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← Des espoirs lucides pour l’avenir | Arthur Keller | TEDxToulouse

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Descarregat

Showing Revision 9 created 12/14/2019 by eric vautier.

  1. Je vous invite à un sursaut collectif !
  2. Un sursaut vital, comme on va le voir.
  3. Depuis dix ans, je fais un travail
    de prospective multidisciplinaire
  4. consacré aux vulnérabilités
    des sociétés modernes.
  5. En gros,
  6. j'analyse les « problèmes systémiques »
    auxquels l'humanité fait face
  7. et élabore des propositions pour traiter
    ces problématiques,
  8. en éliminant les fausses bonnes idées
  9. – ce qui ne peut pas marcher,
    c'est-à-dire...
  10. la quasi-intégralité de ce qu'on nous
    présente comme des « solutions ».
  11. Je vais vous livrer mon analyse, et vous
    comprendrez pourquoi je dors mal la nuit !
  12. Dans l'exposé qui vient,
  13. je vais énoncer les principaux
    défis auxquels l'humanité est confrontée,
  14. j'expliquerai pourquoi les stratégies
    dont on dispose pour s'attaquer
  15. au changement climatique,
  16. aux enjeux d'énergie, de ressources
    ou de sécurité alimentaire par exemple,
  17. pourquoi ces stratégies sont
    fondamentalement inadaptées
  18. parce qu'elles passent
    à côté du problème principal.
  19. Puis je formulerai
    quelques propositions pour inspirer,
  20. j'espère, des actes
    constructifs et pertinents
  21. en matière de réflexion comme d'action.
  22. Nous vivons dans des décors
    que nous nous sommes construits.
  23. Des décors urbains pour la plupart,
    qui occultent la nature,
  24. mais aussi socioculturels et idéologiques
    qui anesthésient notre lien à la nature.
  25. L'envers de nos décors est un enfer
  26. pour toutes les formes de vie,
    qui tentent de nous survivre.
  27. Comme je vais le démontrer,
    notre civilisation
  28. est une mégamachine
    d'annihilation du vivant.
  29. Soit nous enrayons cette machine folle,
  30. soit nous nous autodétruirons, emportant
    avec nous une myriade d'espèces.
  31. Une autodestruction possiblement imminente
  32. étant donné les vulnérabilités
    de nos sociétés.
  33. Nos sociétés sont clivées entre ceux
  34. qui compris que le monde
    a atteint ses limites physiques
  35. et que nous devons redéfinir
    nos comportements,
  36. et ceux qui rejettent
    – en général par principe,
  37. sans avoir étudié la question –
    l'idée même de limites :
  38. soit ils nient les limites du monde,
  39. soit ils les reconnaissent
  40. mais croient en l'absence de limite
  41. à la capacité de l'Homme
    à résoudre les problèmes.
  42. Cette foi inconditionnelle est un déni.
  43. Croire qu'on peut trouver des solutions
  44. – donc maintenir le système,
    pas en changer –
  45. c'est chercher
    à faire durer le non-durable.
  46. Il faut saisir que la question des
    limites et vulnérabilités sociétales
  47. n'est ni une discussion idéologique,
  48. ni affaire d'opinion ou
    d'intuition personnelle.
  49. En réalité,
  50. les dynamiciens des systèmes,
  51. les experts de la résilience
    des infrastructures,
  52. les spécialistes des cycles
    biogéochimiques, les écologues,
  53. montrent que le monde est
    un système régi par des rétroactions,
  54. effets de seuil,
    effets domino, effets rebond,
  55. et qu'à cause de processus exponentiels,
    on a un souci de timing :
  56. les approches d'il y a vingt ans
    ne sont plus adaptées.
  57. En réalité, il est trop tard pour un
    quelconque « développement durable ».
  58. Et nulle stratégie ne permettra de dégager
    des perspectives enviables et viables
  59. tant qu'on ne considérera pas
    le problème pour ce qu'il est :
  60. un vice de notre modèle de civilisation.
  61. Je vous invite à le visualiser via une
    analyse systémique de la situation.
  62. Le monde naturel se compose
    de six « sphères ».
  63. La première c'est la lithosphère,
    l'enveloppe rigide de la Terre.
  64. On en extrait les hydrocarbures
  65. sur lesquels repose
    la civilisation industrielle,
  66. les métaux dont les terres rares,
    le sable de construction,
  67. des nutriments vitaux
    comme le phosphore, etc.
  68. Et toutes ces choses
    butent sur des limites.
  69. C'est une question de stocks parfois,
    mais souvent plutôt de flux :
  70. peut-on assurer les approvisionnements
    – en pétrole notamment –
  71. dont nos sociétés ont perpétuellement
    besoin pour fonctionner ?
  72. La deuxième sphère c'est l'hydrosphère,
  73. l'ensemble des eaux de la planète :
  74. océans, mers, lacs, cours d'eau,
    nappes phréatiques.
  75. Elle est dans un état
    de dégradation avancée :
  76. pollutions,
  77. plastiques et autres déchets,
  78. acidification, réchauffement,
    montée des eaux, salinisation,
  79. assèchement, zones mortes :
  80. tous les voyants sont au rouge.
  81. Troisième sphère : la cryosphère,
    les glaces de la planète :
  82. banquises, inlandsis,
    glaciers, permafrost.
  83. J'ai un scoop :
  84. ça fond !
  85. Et le processus s'accélère.
  86. La quatrième sphère, c'est l'atmosphère.
  87. On altère sa composition si vite
    que les cycles de l'eau et du carbone
  88. – essentiels à la vie –
    sont totalement détraqués.
  89. Le climat sort de sa zone de stabilité...
  90. Sans compter les multiples
    pollutions en gaz et en particules.
  91. Cinquième sphère : la biosphère,
    l'ensemble du vivant.
  92. Là, c'est une tragédie effroyable
  93. qui est en train de se dérouler
    derrière nos jolis décors.
  94. Si on exclut l'humanité
    et les animaux d'élevage,
  95. 60% des vertébrés ont disparu en 44 ans.
  96. Des vertébrés !
  97. Ça inclut les mammifères
    terrestres et marins,
  98. les amphibiens, les poissons,
    les reptiles et les oiseaux.
  99. Si on n'entend pas le cri
    que nous adresse la nature...
  100. Entendons-nous bien :
  101. les êtres vivants ne
    « disparaissent » pas :
  102. nous les exterminons !
    Par nos modes de vie.
  103. Ce n'est pas un procès
    d'intention, juste un fait.
  104. Sixième et dernière sphère du monde
    naturel, la pédosphère : les sols.
  105. 75% des terres de la planète
    sont dans un état critique
  106. dû aux pratiques agricoles
    intensives, à l'urbanisation
  107. ou aux activités industrielles,
    notamment minières.
  108. Et dernièrement, les Nations unies
    nous ont alertés
  109. d'un risque majeur de pénurie
    alimentaire mondiale.
  110. Voilà l'état constaté du monde naturel.
  111. Vous voyez pourquoi je dors mal parfois...
  112. À côté de cela, il y a la septième
    sphère, l'anthroposphère :
  113. l'humanité, les activités
    et les productions humaines
  114. – constructions, objets, déchets.
  115. L'anthroposphère explose :
  116. un boom exponentiel qui fait que
    l'empreinte écologique humaine
  117. – la pression qu'on exerce
    sur la planète –
  118. surpasse désormais ce que
    cette dernière peut encaisser.
  119. Question :
  120. nos sociétés peuvent-elles durer
  121. quand partout le monde naturel s'effondre
  122. ou bute sur des limites ?
  123. Non.
  124. Une grande descente énergétique
    et matérielle s'amorce,
  125. ponctuée de pannes logistiques
    et de pénuries.
  126. Il faut s'y préparer,
  127. apprendre à vivre en équilibre avec
    cette nature dont nous faisons partie.
  128. Si l'on se croit invincible
    et qu'on ne se prépare pas,
  129. des effondrements se produiront
    bientôt un peu partout :
  130. des processus confus au bout desquels
  131. nous devrons assurer nos besoins
    élémentaires par nous-mêmes.
  132. Pour bien comprendre
    la nature de nos vulnérabilités,
  133. j'ajoute à ce panorama
    quatre éléments.
  134. Un :
  135. tout ce qu'on fait requiert
    le fonctionnement
  136. continu de chaînes logistiques
    à flux tendu hors de notre contrôle,
  137. qui nécessitent des transports,
    dont 96% utilisent du pétrole.
  138. Si vous croyez la sécurité
    alimentaire, énergétique
  139. ou sanitaire assurée par l'État,
    les collectivités, c'est faux :
  140. en cas de rupture logistique prolongée,
  141. nous sommes livrés à nous-mêmes.
  142. Deux : on dépend d'infrastructures :
  143. réseaux de transports, télécoms,
    eau, gaz, électricité,
  144. qui tous nécessitent un apport permanent
  145. de matériaux et d'énergie pour leur bon
    fonctionnement et leur maintenance.
  146. Trois : on a technologisé le monde,
  147. mais ce faisant,
  148. certes on l'a optimisé, mais on l'a
    surtout complexifié... et fragilisé.
  149. Nous voici vulnérables
    à des ruptures d'approvisionnement,
  150. des pannes,
  151. des hackers, des cyberterroristes, etc.
  152. Et quatre :
  153. la crise sur le gâteau :
  154. Nous sommes à la merci
    de marchés boursiers instables.
  155. Notre monde entier est inféodé
    à un système financier courtermiste
  156. dont la finalité est à l'antipode
    de l'intérêt général.
  157. Alors,
  158. on fait quoi ?
  159. On réclame que les dirigeants agissent ?
  160. Peine perdue :
  161. quand bien même
    ils le voudraient sincèrement,
  162. leurs réponses sont inadaptées !
  163. Pour s'en convaincre,
  164. jetons un œil du côté du climat
  165. – la question qui mobilise
    la communauté internationale :
  166. on a un sommet onusien annuel,
  167. des milliards investis,
    un marché du carbone,
  168. on a des innovations
    – des cleantech, greentech, smarttech –
  169. des transitions énergétiques
    dans x pays et...
  170. nulle réduction des
    émissions de gaz à effet de serre.
  171. Zéro !
  172. Zéro.
  173. Pourquoi ?
  174. Déjà parce qu'on brigue
    la croissance économique,
  175. ce qui élève l'empreinte écologique.
  176. Nul découplage, par exemple,
  177. entre PIB et gaz à effet de serre
    à l'échelle mondiale.
  178. Mais surtout
    – et c'est là le cœur de mon propos –
  179. même si nous arrivions à éviter
    un dérèglement climatique cataclysmique
  180. en décarbonant la civilisation,
  181. nous n'empêcherions quand même pas
    un effondrement global.
  182. Parce que nos réponses sont inadaptées :
  183. parce que l'on traite le dérèglement
    du climat comme un problème,
  184. alors que ce n'en est pas un :
  185. c'est un symptôme !
  186. Modélisons la situation :
    en amont, on prélève des ressources ;
  187. au milieu, on les transforme
    en biens et en services ;
  188. en aval, on rejette
    des déchets et pollutions.
  189. Ceux-ci sont
    solides, liquides ou gazeux,
  190. et parmi les gaz,
    il y a les gaz à effet de serre.
  191. Les dérèglements climatiques
    sont un des effets secondaires
  192. du fait que cette civilisation est un
    flux irréversible – non circularisable –
  193. qui convertit la nature en déchets.
  194. Et donc de l'énergie – même décarbonée –
    au service de cette civilisation,
  195. c'est un maintien de ce flux qui mutile
    les conditions de vie sur Terre.
  196. La transition énergétique, par exemple,
    pour fonctionner,
  197. ne peut être, déjà,
    qu'un décroissement,
  198. puis surtout elle doit s'intégrer
    dans une vaste palette de stratégies
  199. s'attaquant aux causes
    primaires, c'est-à-dire...
  200. visant à changer de civilisation.
  201. Alors je comprends bien
    qu'il est difficile d'imaginer que
  202. nos représentations de l'avenir
    sont obsolètes.
  203. Personnellement, ça ne
    favorise pas mon sommeil.
  204. Mais soit nous ouvrons une conversation
  205. pour décider ensemble de ce qu'on préserve
  206. et de ce qu'on fait évoluer,
    de ce qu'on arrête
  207. et de ce qu'on crée,
  208. et nous pouvons encore aménager
    un avenir vivable et digne...
  209. soit on ne se prépare pas
  210. et ces choix vont nous être imposés
    sous le prétexte de la sécurité
  211. dans des contextes
    sérieusement liberticides.
  212. Et le moment du choix,
    qu'on le veuille ou non, c'est maintenant.
  213. Pas demain : maintenant.
  214. C'est le déclic ou le déclin.
  215. Je repose donc la question :
    on fait quoi ?
  216. Eh bien, on garde espoir !
  217. Mais pas n'importe lequel !
  218. Pas l'espoir simpliste
  219. qui consiste à présupposer
    qu'ils résoudront le problème !
  220. Pas l'espoir non plus de pérenniser
    cette civilisation toxique et mourante !
  221. Celui d'inventer d'autres
    façons d'être au monde.
  222. Il faut déconstruire les faux espoirs
  223. pour pouvoir construire
    des espoirs lucides !
  224. Or les verrouillages du système
    excluent la solution top-down :
  225. il faut agir par en dessous.
  226. C'est à nous de jouer !
  227. C'est comme ça, ça tombe sur nous.
  228. Chacun est responsable de l'avenir,
  229. même si non coupable du passé.
  230. Et ce sont nos choix qui vont
    nous déterminer, nous définir.
  231. Serons-nous ceux qui se seront levés
  232. pour cette cause qui pèse
    sur toutes les autres ?
  233. Ou serons-nous ceux
    qui s'en seront lavé les mains ?
  234. Ne nous abandonnons pas
    à la résignation,
  235. au désespoir, au défaitisme !
  236. L'avenir sera ce qu'on en fera.
  237. Et la bonne nouvelle
    – ça y est, j'y viens ! –
  238. c'est qu'il existe mille
    façons constructives d'agir !
  239. Deux grands chantiers s'imposent :
    une révolution de la pensée,
  240. un réveil des actes.
  241. Premier chantier :
  242. décoloniser et réinvestir nos imaginaires.
  243. C'est la sphère n°8, la sphère des idées.
  244. Pour commencer, mobilisons nos créativités
    pour élaborer des contre-récits inspirants
  245. aptes à supplanter le récit
    dominant du sans-limite,
  246. une escroquerie loufoque
  247. génératrice de rapports
    de force oppressifs
  248. qui nous voue à des dissonances
    cognitives brisant tout bien-être.
  249. Chacun doit dès maintenant comprendre
    que loin de s'opposer,
  250. loin d'être rivales,
  251. lutte sociale et lutte écologique
    peuvent et doivent se renforcer.
  252. Il est temps de fonder
    de nouvelles cultures
  253. basées sur d'autres
    hiérarchies de valeurs.
  254. Ok, ça paraît un peu abstrait comme ça...
  255. mais en réalité
    presque tout existe déjà :
  256. agroécologie, agroforesterie,
    permaculture,
  257. maraîchage sur sol vivant,
    circuits courts, locavorisme,
  258. coopératives d'habitants,
  259. réappropriation citoyenne des Communs
  260. – l'air, l'eau, le sol, les graines –
  261. monnaies locales, systèmes
    d'échanges locaux, low-tech, etc.
  262. Il existe plein de choses à faire
    pour vivre mieux et durablement.
  263. Renseignez-vous !
    Formez-vous, transformez-vous !
  264. Ces apprentissages et réinventions
  265. requièrent quelques efforts
    mais ils sont profondément libérateurs.
  266. Et dorénavant, demandons-nous,
    pour chaque chose qu'on fait :
  267. est-ce que ça participe à revitaliser
    la nature et les rapports humains ?
  268. Cette question doit devenir le réflexe.
  269. Posez-vous cette question.
  270. Outre ce chantier des imaginaires,
  271. le second grand chantier
    concerne nos actes.
  272. C'est la neuvième sphère :
    la sphère du faire.
  273. Deux types d'actes, complémentaires :
    la Résistance et la Résilience.
  274. Tout d'abord brisons
    ces décors qui nous hypnotisent
  275. et entrons en Résistance
    contre la mégamachine !
  276. Les petits pas et gestes quotidiens,
  277. c'est bien, mais on n'en est plus là.
  278. Stopper la destruction, contrer
    la violence inouïe de cette civilisation
  279. est une question de légitime défense
    autant qu'une question éthique.
  280. Mobilisations citoyennes,
  281. désobéissance civique :
  282. on a besoin de chacune et de chacun,
  283. d'actes emblématiques.
  284. Que « l'activisme » soit votre truc
    ou pas, écoutez, faut y aller, là !
  285. C'est une guerre !
  286. Je sais que mes propos
    contrastent avec votre décor.
  287. Pourtant ils ne sont
    ni dogmatiques, ni excessifs
  288. – en fait, ils sont assez banals chez
    les experts des sciences naturelles.
  289. C'est notre arrière-décor
    qui est extrême !
  290. À ce stade, la réponse
    proportionnée aux enjeux
  291. c'est de se mobiliser avec détermination !
  292. Ensemble, stoppons
    les activités nuisibles,
  293. les projets fous,
  294. les élites quand elles sont
    perverties ou cupides,
  295. les multinationales, banques,
  296. cabinets d'avocats, lobbys
    au service d'intérêts privés
  297. contre l'intérêt général.
  298. Il faut dire STOP à ces choses-là !
  299. Si nous ne le faisons pas,
  300. qui ?
  301. À nous d'inverser les rapports de force,
    d'être architectes
  302. et non plus simples figurants
    de l'avenir.
  303. Et si États et décideurs
    ont un rôle à jouer dorénavant,
  304. c'est un rôle de facilitation
    de démarches de résilience.
  305. Un bon leader, là, ce serait quoi ?
  306. Ce serait un visionnaire mobilisé
    au service d'un projet d'avenir
  307. qui soit cohérent, inspirant,
  308. d'intérêt général.
  309. Ces premiers actes dessinent
    le contour de la Résistance.
  310. À côté de cela, il y a la Résilience :
  311. montrer qu'on peut vivre
    différemment et bien
  312. sans dépendre de chaînes
    d'approvisionnement
  313. de l'autre bout du monde
  314. ou de systèmes industriels
    hypercapitalistiques,
  315. ou de dispositifs techniques
    ultrasophistiqués.
  316. Vivre et travailler avec la nature
    sans chercher à la dominer,
  317. avec respect.
  318. Créer de la cohésion durable.
  319. Devenir collectivement
    moins fragiles face aux limites.
  320. Fondons de nouvelles sociétés
    en parallèle de ce système insensé,
  321. des sociétés qui prendront
    le relai demain,
  322. libérées de la course au toujours-plus
  323. et sachant s'autolimiter
    de façon digne et solidaire.
  324. Construisons des alternatives inspirantes.
  325. Et un conseil : si vous pensez pouvoir
    devenir autonome dans votre coin
  326. ou créer une communauté isolée
    avec un potager, des réserves,
  327. et peut-être une culture défensive,
  328. ça ne tiendra pas dans la durée,
    je vous le dis. Même si vous êtes riche !
  329. Inspirez-vous plutôt de l'esprit
    du mouvement des Villes en Transition.
  330. Ça ne suffit pas mais c'est le début.
  331. Il ne s'agit pas non plus d'ignorer
    le risque d'insécurité,
  332. mais d'instaurer des dynamiques
    constructives de coopération, en réseaux.
  333. La Résilience ne peut qu'être collective :
  334. pas des îlots dispersés
  335. mais des archipels reliés,
    complémentaires et solidaires,
  336. pour rendre les territoires résilients
  337. c'est-à-dire aptes à gérer
    la descente énergétique et matérielle
  338. tout en assurant aux gens
    des conditions de vie décentes.
  339. Qui que vous soyez,
  340. contribuez à votre façon !
  341. Vous avez du temps ? De l'argent ?
  342. Donnez-en pour des projets
    de régénération d'écosystèmes !
  343. Vous avez des terres ?
  344. Invitez-y des alternatives
    qui préparent l'après-pétrole !
  345. Vous êtes élu ?
  346. Ouvrez votre territoire à des projets
    de transition socio-écologique :
  347. les gens s'organiseront, vous n'avez rien
    à faire, juste leur faciliter la tâche.
  348. Vous êtes patron ? Réorientez l'entreprise
  349. avec un business model
    réellement soutenable !
  350. Qu'employés et employeurs
    mènent ensemble
  351. des projets de long terme
    vecteurs de sens !
  352. Vous êtes une école ?
  353. Préparez les élèves à la Résilience
  354. plutôt qu'à un marché du travail
  355. qui d'ici quelques années
    aura totalement changé !
  356. Et cetera.
  357. Il y a tant à faire !
  358. Un raz-de-marée d'initiatives
    de Résilience doit déferler !
  359. Et ça ne tient qu'à nous.
  360. Devant nous,
    c'est un projet de civilisation !
  361. Et tout part de nous.
  362. Ça ne doit pas nous intimider
  363. mais nous motiver ! Car de beaux,
    de grands moments se profilent
  364. si nous dépassons
    les dénis, les hypocrisies,
  365. les décors.
  366. Si nous œuvrons ensemble
    avec dignité et détermination,
  367. nous pouvons encore faire prévaloir les
    forces de vie contre les forces de mort.
  368. Avant de conclure,
    un avertissement relatif à la technologie
  369. vu qu'on est ici dans un cadre
    plutôt technophile :
  370. la technologie, elle nous fascine...
    mais c'est un outil,
  371. et il est bénéfique s'il émancipe
  372. et ne nous transforme pas en junkies,
  373. et s'il participe à une
    décomplexification du monde
  374. au lieu d'ajouter de la complexité
  375. qui nous rend dépendants
    et nous vulnérabilise.
  376. La complexité mène à la perplexité.
  377. La perspicacité invite à la simplicité.
  378. Sur une planète sursaturée,
  379. la technologie n'a de sens
    qu'au service d'un grand projet
  380. pour l'avènement d'autres modes de vie
  381. qui soient protecteurs
    et non plus exploiteurs de la nature.
  382. Renouvellement des imaginaires,
    Résistance, Résilience :
  383. tout est là !
  384. C'est la clef.
  385. Si après m'avoir entendu,
    vous ignorez comment démarrer,
  386. voici mon conseil
    – il s'applique à n'importe qui :
  387. organisez dès que possible
    des conversations dans votre entourage,
  388. communauté, voisinage,
  389. résidence, entreprise :
  390. des réunions physiques
    pour discuter ensemble
  391. des limites et des vulnérabilités,
  392. des ressources,
  393. des richesses culturelles
    qui sont les vôtres.
  394. Vous rencontrerez d'autres gens concernés
  395. et trouverez des réponses concrètes
  396. à la question que vous devez
    tous poser dorénavant :
  397. que peut-on faire pour vivifier
    notre communauté et la nature
  398. et pour tendre vers
    l'autosuffisance territoriale ?
  399. Faites ça :
  400. vous ferez naître des espoirs lucides.
  401. Accessoirement,
  402. je dormirai mieux...
  403. et nous dormirons tous mieux, je crois.
  404. Par avance, merci !
  405. (Applaudissements)