Riborégulateurs et applications cliniques : Daniel Lafontaine à TEDxUdeS
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0:10 - 0:13Bonsoir à tous, je suis
très content d'être ici. -
0:13 - 0:16C'est mon premier TED,
je trouve le concept super. -
0:16 - 0:20On me dit de me mettre
dans la zone gazon, j'y suis. -
0:20 - 0:22(Rires) Je suis correct !
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0:23 - 0:25Ce soir, je vais vous parler
de ce qu'on fait au laboratoire, -
0:26 - 0:30au département de biologie,
science fondamentale et recherche. -
0:30 - 0:34Mon titre contient le mot
« riborégulateur ». -
0:34 - 0:37En recherche, on trouve et
on invente des choses, -
0:37 - 0:41Nous avons inventé un mot en français,
on pense qu'il fait l'affaire. -
0:41 - 0:46Tantôt, je vais définir ce que veut dire
« Riborégulateurs - Applications cliniques ». -
0:46 - 0:49Donc vous allez voir que
la recherche nous mène, -
0:49 - 0:51parfois, vers des endroits
où l'on ne pensait pas aller. -
0:51 - 0:54J'ai une formation de biophysicien,
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0:54 - 0:57ça ne va pas vraiment toujours avec
« applications cliniques », mais bon, -
0:57 - 0:59dans notre cas cela fonctionne.
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0:59 - 1:03En gros, nous sommes
tous des êtres vivants, -
1:04 - 1:06à ce que je sache, on a tous
quelque chose en commun, -
1:07 - 1:10un génome et je vais
vous dire ce que c'est, -
1:10 - 1:12pour qu'on comprenne la suite des choses.
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1:12 - 1:15Tout le monde connaît un grain de sel,
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1:16 - 1:19Si vous faites une petite recherche,
ça fait à peu près 500 micromètres, -
1:19 - 1:20donc c'est un demi millimètre.
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1:20 - 1:24Si on le compare à une cellule humaine,
dont nous sommes tous faits, -
1:24 - 1:26une cellule humaine c'est 30 µm,
-
1:26 - 1:30donc elle est plus de 10 fois
plus petite qu'un grain de sel. -
1:30 - 1:34Maintenant, si on la compare
avec une bactérie qui fait 3 µm, -
1:35 - 1:37elle est à peu près 10 fois plus petite
qu'une cellule humaine. -
1:38 - 1:42Les bactéries sont infiniment petites.
-
1:44 - 1:46Je reparle de bactéries
un peu plus loin, -
1:47 - 1:49c'est pour ça que je vous l'ai mis
dans la présentation. -
1:49 - 1:52Là, je vais vous présenter des faits
que je trouve intéressants. -
1:52 - 1:56Qu'est-ce que le génome,
il se trouve dans le noyau, -
1:56 - 1:59dans le cœur d'une cellule et
les chromosomes, -
1:59 - 2:02on en voit partout dans les films,
tout le monde sait de quoi il s'agit, -
2:03 - 2:06un chromosome est composé d'ADN.
-
2:06 - 2:08Le génome est fait de chromosomes,
-
2:09 - 2:12eux-mêmes constitués de parties
qui correspondent à un gène. -
2:12 - 2:15Il y a des milliers de gènes
dans un chromosome. -
2:16 - 2:19Qu'est-ce qu'un gène ?
On peut penser que les gens -
2:19 - 2:22qui ont les yeux bleus
ont des gènes « yeux bleus », -
2:22 - 2:26que ceux qui ont des cheveux blonds
ont des gènes « cheveux blonds », etc. -
2:26 - 2:30Donc en gros, c'est ce qui fait
une bonne partie de nous-même. -
2:31 - 2:36Le génome est très compacté
en termes d'informations, -
2:38 - 2:41il contient 3 milliards de nucléotides.
-
2:41 - 2:45C'est comme un grand livre où
on l'on pourrait lire le code génétique. -
2:45 - 2:48Pour ceux qui connaissent l'informatique,
c'est 3 Go de données. -
2:48 - 2:51C'est beaucoup de chansons
à écouter pendant longtemps. -
2:51 - 2:56Autre fait intéressant,
si on prend l'ADN -
2:56 - 2:59de chacune de nos cellules,
chacune contient de l'ADN, -
2:59 - 3:02et qu'on le déplie
comme un brin, un fil, -
3:03 - 3:06et qu'on mette tout
cet ADN bout à bout, -
3:07 - 3:11on fait vraiment 6000 fois
la distance Terre-Lune aller-retour. -
3:11 - 3:13Je viens de revérifier,
ce sont vraiment les chiffres, -
3:14 - 3:17j'ai même vu 8000 quelque part.
Donc 6000, c'est une petite limite. -
3:17 - 3:22Puis, si vous engagez quelqu'un qui tape
60 mots/minute, c'est assez rapide, -
3:23 - 3:26puis cette personne
fait ça 8 heures par jour, -
3:26 - 3:29ça lui prendra environ 50 ans
pour retranscrire un génome, -
3:29 - 3:32c'est beaucoup d'années.
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3:32 - 3:35Puis, j'ai mis ça ici
pour vous faire réagir, -
3:35 - 3:37vous direz ça à vos parents
ce soir en revenant. -
3:38 - 3:41Si vous vous comparez à une banane,
vous êtes 50 % identiques, -
3:41 - 3:43au niveau du génome
avec une banane. -
3:43 - 3:45Donc c'est pour dire que
-
3:45 - 3:48les fonctions de base d'un fruit
-
3:48 - 3:51correspondent à peu près
à la moitié de ce qu'on est. -
3:51 - 3:53Évidemment, pour faire quelqu'un comme
-
3:54 - 3:57Albert Einstein, il faut
un peu plus qu'une banane. -
3:57 - 4:02(Rires) On continue. (Rires)
-
4:02 - 4:06Une cellule humaine ou une bactérie,
comprend 3 choses importantes : -
4:06 - 4:11le génome, qu'on a mentionné tantôt,
il y a l'ARN, que vous ne connaissez pas, -
4:11 - 4:14c'est normal, on va y revenir plus tard,
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4:15 - 4:16et les protéines,
souvent les filles voient ça -
4:16 - 4:18sur les choses qu'on mange,
il y a tant de protéines, -
4:18 - 4:22tant de lipides,
c'est important aussi. (Rires) -
4:22 - 4:25Donc, il y a 3 joueurs.
-
4:25 - 4:28Voici ma diapo la plus compliquée :
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4:28 - 4:29comment ça fonctionne ?
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4:30 - 4:31On peut voir une cellule un peu
comme une chaîne de montage. -
4:32 - 4:37À gauche, l'ADN, le grand livre où
toute l'information se retrouve. -
4:38 - 4:40On ne peut pas s'en servir comme ça.
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4:40 - 4:44Il faut la transcrire pour faire de l'ARN.
-
4:45 - 4:48Dans la cellule, on prend de l'ADN,
on fait de l'ARN. -
4:48 - 4:52Jusqu'à récemment, on ne savait pas ce
qu'il faisait, à part d'être un messager. -
4:52 - 4:56Puis, l'ARN va être traduit en protéine.
-
4:56 - 4:59Ce sont les protéines qui font
le vrai travail dans une cellule, -
4:59 - 5:02elles font la parois de la cellule,
elles font se diviser les cellules, -
5:02 - 5:04elles servent un peu à tout.
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5:04 - 5:08Certaines de ces protéines, des enzymes,
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5:09 - 5:13vont faire la synthèse de métabolites.
Qu'est-ce qu'un métabolite ? -
5:13 - 5:15Imaginez que je sois une protéine,
-
5:16 - 5:19et que j'aie une feuille de papier et
que je doive la découper en lignes droites -
5:19 - 5:22mais je n'en suis pas capable
moi-même, je veux la déchirer. -
5:22 - 5:25Mon métabolite, ou mon co-enzyme,
ce serait une paire de ciseaux -
5:25 - 5:27pour découper la feuille.
-
5:27 - 5:31Je me sers d'outils, un métabolite c'est
un peu comme un outil pour une protéine. -
5:32 - 5:37Finalement, tout ça est régulé
au niveau génétique. -
5:37 - 5:40Par exemple, en cas
d'excès d'une protéine, -
5:40 - 5:45elle va stopper ou diminuer
la chaîne de montage -
5:46 - 5:48au niveau de la transcription ou de la traduction.
-
5:49 - 5:53S'il n'y en a pas assez, elle va augmenter
la capacité de la chaîne de montage. -
5:53 - 5:57Autre chose, au niveau des métabolites,
c'est un peu pareil. -
5:57 - 6:01S'il y a trop de métabolites ou pas assez,
on va aller changer la chaîne de montage -
6:01 - 6:04pour obtenir la bonne concentration
-
6:04 - 6:08dans la cellule d'un métabolite donné.
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6:09 - 6:13D'après ce que je vous ai dit,
les protéines sont centrales -
6:13 - 6:15dans la régulation génétique.
-
6:16 - 6:19Mais, je suis ici ce soir
-
6:19 - 6:22parce qu'il s'est passé quelque chose
au début des années 2000. -
6:23 - 6:25Dans le monde de la recherche,
c'est comme si c'était hier, -
6:25 - 6:27ça fait 12 ans et c'est
vraiment très récent. -
6:27 - 6:35Un événement s'est produit :
3 labos différents -
6:35 - 6:39ont réfléchi et ont résolu
-
6:39 - 6:42un problème connu
depuis une trentaine d'années. -
6:42 - 6:44On avait observé des choses
chez les bactéries et -
6:44 - 6:48on ne trouvait pas de protéines
impliquées dans la régulation. -
6:48 - 6:54Ces labos ont fait la découverte que
-
6:54 - 6:57les métabolites pouvaient
se lier directement aux ARNs -
6:57 - 7:00et alors, on pouvait réguler au niveau
de la transcription ou de la traduction. -
7:00 - 7:06À cette époque, dans les années 70,
c'était farfelu, on pensait -
7:06 - 7:10que l'ARN ne durait pas longtemps,
-
7:10 - 7:12qu'il ne servait pas à grand-chose.
-
7:12 - 7:14Les protéines faisaient le travail.
-
7:14 - 7:16Mais là, on a montré que
-
7:16 - 7:18les métabolites peuvent
faire quelque chose. -
7:18 - 7:26Quand on parle d'ARN, on parle d'un sucre,
le ribose, et comme cet ARN régule, -
7:26 - 7:29vous connaissez l'étymologie
du mot riborégulateur : -
7:29 - 7:34c'est un ARN qui régule. Au laboratoire,
nous travaillons dessus. -
7:36 - 7:38En gros, on a notre chaîne de montage.
-
7:38 - 7:42À quoi peut ressembler
un riborégulateur ? -
7:42 - 7:47Si on fait un zoom sur un ARN,
il contient 2 régions. -
7:47 - 7:51En vert c'est le riborégulateur, en bleu,
la partie codante pour les protéines. -
7:51 - 7:56Si on zoome au niveau du riborégulateur,
on peut voir deux parties. -
7:56 - 8:04Leur conformation et leur structure
sont importantes pour l'activité du gène. -
8:04 - 8:08Dans ce cas, on peut imaginer
que le gène va être exprimé, -
8:08 - 8:10et que la protéine va être produite.
-
8:10 - 8:12La chaîne de montage va être suivie,
-
8:12 - 8:14tout va se passer comme il faut.
-
8:14 - 8:18Par contre, si notre métabolite se lie
-
8:18 - 8:22sur notre ARN messager, par un lien,
une réelle interaction physique -
8:22 - 8:23entre le métabolite et l'ARN,
-
8:23 - 8:25la conformation de l'ARN change
-
8:25 - 8:29et ça va entraîner un changement
au niveau de la chaîne de montage. -
8:29 - 8:33Là, on a un stop,
donc on bloque la chaîne de montage. -
8:33 - 8:37Et, s'il y a trop de métabolites,
-
8:37 - 8:41on va stopper sa production, puis
sa concentration va pouvoir diminuer. -
8:41 - 8:42S'il n'y en a pas assez,
on va l'augmenter. -
8:42 - 8:46Mais ici, il y a un stop,
son expression diminue. -
8:50 - 8:54Comment ça marche ?
Tout simplement, ici, -
8:54 - 8:58je vous ai mis la structure
d'un riborégulateur -
8:58 - 9:02pour vous montrer que lorsqu'un ligand
se lie à l'intérieur d'un riborégulateur, -
9:02 - 9:05il change de structure.
-
9:05 - 9:08On va finalement stopper
l'expression du gène. -
9:09 - 9:12Puis, il y a d'autres cas où
l'expression peut être changée -
9:12 - 9:16et alors, on va augmenter
l'expression du gène. -
9:16 - 9:19En haut, en bon français,
on appelle ça un switch-off, -
9:19 - 9:21qui permet de réprimer l'expression,
-
9:21 - 9:24en bas, notre switch-on,
pour augmenter l'expression. -
9:24 - 9:25Les deux cas sont possibles.
-
9:30 - 9:35Voici le génome d'une bactérie,
Bacillus subtilis. -
9:35 - 9:38Comme vous le voyez, plusieurs types
de riborégulateurs sont connus. -
9:38 - 9:42Certains sont tout simples,
on dirait un trèfle à 4 feuilles. -
9:42 - 9:46D'autres sont beaucoup plus complexes,
ce sont de très gros ARN, -
9:46 - 9:50qui peuvent réguler de gros métabolites
comme la vitamine B12. -
9:50 - 9:55On a presque tout ce qui peut se passer
pour un génome dans ce cas-là. -
9:58 - 10:02Si vous n'avez pas compris jusque-là
comment un riborégulateur fonctionne, -
10:02 - 10:05c'est à ce stade que je parie
que tout le monde va comprendre. -
10:05 - 10:08On a 2 structures qui ont
2 fonctions différentes. -
10:08 - 10:10À quoi ça vous fait penser ?
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10:10 - 10:12À un transformer.
-
10:12 - 10:152 structures, 2 fonctions différentes.
-
10:15 - 10:19Puis, juste pour le plaisir,
il existe un autre type de transformer, -
10:19 - 10:21c'est la manette-transformer.
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10:21 - 10:25ce sont des choses qui existent, et
puisqu'on parle de diversité en biologie, -
10:25 - 10:30je vous parie que vous n'avez jamais vu
le shoe-switch ! (Rires) -
10:30 - 10:33Des gens achètent ça sur Internet,
-
10:33 - 10:35il y a un prix là-dessus.
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10:35 - 10:38Donc, plusieurs types de riborégulateurs
qui ont des fonctions différentes : -
10:38 - 10:41vous avez tout compris !
-
10:41 - 10:44On passe à la prochaine diapo,
-
10:44 - 10:47où l'on va diverger
un peu de ce qu'on faisait. -
10:47 - 10:49Vous allez voir ce qu'on fait, nous.
-
10:50 - 10:52Il y a quelques années
à Sainte-Hyacinthe, -
10:52 - 10:59il y a eu des infections difficiles,
on voyait ça aux nouvelles, -
10:59 - 11:03les gens avaient beaucoup de problèmes,
manque d'antibiotiques. -
11:03 - 11:05Les bactéries devenaient
résistantes aux antibiotiques. -
11:05 - 11:09Vous ne savez peut-être pas,
mais les scientifiques -
11:09 - 11:12pensent que maintenant
il est minuit moins 5, -
11:12 - 11:15dans le sens où à minuit, on n'aura plus
d'antibiotique pour contrer les bactéries. -
11:15 - 11:19Donc, c'est important de développer
de nouveaux antibiotiques. -
11:19 - 11:22C'est suite à un reportage comme ça,
qu'un étudiant du labo est venu me voir -
11:22 - 11:24et me dit :
« Daniel, je veux un vrai projet. » -
11:24 - 11:30Il voulait utiliser les riborégulateurs
et développer de nouveaux antibiotiques, -
11:30 - 11:35chose que l'on disait impensable,
parce que l'ARN, c'était un messager, -
11:35 - 11:39on ne pensait pas que ça pouvait servir
pour développer des outils thérapeutiques. -
11:39 - 11:44Juste pour rappeler ma diapo de tantôt,
-
11:44 - 11:46on a une chaîne de montage,
-
11:46 - 11:50si beaucoup de métabolites sont produits,
-
11:51 - 11:55notre métabolite va se lier à l'ARN,
on va stopper l'expression, -
11:55 - 12:00jusqu'à ce que le niveau du métabolite
diminue dans la cellule, -
12:00 - 12:03jusqu'à ce qu'on n'en n'ait plus assez
-
12:03 - 12:06pour lier à l'ARN, le riborégulateur.
-
12:06 - 12:10Notre chaîne de montage va repartir
pour refaire la production du métabolite. -
12:10 - 12:16C'est une chaîne rétro-active,
qui se contrôle de façon autonome. -
12:16 - 12:20Nous, l'hypothèse qu'on avait émise,
c'était que, imaginons : -
12:20 - 12:27la chaîne de montage de la bactérie
contrôle un gène essentiel pour sa survie. -
12:27 - 12:31Si on prend un métabolite artificiel,
-
12:31 - 12:35qu'on va appeler ici, analogue,
-
12:35 - 12:38il peut se lier au riborégulateur
-
12:38 - 12:41mais ne peut pas
être utilisé par la bactérie -
12:41 - 12:45donc, il ne sera pas métabolisé
dans la bactérie. -
12:45 - 12:49Dans ce cas-là, si vous voulez,
on a créé un imposteur, -
12:49 - 12:51l'analogue peut se lier au riborégulateur,
-
12:51 - 12:54pour faire croire à la bactérie
qu'il y a beaucoup de métabolite, -
12:54 - 12:58mais en fait, il n'y en a pas car c'est
un analogue qui ne peut pas être utilisé. -
12:58 - 13:03L'expression d'un gène essentiel,
-
13:03 - 13:05va être toujours réprimée,
-
13:05 - 13:06parce que l'analogue
-
13:06 - 13:08se lie au riborégulateur.
-
13:08 - 13:12On devrait en principe
tout simplement tuer la bactérie. -
13:13 - 13:17Dans mon labo, on fait un petit peu
de biochimie, biophysique, -
13:17 - 13:20on est des fans de structures 3D.
-
13:20 - 13:24Quand on voit une structure comme ici
à gauche, on est très heureux. -
13:24 - 13:29Ici, c'est la structure tridimensionnelle
d'un riborégulateur, on connaît tout. -
13:29 - 13:32Le G en rouge c'est une guanine,
c'est son métabolite, -
13:32 - 13:35on connaît sa structure.
-
13:36 - 13:38Un zoom au niveau du site de liaison
-
13:38 - 13:43montre que la guanine en rouge,
est reconnue par tous ses atomes. -
13:43 - 13:48On sait quels atomes du métabolite
sont importants et lesquels ne le sont pas. -
13:49 - 13:52Puis, ce qu'on peut faire, en gros,
-
13:52 - 13:58c'est tout simplement regarder la guanine
qui est en bas ici, à gauche, -
13:58 - 14:02et essayer de trouver des métabolites
qui lui ressemblent un peu, pas trop, -
14:02 - 14:06qui vont être capables de faire
les mêmes interactions. -
14:06 - 14:09Les flèches montrent le riborégulateur.
-
14:09 - 14:15Ici, on a baptisé 2 analogues PC1 et PC2,
qui ont à peu près les mêmes flèches, -
14:15 - 14:18rouge et bleu, mais
pas la même structure. -
14:18 - 14:23Nous avons prédit qu'ils vont pouvoir
se lier aux riborégulateurs, -
14:23 - 14:25mais qu'ils ne pourront pas
être métabolisés par la cellule. -
14:25 - 14:31Donc, ce seraient de bons candidats
pour devenir des antibiotiques. -
14:33 - 14:36Puis, on a fait un antibiogramme.
-
14:36 - 14:41Qu'est-ce que c'est ?
Je vais vous expliquer. -
14:41 - 14:45Prenez un plot de gélose sur lequel
vous faites pousser des bactéries, -
14:45 - 14:46Voilà ce qu'on fait.
-
14:46 - 14:49Donc ce que vous voyez sur le Pétri,
ce sont des bactéries qui poussent. -
14:49 - 14:52Ici, Staphyllococcus aureus.
-
14:53 - 14:57On perce 6 trous dans le Pétri et on met
ce qu'on pense être des antibiotiques. -
14:58 - 15:02Dans le puits n°1,
on voit un halo plus foncé, -
15:02 - 15:04à l'endroit où les bactéries
n'ont pas poussé. -
15:04 - 15:09Ici, dans le cas de PC1, on sait qu'il
empêche la croissance des bactéries. -
15:10 - 15:12Donc, ça suggère qu'il est antibiotique.
-
15:12 - 15:16Il faut faire beaucoup d'autres tests
pour le montrer, évidemment. -
15:16 - 15:19C'est ce qu'on a fait et il s'est avéré,
effectivement, être un bon antibiotique. -
15:20 - 15:23Donc, ce qu'on a aussi fait,
pour les scientifiques de la salle, -
15:23 - 15:27c'est qu'on a fait un criblage
de plusieurs souches de bactéries. -
15:27 - 15:29On s'est rendu compte que
PC1 n'était pas toujours actif, -
15:29 - 15:31mais, pour une bonne raison :
-
15:31 - 15:34il ne va pas cibler les bactéries,
il ne va pas tuer les bactéries -
15:34 - 15:38qui n'ont pas un certain gène
devant le riborégulateur. -
15:38 - 15:42En gros, on montre que, c'est seulement
quand un gène qui est appelé GuaA -
15:42 - 15:45est devant le riborégulateur,
qu'on va tuer ces bactéries-là. -
15:45 - 15:49C'est très intéressant parce qu'on ne veut
pas tuer toutes les bactéries au complet. -
15:49 - 15:52Dans votre tube digestif,
certaines bactéries -
15:52 - 15:55comme Escherichia coli sont nos amies,
on veut pas les tuer. -
15:55 - 15:58Donc, c'est pour ça ici
que c'est important de cibler. -
15:58 - 16:04Vous pouvez peut-être voir qu'il y a
des bactéries assez dangereuses, -
16:04 - 16:08dans le sens qu'on a du SAM
résistantes à la métycyline, -
16:08 - 16:17on a aussi S. aureus qui résiste
au bétalactame, à l'érythromycine, etc. -
16:17 - 16:21C'est intéressant parce que PC1
a réussi à tuer cette bactérie-là. -
16:21 - 16:28On a vraiment ciblé une voie qui semble
être différente des autres antibiotiques. -
16:28 - 16:36On était très heureux, on peut pousser
les bactéries à devenir résistantes. -
16:36 - 16:42On a essayé jusqu'à 30 cycles,
on n'a pas pu forcer la bactérie -
16:42 - 16:44à devenir résistante
à notre antibiotique PC1. -
16:44 - 16:48On pense que la cible qu'on a touchée
est peut-être le talon d'Achille -
16:48 - 16:51des bactéries résistantes.
Dans le futur, -
16:51 - 16:54on va voir si ça fonctionne vraiment mais
c'est très encourageant jusqu'à présent. -
16:58 - 17:04En résumé, PC1 est vraiment
une nouvelle classe d'antibiotiques -
17:04 - 17:05depuis 30 ans !
-
17:05 - 17:09Donc, on est très heureux de ça et
d'après ce qu'on a publié, -
17:09 - 17:12d'après les commentaires
des autres scientifiques, -
17:12 - 17:15ça semble très prometteur pour le futur,
-
17:15 - 17:18pour développer
d'autres sortes d'antibiotiques. -
17:18 - 17:25En vous projetant dans 10 ans
que pourra-t-on faire avec eux ? -
17:25 - 17:27Imaginez que vous ayez un interrupteur,
-
17:27 - 17:31que vous puissiez interrompre plus ou moins
tous les gènes d'une bactérie, -
17:31 - 17:33ou d'une autre espèce, on ne sait pas...
-
17:33 - 17:36Et encore, que pourrait-on faire ?
-
17:36 - 17:39Je pense qu'on peut évidemment trouver
d'autres classes d'antibiotiques, -
17:39 - 17:41ça semble assez évident.
-
17:41 - 17:44Si on se laisse aller, on pourrait penser
à d'autres choses, par exemple, -
17:44 - 17:46on pourrait inventer
un nouveau type de diagnostic -
17:46 - 17:49pour détecter des molécules précurseurs
-
17:49 - 17:50de certaines maladies.
-
17:50 - 17:55On pourrait coupler un riborégulateur
à un gène qui rapporte son expression, -
17:55 - 17:57un gène de couleur ou
de n'importe quoi d'autre. -
17:57 - 18:01Autre chose aussi qu'on pourrait faire,
c'est développer un système -
18:01 - 18:04de détection de polluants.
On pourrait penser fabriquer -
18:04 - 18:09des riborégulateurs produisant un composé
comme le BPC, c'est possible, -
18:09 - 18:11puis développer des systèmes
de détection comme ça. -
18:11 - 18:14Il y a plein d'autres choses auxquelles
on pourrait penser mais bon... -
18:17 - 18:19L'équipe du laboratoire qui travaille là-dessus
-
18:19 - 18:22(je suis en collaboration avec trois autres chercheurs) :
-
18:22 - 18:25François Malouin, département de biologie
-
18:25 - 18:26Louis-Charles Fortier qui est au CHU,
-
18:26 - 18:29puis Éric Marsault qui est à l'IPS,
-
18:29 - 18:30Merci.
-
18:30 - 18:35(Applaudissements).
- Title:
- Riborégulateurs et applications cliniques : Daniel Lafontaine à TEDxUdeS
- Description:
-
Professeur à l'Université de Sherbrooke, Daniel Lafontaine nous présente une toute nouvelle classe d’antibiotiques, les riborégulateurs !
- Video Language:
- French
- Team:
closed TED
- Project:
- TEDxTalks
- Duration:
- 18:43
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Mohamed Ali Beddiyouh accepted French subtitles for Riborégulateurs et applications cliniques : Daniel Lafontaine à TEDxUdeS |
Mohamed Ali Beddiyouh
Merci de synchroniser le sous-titre avec le talk du speaker.
Anne Latapie
Bonjour,
Merci pour votre travail et pour vos commentaires.
Il s'agit de l'une de mes premières transcriptions sur Amara et je n'ai pas encore bien l'habitude de la synchronisation.
Est-ce que je peux y retravailler maintenant que vous les avez approuvées ?
Bien cordialement,
Anne
Mohamed Ali Beddiyouh
(Please tutoie moi, on est en famille)
Pour ce talk j'ai corrigé le problème de synchronisation.
J'ai apprecié la qualité de la transcription, vu le registre qu'utilise le speaker, je suppose que ça n'a pas été une tâche facile pour toi. Au plaisir de te relire. Ali
Anne Latapie
Merci pour tes corrections. Oui, en effet, j'ai effectué un travail de "traduction" du français au français, en essayant de coller quand même à son discours ! Mais je pensais avoir fait correctement la synchronisation (c'est la 3ème) en termes de longueur et de moment d'apparition. Qu'est-ce qui clochait ? J'aimerais le savoir pour améliorer les suivantes. Au plaisir, Anne