  286. peut-être que cela signifie
    qu'il y a plus d'opportunités.
  287. Cela fait partie du génie du virus,
    si l'on peut dire cela,
  288. en ne révélant pas,
  289. les gens continuent à interagir,
    à aller au travail
  290. et à prendre le métro et ainsi de suite,
  291. en ne se sachant même pas malade.
  292. AK : Exactement.

  293. Pour une chose comme la grippe,
  294. quand les gens tombent malades,
    leurs contacts sociaux chutent.
  295. Avoir un virus qui peut être infectieux
  296. alors que les gens vaquent
    à leur vie quotidienne,
  297. cela lui offre un avantage
    en termes de transmission.
  298. CA : Dans votre modélisation,

  299. cette opportunité est-elle
    plus élevée que pour la grippe ?
  300. AK : Actuellement, nous utilisons
    des valeurs similaires.

  301. Nous considérons, par exemple,
  302. les contacts physiques
    dans différentes populations.
  303. Mais nous augmentons le risque.
  304. Cela joue sur le terme P.
  305. Entre chaque contact,
  306. quel est le risque
    que cette transmission ait lieu.
  307. CA : Passons à ce chiffre suivant,

  308. le P, la probabilité de transmission.
  309. Comment définissez-vous cela ?
  310. AK : Cela mesure le risque

  311. que, en gros, le virus soit passé
  312. durant une opportunité
    ou une interaction en particulier.
  313. Vous pourriez avoir
    une conversation avec quelqu'un,
  314. mais vous ne toussez pas, ni n'éternuez,
  315. ou pour une certaine raison,
    le virus ne passe pas
  316. et l'autre n'est pas exposé.
  317. Pour ce virus, je l'ai évoqué,
  318. disons que les gens ont
    10 conversations par jour,
  319. mais les gens infectés
    n'en infectent pas 10 par jour.
  320. Cela indique que toutes ces opportunités
  321. ne transmettent pas le virus.
  322. CA : Mais les gens disent
    que c'est un virus infectieux.

  323. Quel est ce chiffre
    de probabilité de transmission,
  324. à nouveau, comparé à la grippe ?
  325. AK : Nous avons fait des analyses
    considérant ces rassemblements intimes.

  326. Nous avons considéré
    dix différents cas d'étude
  327. et découvert qu'environ un tiers
    des contacts dans ces contextes
  328. étaient ensuite infectés
  329. durant cette phase initiale,
    où les gens l'ignoraient.
  330. Si vous aviez ces grands repas de groupe,
  331. potentiellement, chaque contact
    avait une chance sur trois
  332. d'être exposé.
  333. Pour la grippe saisonnière,
    cela a tendance à être un peu plus faible,
  334. même au sein de foyers
    et de cadres intimes,
  335. les valeurs ne sont pas si élevées.
  336. Même pour une chose comme SRAS,
    ces valeurs ont, en quelque sorte --
  337. le risque par interaction que vous aviez
  338. était plus faible que ce qu'il paraît
    être pour le coronavirus.
  339. Intuitivement, cela a du sens,
  340. il doit y avoir un risque
    par interaction plus élevé
  341. si cela se propage si facilement.
  342. CA : Hum.

  343. D'accord. Et la quatrième lettre de DOPS
  344. est S pour susceptibilité.
  345. Qu'est-ce que c'est ?
  346. AK : C'est une mesure de la proportion
    de la population qui est susceptible.

  347. Si vous imaginez avoir
    cette interaction avec quelqu'un,
  348. le virus est transmis, cela l'expose,
  349. mais certains pourraient être vaccinés
  350. ou avoir une immunité
  351. et ne pas développer d'infection
  352. et ne pas être infectieux pour les autres.
  353. Nous devons considérer
    cette proportion de gens
  354. qui ne vont pas eux-mêmes devenir des cas.
  355. CA : Il n'y a pas encore de vaccin
    pour ce coronavirus

  356. et personne n'est immunisé, initialement,
    de ce que nous en savons.
  357. Modélisez-vous ce chiffre
    de susceptibilité comme assez élevé,
  358. cela fait-il partie du problème ?
  359. AK : Les indications

  360. sont que cela passe dans des populations
    entièrement susceptibles
  361. et même dans des zones comme la Chine,
  362. où il y a eu beaucoup de transmissions
  363. mais où il y a eu des mesures
    de contrôle sévères,
  364. nous avons estimé que jusqu'à fin janvier,
  365. probablement qu'environ 95% de Wuhan
    sont encore susceptibles.
  366. Il y a beaucoup d'infections,
  367. mais cela n'a pas trop pris
    cet élément en compte,
  368. du DOPS, de ces quatre choses
    entraînant la transmission.
  369. CA : Le fonctionnement des mathématiques,

  370. je dois l'avouer, au milieu
    du stress de la situation,
  371. le matheux en moi adore
    l'élégance des mathématiques,
  372. car je n'y avais jamais
    vraiment pensé ainsi,
  373. mais vous multipliez ces nombres entre eux
  374. pour obtenir le taux de reproduction.
  375. Est-ce correct ?
  376. AK : Exactement, oui.

  377. Vous empruntez presque le chemin
    de l'infection durant la transmission
  378. en les multipliant
  379. et cela vous donne
    le chiffre pour ce virus.
  380. CA : C'est d'une logique absolue.

  381. C'est le nombre de jours,
    la durée où vous êtes infectieux,
  382. c'est le nombre de personnes
    que vous voyez en moyenne
  383. durant ces jours où vous avez
    un risque d'infecter.
  384. Puis vous multipliez cela
    par la probabilité de transmission --
  385. le virus pénètre-t-il la personne,
  386. c'est cela, le transfert.
  387. Puis il y a le chiffre
    de la susceptibilité.
  388. D'ailleurs, à votre avis, quelle est
    la probabilité de susceptibilité
  389. pour ce cas ?
  390. AK : Nous devons présumer
    qu'elle est proche de 100%

  391. en termes de propagation.
  392. CA : Vous multipliez
    ces chiffres entre eux

  393. et actuellement, il semble
    que pour ce coronavirus,
  394. deux ou trois est le chiffre
    actuel le plus plausible,
  395. ce qui implique
    une croissance très rapide.
  396. AK : Exactement.

  397. Dans ces éruptions non contrôlées,
  398. nous voyons nombre de pays
    qui en sont à ce stade --
  399. nous allons observer
    une croissance vraiment rapide.
  400. CA : Par rapport à la grippe, que
    représente ce chiffre de deux ou trois ?

  401. Il y a la grippe saisonnière,
  402. durant l'hiver, quand elle se propage,
  403. et à d'autres moments de l'année,
    cela chute en-dessous de un
  404. pour le taux de reproduction, correct ?
  405. Mais quel est-il
    durant la saison grippale ?
  406. AK : Durant la phase initiale
    de plein essor,

  407. au début de la saison grippale,
  408. nous pensons qu'il est probablement
    quelque part entre 1,2 et 1,4.
  409. Ce n'est pas incroyablement transmissible,
  410. si vous imaginez avoir un peu d'immunité
    dans votre population due à la vaccination
  411. et à d'autres choses.
  412. Elle peut se répandre,
    c'est supérieur à un,
  413. mais ce n'est pas un envol
    aussi rapide que celui du coronavirus.
  414. CA : Je veux revenir
    sur deux de ces éléments,

  415. l'opportunité et la probabilité
    de transmission,
  416. car cela semble être ceux
    qui ont le plus de chances d'influencer
  417. ce taux d'infection.
  418. Avant d'en venir là,
  419. parlons d'un autre chiffre clé,
  420. qui est le taux de létalité.
  421. Tout d'abord, pourriez-vous définir --
  422. il y a deux versions différentes
    du taux de mortalité
  423. qui pourraient embrouiller les gens.
  424. Pourriez-vous les définir ?
  425. AK : Celui dont nous parlons souvent,
    c'est le taux de létalité

  426. et c'est la proportion de cas
    présentant des symptômes
  427. et qui vont ensuite être mortels.
  428. Nous parlons aussi parfois
  429. de ce qu'on appelle
    le taux de létalité par infection,
  430. qui est, pour quiconque étant infecté,
  431. peu importe les symptômes,
  432. combien de ces infections
    vont ensuite être mortelles.
  433. La plupart des valeurs que nous voyons
  434. sont le taux de létalité,
    ou la létalité, comme on le dit parfois.
  435. CA : Quel est le taux de létalité
    pour ce virus

  436. et, à nouveau, comment est-il
    comparé à d'autres pathogènes ?
  437. AK : Il y a quelques chiffres
    qui ont été présentés.

  438. Un des défis en temps réel
    est de ne pas voir tous les cas,
  439. il y a des gens symptomatiques
    qui ne sont pas signalés.
  440. Il y a aussi un retard.
  441. Si vous imaginez, par exemple,
  442. que 100 personnes vont à l'hôpital
    avec le coronavirus
  443. et que personne n'est mort,
  444. cela n'implique pas
    que le taux de létalité est de zéro,
  445. car vous devez attendre de voir
    ce qu'il va leur arriver.
  446. Quand vous modulez pour
    la sous-estimation et les retards,
  447. la meilleure estimation
    du taux de létalité est environ 1%.
  448. Pour environ 1% des gens
    ayant des symptômes,
  449. en moyenne,
  450. l'issue est fatale.
  451. C'est probablement 10 fois plus
    que la grippe saisonnière.
  452. CA : C'est une comparaison effrayante,

  453. étant donné le nombre de gens
    qui meurent de la grippe.
  454. Quand l'Organisation mondiale de la santé
    a évoqué un nombre plus élevé,
  455. il y a quelque temps, de 3,4%,
  456. elle a été critiquée pour cela.
  457. Expliquez pourquoi
    cela a pu être trompeur,
  458. comment le voir et comment moduler cela.
  459. AK : Il est incroyablement courant
    de regarder ces chiffres bruts

  460. et de dire : « Il y a tant
    de morts jusqu'ici, tant de cas »
  461. et de considérer ce ratio.
  462. Il y a deux semaines,
    cela générait une valeur de 2%.
  463. Mais si vous imaginez
    qu'il y a cet effet de retard,
  464. même si vous arrêtez tous les cas,
  465. vous aurez quand même
    ces issues fatales au fil du temps,
  466. donc ce chiffre grimpe.
  467. Cela est arrivé pour chaque éruption
    de la grippe pandémique à Ebola,
  468. nous le voyons à maintes reprises.
  469. J'ai argumenté devant nombre de gens
    que ce chiffre allait augmenter,
  470. car avec la diminution des cas en Chine,
  471. cela va sembler s'accroître
  472. et c'est juste
    une singularité statistique.
  473. Il n'y a rien derrière ce changement,
  474. il n'y a pas de mutations
    ou quoi que ce soit.
  475. CA : Si j'ai bien compris,
    il y a deux effets en jeu.

  476. L'un est que le nombre de décès
  477. à partir des cas existants va augmenter,
  478. ce qui ferait encore augmenter ce 3,4.
  479. Mais vous devez contrebalancer cela
    avec le fait qu'apparemment,
  480. un nombre considérable de cas
    sont passés inaperçus
  481. et nous n'avons pas,
  482. du fait d'un mauvais dépistage,
  483. le nombre de décès --
  484. il reflète probablement un nombre
    bien plus élevé de cas initiaux.
  485. Est-ce bien cela ?
  486. AK : Exactement.

  487. Il y a une chose
    qui tire les chiffres vers le haut
  488. et l'autre vers le bas.
  489. Cela signifie que
    pour ces valeurs initiales,
  490. si vous modulez avec le retard
  491. et ne pensez pas aux cas non déclarés,
  492. vous obtenez des chiffres
    très, très effrayants.
  493. Vous obtenez jusqu'à 20 ou 30%,
  494. ce qui ne concorde pas
  495. à ce que nous savons
    de ce virus en général.
  496. CA : Très bien.

  497. Il y a maintenant plus de données.
  498. De votre point de vue, vous pensez
    que le taux de létalité probable,
  499. au moins lors de la phase
    initiale d'une infection,
  500. est d'environ 2% ?
  501. AK : En général,

  502. nous pouvons probablement le placer
    dans un intervalle de 0,5 à 2%
  503. et ce d'après nombre
    de jeux de données différents.
  504. C'est pour les gens
    qui sont symptomatiques.
  505. En moyenne, je pense que 1%
    est un bon chiffre de travail.
  506. CA : D'accord, 1%.

  507. La grippe est souvent placée
    à un dixième de pourcent,
  508. donc c'est cinq à 10 fois
    plus dangereux que la grippe, ou plus.
  509. Ce danger n'est pas symétrique
    selon les tranches d'âge,
  510. comme nous le savons.
  511. Cela affecte principalement
    les personnes âgées.
  512. AK : Nous avons observé ce 1% en moyenne,

  513. mais une fois que vous arrivez
    à plus de 60, 70 ans,
  514. ce chiffre explose.
  515. Nous estimons que parmi les plus âgés,
  516. nous sommes confrontés
    à une létalité de 5 ou 10%.
  517. Bien sûr, en plus de cela,
  518. vous devez ajouter
    ce qui va être des cas graves
  519. et ces gens vont nécessiter
    une hospitalisation.
  520. Et ces risques étaient très élevés
    parmi les plus âgés.
  521. CA : Agrégez ces chiffres pour nous.

  522. Dans vos modèles,
  523. si vous réunissez
    un taux de reproduction de deux à trois
  524. et un taux de létalité de 0,5 à 1%
  525. et que vous faites la simulation,
  526. à quoi cela ressemble-t-il ?
  527. AK : Si vous avez
    cette transmission non contrôlée

  528. et ce taux de reproduction
    de deux ou trois
  529. et que vous n'y faites rien,
  530. la seule fin possible à l'épidémie
  531. est qu'assez de gens l'attrapent,
    qu'une immunité se développe
  532. et que l'épidémie se finisse d'elle-même.
  533. Dans ce cas,
  534. on s'attendrait à ce qu'une grande partie
    de la population soit infectée.
  535. C'est ce que nous observons
  536. avec de nombreuses
    épidémies non contrôlées,
  537. c'est qu'elles consument la population,
  538. il y a beaucoup de gens infectés
  539. et avec ce taux de létalité
    et ce taux d'hospitalisation,
  540. si cela arrivait, cela pourrait
    entraîner d'énormes préjudices.
  541. A l'échelle nationale, nous observons --
  542. l'Italie en est un bon exemple,
  543. si vous avez ces transmissions
    initiales passant inaperçues,
  544. cette croissance rapide,
  545. vous arrivez vite à une situation
    où vos systèmes de santé sont submergés.
  546. L'un des aspects
    les plus perfides du virus
  547. est que, ayant ce retard
    entre l'infection et les symptômes
  548. et les gens se faisant soigner,
  549. si votre système de santé est submergé,
  550. même si ce jour-là,
  551. vous mettez un terme à la transmission,
  552. vous avez tous ces gens
    qui ont déjà été exposés
  553. alors l'apparition des cas
    et des cas graves continuera
  554. pendant peut-être deux semaines.
  555. C'est cette accumulation considérable
    d'infection et de fardeau
  556. qui, via le système,
    repose sur votre population.
  557. CA : Il y a un autre chiffre clé :

  558. le nombre total de cas
  559. comparé à la capacité
    du système de santé d'un pays
  560. à gérer ce nombre de cas.
  561. Cela doit entraîner
    une énorme différence
  562. pour le taux de létalité,
  563. la différence entre les gens
    arrivant avec une maladie grave
  564. et un système de santé capable
    de répondre et un qui est submergé.
  565. Le taux de létalité
    va en être très différent.
  566. AK : S'il faut un lit en soins intensifs,

  567. on va en avoir besoin deux semaines
  568. et il y a plus de cas
    entrant dans le système,
  569. donc cela devient vite très dur.
  570. CA : Parlez de la différence
    entre l'endiguement

  571. et la mitigation.
  572. Ce sont des termes
    que nous entendons beaucoup.
  573. Durant la phase initiale du virus,
  574. les gouvernements se concentrent
    sur l'endiguement.
  575. Qu'est-ce que cela signifie ?
  576. AK : L'endiguement, c'est l'idée
    de concentrer vos efforts sur le contrôle

  577. des cas et de leurs contacts.
  578. Vous ne causez pas de perturbations
    dans la population.
  579. Un cas arrive, vous l'isolez,
  580. vous déterminez avec qui
    il a été en contact,
  581. qui sont ces opportunités à une exposition
  582. et vous avez un suivi de ces gens,
  583. voire une mise en quarantaine pour assurer
    qu'il n'y ait plus de transmission.
  584. C'est une méthode très ciblée
  585. et pour SRAS, cela a
    remarquablement bien marché.
  586. Mais pour cette infection,
  587. puisque certains cas vont être loupés
    ou passer inaperçus,
  588. vous devez capturer
    une grande partie des gens à risque.
  589. Si quelques-uns passent
    à travers les mailles du filet,
  590. vous aurez une éruption.
  591. CA : Y a-t-il des pays

  592. qui ont pu employer cette stratégie
  593. et contenir le virus de façon efficace ?
  594. AK : Singapour a réalisé
    un travail remarquable

  595. les six dernières semaines.
  596. En plus de mesures plus larges,
  597. ils ont travaillé très dur
  598. pour retrouver les gens
    ayant eu un contact.
  599. La vidéosurveillance,
  600. déterminer quel taxi quelqu'un a pris,
  601. qui pourrait être à risque --
  602. un suivi très minutieux.
  603. Pendant six semaines, cela a maintenu
    un couvercle sur la transmission.
  604. CA : C'est génial.

  605. Quelqu'un entre dans le pays,
  606. est testé positif --
  607. ils se mettent au travail
    avec une énorme équipe
  608. et retracent tout jusqu'à dire :
  609. « Vous ignorez quel taxi vous avez pris ?
  610. Laissez-nous déterminer cela. »
  611. Ils retrouvent le chauffeur du taxi,
  612. puis ils doivent déterminer
    qui d'autre a été dans ce taxi ?
  613. AK : Ils se concentrent sur les proches
    des gens les plus à risque

  614. mais ils minimisent les risques
    de passer à travers les mailles du filet.
  615. CA : Mais même Singapour,
    si je ne m'abuse,

  616. les chiffres ont commencé
    à se rapprocher de zéro
  617. mais récemment, ils ont
    à nouveau augmenté.
  618. Il n'est pas clair
  619. s'ils seront capables
    de pérenniser un tel endiguement.
  620. AK : Exactement.

  621. Si nous parlons en termes
    du taux de reproduction,
  622. il a plongé jusqu'à 0,8 ou 0,9,
  623. soit sous cette valeur critique de un.
  624. Mais les deux dernières semaines,
  625. cela semble augmenter
    et ils ont plus de cas.
  626. Une grande partie de cela,
  627. même s'ils l'endiguent,
  628. le monde connaît des éruptions
  629. et suscite constamment des infections
  630. et il devient de plus en plus dur
  631. avec ce niveau d'efforts intensifs
    de les éradiquer toutes.
  632. (Musique)

  633. CA : Dans le cas de ce virus,

  634. il y avait un avertissement
    pour la majorité des pays du monde
  635. que cela arrivait.
  636. Les nouvelles de la Chine
    sont devenues très moroses
  637. et les gens avaient
    le temps de se préparer.
  638. A quoi ressemblerait
    une préparation idéale
  639. si vous savez qu'une telle chose approche
  640. et que vous savez
    qu'il y a beaucoup en jeu
  641. si vous réussissez à la contenir
    avant qu'elle ne s'échappe ?
  642. AK : Deux choses feraient
    une grande différence.

  643. L'une est d'avoir un suivi et un dépistage
    aussi minutieux que possible.
  644. Avec des analyses de modélisation,
  645. nous avons considéré l'efficacité
    de cet endiguement rapide.
  646. Ce peut être efficace si vous identifiez
    peut-être 70 ou 80%
  647. des gens ayant pu entrer en contact.
  648. Mais si vous ne dépistez pas
    ces cas qui arrivent,
  649. si vous ne dépistez pas leurs contacts --
  650. initialement, beaucoup d'attention
    a été portée aux voyages en Chine
  651. et puis il est devenu clair
    que la situation changeait,
  652. mais car vous vous reposiez là-dessus
    pour définir vos cas,
  653. de nombreux autres cas
    ne correspondant pas à la définition
  654. n'étaient pas testés
  655. car ils ne semblaient pas être à risque.
  656. CA : Si vous savez qu'un dépistage
    précoce est la clé de cela,

  657. une mesure anticipée essentielle
  658. serait de s'assurer rapidement
    d'avoir assez de tests disponibles
  659. et aux endroits nécessaires
  660. afin de pouvoir réagir,
  661. être prêt à passer à l'action
    dès que quelqu'un est dépisté,
  662. vous devez alors très rapidement
    dépister ses contacts et ainsi de suite,
  663. pour avoir une chance
    de maintenir cela sous contrôle.
  664. AK : Exactement.

  665. Dans mon métier, nous disons
    qu'un test négatif a de la valeur,
  666. car il montre que vous cherchez
    quelque chose et que ce n'est pas là.
  667. Avoir de petits nombres de gens dépistés
  668. ne vous assure pas
    que vous ne loupez pas d'infections,
  669. alors qu'avec un suivi
    très minutieux des contacts,
  670. nous avons vu des pays comme la Corée --
  671. un grand nombre de gens testés.
  672. Bien que de nouveaux cas apparaissent,
  673. ils ont plus confiance
  674. dans le fait d'avoir une idée
    de là où sont ces infections.
  675. CA : Vous êtes actuellement
    au Royaume-Uni,

  676. je suis aux États-Unis.
  677. Quelle est la probabilité
    que le Royaume-Uni puisse l'endiguer
  678. et quelle est la probabilité
    que les États-Unis puissent l'endiguer ?
  679. AK : C'est peu probable dans les deux cas.

  680. Le Royaume-Uni va devoir introduire
    des mesures supplémentaires.
  681. Quand est-ce que cela arrivera
  682. dépend un peu de la situation actuelle
  683. mais nous avons dépisté
    près de 30 000 personnes.
  684. Franchement, je pense que les États-Unis
    pourraient aller au-delà,
  685. étant donnés les signes
    de la transmission poussée du virus
  686. et sans avoir une idée claire
    de combien il y a d'infections
  687. et avec ce degré de dépistage,
  688. il est dur d'imaginer quelle est
    la situation actuelle aux États-Unis.
  689. CA : Je ne veux pas
    que ça devienne politique,

  690. mais cela vous paraît-il --
  691. le Royaume-Uni a dépisté
    30 000 personnes --
  692. les États-Unis sont cinq
    ou six fois plus peuplés
  693. et le nombre total de dépistages
    est de 5 000 ou 6 000
  694. il y a quelques jours.
  695. Cela vous semble-t-il étrange ?
  696. Je ne comprends pas comment
    cela est arrivé dans un pays éduqué
  697. qui a tant de connaissances
    sur les maladies infectieuses.
  698. AK : Oui

  699. et je crois que nombre
    de facteurs sont en jeu ici,
  700. la logistique et autres,
  701. mais il y a eu cette période
    d'avertissement
  702. d'existence et de l'arrivée d'une menace.
  703. Les pays doivent s'assurer
    qu'ils ont la capacité
  704. de faire autant de dépistage que possible
    durant la phase initiale
  705. car c'est là que vous l'aurez
  706. et c'est là que vous aurez
    une meilleure chance de l'endiguer.
  707. CA : Si vous échouez à endiguer,

  708. vous devez passer
    à une stratégie de mitigation.
  709. Qu'est-ce qui entre en jeu ?
  710. Je pense que je veux presque
    remettre sur la table
  711. deux de vos facteurs DOPS,
  712. l'opportunité et la probabilité
    de transmission,
  713. car il semble que le virus
    est tel qu'il est,
  714. la durée durant laquelle
    quelqu'un est infectieux,
  715. nous ne pouvons rien y faire.
  716. L'aspect de la susceptibilité,
  717. nous ne pouvons rien y faire
    jusqu'à ce qu'il y ait un vaccin.
  718. Nous pourrions parler un peu de ça.
  719. Mais les deux du milieu, l'opportunité
    et la probabilité de transmission,
  720. nous pouvons y faire quelque chose.
  721. Voulez-vous parler de chacun,
  722. de ce à quoi cela ressemble,
  723. comment mettre sur pied
    une stratégie de mitigation ?
  724. Tout d'abord, en pensant à l'opportunité,
  725. comment réduire le nombre d'opportunités
  726. de transmettre le virus ?
  727. AK : Je pense qu'à cet égard,

  728. il serait question de changements
    importants dans nos interactions sociales.
  729. Si vous pensez en termes
    du taux de reproduction
  730. qui est d'environ deux ou trois,
  731. pour le faire passer à moins de un,
  732. vous devez vraiment réduire
    un aspect de cette transmission
  733. de moitié ou des deux tiers
  734. pour passer à moins de un.
  735. Ce que cela nécessiterait,
  736. des opportunités de propager le virus,
  737. ce genre de contacts rapprochés,
  738. tout le monde
    dans la population, en moyenne,
  739. aura besoin de réduire ces interactions
  740. de deux tiers pour maîtriser le virus.
  741. Ce pourrait être
    en travaillant de chez soi,
  742. en changeant de style de vie
  743. et en refusant les lieux bondés
    et les dîners où vous allez.
  744. Des mesures, des choses
    comme la fermeture des écoles
  745. et d'autres choses pour essayer de réduire
  746. le brassage social d'une population.
  747. CA : Parlez-moi plus
    de la fermeture des écoles

  748. car, si je me souviens bien,
  749. souvent durant des épidémies passées,
  750. cela a été cité comme étant
    une mesure clé,
  751. les écoles représentant ce genre
    de rassemblement de gens,
  752. les enfants sont souvent --
  753. pour la grippe et les rhumes --
  754. ils sont porteurs de maladies.
  755. Mais dans ce cas-là,
  756. les enfants ne semblent pas
    tomber malades de ce virus
  757. ou seulement quelques-uns d'entre eux.
  758. Savons-nous s'ils peuvent
    malgré tout être infectieux ?
  759. Ils peuvent être
    des porteurs non intentionnels.
  760. Ou y a-t-il des indications
    que la fermeture des écoles
  761. pourrait ne pas autant importer
    à cette occasion qu'à d'autres ?
  762. AK : Cette question
    sur le rôle que jouent les enfants

  763. est cruciale
  764. et il n'y a pas encore
    de base de preuves solide.
  765. En suivant les contacts des cas,
  766. il n'y a pas d'indication
    que les enfants soient infectés,
  767. quand vous dépistez, ils sont exposés,
  768. ce n'est pas qu'ils n'ont pas
    du tout d'infection,
  769. mais ils ne présentent pas
    les mêmes symptômes.
  770. En particulier pour la grippe,
  771. quand je vois les implications
    de la fermeture des écoles,
  772. même au Royaume-Uni en 2009
    durant la grippe porcine,
  773. il y avait une diminution de l'épidémie
    durant les vacances,
  774. un creux dans la courbe de l'épidémie,
  775. cela baisse à nouveau durant l'été
    et augmente à nouveau en automne.
  776. En 2009, il y avait une immunité
    dans les tranches d'âges supérieures.
  777. Cela a fait basculer la transmission
    sur les plus jeunes.
  778. C'est quelque chose
    que nous travaillons pour comprendre.
  779. Cela réduira les interactions,
    avec la fermeture des écoles,
  780. cela a des répercussions directes,
  781. il peut y avoir des répercussions
    sur le brassage,
  782. sur les grands-parents
    qui s'occupent des enfants
  783. si les parents doivent travailler.
  784. Il y a de nombreux éléments
    qui doivent être considérés.
  785. CA : D'après tous les éléments
    de preuve que vous avez vus,

  786. si cela dépendait de vous,
  787. recommanderiez-vous
    que la plupart des pays
  788. considèrent sérieusement
    la fermeture des écoles
  789. en tant que mesure préventive,
  790. que cela vaut la peine d'être fait
  791. en tant que stratégie douloureuse
    sur deux, trois, quatre, cinq mois ?
  792. Que recommanderiez-vous ?
  793. AK : L'élément clé,

  794. vues la distribution par âge du risque
    et la sévérité chez les plus âgés,
  795. est de réduire les interactions
    apportant l'infection à ces groupes.
  796. Puis, pour tous les autres,
  797. réduire les interactions
    autant que possible.
  798. L'élément clé est
  799. que la maladie entraîne un tel fardeau
    dans la tranche d'âge de plus de 60 ans
  800. qu'il n'est pas juste question
    que tous essayent d'éviter
  801. les interactions de tous,
  802. mais le genre de comportements
  803. qui augmenteraient les infections
    dans ces tranches d'âges.
  804. CA : Les gens devraient-ils
    y réfléchir à deux fois

  805. avant de rendre visite à un être cher
  806. dans une maison de retraite
    ou un complexe résidentiel ?
  807. Nous devrions prêter une attention
    toute particulière à cela,
  808. tous ces établissements
    devraient faire très attention
  809. à qui ils laissent entrer,
  810. prendre leur température
    et vérifier s'ils ont des symptômes ?
  811. AK : Ces mesures doivent
    certainement être envisagées.

  812. Au Royaume-Uni, nous avons des projets
  813. pour une stratégie de cocooning
  814. pour ces tranches d'âge
  815. afin d'essayer de boucler les interactions
  816. autant que possible
  817. avec des gens qui pourraient
    faire entrer l'infection.
  818. Au final, nous ne pouvons pas cibler
    ces autres aspects de la transmission,
  819. il s'agit de réduire le risque
    d'exposition de ces groupes
  820. et tout ce que vous pouvez faire
    sur le plan personnel
  821. pour que les gens réduisent les risques,
  822. qu'ils soient âgés
    ou dans d'autres tranches d'âge,
  823. c'est essentiel.
  824. En général,
  825. ce genre de mesures à grande échelle
    peuvent aider à réduire les interactions,
  826. mais si ces réductions ont lieu
  827. et ne réduisent pas le risque
  828. pour les gens qui vont
    tomber gravement malades,
  829. le fardeau sera malgré tout
    remarquablement lourd.
  830. CA : Les gens devraient-ils
    adopter ce double objectif

  831. quand ils pensent à cela ?
  832. Il y a un risque pour vous
    si vous continuez votre vie,
  833. d'attraper ce virus.
  834. Mais il y a aussi le risque d'être,
    involontairement, porteur
  835. et de le transmettre à quelqu'un
    qui souffrirait plus que vous.
  836. Ces deux choses doivent
    vous préoccuper le plus actuellement.
  837. AK : Il n'est pas que question
    des mains que vous serrez,

  838. mais des mains
    que ces personnes vont serrer.
  839. Nous devons penser à ce deuxième degré,
  840. vous pensez peut-être
    avoir un faible risque
  841. et être dans une tranche d'âge jeune,
  842. mais vous êtes souvent à un pas
  843. de quelqu'un qui va être
    frappé très violemment.
  844. Nous devons être socialement responsables
  845. et cela pourrait être un changement
    comportemental considérable,
  846. mais c'est nécessaire
  847. pour réduire les répercussions
    auxquelles nous faisons face.
  848. CA : Le chiffre de l'opportunité,
    nous le réduisons

  849. en réduisant le nombre
    de contacts physiques que nous avons
  850. avec d'autres gens.
  851. Le chiffre de la probabilité
    de transmission,
  852. comment le faire baisser ?
  853. Cela influence notre façon d'interagir.
  854. Vous avez parlé de poignée de mains,
  855. vous allez dire pas de poignées de mains.
  856. AK : Oui, de tels changements.

  857. Un autre, je pense,
  858. en se lavant les mains,
  859. nous pouvons toujours faire
    les activités que nous faisions,
  860. mais se laver les mains réduit le risque
    que d'une interaction à une autre,
  861. nous propagions l'infection.
  862. C'est donc toutes ces mesures
  863. qui font que même
    s'il y a ces expositions,
  864. nous prenons des mesures supplémentaires
    pour éviter toute transmission.
  865. CA : La plupart des gens
    ne comprennent pas tout à fait

  866. ou n'ont pas de modèle d'une trajectoire
  867. selon laquelle ce virus se propage.
  868. Vous pensez que les gens comprennent
  869. que vous n'inspirez pas
  870. les gouttelettes de quelqu'un
    qui vient de tousser ou éternuer.
  871. Comment cela se propage-t-il ?
  872. Cela s'attache aux surfaces. Comment ?
  873. Les gens respirent-ils et cela passe
    des gens qui sont malades,
  874. ils se touchent la bouche ou autre,
  875. puis touchent une surface
    et cela arrive ainsi ?
  876. Comment cela arrive-t-il
    sur des surfaces ?
  877. AK : Souvent, c'est
    que vous toussez dans votre main

  878. et cela finit sur une surface.
  879. Mais le défi est de démêler ces questions
    sur comment la transmission a lieu.
  880. Vous avez une transmission dans un foyer,
  881. quelqu'un a-t-il toussé
    et c'est arrivé sur une surface,
  882. est-ce un contact direct,
    une poignée de mains,
  883. et même pour la grippe,
  884. nous travaillons dur
    pour essayer de décortiquer cela,
  885. la correspondance entre un comportement
    social et un risque d'infection.
  886. Car c'est important,
    mais déterminer cela est très difficile.
  887. CA : C'est comme accepter le fait

  888. que pour nombre de ces choses,
    nous ne savons pas
  889. et nous jouons à un jeu de probabilités.
  890. C'est pour cela que je pense
    que les maths importent tant.
  891. Vous devez le voir
    comme beaucoup de nombres
  892. interagissant entre eux,
  893. ils ont tous leur rôle à jouer.
  894. Et si vous pouvez réduire
    l'un d'entre eux,
  895. cela contribue probablement,
  896. pas que pour vous mais pour tout le monde.
  897. Les gens ne savent pas exactement
    comment les chiffres s'agrègent,
  898. mais ils savent qu'ils importent tous.
  899. Il faut que les gens
    acceptent cette incertitude
  900. et tirent de la satisfaction
    en agissant sur chaque élément.
  901. AK : C'est l'idée selon laquelle,

  902. en moyenne, vous infectez trois personnes.
  903. Qu'est-ce qui entraîne cela
    et comment écrêter cette valeur ?
  904. Si vous vous lavez les mains,
  905. à quel point cela affaiblit-il
    les poignées de mains,
  906. vous auriez pu avoir le virus
    et ne l'avez plus,
  907. ou si vous changez d'une certaine manière
    votre comportement social,
  908. est-ce que renoncer
    à quelques interactions
  909. divisent le risque par deux ?
  910. Comment peut-on écrêter ce nombre
    autant que possible ?
  911. CA : Y a-t-il autre chose à dire
    sur comment réduire

  912. cette probabilité de transmission
    dans nos interactions ?
  913. Quelle est la distance physique
  914. qu'il est sage de respecter
    avec les autres si possible ?
  915. AK : C'est difficile à déterminer,

  916. mais l'une des choses à garder à l'esprit
    est qu'il n'y a pas tant d'indications
  917. que ce soit un aérosol
    et qu'il aille très loin --
  918. les distances sont assez faibles.
  919. Je ne crois pas
  920. que, si vous êtes assis
    à quelques mètres de quelqu'un,
  921. le virus soit transmis.
  922. Ce sont des interactions plus proches
  923. et c'est pour cela que nous voyons
    tant de transmissions
  924. durant des repas et en petit comité.
  925. Car si vous y pensez,
  926. c'est là que le virus peut sortir
    et arriver sur des surfaces,
  927. sur des mains, sur des visages
  928. et c'est à ce genre de situations
    que nous devons réfléchir.
  929. CA : D'une certaine façon,

  930. certaines des peurs que les gens ont
    peuvent être exagérées.
  931. Si vous êtes au milieu d'un avion
  932. et que quelqu'un devant vous éternue,
  933. c'est désagréable,
  934. mais ce n'est pas de cela
    que vous devriez vous inquiéter le plus.
  935. Il y a des façons plus intelligentes
    de prêter attention à votre bien-être.
  936. AK : Si c'était la rougeole et que l'avion
    était plein de gens susceptibles,

  937. il y aurait plein d'infections après cela.
  938. Gardez à l'esprit qu'en moyenne,
  939. les gens infectent deux ou trois autres,
  940. il n'est donc pas question
    de vos 50 interactions par semaine
  941. et de tous ces gens étant un risque.
  942. Mais il s'agit de certains,
  943. surtout ces contacts rapprochés,
  944. c'est là que la transmission a lieu.
  945. CA : Parlez d'un point de vue
    de la stratégie nationale.

  946. On parle beaucoup du besoin
    d' « aplanir la courbe ».
  947. Qu'est-ce que ça signifie ?
  948. AK : Cela fait référence à l'idée
    que pour vos systèmes de santé,

  949. vous ne voulez pas que tous les cas
    apparaissent en même temps.
  950. Si nous ne faisions rien,
  951. laissions l'épidémie croître
  952. et qu'il y avait ce taux de croissance,
  953. dans certains endroits
  954. les cas doublent en trois ou quatre jours.
  955. Tous les trois ou quatre jours,
    l'épidémie double.
  956. Elle montera en flèche et vous finirez
  957. avec tout un tas de gens gravement malades
  958. et ayant besoin de soins hospitaliers
    en même temps
  959. et vous n'en avez pas la capacité.
  960. L'idée en aplanissant la courbe
    est de ralentir la transmission,
  961. de faire baisser ce taux de reproduction,
  962. il pourrait encore y avoir une épidémie
  963. mais elle sera plus uniforme,
  964. plus longue
  965. et il y aura moins de cas graves,
  966. donc ils pourront
    obtenir les soins nécessaires.
  967. CA : Cela implique-t-il
    moins de cas au total ou --

  968. Quand vous regardez les images
    des gens qui montrent
  969. ce que c'est que d'aplanir la courbe,
  970. il semble que vous ayez
    la même aire sous la courbe,
  971. soit que le même nombre de gens,
    au final, sont infectés
  972. mais sur une plus longue période.
  973. Est-ce généralement ce qui arrive,
  974. même si vous adoptez ces stratégies
    de distanciation sociale,
  975. le lavage de mains, etc.,
  976. le mieux que vous pouvez espérer
    en ralentissant les choses,
  977. est d'avoir, au final
    autant de gens infectés ?
  978. AK : Pas nécessairement,
    cela dépend des mesures adoptées.

  979. Il y a des mesures,
    comme arrêter les voyages,
  980. qui retardent la propagation
    plutôt que la réduisent.
  981. Vous aurez les mêmes éruptions,
  982. mais vous les espacez.
  983. Mais il y a d'autres mesures.
  984. Si vous réduisez les interactions,
  985. si votre taux de reproduction est faible,
  986. vous auriez moins de cas en tout.
  987. Dans votre population,
  988. vous acquérez une immunité,
  989. ce qui vous aiderait,
    si vous pensez aux éléments,
  990. à réduire la susceptibilité
  991. en même temps que d'autres choses.
  992. L'espoir est que les deux choses
    se combineront.
  993. CA : Aidez-moi à comprendre
    quel est l'objectif final.

  994. Prenez la Chine, par exemple.
  995. Quoi que vous pensiez
    du secret initial autour des données
  996. et ainsi de suite
  997. qui semble préoccupant.
  998. L'intensité de la réponse
    à partir de janvier,
  999. avec la fermeture
    de cette grande zone du pays,
  1000. semble avoir été efficace.
  1001. Le nombre de cas chute
    à une vitesse étonnamment élevée.
  1002. Il chute vers une valeur presque nulle.
  1003. Je ne comprends pas cela.
  1004. Vous parlez d'un pays
    d'environ 1,4 milliard d'habitants.
  1005. Il y a eu un énormément de cas,
  1006. mais une toute petite proportion
    de la population est tombée malade.
  1007. Pourtant, ils ont beaucoup
    fait baisser ce chiffre.
  1008. Ce n'est pas comme si plein de gens
    en Chine avaient développé une immunité.
  1009. Est-ce qu'ils ont été
    parfaitement disciplinés
  1010. sur l'interdiction de voyages
    en provenance des régions infectées
  1011. et qu'ils ont augmenté,
    énormément augmenté,
  1012. le dépistage au moindre signe
    d'un problème,
  1013. si bien qu'ils sont de retour
    en phase d'endiguement
  1014. dans la plupart des régions chinoises ?
  1015. Je n'arrive pas à comprendre,
    aidez-moi à comprendre.
  1016. AK : Nous avons estimé
    que la seconde moitié de janvier,

  1017. à l'adoption de ces mesures,
  1018. que le taux de reproduction
    est passé de 2,4 à 1,1.
  1019. Un déclin d'environ 60% de la transmission
  1020. en l'espace d'une ou deux semaines.
  1021. Ce qui est remarquable,
  1022. c'est qu'une grande partie est entraînée
    par un changement fondamental
  1023. du comportement social,
  1024. une grande distanciation sociale,
  1025. un suivi et un dépistage intensifs.
  1026. C'en est arrivé au point
  1027. où cela a assez attaqué
    le taux de reproduction
  1028. pour entraîner le déclin
  1029. et, bien sûr, nous observons
    dans de nombreux endroits
  1030. une transition vers
    ce genre d'endiguement,
  1031. car s'il y a peu de cas,
    c'est plus gérable.
  1032. Mais ils sont aussi confrontés à un défi,
  1033. car nombre de ces villes ont été confinées
  1034. durant six semaines
  1035. et il y a une limite à cette durée.
  1036. Certaines de ces mesures
    commencent à être levées,
  1037. ce qui crée le risque
  1038. que des cas venant d'autres pays
  1039. entrent et réintroduisent
    une transmission.
  1040. CA : Mais étant donnés
    l'infectiosité du virus,

  1041. le nombre de voies théoriques
    et de points de connexion
  1042. entre les gens de Wuhan,
    même en confinement,
  1043. en tout cas relatif,
  1044. ou les autres endroits
    où il y a eu des infections
  1045. et le reste du pays,
  1046. la rapidité à laquelle la courbe
    est passée à près de zéro
  1047. vous surprend-elle ?
  1048. AK : Oui.

  1049. Initialement, en voyant
    cet aplanissement des cas
  1050. durant les premiers jours,
  1051. nous nous sommes demandé
  1052. si c'était dû à une limite
    de la capacité de dépistage
  1053. et que 1 000 par jour,
  1054. c'était le nombre de kits qu'ils avaient.
  1055. Mais cela a continué, heureusement,
  1056. et cela montre qu'il est possible
    de renverser les choses
  1057. avec ce degré d'intervention.
  1058. La clé est de voir comment cela marche
    dans d'autres contextes.
  1059. L'Italie met en place
    des interventions drastiques.
  1060. Du fait de cet effet de retard,
  1061. en les appliquant aujourd'hui,
  1062. vous ne voyez pas les effets sur les cas
  1063. avant une ou deux semaines.
  1064. Déterminer l'influence que cela a eue
  1065. va être clé pour aider les autres pays
  1066. à travailler à l'endiguement.
  1067. CA : Pour avoir une idée

  1068. de comment les choses vont probablement
    se passer durant les deux prochains mois,
  1069. faites-nous part de quelques scénarios
    que vous avez en tête.
  1070. AK : Le scénario optimiste

  1071. est que nous allons en apprendre beaucoup
    d'endroits comme l'Italie
  1072. qui ont malheureusement
    été durement touchés.
  1073. Les pays vont prendre
    cela très sérieusement
  1074. et nous n'allons pas avoir
    cette croissance continue
  1075. qui va nous submerger.
  1076. Nous allons être capables
    de la ralentir suffisamment,
  1077. nous allons avoir un grand nombre de cas,
  1078. nous allons probablement
    avoir beaucoup de cas graves,
  1079. mais ce sera bien plus gérable.
  1080. C'est le scénario optimiste.
  1081. Si à un moment donné,
  1082. les pays ne prennent pas cela au sérieux
  1083. ou les populations ne répondent pas bien
    aux mesures de contrôle
  1084. ou que cela passe inaperçu,
  1085. la situation pourrait --
  1086. l'Iran en est probablement
    le plus proche en ce moment --
  1087. il y a eu une transmission
    importante et généralisée
  1088. et avant qu'on n'y réagisse,
  1089. ces infections sont déjà dans le système
  1090. et elles vont se présenter
    comme des cas et des maladies graves.
  1091. J'espère que nous n'en sommes pas là,
  1092. mais nous avons
    certainement, actuellement,
  1093. environ 10 pays sur cette trajectoire,
  1094. avec les mêmes perspectives que l'Italie.
  1095. Ce qu"il se passera les deux
    prochaines semaines est crucial.
  1096. CA : Y a-t-il un risque que quelques pays

  1097. finissent par avoir, cette année,
  1098. substantiellement plus de morts dues
    à ce virus qu'à la grippe saisonnière ?
  1099. AK : Pour certains pays, c'est probable.

  1100. Si le contrôle n'est pas possible,
  1101. nous l'avons vu arriver en Chine,
  1102. mais c'était un niveau
    d'intervention sans précédent.
  1103. Il s'agissait de changer le tissu social.
  1104. Nombre d'entre nous ne comprennent pas,
    avec un rapide coup d’œil,
  1105. ce que cela signifie
  1106. de réduire autant ses interactions.
  1107. Beaucoup de pays
    ne pourront pas réussir cela.
  1108. CA : C'est presque un défi
    aux démocraties --

  1109. « Montrez-nous ce que vous pouvez faire
    sans un contrôle aussi draconien.
  1110. Si vous n'aimez pas cette idée,
  1111. allez citoyens, agissez, montrez-nous
    de quoi vous êtes capables,
  1112. que vous pouvez être sages,
  1113. intelligents et disciplinés
  1114. et anticiper ce foutu virus. »
  1115. AK : Oui.

  1116. CA : Je ne suis personnellement
    pas très optimiste à ce sujet,

  1117. car il y a tant de messages
    contradictoires
  1118. apparaissant à tant d'endroits
  1119. et les gens n'aiment pas
    faire de sacrifice à court terme.
  1120. Y a-t-il un argument --
  1121. quel est votre point de vue
  1122. quant au fait que les media
    aient joué un rôle bénéfique
  1123. ou un rôle néfaste ?
  1124. Est-ce bénéfique
  1125. d'amplifier l'inquiétude, la peur
  1126. et de pousser un peu
    les gens à la panique ?
  1127. AK : C'est un équilibre
    difficile à trouver,

  1128. car initialement, s'il n'y a pas de cas,
  1129. s'il n'y a pas d'indications
    d'une pression potentielle,
  1130. il est dur de faire passer ce message,
    de convaincre les gens que c'est sérieux
  1131. sans gonfler la chose.
  1132. Mais de la même façon,
    si vous attendez trop
  1133. et dites que ce n'est pas un problème,
    que pour l'instant ça va,
  1134. nombre de gens pensent
    que ce n'est qu'une grippe.
  1135. Quand cela nous frappe violemment,
    comme je l'ai dit,
  1136. vous aurez des semaines
    d'un système de santé surchargé,
  1137. car même si vous prenez des mesures,
  1138. il est trop tard pour contrôler
    les infections déjà en cours.
  1139. C'est un équilibre fragile
  1140. et j'espère qu'il y ait
    cette intensification de la communication,
  1141. les gens ont ces exemples tangibles,
  1142. où ils peuvent voir ce qu'il va arriver
    s'ils ne prennent pas cela au sérieux.
  1143. De toutes les maladies que j'ai vues,
  1144. nombre de mes collègues
    sont bien plus âgés que moi
  1145. et se souviennent d'autres épidémies,
  1146. c'est la chose la plus effrayante
    que nous ayons vue
  1147. pour son incidence potentielle
  1148. et nous devons réagir face à cela.
  1149. CA : C'est la maladie
    la plus effrayante que vous ayez vue.

  1150. Waouh.

  1151. J'ai des questions pour vous
    de la part de mes amis sur Twitter.
  1152. Tout le monde est évidemment
    très informé sur le sujet.
  1153. De façon hypothétique,
  1154. si tout le monde restait chez lui
    pendant trois semaines,
  1155. cela éradiquerait-il le virus ?
  1156. La distanciation sociale
    peut-elle nous en sortir ?
  1157. AK : Je pense que dans certains pays
    avec des foyers relativement petits,

  1158. la moyenne au Royaume-Uni
    et aux États-Unis est de 2,5,
  1159. même avec un cycle d'infection
    au sein du foyer,
  1160. cela éradiquerait probablement le virus.
  1161. Un second bénéfice
  1162. serait d'éradiquer d'autres infections.
  1163. La rougeole ne circule qu'entre humains,
  1164. vous pourriez avoir un effet direct,
  1165. si cela est possible.
  1166. CA : Cela serait un gros
    coup dur pour l'économie

  1167. et c'est l'un des défis sous-jacents :
  1168. vous ne pouvez pas optimiser
    une politique publique
  1169. pour à la fois la santé de l'économie
    et la lutte contre un virus.
  1170. Ces deux choses sont,
    dans une certaine mesure, antagonistes,
  1171. au moins à court terme.
  1172. Ces deux choses
    sont antagonistes, correct ?
  1173. Les sociétés doivent en choisir une.
  1174. AK : Il est dur de convaincre
    les gens de cet équilibre.

  1175. Nous disons de la planification pandémique
  1176. que cela coûte peu
    d'appliquer cela maintenant --
  1177. sinon, vous devrez payer plus tard.
  1178. Malheureusement, nous l'avons vu,
  1179. beaucoup d'argent
    pour la réponse initiale manquait.
  1180. Ce n'est que quand cela a une incidence
    et que cela va devenir cher
  1181. que les gens seront d'accord
    de prendre le coût en compte.
  1182. CA : D'autres questions de Twitter.

  1183. La température croissante
    les semaines et mois à venir
  1184. ralentira-t-elle
    la propagation de COVID-19 ?
  1185. AK : Je n'ai pas vu
    de preuves convaincantes

  1186. d'une tendance forte liée à la température
  1187. et nous l'avons vu un schéma saisonnier
    avec d'autres infections,
  1188. mais le fait que nous ayons
    une épidémie généralisée
  1189. rend cela difficile à identifier
  1190. et il y a d'autres choses en parallèle.
  1191. Même si un pays n'a pas une éruption
    aussi importante qu'un autre,
  1192. cela va être influencé
    par les mesures de contrôle,
  1193. le comportement social, les opportunités
    et toutes ces choses-là.
  1194. Ce serait rassurant que ce soit le cas,
  1195. mais nous ne pouvons
    pas encore nous prononcer.
  1196. CA : Je continue avec Twitter.

  1197. Y a-t-il une recommandation
    mondiale standard
  1198. pour tous les pays
  1199. sur comment faire les choses ?
  1200. Si non, pourquoi pas ?
  1201. AK : C'est ce que les gens
    essayent d'élaborer,

  1202. tout d'abord selon ce qui marche.
  1203. Ce n'est que les dernières semaines
  1204. que nous avons su
    que cette chose était contrôlable
  1205. avec ce niveau d'interventions,
  1206. mais tous les pays ne peuvent pas faire
    ce que la Chine a fait,
  1207. certaines de ces mesures
  1208. induisent un énorme fardeau social,
    économique, psychologique
  1209. sur les populations.
  1210. Il y a une limite de temps.
  1211. En Chine, ils ont eu
    des mesures durant six semaines,
  1212. c'est dur à maintenir,
  1213. nous devons penser aux compromis
  1214. liés à toutes ces choses
    que nous pouvons demander aux gens
  1215. et à ce qui aura la plus grande influence
    sur la réduction du fardeau.
  1216. CA : Une autre question :

  1217. comment cela arrive-t-il et quel est
    le risque que ça arrive à nouveau ?
  1218. AK : Cela émane probablement du virus
    qui tournait chez les chauves-souris

  1219. et est passé, via une autre espèce,
  1220. jusqu'à l'humain.
  1221. Il y a des éléments de preuve à ce sujet,
  1222. il n'y a pas une histoire claire,
  1223. mais même pour SRAS,
    cela a pris des années
  1224. pour que la génomique reconstitue
    le chemin exact emprunté.
  1225. Il est plausible
    que cela arrive à nouveau.
  1226. La nature émet constamment de tels virus.
  1227. La plupart d'entre eux
    ne sont pas adaptés à l'humain,
  1228. ils ne prennent pas.
  1229. Il pourrait y avoir eu un tel virus
    il y a quelques années
  1230. qui aurait infecté quelqu'un
  1231. qui n'aurait pas eu de contacts
    et il n'aurait pas été plus loin.
  1232. Nous allons être confrontés
    à ces choses-là
  1233. et nous devons réfléchir
    à comment agir vite,
  1234. quand nous parlons
    de faibles nombres de cas,
  1235. et même une telle chose
    peut être endiguée,
  1236. plutôt qu'une situation comme maintenant.
  1237. CA : Il semble que
    ce ne soit pas la première fois

  1238. qu'un virus soit apparu
    sur un marché de viande sauvage.
  1239. Cela arrive ainsi dans les films. (Rit)
  1240. La Chine a déjà pris des mesures
  1241. pour essayer de lutter contre cela.
  1242. C'est important pour l'avenir
  1243. si cela peut être pérennisé correctement.
  1244. AK : Ça l'est et nous avons vu,

  1245. par exemple, la grippe aviaire H7N9,
  1246. les dernières années, en 2013,
    c'était une préoccupation croissante
  1247. et la Chine a eu une réponse très complète
  1248. en termes de modification
    de leur façon de gérer les marchés
  1249. et la vaccination des oiseaux
  1250. et cela semble avoir
    éradiqué cette menace.
  1251. Ces mesures peuvent être efficaces
    si elles sont vite identifiées.
  1252. CA : Parlez de vaccination.

  1253. C'est la mesure clé
  1254. pour changer le facteur
    de susceptibilité dans votre équation.
  1255. Il y a une course pour obtenir
    et prodiguer ces vaccins,
  1256. il y a des candidats pour ce vaccin.
  1257. Comment pensez-vous
    que cela va se passer ?
  1258. AK : Des développements
    prometteurs ont lieu,

  1259. mais l'échéance de ce genre de choses
  1260. est de l'ordre de peut-être un an, 18 mois
  1261. avant que cela ne soit
    largement accessible.
  1262. Un vaccin doit passer
    ces phases expérimentales,
  1263. cela prend du temps,
    même si d'ici à la fin d'année,
  1264. nous avons quelque chose
    qui est viable et marche,
  1265. il y aura un décalage
  1266. avant que tout le monde
    ne puisse s'en procurer.
  1267. CA : Cela me laisse perplexe

  1268. et j'aimerais vous questionner
    à ce sujet, en tant que mathématicien.
  1269. Il y a déjà plusieurs sociétés
  1270. qui croient avoir de plausibles
    vaccins expérimentaux.
  1271. Vous l'avez dit, le processus
    expérimental dure une éternité.
  1272. Peut-on avancer que nous ne voyons pas
    cela correctement
  1273. quand nous considérons la façon
    dont les essais sont réalisés
  1274. et les calculs réalisés
    en termes de sécurité ?
  1275. Car c'est une chose
    de mettre sur le marché
  1276. un nouveau médicament ou autre --
  1277. oui, vous voulez le tester et vous assurer
    qu'il n'y a pas d'effets secondaires
  1278. et cela peut prendre du temps
  1279. avant d'avoir fait
    les essais cliniques et tout le reste.
  1280. S'il y a une urgence mondiale,
  1281. ne peut-on pas argumenter,
  1282. mathématiquement et éthiquement,
  1283. que le calcul devrait être différent ?
  1284. La question ne devrait pas être :
  1285. « Y a-t-il un cas potentiel
    où ce vaccin serait nocif ? »
  1286. La question devrait être :
  1287. « D'après les probabilités,
  1288. n'y a-t-il pas lieu
    de déployer ceci à grande échelle,
  1289. pour avoir une chance
    de tuer ce virus dans l’œuf ? »
  1290. A côté de quoi est-ce que je passe
    en pensant ainsi ?
  1291. AK : Nous voyons cela
    dans d'autres situations.

  1292. Par exemple, le vaccin pour Ebola en 2015
  1293. présentait, en l'espace
    de quelques mois, des signes prometteurs
  1294. et les résultats intermédiaires
    des essais humains
  1295. présentaient une efficacité élevée.
  1296. Même s'il n'avait pas été
    complètement autorisé,
  1297. il a été employé
    pour un usage compassionnel
  1298. durant les épidémies suivantes.
  1299. Il y a ces mécanismes
  1300. où les procédures pour les vaccins
    peuvent être accélérées.
  1301. Nous sommes actuellement
    dans une situation où nous ignorons
  1302. si ces choses y feront quoi que ce soit.
  1303. Nous devons accumuler assez de preuves
  1304. que cela aurait une incidence,
  1305. mais accélérer tout cela
    autant que possible.
  1306. CA : Mais le sceptique en moi
    ne comprend pas complètement cela.

  1307. Je ne comprends pas
  1308. pourquoi il n'y a pas plus d'énergie
    mise dans une réflexion audacieuse.
  1309. Tout le monde semble,
    malgré le risque généralisé,
  1310. incroyablement opposé à la prise de risque
    dans la mise sur pied de la réponse.
  1311. AK : Avec cette réserve

  1312. qu'il y a beaucoup de bonnes questions
  1313. et que certaines sont
    hors de mes compétences,
  1314. je suis d'accord que nous devons
    faire plus pour réduire les délais.
  1315. L'exemple que je cite
  1316. est qu'il faut six moins pour choisir
    une souche de grippe
  1317. et rendre le vaccin accessible.
  1318. Nous devons toujours essayer de prédire
    quelles souches vont circuler.
  1319. C'est pour une chose que nous savons faire
  1320. que nous élaborons depuis longtemps.
  1321. Plus doit être fait
  1322. pour raccourcir ces délais.
  1323. Je pense que nous devons
    trouver un équilibre,
  1324. surtout si nous exposons
    un grand nombre de gens à quelque chose,
  1325. nous assurer que ce soit sûr
  1326. et que cela aura des avantages.
  1327. CA : Finalement,

  1328. en parlant de ça --
  1329. Il y a un autre ensemble de choses virales
    qui ont lieu à travers le monde
  1330. en même temps,
  1331. ce sont les idées et la communication
    autour de ce sujet.
  1332. Ce sont deux systèmes viraux
    très dynamiques et interactifs.
  1333. Il y a des informations très nuisibles.
  1334. Est-ce juste de penser que c'est une lutte
    de connaissances et de mesures crédibles
  1335. contre le virus
  1336. et les mauvaises informations --
  1337. Nous devons en partie réfléchir
  1338. à comment éradiquer une de ces choses
    et booster l'autre,
  1339. suralimenter l'autre.
  1340. Comment devrions-nous le voir ?
  1341. AK : Nous devrions le voir
    comme une compétition pour notre attention

  1342. et avec les maladies,
  1343. il y a des virus en concurrence
    pour infecter des hôtes susceptibles.
  1344. Nous voyons maintenant,
  1345. les dernières années avec les infox,
    la désinformation
  1346. et l'avènement d'une conscience,
  1347. plus une transition
  1348. vers une réflexion sur comment
    réduire cette susceptibilité.
  1349. Si nous avons des gens
    dans différents états,
  1350. comment mieux prévenir
    avec des informations.
  1351. Le défi d'une épidémie est
  1352. qu'initialement, nous avons
    peu de bonnes informations
  1353. et il est très facile pour la certitude
    et l'assurance de combler ce vide.
  1354. Je pense que c'est une chose --
  1355. je sais que les plateformes
    travaillent à exposer les gens
  1356. plus tôt à de bonnes informations
  1357. en espérant les protéger du reste.
  1358. CA : L'une des grandes inconnues
    pour l'année à venir --

  1359. disons que l'année à venir
    implique beaucoup de semaines,
  1360. pour beaucoup de gens,
  1361. à se placer en confinement.
  1362. Ceux d'entre nous qui ont la chance
    d'avoir des emplois permettant
  1363. de rester chez nous.
  1364. L'injustice de cette situation,
  1365. où tant de gens ne peuvent pas le faire
    et continuer à gagner de l'argent
  1366. va, j'en suis sûr, être
    une grande question durant l'année à venir
  1367. et s'il s'avère que les taux de mortalité
    sont plus élevés dans ce groupe
  1368. que dans le premier,
  1369. surtout dans un pays comme les États-Unis,
  1370. où le second groupe n'a même pas
    d'assurance maladie adéquate notamment.
  1371. Il semble que cela pourrait devenir
    un très grand débat,
  1372. espérons-le à la source
    de changements à un certain niveau.
  1373. AK : C'est un point
    incroyablement important,

  1374. car il est très facile --
  1375. j'ai un travail où le télétravail
    est relativement aisé
  1376. et il est très facile de dire
  1377. que nous devrions arrêter
    les interactions sociales,
  1378. mais cela pourrait avoir
    une énorme incidence sur les gens,
  1379. leurs choix et les routines
    qu'ils peuvent avoir.
  1380. Je pense que l'on doit en tenir compte,
  1381. pour maintenant
    et pour l'incidence que cela aura
  1382. d'ici à quelques mois.
  1383. CA : En fin de compte,

  1384. est-il juste de dire que le monde a été
    confronté à des problèmes plus graves
  1385. dans le passé,
  1386. quel que soit le scénario,
  1387. il est très probable qu'à un moment
    durant les 18 prochains mois,
  1388. un vaccin soit trouvé et commence
    à être largement distribué,
  1389. nous en aurons beaucoup appris
    sur comment gérer ce problème.
  1390. Mais à un moment,
    probablement l'année prochaine,
  1391. le monde aura l'impression
    de maîtriser la situation
  1392. et de pouvoir passer à autre chose.
  1393. Cela en sera-t-il probablement la fin
  1394. ou y a-t-il plus de risques
    que cela s'envole,
  1395. que ce soit un cauchemar endémique
    décimant chaque année plus de gens
  1396. que ceux qui sont actuellement
    décimés par la grippe ?
  1397. Quelles sont les voies possibles,
  1398. en adoptant une perspective à long terme ?
  1399. AK : Il y a des façons plausibles

  1400. d'imaginer comment
    tout cela va se dérouler.
  1401. La plus probable est que nous verrons
    une croissance très rapide cette année
  1402. et de grandes éruptions
    qui ne resurgissent pas nécessairement.
  1403. Mais il y a une suite
    d'événements potentielle
  1404. pouvant se finir avec ces éruptions
    à plusieurs niveaux
  1405. dans différents endroits
  1406. qui réapparaissent.
  1407. Je pense que nous verrons probablement
  1408. la plupart de la transmission
    durant l'année à venir.
  1409. Puis, s'il y a un vaccin de disponible,
  1410. nous pourrons aller de l'avant
    et en tirer des leçons.
  1411. Nombre des pays ayant répondu
    très vigoureusement à cela
  1412. ont été violemment frappés par SRAS.
  1413. Singapour, Hong Kong,
    cela a laissé une marque
  1414. et c'est une chose
    dont ils ont beaucoup tiré
  1415. pour leur réaction à ce virus.
  1416. CA : Bien.

  1417. Finissons peut-être
    en encourageant les gens
  1418. à entrer en communication
    avec le mathématicien en eux
  1419. et à penser aux opportunités
  1420. et aux probabilités de transmission
    qu'ils peuvent aider à changer.
  1421. Rappelez-nous les trois, quatre,
    cinq ou six choses principales
  1422. que vous aimeriez voir les gens faire.
  1423. AK : Sur le plan individuel,
    réfléchir beaucoup plus

  1424. à vos interactions
    et votre risque d'infection
  1425. et à ce qui arrive sur vos mains
  1426. et sur votre visage
  1427. et comment vous constituez
    un risque pour les autres.
  1428. En termes d'interactions,
  1429. les poignées de mains et contacts
    qui ne sont pas nécessaires.
  1430. Vous pouvez les réduire
    autant que possible.
  1431. Si chacun serre la main
    à deux ou trois autres,
  1432. comment réduire ce nombre à un
    grâce à notre comportement ?
  1433. Nous aurons probablement besoin
    de mesures à plus grande échelle
  1434. en termes de rassemblements,
    de conférences,
  1435. d'autres choses où il y a
    beaucoup d'opportunités de transmission.
  1436. Je pense à cette association
    du plan personnel,
  1437. si vous êtes malade
    ou allez peut-être être malade,
  1438. réduire ce risque,
  1439. mais aussi travailler ensemble
  1440. pour empêcher l'arrivée du virus
    dans des groupes
  1441. qui, s'il n'est pas contrôlé,
  1442. pourrait toucher durement
    certaines personnes.
  1443. CA : Il y a beaucoup de choses

  1444. que nous pourrions avoir
    à laisser tomber pendant un moment.
  1445. Et peut-être en réinventer
    les meilleurs aspects.
  1446. Merci beaucoup.

  1447. Si les gens veulent vous suivre,
  1448. ils peuvent vous suivre sur Twitter.
  1449. Quel est votre nom sur Twitter ?
  1450. AK : @AdamJKucharski, en un seul mot.

  1451. CA : Adam, merci d'avoir été là,
    portez-vous bien.

  1452. AK : Merci.

  1453. (Musique)

  1454. CA : Le professeur associé
    et TED Fellow Adam Kucharski.

  1455. Nous aimerions savoir
    ce que vous pensez de cet épisode.
  1456. Dites-le-nous avec une note
    et un commentaire sur Apple Podcasts
  1457. ou votre appli de podcasts préférée.
  1458. Ces critiques sont importantes.
  1459. Nous les lisons toutes
  1460. et apprécions vos retours.
  1461. (Musique)

  1462. L'émission de cette semaine a été produite
    par Dan O'Donnell de Transmitter Media.

  1463. La directrice de la production
    est Roxanne Hai Lash,
  1464. la vérificatrice des faits, Nicole Bode.
  1465. Cet épisode a été mixé par Sam Bair.
  1466. Notre musique de générique
    est d'Allison Layton-Brown.
  1467. Un merci particulier
    à ma collègue Michelle Quint.
  1468. Merci d'avoir écouté l'interview TED.

  1469. Nous serons de retour au printemps
  1470. avec une nouvelle saison où nous
    discuterons avec de grands esprits.
  1471. J'espère que vous l'apprécierez,
  1472. que la vie soit de retour
    à la normale ou pas.
  1473. Je suis Chris Anderson,

  1474. merci d'avoir écouté et portez-vous bien.